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'Cc^c^
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LES BELGES AU CONGO
NOTICES BIOGRAPHIQUES
LES
Belges au Congo
NOTICES BIOGRAPHIQUES
FAR
EDOUARD JANSSENS
AVOCAT
PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ ROYALE DE GÉOGRAPHIE D'ANVERS
ET
ALBERT GATEAUX
AVOCAT
CONSEILLER DE LA SOCIÉTÉ ROYALE DE GÉOGRAPHIE D'ANVERS
TOME I
ANVERS
iy^\PRl/'^ERIE J. VAN HILLE-DE BACKER, 35, RUE ZIRK
1908
Extrait du Bulletin de la Société royale de Géographie d'Anvers.
^l.
zs'n
s. /n. LÉOFOLD 11
ROI DES BELGES
FONDATEUR ET SOUVERAIN
DE
L'ÉTAT INDÉFENDANT DU CONGO.
PRÉFACE
Depuis plusieurs siècles, le Portugal et la Hollande
nous avaient montré que les nobles ambitions et les juvé-
niles audaces sont aussi l'apanage des petites nations. Leur
épopée coloniale, tracée toute entière par la persévérance
dans l'effort et par les mérites d'un ardent patriotisme,
avait réservé à ces pays un vaste champ d'action dans
les contrées d'outre-mer.
Terre classique de la liberté au moyen âge, la Belgique
vécut, pendant plus de trois siècles, sous le joug des vieilles
monarchies espagnole et autrichienne, de la démocratie et
de l'autocratie tour à tour triomphantes, pour se voir impo-
ser enfin les liens d'un mariage de raison dicté par les
calculs de la politique européenne.
Ayant reconquis leur indépendance, les Belges se recueil-
lirent pendant cinquante ans dans un labeur modeste et
soutenu pour se refaire une volonté et une dignité natio-
nales; puis, grandis à leur propres yeux, conscients de
leur énergie prudente et de leur activité commerciale, ils
osèrent regarder au delà de leurs étroites frontières.
C'est à ce moment que l'initiative prévoyante de Léo-
pold II, cet évocateur de viriles résolutions, assigna à
l'activité de nos compatriotes la conquête pacifique du cen-
tre africain. La volonté inébranlable de notre auguste
Souverain se raidit contre notre méfiance atavique et telle
est la puissance d'une conviction géniale, luttant pour une
idée féconde et une noble cause, que bientôt il se trouva
— II
on Bel^i({uo un n()3^au d'hommes entreprenants se consa-
crant, avec un dévouement admirable, à la tâche civilisatrice
proposée à leur patriotisme.
Nous assistâmes alors émerveillés à cette rénovation
de notre peuple! Nous vîmes des officiers, des négociants,
des missionnaires se transformer en explorateurs, en diplo-
mates, en organisateurs et, sous l'ardent soleil des tropiques,
sacrifier vaillamment à la cause de la civilisation leur jeu-
nesse et leur vie.
Et, malgré les privations et les dangers, malgré les
défaites et les martyres provoqués par les révoltes et les
retours de la barbarie réfrénée, 'le nombre des colonisateurs
belges devint légion.
Vingt-cinq années ne se sont pas écoulées depuis la
fondation de l'Etat Indépendant du Congo et sur cette terre
africaine, — qu'en plein xix*' siècle l'esprit de conquête des
puissances européennes avait délaissée, comme une plaie
béante au cœur du continent noir, montrant toutes les
horreurs des sacrifices humains, de l'esclavagisme et des
guerres intestines, — les Belges ont su se créer et se réser-
ver un domaine, qui fait l'admiration des plus vieilles
nations colonisatrices.
L'envie et la calomnie ne sont-elles pas venues con-
sacrer définitivement les mérites de l'œuvre de nos com-
patriotes?
Tout en rendant un hommage sincère à ceux qui se
sont dévoués en Europe à la réalisation des vues pro-
phétiques de notre Roi, à ceux qui, comme le baron Lam-
bermont et Banning, ont lutté pour la reconnaissance du
nouvel Etat, ou qui, comme le baron van Eetvelde et les
secrétaires généraux Liebrechts, de Guvelier et Droogmans,
ont assumé la lourde tâche des négociations diplomatiques
et de l'organisation administrative de cet immense domaine,
il nous a paru que la reconnaissance nationale devait se
m —
porter avant tout vov^i les vaillants (lui lui'eiiL, en Afrirjuc,
les artisans de cette épopée civilisatrice.
Nons avons obéi à ces sentiments de «,n'atitnde et
d'admiration en g-roupant dans cet ouvrag-e les noms des
édificateiirs de ce monument de gloire, de ces modestes
pionniers: fonctionnaires, explorateurs, savants, mission-
naires, colons et soldats, qui apportèrent le meilleur de
leurs connaissances, de leur ardeur et de leurs illusions
à une cause que, trop souvent, lielas! ils ont scellée de
leur sang.
Exposant impartialement leurs succès et leurs revers,
leurs joies et leurs souffrances, nous avons la conviction
que dans le magnifique faisceau de ces efforts consacrés à
une entreprise sublime, réalisée par des forces humaines
et partant faillibles, le peuple belge puisera un salutaire
exemple d'énergie, de solidarité humaine et de dévouement
à la Patrie!
Au jour même où la Belgique vient de recueillir le
splendide domaine colonial, issu des travaux, de l'abné-
gation et du sang de ses enfants, il nous plaît de remé-
morer leurs noms et leurs titres de gloire.
Puisse ce sentiment de fierté patriotique excuser la
témérité d'une publication qui, malgré des recherches
ardues, apparaîtra certes en maint endroit comme insuf-
fisante pour célébrer l'œuvre admirable et la belle car-
rière africaine des fondateurs de notre colonie!
An vos, novembre 1008.
Avis au lecteur
Au moment où la question de la repi'isc du Congo
par la Belgique se posait à nouveau devant le pays, nous
avons cru collaborer utilement à ce mouvement patrio-
tique en proposant à l'admiration de la génération d'aujour-
d'hui, l'œuvre méritante et si souvent héroïque des premiers
pionniers belges en Afrique.
Le présent ouvrage n'est que l'extension et la généra-
lisation d'une première série de notices biographiques des
Belges au Congo, que l'un de nous fit paraître à l'occasion
de l'exposition universelle de Liège.
Nous ne nous faisons guère d'illusion sur le résultat de
nos recherches et de nos travaux, et nous reconnaissons
que ces pages, qui se bornent souvent à grouper des
données éparses, ne forment qu'un modeste essai de bio-
graphie congolaise. Aussi, notre seule ambition est-elle
de provoquer un travail plus fouillé et plus complet et
nous nous estimerons trop heureux si notre publication
pouvait être considérée comme un premier jalon d'une
biographie complète des Belges qui ont séjourné et peiné
en terre africaine (').
Les publications des divers explorateurs, tels Becker,
Burdo, Coquilhat, Henry, Le Marinel, etc., les récits de nos
officiers et de nos missionnaires, enfin, les nombreux ouvra-
(1) Nous regrettons de ne pouvoir rappeler à cette occasion les mérites
des nombreux étrangers qui ont contribué pour une large part ù la tâche
assumée par nos compatriotes; l'exposé de leurs travaux entraînerait à de
trop grands développements.
VI —
f^es de M. A. J. Waiiters, l'iiistorien de l'épopée congolaise,
do MM. (]homé, Cliapaux et de tant d'autres, constituent les
principales sources de notre étude; mais nous tenons
néanmoins à exi)rimer notre vive f^ratitude aux anciens
voya<:'eurs africains pour l'aide bienveillante qu'ils ont bien
voulu nous prêter au cours de l'i'laboration de cet ouvrage.
Nous osons espérer que cette collaboration précieuse
nous sera continuée et même i)rodig-uée pour la publica-
tion du tomo II, dans le({uel nous nous proposons de
grouper les notices se rattachant aux expéditions anties-
clavagistes, à l'occupation du Katanga, à la cam[)agne arabe,
aux opérations dans le Nord et au Nil, aux missions scien-
tifiques dans les divers districts de l'Etat et à l'œuvre des
missionnaires, des magistrats, des médecins, etc.
Les pages qui suivent ont été publiées successivement
depuis trois ans dans le Bulletin de la Société royale de
Géographie d'Anvers; il en résulte que certaines notices
ne relatent point les événements les plus récents. Nous
avons l'intention de l'aire paraître à la fin du deuxième
volume les renseignements complémentaires mettant le tra-
vail à jour, jus({u'à la date de l'annexion du Congo par
la Belgique.
HÂNSSENS, EDMOND.
Cliché de l'ouvrage de M. Chapaux, Le Congo historique, diplomatique, etc.
Chapitre I
Hauts fonctionnaires
AGENT SUPÉRIEUR DE L'ASSOCIATION
HANSSENS, EDMOND-WINNOC-VICTOR,
né à Fumes le 25 juillet 1843, décédé à Vivi, le 28 décem-
bre 1884.
Entre à l'Ecole militaire à dix-huit ans.
Sous-lieutenant d'infanterie, il est attaché à la brigade
topographique du génie, et après avoir passé par l'Ecole
de guerre, est nommé répétiteur à l'Ecole militaire.
Capitaine adjoint d'Etat-major au 11*= régiment de ligne,
il part pour le Congo le 18 janvier 1882, avec Nilis, Grang
et Joseph Van de Velde.
Il séjourne à Issanghila, mais atteint par la fièvre il doit
se rendre à Banana.
Rétabli, Hanssens retourne à Vivi et y rencontre Stanley
qui. saisi d'une fièvre violente et épuisé par trois ans
de travail opiniâtre, venait de remettre ses fonctions d'agent
supérieur de l'Association au D'" Peschuel-Loesche pour
C) —
rentrer en Europe. Mais, celui qui avait été désigné par
Stanley pour lui succéder, ne parvint pas à dominer la
situation, ni ses complications. Dès le 20 septembre 1882,
il confia son haut commandement à Hanssens qui se trouva
aux prises avec des difficultés de toute nature.
Le nouvel ag-ent supérieur est à l'avant-garde, presque
seul, avec des moyens d'action insignifiants, pour ainsi
dire, sans ravitaillements, attendant les steamers, dont le
transport à travers la région des cataractes n'avance que
péniblement. Et, sur la rive, en face, on annonce le retour
prochain de de Brazza, avec des vapeurs Encore quel-
ques retards, quelques lenteurs et la route du haut fleuve,
en même temps que celle du Kwilu va être coupée. C'est
la ruine définitive des espérances de l'Association. Il s'agit
donc d'agir, sans compter sur les renforts promis, de
prendre possession, de pousser en avant avec ses seules
forces.
Après avoir rétabli les relations troublées avec le chef
Nga'liema et avoir fait construire une route entre Manyanga
et le Stanley-Pool, Hanssens quitte Léopoldville le 12 octobre
1882, avec Boulanger et onze Zanzibarites, à bord de
VEclaireu7% l'allège de VEn Avant.
Le 13, à midi, soit onze heures de navigation après leur
départ, les voyageurs arrivent à l'extrémité orientale du
pool. A proximité de celle-ci, ils aperçoivent sur la rive
nord les falaises d'un blanc sale que Stanley a appelées
les « Dover Gliffs » et qui rappellent la physionomie de la
côte sud-est de l'Angleterre. Un peu avant la sortie du
pool, les regards sont attirés par une grande affluence
d'hippopotames qui s'ébattent dans l'eau et sur une ile
à bords sablonneux couverte d'herbes.
Le dimanche 15 octobre, vers dix heures et demi du
matin, après vingt-cinq heures de navigation, Hanssens
s'arrête au village de Mpiri (rive gauche). C'est la première
a^^S'loméralion rencontrée depuis Kinsliassa. Il y est reçu par
le chef Mclioni qui l'accueille sans crainte, mais témoi^me
autant de rapacité que ses confrères africains en souverai-
neté,
Dans la soirée, Hanssens campe dans une île, séparée
de la rive gauche par un canal d'environ cent cinquante
mètres de larg-eur, à dix heures de navifjfation en aval de
Msuata. — Cette île est désormais appelée: île des Palmiers.
Le i7, VEclaircur aborde à Msuata, station fondée par
Stanley en 1881. Le chef, le lieutenant Janssen, le disciple
bien-aimé de Boula-Matari, s'y occupe activement et intcl-
Jig-emment de l'aménag-ement et de l'amélioration du poste.
Les relations entre les indigènes et le personnel sont des
plus amicales.
Le chef hayanzi Mangui qui, avant le départ du capitaine
de Léopoldville, avait promis de le rejoindre peu de jours
après à Msuata, n'arrivant pas, Hanssens se décide à partir
après six jours d'attente. Une circonstance nouvelle l'engage
d'ailleurs à ne pas prolonger davantage son séjour dans
cette dernière station. Le bruit court, en ce moment, que
deux blancs, descendus d'une rivière de la rive droite et
accompagnés de soixante noirs remontent le Congo, au
moyen d'un bateau à rames et de pirogues.
Si cette nouvelle est exacte, elle doit se rapporter, sans
doute, à l'expédition française commandée par Mizon. Hans-
sens se hâte de se remettre en route le 23, à sept heures
du matin, avec le lieutenant Janssen.
La largeur du fleuve augmente insensiblement au fur et
à mesure qu'on remonte vers Tchoumbiri.
En amont de cette localité, le fleuve s'élargit dans des
proportions considérables et forme une espèce de bassin
de grande dimension, qui se rétrécit au nord, vers la zone
où se termine le district de Bolobo.
Au delà de Msuata, la rive gauche est extrêmement
8 —
peuplée. Les villages se succèdent à de très faibles inter-
valles.
A partir d'Itimba les agglomérations se suivent pour
ainsi dire sans interruption.
Entre Msuata et Tclioumbiri, les populations habituées
à se trouver en contact avec les blancs, se montrent
sympathiques; mais, en amont de Tchoumbiri il n'en est
plus de môme; les habitants, effrayés à 1 aspect des
" moundelle «, repoussent les voyageurs au cri de " Guende »
(allez-vous en), partout où ils veulent aborder.
Les habitants de Bolobo se montrent méfiants et très
sauvages.
Ainsi, la veille du jour, où Hanssens parvint à aborder à
la rive, il se trouva vers cinq heures du soir, à hauteur du
premier des nombreux villages constituant le district.
Désirant établir son camp avant la tombée de la nuit, le
capitaine voulut descendre à terre, mais en vain, les indi-
gènes s'opposèrent au débarquement; le même accueil lui
fut réservé dans les villages voisins. Les îles, si nom-
breuses dans cette partie du fleuve, étaient toutes inondées
sur une large étendue et une épaisse ligne d'arbres et
de lianes interdisait l'accès du centre. Force fut donc de
redescendre jusqu'en aval des agglomérations inhospita-
lières. Hanssens parvint enfin, après trois heures de ten-
tatives infructueuses, à trouver un point accessible de la
rive et un tout petit espace découvert qu'il s'empressa
d'occuper.
Le lendemain, il se remit en route de bonne heure et
recommença le trajet qu'il avait parcouru la veille, dans
de si mauvaises conditions.
Les indigènes se montrent cette fois plus accueillants.
Pour leur inspirer confiance, Hanssens descend à terre, avec
un interprète et un homme portant une caisse de bimbe-
loterie n est aussitôt entouré de deux à trois cents indigènes,
— [) —
accourus dos environs, ;i (jui il liiil nno aniphi (Jislril)U-
tion (le vori'oUM'ios à un sou. N(^ j):ii'V(Miant pas à (Hi'o
reçu par le chef Uaka, lianssens s'installe sans hésiter
dans cette localité appelée Ivintamo (:J0 octobre), et 1(; 10
novembre, il reçoit enlin la visite du niéliant Uaka. chef
des Hayanzi, qui lui concède un terrain poui- la station de
l'Association à Bolobo. Hanssens lait niveller le terrain, défri-
cher le sol et après avoir remis le commandement du nou-
veau poste au lieutenant Orban et à Boulang-er, il s'embarque
le 27 décembre, à bord de YEclaireur, avec Coquilhat f[ui
venait de le rejoindre. Itaka les accompag-ne, profitant
de l'allèg-c pour visiter son village de campagne, à deux
lieues plus bas. Les vo3^ageurs campent à une lieue au
sud de chez Tchoumbiri, puis amarrent leur embarcation
h l'embouchure de l'Ibari N'Koutou (ou Kwa), sur la rive
droite de cet affluent, au village de Mokelé. Hanssens fait
l'échange du sang avec Makuentcho et obtient de ce roitelet
la cession des droits nécessaires pour se réserver exclusi-
vement le protectorat politique du district de Mokelé. Ce
lieu est important et tient l'un des côtés de l'accès que
ribari N'Koutou (ou Kwa) peut offrir à des expéditions
portugaises venant du haut Kwang-o.
Hanssens y fonde avec Coquilhat le poste de Kwamouth
et quitte Makuentcho le 30 décembre ; en trois heures
il gag-ne Msuata. Il reçoit la visite de Gobila et du chef
du territoire situé sur la rive g-auche de l'Ibari N'Koutou,
qu'il désire acquérir; il obtient sans peine un traité sem-
blable à celui conclu avec Makuentcho.
Hanssens rentre avec son adjoint à Léopoldville, le 4 jan-
vier 1883, pour préparer sa prochaine expédition vers
l'Equateur, lorsque tout à coup il apprend ])ai' un courrier
extraordinaire que Stanley, à la tête d'un nombreux per-
sonnel blanc et d'un renfort de deux cent cinquante
Zanzibarites s'avance à marches rapides sur Manyanga et
qu'il y appelle Hanssens pour une mission secrète.
— 10 —
Graig-nant do se voir enlever par d'autres puissances
l'embouchure du Congo, la direction de l'expédition avait
décidé d'acquérir une large zone côtière s'étendant vers
l'intérieur, au nord du Congo jusqu'au Stanley Pool. On
voulait à cette fin, obtenir des cessions de territoires des
chefs indigènes le long de la vallée du Kwilu et sur son
affluent, le Niari.
Une colonne commandée par le capitaine Grant-EUiott.
assisté de Destrain, se dirige d'Issanghila vers le Kwilu
moyen, pour descendre de là à la côte. Hanssens est chargé
par Stanley, dés son arrivée à Manyanga (février 1883), de
partir avec une expédition nouvelle pour la région supé-
rieure du Kwilu-Niari, d'établir une ligne de communica-
tion entre Manyanga et ce fleuve et de poursuivre son
exploration jusqu'à ce qu'il ait opéré sa jonction avec le
capitaine Elliott à Stéphanieville.
Le capitaine Hanssens se met en route pour le haut
Niari, le 10 février, et quelques mois plus tard, il adresse
à Stanley un long rapport lui annonçant que, au moyen
de stations établies à Philippeville et à Boulangoungou,
ainsi que du service de navigation organisé entre la pre-
mière station et Stéphanieville, le haut Kwilu-Niari est
désormais en communication avec le Congo (').
Hanssens est attaqué en retournant à Manyanga et blessé
d'un coup de feu près de Nganda.
Ayant séjourné quelque temps à Boma, il remonte
vers Manyanga, et se dirige de nouveau vers la région
du Niari supérieur, où il conclut des traités et fonde le
poste de Mukumbi, entre Philippeville et Manyanga.
En juillet 1883, il inaugure le service des transports
entre Matadi et Manyanga (rive sud).
Vers la fin de cette même année, après avoir créé la
(1) Stanley. Cinq années au Congo, p. 330.
11
station dos Falls, Stanley se sentant de n()uv(>;m épuisé
(le lali^'ue, abandonne une seconde fois son commandement
à Hanssens pour rentrer en lùirope.
Le 24 mars 1884, Hanssens quitte Léopoldviilc avec les
trois steamers, le Royal, ÏBn Avant et l'A. /. A., un
g-rand et un petit canot. La grande baleinière, sous le
commandement de Hurton, et V Eclaireiu^ sont partis depuis
le 15 du môme mois, emportant Vannerus et Keys. désignés
par Stanley pour être adjoints respectivement aux chefs
des stations de Bolobo et de Lukolela, ainsi que les ravi-
taillements destinés aux stations de iMsuata, Kwamouth,
Bolobo et Lukolela, enfin une cinquantaine de charges
pour les stations du haut.
Le personnel blanc qui accompagne Hanssens à bord
des steamers comprend : l'ingénieur Amelot, Drees etGuerin,
mécaniciens de VEn Avant, de l'A. /. A. et du Royal;
Nichols, matelot; le pharmacien Courtois et Wester, désignés
pour la station des Faits. Le personnel noir est fort de
cinquante et un hommes. A Lukolela, \' Edaireur est pris
à la remorc[ue, avec son chargement et son équipage de
neuf hommes.
Après avoir inspecté la station de iMsuata, Hanssens se
rend, le 29 mars, conformément aux instructions de Stanley,
au village de Pima Moubala, dont le chef Ngantchu a, lors
d'une entrevue antérieure, prié Stanley de créer chez lui
une station.
Depuis quelque temps déjà, le D^ Ballay avait fondé un
établissement sur le territoire en question. Ngantchu affirme
qu'il n'y a eu aucun traité écrit et qu'il s'est borné à
accorder à Ballay une autorisation verbale de s'installer
chez lui. Hanssens insiste pour qu'il respecte cette concession.
En quittant Ngantchu, il dirige ÏEn Avant vers la sta-
tion du D'" Ballay, pendant que le Royal et 1' A. /. A.
naviguent vers Kwamouth. Le poste français est situé au
12
fond de la baie cfui limite en amont la î^aillie rocheuse
que la rive droite du Congo projette dans le lleuve à ce
point.
En face de celte saillie, le lit du fleuve est obstrué au
milieu et vers la gauche par des rapides, et les eaux y
sont toujours mauvaises. C'est dans cette zone que les
canots portant le lieutenant Janssen et l'abbé Guyot cha-
virèrent. La navigation y est difïîcile et il faut plus d'une
heure à Hanssens pour se rendre du village de Ngantchu
à la station française. Cette dernière est établie au sommet
de l'escarpement qui limite la baie; les abords en sont
très difficiles et les installations très primitives.
En débarquant à la station, Hanssens y trouve, outre
le docteur Ballay, de Brazza, qui y est arrivé depuis deux
jours avec son frère Jacques, de Chavannes, Pecile et le
sergent Malamine. Dans la baie chauffe un petit canot à
vapeur, ayant à peu près les dimensions du Royal et
portant une machine et deux chaudières verticales, ana-
logues à celles de VA. 1. A. Le personnel noir comprend
quarante-sept hommes, pour la plupart des laptos sénégalais.
Hanssens reçoit l'accueil le plus cordial et le plus hospitalier.
De Brazza porte un toast au succès de l'A. I., ajoutant
que selon ses aspirations personnelles et les instructions
qu'il a reçues du Gouvernement français, il considère les
expéditions belge et française comme cousines germaines.
Hanssens débarque à Ngombi le 11 avril, et convoque
aussitôt tous les chefs à une palabre, fait l'échange
du sang avec le chef le plus important Ngondo et obtient
sans difficulté, un traité qui assure à l'expédition la
propriété et le protectorat du territoire du district.
Un emplacement situé à l'entrée du canal en aval du
village inférieur, et s'étendant à front du fleuve sur une
longueur indéterminée, et qui [)eut aller jusque trois milles,
est mis à la disposition de l'officier belge pour y élever
— l.'î —
une station. En attendant que celle-ci soit construite, un
poste de trois soldats llaoussas, commandé par un ser^'-ont,
^'•ardera le drapeau, qui est arboré sur la rive.
En ((uittant N^ombi, le lendemain, Ilanssens se diri^'-e
vers Irebu, en faisant en passant des visites aux cliefs des
districts du Hutunu et d'Usiiuli. Ircl)u est situé à environ
cinquante milles en aval de la station de TEquateur, dans
le secteur sud du contluent du Cong-o et de la rivière
Matumba. Ce district est g-ouverné par deux grands cliefs,
Mukwala et Mangombo, qui ont en môme temps l'autorité
supérieure sur tout le territoire compris entre la Matumba
et la station de Lukolela.
Hanssens fait avec eux Téchang-e du sang et parvient
à conclure un traité qui place cette vaste contrée sous le
protectorat du Comité.
Après avoir toucbé à la station de l'Equateur (17 avril),
et y avoir déposé le chargement qui lui est destiné, il
traverse le fleuve pour se rendre dans l'Ubangi, avec Van
Gèle, Courtois, Guerin et Amelot.
Ce voyage est fécond en résultats. Hanssens revient au
bout de six jours, radieux, à la station. L'Ubangi est un
important district dans l'entrée d'une magnifique rivière
venant du N. N. E. L'heureux capitaine a conclu avec le
grand chef Mkuku un traité qui assure à l'xYssociation non
seulement la possession du territoire d'Iranga, situé sur
la rive droite du défilé devant Ngombi, mais du territoire
d'Ubangi lui-même. Ce point présente une importance
considérable.
C'est d'abord un centre commercial, qui peut être placé
sur le même pied que Tlrebu ou Lulanga. Il commande
en suite la sortie d'un affluent considérable, qui n'est
renseigné sur les cartes que comme existant probablement,
mais de l'existence réelle duquel Hanssens a pu s'assurer, en
pénétrant à plusieurs lieues à Tintérieur. L'affluent porte
vers sa jonction avec le Congo le nom de MBundju.
— 14 —
Les nombreux villag-es qui constituent le district d'Ubangi
sont situés à front de la rive g'auche de l'alHuent et assez
loin du point de jonction.
Le 27 avril, iïanssens, accompagné du lieutenant Coquilliat,
remonte le fleuve vers le pays des Bangala, pour y renou-
veler la tentative infructueuse de Stanley, d'établir une
station à Iboko. Il traite avec les chefs de Loulanga, mais
entre Loulanga et Bolombo le Royal s'égare et faillit
sombrer.
Le 4 mai, Hanssens et son adjoint se trouvent chez
Mata-Buiké à Iboko. Après l'échange du sang, une céré-
monie complémentaire cimente le pacte de fraternité conclu
la veille. Cette cérémonie consiste dans l'abatage d'un pal-
mier fétiche, suivant un certain rituel: la direction dans
laquelle tombe le palmier prouve aux populations que Nsassi
(Hanssens) est dévoué corps et âme à Mata-Buiké, et dès
lors, ce dernier s'attache à faire agréer les nouveaux ar-
rivants.
Le principal obstacle est l'opposition de Mongimbe, le
fils aîné de iMata-Buiké et son héritier présomptif. Mongimbe
est un sournois et fanatique, opposé par instinct à toute
innovation. C'est lui qui a fait échouer les négociations de
Stanley. Les pourparlers sont longs, difficiles. La rapa-
cité qui constitue la caractéristique de la race africaine,
atteint ici son maximum d'intensité. Les Belges doivent dé-
ployer des prodiges de patience et de longanimité et plus
d'une fois ils sont sur le point d'abandonner la partie.
La veille de la palabre finale, le 8 mai, le capitaine fait
annoncer publiquement que si le jour même ou le lende-
main matin, au lever du soleil, tout n'est pas arrangé, il
partira pour construire son village plus haut.
Mata-Buiké s'est précisément rendu ce jour-là à l'autre
rive, avec deux de ses fils, Mongimbe et Imbembe, pour y
faire une palabre.
— 15 —
Hanssens l'ail appeler les autres fils du chef à bord de
VEn avant et là, leur montrant ses bateaux bondés de
balles d'étodcs et de caisses de pacotille, il leur dit:
'. Vous voyez tous ces niossolo (marchandises, articles
^ de commerce) toutes ces belles étofïes, ces mitakos, ces
» cauris, ces articles de quincaillerie, etc., etc.
^ J'ai apporté tout cela pour le vendre à mes amis les
•^ Bangala, à mon frère Mata-Buiké et à ses fils. Mais les
« Bangala ne veulent pas de Nsassi, ils lui refusent un
« terrain pour construire ses maisons; il ira installer un
« village plus haut, car on le réclame partout, et les
-^ Bangala n'auront rien de ce qui a été apporté pour eux. ^
Le lendemain, au lever du soleil, les bateaux étant sous
pression et les hommes à bord, Mata-Buiké fait prier
Hanssens de retarder son départ de quelques heures.
A sept heures, il envoie un nouveau messager pour con-
voquer le Belge à une grande palabre, Hanssens emporte la
position et, en signe de joie, fait jeter à pleines poignées
des perles et des cauris dans la foule. A dix heures
tout est fini, le terrain est limité, les maisons et les
bananiers qui s'y trouvent sont achetés et payés.
Hanssens obtient, le 7 mai, un traité par lequel Mata-
Buiké concède l'ancien terrain offert puis repris à Stanley.
Cette station compte une centaine de mètres de longueur
à front du fleuve et une profondeur moyenne de quarante
mètres environ. Hanssens doit se contenter de ce lopin,
pour l'excellente raison qu'il n'y en a pas d'autre. Tout
ce qui est habitable, sur une étendue de dix à douze
milles, est occupé.
L'essentiel est pour le moment, de prendre pied dans
la contrée. Les îles qui coupent le lit du fleuve, en face
d'Iboko (nom que porte l'ensemble du territoire occupé
par la tribu des Bangala et qui signifie marché), sont basses
et continuellement inondées à l'époque des hautes eaux.
Elles ne se prêtent donc pas à un établissement.
10 —
Gest le lieutenant Goquilhat qui est chargé de la mission
d'occuper avec ses iiommes et ses marchandises la nou-
velle station, située en plein cœur du territoire des Bangala
et de lui donner, par des négociations pacifiques, une
extension plus considérable.
Hanssens se dirige ensuite vers l'Equateur pour y chercher
les approvisionnements des Stanley-Falls (11-24 mai).
De retour à Iboko, il se rend le 25 à sa destination.
Au cours de la seconde partie de son voyage, Hans-
sens découvre la rivière Mbumdju, achète le territoire
d'Ubangi, situé dans le secteur oriental du confluent de
cette rivière avec le Congo, à quelques milles en amont
do ce dernier et celui de Liranga, appartenant au chef
supérieur d'Ubangi, sur la rive droite en face du district
de Ngombi.
Il constate ensuite l'existence de la rivière Ngala ou Mon-
gala, afïluent de la rive droite, à environ soixante dix milles
anglais, en amont de la station précitée.
Achat du district de Mobeka, situé sur la rive gauche
de l'affluent, à environ dix milles anglais, en amont de sa
jonction avec le Congo. Il n'existe pas d'autres villages
en aval, de sorte que Mobeka commande le confluent.
Jusque Mobeka, la Mongala a une largeur moyenne de
six cents mètres, ses rives sont basses et couvertes de bois.
Sa direction est nord-est.
Hanssens constate l'existence d'un nouvel affluent de la
rive droite, dont la jonction avec le Congo se fait à environ
quinze milles en amont de Yambinga. Cet affluent, appelé
indifféremment par les indigènes la MBula et la Bulumbu,
est ritimbiri, reconnu déjà par Stanley. Hanssens baptise
cet affluent du nom de rivière Liagre.
L'expédition belge le remonte sur une distance d'envi-
ron quarante milles. Sa direction générale est nord-est.
Sa largeur varie de huit cents à quatre cents mètres.
— 17 —
Dans la partie qu'il parcourt, la rive ^^auchc, spécialement,
est très i)cui)lée. On y constate l'existence de trois dis-
tricts importants, portant les noms de Busambi, Libuki
et Humbuni. Un quatrième district, plus important encore
que les précédents et appelé Itembo, se trouve situé sur
la rive gauche, à quelques milles en amont du confluent
et avoisinant ce dernier.
Les habitants d'Itembo appartiennent à la tribu des Yan-
Korvés. Hanssens s'y arrête pendant une demie journée
et fait l'échanf^e du sang avec le chef supérieur appelé
Mubangi, mais ne parvient pas à conclure un traité avec lui.
Il installe un poste de trois hommes au confluent
de l'Aruwimi, sur le territoire de Basoko. Les villages
basoko sont situés sur la rive droite et commencent à
environ deux kilomètres en amont de la jonction avec le
Congo. Un sort malheureux était réservé à ce poste: deux
hommes sont massacrés et mangés par les naturels, le
troisième est recueilli par Van Gelé.
Le 3 juillet 1884, Hanssens touche aux Falls et rem-
place le chef de la station, le mécanicien Binnie (qu'il ren-
voie au service de la machine du Royal), par le lieutenant
suédois Wester, auquel est adjoint Louis Amelot.
Ce sont deux années d'incessantes courses, fécondes en
résultats.
De l'Equateur aux Falls la bannière étoilée flotte sur les
deux rives du haut Congo.
Le 19 juillet, Hanssens, de retour à Iboko, (Courtois
est mort en route) profite de son passage à la station
pour aplanir les différends qui viennent de surgir entie
son ancien adjoint et Mata Buiké et reçoit une lettre
autographe d'encouragement du Roi.
Après avoir renforcé la garnison de Coquilhat, il quitte
Bangala le 22 juillet, pour se rendre à Léopnld ville.
En descendant le fleuve, il visite successivement les sta-
18
lions de Lukolela et Rolobo, commandées respectivement
par Glave, sujet anglais, et par le sous-lieutenant d'artillerie
Liebrechts.
Le capitaine Hanssens félicite chaleureusement ce dernier
des résultats heureux obtenus dans la pacification des
belHqueux Bayanzi; (ceux-ci s'étaient montrés intraitables
dans les rapports qu'ils avaient eus auparavant avec Stanley
et d'autres Européens), et du développement de la station
de Holobo, incendiée par les indigènes sous son prédéces-
seur.
Hanssens rentre à Léopoldville le 6 août 1884, après
une absence de cent trente-six jours, et y rencontre le
colonel de Winton, administrateur général et chef inté-
rimaire de l'expédition, ainsi que le R'' G. Grenfell qui
se prépare à remonter l'Ubangi.
L'œuvre de Hanssens est considérable : le Comité d'études
se trouve désormais possesseur de tous les points du haut
Congo, présentant quelque importance soit par leur situation,
soit par leur population, soit encore par leur commerce.
Le voyage s'est accompli le plus pacifiquement du monde.
L'expédition n'a pas rencontré la moindre hostilité dans
tout le trajet de dix sept mille kiloinètres qui sépare le
Pool des Falls. Partout chez les cannibales elle a été reçue
avec le plus vif empressement.
Après un séjour de quelques semaines à Léopoldville,
Hanssens se remet en route pour acquérir en amont de
Kwamouth, le plus de districts possibles.
Il se rend en septembre, accompagné de Casman et du
lieutenant suédois Gleerup, à Betcho et à Kwamouth.
Mais malade, il est forcé de retourner en Europe, après
avoir remis le commandement du haut Congo au lieutenant
Van Gelé.
Mandé à Léopoldville, il y reçoit la croix de chevalier de
l'Ordre de Léopold, mais démissionne quelques jours après.
10 —
Arrivé ;i Vivi, il y meurt le 28 décembre I.S.Sl, nu moment
où il se disposait à remonter vers l'amont.
Stanley a consaci'é (iuel([ues lig-nes flatteuses à Ilanssens
dans son ouvrag'e: CAuq années au Congo:
« Le capitaine Ilanssons semblait avoir endossé, pour venir en
Afrique, cette armure qui rend l'honmie invulnérable à tout: le
courage moral. Chargé de conduire une expédition et de fonder
des stations dans des régions inconnues, il faisait ses préparatifs
avec une célérité et une sûreté étonnantes, pensant à tout, n'omettant
rien, veillant à ce qu'il ne manquât ni une carabine, ni une aiguille
et, quand il se mettait en route Taspect martial de son escouade
j était le gage du succès qui l'attendait. »
Le 15 novembre 1(S81, Hanssens, dans une lettre qu'il
adresse en Europe, s'exprime en ces termes:
« Quand le travail du Congo proprement dit sera terminé, il y
aura pas mal de besogne pour explorer et occuper toutes ces immenses
rivières ot planter le drapeau de la civilisation dans les régions
inconnues où elles prennent leur source.
» J'espère, pour ma part, pouvoir contribuer à éclaircir le mystère
qui les entoure, et c'est cette perspective qui m'engage à différer
l'époque de mon retour au pays. J'ai fini mon terme, j'aurais
le droit de m'embarquer pour l'Europe. Mais cette zone mysté-
rieuse exerce sur moi une telle fascination que je sacrifie tempo-
rairement tout: famille, amis, patrie, pour aller voir ce qui s'y
trouve. »
— 20 —
PUBLICATIONS :
Les premiers explorateurs du haut Congo. Lettres inédites. (Congo
illustré, 1892, pp. 5 et suivantes).
Les Bayanzi, mœurs et coutumes. (Mouvement géographique, 1884, I,
pp. 6. 10 et 14).
Le service des transports entre Maladi et Manyanga. (Mouvement
géographique, 1891, p. 128).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Jourdain et Van Stalle. Dictionnaire encyclopédique de Géographie
historique.
DE Martrin Donos. Les Belges dans V Afrique centrale^ t. II.
Albert Chapaux. Le Congo historique, etc., pp. 80, 100, 400.
Bulletin de la Société royale de Géographie d'Anvers, 1905.
Mouvement géographique, 1891, p. 128.
Congo illustré, 1892, p. 1.
JANSSEN, CAMILLE.
Cliché du Mouvement Géographique.
GOUVERNEURS GENERAUX DE L'ETAT INDEPENDANT DU CONGO.
JANSSEN, CAMILLE,
né à Liège, le 5 décembre 1837.
Docteur en droit et en sciences politiques de l'Université
de Liège.
Substitut du procureur du Roi à Hasselt (1805).
Chancelier de la légation belge avec pouvoirs consu-
laires à Gonstantinople (1872).
Président du Tribunal mixte international d'Alexandrie
(1875).
Chargé d'une mission diplomatique et commerciale en
Turquie, Asie-Mineure, Grèce et Palestine (1878).
Agent diplomatique et consul général en Bulgarie (1879).
Consul général à Québec (1882).
Part pour le Congo, le 25 septembre 1885, comme vice-
administrateur général.
La constitution de l'Etat Indépendant du Congo fut
proclamée à Banana, le 19 juillet 1885, par sir Francis
de Win ton. Huit mois après, l'agent supérieur de l'Asso-
ciation du Congo rentrait en Europe, à l'expiration de son
terme de service et remettait à Camille Janssen ses hautes
oo
fonctions d'aclminislrateur général, chef du g-ouvernement
local.
« Depuis l'époque de la découverte, à la fin du xv® siècle,
« jusqu'à ce moment, le Congo n'avait connu la loi d'aucun
^' pouvoir civilisé. Depuis quelques années seulement, les
» croiseurs anglais avaient chassé les négriers des criques
^ du bas fleuve. Dans l'intérieur du pays, à quelques lieues
» des rives de celui-ci, c'est à peine si les populations
" indigènes connaissaient l'Européen. La propriété n'était
^ ni garantie, ni protégée. La justice n'existait pas. Tout
^ était à créer.
Les résistances à vaincre étaient considérables, les obsta-
cles à tourner parraissaient énormes. Par contre, les moyens
d'action sont d'une insuffisance absolue. En ce qui concerne
la situation politique, les rapports avec les Portugais au sud
et les Français au nord, exigaient le plus grand tact et la
plus extrême circonspection. Les trafiquants établis au
Congo, depuis vingt à trente ans, redoutaient de voir suc-
céder un nouvel ordre de choses à l'ancien système, qui
était la liberté sans contrôle et sans réglementation.
Janssen s'applique immédiatement à créer la justice, régler
les questions commerciales, établir des impôts et des droits
de sortie, organiser les postes et le régime foncier.
Rentré en Belgique le 9 janvier 1887, il repart dès le 8 mai
suivant avec le grade de gouverneur général, dont il a
été investi le 17 avril.
Pendant ce second séjour au Congo, il explore le Shi-
loango jusqu'à Nzobe et s'engage dans la Lukula, en
décembre 1887, avec les capitaines Jungers et Destrain.
Revenu en Europe le IG juillet 1888. Janssen fait à Bru-
xelles, du 20 octobre 1888 au 15 mai 1889, l'intérim
d'administrateur général du département de l'Intérieur, mais
le 18 mai 1889, il s'embarque une troisième fois pour le
Congo, pour rcm{)lacer à Boma l'Insiiecteur d'Etat Cambier,
chef du gouvernement local.
— 23 —
Jusqu'à l'époque où Slanley dcbar(]ua au Con'^o, en 1879,
|)our compte de l'A. I., les steamers ne dépassaient pas
Ponta de Lenha.
La navigabilité du bas fleuve, en amont de Boma, était
mise en doute; on aflirmait que seuls des bateaux de
(juebiues tonnes pourraient aborder à Matadi. Si cette
assertion se confirmait, c'était la mort de l'peuvre, à i)eine
née, de la construction du cliemin de fer.
Le i^ouverneur général Janssen insiste pour (jue l'essai
soit tenté et charge le capitaine Murray, olïicier de la
British and African Steam navigation C", d'aller reconnaître
au préalable par lui-même la route fluviale entre Boma
et Matadi, à bord d'une embarcation à vapeur.
N'ayant rencontré aucun obstacle, Murray tenta l'aven-
ture, monté sur le steamer Lualaba, le 29 juin 1889. Sans
peine, ni appréhension, pendant toute la durée du voyage,
qui prit cinq heures, il arriva à Matadi sans encombres.
Il était désormais prouvé que Matadi est aussi abordable
])ar les grands steamers que la plupart des ports intérieurs
européens.
« Le résultat heureux de l'énergique tentative de Murray, eut un
grand retentissement en Europe. Matadi, accessible aux navires
de mer, c'était le succès assuré pour l'entreprise du chemin de fer,
cette condition vitale de l'existence même de l'Etat, c'était l'afflux,
la ruée certaine des immenses richesses du haut Congo vers le
débouché belge de la région des cataractes, c'était la prospérité. »
(Congo illustré, 1893, p. 161).
Le 14 juillet, le gouverneur général confie au major
Gambier la direction du gouvernement local et entreprend
une importante inspection dans le haut Congo, afin de
juger, par lui-même des progrès réalisés en un si petit
nombre d'années. Déjà à Boma, il a pu constater les
résultats obtenus, grâce au capitaine Roget, dans l'orga-
nisation de la force publique.
— 21
« Pendant le voyage pédestre qu'il tait de Matadi à Léopoldville,
Janssen peut se rendre compte que la situation est excellente dans
le bas Congo. La route des caravanes a été sensiblement améliorée,
surtout au passage des rivières Lufu et Lukugu, où le sous-lieutenant
du génie, Carton, a établi de solides ponts suspendus. Le service
de recrutement de porteurs est dirigé avec habileté et intelligence
par Van Dorpe.
» Le 15 septeml)re, le gouverneur, à bord de la Ville de Bimxclles,
part pour le haut Congo ; il est accompagné du capitaine Becker
qui retourne aux Falls pour y organiser une expédition, du sous-
lieutenant Verbrugghe qui va remplacer le lieutenant Jacques au
poste de Bumba; du sous-lieutenant Duthoy, désigné pour être
adjoint au commandant de Bangala ; du sous-lieutenant Lenger et
du docteur Dupont.
» A Bangala, le gouverneur installe le lieutenant Baert, le
nouveau commissaire de district.
» Aux Falls, il trouve Tippo-Tip, qui l'assure de son parfait
dévoùment au Roi-souverain.
» A ce moment les Arabes et Tippo-Tip sont à l'apogée de
leur puissance ; leurs bandes exploitent ITtimbiri, l'Aruwimi et la
contrée du nord de Basoko. » (Histoire militaire du Congo).
Le 29 octobre 1889, le gouverneur s'embarque à bord du
steamer Ville de Bruxelles, au poste dTsanghi, au confluent
du Lomami. Accompagné du capitaine Van Kerckhoven,
commissaire du district de Bangala, et du sous-lieutenant
Lenger, de la F. P., il remonte le Lomami, luttant partout
contre les Arabes, jusqu'au dernier campement de l'expé-
dition Delcommune, en quatorze jours et cent et seize beures
de navigation effective. Trois beures après avoir dépassé
le susdit campement, de gros flocons de mousse descen-
dant le cours de l'eau, attirent l'attention des voyageurs.
Quatre heures et demie après avoir quitté le point extrême
atteint précédemment par le Roi des Belges, le steamer se
trouve arrêté dans une gorge par d'infranchissables rapi-
^f)
dos. La rivière se l'étrécit dans d(;s proportions iiivraisern-
l)lal)los; tandis ([u'à quelques mètres plus bas sa lar'^'-eur
mesure encore deux cents mètres, elle se réduit i)rusque-
ment à cinquante ou soixante mètres.
Le 11 novembre, une observation à l'aide du sextant et
d'un horizon artificiel donne 4° 27' 2" de latitude sud.
Les rapides N'Conghi étant infranchissables, Janssen
chai-g"e le lieutenant Lenger de créer à Bena-Kemba, un
poste militaire destiné à relier celui que le lieutenant Le
Marinel a l'ordre de fonder au camp du Lomami-Sankuru.
La descente du Lomami prend cinquante et une heures;
le voj^age entier a duré vingt et un jours. Le Gouverneur
général rentre à Léopoldville,
Le 17 décembre 1889, le gouverneur quitte Léopold-
ville à bord du steamer Ville de Bruxelles à destination de
Luebo et de Luluabourg, pour explorer le Kasaï et ses
affluents et fonder la station de Lusambo, au confluent du
Lubi et du Sankuru.
Voici en quels termes le R. P. Van Aertselaer relate ce
dernier événement dans une lettre adressée à son frère
le chanoine Van Aertselaer.
« Le 12 février 1890, le gouverneur Janssen arrive à cet endroit
sur je ne sais quel steamer, il débarque le 13 pour planter le
drapeau de l'Etat et repart le 14, écrivant à Bruxelles: « Lusambo
est fondé ». L'assertion peut sembler une plaisanterie; elle est la
vérité,
» Quelques officiers, parmi lesquels Légat, restent à la garde
du drapeau, qui flotte au coin d'une épaisse forêt, entourée d'un
côté par le Lusambo, des trois autres par une rangée de collines,
» Pendant ce temps, Le Marinel, Gillain et d'autres partent
par terre de Luebo sur Luluabourg, y recrutent une colonne de
travailleurs et arrivent après quelques semaines à Lusambo. »
L'efficacité de l'établissement du camp retranché de Lu-
sambo, allait bientôt se faire sentir, au cours de la cam-
— 20
pag^ne arabe, si habilement menée par nos héroïques com-
patriotes.
Le gouverneur général rentre à Léopoldville le 27 février;
et à son retour à Matadi, il constate la complète transforma-
tion de la station, sillonnée par le personnel de la com-
pagnie du chemin de fer, occupé aux premiers travaux
de la construction.
Il rentre à Boma le 21 mars, après une absence de huit
mois et s'embarque pour l'Europe, le 5 mai 1890, avec
Gambier.
Il est nommé secrétaire général du département des
finances de l'Etat à Bruxelles, mais démissionne de ses
fonctions de gouverneur général en 1893, et est autorisé à
porter le titre de gouverneur général honoraire. Il est
décoré de l'étoile de service à deux raies.
Secrétaire général de l'Institut colonial international,
Janssen est choisi comme arbitre pour trancher les difR-
cultés pendantes entre le Chili et les gouvernements de
France, de Grande-Bretagne et de Suède.
A l'expiration de sa mission, il rentre à Bruxelles, en
avril 1896.
PUBLICATIONS:
Orographie des noms géographiques du Congo. (Recueil administratif
des finances, 1892, n» 185).
En collaboration avec vanEetvelde, Rapport au Roi-souverain. (Bul-
letin officiel de TEtat indépendant du Congo. 1891, pp. 1G5, 211 et
Mouvement géographique, 1891, n° 15).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Mouvement géographique, 1888, p. 18; 1889, p. 83.
Congo illustré, 1893, p. 1.
Chapaux. Le Congo historique, etc., pp. 181, 615, 647.
Jenssen Tusch. Skandinaver i Congo.
Baron WAHIS.
Cliché (lu journal Le Congo.
WAHI5, THÉOPHILE, THÉODORE, JOSEPH, ANTOIN E (BARON).
né à Menin le 27 avril 1844.
S'engag-e au 11^ régiment de ligne en 1860 et est admis
à l'Ecole militaire deux ans plus tard.
Nommé sous-lieutenant au 6^ régiment de lig"ne, le 26 mai
1864, il est autorisé, par arrêté royal en date du 8 octobre
1864, à prendre part à la campagne du Mexique.
Adjoint au corps belge, sous le commandement du colo-
nel baron van der Smissen, comme lieutenant à la première
compagnie des voltigeurs, sous les ordres du capitaine Léon
Visart de Bocarmé, Wahis quitte Audenarde avec le pre-
mier détachement de la légion pour se rendre à Mexico.
Arrivé à destination, Wahis et la première compagnie
des voltigeurs, escortant un important convoi d'argent, sont
dépêchés vers Puebla, pour renforcer le cercle d'investis-
sement formé par le corps du maréchal Bazaine autour
d'Ojaca, place défendue par Porphirio Diaz.
Mais, à Puebla, le détachement belge apprenant que Diaz
a capitulé et qu'il est fait prisonnier, rentre à Mexico et
à Rio Frio, dans la Sierra.
28
Le lieutenant Waliis, à son retour à Mexico est attaché
au colonel baron van der Smissen, comme officier d'ordon-
nance et conserve cette fonction pendant toute la campag-ne.
Wahis se distingue au combat de la Loma, au New-Léon,
dans le Nord du Mexique, et à Charco-Redondo, où il
contribue à la reprise d'un convoi important, qu'une fausse
manœuvre avait livré à l'ennemi.
Wahis est cité à l'ordre du jour par le maréchal Hazaine,
pour sa belle conduite, à la tête d'une colonne d'attaque,
le 10 juillet 1805.
Lors de la défection du gouvernement français, vis-à-vis
de l'Empire mexicain, la légion belge reprend le chemin
de la patrie, ^'an der Smissen qui a pu apprécier les
hautes qualités dont a fait preuve ce jeune officier, sur
les champs de bataille, le désigne à l'attention du ministre
de la guerre et le choisit comme aide de camp. Wahis
entre à l'école de guerre en 1870 et y conquiert le brevet
d'adjoint d'élat-major.
Il est nommé, le 19 juin 1890, secrétaire-général du dépar-
tement de l'intérieur de l'Etat indépendant du Congo, et le
J9 novembre de la même année, vice-gouverneur général.
Major adjoint d'état-major au régiment des grenadiers.
Wahis s'embarque pour le Congo le 18 mars 1891, et prend
la direction du gouvernement local, dès son arrivée à
Boma, le 15 avril 1891.
Le principe si vrai qui affirme que protéger l'enfance
c'est diminuer la criminalité, a incité la plupart des Etats
à créer des établissements dans ce but. L'Etat a compris
la portée hautement civilisatrice et morale de semblables
institutions, et a chargé le nouveau vice-gouverneur d'orga-
niser les premières colonies d'enfants indigènes.
En môme temps, Wahis réglemente le trafic des armes
de guerre et crée la police administrative.
En juillet 1891, il établit le premier camp d'instruction
à Kinchassa.
29
Ensuite, il entreprend un voyo^^'^e duns le Mayuinbe,
puis se rend d;ms le liiiut Congo, jiis(ju'aux Falls, en
passant l'inspection des stations du moyen et du haut- fleuve,
lùuH que celles du Rubi et du Lomami.
Aux Falls et à Hasoko,le vice-gouverneur général s'occupe
tout spécialement des mesures à prendre en vue de la
campngne arabe qui se prépare.
Nommé gouverneur-général le r juillet 1892, Wabis
rentre en congé en Europe, le IG octobre de la même
année et assume, de janvier à mars 1898, l'intérim du
secrétariat général du département des finances.
Le G avril 1893, il retourne une seconde fois en Afrique,
accompagné de sa femme et de son fils aîné, et séjourne
au Congo, jusqu'au 13 février 1895.
Pendant ce second terme de service, le représentant du
Roi-souverain se consacre exclusivement à perfectionner
les diverses institutions de l'Etat, en faisant partout mettre
en œuvre les instructions du gouvernement.
De septembre à décembre 1894, il inspecte la roule des
caravanes et l'importante station de Léopoldville; le 4 décem-
bre, il préside à l'inauguration de la ligne Matadi-Kenge.
C'est durant le second séjour en Afrique du gouverneur
Wabis, qu'un conflit éclate entre le Congo belge et fran-
çais: la guerre est imminente et trois mille hommes sont
immédiatement envoyés à la frontière; mais le danger est
heureusement conjuré.
Au point de vue administratif nombreux sont les travaux et
les réformes auxquels le gouverneur Wabis a attaché son nom.
Il y a notamment à citer: l'application du décret sur
les recrutements de la F. P. et l'organisation des forces
militaires; le développement des camps d'instruction et le
règlement se rapportant aux colonies d'enfants; l'extension
donnée aux recrutements des porteurs et des travailleurs,
les améliorations apportées dans l'organisation du service
des transports dans la région des chutes, — le plus impor-
— no-
tant des services de l'Etat, aussi long-tcmps que le chemin
de fer nétait pas achevé ou tout au moins qu'il n'avait
pas atteint le district de Kimpesse — les noml)reux travaux
d'embellissement, d'assainissement et d'utilité; l'extension
donnée aux cultures. En un mot, il n'est pas de service admi-
nistratif auquel de notables perfectionnements n'aient été ap-
portés sous la haute impulsion du gouverneur général Wahis.
Le 8 septembre 1805, Wahis se dirige une troisième fois
vers le continent africain et le G mai de l'année suivante
quitte la capitale de l'Etat, pour entreprendre une impor-
tante inspection générale, dont il est chargé par le Roi-
souverain.
Le gouverneur emploie les neuf mois que dure son absence
à l'intérieur du pays, à visiter successivement les travaux
du chemin de fer, le district du Pool, celui de l'Equateur,
— qu'il parcourt et étudie en détail, — et celui de Ban-
gala, la région de l'Itimbiri et la zone arabe. Cette inspec-
tion le mène jusqu'à Kassongo, sur le haut Lualaba.
Le voyage se termine en février 1897, par la descente
du Lualaba et du Congo. Le 11 mai 1807, Wahis débarque
à Lisbonne.
L'œuvre militaire du colonel Wahis, a été appréciée en
ces termes par la Belgique militaire (1807, n" 13G(3) :
« Militaire accompli, le lieutenant- colonel Wnliis, s'occupe tout
d'abord de l'organisation de la force publique de l'Etat du Congo.
Avant son arrivée, la force publique est surtout composée d'élé-
ments recrutés à grands frais à l'étranger; son organisation est
rudimentaire et son instruction négligée.
» Le colonel Wahis, persuadé de l'importance énorme qu'il y
a pour l'Etat à posséder une force publique recrutée sur son ter-
ritoire, bien organisée et composée de soldats bien exercés et
disciplinés, se met immédiatement à l'œuvre et, sans se laisser
rebuter par aucun obstacle, ne cesse, durant tout le long séjour
qu'il fait au Congo, de s'occuper activement et personnellement
31 —
do ootto question qu'il a fort à cœur. Aussi peut-on dire que
c'est à lui que l'on doit la lor(;e [)ul)lique, telle qu'cdhî existe
actuelle meut.
» Alors qu'en 1891, à son arrivée au Congo, la l'orcc puhliiiiie
comptait à peine dans ses rangs huit cents miliciens indigènes,
elle compte actuellement plus de huit mille miliciens et quatre
mille volontaires nationaux.
» Le décret sur la conscription a été mis en vigueur i)etit à petit,
au fur et à mesure que l'autorité de l'Etat s'étendait, et l'organisation
de ces recrutements, que le gouverneui' général a fait établir lui-
même dans le bas Congo, sert de modèle dans tout l'Etat.
» Pour instruire les miliciens recrutés, le colonel Wahis fonde les
camps d'instruction, où les hommes de nouvelle levée doivent séjour-
ner dix-huit mois avant d'être versés dans les compagnies actives de
la force publique. Les règlements de ces camps sont élaborés par lui,
et il ne manque aucune occasion de s'assurer, soit par lui-même, soit
par des officiers délégués à cet effet, de l'observation de ses instruc-
tions et des progrès accomplis dans les camps.
» L'instruction militaire des hommes de la Force publique, tant
dans les camps que dans les compagnies actives, est également
l'objet de toute sa sollicitude. Un tableau de service modèle est
mis en vigueur dans tout l'Etat, et l'instruction du tir y acquiert
une importance capitale.
» Rien de ce qui a rapport à la Force publique ne le laisse
indifférent: armement, équipement, habillement, casernement, nour-
riture, musique, tout l'intéresse, comme en témoignent de nom-
breux ordres.
» L'éducation morale des soldats noirs et le traitement qu'il
convient d'appliquer à ces hommes, pour en faire des serviteurs
dévoués de l'Etat, sont également l'objet de tous ses soins; ses
instructions à ce sujet, tout en révélant le soldat modèle, laissent
entrevoir le père qui considère ses soldats comme étant en quelque
sorte ses enfants et, autant il se montre sévère avec les insoumis
et les mauvais soldats, autant il a de sollicitude pour le bien-
être matériel et moral des bons.
— 32 —
>^ Nous n'en finirions pas si nous devions dire quelque peu en
détail tout ce que le colonel Wahis a fait pour la Force publique
du Congo. Une visite à Tervueren montrera ce que l'on peut
obtenir de gens antérieurement sauvages, par une discipline et une
instruction militaire bien entendues.
» L'activité du colonel Wahis s'est en outre exercée dans les
ordres d'idées les plus divers, et l'on peut dire qu'il n'a rien
négligé pour mettre en vigueur, le plus possible, les instructions
du Gouvernement de l'Etat Indépendant du Congo. Aussi, il lui
revient une très grande part dans les progrès a,ccomplis au Congo,
de 1891 à 1897, et son nom restera attaché à l'histoire de notre
colonie comme un modèle d'intelligence, de travail, d'énergie et
de persévérance. »
Le IG avril 1900, au nioment de s'embarquer une qua-
trième fois pour notre future colonie, Wahis reçoit, à
bord du Philippevillc, un témoignag-e de haute sympathie
de la part du prince Albert de Belgique, qui vient en
personne lui adresser ses vœux pour un voyage heureux.
Wahis rentre en Belgique le 19 mai 1901 et est créé
baron.
En 1905, le Roi-souverain, ayant décidé d'appliquer cer-
taines mesures humanitaires nouvelles au Congo, fait de
nouveau appel au dévoûment du baron Wahis.
Celui-ci repart une cinquième fois, le 4 mai 1905, en
compagnie du colonel adjoint E. M. Lantonnois, vice-gou-
verneur général, du major adjoint E. M. Gomins, inspecteur
d'état, et du capitaine Borremans, secrétaire du gouverneur.
Accompagné de De Meulemeester, directeur ad intérim
de Ja justice, de Piéi\ard, agent d'administration de deuxième
classe, le baron Wahis effectue une tournée d'inspection
dans le domaine de l'Abir et du Lopori et procède à un
long et minutieux examen du service des transports à
Buta. (Voir § 14. Lettre du Roisouvei^ain aux secrétaires
généraux, 0 juin 190G).
— 33 —
Le baron Wahis rcviont on Hnl^nrHio lo 8 jiiillot 1000
ol est noiiimô aide de camp du Uoi.
En août 100(>, il a la haute direction des grandes mannnu-
vres de l'armée.
Le baron Waliis est actuellement li(îut(Miant-^'"cn6ral
commandant la ((uatrième circonscription militaire et la
quatrième division d'armée.
Aide de camp du Roi ;
Commandeur de l'Ordre de Léopold, décore de la croix
militaire de ])remiére classe, de l'ordre de la Guadeloupe
(Mexique), de la médaille du mérite militaire (Mexique)
et de l'expédition du Mexique (France);
Commandeur de l'Etoile africaine, décoré de l'Etoile de
service à quatre raies, de l'Ordre Saint-Vladimir de qua-
trième classe et de Saint-Stanislas de deuxième classe
(Russie);
Commandeur de Saint-Benoit d'Aviz (Portugal), de l'Ordre
de l'Epée de deuxième classe (Suède) et du Takovo de Serbie,
décore de l'Aigle rouge de Prusse de deuxième classe,
officier de la Légion d'Honneur.
PUBLICATIONS:
V inauguration de la première section Maladi-Kenge. Discours et une
carte. (Mouvement géographique, 1894, p. 5).
Article paru dans la National Review de Londres (traduit par Y Europe
coloniale de Paris).
The World, 21 novembre 1906; The Sphère. 21 octobre 190(3.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Belgique militaire, 1897, n" 1366.
Mouvement antiesclavaçiste, 1897, pp. 131 et 173, 1900, p. 185,
Congo illustré, 1895, p. 129.
Jexssen Tusch- Skandinaver i Congo, 1902-1905.
VICE-GOUVERNEURS GÉNÉRAUX.
COQUILHAT, CAMILLE. AIMÉ,
né à Liège, le 15 octobre 1853, décédé à Borna, le 24
mars 1891.
Etant au collège Dupuich à Bruxelles, pendant la guerre
franco-prussienne, il s'engage les premiers jours de jan-
vier 1871, à l'insu de ses maîtres, au régiment des voltigeurs
du nord et est dirigé à Bapaume qu'il atteint après force
marches et contre marches. Quelques jours plus tard, il assiste
aux batailles de Vermand et de Saint-Quentin. Prisonnier
des Prussiens, il parvient à s'échapper, fait trente lieues
à pieds nus, déguisé en chiffonnier, sans pain et sans
argent, et revient à Lille. Il se dispose à se faire rééquiper
lorsque, sur le conseil de son père, il résilie son enga-
gement et retourne à Mons, où il est fêté comme un héros.
Quelques mois après cette équipée, il entre à l'école mili-
taire. Lieutennnt-adjoint d'état-mnjor au 2<^ régiment de
ligne, Coquilhat épris de la grandeur de l'initiative royale,
se met au service du comité d'études du haut Congo, en
juin 1882, pour rejoindre l'expôditiuri Stanley.
COQUILHAT, CAMILLE.
(y»
Cliché de rouvragc de M. Chapaux,
Le Congo historique, diplomatique, etc.
OD
Accompagné du lieutenant Avacrt, du sous-lieutenant
Parfo Nry et de l'agent comptable I^runl'aut, il quitte Anvers
le 15 août 1S82 et s'embarque pour l'ATrique, le 19 août,
à Liverpool, à bord du Benguela, steamer de la I>ritisli
and African navigation Company.
A Libreville il apprend que Stanley a dû quitter le Congo
pour cause de maladie, en juillet, et qu'il est retourné en
Europe.
Le jeune officier belge arrive à Banana, le 23 septem-
bre et se dirige, trois jours après, à bord de la Belgique,
vers Vivi, premier poste du comité d'études.
A Boma, il rencontre Delcommune, gérant de la facto-
rerie belge de la maison Gilis. La Belgique quitte Boma,
le 27 septembre et s'amarre au pied de Vivi vers trois heures.
Les voyageurs organisent la caravane et, le 80 septembre,
celle-ci s'engage, suivie de soixante porteurs, sur la route
d'Issanghila pour atteindre Léopoldville.
Coquilhat, Avaert, W. Van de Velde et Amelot prennent
place, le 11 octobre, à bord du Royal, à Issanghila, et
arrivent le 15 octobre à Manyanga, où ils sont reçus par
le chef de la station, le lieutenant Nilis.
Coquilhat abandonne à Manyanga ses compagnons ter-
rassés par la fièvre, et part en tôle de la caravane. En
cours de route, il rencontre Braconnier, qui se dirige vers
la côte.
Averti par un courrier de Van Gelé que celui-ci se trouve
à une heure et quart du camp de Loutete, il y rejoint
son compatriote, qui est entouré de deux autres officiers
belges. Valcke et Orban et de Callewaert, comptable anver-
sois. Coquilhat, assiste à la signature du traité, par lequel
Loutete et Makito, se mettent sous le protectorat des Belges.
Il abandonne le camp de Loutete, avec Valcke, le 24 octo-
bre, pour Léopoldville et y est reçu le G novembre, par le chef
intérimaire, le sous-lieutenant Grang, tandis que Valcke se
rend à Msuata, en pirogue, pour s'y procurer les embar-
I
3G —
cations nécessaires nu transport, en cet endroit, de son
escorte restée à Léopoldville. Coquilhat se charg-e de con-
duire la caravane de Valcke à Msuata et quitte Léopold-
ville le 5 décembre, à la tête d'un contingent de 52 hom-
mes, répartis en cinq canots.
Après une navigation des plus périlleuses, il s'arrête à
MFoua (Brazzaville), dépasse l'île de Bamou, le camp des
Abeilles "Kampi a Niouki^^, est comblé d'honneurs à MBoua,
])ar le chef indigène, s'arrête aux îles Pourourou et Doualla
et atteint Msuata le 13 décembre (poste situé à une ving-
taine de kilomètres en aval du confluent du Kasaï Ibari
NKoutou et du Kwango). Boulanger y remplace provisoi-
rement, comme chef de la station, le lieutenant Janssen,
actuellement à Bolobo. Coquilhat s'embarque le 16 décembre,
à bord de la baleinière JS Eclair eur ramenée de Bolobo par
Janssen et longe la rive droite. Le rapide de N'Ga-Ntchou
ne peut être doublé qu'en faisant hâler le bâtiment.
Les voyageurs s'arrêtent peu de temps à Boukele, dans
le pays des Bayanzi, dépassent la bouche de la Lawson ou
Lefini, rivière venant du nord-ouest, et le village de
Tchoumbiri, pour débarquer le 22, à Bolobo. Mais, Coquil-
hat est frappé d'un violent accès de fièvre, et Hanssens
et Orban lui prodiguent les soins les plus dévoués. A ce
moment les Belges reçoivent la visite d'Ibaka, roi de Bolobo.
Le 27 décembre Hanssens et Coquilhat à bord de VEclai-
reuj' reconduisent Ibaka à son village de campagne, à deux
lieues plus bas que le poste et campent près de Tchoumbiri;
ils parviennent à obtenir de Makuentcho la cession des
droits nécessaires au protectorat politique exclusif du district
de Mokele. Ce territoire tient l'un des côtés de l'accès que
ribari N'Koutou peut offrir aux expéditions venant du haut
Kwango. Msuata est atteint en trois heures, le chef de la
rive gauche de Tlbari N'Koutou, traite avec les Belges.
De retour à Léopoldville, le 4 janvier, Hanssens et Coquilhat
préparent leur prochain voyage vers l'Equateur, lorsqu'ils
37
sont soudaineiiKMil inroriiios, par un coiiri'icîr extiaorcJi-
iKwre, ({UG Stanley, à Ja tête d'un nombreux personnel blanc
et d'un renfort de 2:.0 Zanzibarites, s'avance à marches
r:ij)ides vers Manyanga et ((u'il appelle Hanssens pour le
(•liai';L^er d'une mission secrète (:J février 1<S8:3).
Hraconnier suit le message à cin([ jours d'intervalle, avec
des instructions précises. Sauf pour les besoins du ravi-
taillement de Msuata et de Bolobo, défense est faite d'entre-
prendre aucun voyag"e avant l'arrivée du chef de l'expédition.
Nommé adjoint de Bi'aconnier, qui occupe les fonctions
de commandant du poste de Léopoldville, Coquilhat est
préposé au service des vivres des blancs et remplace tem-
porairement comme gérant des magasins, Caliewaert actuel-
lement à Kimpoko (13 février 1883).
Coquilhat est présenté le 21 mars au grand explorateur; le
23, une sédition ayant éclaté à Kimpoko, Braconnier et Stanley
vont successivement tâcher d'apaiser la révolte. Coquilhat
recueille la succession de Caliewaert à Kimpoko où il ne reste
d'ailleurs que quarante-deux jours pendant lesquels il se con-
sacre avec ses vingt- cinq Zanzibarites à l'amélioration de
la station. Le 9 mai, Stanley le choisit comme adjoint dans
sa nouvelle exploration du haut fleuve (30 mai). L'expé-
dition comprend se])t Européens et soixante-treize noirs;
la flottille compte trois canots à vapeur: VEn avant, ÏA.I.A.
et le Rotjal auxquels s'est joint ÏBclaireu7\
Le 17, dans la matinée, Stanley touche à Bolobo, station
qu'il trouve complètement bouleversée, par la guerre civile
qui vient d'éclater entre Ibaka et les chefs inférieurs, ses
voisins.
Stanley ramène la paix et modifie la composition de la
garnison, qui s'est montrée si indisciplinée sous Boulanger
et Brunfaut.
L'expédition quitte Bolobo, le 28 mai, longe la rive
gauche, campe à N'Gendi et atteint le district de Lokolela,
où les indigènes, eff'rayés à la vue des steamers, s'en-
\
38
fuient et refusent des vivres. La faim ne tarde pas à se
faire durement sentir dès le 1'" juin. La situation devient
même inquiétante, lorsque Van Gelé a recours à un strata-
gème qui réussit pleinement. Monté à bord du Royal, il
fait a^iiter des pièces d'étoffe aux tons les plus écartâtes.
Aussitôt, les natifs hésitent, se laissent séduire par les
flamboyants foulards et livrent des bananes.
Etapes: Lokolela. district de N'Gombi, Oussindi, Bou-
tounou, district de l'irebou.
Le 5 juin, les canots s'engagent dans un affluent, la
Mantoumba, qui vient du lac du même nom.
Averti par les indigènes de sa méprise, Stanley redes-
cend dans l'irebou.
Le 8 juin, les villages réapparaissent: Ikengo, Inganda,
Madzia. Stanley négocie une alliance et une concession à
Inganda, et donne l'ordre à Van Gelé et Goquilhat d'y créer
un établissement.
Le sort désigne Van Gelé comme commandant de la
future station de l'Equateur.
Le 13 juin, Stanley, à bord de VEn Avant^ se m.et à
la recherche de l'Ikelemmba, qu'il a entrevu en 1877. Cet
affluent est découvert, à douze kilomètres au-dessus d'In-
ganda. Son nom est Mohindou ou Rouki. L'Ikelemmba
n'est qu'une petite rivière débouchant fort près en amont.
Stanley, ayant trouvé un emplacement plus favorable
pour la station, qu'il s'est proposé de faire élever, trans-
porte nuitamment les installations d'Inganda à Wangata.
L'endroit choisi est à 0'' 2 latitude nord et par environ
18^ 5 de longitude est de Greenwich. L'ancrage est à l'extré-
mité méridionale de Wangata, qui est lui-même situé au
milieu d'une baie très ouverte, terminée à sept cents mètres
vers le sud par une pointe rocheuse et limitée à deux
kilomètres au nord par un cap moins proéminent.
Contre le village et à son midi s'étend une petite plaine,
couverte de hautes herbes, et de monticules créés par
— :v,) —
les lei'initos, cl (jui se (lévelopi)e sur deux cents mètres,
le J()n<^' (lu lleuve avec une profondeur de trente à soixante
mètres. Ce ])out de terrain herbu représente la concession.
Stanley retourne à Lèopoldville, le 20 juin et, pendant
son absence, Van Gele et Coquilbat se mettent courag-eu-
senicnt à l'œuvre pour édifier la station, se trouvant aux
prises avec toutes les dillicultés que leur suscitent les
farouches tribus du district. Ils ont à apaiser de nom-
breux conllits entre les Zanzibarites et les Wangata et
notamment à s'imposer dans une lutte terrible entre les
^ens d'Ikenge, maîtres du village, et les chefs de Makouli.
Le 29 septembre, le chef de l'expédition débarque à la
station.
Dans son livre: Cinq années aie Congo, Stanley écrit
ces lignes:
« Le spectacle qu'offrait cette station était un vivant exemple
de ce que peut l'activité humaine quand elle est secondée par la
bonne volonté. A l'époque, où nous l'avions quittée, c'était un amas
informe de jungles dont il semblait impossible de tirer un parti
quelconque. Maintenant nous apercevions à la place des jungles
un vaste hôtel construit si solidement que ni la pluie, ni les balles,
ni les voleurs n'eussent été capables d'y pénétrer. A l'intérieur
l'ornementation des salles trahissait tant de goût qu'on eut dit
l'œuvre d'une femme. Après avoir bâti la maison, les deux jeunes
lieutenants qui commandaient la station avaient confectionné des
châssis de fenêtre, des tables, des chaises et tapissé le parquet de
nattes; puis, n'ayant pas de quoi peindre les mobiliers et les murs,
ils avaient tendu le toit de serge bleue et rouge, et de toile
blanche, ce qui donnait à l'ensemble fini et gaieté. Sur un mon-
ticule, ils avaient établi un petit casino ou observatoire, où ils
pouvaient se livrer à la méditation ou contempler le fruit de leurs
labeurs. C'est dans ce refuge qu'ils avaient rédigé le code de lois
morales qui devaient présider au gouvernement de la station et
à la civilisation des sauvages Bakoutis ; c'est là aussi qu'ils se
10 —
réunissaient le dimanclie ou l(\s jours de pluie, pour discuter
comme un véiitnhle petit coiii^cil de travaux publics, les améliora-
tions à apporter à la p'etite vilK;. Gagnés par la contagion de l'exemple,
nos employés noii's axaient révélé des talents et des qualités ignorés
jusqu'alors. Chacun d'eux s'était construit une hutte au milieu d'un
jardin où les tiges de maïs atteignaient déjà une hauteur de près
de deux mètres, où la canne à sucre abondait, où les plants de
patates, de citrouilles, les coîicombres exibaient une prodigieuse
vitalité. Les lieutenants Van Gelé et Coquilhat, avaient de plus
créé un potager spécial pour la culture des légumes européens:
oignons, carottes, fèves, pois, choux, etc.
» il y avait, enfin, un parc à chèvres, un poulailler, une grande
cuisine ; rien ne manquait.
» Voilà enfin sur le Congo, une station qui répond à mon idéal,
une communauté de soldats-ouvriers où la discijiline est parfaite,
où les efi'orts sont réciproques, où les chefs doués de sang-froid,
de zèle et de prudence, savent mettre assez de bonhomie dans leur
manière d'être pour se concilier les aborigènes et les employés
noirs et assez de dignité pour empêcher toute familiarité vulgaire,
tout oubli de ces distinctions sociales qui existent forcément, entre
des gens intelligents et instruits et des barbares (').
Et dans le même ouvrage il ajoute:
» Si jamais l'A. I. frappe des médailles pour récompenser le
travail et l'application qu'elle donne la première aux lieutenants
Van Gcle et Coquilhat, fondateurs de la station de l'Equateur.
Stanley redescend, à Lokolela, le l"" octobre, pour repa-
raître huit jours plus lard, avec Roger et toute sa flottille
et se diriger ensuite vers le fleuve.
Le 30 octobre, les deux lieutenants belges assistent, avec
horreur, à l'épouvantable spectacle d'une des cérémonies
sanglantes qui marquent les funérailles du chef SoKa-
Toungi. Peu de temps après, ayant dû subir de multiples
(1) La station Equateur s'appellera plus tard Coquilhatville.
- 41
v(\\alions de, la pari (rik(Mi^(\ ils sont foici's (h; (l('-r('ii(iro
la station les armes à la iiiaiii. lkenf^''e est tué au cours
d'un de ces combats.
Le 150 décembre, Slanley rentre à la station. Terrifié des
tendances si peu loyales des Ban^alas, il inlerrog-e Coquilliat,
quant à l'établissement du nouveau poste entre Loulan^'-a
et Bangala. Le jeune officier se déclare prêt à installer sa
station sur n'importe quel territoire — même le moins lios[)i-
talier — et assure son chef de son entier dévoùment à
l'œuvre royale.
Stanley, sans faire connaître sa détermination, emmène
avec lui son courageux adjoint, le l' janvier 1884 ; le len-
demain, après vingt-quatre heures de navigation la flottille
tient les chenaux du centre des îles pour laisser Loulanga, au
loin à droite; ce n'est qu'à ce moment que Goquilhat se doute
enfin de la résolution que son chef lui a celée jusqu'ici :
Stanley marche droit chez les féroces Bangalas.
Le 5, les voyageurs se trouvent devant la rive droite du
Congo, en face des villages inférieurs des Bangalas, et
abordent dans une île, à hauteur de la résidence du roi
Mata-Buiké, dans le district d'iboko. Ils sont invités par
Imbembe, neveu de Mata-Buiké, à descendre chez le roi.
Stanley exige la restitution d'objets volés lors de son
premier séjour en octobre 1883 par les gens de Mata-Buiké,
et devant le refus qui lui est opposé par les coupables,
fait enchaîner ceux-ci par vingt Zanzibarites. Cette manœu-
vre maladroite compromet l'octroi d'une concession de ter-
rain à Iboko. Au cours de la dernière palabre, les Bangalas
réclament un prix excessif pour l'emplacement destiné à
la création du poste.
Boula-Matari (Stanley) fait rembarquer les caisses, et la
flottille s'éloigne vers l'aval, s'arrétant deux heures à Lou-
langa où les habitants ne montrent pas plus d'empressement
à recevoir les voyageurs. Ceux-ci rentrent à la station le
11 janvier.
42
Stanley, dciru de son échec chez les Pjangalas, retourne à
la côte et confie à Hanssens le soin de poursuivre son
œuvre sur le haut lleuve.
Le 27 avril, Hanssens, qui vient de débarquer à Equateur,
se propose de renouveler immédiatement la tentative avortée
de Stanley et se hâte de remonter le fleuve avec Coquilhat.
Il traite avec les chefs de Loulanga, mais entre Loulan'^'-a
et Bolombo le Royal qui porte les deux voyageurs belges
seg-are et n'échappe que par miracle à un naufrage.
Le 4 mai, Hanssens et Coquilhat se trouvent chez Mata-
Buiké. Après avoir fait l'échange du sang et avoir accepté
de nombreux présents, le chef se décide enfin à céder aux
blancs le terrain qu'il avait offert, puis repris à Stanley.
Malgré les manœuvres des marchands d'Irebou, en séjour
à Iboko et qui redoutent la concurrence, le traité est
officiellement signé le 7 mai. Mais, de nouvelles difficul-
tés s'élèvent quant au prix à fixer pour les cases à racheter.
A bout de patience, Nsassi (Hanssens) est forcé de simuler
un départ chez Mobeka, ennemi juré de la tribu d'Iboko,
l)Our hâter la solution de la question.
Le terrain concédé est enfin délimité; situé dans le vil-
lage de Mankanza, capitale du district, et entouré à cinq
et dix mètres par les cases de villages indigènes, il mesure
à peine cent et trente pas à front de l'eau, sur cinquante-
cinq de profondeur.
Coquilhat reçoit l'ordre d'y installer une station ; en plein
centre anthropophage, il n'est protégé que par une ^arde
de trente sept hommes.
Au prix de difficultés inouïes, Coquilhat parvient à édi-
fier le poste du comité d'études et à maintenir des rapports
pacifiques avec la sanguinaire tribu des Bangalas.
Grâce à son tact et à son habileté, il réussit même à
intéresser à ses travaux les indigènes, qui deviendront
pour lui des aides précieux.
Souvent des conflits menacent de détruire cette œuvre,
43 —
laite loiite tlo piiticMicc cl ('(xiuilliat so voit plusieurs l'ois
à deux doi'^'-ts de sa \)cvlc. Mais, la [)rovidence semble
veiller sur lui et déjouer au dernier moment les plus noirs
desseins de ses ennemis.
Le 19 juillet, à un d(^, ces moments où les rapports entre
le blanc et les indig-ènes semblent devoir se rompre tragi-
quement, Hanssens vient miraculeusement sauver d'une mort
certaine son malheureux adjoint.
Hanssens renforce la g-arnison de ([uelques unités et
quitte l>ang"ala. Quelque temps plus tard un nouveau dan-
ger menace le courageux chef du poste.
Goquilliat vient de terminer la construction de son
habitation et d'ouvrir un comptoir d'échange. L'exposition
des marchandises a le don d'exciter la convoitise de l'in-
digène qui se prépare à piller l'établissement.
La situation du blanc redevient périlleuse. Goquilliat a
le sang-froid de recourir à un expédient d'où dépendra
son salut. Il fait hisser le drapeau, réputé chargé de vertus
magiques et qui annonce d'habitude l'arrivée d'un bateau.
Les natifs, redoutant la flottille, renoncent à l'assaut de
la station. Leur crainte n'était pourtant pas chimérique,
car en même temps s'amarrait chez eux le Peace de la
Baptist mission, ayant à son bord les R. P. Comber et Grenfell.
Goquilhat traite avec Nyamalembe, chef supérieur de
Mabali et xMata Moupinza, chef de MPoumbou, village
d'Iboko à une demi-lieue en amont; mais au mois de sep-
tembre, un nouvel incident vient rallumer la guerre avec
Mata-Buiké. La situation de Gocquilhat parait même déses-
pérée, lorsqu'une seconde fois le Royal, remorquant une
grande pirogue chargée de haoussa, vient juste à temps
pour détourner le terrible chef indigène de ses crimi-
nels projets.
Goquilhat profite de sa victoire et de son prestige nouveau,
pour agrandir sa station de qeulques notables parcelles et
réprime une agression du chef N'Gombe (30 septembre).
Le 2 novembre, il entreprend avec Buiké, fils du roi,
- 41
l'exploration du lac N'Gliii'i, atteint la Monokoya liobouka
(bouche du Hobouka), sur la rive gauche du Con^o (à
peu près en face de Bolarnbo), s'engage dans cette rivière
minuscule pour atteindre successivement Bobouka, la rési-
dence de Walebouka et celle de Mobeië.
Un parcours de six cents mètres, dans le district d'ibenza,
conduit les voyageurs au lac ou plutôt à l'étang d'Ibanda,
qui s'étend à l'ouest en forme de cercle un peu aplati
d'environ quatre kilomètres de diamètre.
Goquilliat circumnavigue la nappe d'eau et au nord
de son entrée découvre un petit débouché large de trois
mètres, c'est le marigot qui mène à Kkinga. Les canots
n'y peuvent pénétrer à plus de cent mètres. A l'est de ce
ruisseau habite la tribu léroce de M'Bounji. Coquilhat
renonce à sa tentative et rentre à Bangala.
La reconnaissance a révélé la conformation particulière
de la longue pointe comprise entre le Congo et l'Ubangi
et coupée d'innombrables petits cours d'eau : M'Binga, Inioië
et M'Dolo.
Le rôle du marigot de Bobouka paraît être celui de
déversoir du trop plein des réservoirs de Nkinga et d'Ibanda
pendant les périodes de crue.
Ces étangs épanchent aussi leurs eaux dans le N'Ghiri
et rubangi et sont le centre de l'extraction du fer travaillé
dans la contrée.
Profitant de la présence du Peace b Bangala Coquilhat,
reconnaît les districts d'amont et visite Mobeka, située
sur la rive gauche de la Mongala, ainsi que l'île de
N'Soumba, habitée par les Maroundja.
N'Soumba pousse sa pointe supérieure jusqu'à plusieurs
kilomètres au-delà de l'embouchure de la Mongala, elle
se termine vers le sud-ouest, un peu au-dessus de la station
d'iboko. En suivant le courant, Coquilhat atteint Moutembo,
où il est accueilli par Mata-Moutatou.
Coquilhat, après s'être assuré le concours des Bangalas
— 45 —
dans la confoction du loil, do sa maison, avoir successivo-
nicnt oniia^'é ceux-ci à la semaine, puis au mois, se les
ôtrc attachés dans ses escortes, a j)répai'é insensiblement
la formation d'une jeune ^'ardc indi^^'-ène qui constituera le
noyau de la F. P. de l'Etat.
Le li juillet 1880, — date mémorable — il parvient à déci-
der neuf des jeunes gardes à accompagner Deane aux Falls.
Le 7 août, Van Kercklioven, à bord de VEn avant et
ayant avec lui quinze Zanzibarites, un petit canon et un
réapprovisionnement pour plusieurs mois, vient relever
Coquilliat de ses lourdes et périlleuses fonctions.
Le surlendemain, le fondateur de Bangala lait ses adieux
à Mata-Buiké et atteint, le 15 août, Bolobo, qu'il trouve
complètement transformé. Dans son ouvrage Sur le haut
Congo (p. 370), paru en 1888, il rend un éclatant hommage
au lieutenant Liebrechts, qui a fait de Bolobo un établis-
sement modèle.
Goquilhat apprend le 17 août, à Kwamouth, que le roi
l'a créé chevalier de son ordre, en raison des services
qu'il a rendus en Afrique et s'embarque à Banana le 17
septembre, à bord du Portugal, qui l'emporte vers l'Europe ;
le 21 octobre il aborde à Anvers.
Après quelques mois de séjour en Belgique, Goquilhat
retourne au Congo, le 23 mars 1886, avec le sous- lieute-
nant Dhanis, comme adjoint. 11 se disposa à quitter Matadi.
le 30 avril 188G, quand un courrier de l'administrateur
général Janssen l'investit de la direction supérieure des
Falls, concurremment avec le commandement de Bangala.
Un contingent de trois cent cinquante cafres, destinés aux
garnisons du haut fleuve étant arrivé à Matadi, Goquilhat
reçoit l'ordre d'installer la troupe dans un camp provisoire
et de donner un commencement d'instruction militaire à
cent soixante d'entre eux. L'arrivée de cent vingt fusils
Snyder de Vivi est le signai de la débandade des recrues.
Le 20 mai, dix-sept cafres ont disparu.
40
Déchargé de sa mission aux Falls, Coquilhat se rend à
Hang-ala le 3 août, avec le lieutenant Dubois, désigné
comme adjoint de Deane.
Dans la nuit du G au 7 septembre, il apprend par Mo-
hamed Tennée, caporal haoussa, l'attaque de la station
des Faits et le péril des blancs, qui s'y sont main-
tenus. Coquilhat n'hésite pas à se porter immédiatement
à leur secours et s'embarque le 11, à bord de 1'^. /. A.,
remorquant ÏEclaireur, avec neuf des haoussas déserteurs,
trois bangalas, trois zanzibarites et dix-sept de ses haoussas.
Il franchit l'embouchure de la Mongala et Ikounougou,
s'engage dans le long et étroit canal, qui longe la rive
septentrionale jusqu'à Mpesa et est attaqué à Upoto. Passe
à NDobo, Ibounda, Boumba, Yambinga, et perd trois lieures
dans ritimbiri.
Evitant le bras de Monongeri, l'A. 1. A. rase un instant
la rive méridionale, puis, débouche le 22 septembre devant
les villages des Basokos, à l'entrée de l'Aruwimi.
Traversant le fleuve vers la rive gauche, il double le
confluent du Lomami et découvre Yaporo, le poste des
Arabes, où des pirogues dressées sur le sol forment des
abris de tirailleurs. Continuant sa route sous un feu nourri
de projectiles, il longe les hauteurs de Tougarambousa
et bivouaque sur la rive gauche, en face du district de
Yaroutou.
Coquilhat est reçu avec enthousiasme par les natifs de
Yariembi. Campe à quatre heures en aval du Loukebou,
dans le canal nord, formé par la grande île de Kioba (Bou-
sanga). Dépasse le Loukebou, le lendemain. La navigation
devient difficile, des récifs renflent de-ci de-là le niveau de
l'eau. L'A. /. A. s'échoue deux fois sur un banc rocheux.
Divers indices annoncent que la station est aux mains des
Arabes. Six cents mètres restent à franchir pour aborder à
l'île conquise par l'ennemi. Le sondeur avertit l'équipage qu'à
deux mètres en avant il n'y a plus que deux pieds et demi
d'eau ot IM . /. .4. on cnllo ti-ois. Lo haloau no peut f)Iiis
avancer, d'ailleurs les Arabes ont une écrasante supériorité de
l)Osition et de nombre, la retraite s'impose, un fou roulant est
dirige sur l'A. 7. A. Dans la manœuvre du demi-tour, le
navire touche un récif. Coquilhat parvient, à ^n^ande peine,
les armes à la main, à décider ses hommes à dégag^er le
bateau. Pendant que ceux-ci s'exécutent sous la menace,
C.oquilliat, le mécanicien Werncr ot trois tireurs d'élite
entretiennent le feu.
L'A. 1. A. se dirig-e au plus vite chez les Bakoumous et
s'eng-ag-e dans le Loukebou à la recherche de Deane.
Coquilhat, après trois jours de courses infructueuses, trouve
l'infortuné chef des Falls, à six cents mètres de Yariembi
dans le plus pitoyable état. Guidé par Samba, ancien
esclave racheté par Stanley à Léopoldville, Deane était par-
venu à échapper aux balles des Arabes. Il g-ît au haut
d'une falaise, dans un hangar, étendu sur le sol dur, le
corps affreusement maigre et simplement enveloppé de
couvertures en lambeaux. Coquilhat ramène son compa-
g-non à bord de l'A. LA. et franchit en huit jours la
distance des Falls à Bangala, non sans avoir essuyé une
vive fusillade à Yaporo.
A Bangala, Van Gelé, Liénart et le baron de Stein lui
remettent des instructions, le chargeant à nouveau de la
direction supérieure des Falls, dont ils ignorent la destruc-
tion.
Atteint de dysenterie, Coquilhat remet le commandement
intérimaire de la station au lieutenant Baert ; son état de
santé empirant, il est transporté d'urgence à Léopoldville,
où il reçoit les soins du docteur Mense (15 octobre).
Un mois plus tard, le IG novembre, il reprend le chemin
d'Europe.
Rentré à Bruxelles le 18 décembre, il remplit les fonc-
tions de secrétaire de l'intérieur de l'Etat et f\iit paraître
son ouvrage: Sur le liant Congo (1888).
48 —
Le 28 mars 1890, Goquilhat s'embarque une troisième fois
pour Je Gong^o, à bord du Lualaba avec le haut grade d'inspec-
teur d'Etat. Quelque temps après son arrivée à Boma, il est
nommé vice-gouverneur général et organise l'expédition
Van Kerckhoven au Nil.
Le vice-gouverneur général Goquilhat meurt à Boma, le
24 mars 1891, des suites d'une attaque de dysenterie.
Il était capitaine commandant, adjoint d'Etat-major, détaché
provisoirement auprès du lieutenant adjudant général,
chef de la maison militaire du Roi, chevalier de l'Ordre de
Léopold, décoré de TEtoile de service.
Un monument lui a été élevé au parc dit de la pépinière
d'Anvers.
PUBLICATIONS
Chez les Bangalas, sur le liaut Congo. (Revue de Belgique, I88G).
Capitaine Hanssens en Afrique. (Bulletin de la Société royale belge de
géographie, Bruxelles, 1880, n" 1, p, 5).
Le Congo et la tribu des Bangalas. (Bulletin de la Société royale belge
de géographie, 1885, n" 0, pp. 625, 647).
Le Uaut Congo. (Bulletin de la Société royale de géographie d"Anvers,
1885, T. X, p 231. Anvers 1885-1886.) (Conférence faite le 16 no-
vembre 1885, à la Société royale de géographie d'Anvers).
Sur le Haut Congo. 1 vol. in-8", 535 p., gravures et cartes. (Office de
publicité et Lebègue, 1888).
Des crues du Congo à Bangala. (Mouvement géographique, 1886, p. 14).
Des pluies à Bangala. Température et chute des pluies. (Mouvement
géographi(jue 1886, p. 14).
Population du district de Bangala. (Annexe n" 3 ù l'ouvrage: sur le
Haut-Congo, p. 505).
I^es rites funéraires et le cannibalisme au Congo. (BoUetino délia Sezione
liorentina délia Soc. Africana d'italia, 1839, n" 4).
The Bangala, avec 1 carte. (Journal Manchester géographical Society
1888, 111, n" 7, 12, p. 239).
— 49 —
— Mesures politiques et militaires prises et à prendre pour amener la
répression et la traite des esclaves dans les territoires de VEtat.
(Kai)i)()rt au Koi-.souvcrain. (Hullctiii ollicicl, I8Sî)-181K), n" 11, p. 39).
— Ripport sur V évacuation de la station de Stanley-Falls, (Mouvement
géographique, 188(), p. 107).
— Le haut Congo. (1-lulletin de la société royale belge de géographie, 1885-
1880, t. X, 4<' fasc. pp. 231, 248.
Cartes: — Le Congo dans le pays des Bangalas au 400.000^ (Mouvement
géographique, 1885).
— I*ays des Pas N'Gala. (Sur le haut Congo).
— ÎShetch map to illustrate Captain Coquilhat's paper on the I^angala.
(Journal of the Manehester géographical Society, 1887, p. 238).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— De Martrin Donos. Les Belges dans V Afrique centrale, t. II.
— Chapaux. Le Congo historique, etc.
— Mouvem,ent géographique, 1885, p. 37.
— Sur le haut Congo, 1888, par lui-même.
— Belgique militaire, 1891, I, p. 404.
it
COSTERMANS. =AUL. marie. ADOLPHE.
né à Bruxelles le 2 arril iS :. icoeJé à 1.:.;: ;. le
9 mars 1905.
Sous-lieuteDant d'artillerie.
EDlre aa service de l'Etat, le 3 octobre 1890^ en qualité
de lieutenant de la Force Publique.
Après un court séjour à Zobe, il est nommé commissaire
de district à LéopoldviUe, où depuis il a conquis tous ses
grades.
Rentré en Europe le 16 mai iS92, il repart six mois
après, le 6 décembre 1892, et retourne à Léopoldrille com-
mander le district du Stanley-Pool.
Effectue la reconnaissance de la partie du district entre
Eimpoko et Muene-Kindi, dans le Kwango oriental.
- Cest à Costermans que Léopold^ille. ce centre si impor-
->■ tant, doit de s'être accru et développé avec une rapidité
» qui a déconcerté tout le monde, et tandis qu'il édifie des
-> constructions de toutes sortes, il lui faut ravitailler con-
» stamment en vivres, armes, cartoncbes et matériel varié
» les trois expéditions Dhanis sur le hant Liialaba. Baert
COSTERMANS, PAUL.
Cliché (le la Belgique coloniale.
1
•^ sur le haut Uele, oL Georg'(3s Le Marinel sur le haut
ri Ubangi, sans comi)ler les missions des Jésuites et des
r> Trappistes, que l'KLat s'est engag-é à pourvoir de tout le
-^ nécessaire; construire deux steamers nouveaux: la Ville
1 de Bruges et la Délivrance et reconstruire un ancien
n bateau : la Ville de Bruxelles, recruter le nombre de
"> porteurs suffisant pour assurer le transport sur la route
-^ des caravanes, ce qui n'est pas peu de chose, étant donné
-^ que l'Etat seul a besoin de 2500 à 3000 porteurs par mois,
•^ qu'il doit se procurer sans préjudice de ceux qu'utilisent,
•^ dans la région de cataractes, la S. A. B., la Société du
ri chemin de fer et les missions, faire la police du district,
r> faire entretenir les routes par les indig-ènes. »
Revenu malade en Belgique, le 24 juin 1894, il regagne
le Pool le G septembre de l'année suivante, et y reprend
son commandement. Il est promu au grade de commis-
saire général du district de Stanley-Pool, le i^ juin 1897.
Explore le pays Wamtumu, depuis Bekula sur le Kasaï
jusqu'au Stanley-Pool.
Cette région parcourue par Ponthier et Buttner était
encore peu connue.
Parti de Bokula sur le Kasaï, il descend la rive gauche
jusqu'à Emio, puis suivant une direction N. E. S. 0. jusqu'à
Bankana, il marche de là vers l'ouest et Kimpoko.
Il traverse ainsi le plateau formant la ligne de partage
des eaux du Congo, du Kasaï et du Kwango, plateau peuplé
par les Wamfumu. Ceux-ci occupent de grands villages :
Tua (?) compte 1000 cases, et Baku (?) environ 7000 âmes.
Cette population est anthropophage.
Rentré en Belgique à l'issue de son terme de service,
le 25 août 1898, il repart bientôt pour le Pool et le l*" mars
1899 est nommé inspecteur d'Etat.
Ayant terminé son congé qui suit son quatrième séjour
au Congo, Costermans quitte Anvers en qualité de com-
missaire du gouvernement et est chargé d'une exploration
— 52 —
au lac Kivu. La mission part de Naples, en janvier 1902,
vers la côte orientale, de Cliinde elle remonte le Zambèze
et se rend au territoire de la Ruzizi-Kivu.
Gostermans revient en Europe en septembre 1903 et le
5 janvier 1901, il s'embarque avec le titre de vice-gouverneur
général pour remplacer M. Fuchs dans ses hautes fonctions.
Il meurt inopinément à Banana, le 9 mars 1905.
Capitaine commandant d'artillerie de forteresse à Anvers,
chevalier de l'Ordre de Léopold, ofïicier de l'Ordre royal
du Lion, chevalier de l'Etoile africaine et décoré de l'Etoile
de service à quatre raies.
PUBLICATIONS:
Le district du Stanley-Pool. (Bulletin de la Société d'Etudes coloniales,
1885, no 1, pp. 24. 76).
Notice sur la tribu des Ba-Nfumus. (Missions belges de la Compag;nie
de Jésus, 1899, p. 58).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Mouvement géographique, 1897, p. Q2.
Belgique militaire, 24 janvier 1904.
DHÂNIS, Francis.
Cliché de l'ouvrage de M. Chapaux,
Le Congo historique, diplomatique.
DHANIS, FRANCIS, ERNEST. JOSEPH, MARIE. (BARON)
né à Londres, le 11 mars 18G2, d'un père belge et de souche
anversoise. Fait ses premières études en Ecosse et les achève
à Saint-Nicolas (Pays de Waes). Il s'engage au régiment
du génie en septembre 1880. Entre à l'école militaire en
1882, est nommé sous-lieutenant au 8'"^ de ligne en 1884.
Quelques mois plus tard, il prend part à la cinquième ex-
pédition de l'Association internationale africaine, qui quitte
Bruxelles le 19 octobre 1884, et se dirige vers Zanzi-
bar, sous le commandement de Becker. Par suite des
famines régnant à ce moment dans l'Afrique orientale et
pour des raisons politiques, — la convention de Berlin de
1885 rendant sans objet une expédition sur la côte orien-
tale, — les officiers belges sont rappelés de Zanzibar et
rentrent en Europe, le 24 mai 1885.
Dhanis est attaché à l'administration centrale de l'Etat
du Congo.
L'année suivante, il reprend le service actif et, en mars
1886, part pour le Congo avec Coquilhat et lui est adjoint
à Bangala. Il est à cette station lors de la prise des Stanley-
Falls par les Arabes en 1886, et se trouve ainsi au poste
d'avant-garde de l'Etat.
— 54 —
Il explore la Mongalla avec Van Kerckhoven et va, à
deux reprises, avec lui à Upoto négocier la libération de
nombreux fugitifs des Stanley-Falls, retenus en captivité
par les indigènes; il accompagne aussi Van Kerckhoven,
en 1888, dans une pointe hardie pour reconnaître les posi-
tions occupées par les Arabes. Au retour de cette dernière
expédition, les voyageurs apprennent, en arrivant à Ban-
gala, que l'expédition Stanley, à la recherche d'Emin Pacha,
est partie vers l'amont depuis deux jours. Tippo-Tip fait
partie de l'escorte de Stanley et s'installera aux Falls en
qualité de vali ou gouverneur au service de l'Etat.
Dhanis accompagne ensuite Van Gèle et Van Kerckhoven
dans la reconnaissance faite dans l'Itimbiri, en vue de
pousser vers l'Uele, mais Van Gèle décide de continuer
son exploration par l'Ubangi.
Dhanis exerce le commandement du territoire de Ban-
gala en 1888, pendant l'absence de Van Kerckhoven, qui
se rend aux Falls pour y étudier la question arabe, et
descend ensuite à Boma.
Cependant, des ordres arrivent d'Europe d'installer un
camp retranché à Basoko, près de l'embouchure de l'Aru-
wimi. Ce camp doit avoir pour but: 1° de servir de bar-
rière contre les Arabes; 2^ de pacifier la région et de
donner confiance aux indigènes; 3° de constituer une base
d'opération aux expéditions d'exploration.
Van Kerckhoven, revient de Boma avec un personnel
nombreux. Il doit faciliter la mission du camp de l'Aruwimi,
que viendra commander le capitaine Roget, par l'envoi préa-
lable d'une avant-garde. Celle-ci doit procéder à l'occupation
temporaire et à l'installation de postes dans tous les villa-
ges situés entre Bangala et l'Aruwimi; cette opération devant
assurer la complète sécurité et le ravitaillement des embar-
cations naviguant sur le haut fleuve. En outre, elle doit
exécuter les travaux nécessaires à l'établissement du camp
retranché.
Le coiniiiaïKloinenl do ceUe avînil-f^-arth» osl confié au
coiumissaire de dislrict Dlianis, ayant sous ses ordres les
capitaines Bia et Pontliier, le lieuten;int Milz, les sous-
orticiers Luyckx, Do Valkenecr et cent vin'^'-t noirs.
Dlianis (juitte Ban^ala le 25 octobre 1888, fonde le poste
d'Upoto, (|ui est confié à Bia; crée ensuite, le 11 novembre,
le poste d'UniAvangi où il laisse Pontliier. Le V janvier
1889, il fonde la station de Yambin^a. Après avoir remis
le conimaiidement de ce poste au capitaine Bia, Dhanis
accompag-ne Van Kerckhovcn jusqu'à Basoko et secondé par
Pontliier, Jacques et Milz, jette les premières bases du camp
retranché en attendant l'arrivée de Boget.
Le 12 avril 1889, Dhanis remet le commandement inté-
rimaire du camp à Ponthier, tandis que Jacques va prendre
le commandement de Yambinga.
Dhanis rentre en Europe le 17 juillet 1889, et repart, le
premier novembre, en mission spéciale de recrutement dans
rx\frique du sud ; toutefois il est rappelé de Lisbonne.
Il repart une quatrième fois, le 6 février 1890, comme
commissaire de district de première classe, avec la mis-
sion de continuer l'exploration du Kwango méridional et
oriental et de conclure des traités avec les chefs de ce
territoire.
C'est grâce à ces traités que lors des négociations avec
le Portugal, l'Etat indépendant obtiendra un territoire huit
fois plus étendu que celui de la Belgique.
L'expédition forte de quatre-vingts soldats et de cent cin-
quante porteurs a comme adjoints Sterckmans et Voient; elle
part de Lukungu, se dirige vers Kisantu, sur l'Inkissi, et ar-
rive enfin au Kwango, en face de Aluene N'Dinga, le 30 mai
1890. Dhanis établit des postes à Kandinga et Popocabaca chez
les principaux vassaux du Kiamvo Muene Putu Kasongo. A
la résidence de celui-ci, à Kasongo Lunda, il est reçu avec
enthousiasme. De grandes danses sont organisées en l'hon-
neur de l'expédition, mais ce n'est que grâce à son sang-
— 56 —
froid (jue Dlianis échappe au danger d'être massacré avec
son escorte i)ar les indigènes surexcités par la musique
et le chanvre.
Le kiamvo s'oppose au départ de l'expédition, sous pré-
texte qu'il est le chef suprême et que dès lors il est
inutile d'aller rechercher d'autres chefs. Dhanis ne s'inquiète
pas de cette opposition et marche vers le sud, par un pays
désert, horrihlement ravagé. Cette désolation a été causée
par Muene Putu lors de son arrivée au pouvoir.
Ne trouvant pas de vivres et ne rencontrant même plus
aucun village, l'expédition doit rehrousser chemin, le
29 juillet 1890, après une marche de quinze jours.
En quatre jours, elle regagne Kujenge et se dirige vers
l'est. Après avoir traversé la rivière Wamba, Dhanis
descend vers le sud, tout en concluant des traités avec
les chefs des paj^s riverains de la Wamba, puis il arrive
chez Kapenda Kamulemba, chef des Ghinge. Il conclut un
traité avec ce chef et établit chez lui un poste (par 9° de
latitude), qu'il confie à Voient. Lors du traité avec le Por-
tugal, ce territoire reste à ce dernier pays.
Reprenant la route du nord, l'expédition fonde des postes
à Nguri, Akama et à Tomba Aluma, et retourne auprès
de Muene Putu à Kasongo-Lunda.
Elle y est ravitaillée par le lieutenant Verschelden, qui
est chargé de commander le premier poste établi à
Kasongo-Lunda.
Le capitaine Dusart vient aussi de fonder, un peu plus
au nord, le poste de Kingunchi.
A la suite de cette expédition, le district du Kwango
oriental est créé et Dhanis est nommé commissaire de ce
district qu'il vient d'explorer et d'acquérir en grande partie.
Il s'occupe de son organisation jusqu'à la fin de 1891
et remet alors le commandement au capitaine Dusart.
Cette œuvre importante ayant été achevée avec un plein
succès, Dhanis, nommé commissaire du district de Lualaba,
— 57 —
est appelé à reprendre des mains de Paul Le Marinel, fon-
dateur et commandant du camp de Lusamho, rentrant en
Kurope, le commandc^ment du camp retranché du Sankuru
et de l'expédition qui s'organise en destination du Katan^a.
(22 avril 1892) Dhanis se rend de Popocabaca à Lusam])o,
l)ar 1(^ Kasaï et le Sankuru.
L'année 1892 marque la crise décisive d'une lutte engagée
dans l'Afrique centrale, entre les forces rivales de l'est et
de l'ouest. Une collision était depuis longtemps prévue
entre ces deux puissances, les Arabes de Zanzibar et les Euro-
péens partis de l'emboucliure du Congo. Chacun d'eux s'était
fixé comme but l'exercice de la suprématie sur le même terri-
toire; l'anéantissement de l'une ou de l'autre des deux forces
était, dès lors, la seule solution possible du problème. Un
groupe d'Arabes trafîcants, chasseurs d'esclaves et d'ivoire,
travaillait, depuis de longues années à faire converger vers
Zanzibar tout le commerce de l'Afrique centrale et diri-
geait vers l'est de nombreux porteurs indigènes, hommes
et femmes, qui, arrivés à la côte, étaient vendus comme
esclaves. D'autre part les Belges, arrivés plus tard sur les
lieux, cherchaient à mettre un terme à ce commerce illé-
gal, qui ne se maintenait que grâce aux razzias continuelles
et qui amenait peu à peu la dépopulation de l'Etat indé-
pendant du Congo.
Voici en quels termes le capitaine Chaltin s'exprime
sur l'origine de la domination arabe dans ce pays, lors de la
réception du baron Dhanis à la Société d'Etudes coloniales,
le 30 novembre 1894.
On ne saurait mieux décrire le fléau qui désolait le
centre africain:
« Toute la côte orientale africaine, depuis le Monzarabique jusqu'au
delà de Mombassa, appartenait jadis aux Portugais, mais à la fin
du xvn® siècle, un soulèvement des noirs, coïncidant avec une attaque
58 —
des Arabes, fit tomber une grande partie de ces territoires en la
possession de l'Iman de Mascate.
» Les descendants de ces Arabes, — qu'une succession de métis-
sages a fait dégénérer, — parvinrent à soumettre à leur tyran-
nique et sanguinaire domination les malheureuses peuplades de l'est
de l'Afrique. Ils eurent comme auxiliaires de cruels et cupides
indigènes des îles Comores. Peut-être que, dans le principe, des idées
de prosélytisme les guidaient, mais plus tard, il n'eurent d'autre
projet, d'autre espérance, d'autre but que de s'enrichir prompte-
ment et de regagner ensuite leur patrie.
» Dès 1830. ils envahirent l'Unyamwézi et firent de Tabora le
centre de leurs opérations commerciales et autres. Ce ne fut que
vers 1840 qu'ils atteignirent Udjidji, sur la rive orientale du lac
Tanganyka. Tout en avançant, ils avaient eu soin de couvrir le
pays de stations, dont le trafic consistait surtout en esclaves et
en ivoire. Udjidji ne tarda pas à devenir le plus important marché
de la région. C'était cette ville qui servait de résidence princi-
pale à Rumaliza, le vaincu de la récente campagne antiesclavagiste.
» Traversant le lac de Tanganyka et poussant toujours vers
l'ouest, les Arabes arrivèrent, en 1868, à Nyangwé, où ils s'éta-
blirent. Cette ville devint leur capitale. Puis, successivement, furent
occupés Kasongo, Riba-Riba et Kirundu.
» Le Manyéma vaste contrée située à l'ouest du grand lac, eut
particulièrement à souffrir de l'invasion arabe. Sans cesse parcouru
en tous sens par des bandes de pillards, à la tète desquelles se
trouvaient de sanguinaires musulmans, ce pays que Livingstone
avait trouvé si admirable par sa beauté, par son climat, par sa
production naturelle, par la densité de ses villages et de ses
habitants, ne présentait plus, pour ainsi dire, que des ruines lorsque
Stanley le traversa quelques années plus tard. Les Arabes y
utilisaient, excitaient même les petites guerres de tribu à tribu,
se faisaient ensuite céder les captifs, hommes, femmes et enfants,
et revendaient les adolescents qu'ils armaient de fusils et dont
ils se faisaient des escortes de combat irrésistibles pour d'autres
peuplades sans consistance. C'était surtout de gens du Manyéma
50
que se rom()osai(Mit los l)nn(l(^s contre los(iU(»lles los forces fie TP^iat
indépeiulaiit ont ou à lutter en ces derniers temps.
» Un (les plus cruels auxiliaires des Arabes de Nyangwé était
le fanieux Matagamoyo, sui'nomnné le boucher des feiiinries, le lusil-
\cuv (reniants
» Tippo-Tip, parlant de lui, disait: «Il est brave, sans aucun
» doute, mais n'a [)as le cœur plus gros que le bout de mon petit
» doigt. Il est sans pitié aucune et tue u!i indig(!ne, n'importe le
» sexe, comme si c'était un serpent. »
» En tolérant ces atrocités, pour ne pas dire en les encoura-
geant, Tippo-Tip n'en prenait-il pas sa part?
» Avant l'arrivée de leurs oppresseurs, les Manyémas se distin-
guaient par la bienveillance et la douceur. L'exemple des Arabes
les rendit cruels.
» Ils sont remarquables par la beauté de la stature et des traits;
les femmes, très recherchées, ont la taille souple, une noble démarche
et, la plupart, une parfaite régularité des traits; elles ont les
cheveux plus abondants et moins crépus que les autres négresses,
et les laissent parfois flotter sur leurs épaules.
» La contrée comprise entre le Lualaba, le Lomami, le Sankuru
et le Lubi, ne fut pas plus épargnée que le Manyéma. Là aussi,
les hommes et les femmes furent tués ou vendus, les villages
détruits Les Arabes élevèrent les enfants et les formèrent à l'usage
des armes, au vol et au brigandage. Chose pénible à constater,
ce sont généralement ces enfants qui, après avoir vu incendier leurs
propres villages, massacrer ou vendre leurs parents, mettent le
plus d'acharnement à assassiner leurs frères noirs, à faire de nou-
veaux esclaves.
» En octobre 1876, Stanley qui, depuis le 12 novembre 1874,
avait entrepris la traversée de l'Afrique, de l'Orient à l'Occident,
arrive à Nyangwé, où il rencontre Habed-ben-Mohammed; dit Tippo-
Tip, riche marchand d'esclaves, dont le rôle politique avait été
nul jusqu-là.
» C'était, dit Stanley, un homme de grande taille, jeune, à barbe
noire, aux mouvements prompts et agiles, un type de force et
GO -
d'énergie. La peau est négroïde, mais la figure intelligente et belle,
avec un clignement d'œil nerveux et des dents admirables, d'une
forme parfaite et d'une blancheur étincelante.
» Après un court séjour à Nyangwé, Stanley descendit le Lualaba.
Tippo-Tip s'était engagé à l'accompagner avec une escorte de
sept cents hommes, mais avant d'arriver aux rapides, il rebroussa
chemin, laissant au hardi explorateur une partie de son escorte.
» Stanley a pu constater qu'à cette époque déjà, donc en 1876,
les Arabes établis à Nyangwé et en aval faisaient des incursions
dans une direction nord-nord-est (lac Albert). Ils visitaient et exploi-
taient également la région du Sud, entre autres le pays où a régné
M'Siri.
» Après avoir passé les rapides qui se trouvent entre Kirundu
et l'ancien village qui devint plus tard les Stanley-Falls, Stanley,
sans s'arrêter chez les Wagénias qui lui parurent hostiles, continua
la descente du grand fleuve. 11 constata que jusqu'à l'embouchure
de l'Aruwimi les rives étaient très peuplées et couvertes d'im-
menses plantations. Partout s'élevaient de grands villages où régnaient
la paix et l'abondance.
» Au cours d'un nouveau voyage, lorsque Stanley remonta le
Congo, il arriva, en novembre 1883, dans la même région qu'il
avait trouvée si riche six ans auparavant (').
» Voici ce qu'il en dit :
« Je reconnus l'emplacement d'un village que j'avais désigné sur ma carte
de 1877, sous le nom de Maouembé. Mais en 1877, la localité était
fortement retranchée derrière les palissades, tandis qu'aujourd'hui il n'y
avait plus même la moindre hutte. En nous rapprochant, nous pûmes
distinguer les débris de quelques bouquets de bananiers en même temps
que les traces des sentiers blanchis qui menaient du bord de l'eau à la
petite ville; mais plus rien ne remuait, plus rien ne vivait en ces lieux.
Les haies, les cônes des poulaillers et les toitures basses et larges des
(1) Il y rencontra, près du confluent du Lomami, une bande arabe dirigée
par des sous-ordres, appartenant à Abelben-Alim de Nyangwé, et qui
avait poussé ses incursions jusqu'un peu en aval des Falls.
— 0
maisonnettes, qui so dossinaiont nnguôro à rari'iôrc-plan, tout avait disparu.
Arrivés à front do l'ondroit, nous rcconnùines les si^'nes d'un récent incendie.
Le feuillaj^o et même les troncs ai'fzentés dos plus hauts ai'bros avaient
été roussis par quoique chaleur artificielle; les bananiers, terriblement
clairsemés et endommagés, afjitaient tristement leur frondaison dé^Mienillée,
comme les pauvres implorant l'aumôntî.
n Un peu plus loin, un autre phénomène attii'a nos rej^ards. Deux ou
trois grands canots, dont une des extrémités était fichée on terre, se
dressaient tout d'abord sur la rive, comme des colonnes fendues et creusf^s.
n Que pouvait signifier ce fantastique spectacle? Chacun des canots
devait peser, au bas mot, une tonne. Pour soulever pareil poids, il avait
évidemment fallu un grand nombre de bras, et des bras lobustcs encoi-e.
Ce n'était point là l'œuvre des nonchalants sauvages aboi'igènes Mais alorsl..
Eh bien! 11 n'y avait que les Arabes qui eussent pu accomplir ce tour de
force; ces canots, droits comme des sentinelles, trahissaient l'apparition
des chasseurs d'esclaves au dessous des Stanley-Falls !...
» Plus tard, nous apprenions que la ville de Yomburri occupait, précé-
demment, ce site aujourd'hui désert.
r> En attendant, nous ne tardons pas à apercevoir, sur le môme côté du
fleuve, une nouvelle scène de désolation et de misère. Ici, c'était une
ville entière brûlée, les palmiers abattus et les bananiers ravagés, et le
même étrange spectacle de canots dressés de toute leur hauteur.
n Nous nous remettons en marche, en accélérant le plus possible notre
vitesse. Désormais nous ne pouvons plus faire six kilomètres sans rencontrer
de lugubres traces de carnage et de destruction. Partout des arbres calcinés,
des canots dressés tout debout, des palmiers couchés sur le sol, des maison-
nettes en ruines. A quatre heures de l'après-midi, nous avions compté
douze villages entièrement consumés par les flammes, et qu'habitaient
naguère huit communautés distinctes.
n Dans la matinée du 17 novembre, nous nous attardions sur la rive à
couper du bois, lorsque nous aperçûmes sur le fleuve un objet couleur d'ar-
doise qui descendait avec le courant- UEn-Avant gagna le large, et un de
nos hommes arrêta l'épave avec une perche à sonder. Hoireur ! c'étaient deux
cadavres de femmes liés ensemble par une corde!... Et à en juger par l'état
des deux corps, le drame ne remontait qu'à douze heures au plus...
» Tout en cherchant à nous expliquer ce crime atroce, nous continuâmes
à longer la rive, jusqu'à l'extrémité supérieure de la courbe que décrit le
fleuve au-dessus de Yavounga. A peine eûmes-nous contourné ce croissant,
que nous vîmes une masse d'objets blancs, amassés devant le débarcadère
d'un village. A l'aide de mes jumelles, je reconnus des groupes de tentes.
Nous avions rejoint les Arabes de Nyangwé.
— 62 —
" Cette horde de bandits, — car elle ne méritait pas d'autre nom, — opérait
sous le commandement de plusieurs chefs, dont Karema et Kibourouga
étaient les principaux. Elle avait quitté, seize mois auparavant, la \ille de
Ouané-Kiroundou, située à environ cinquante kilomètres de Vinya-Nj^ra.
• Pendant onze mois, la bande avait mis à sac toute la région qui sétend
entre le Conjîo et le Loubiranzi sur la rive gauche. Et elle s'était engagée
à faire la même monstrueuse besogne entre le Biyerré et Ouané-Kiroudou.
En étudiant ma caite, je découvre que la région ainsi dévastée, sur la rive
droite et la rive gauche, occupe une superficie de plus de 55,5(X) kilomètres
carrés — soit '3,200 kilomètres carrés de plus que l'Irlande. — et qu'elle a
une population d'environ un million d'âmes.
■" Leur camp était établie à environ 125 mètres du nôtre et proléj:é par une
haie construite avec les débris des maisonnettes de Yangabi, brûlées par eux.
Au milieu de l'enclos, s'élevaient les rangées de hangars qui couvraient un
espace dune centaine de mètres et devant le débarcadère je comptai cin-
quante-quatre canots, capables de contenir, selon leur dimension, de dix
à cent personnes chacun.
' Le camp est littéralement bondé de monde. De tous côtés, des group-^s
de noirs, immobiles ou errants, silencieux et mornes, tranchent sur les
costumes blancs des Arabes: on aperçait sous les hangars des corps nus
étendus dans toutes les postures; d'innombrables rangées de jambes appaile-
nant à des malheureux endormis; des petits enfants dont les formes naissantes
indiquent encore à peine leur sexe; et çi et là un troupeau de vieilles femmes
entièrement nues, ployant sous des paniers de charbon, ou des tas de cassaves
ou de bananes, et conduites par deux ou trois bandits armés de carabines.
■ En examinant le tableau de plus près, je m'aperçois que la plupart de
ces infortunés sont chargés de chaînes; les jeunes gens ont autour du cou
des carcans, que des anneaux retiennent à d'autres carcans, de sorte que les
captifs marchent par groupes de vingt. Les enfants de plus de dix ans ont les
jambes attachées par des anneaux de cuivre, qui gênent tous leurs mouve-
ments, les mères par des chaînes plus courtes qui festonnent leurs seins et y
maintiennent les enfants en bas âge. Pas un homme adulte parmi ces pri-
sonniei"s.
* De leur propre aveu, les ravisseurs d'esclaves n'ont actuellement avec
eux que deux mille trois cents captifs. Et cepvendant. ils ont parcouru comme
un fléau, tuant et détruisant sans pitié tout ce qu'ils rencontraient, un pays
aussi ét-^ndu que rirlan le ; cent dix-huit villages, représentant quarante-trois
communautés plus vastes ont été ravagés, et cette œuvre d'extermination n'a
rapporté aux exterminateurs que deux mille trois cents esclaves femmes et
enfants et environ deux mille défenses d'ivoire. La qualité de lances, de sabres,
d'armes de toute espèce qui font partie du butin, indique que des centaines
— 03
d'hommes adultes sont morts en combattant. En supposant que rliacun des cent
dix-huit vill;t{jt>s n'ait eu qu'une population de mille [)ersonnes, les Arabes n'en
ont enlevé (piedoux pour cent, et en faisant la part des accidents qui survien-
dront pendant lo voyage de Kirundu et de Nyangwé, des effets qu'excerceront
les tortures do la captivité et les maladies épidémiques, en;L^endréos par la
malpropreté et les pi-ivations, on peut calculer que les sany;lantes aventures
n'auront donné qu'un bénéfice de un pour cent à leurs ti'istes héros.
y> C*.-s misérables m'assurent que plusieurs convois d'esclaves, tout aussi
nombreux que celui-ci, sont déjà arrivés à Nyangwé. Cinq expéditions
sont venues et reparties avec un butin de captifs et d'ivoire et les cinq
expéditions ont épuisé et vidé le vaste territoire au milieu duquel nous
voyageons. Pour le moins, les brigands ont captivé dix mille esclaves. Kt la
moitié de ceux-ci ayant péri en route, il n'en est arrivé à Nyangwé, Kirundu
et Vibondo que cinq mille environ, soit un demi pour cent de la population.
Et que de sang versé, que d'existences brisées, pour obtenir ce résultat.
Dressons cet affreux bilan : dans les cent dix-huit villages mentionnés plus
haut, les Arabes ont fait trois mille six cents esclaves. Il leur a fallu tuer
pour cela, deux mille cinq cents hommes adultes pour le moins, et de plus,
treize cents de leurs captifs ont succombé en route, au désespoir et à la
maladie, — étant donnée cette proportion, la capture des dix mille esclaves
par les cinq expéditions d'Arabes n'a pas coûté la vie à moins de trente ti'ois
mille personnes!... Et encore, quels esclaves je vois là enchaînés, et pour
le.-quels frères, pères et maris ont répandu leur sang!... De faibles femmes,
de tout petits enfants!... Pour jeter dans les fei's un garçon de quatre ans,
on a saciifié des familles entièi'es de six personnes! »
» A la fin de décembre 1883, après avoir fait les tristes et
pénibles constatations dont je viens de parler, l'illustre explora-
teur était arrivé aux Stanlej-Falls. Il n'y fit qu'un séjour de courte
durée, le temps d'acquérir un terrain situé dans une île avoisi-
nant les rapides et d'y installer, avec l'assentiment des indigènes,
un poste dont le commandement fut confié à l'Ecossais Binnie.
Cela fait, il redescendit le fleuve (*).
(1) Quinze mois plus tard, le 26 janvier 1885, le capitaine Van Gèle,
arrivant à son tour aux Falls, y trouva Tippo-Tip installé depuis six mois
à la rive; les deux adversaires, l'Européen et l'Arabe, étaient donc sur le
Congo face à face.
La paix promise par l'Arabe ne dura que dix-huit mois.
04
» On sait que, le 28 août 1886, ce poste dont MM. Deane, officier
anglais et Dubois, lieutenant belge, étaient les chefs, fut attaqué
par les Arabes à la tête desquels se trouvait le père de Rachid,
Bwana N'Zigé. Le poste n'était défendu que par une poignée
d'hommes disposant de moyens d'action insuffisants. Malgré cela,
tous les assauts des Arabes furent repoussés. Bien plus, la petite
garnison, Deane et Dubois en tête, prit courageusement l'offen-
sive et, baïonnette au canon, chassa l'ennemi de ses positions.
Mais la résistance ne pouvait durer, les munitions s'épuisaient.
Abandonnés par une grande partie de leurs hommes, Deane et
Dubois, dont le courage et la vaillance ne s'étaient pas démentis
un moment, durent se retirer. Pendant la retraite, Dubois qui
suivait la rive du fleuve, glissa et tomba à l'eau. Tous les efl'orts
tentés pour le sauver furent inutiles: il se noya.
» Déclarer carrément la guerre aux traitants de Nyangwe, de
Kassongo et du Manyema, il n'y fallait pas songer un seul instant,
en ce moment; c'eût été courir à une catastrophe certaine. On
sait à quel expédient eut recours alors le gouvernement de l'Etat
pour conjurer le danger, reprendre aux Falls l'autorité qui lui
était nécessaire et organiser des bases sérieuses de défense, en vue
d'une campagne prochaine, probable, disons inévitable. Tippo-Tip
qui était resté étranger à l'attaque des Falls, ordonnée en son
absence par Rachid, fut rencontré, à Zanzibar, par Stanley, qui
reçut l'expression des regrets du vieux chef arabe. Celui-ci était
nommé vali des Falls, au service de l'Etat et ramené par la voie
du Congo à son poste où il relevait le drapeau bleu, le 17 juin 1887.
Quelques jours après, la station des Falls était pacifiquement
réoccupée par la force armée, sous le commandement des capi-
taines Van Gèle et Van Kerckhoven.
» On a discuté vivement, au moment où elle s'est produite, cette
nomination de Tippo-Tip, en qualité d'agent de l'Etat. On a fait
alors sur ce sujet qui prétait, du reste, à la controverse par
son originalité, de beaux discours et des articles décisifs. Aujourd'hui,
l'on doit reconnaître que cette nomination a été un acte d'extrême
habileté, qui seul a permis à l'influence européenne de prendre pied
— 05
graduel lomont dans ces districts lointains (ît de se préparer à une
acîtion militaire, que la révolte et l(;s succcïs des madhistes dans
la vallée du Ilaut-Nil, pouvaient d'un moment à l'autre, [)récipiter.
» Les dispositions de IVEtat furent combinées avec une extrême
clairvoyance. 11 convient de le dire : si le succès a pu être
obtenu aussi rapidement, c'est parce que, dès le début, on a vu
nettement à Bruxelles ce qu'il importait de faire et que l'on n'y
a pas perdu un instant de vue l'éventualité de la campagne.
» La création de deux camps retranchés fut décidée. Placés, l'un
et l'autre, au point terminus de la navigation à vapeur, en face
des avant-postes arabes: l'un à Basoko, sur le Congo vis-à-vis
du confluent du Lomami, l'autre à Lusambo, sur le Haut-San-
kuru, ils devaient être armés de canons et recevoir une forte garnison.
Bien que très avancés vers le centre du continent, ils allaient
devenir des bases pratiques d'opérations, grâce à la possibilité
de les ravitailler et de les secourir à l'aide des vapeurs du
Stanley-Pool.
» Depuis la soumssion de Tippo-Tip à l'Etat, en 1886, les chefs
arabes avaient observé une attitude pacifique, mais en développant
leur occupation du pays en amont des Falls. Cependant, quelques-
uns d'entre eux, plus indépendants que le résident de cette station,
poussaient des incursions dans les bassins, quasi inconnu encore à ce
moment, du haut Lomami et du haut Aruwimi jusqu'à l'Uele. On
avait même signalé l'arrivée de quelques bandes aux sources du
Lopori et de la Mongala.
» L'occupation arabe faisant tache d'huile et l'influence des sul-
tans des Falls et de Nyangwe devenait de plus en plus grande
sur les principaux chefs indigènes du Lualaba et du haut Lomami,
qui étaient devenus leurs vasseaux et leurs alliés. Cependant, nul
acte d'hostilité n'avaient été posé par aucun d'eux dans ces régions où
l'Etat n'avait, du reste, d'autre agent que le résident de Kassongo.
le lieutenant Lippens, qui avait pour adjoint De Bruyne, l'expé-
dition du lieutenant Jacques arrivait à Rumbi, sur le lac Tanganika.
— GG —
» L'Arabe du Congo procède généralement par voie de razzia pour
se procurer des esclaves et de l'ivoire. Il arrive la nuit avec ses
bandes de pillards à proximité d'un village et, dans le plus grand
silence le fait entourer. A un signal convenu, généralement au
point du jour, les pillards se précipitent vers les huttes, tirent
des coups de fusils au hasard, crient, hurlent, battent du gong,
sonnent de l'olifant, font un tapage infernal, en un mot, mettent
tout en œuvre pour épouvanter les malheureux noirs. Ceux-ci,
réveillés en sursaut, effrayés, éperdus, opposent quelque fois de la
résistance, mais le plus souvent tentent de fuir.
» Au début de l'action, la vie de personne n'est respectée, mais
dés qu'il devient manifeste que les indigènes cessent de se défendre,
tous les efforts tendent à la capture des esclaves. Les Arabes
prennent de préférence les jeunes femmes et les adolescents. Les
vieillards et les tout jeunes enfants sont massacrés et livrés aux
anthropophages armés qui suivent et aident les expéditions escla-
vagistes.
» S'il n'y a aucun intérêt à conserver le village, il est pillé et
incendié ; les plantations sont détruites. Mais bien souvent les
villages vaincus doivent, par leur situation ou par leur importance,
devenir le centre et la base des nouvelles opérations.
» Les horreurs de la chasse à l'homme sont innombrables. Les
bandits qui s'y livrent vont parfois jusqu'à allumer des incendies
dans les hautes herbes, pour forcer ceux qui s'y cachent à en sortir
» Depuis que les chefs de villages connaissent la valeur de l'ivoire
et qu'ils le savent exposé aux convoitises des Arabes, ils pren-
nent la précaution de l'enfouir dans la foret ou de le cacher
dans l'eau.
» Un des premiers actes des Arabes, en arrivant dans un vil-
lage, même allié, est de mettre le chef en demeure de désigner
l'endroit où se trouve son ivoire. S'il refuse, on s'empare de ses
femmes et de ses biens, et on ne les lui restitue qu'après qu'il
s'est exécuté. S'il persiste dans son refus, on le torture et on le tue.
» Je me souviens que Rachid exposa un jour, au barzali, les tètes
C>7
ot l{»s mains droitos do six clicrs du ]vul)i (pii s'(H;iient mis dans
co cas.
» Dès qu'une expédition est terminée, les prisonniers sont emmenés
en esclavage et dirigés v(>rs les grands centres. Alors commence
pour ces malheureux une période de soulïrances horribles. Les
mains liées dernière le dos, le carcan ou la fourche au cou, ils
sont enchaînés par groupes de dix à vingt. Peu ou point nourris,
souvent battus, marchant par tous les temps sous un ciel de feu
ou dans des marais infects, se meurtrissant les chairs dans les
forêts, ils ne tardent pas à s'affaiblir. Ceux qui tombent de fatigue
ou de faim le long des routes, sont impitoyablement achevés à
coups de «fimbu». Toute tentative de fuite est punie de mort.
» Lorsque la chaîne de malheur arrive à destination, le nombre
des esclaves a diminué des trois quarts.
» Dans son ouvrage: Ma seconde traversée de V Afrique, voici
comment s'exprime le major Wissmann, au sujet de ces sinistres
convois d'esclaves,
» Nous rencontrâmes, en l'espace de quelques jours, trois caravanes qui
conduisaient à la côte un peu d'ivoire et des centaines d'esclaves attachés
par dix et vingt à des carcans et de lonjzues chaînes.
" Pour les plus faibles, les femmes et les enfants, auxquels la fuite
était impossible, on n'avait employé que des cordes. Mais ceux qui récla-
maient une surveillance spéciale étaient mis deux à deux dans la fourche
à esclaves. On peut à peine décrire l'état pitoj'able et misérable dans
lequel se trouvaient ces malheureux: leurs bras et leurs jambes étaient
presque décharnés; le regard terne, la tète inclinée, ils s'avançaient vers
un avenir inconnu, emmenés vers l'Est, loin de leur patrie, arrachés à
leurs femmes et à leurs enfants, à leui's pères et à leurs mères qui, peut-
être avaient réussi à s'échapper dans la forêt ou avaient succombé en se
défendant. La distribution quotidienne des rations d'une semblable cara-
vane présente un aspect révoltant. Les affamés se pressent, les yeux grands
ouverts, à l'endroit où l'un des gardiens se tient pour distribuer des vivres,
repoussant avec un bâton ceux qui, roni^'és par la faim, l'entourent de trop
près; il remplit de blé, de maïs ou de lentilles un petit vase de la gran-
deur d'un verre à eau, qu'il jette dans la guenille ou dans la peau de
chèvre, dont l'indigène couvre sa nuJité. Beaucoup de ces pauvres g^ens
trop fatigués pour moudre ou concasser le grain, le font simplement cuire,
l
— ()<S —
à l'eau chaude ou le font grillei- dans des pots sur le feu, puis ils l'avalent
pour apaiser la douloureuse sensation de la faim. S'il ariive à la côte
le quart de ces malheureux; ils y sont vendus soit pour l'exportation,
soit pour la culture des plantations des gens de la côte. Les grands éta-
blissements arabes de l'intérieur, comme Udjiji et Tabora, surtout le premier,
réputé par son insalubrité, ont besoin d'une quantité d'esclaves . A Udjiji, un
esclave de travail ne vit pas plus d'une année. «
» Ecoutons maintenant un missionnaire belge le P. Vyncke, qui a
vu de près les Arabes esclavagistes à l'œuvre :
" J'avais autrefois, dit-il, à plusieurs reprises, visité le marché d'Udjiji,
mais à cette époque les esclaves étaient peu nombreux et je n'avais pas
vu cet odieux trafic dans toute son horreur. A l'époque de ce dernier
voyage, la ville venait d'être inondée, dans toute la force du terme, par
des caravanes d'esclaves venus du Manyema.
n La place était couverte d'esclaves en vente, attachés en longues files,
hommes, femmes, enfants, dans un désordre affreux, les uns avec des cordes,
les autres avec des chaînes. A quelques-uns, venant du Manyema, on avait
percé les oreilles pour y passer une petite corde qui les retenait unis.
♦» Dans les rues, on rencontrait à chaque pas des squelettes vivants, se
traînant péniblement à l'aide d'un bâton, ils n'étaient plus enchaînés parce
qu'ils ne pouvaient plus se sauver. La souffrance et les privations de toute
sorte étaient peintes sur leurs visages décharnés, et tout indiquait qu'ils
se mouraient bien plus de faim que de maladie. Aux larges cicatrices
qu'ils portaient sur le dos, on voyait de suite qu'ils avaient souffert de
mauvais traitements de la part de leurs maîtres qui, pour les faire mar-
cher, ne leur épargnent pas les distributions de bois vert.
n D'autres, couchés dans les rues ou à côté de la maison de leur maître,
qui ne leur donnait plus de nourriture parce qu'il prévoyait leur mort
prochaine, attendaient la fin de leur misérable existence »
» Voilà le tableau des traitements horribles que les Arabes firent
subir pendant de longues années aux populations de l'Afrique
orientale. Ces horreurs ne criaient-elles pas vengeance et à elles
seules ne suffisaient-elles pas pour que les efforts de L'Etat tendissent
à expulser ces bandits des territoires soumis à son autorité? Mais
d'autres crimes encore appelaient des représailles. D'abord l'attaque
— m —
(In \H)M,c dos Falls, oa\ 1<S<S(), ot l;i mort, do I)ul)()is qui <'ti a été
l;i conscquoiico; (Misuit(\ le niassjicrc; (1(î dix I^^uropôoris: Ilodister
i'( SCS <'()in[)ag-ti()ns, on in;ii 1S*)2; I^^min Pacha, le 21 octobre 1892,
tuô sur les ordres de Kihouge et de Moharra, à quelques Jour-
nées de marche de Kirundu; enfin Lippons et De Bruyne, (|ui
avaient accompagné la caravane de Saïd-ben-abedi.
» Le point de savoir s'il fallait conserver aux Arabes la situation
([u'ils s'étaient acquise dans l'Etat, a souvent été soulevé. Après
les crimes si souvent relatés par les officiers et les missionnaires,
dont ces bandits se rendaient journellement les auteurs, cette ques-
tion ne pouvait [)lus comporter qu'une seule solution: la négative.
» Il fallait, sans retard, enlever à ces bandits le pouvoir de nuire,
de renouveler leurs cruels exploits.
» 11 est incontestable que les Arabes ne se seraient jamais soumis
volontairement à nos lois. Ils sont habitués depuis longtemps a
demander au brigandage et au vol, non seulement les objets de
première nécessité, mais surtout ceux qui composent leurs richesses,
qui leur permettent une vie facile et voluptueuse. Ils considèrent
cela comme un droit inaliénable. Chez eux, point de souci, point de
travail. La guerre, toujours la guerre avec ses atrocités sans nom.
» La guerre est leur grande pourvoyeuse. Ne leur procure-t-elle
pas des femmes pour la satisfaction de leurs passions, des esclaves
et de l'ivoire pour arriver à la fortune?
» Que leur importent la mort de cent, de mille malheureux et
la ruine de toute une région?
» Ne pouvant pas leur imposer notre autorité, nous nous serions
trouvés dans la nécessité de partager le pouvoir avec eux, c'est-
à-dire de leur permettre de l'exercer dans les contrées qu'ils avaient
soumises? Mais ils se seraient incontestablement servis de ce pouvoir
pour opprimer les populations, les rançonner et les piller. Et tout
cela, ils l'auraient fait alors au nom de la loi dont ils seraient
devenus les dépositaires.
» Ils n'auraient jamais employé leur autorité dans l'intérêt de
l'Etat, mais dans le leur.
» La base de la civilisation musulmane en Afrique, c'est la poly-
— 70 —
garnie, l'esclavage, l'exploitation à outrance des indigènes et le
mépris plus ou moins dissimulé, mais profond, de l'Européen.
» Il fallait donc mettre un terme à la situation que les Arabes
s'étaient créée dans l'Etat du Congo. En agissant ainsi, on se
conformait du reste à l'esprit et à la lettre de l'acte général de la
conférence de Berlin et de l'acte de Bruxelles.
» Le poste de Stanley-Falls a été rétabli, le 15 juin 1888, par
les capitaines Van Kerckhoven et Van Gèle, d'accord avec Tippo-Tip,
dont la nomination de vali du district remontait au mois de
février 1887.
» Des raisons d'ordre politique et l'espoir d'amener pacifiquement
la soumission des Arabes, avaient déterminé le gouvernement à
faire cette nomination. Il est à présumer que c'est en 1879 ou
en 1880 que les bandes de Tippo-Tip, franchissant les rapides
situés en aval de Kirundu, s'établirent aux Stanlej-Falls. De là,
elles portèrent leurs ravages plus loin, remontèrent le Lomami et
créèrent une station à Isanghi, son embouchure. Etendant encore
le rayon de leur action dévastatrice, ils poussèrent jusque dans
l'Aruwimi; mais ils se heurtèrent à de courageux guerriers, qui
leur firent subir des pertes considérables. Ils durent s'enfuir honteu-
sement, toutes les tribus s'étaient liguées pour résister à l'ennemi
commiin.
» Des querelles intestines ayant divisé les Basokos, les chasseurs
d'esclaves furent plus heureux lors des incursions subséquentes qu'ils
firent dans l'Aruwimi. Toutefois, ce ne fut qu'en 1887, qu'ils s'y
établirent à demeure. Ils installèrent leur poste central à Yambuya,
immédiatement en aval des premiers rapides. Selim-ben-Mohammed
en fut le chef.
» Jusqu'en février 1889, date de la fondation du camp de
Basoko, Selim régna en souverain maître sur les populations des
rives du bas Aruwimi. Ses séïdes occupaient tous les villages et y
dictaient la loi. Le rôle des chefs indigènes se réduisait à obéir
aveuglement à ces bandits et à subir tous leurs caprices.
» Pour se procurer des esclaves, ils se livrèrent à des atrocités
dont le souvenir est encore bien vivace parmi les Basokos.
— 71
» La l'apacitô de Selim et Tàprc licsoin do s'enricliir (|ui le
dévorait, ont été la rausc (1(; l)ien des crimes dont l'iiorreur
dépasse tout ce que l'imagination la plus perverse peut rêver.
Il n'est pas rare de rencontrer, dans la région, des malheureux
qui, dans leur enfance, ont eu une main ou les oreilles coupées
ou ont subi d'autres mutilations. Mais l'action criminelle de Selim
ne s'est pas seulement exercée dans TAruwimi. Ses bandes s'étendnnt
vers le nord et le nord-est, sont allées ravager et piller les villages
des rives de la Lulu, du Rubi et de l'Uele. Franchissant l'Itimbiri,
elles avaient même pénétré sur le territoire des Mogangas, situé
derrière celui des Bangalas. Ces bandes étaient conduites par trois
monstres à face humaine, Madjuto, Mirambo et Kapangapanga. Un
fait: en 1S91, Mirambo et Kapangapanga se trouvaient à Mogandjoro,
sur le Rubi. Je marche contre eux, mais à mon approche, ils
s'enfuient. Après être resté quelque temps dans la région, croyant
ces bandits disparus, je me retire sur la Lulu. Un mois après,
j'apprends qu'ils avaient de nouveau fait irruption à Mogandjoro
et qu'ils y avaient massacré plus de trois cents personnes, ne voulant
pas, avaient-ils dit, que les indigènes fassent alliance avec l'Etat.
» L'occupation des territoires situés derrière la rive gauche du
Congo et celles du Lopori, de la Lukenye et du lac qui déverse
ses eaux dans le Tchuapa, remontent à des époques postérieures à 1883.
» En 1887, Stanley, marchant au secours d'Emin Pacha, rencontra
un poste arabe à Popoië. sur le Japhele, et en face du Nepoko
un détachement de Manyeraas, appartenant à la caravane d'Ugar-
raoux. Un peu plus loin, il fit la rencontre d'un autre détachement
que commandait Kilonga-longa. Vers la même époque, les chasseurs
d'esclaves étaient déjà établis dans l'angle formé par le Bomo-
kandi et la Makongo. Cette position servait de pivot à leurs
bandes, qui couvrirent de ruines le riche et beau pays, situé
entre l'Uele et le Bomokandi.
» Les chefs azandes épouvantés par les cruautés sans nom qui se
commettaient sur leur territoire, s'étaient soumis, mais bien malgré
eux, à leurs terribles envahisseurs. Plusieurs des nombreuses îles
de l'Uele étaient occupées.
72 —
» En résumé, dans l'espace de cinquante années, les Arabes enva-
hirent, dévasteront et soumirent un territoire d'une superficie de
près de deux millions de kilomètres carres, soit soixante-quinze fois
celle de la Belgique.
» L'esclavage enlevait chaque année la vie à plus de cent mille
êtres humains.
» Ecoutons ce que disait Stanley ('):
« Ici, c'était une ville entière brûlée, les palmiers abattus, les bananiers
ravagés. Mais il y avait au moins des êtres humains capables de nous
fournir l'explication de ces mystères. Environ deux cents indigènes se
tenaient, en effet, accroupis sur la berge, devant les décombres. Quelques-
uns avaient la tête enfouie dans les mains, d'autres l'egardaient tristement
dans le vide, d'autres encore, la menton appuyé sur les mains, nous dévi-
sajîeaient d'un air de stupide indifférence.
n La cruauté des hommes s'est abattue sur nous, semblaient-ils dire.
Nous avons tout perdu: biens, bonheur, espérance. Quel mal nouveau
pourriez-vous nous faire? Nous avons tant souffert que vous ne pourriez
imaginer de supplices plus cruels.
» Je donnai ordre à Voumbila d'interroger ces malheureux. Alors un
vieillard, qui pai-aissait accablé de désespoir, se leva et commença à nous
raconter l'histoire de leurs malheurs avec une extrême volubilité.
n Le village avait été envahi, à l'improviste, par une bande d'hommes
qui faisaient retentir les ténèbres de leurs clameurs féroces et d'une assour-
dissante fusillade. Ces brigands avaient égorgé tous les habitants qui
tentaient de s'échapper des huttes en feu; pas un tiers de la population
mâle n'avait eu la vie sauve, et un grand nombre de femmes et d'enfants
avaient été enlevés et emportés, Dieu sait où.
« — Et dans quelle direction ces malfaiteurs se sont-ils éloif.'nés?
n — Us ont remonté le fleuve, il y de cela huit jours?
n — Ont-ils incendié tous les villa<ies?
» — Tous sans exception, des deux côtés de la rivière. «
» Ecoutons encore le récit de Cameron (^):
" Sur la route, toujours des ruines. Voir les débris de tant de villages,
(1) Cinq années au Congo, pp. 454-460.
(2) Camkron. a travers l' Afrique, pp. 145-146.
— ?:} —
naguère habités par des fjons heureux, me jetait dans une ti'istesse inexpri-
in.'iblo. Où étaient ceux qui avaient bâti ces cases, cultivé ces champs? Ils
avaient été saisis comme esclaves, massacrés par les bandits, enga^jés dans
une lutte à la(inelle ces malheureux n'avaient pris aucune part, ou morts
de faim et de fatigue dans les jungles.
n L'Afrique perd son sang par tous les pores. Un pays fertile, qui ne
demande que du travail pour devenir l'un des plus grands producteurs
du monde, voit ses habitants, déjà trop rares, décimés par la traite do
l'homme et par les guerres intestines. Qu'on laisse se prolonger cet état
de choses, et tout ce pays, retombé dans la solitude, repris par le hallier,
l'edeviendra impraticable au commerçant et au voyageur.
r< La seule possibilité d'un pareil événement est une souillure pour notre
civilisation trop vantée. Si l'Angleterre, avec ses usines qui chôment la
moitié du temps, négligeait de s'ouvrir un marché pouvant donner de
l'emploi à des milliers d'hommes en détresse, ce serait inexplicable.
n E^péi'ons que la l'ace anglo-saxonne ne permettra à aucune autre de la
distancer dans les efïbrts qui doivent être faits pour racheter des millions
de créatures humaines de la misère et de la dégradation où elles tombe-
raient infailliblement, si l'on n'allait pas à leur secours. «
» Voilà succinctement le tableau terrible de ce qu'était la domi-
nation arabe au Congo. Elle s'étendait, non pas à quelques points
de ce vaste empire, mais à une partie considérable de son ter-
ritoire.
» C'était ce fléau profondément enraciné, semant partout la ter-
reur, la ruine et la mort, que l'Etat avait à combattre et dont
il devait, au prix d'une lutte gigantesque, assurer la ruine.
» Dès 1890, les Arabes commencent à être refoulés des positions
extrêmes qu'ils occupent.
» Le capitaine Roget les oblige à évacuer le pays des Mogangas
et les rives de l'Itimbiri. Un de ses agents, le lieutenant Duvivier,
leur inflige une défaite aux environs d'Imbembo.
» Au cours de la même année, le capitaine Van Gèle et le lieutenant
Milz marchent contre un fort parti d'Arabes, qui s'avance vers
l'Itimbiri, et le mettent en pièces à Majorapa, sur la Rubi.
» Dans le courant des années 1891 et 1892, Chaltin combat les
Arabes dans le nord et surtout dans l'est de son district, les chasse
de presque toutes leurs positions, et parvient, par l'occupation du
74
pavs, à les empêcher de franchir l'Arawiini. 11 réussit également,
par l'établissement de nombreux postes sur les rives du Congo
et du bas Lomami, à affranchir les indigènes du joug que le chef
arabe d'Isangi fait peser sur eux.
» La situation dans le sud de l'Etat est celle ci :
» A une époque qu'il est impossible de fixer, mais que l'on peut
vraisemblablement placer dans la période comprise entre l'occu-
pation de Njangwe (1828) et celle de Stanlej-Falls (1879-1880),
les bandes d'Arabes envahissent la zone comprise entre le Lualaba,
le Lomami et le Sankuru.
» Elles ravagent, détruisent tout sur leur passage. La contrée
autrefois riche, prospère et très populeuse, ressemble à une vaste
solitude en 188G-1887. Les Arabes n'occupent pas eux-mêmes
toutes les régions où ils portent la ruine et la désolation. Ils
visitent les rives du Sankuru, mais ne s'y établissent pas. Ils
parviennent à s'allier des chefs importants comme Pania Mutombe
et Lupungu, leur remettent des armes et des munitions et en
font en quelque sorte des agents secondaires de Tippo-Tip. Cette
alliance est féconde. L'appât d'un gain quelconque pousse Pania
Mutombe et Lupungu à commettre des exactions sans nombre.
Ils se savent protégés et appuyés au besoin par les Arabes qui,
de leur côté, ont tout intérêt à ce que les razzias de leurs acolytes
soient productives. Toute la région est ruinée et devient déserte.
Bien des indigènes doivent chercher un asile dans les profondeurs
des forêts, vivre à l'état nomade et se livrer eux-mêmes à des
actes de brigandage pour ne pas succomber à la faim.
» Tel est l'état du pays, lorsqu'en 1890 est fondé le camp de
Lusambo, sur le Sankuru. Ce camp, comme celui de Basoko, dont
la fondation remonte à 1889, est établi pour opposer une bar-
rière à la marche des hordes dévastatrices.
» Antérieurement à cette époque, Tippo-Tip a placé à la tête de
ses troupes d'avant-garde dans le sud, un jeune homme résolu,
actif, intelligent, et d'une énergie rare, Gongo-Lutete, dont la
résidence est Gandu, sur le Lomami. Gongo n'est pas d'origine
arabe. Ancien esclave de Tippo-Tip, dont il a gagné la confiance
/ .)
par son ooiirng'o, son audaco et sa fidôlitô, il est arrivé à une
situation aussi élevée i\no. méritée.
» l^]n 1801, projetant de se renrlre à Lusanibo, il se met en
route à la, t("'te d'une bande d'environ sept, mille individus et garnie
le Sankuru. Prévenu de son arrivée^ le lieutenant Deseamps marche
à sa rencontre avec toutes les forées dont il dispose, mais qui sont
de beaucouj) inféi'ieures à celles des Arabes. Après les tentatives
de négociations qui échouent à cause de la mauvaise foi et des
exigences de l'émissaire de 'J'ippo-l'ip, le cam[) arabe est attaqué.
L'intrépidité et le courage des troupes de l'Etat ont bien vite
raison de la témérité de Gongo et de ses bandes indisciplinées qui
prennent la fuite, abandonnant tous leurs esclaves. La brillante
victoire de Descamps a pour effet d'affermir l'autorité de l'Etat
et d'élever encore le prestige naissant du camp de Lusambo.
» Après sa défaite, Gongo Lutete retourne à Gandu, mais caressant
des projets de revanche il ne tarde pas à reprendre la route du Sankuru.
Les indigènes de Batubengé sur le haut Sankuru, effrayés de son
arrivée, se retirent vers Lusambo. »
Du moment que le conflit entre les AraJjes et l'Etat
devenait inévitable, l'on pouvait indiquer, avec une égale
certitude, la région qui allait servir de théâtre à l'action
et les lignes stratégiques qui devaient forcément être
adoptées par les belligérants.
La route des Arabes parcourue successivement par Burton,
Speke, Livingston, Stanley et Gameron, partait de Bagamayo
pour aller par Tabora, à Udjiji sur le lac Tanganika. En face
d'Udjiji, sur la rive occidentale du Tanganika, un prolon-
gement de cette route s'en allait à travers le Manyema, par
Kabambare et Kasongo, à Nyangwe, sur le fleuve Lualaba.
Cette roule, employée par les chasseurs d'esclaves et
d'ivoire pour pousser leurs investigations à l'intérieur du
continent, allait servir de ligne de base aux Arabes.
La création des camps de Basoko et de Lusambo formait
7() —
la première dig"ue opposée par l'Etat du Congo aux incur-
sions des esclavagistes.
Les Européens choisissent la route du Pool. Ils peuvent
amener leurs navires de mer jusqu'à Matadi et, de là, gagner
le Stanley-Pool avec des caravanes de porteurs, organisées
à l'abri de toute ingérence des Arabes.
Du Staniey-Pool, leurs steamers peuvent remonter sans
interruption, d'une part, vers l'est, par le Congo lui-même,
jusqu'aux Falls; d'autre, part, vers le sud de Kwamouth
sur le réseau du Kasaï, du Sankuru et de leurs affluents.
Les Falls étant situés au nord et le Sankuru à l'ouest
de la région du Manyéma, les Belges ont deux lignes straté-
giques bien distinctes, convergeant de deux bases différen-
tes, vers Nyangwe, point terminus de la route de Zanzibar.
La région du Manyéma est donc le centre, à la fois
offensif, et défensif, des Arabes.
Au commencement de 1892. les chefs arabes et leurs
vassaux se trouvent ainsi répartis: Rachid, aux Falls en
qualité de vali; Kibonge, à Kirundu; Saïd-ben-Abedi, à
Test de Kirundu; Nserera, à Riba-Riba; Muine Mohara,
à Nyangwe; Sefu, à Kassongo; Gongo Lutete, auxiliaire
arabe, sur le Lomami.
L'hostilité ouverte des Arabes ne se déclare qu'en avril 1892.
CAMPAGNE ARABE (')•
Le 22 avril 1892, le commandant Paul Le Marinel remet
à Dhanis le commandement du district du Lualaba.
Depuis quelque temps, des bruits circulaient au sujet du
mouvement des bandes arabes, sous les ordres de divers
chefs, Lupaka, Katako, etc., qui occupaient divers points
en amont du Lubilasch. On croyait encore, à cette époque,
(1) L'histoire de la campagne arabe est reconstituée d'après les récits de
Dhanis et du D^ Hinde et des renseignements extraits de la Belgique militaire.
— / /
que Gonfî-o Lutotc était mort dos J)lessuros reçues lors de
la dispersion de sa bande j)ar le capitaine Descamps.
Quoi qu'il en soit, on décide, avant le départ de Le Marinel,
qu'une colonne venant de Luluahour^^ attaquerait ces bandes
de front, tandis qu'une autre, partie de Lusambo, leur
couperait la retraite Par suite de la maladie du capitaine
Descamps, la colonne de Luluabour^^ ne put [)artir à temps
et opérer sa jonction avec les troupes de Lusambo. Elle
n'en détruisit pas moins les forces de Katako.
A la fin de mars 1892, Dhanis donne Tordre au lieutenant
Micliaux de se diri^^er avec quatre-ving-ts soldats, en amont
du Lubi et de le rejoindre ensuite chez Pania-Mutombo,
le 15 avril au plus tard. Le 10 avril, il part lui-même
pour Pania-Mutombo avec cent soldats et vingt auxi-
liaires balubas. Le 11, le chef batetela Mukunji l'informe
que son territoire, situé à l'est de Lusambo, près du Lubefu,
est ravagé par les Arabes. Le 14, Dhanis arrive chez
Pania-Mutombo, qui, jouant double jeu pour conserver de
bonnes relations et avec les Arabes et avec les blancs, lui
donne trois cents fusils et accompagne lui-même l'expédition.
Le lieutenant Michaux ne rallie Pania-Mutombo que le
17 avril, à cause des luttes qu'il a eu à soutenir pendant
sa marche. Il est alors chargé de pousser une reconnais-
sance jusque chez le chef batetela Mukunji, où il inflige
une défaite sanglante à Fuamba, un des auxiliaires de
Gongo Lutete, et parvient à libérer de nombreux esclaves.
Le 19 avril, la colonne, sous le commandement de Dhanis,
marche à la rencontre des Arabes. Le 20, Dhanis apprend
que Gongo Lutete a fondé un poste à Mona Kialo et qu'il
se propose d'attaquer bientôt Pania-Mutombo. Le 23, il
tourne une position occupée par les Arabes et l'attaque
de flanc et de revers. Après une faible défense, l'ennemi
s'enfuit; il compte vingt tués et quarante prisonniers.
7<S
Combat de Batubenge, 5 mai 1892.
Le 3 mai, Dhanis part vers le sud-ouest pour Kisima-
Sauri, où la présence de Gongo est signalée. Le 5 mai, après
une marche pénible de neuf heures, la rencontre a lieu.
La position des Arabes est admirablement choisie et
domine tout le pays à plusieurs lieues de distance. Vers
l'est seulement se trouve une vallée étroite et escarpée,
qui donne accès à la position ennemie. A cause de la
difficulté du passage, elle n'est pas gardée. Les troupes
de l'Etat en profitent pour s'avancer jusqu'à vingt mètres
des soldats de Gongo sans être inquiétées. La surprise est
complète et l'ennemi ne peut se rallier, à cause de la rapidité
de la poursuite. Les pertes de Gongo s'élèvent à quatre-
vingts tués, de nombreux blessés et prisonniers, quatre
drapeaux et une grande quantité de fusils.
Deuxième combat de Batubenge, 9 mai 1892.
Le 9 mai, l'élite des forces de Gongo avec les chefs
Lupaka et Katako revient à l'attaque.
A la vue des bandes nombreuses couronnant, dès l'aube,
le faîte des hauteurs entourant la position de Batubenge,
sur le Sankuru, vers le sud-est, le sud, et le sud-ouest, les
auxiliaires, gens de Pania-Mutombo, se dispersent. Enhardis
par cette fuite, les gens de Gongo, qui ont pris position,
se précipitent avec une ardeur nouvelle, croyant à une
victoire facile. Les chefs des bandes crient à leurs hommes :
« Ne tirez pas, ce sont des wachenzis, " (indigènes ou sau-
vages), " faites-les prisonniers et enchaînez-les ».
Au lieu de la victoire aisée qu'ils escomptent, ils sont
accueillis par le feu nourri des tirailleurs d'avant-poste,
dans une vallée profonde qu'ils doivent traverser pour
arriver à la position des troupes de l'Etat. En quelques
instants, leurs chefs sont tués et les bandes, mitraillées de
— 70 —
tous les côtés, pronnont la Cuito. Oon^o, n'osant traverser
1(^ Lupun<;'ii, se porte vers le sud.
Combat de Kisima-Sauri, 12 mai 1892.
Enfin, le 12 mai, de Wouters rejoint Dlianis à Hatubenge
et va incendier, à Kisima-Sauri, le boma occupé par Gongo,
({ui s'entliit Jusqu'à Mpai'u, à quatre jours de marche au
sud-est de Batubenge.
Les résultats de ces premières victoires sont énormes.
1° Les indigènes voient que, sans leur secours, les troupes
de l'Etat ont détruit la puissance de Gongo;
2» Les chefs indigènes sont avertis que, s'ils favorisent
encore les menées des Arabes, ils seront considérés comme
ennemis de l'Etat et traités comme tels. Ils sont prévenus
que tout ditïérend entre les tribus, à l'ouest du Lomami,
doit être soumis à un fonctionnaire de l'Etat, et que tout
tribut doit être payé à l'Etat et non aux Arabes.
3^ Les victoires de Batubenge ont empêché la dévasta-
tion complète du pays;
4" Le grand chef Batubenge et Mwana Kimwanga vont
se fixer à Lusambo avec leurs peuplades et font leur
soumission.
5" Le fils de Batubenge, que Gongo a fait prisonnier,
est renvoyé du Lomami avec des propositions de paix
de Gongo.
6"" Gongo lui-même envoie une ambassade spéciale.
C'est la soumission à l'Etat de tout le pays compris entre
le Sanlmru et le Lomami, soit un territoire de cent vingt
kilomètres de largeur sur cent quatre-vingts de longueur.
Gomme conséquence de ces événements, le principal
champ de chasse aux esclaves est interdit aux Arabes.
De plus, ils ne peuvent dorénavant exiger de Lupungu les
tributs exorbitants qu'ils font payer en " mandibas « (étoffes
indigènes). C'était frapper les Arabes au cœur. Sans esclaves,
\
— 80 —
ils ne peuvent plus trafiquer ni transporter leur ivoire à
la côte; sans mandibas, ils ne peuvent rien acheter au
marché de Kassongo, ni dans le Samba, ni dans le iMaleba;
c'est le blocus de Kassongo, le principal centre arabe.
Victoire sur Kibalabala.
Le 19 mai, Dhanis attaque les Bakwa Sumpi dont le chef
Kibalabala a massacré John Bey et les Haoussas de l'expé-
dition Michaux. Ce chef est tué et cent de ses guerriers
tombent entre les mains de Dhanis qui rentre au camp
ramenant avec lui plus de deux mille prisonniers de guerre et
esclaves affranchis. Il y trouve le docteur Hinde, qui vient le
rejoindre pour prendre part comme médecin à l'expédition
du Katanga, ainsi que le lieutenant Scheerlinck.
Suivant des ordres arrivés d'Europe, Dhanis, aidé du
docteur Hinde, s'empresse d'exercer des hommes, de trier les
marchandises, et de préparer des charges pour une cara-
vane de quatre cents hommes, pendant un an^ en vue de
l'exploration des régions du Katanga.
A ce moment — juillet 1892 — le commissaire du dis-
trict découvre qu'un trafic régulier d'hommes se poursuit,
les gens de l'amont, — les Basongos — qui sont eux-mêmes
cannibales, étant accoutumés de vendre des esclaves et des
enfants aux Basongos-Menos, comme provision de bouche.
En conséquence, le commissaire ordonne aux sentinelles
surveillant la rivière, darrôter ou d'attaquer à coups de
fusil tout canot descendant la rivière avec des enfants à
bord.
Il parvient à en capturer quelques-uns et réussit à arrêter
ce trafic.
C'est pendant que Dhanis remporte ses premières victoires
que se produit le soulèvement de Riba-Riba et le massacre
de l'expédition Hodister.
Après la défaite de Gongo Lutete par Dhanis et Descamps,
<S| ^
les chefs arabes des Stanle3'-Falls déclarent se désinté-
resser (\o cette allai re, répondant aux demandes ofTicielles
d'intleninité, qu'ils ne sont pas res[)onsal)les des actes rie
Gon'^o Lutete, (jui a marché sans leurs ordres.
Soumission de Gongo Lutete.
Gongo, convaincu par trois insuccès qu'il est le i)lus
faible, froissé par Sel'u, et voyant que la protection des
Arabes devient, somme toute, illusoire, fait des proposi-
tions de paix (19 juillet).
De Wouters et le docteur Hinde se rendent aussitôt à Pania-
Mutombo pour se mettre en rapports avec cinq délégués du
chef arabe. Satisfaits de leurs déclarations, ils les envoient
avec des présents et sous bonne escorte à Lusambo. A la
suite des propositions de paix de Gongo, les lieutenants
Scheerlinck et Duchesne sont envoyés au Lomami avec
une troupe de quatre-vingt-huit soldats, pour entamer les
négociations avec le farouche et puissant chasseur d'esclaves:
ils doivent poser les préliminaires de la paix, établir un
poste chez le sultan et l'engager à être du voyage qui se
prépare au Katanga chez Msiri.
D'étranges rumeurs circulent. Une expédition de blancs
remonte, dit-on, le Lomami et a battu le chef Katambwé,
à trois jours en aval de Gandu, le chef-lieu de Gongo Lutete,
sur la rive gauche du Lomami.
Ignorant les événements de Riba-Riba, Bena Kemba
et Nyangwe, le commandant du Lualaba ne peut apprécier
à ce moment toute l'importance de l'offre de soumission de
Gongo. Comment peut-il savoir qu'en acceptant la paix, Gongo
trahit ses anciens chefs à la veille d'une invasion qu'ils ont
résolue ensemble, et dont il était l'avant-garde?
Le 20 août, Dhanis quitte Lusambo avec cent quarante
hommes. Il a comme adjoints le docteur Hinde, le lieutenant
de Heusch, les sergents Gerckel et Prégaldien, et s'avance
— 82 —
entre le Sankuru et le Lomami, pour se rendre chez Gongo
et maintenir ouverte la voie d'accès au Katang-a.
De Heusch, qu'accom[)ag"ne le sergent Gerckel, est chargé
d'aller fonder un poste provisoire dans le sud, chez le
grand chef Lupungu.
Le 24 août. Dhanis remot sa caravane en état au village de
Pania Mutombo et recrute ses porteurs.
En traversant le Sankuru, l'expédition marche pendant
cinq jours à travers une région déserte où il est très diffi-
cile (le ravitailler la caravane, et arrive au village de Mono-
Kialo, le f septembre.
Mono-Kialo est un chef de race balaba ; le grand chef
est Lupungu, à quatre jours de marche vers le sud.
Dhanis y est sollicité à la fois par Gongo et Lupungu,
avec force présents, de leur faire visite en premier lieu.
Gomme la générosité de Gongo est plus grande, le com-
mandant tourne vers le nord-est pour se rendre chez lui.
La marche jusqu'à Gandu, résidence de Gongo, sur le
Lomami, se déroule à travers une région dévastée par les
chasseurs d'esclaves à la solde de Ïippo-Tip. Dhanis y arrive
le 13 septembre. La joie des sujets de Gongo est très grande
et la générosité de ce dernier est extrême. Les pour-
parlers entamés avec le chef, au sujet de sa soumission,
durent du 13 au 23 septembre.
Le 18 septembre, Dhanis a avec Gongo une explication
sérieuse, parce qu'il est toujours accompagné et surveillé
par des agents arabes qui ne le quittent pas. Gongo vient
même la nuit au camp, en cachette. Le 19, le chef se rend
chez lui en plein jour et lui fait remettre en cadeau seize
pointes d'ivoire. Gongo déclare solennellement vouloir servir
l'Etat tidélement et ne plus vouloir payer tribut aux Ara-
bes. Il se proclame chef indigène et se dit décidé à s'aff'ran-
chir de Tippo-Tip. Il accepte d'exercer son autorité du
Lomami au Lubefu, sous la direction du chef de poste de
Gandu et il admet que Lupungu relèvera directement de
DC WOUTERS d'OpLIXTER.
Michaux.
De Hbusch.
Cassart.
Cliché* du Mouvement géographique.
— 83 —
l'Etat et ne devra plus lui payer tribut. MnOn, il prie
Dlianis d'annoncer sa soumission aux ^'•ens de SeCu.
Le t33 septembre, ayant appris ([ue S^fu avait pris eent
de ses hommes et ravag-é deux de ses villa/^c^s [)rès du
Lualaba, (ion«.^-o se dispose à marcher contre les Arabes
et déclare à Fundi, l'envoyé de Sel'u, qu'il est l'ami des
lùiropéens et que toute relation est rompue entre les Arabes
et lui.
Cette soumission ouvre un vaste territoire à l'influence
belgo-con^olaise, et assure à l'Ktat le concours d indi;L,'-ènes
qui n'ont été Jus(fue là que les instruments des Arabes.
Dh'inis apprend par son nouvel allié le massacre d'Hodister
et la capture d'entants blancs.
Pour assurer d'une manière définitive la soumission de
Gong'o, le protéger au besoin contre le ressentiment des
Arabes et avoir éventuellement une base d'opérations nou-
velle contre les tentatives que pourraient entreprendre Sef'u
et Muine-Mohara, le poste de Gandu, résidence de Gong"o,
esi renforcé. Le commandement en est confié au lieu-
tenant Duchesne, qui as)us ses ordres le sergent Prégal-
dien et quarante soldats réguliers.
Soumission de Lupungu.
La palabre avec Gongo étant terminée, Dhanis se remet en
route dans la direction du Katanga et, après six jours de
marche, arrive à Kabinda chez Lupungu, où de Heusch et
Cerckel travaillent depuis quinze jours à établir une station.
Le 4 octobre, il reçoit la soumission du grand chef des
Balubas. C'est là qu'il apprend que les Arabes s'avancent
vers le Lomami.
Le 6 octobre, un courrier de Gandu apporte la nouvelle
que Set'u exige que le poste du Lomami soit levé et tente
de s'emparer de Gongo, Le 7, Lupungu reçoit un messager
de Sefu. Gongo en a reçu un le 3 octobre. Tous deux font
— 81 —
répondre qu'ils relèvent directement de l'Etat et n'ont plus
rien de commun avec les Arabes.
En môme temps, on annonce à Dlianis que les Arabes se
fortifient dans l'Imbadi, à l'est du Lomami, sous le com-
mandement d'un indigène, Dibue, et de l'Arabe Mobamed-
ben Radjabou, et que les chefs de postes de Set'u cap-
turent des gens de Lupungu, de Kolomani, de Goïmuyasso
et surtout de Gongo. L'acte de Congo a soulevé la colère
de Sefu, et il a résolu de se venger de l'ancien esclave
de son père et des chefs indigènes qui l'ont suivi dans sa
défection. Sefu quitte les Falls à la tête de forces considé-
rables, et va occuper la rive droite du Lomami.
A ces nouvelles, Dhanis se décide à se rendre à Lusambo,
pour y chercher des munitions, de l'artillerie et des auxi-
liaires.
Pour suppléer à l'insufifisance des soldats réguliers, les
meilleurs porteurs manyanga et autres sont enrôlés comme
soldats et exercés sans retard. Une ligne de transport,
reliant Lusambo à Gandu, est créée. Gongo assure le ser-
vice jusqu'à Katambwe, Lusambo et le restant de la route.
Un poste est fondé chez Lupungu. Le lieutenant Scheer-
linck, ayant sous ses ordres trois Européens et cent soixante
soldats, en reçoit le commandement,
Un poste de surveillance est installé à Goïmuyasso, au
confluent du Lomami et du Lurimi.
Le poste de Lupungu reçoit l'ordre de faire des recon-
naissances vers le Lomami.
A Lusambo, Dhanis rassemble toutes les charges et muni-
tions disponibles, et informe le gouverneur général de la
situation, en lui demandant les renforts, de toute nature,
nécessaires pour mener à bien la campagne qui va s'entamer.
— 85 —
Exigences de Sefu.
Pendant ce temps, le lieutenant Scheerlinck a reru, le
•22 octobre, à Kolomnmi, où il se trouve dc^puis le 20 octobre,
avec le docteur Hinde et cent douze hommes, une lettre
(lu sergent De Hruyne, adjoint au résident de Kassonf^'-o,
annonçant (fu'il se trouvait en ce moment avec Soin, et
({ue cet Arabe se disposait à entamer la lutte avec dix mille
hommes armés à Imbari.
'' Hodister et ses compagnons avaient été odieusement
mutilés et massacrés. Emin Pacha était tombé sous le coup
des Arabes. Sefu voulait punir Gongo de son acte auda-
cieux et priait Scheerlinck de se rendre à Ikere, sur la
rive droite du Lomami, pour y avoir une entrevue avec lui.
« Le plan de Sefu était, après avoir tué les blancs,
de s'emparer de tout le pays jusqu'à Léopoldville. Le
seul moyen de salut était de lui livrer Gongo Lutete
ou de lui envoyer sa tête comme présent et ensuite de
quitter le pays, que Sefu prétendait être à lui. Au cas
où ces deux conditions ne seraient pas imm^édiatement
remplies, Sefu traverserait le Lomami et attaquerait les
blancs. C'est l'insurrection du Manyema, l'écrasement des
blancs et la perte irrémédiable d'une colonie prospère,
fondée au prix des plus grands sacrifices. »
Les prétentions ridicules et téméraires de Sefu sont
naturellement repoussées.
Les troupes de l'Etat se hâtent de marcher vers Goïmuyasso,
sur le Lomami, pour y arriver avant les Arabes et les
empêcher de passer le fleuve, en attendant les renforts
suffisants pour prendre l'offensive.
Le 3 novembre, de Wouters quitte Pania-Mutombo avec
le canon Krupp; Dhanis, lui-même, le suit dès le lendemain.
Les forces qui vont se trouver en présence sont les
suivantes: du côté des Arabes dix mille hommes, armés de
lances, flèches et six mille fusils; du côté des Européens: trois
— 80 —
cent cinquante soldats réguliers, armés de fusils perfection-
nés, un canon Krupp de montagne de 7.5 centimètres; et
comme auxiliaires: Gongo avec environ deux mille fusils à
piston; Lupungu-Kolomami, avec mille fusils à piston;
Pania-Mutomho avec quatre cents fusiJs à piston.
De plus, un grand nombre de chefs à Test du Lomami
ne veulent pas suivre Sefu dans son expédition et n'atten-
dent qu'une occasion pour se ranger sous le drapeau de
l'Etat.
A la lettre du 22 octobre du sergent De Rruyne, le
lieutenant Sclieerlinck répond qu'il n'a pas les pouvoirs
voulus pour traiter avec Sefu et pour dépasser le Lomami.
En môme temps, il transmet cette lettre à Dhanis et se
porte de Kolomami à Goïmuyasso, pour y attendre Sefu
et le conduire chez Lupungu en vue de s'y entendre avec
lui. Sefu doit se rendre au Lomami, accompagné seule-
ment de quarante fusils. En même temps, Scheerlinck
prévient et appelle de Heusch, qui accourt avec toutes
ses forces et munitions disponibles, tandis que Gerckel
demeure à Lupungu avec une très faible garnison.
La caravane de Scheerlinck est forcée de traverser
vingt-cinq rivières et ruisseaux, affluents du Lurimbi et
atteint Goïmuyasso, le 26 octobre 1892. Scheerlinck y installe
un camp, et organise tous les travaux en vue de barrer le
détilé. Le jour suivant, les espions rapportent que Sefu,
qui est à son camp d'Ikere, au nord-ouest de Dibue, a
ordonné à Gongo-Muchofa et à Nyan-Gongo, deux chefs
de la rive droite, à cinq ou six heures de marche vers le
nord, de tenir leurs pirogues prêtes pour passer ses soldats,
car, dans peu de jours, il a l'intention de traverser la rivière
dans leur voisinage. Dibue, quoique ne voulant pas prendre
part à la guerre, a été contraint par Sefu de joindre ses
forces aux siennes.
La même après-midi, une nièce de Goï, femme-chef de
l'amont du Lomami, apporte la nouvelle que Mahomedi
— 87 —
et Dibiie ossnionl de Irnverseï' l;i i"i\ièi"(' o\\ fiice de son
village, l'un à quatre heures en amont de Ooïmuyasso,
l'autre au passade redouté, mais (fu'olie a i'Of)oussé les
premiers canots. Sei'u et Muson^'-ela j)asseront à Gandu, dont
ils feront le siège. Le premier est le commandant en chef.
Hinde et Scheerlinck décident alors de se mettre en
marche, la nuit.
Le 2\) octobre, une seconde lettre de De Bruyne apprend
que les Arabes ont divisé leurs forces, dans l'intention
de traverser la rivière en trois points simultanément, afin
d'obliger leurs adversaires à se diviser eux-mêmes.
De Bruyne supplie ses compatriotes d'abandonner fidée
de combattre, toute résistance étant sans espoir; il leur
conseille de traverser la rivière et de tenir une palabre
amicale avec Sefu. Si Scheerlinck refuse, il devra battre
en retraite sur Lupungu.
Prévenus par leurs espions des intentions perfides de
Sefu, les blancs refusent de s'en remettre à la générosité
arabe.
Scheerlinck lui répond : « Si Sefu n'est point animé de
dessins hostiles, qu'il consente, en sa qualité de vali de l'Etat,
à châtier les assassins de Riba-Riba et de Nyangwe. S'il
manque à ce devoir, la vengeance des blancs ne se fera
pas attendre: Dhanis fondra sur lui avec des forces fan-
tastiques. Et si l'on attente à la liberté ou à la vie des
blancs de Kassongo, les troupes de l'Etat écraseront les
Arabes depuis le Lomami jusqu'au Tanganika. «
Cette fière et comminatoire réponse ne produit aucun
effet. La situation est grave, mais les indigènes, qui ont
des raisons de haïr les chasseurs d'esclaves, exultent à
l'idée de battre leurs bourreaux et d'exercer contre eux
les plus terribles représailles. On fusille les féticheurs qui,
sur l'ordre de Sefu, pénètrent dans le camp et tentent
d'enlever des pirogues à prix d'or. L'action est imminente.
— 88 —
Scheerlinck dispose de trois blancs et de cent trente fusils,
sans compter un millier d'indi^^ènes.
Le 2 novembre, des informations précises parviennent aux
chefs de l'Etat: Muchofa tient ses canots prêts pour le pas-
sage des forces de Sefu.
Hinde descend vers la rive du fleuve avec quarante hommes
dans le but de détruire, si possible, les canots et, dans le
cas contraire, pour essayer d'arrêter les forces arabes au
passage de la rivière. Hinde parvient à rallier à l'Etat le
chef Nyan-Gongo.
Tandis qu'il patrouille le long de la rivière en amont
et en aval, il apprend par ses espions que Sefu essaye de
la traverser dans les environs.
Le lieutenant Scheerlinck arrive au camp de Hinde, le
7 novembre, ayant laissé de Heusch au poste de Goïmuyasso.
Hinde est prévenu, le 9 novembre, par un billet de
de Heusch, que ce dernier sera probablement coupé de
lui à ce moment, un prisonnier l'ayant informé spontané-
ment que Sefu ferait une attaque dans la matinée du 11. —
Hinde lève le camp et arrive à Goïmuyasso. En prévision
de l'attaque du 11, quelques chevalets pour fusils sont
placés de manière à commander les principales routes
autour du camp.
Le 11, des lettres du commandant Dhanis parviennent à
Hinde; Dhanis espérait arriver le 14 avec dix mille alliés
indigènes environ et donnait l'ordre de ne pas passer la
rivière jusqu'à ce moment, sous aucun prétexte.
Un détachement, sous le commandement de de Heusch,
est envoyé en amont, où les Arabes essaient de s'emparer
d'un certain nombre de canots; l'ordre était de faire des-
cendre ces embarcations jusqu'au camp ou, au besoin, de
les détruire.
De Heusch traverse la rivière dans un vieux canot oublié,
mais il est forcé de battre en retraite sous une grêle de
balles.
— S<) —
C'est ici que s'intercale un trait d'hôroïsme, digne de
Rogulus, mais, hclas! bien inutile.
Le 11 novembre, à trois heures du soir, Scheerlinck reçoit
une lettre de De Bi'uyne, TinCormant qu'il esta trois heures
du Lomami avec deux à trois cents Arabes, et qu'il ira
à la rivière le lendemain, pour y signifier de vive voix
les ordres de Sefu.
« Sefu, écrit le malheureux De Bruyne, n'aura garde de
se déranger pour m'accompagner. « Moi, je reste étendu
V sur ma natte. D'ailleurs, moi, je suis le grand chef, et
?' ces blancs me prennent pour leur esclave! S'ils veulent
T me voir, ils n'ont qu'à venir ici. » Jamais, lieutenant
Scheerlinck, je n'ai vu un individu aussi stupide, aussi
abruti, aussi lâche, aussi menteur que cet ignoble assas-
sin de Sefu. Je suis traité ici en vil esclave, etc., «
L'entrevue émouvante de Scheerlinck et de De Bruyne a
lieu le 15 novembre, Scheerlinck a placé ses meilleurs tireurs
dans les roseaux bordant la rive et a pris toutes ses disposi-
tions pour sauver l'infortuné sergent; il a la certitude
que Lippens est mort, car celui-ci lui a écrit, le 6 octobre,
une lettre dont voici un passage significatif: " Depuis
quatorze mois, je suis mortellement malade. Après avoir
eu la dysenterie à Léopoldville et une rechute en route,
j'ai été, dès mon arrivée à Kassongo, atteint de la variole,
suivie d'une terrible maladie de poitrine; ensuite, nou-
velle dysenterie extrêmement violente, après cela une hépa-
tite suivie d'un abcès au foie; j'ai celui-ci hypertrophié:
j'ai de plus une maladie de cœur, de l'estomac et des
intestins, et une grave affection des reins ru
— " Mon pauvre ami, dit Scheerlinck à De Bruyne, Lippens
n'est plus en vie. Vous pouvez vous évader sans manquer
à l'honneur, ni au dévoûment que vous professez envers
votre chef. Vous ne le retrouverez plus «.
— •' Les Arabes, répond Do Bruyne, m'ont assuré qu'il
n'est pas mort 55.
— <)0 —
— « Mensong*e! reprend Scheerlinck. C'est pour vous enga-
ger à rester. Allons, décidez-vous. L'occasion est unique.
Mes hommes tiennent vos g-ardiens au bout de leurs
fusils. Pourquoi retourner chez vos bourreaux? Songez aux
supplices qu'ils ont fait endurer à Hodister, à Michiels... »
Scheerlinck et le docteur Hinde insistent, très pressants.
— " Je vous en supplie, dit-il enfin, d'une voix grave, ne me
tentez plus. Si Lippens est vraiment mort, je chercherai à
fuir: donnez-moi une boussole afin que je m'oriente. »
Ce désir ne peut être satisfait.
L'entrevue dure plus de deux heures. De Bruyne n'a pas
la force de crier adieu. Il fait un geste douloureux et
retourne se livrer aux soldats arabes, dont les yeux ardents
le convoitent comme une proie.
Scheerlinck et les siens le regardent disparaître, navrés,
et comprennent déjà tout ce que ce jeune homme a révélé
d'héroïsme.
De Bruyne tint sa parole de soldat et quelques jours plus
tard il était massacré, ainsi que son chef.
Le 19 novembre 1892, le lieutenant Michaux se rend à
Gandu avec quatre-vingts hommes, pour renforcer le lieu-
tenant Duchesne, qui était avec Gongo Lutete à N'Gongo;
le 20, Dhanis se trouve à Goïmuyasso avec Kolomami et
deux cents fusils. Le 21, arrivent de Wouters avec le canon
Krupp, le sergent Cerckel avec Lupungu et deux mille fusils.
Le 21 novembre, toutes les forces de l'Etat se trouvent
réunies sur la rive gauche du Lomami, entre Goïmuyasso
et Gandu, pour barrer la route aux Arabes, lorsque le 21,
vers minuit, Dhanis appr-end que les Arabes établis sur
la rive droite tentent le passage de la rivière, à dix heures
en avant de son camp. Ce sont Dibue et Mohamedi qui
tentent une fausse attaque. Dhanis expédie immédiatement
sur les lieux le sergent monrovien Albert Frees et le caporal
LiPPEXS.
Sergent De Bruyne.
POXTHIER.
TOBBACK.
Clichés du Mouvement géographique.
91 —
I»oii^;i, avec quarante hommes, ainsi (|ue les auxiliaires
(le Lu|)un»^u, Kolotnani (U Cloïmuyasso.
Pendant ce temps, la même nouvelle arrive à Gandu, et
Gon^i^o avec tous ses hommes marche toute la nuit du
LU au -22 novemhre, pour alleindre Chi^-e, point de pas-
sa ;,''e des Arabes.
Dhanis fait appel au courage, au devoùment et à res[)i'it
de race de tous pour passer le Lomami.
Combat de Chige, 22 novembre 1892.
Le 22, à la première heure, le lieutenant Michaux quitte
Gandu avec Duchesne, Prég-aldien et son détachement,
comprenant cent fusils rayés. Il atteint Chige à six heures et
demie du soir. A son arrivée, il trouve Gong-o et Albert
Frees aux prises avec l'ennemi. La nuit interrompt l'action
et chacun conserve sa position.
Le 23, au matin, Gongo fait prévenir le lieutenant
Michaux que ses fusils sont mouillés et qu'il ne peut
attaquer avant qu'il y ait du soleil; le lieutenant com-
prend qu'il doit en être de même du côté des Arabes
et se décide à attaquer seul et de suite, pour profiter de
cet avantage momentané. Frees, lancé en avant, emporte
un premier boma; Michaux et Frees prennent le second,
puis les troupes de l'Etat poursuivent jusqu'au Lomami les
Arabes en fuite. Affolés, ceux-ci se jettent dans la rivière,
qui à cet endroit a environ cent mètres de large et un
courant de quatre milles à l'heure. Des centaines d'ennemis
se noient ou sont tués par les auxiliaires chargés de la
poursuite.
Les pertes des Arabes au combat de Ghige sont considéra-
bles : près de quinze cents fusils à capsules et trente fusils à
répétition pris ou perdus dans le Lomami ; cinq cents à
mille hommes tués sur le champ de bataille, et, en plus,
deux à trois mille tués ou no^^és dans le Lomami; mille
- 02 —
prisonniers; presque tous les chefs morts ou fortement bles-
sés; trois drapeaux enlevés; enfin, la plus g^rande partie
de la poudre et des capsules des Arabes perdues dans le
Lomami. Trois chefs sont faits prisonniers. L'un d'eux, appelé
Sadi, ancien soldat de Stanley, avait les bras brisés, la
cuisse et le crâne lacérés par les balles; malgré cela, il
languit pendant trois semaines.
De plus, Sefu a le bras traversé par un coup de feu;
mais, il a passé la rivière avant le commencement de la
bataille et il échappe ainsi; Muine Mohara, son allié, qui
s'apprêtait à franchir le Lomami, s'est sauvé avec toutes
ses troupes, et tout le pays à l'est du Lomami veut se
détacher des Arabes pour se ranger sous les drapeaux
de l'Etat.
Le sergent Albert Frees et le caporal Benga étaient
arrivés les premiers aux palissades du fort, Frees avait
même été blessé de trois balles. Benga, véritable athlète, par-
vint, en courant de toute sa vitesse et en se lançant contre
la palissade, à déchausser deux ou trois pieux, ce qui
fit une brèche à travers laquelle lui et Frees, promptement
suivis par leurs hommes, réussirent à pénétrer.
Quant à Dhanis, le lendemain du départ de Frees et
Benga, il avait reçu la nouvelle, par un homme portant
un fusil arabe, que les ennemis étaient en force, et que
malgré un combat sérieux, la position n'avait pas été empor-
tée. Il était parti immédiatement pour le champ d'action
avec Hinde, Scheerlinck et un détachement de ses meil-
leurs hommes. Il avait marché la moitié de la nuit; mais,
arrivé dans une forêt très dense, où il était dange-
reux de se mouvoir, il avait couché sur le sentier même
et attendait l'aurore. Le lendemain matin, il netait en
route que depuis trois heures, quand il rencontra un
certain nombre d'indigènes qui lui étaient envoyés avec
une lettre de Michaux. Ils étaient armés de Winchester
— 93 —
à répétition et escortaient d(is prisonniers; preuve d'une
victoire sur les Ara))es.
Les troupes de l'Etat passent le Lomami.
Le traité conclu par Stanley à Zanzibar fixait le Lomami
comme limite extrême du territoire arabe. Les Arabes ayant
dépassé celte frontière et attaqué les blancs, sous les ordres
de Sefu. Dlianis fait franchir la rivière à ses troupes, en
deux colonnes. Michaux avec Gongo, passe le Lomami à
Gandu et se dirige vers Dibue. Le même jour, 26 novembre,
Scheerlinck et le docteur Hinde, à la tête de l'avant-garde,
traversent également la rivière et s'emparent, le 28 novem-
l)re, après une faible résistance, du village fortifié de
Chile Kasongo.
Ghilea déclaré qu'il résistera jusqu'à ce qu'on ait incendié
son village: il obtient satisfaction. Mais pour rentrer au
camp du Lomami, il faut faire un détour à cause de la
cluileur des chimbecks en combustion. Une courte escar-
mouche s'engage avec les Arabes de Kitenge.
Pendant ce temps, la colonne principale franchit elle-
même le Lomami, et le passage est terminé le 28.
L'objectif de Dhanis est Kitenge. La colonne a pour
auxiliaires Lupungu, Kolomani et Goïmuyasso. Les forces
de lEtat comprennent: cinq mille hommes de troupes tri-
butaires arabes, armés de fusils; quinze mille hommes armés
de lances et de flèches, accompagnés de leurs femmes et de
leurs enfants, et trois cents soldats haoussas, zanzibarites,
monroviens, manyangas.
Le 29, la colonne principale se met en marche contre
Piani Kolomani. En route, Dhanis accepte les propositions
de paix de Dibue. A Kitenge, ce dernier se présente et fait
sa soumission.
Du 30 novembre au 2 décembre, Dhanis séjourne à Kitenge
et y reçoit les propositions de paix de Bwana Kasongo
— <)1
et de Kabamba, cbefs des Bena Kelembwe et des Bena N'Guo.
Le 2 décembre, Michaux arrive chez Dibue et y trouve
Je pays abandonné. Dibue s'est réfugié à l'est de Kabanaba.
Michaux reçoit l'ordre de se diriger avec Gongo sur
Lussuna.
Un poste de surveillance est fondé chez Piani Kolomani,
et le 3 décembre, la colonne peut partir pour Kabamba,
où elle arrive le 1.
Le 11 décembre, Dhanis atteint Lussuna et y établit son
quartier général. Le chef Lussuna s'était enfui avant l'attaque,
abandonnant quatorze bœufs qui sont dirigés sur Gandu.
Michaux a amené Gongo à Lussuna avec cinq à dix
mille auxiliaires et, comme Dhanis est accompagné par
Lupungu, Kolomani et Goïmuyasso, le camp, à ce moment,
compte environ vingt-cinq mille indigènes, quatre cents
soldats réguliers et six officiers blancs.
Une reconnaissance, commandée par le lieutenant Scheer-
linck, avec soixante soldats réguliers et les forces de
Lupungu et de Kolomani, — environ deux mille fusils et
quelques milliers de lances — , quitte la colonne, le 10, et se
dirige à l'est de la route Kabamba-Lussuna, pour couper
la retraite aux gens du Malela, qui se sont enfuis à l'arrivée
de la colonne Michaux et Gongo. Cette reconnaissance,
après plusieurs heures de marche, attaque la droite et la
gauche d'une longue file de villages, qui sont emportés à
la première décharge. Elle fait trois cents prisonniers,
capture une centaine de bêtes: chèvres, moutons et porcs,
et rejoint la colonne à Lussuna.
Les gens de ce pays ne veulent pas encore se soumettre,
par crainte des représailles arabes. Dans ces circonstan-
ces, de petites expéditions sont envoyées, chaque jour,
dans toutes les directions, et reviennent avec de nombreux
prisonniers. Le 20 décembre, Dhanis apprend que des
bandes arabes, qui ont pris des hommes de Gongo, campent
à deux heures de Lussuna. Dix espions sont envoyés en recon-
— \):>
nnissnnce. Le 21, Dlianis est infoi'iiK' quo, los Arabes so
sont retirés de ^Tand matin. Le 2:',, la nouxclle se répand
que Muine Moliara, décidé par Sefu, passe le Lualaba avec
toutes ses forces pour attaquer le camp con^^-olais, et que
les deux blancs de Kassongo, Lippens et De Hruyne, ont
été tués par les Arabes. Setu a même tué de sa main un
nommé Mabrouki, qui voulait les protég^er.
Le 26 décembre, Lupungu, Koiomani et leurs gens malades
et dépaysés quittent la colonne. Dhanis les voit partir sans
regret.
Le 27, Gerckel, venant de Goïmuyasso, rejoint la colonne
avec sa caravane. Il est accompagné de Dibue, qui vient
faire sa soumission. Un poste est installé chez lui. Francqui
est arrivé prés de Lupungu; Delcommune, venant du Tan-
ganika, atteint Gandu le 19 décembre, et repart le 24
pour Lusambo.
De même que l'attaque de Sefu a forcé le commissaire
du Lualaba à franchir le Lomami et à s'établir dans le
pays des Bakussus, au mépris des ordres formels du gou-
vernement, Dhanis est poussé insensiblement dans sa marche
heureuse vers les portes de Nyangwe. capitale du Manyema.
L'inspecteur dEtat Fivé, qui dirige les opérations mili-
taires contre les Arabes, est informé par lettre du faisant
fonctions de gouverneur général, en date du 3 décembre 1892,
qu'il lui est laissé le soin de décider s'il y a lieu de se
rendre lui-même à Lusambo.
Le lendemain delà réception de ce message (28 décembre),
Fivé, accompagné du commissaire de district Gillain, se
dirige vers cette ville, emportant avec lui toutes les muni-
tions et emmenant tous les soldats qui ont pu être recrutés
à Léopoldville.
Pendant ce temps là, Mohara mobilise toutes ses troupes;
il lance un appel pressant à tous les chefs arabes, leur
demande des hommes, des armes et des munitions et les
engage à s'allier à lui pour lutter contre l'Etat.
— 96
Il y a, en ce moment, à Lussuna, six agents européens,
quatre cents soldats réguliers et vingt-cinq mille indigènes.
La colonne étant renforcée et le canon arrivé, Dhanis
quitte le village le 29 décembre et gagne Pania Guruwe
le même jour.
Bataille du Dungu, 30 décembre 1892.
Le lendemain il se remet en route et à une heure de Taprès-
midi, se trouve à une distance d'une heure et demie de
marche du camp de Munie Pembe, fils de Muine Mohara, qui
est installé à Dungu. Trop confiant dans ses propres forces.
Gongo, avec mille fusils, précédant la colonne, attaque
seul l'ennemi, mais doit battre en retraite devant des forces
supérieures. Cent de ses hommes tombent le crâne fracassé,
sept amazones sont prises et abattues sur place. C'est à
ses femmes que Gongo doit d'échapper à la mort. Le meilleur
de ses capitaines, Mundallah, se sacrifie aussi pour proté-
ger son chef dans sa fuite.
Dhanis se porte au secours de Gongo et attaque les Arabes
de front, tandis que Michaux envahit le flanc droit de
l'ennemi.
Les fusils rayés et le canon répandent la terreur parmi
les Arabes et transforment la défaite de Gongo en une
brillante victoire.
Les Arabes mis en déroute sont forcés de repasser le
Lualaba dans le plus grand désordre, pour se retirer à
Nyangwe.
Vingt minutes plus tard arrive Scheerlinck; il s'avance
pour rejoindre le commandant Dhanis et est suivi bientôt
du capitaine de Wouters avec le canon. Le combat en
retraite dure une heure. La colonne pénètre alors dans
le camp de Msembe, autour du village de Kasongo-Lua-
kila, où elle s'empare de vingt barils de poudre et de
nombreux objets ayant appartenu à l'expédition Hodister.
<I7 —
Les Arahos (jui, à ce comhul, disjjosaicnt d'un millier
(le (usils, p(M'(lent plus de deux cents hommes, tués pendant le
combat ou laits prisonniers. De plus, leur retraite est ((vile-
ment précipit(3e que beaucoup de leurs ^ens meurent en
route. Ils tuent des femmes pour ne [)as les laisser tom-
ber au pouvoir des l)lancs et coupent mtvme les mains
de i)lusieurs d'entre elles, pour leur enlever leurs bracelets.
L'Etat a quatre-vingt-deux tués et blessés.
Munie Pembe et ses hommes se sauvent jusqu'à Nyangwe.
La colonne arrive à Mohadi, le 1 janvier; elle francliit
cette rivière le 2 et campe à (ioïo Kapopa, le même jour,
à environ trois cents mètres au-dessus de la plaine environ-
nante. Goïo Kapopa est situé dans l'angle formé entre le
Monadi et le Lut'ubu, deux grandes rivières impraticables
sur lesquelles Dhanis lait jeter des ponts pour prendre
SeCii à revers. La colonne s'y arrête plusieurs jours
pour y attendre des renforts.
Elle reçoit dix-huit hommes venant de Goïmuyasso et
apprend que Munie Mohara est dans la Samba.
Défense de Cassart, 8 janvier 1893.
Bien que son terme de service fût expiré, Cassart, ancien
adjoint de l'expédition Delcommune. se disposait à rejoindre
Dhanis à Goïo Kapopa pour lui apporter le secours de vingt-
six soldats, d'une cinquantaine d'indigènes sujets de Gongo,
porteurs de fusils et de cartouches provenant des expé-
ditions Delcommune et Francqui. Cassart, venant de Gandu,
quitte Lussuna le 8 janvier de grand matin. A quatre
heures de l'après-midi, ses hommes étant fatigués, il s'arrête
pour camper au bord d'une vallée.
Le 9 janvier 1893, vers cinq heures trois quarts, il s'ap-
prête à quitter Kasongo-Luakila à quatre lieues du camp,
lorsqu'il y est soudainement attaqué par les forces de
Munie Mohara et de Munie Pembe, qui se proposent de
98
contourner la position de Dlianis el de le prendre à
revers, tandis que d'autres troupes arabes, sous la con-
duite de Sef'u et de Mohamedi, se ran'^'-enL sur l'autre
rive du Kipan^ifo. Munie Pembe, qui a reçu des renforts,
doit attaquer le flanc gauche; Sefu, ([ui s'est installé
à Test, doit accourir et enfermer les troupes de l'Etat,
dans l'angle formé par le Mohadi et le Lufubu. Après
une série de combats qui commencent dans la plus pro-
fonde obscurité et qui durent plus de cinq heures, Cassarl
parvient à défendre son convoi de munitions contre cinq
mille Arabes et à mettre l'ennemi en fuite.
Le 9 janvier, dans la matinée, Dhanis, qui surveille le
camp de Sefu, apprend le danger que court en ce mo-
ment Gassart; il envoie en toute hâte, à son secours,
une colonne composée de cent soldats sous les ordres de
de Wouters, accompagné de Michaux. Elte prend une
route trop au sud et s'égare. Dhanis expédie alors vers
le lieu du combat le lieutenant Scheerlinck avec cinquante
hommes et une centaine de guerriers de Gong-o.
A deux heures, Gassart arrive à Goïo Kapopa sans avoir
perdu une seule charge, et le détachement rentre à six
heures du soir. ^
Gassart apporte cinq mille cartouches et quarante chas-
sepols qu'il a enlevés des caisses où ils se trouvaient, afin
d'armer ses porteurs indigènes.
Après avoir marché plus d'une heure sans avoir pu
rejoindre Gassart, le détachement de de Wouters rentrait au
camp, lorsqu'il rencontra le lieutenant Scheerlinck, qui lui
apprit l'attaque de Gassart par les forces de Muine Mohara.
Le détachement, fort alors de cent soixante-dix hommes, con-
tinue sa marche et, à une lieue au delà de Mohadi, aperçoit
à deux mille mètres, dans la direction sud-sud-ouest, le
camp de Muine Mohara, établi à l'extrémité d'un plateau,
le flanc gauche et le front couverts par les marais. Seul
le flanc droit qui a devant lui un vaste plateau, est accessible.
— '.n> -
Pour attaquer ce liane, la colonne doit exécuter à (Jix-
liuit cents mètres du carnj) une înarclie> de liane à décou-
vert, ce (|ui permet aux Arabes dci se poi'ter en masse
au |)oint menacé.
Attaque du camp arabe, 10 janvier 1893.
L'attaque se fait en trois colonnes. Le lieutenant Michaux
commande celle de droite, le lieutenant Schecrlinck celle
de gauche et le lieutenant de Wouters, le centre. Les
colonnes d'attaque s'avancent jusqu'à vingt mètres des
Arabes sans tirer, puis ouvrent un feu violent et s'élan-
cent à la charge. Les premier et deuxième pelotons atta-
quent alors de iront, landis que le troisième prend d entilade
l'unique rue du village.
Les Arabes battent en retraite au premier choc, et,
cent mètres plus loin, se débandent. La poursuite, d'abord
faite par des soldats réguliers, est ensuite confiée aux
gens de Gongo. Muine Mohara dirigeait le combat en
première ligne. Suivant son habitude il avait pour toute
arme un long bâton, qui est criblé de balles. Blessé d'un
coup de feu à la jambe, le matin, dans le combat contre
Gassart, il est porté par ses femmes. Il se fait tuer [)ar
de Wouters plutôt que de fuir. Sa mort est le signal de
la déroute. On apporte sa tète à Dhanis, vers huit heures
du soir.
La colonne trouve dans le camp arabe de nombreuses
charges, quatre barils de poudre, quatre mille capsules et
de nombreux objets provenant de l'expédition Hodister.
De Wouters allait se mettre à la poursuite des Arabes,
lorsqu'il apprend que Sefu compte attaquer le lendemain
le camp de Goïo Kapopa; il se hâte de rejoindre Dhanis
le même jour.
Les forces de Munie Mohara, contre lesquelles ont lutté
les troupes de l'Etat, comptaient deux mille hommes.
— 100 —
Grâce à ces victoires, Dlmnis n'a plus devant lui. Je
10 janvier 1893, (|ue Sel'u qui a pris possession, à trois
ou quatre lieues de distance, de la rivière Kipango.
Fuite de Sefu.
Le 11 janvier, Dlianis fait construire des i)onts sur le
Lut'ubu, avec l'intention d'attaquer Sefu le 12. Un déta-
chement comprenant un officier et soixante hommes est
charge de protéger les travailleurs.
Malheureusement le détachement s'avance jusqu'au Ki-
pango en face du camp de Sefu et entre en lutte avec
Mohamedi, lieutenant de Sefu, qui veut s'op[)oser au passage
de la rivière. Au premier coup de feu Sefu s'enfuit et la
reconnaissance se retire ai)rés avoir tué cinq hommes,
le Kipango n'étant pas franchissable à gué.
Le 12 janvier, les troupes de l'Etat passent sur des ponts
le Lufuhu et le Kipango; elles trouvent le camp de Sefu
vide, tandis qu'elles espéraient prendre les Arabes à revers
et les jeter dans le Lufubu. Des routes larges de dix mètres,
improvisées dans les hautes herbes, prouvent la» précipi-
tation de la fuite. Le matin même de ce jour, apprenant
la mort de iMunie Mohara et la fuite de Sefu, Mohamedi
est parti avec tout son monde.
Luttes aux approches de Nyangwe et prise de cette ville : 4 mars 1893.
La route de Nyangwe est libre et les troupes arrivent
devant cette ville le 21 janvier, à deux heures de l'après-
midi. Au passage de l'expédition, les trois grands chefs
du Samba offrent leur soumission.
Cette contrée est fort riche en sel, extrait de marais
situés près du Lufubu, et qui sert de monnaie d'échange.
Il y existe aussi des sources thermales d'une température
de 50" environ.
Les troupes de l'Etat s'installent en face de Nyangwe,
— 101 —
à trois kilomètros do la l'ivc^. ^{uiclie. du Lualal)a qui, à
cet ondi'oil, a neuf conls uièlrc^.s (1(^ lar^cnir. La vilh; s'rU'nd
sur plusieurs kilomètres de lou^ucur.
Les Arabes y soûl, (Muhusqués daus des Lrancliées cous-
truites le lon^- de la rive droite et armés d'uu ('crlaiu
nombre de fusils perfectionnés, dont les balles sifflent
bientôt aux oreilles des nouveaux venus. Malheureusement,
les trou|)es de l'Etat ne disposent |)as d'embarcations et
doivent se borner à faire le coup de feu d'une rive à
l'autre et à bombarder la ville de temps en temps.
A ])artir du 25 janvier, les i)elotons de MM. de Wouters
d"Oplinter, Michaux, Scheerlinck et du docteur Hinde, se
relaient pour la garde de la rive et le combat journalier
avec les tirailleurs arabes.
Le 28, treize obus tirés sur Nyangwe y provoquent une
panique indescriptible. Le lendemain, Dhanis envoie une
caravane chercher à N'Gondu, le canot démontable laissé
là par M. Francqui. Une caravane est expédiée, en môme
temps, pour prendre à Lusambo la grande baleinière et une
baleinière plus petite, si la première ne peut être démontée.
Ordre est donné d'envoyer les charpentiers et les forgerons.
Le 14 novembre, une réquisition avait été envoyée au
commissaire de district du Lualaba, pour signaler la situation
et réquisitionner un détachement de cinquante hommes
armés et commandés par un blanc.
En sus des mesures prises pour le passage du Lualaba
et l'attaque éventuelle de Nyangwe, les ouvriers de Gongo
Lutete commencent à faire des pirogues.
Tous les jours de nouveaux chefs viennent se soumettre,
et le 2 février, Gongo Lutete est envoyé en reconnais-
sance vers le nord-ouest pour détacher les chefs de l'alliance
arabe.
Le 5, Scheerlinck fait une reconnaissance vers l'amont.
Le 7, le camp est attaqué timidement par les Arabes, sur la
rive gauche. Le 18, la caravane envoyée pour prendre
— 102 —
\<\ Ijaleiiiière, rciilro sans elle, car celle-ci a sombré clans
le Kipango, où des sondages sont exécutés.
Les soumissions des chel's indigènes deviennent de ])lus
en plus nombreuses. Le 24 et le 25, les Bena-Lesaschi
annoncent que les Arabes réunis en grand nombre sur la
rive gauche attaqueront le camp dans la nuit du 25 au
20. Le 25 février, Saïd-ben-Abedi et Piani Senga passent
en amont du camp congolais avec trois mille hommes;
Mohamedi, Bwana Lozi et Muini Mrou traversent en aval
avec environ quatre mille hommes choisis; ils mettent
deux villages en état de défense et construisent deux
bomas. Toutes les dispositions de combat sont prises, mais
la nuit se passe tranquillement. On travaille d'arrache-
pied à la construction d'une grande pirogue; une baleinière
est promise de Lusambo. Ces moj^ens de transport ser-
viront aux plus intrépides à s'emparer des embarcations
amarrées de l'autre côté.
Le 26, à huit heures du matin, et bien que Gongo ne
soit pas encore rentré de sa reconnaissance, Dhanis se
décide à prendre lui-même l'offensive et à attaquer les posi-
tions ennemies situées vers l'avaL II confie la garde du
camp à Scheerlinck et Gassart avec cent dix hommes.
L'avant-garde, forte de soixante-dix hommes est donnée
à de Wouters et Hinde. Ensuite vient Cerckel avec un
canoa Krupp, puis Michaux accompagné de soixante hom-
mes Dhanis part lui-même, avant neuf heures, avec soixante-
quinze soldats et deux cents auxiliaires de Gongo armés
de fusils.
Tandis que Dhanis s'engage sur la route de droite qui
conduit directement aux bomas arabes, de Wouters suit
celle de gauche, afin de prendre les forces ennemies à
revers. Peu^après son départ, Dhanis rencontre l'aile gauche
ennemie qui longe le Lualaba, dans le but de surprendre
le_^.camp; il attaque et refoule les Arabes. Le combat en
retraite continue, les ennemis se battent courageusement et
— 103 —
(lispntont ('hiKpK» nhri |)ro|)r(' i\ l:i drlVuise. A un moiiienl
ilomu' 1(^ conibal. r(Ml()ul)lo de violence.
\j'A colonne de Woulers, envelo[)i)ée p(Hi iipivs le com-
mencemenl du conibal, se dé^a^j^e vivement et rejKJUsse
l'ennemi perpendiculairement au lleuve, tandis que la colonne
Dlianis longe le lleuve.
Les Arabes s'enfuient le long de la rive, tandis que les
deux colonnes congolaises commencent à tirer l'une contre
l'autre, l'herbe étant très haute et aucune des deux colonnes
n'étant très nombreuse.
Heureusement il n'y a (pi'un seul homme tué et trois
ou quatre blessés dans cette malencontreuse méprise. Dès
que les hommes sont rassemblés, ils sont lancés à la pour-
suite des ennemis en retraite et arrivent à leur fort avancé
auquel, après quelques minutes d'un vif eng-agement, ils
donnent l'assaut.
Les Arabes, n'aj^ant pas eu le temps de s'organiser après
leur défaite en terrain découvert, semblent incapables de
se rallier et leurs autres forts tombent rapidement. Gomme
ils commencent à se reformer dans la plaine, entre les
bomas et le Lualaba, Dhanis s'avance de nouveau contre
eux et les force à se retirer sur la berge de la rivière.
A environ une heure et demie de marche des forêts, le
Lufubu se jette dans le Lualaba; il a, à cet endroit, environ
cent mètres de large et il est très profond. L'ennemi se ras-
semble dans l'angle formé par le confluent des deux rivières.
A l'approche des blancs, une panique se produit dans les
lignes arabes reformées, et comme Sefu et Nserera tra-
^■ersent le Lufubu, remplissant les canots de leur état-
major, les soldats essaient de passer la rivière à la luige,
par centaines à la fois; un grand nombre d'entre eux
se noient. Bwana Lozi, frère de Nserera, l'assassin d'Hodis-
ter, et Kabwari, le chef des assassins de Lippens, revêtu
des dépouilles de sa victime, ainsi que quatre cents Ara-
— 101 —
bes, sont tiiés. Huit cents se noient dans les marais, dans
le Lufal)u et 1(^, Lualaba.
Le lendemain, à la nouvelle du désastre, les troupes
ennemies campées en amont, qui devaient attaquer de con-
cert avec ceux d'aval, prennent la fuite dans le plus grand
désordre et repassent le Lualaba.
Gongo renti-e le T'' mars avec de nombreux prisonniers.
Le lendemain, les Wagenias, péclieurs riverains, qui ai)rès
le combat du 20 février, sont venus ofï'rir leurs services
pour le passage du Lualaba, annoncent qu'ils amèneront
des pirogues à quelques kilomètres en aval du camp; ils
demandent une force armée pour protéger le rassemble-
ment et les escorter jusqu'en face de Nj^angwe.
Le lieutenant Scheerlinck, accompagné de M. Cerckel,
part avec son détachement, le 2 mars, et arrive le lende-
main près de l'embouchure du Lufubu. Il s'y établit. Sur
l'autre rive, à neuf cents mètres de distance, comme il a été
dit, se trouve un camp arabe d'environ deux mille hommes.
A deux heures, l'ennemi ouvre le feu sur les pirogues
qui veulent pénétrer dans le Lufubu. Les troupes de l'Etat
y répondent avec succès et la fusillade cesse bientôt.
Le 4 mars, à trois heures du matin, le lieutenant Scheer-
linck apprend par les Wagenias, qui ont pris quatre grandes
pirogues, que les Arabes ont abandonné leur camp en face
du Lufubu, qu'ils se sont repliés sur Nyangwe, et que,
de plus, ils vont abandonner la ville.
A six heures, les pirogues, montées par une partie des
soldats de l'Etat, se dirigent vers le camp, escortées par
le restant du détachement Scheerlinck qui suit la rive
gauche du Lualaba.
A midi, cent d'entre elles sont arrivées, sans que leur
voyage ait été sérieusement inquiété. Les canots partent char-
gés de soldats, chaque officier blanc ayant sous ses ordres
trente à quarante hommes.
Dhanis reçoit à ce moment un courrier de M. l'Inspecteur
— lor. —
tl'Klnl, (jui ^(Ml:^il <r;in'i\(M' ;i Lusiiiiiho ; M. Imv(', y disiiil.
que i)(Mi(l;nil son s(''i()iir (hins le liniil, (loii^^o, il ;i\;iil :iiissi
été d'iiNis ([ifil fnllail (l('lo<;'cr I(3S Ai';iIk'.s du Loiiiiiiui ()L
dii I.u;d;d);i. Avanl de v(Miii' ;i Lusnmho, il :i doiin*' Por-
(\i'c i\ (llialliu d(' s^Muparor de Bena Kainha cl de s'y
(Mal)lii'; d(^ plus, il a doublé reffoctil" dos Falls. Prrs d(î
Lusandx), l'inspocleur d'Etat a appris le succès de l'cxjx^
dition et il a envoyé à CJialtin l'ordre de prendre contact
avec l'expédition du sud et, de concert avec elle, de
l(M)dr(^ à la prise de Nyangv^^e.
Dlianis l'eçoit ce message en môme temi)s ([ue le faisant-
fonctions de gouverneur général lui intime l'ordre de se
maintenir sur la défensive sur la rive gauche du [.omaini.
Il ne peut, évidemment, tenir compte d'aucun de ces ordi'os.
Sans attendre les renforts promis de l'ouest et du nord,
il doit attaquer Nyangwe, car il a pris toutes les dispo-
sitions nécessaires.
Mais l'événement rend celles-ci inutiles, car la vilh^
paraît évacuée. Vers deux heures, Dhanis fait embarquer
de Wouters et Michaux avec leurs hommes et des irré-
guliers. Deux heures plus tard, la plus grande partie
de la ville de Nyangwe est occupée, après un siège de
six semaines, et le drapeau de l'Etat flotte sur la grand'place
de la capitale arabe. A dix heures du soir, les troupes de
l'Etat se cantonnent dans la partie haute.
Mais la position des troupes est peu enviable, puisqu'elles
possèdent à peine un pied-â-terre sur la rive ennemie du
Lualaba, avec une énorme rivière à l'arrière et sans aucun
moyen de recevoir des renforts ou des munitions. Dlianis
établit son quartier général dans la maison de Munie Mohara.
Après la prise de Nyangwe, un séjour de quelque durée
dans cette ville s'imposait, pour reposer les troupes fati-
guées par une campagne qui durait depuis près d'une année,
et attendre les renforts en hommes et en munitions, dont
lOG
on avait si grand besoin pour mettre la place en état de
défense et à l'abri d'un retour offensif des Araljes; enfin,
pour achever la soumission de contrées conquises et en
organiser le gouvernement.
Le surlendemain de l'occupation de Nyangwe, Munie
Pembe, fîlsde Mohara, demande la paix d'une singulière
façon. « Nous avons tué trois blancs, vous avez tué trois
grands Arabes: l'un est quitte envers l'autre ». Munie
Pembe ne se trouvant qu'à sept heures de marche de la
ville, Dhanis lui fait donner la chasse par Albert Frees,
Gongo et ses gens, et cent cinquante soldats.
Le 7, Scheerlinck, sur la rive, voit arriver une pirogue
portant le drapeau de l'Etat. Un nègre en sort, qui aborde
Scheerlinck et lui parle français! C'est « Apache r^, le boy
de Lippens, qui demande la paix au nom de Sefu et offre
de remettre l'ivoire et les effets des blancs. Dhanis offre
à Apache le choix de rester à Nyangwe ou de retourner
à Kassongo réclamer le désarmement des Arabes. Apache
part et revient quelques jours plus tard, porteur de l'ivoire
et des effets des infortunés Belges. Leurs gens le suivent.
Tous les jours, on fait des reconnaissances autour de
Nyangwe et on ramène des prisonniers. L'expédition Frees
réussit à surprendre le camp arabe, découvre et sauve
deux enfants d'Hodister, Ferdinand et Joseph, et ramène
le harem de Munie Pembe et de grandes quantités de
poudre, d'armes et d'autre butin. Les indigènes se sou-
mettent sans difficulté. Il y a encore quelques engagements
mortels avec les Arabes.
Le 0, on déjoue le complot ourdi pour renouveler, à
Nyangwe, les exploits de Rotopschine à Moscou; des cen-
taines de maisons sont brûlées pour éviter une seconde
tentative de trahison. Saïd-ben-Abedi en est l'inspirateur.
La vengeance des Belges est aussi prompte qu'implacable.
Un grand nombre de ces brigands sont exi)édiés vers la
côte, via les Falls.
— 107 —
Les fiôvros sévissonl à ()ulrnnc(\ l'ii iii-niid iionibro de
soldais lonihent malades et ineiirenl.
Prise de Kasoiigo, 22 avril 1893.
Après la cliule d(^ Nyan<;'\ve, Loiiles les l'orces arabes du
Nvangwe, du Malela, du Sandja, de Kahambarc, etc., se
concentrent à Kasong'O et mettent, la ville en état de
défense; Rumaliza, l'adversaire du capitaine Jacques, se
prépare également à y arriver. Il faut donc à tout i)rix se
rendre maître au plus tôt de ce point important.
L'opération est malheureusement retardée par suite de
l'approche des Arabes placés sous les ordres de Faki, fils
de Munie Mohara qui, quittant son camp du Lomami, vient
établir une position fortifiée sur le Lueki, affluent de gauche
du Lualaba, à trois journées de marche au nord-ouest de
Nyangwe.
Dans ces conditions, Nyangwe doit être protégée par
une garnison importante. Dhanis décide donc d'attendre
les renforts annoncés, et qu'amène le commandant Gillain.
Ils comprennent deux blancs et cent soldats de Luluabourg
et trente soldats rengagés.
Gillain arrive d'abord avec trente soldats. Doorme et
Collet suivent avec cent hommes.
Michaux et Gassart partent pour l'Europe le 16 avril.
La population de Kasongo, estimée en temps ordinaire
à vingt mille personnes, est plus que triplée par les forces
de Sefu, de ses auxiliaires du Samba et du Malela, par
celles de Bwana Nzige, Saïd-ben-Abidi, Nserera, Musungila,
etc. Soixante-dix mille hommes sont réunis à Kasongo,
dont dix à douze mille armés de cinquante fusils perfec-
tionnés, de six mille fusils à piston, le restant muni de
lances, d'arcs et de flèches. Ils sont abondamment pour-
vus de poudre et de capsules.
Les forces de l'Etat se composent de trois cents soldats
— lOS —
réguliers (deux cent vingt all)inis) et auxiliaires, gens de
Gongoet indigènes soumis du Samba et du Malela, placés sous
les ordres du soldat zanzibarite Ferliani. L'expédition quitte
Nyangwe en destination de Kasongo, le 18 avril 1898.
Les adjoints de Dlianis sont le commandant Gillain, les
lieutenants Scheerlinck et Doorme, le docteur Hinde et le
sergent CerckeL Gillain et Doorme et leurs hommes for-
ment l'avant-garde et sont chargés de protéger le passage
de la Kunda. Ils vont camper sur la rive droite du Lua-
laba et la gauche du Lulindi. Les chefs Swana, Sanbua,
Bwana, Dengu et Gongo Lutete franchissent la rivière avec
tout leur monde. Dhanis rejoint Gillain, puis suit la route
de Saïd-ben-Abidi vers Kasongo. Le lieutenant d'artille-
rie de Wouters d'Oplinter tient garnison à Nyangwe
avec le sergent Collet et cent hommes formant réserve
d'arrière-garde. Nyangwe, en moins de six semaines, est
réduite de ville bien bâtie d'une trentaine de mille habi-
tants, à l'état d'une grande maison fortifiée entourée d'un
camp. De la colonne Dhanis, seuls les Wagenias, auxiliaires
du pays, remontent le Lualaba en canots pour venir s'établir
vers le confluent du Kabondo, afin d'arrêter éventuelle-
ment les fuyards du Boungou et du Samba.
Le 22 avril 1893, dans la matinée, les forces de l'Etat
arrivent en vue de Kasongo.
Capitale de Tippo-Tip et de son fils Sefu, Kasongo est
bâtie sur les versants et les crêtes qui dominent la rivière
Kabondo, à trois lieues au nord-est de la ville. On tra-
verse des rivières sans fin. Les troupes marchent en lignes
de quinze hommes de front.
L'ennemi a fait des préparatifs extraordinaires. Tous les
chefs de la rive gauche du Lualaba restés fidèles à Sefu,
sont placés en avant-postes à deux heures de la ville, sur
une des routes conduisant au fleuve. Un cordon de senti-
nelles entoure la ville. Quatre bomas ont été construits
à ses extrémités et sont presque achevés. Un d'eux est
— !()<) —
oc('iii)é j)nr los «^ons du cIk^I' Muih(' MoIiîii'îi, un aulro par
l(^s Aral)os do la l'ivc «^aucluî du Kahoiido. A riiiléri(îur
(le ra^'i^iouirralion, la maison (1(; Musun^ila servant d(i
roduil, enloui'o d'un nuir crénelé de deux mèlres de liau-
((MU' avec llan({ueuient, constilue un véritable château-fort.
Saïd-ben-Abidi et ses soldats sont relégués ])ar S(;ru à
{'(extrémité occidentale de la ville, où est construit un
autre bouia. Aucune de ces redoutes n'est achevée, mais
les travaux sont amorcés sur les faces nord-est, faisant
front à l'attaque .
A cause de l'état de siège décrété par Sefu, nul ne peut
quitter Kasongo sans être mis à mort par les sentinelles.
Dans ces conditions, les indigènes s'abstiennent de rentrer
en ville et Sefu est sans nouvelles des troupes de l'Etat.
Croyant qu'elles viendraient attaquer Kasongo par eau
— les pirogues montant le Lualaba avaient été signalées —
il a massé la plus grande partie de ses forces du côté
des routes venant du fleuve et dégarni l'ouest de la ville,
par où il croit que viendra Gongo.
Le 22 avril, à neuf heures et demie, l'avant-garde con-
golaise se trouve en présence des avants-postes arabes et
essuie un feu nourri, mais les balles portent trop haut.
Dhanis est en tète, ses hommes répondent sans comman-
dement par une vive fusillade. Pendant que l'avant-garde
pénètre en ville, Gillain, qui suit dans l'ordre de marche,
déploie ses soldats. Doorme arrive en ligne à son tour.
En présence de ces forces, et après une escarmouche de
dix minutes, les Arabes cèdent le terrain et se replient
sur un boma situé à gauche de la route suivie. Ce pre-
mier succès anime les assaillants. Doorme est lancé à
l'attaque du boma ; le peloton Gillain suit le mouvement.
Les autres forces congolaises passent successivement de
l'ordre de marche à l'ordre de combat. Doorme essuie trois
ou quatre salves parties du fort. Il y a un moment d'arrêt
dans la course; Doorme commande alors le feu et dans
110
un élan ma^'nifiquc, emporte la redoute, escaladant lui-
même la palissade en tête de ses hommes. L'ennemi
cherche à se réfugier dans le château-fort, mais les sol-
dats de Doorme, de Gillain, do Scheerlinck, le poursuivent
avec rage. Les Arahes ne peuvent s'arrêter et fuient vers
le sud-ouest.
Pendant que Doorme poursuit les défenseurs, en entraî-
nant à sa suite la majeure partie des pelotons Gillain et
Scheerlinck, ceux-ci, suivis seulement de cinq soldats et
d'une vingtaine de porteurs, s'élancent au pas de course
dans la direction des hauteurs situées sur les derrières
des Arahes. Dhanis se porte également en avant vers le
château-fort et essuie un feu intense. Il est hientôt rejoint
par le docteur Hinde.
Arrivé près de Kahondo, le lieutenant Gillain se rend
alors compte de la situation topographique de Kasongo.
Voyant Doorme s'engager quelque peu à l'aventure et laisser
à sa gauche la redoute et un groupe d'hahitations, il s'élance,
avec Scheerlinck, sur la crête au sud du Kahondo. Gillain
et Scheerlinck y sont vivement attaqués. Il est dix heures
et demie du matin; c'est le moment décisif.
Les défenseurs des maisons crénelées tirent à bout por-
tant sur Dhanis et Doorme. Gillain et Scheerlinck résistent
à l'attaque sur les hauteurs par une salve de leurs sept
fusils et se lancent bravement en avant, suivis par le peloton
des porteurs qui hurlent. Ahuris par la fusillade qui part
de la crête et par les cris de: « Victoire «, les Arabes aban-
donnent leurs retranchements et battent précipitamment
en retraite de toutes parts. Bientôt, ils sont en pleine
déroute et la fuite dégénère en une effroyable panique.
Au passage de la Mussokoï, ils se jettent à l'eau sans
attendre les canots et se noient. Un corps nombreux
est poussé par Lutete jusqu'au Lualaba, à environ trois
heures de marche. Là ils sont cernés et les Wagenias les
— 111 —
font prisonniers ou les jollonl par (kîssus boni; à l'excep-
tion tles l'enniH^s et des enfants, la troujK' est anéantie.
Peu de temps a|)rès la c^liar^e à travers la ville, les
dillercntes eoni])a^'nies sont dispersées et le commandant
avec quatre hommes est, non seulement séparé de tous les
autres, mais même de sa compagnie. Pendant qu'il cherche
ses hommes, il pense être tué par uruî halle partie (h; la
tourelle de garde d'une des plus belles maisons de la
ville, qu'il croyait inhabitée; en approchant du mur crénelé,
il court de nouveaux dangers.
Toutefois, les Arabes, qui ont reçu directement le choc
des lieutenants Gillain et Scheerlinck, s'aperçoivent de la
faiblesse numérique du détachement qui les a tournés :
ils s'arrêtent à la sortie de la ville, se postent et envoient
une nouvelle charge aux deux blancs et à leurs cinq Con-
golais. Les balles portent trop haut, les deux blancs
rispostent et leurs projectiles brisent la dernière résistance
des Arabes.
Ceux-ci sont poursuivis pendant deux jours, et les in-
digènes, convaincus de l'écrasement de ces derniers vien-
nent faire entière soumission à Dhanis.
Les troupes de l'Etat ont remporté une victoire com-
plète sur des forces vingt fois supérieures et dans une
position stratégique réputée inexpugnable par les Arabes.
Kasongo regorge de vivres. C'est une ville luxueuse, d'un
confort raffiné. Dhanis y prend vingt-cinq tonnes d'ivoire,
autant de bœufs, quinze ânes, dix tonnes de poudre, des
fusils, des étoffes, des bijoux. La ville est bâtie au fond
d'un entonnoir où croupissent les eaux infectes d'un ruis-
seau. A cinq minutes de là, on ne se doute pas qu'elle
existe. On retrouve des obus allemands marqués Lorenz
et beaucoup d'autres munitions; Dhanis recueille dans le
butin les mémoires d'Emin Pacha.
Les soldats, en entrant dans Kasongo, se perdent dans
ce dédale de rues bordées de grandes et belles maisons en
— Ii2 —
briques cuites au soleil. Les richesses du sol sont immenses.
La prise de Kasongo marque la limite des opérations
que peut exécuter le commandant des troupes. Les gar-
nisons qu'il doit laisser pour occuper Nyangwe et Ka-
songo, et le peu d'hommes qui lui restent, en raison des
pertes subies dans les nombreux combats qu'il a livrés,
ne lui permettent pas d'organiser une colonne assez forte
pour prendre l'offensive. Il est donc obligé de rester cinf[
mois à Kasongo pour organiser ses ravitaillements, pré-
parer la suite de la campagne et attendre des renforts.
Le 2 juin, a lieu la cérémonie funèbre de l'inhumation
solonnelle des malheureux Belges: Lippens et De Bruyne.
Le 7, Gongo Lutete est renvoyé au Lomami avec ses
hommes. Le chef arabe ne demande d'ailleurs qu'à s'en
aller, impatient d'occuper la contrée entre le Lualaba et
le Lomami, appelée le Malela.
Scheerlinck, atteint de la fièvre, et dont le terme d'en-
gagement est expiré, renonce à accompagner l'expédition
par Kabambare vers le lac Tanganika. Retournant en
Europe, il accepte de conduire à Lusambo une immense
colonne de prisonniers et une quantité énorme d'ivoire.
Opérations de Ghaltin et de Fivé.
Tandis que Dhanis poursuit sa brillante épopée, Chaltin
non moins heureux quitte Basoko, le 8 mars 1893, remonte
le Lomami jusqu'à Lhoma, prend plusieurs postes arabes,
notamment le camp de Rchari, et occupe Riba-Riba. Vou-
lant poursuivre l'ennemi en déroute, il retourne aux Falls
et à une journée de sa destination, apprend que la station
de l'Etat a été attaquée le 15 mai. N'ayant plus aucun
ménagement à garder, il fait détruire les postes arabes
qu'il rencontre. Le 18, à sept heures, il arrive en vue
des Falls. Les Arabes sont culbutés et fuient précipitam-
ment, abandonnant tout ce qu'ils possèdent. Le 22 mai,
— il3 —
Chnllin (luilte In \)];\('o pour rcMih'cr ;i Rnsoko. Kn roiilo
il renc()ntro rinspocUMir (rKUU V\\(% ([u\ nprès s'ôLrc (îiiipaiVî
(lu poslo (l'Isanj^ln d do Jnfnro, livre» avoc lo coinmnrHhinL
Daenen un couihal viclorioux aux Arabes à la Roniée.
Los positions ounomios sont brillammont onlovéos. L(; jour
mèiiie et le lendemain a lieu la poursuite. Les Arabes se
retirent vers le Lomami, d'où ils sont cliassés peu d<i
temps après par une colomio (1(^ ('(Mit liomrnos sous les
ordres du capitaine Marck. Lo 23, Fiv(3 prend Kayumbo.
De son ccjté, le gouvernement, en apprenant les succès
remportés par ses troupes, ne reste pas inaclif: il orga-
nise une expédition, qui partant des Falls, a pour mission
de balayer les Arabes de Kibongo et de soumet Ire ainsi
à son influence toute la partie comprise entre les Falls
à Kasont>o.
Victoires de Ponthier.
Le 25 juin 1893, le commandant Ponthier arrive aux
Stanley-Falls, à la tête d'une nombreuse expédition. En toute
hâte, il réunit les embarcations nécessaires pour passer
les rapides, remonter le Lualaba et rejoindre Rachid chez
Kibonghé. Il quitte les Falls le 18 juin, bat l'ennemi à Kewe,
à Bamange et s'empare de Kirundu, la résidence de
Kibonghé. 11 a ensuite à livrer vers l'est de terribles com-
bats, au cours desquels il est puissamment secondé par
le lieutenant Lothaire, commissaire du district des Ban-
galas, le capitaine Hanquet, le sous-lieutenant Henry, les
sergents Van Lint et Decorte.
Le commandant Ponthier termine ses opérations de
guerre contre les Arabes de Kirundu, puis se rond à
Kasongo auprès de Dhanis. La situation est grave; un
nouvel adversaire s'avance, mais Ponthier offre ses services.
— 114 —
Opérations contre Rumaliza : octobre 1893 à janvier 1894.
Sur ces entrefaites, Dlianis apprend par la rumeur publi-
que et par ses éclaireurs qui se trouvaient à huit heures
de marche au sud de Kasongo, que Rumaliza, le sultan
d'Udjiji, se dirige vers cette place à la tête de forces
considérables, trois mille soldats bien armés, ralliant en
route les débris des baudes Sefu, Nserera et Munie Pembe
pour venger les échecs subis par ses coreligionnaires. En
aval de Nyangwe, se trouve Saïd-ben-Abidi, dont les forces
sont inconnues.
Le commandant envoie une reconnaissance vers Rumaliza,
à l'est, et se porte lui-même sur Nyangwe. Après avoir
pu se convaincre que les forces de Saïd-ben-Abidi étaient
insignifiantes, Dhanis remonte à Kasongo.
Ponthier arrive quelques jours après; malheureusement
il n'a avec lui qu'une escorte de soixante soldats. Les
deux commandants attendent les renforts qui vont arriver
avant d'aller à la rencontre de Rumaliza qui s'avance
jusqu'à six lieues de Kasongo.
Dès que les renforts leur sont amenés par Hambursin,
Dhanis et Ponthier quittent Kasongo, le vendredi 13 octobre,
vers midi. La colonne expéditionnaire comporte environ
huit cents hommes, quatre cents soldats réguliers dont
deux cents de la côte et deux cents volontaires indigènes
balubas, benamalela et batetelas dont l'instruction a été
faite par le lieutenant Doorme. Elle est divisée comme suit:
la garde du commandant Dhanis, celles du commandant
Ponthier, les pelotons des lieutenants Lange, Doorme, Ham-
bursin, des sergents Collet et Van Riel. La colonne emmène
en outre avec elle un canon Krupp de 7.5 de montagne,
avec quarante-quatre obus et onze boîtes à mitraille. Enfin,
elle est renforcée par les troupes irrégulières des chefs
indigènes Fcrhani, Uledi, Abedi (environ trois cents fusils
à piston).
— 115 —
Apivs ;iv()ir pMi'couni niif (lishiiicc de doii/c kilomètres,
1.1 coloiiiK* rr;iii('liil. rCssu^ui cl pMssc l;i iiiiil ;iu vilhi^'(^ (l(;
Piiiiii iM;i3'(Mi<4('. Le II, elle li'jivcisc l;i Lnliiidi, iinporlîiiile
rivièr(\ (»l s'élnhliL à Mwniia Mk\v;iii^;i, à deux heurcis eiivi-
l'oii du campemonl do la veiller
COMBAT I)K I,.\ I.IIIUKIIK: \~)-U) OCTOIiltK 1893.
Le 15 octobre,à sept heures du matiu, la colonne, preecdée
des auxiliaires, se met en marche dans l'ordre suivant:
lieutenant Doorme, commandant Dhanis, commandant Pon-
thier, lieutenant Hambursin avec le canon, lieutenant Lange,
sergent Van Riel défendant les bagages, sergent Collet
protégeant rarriérc-gardc.
Le but de cette marche est de contourner la position
ennemie de façon à prendre les retranchements à revers.
Les Arabes se trouvent établis dans différents forts
dont deux, situés entre les rivières Lulindi et Luama,
affluents du Lualaba, sont des ouvrages importants, admi-
rablement construits et bien défendus. Les fortifications
arabes sont généralement plus faibles du côté opposé à
l'ennemi. L'opération réussit. Toutefois, à un croisement
de route, le flanc gauche de la colonne est attaqué par
des éclaireurs ennemis. Les pelotons du lieutenant Lange
et du sergent Collet s'établissent alors à ce croisement,
pendant que la colonne défile, et la marche de flanc
peut continuer sans encombre jusqu'à une heure de
l'après-midi. A ce moment, la colonne prend à gauche
et, à travers la brousse, marche à l'attaque d'un boma
dont, à la faveur des hautes herbes, on peut s'approcher
jusqu'à quatre cents mètres. Ce boma couvre environ un
demi-hectare; il affecte une forme régulière, avec des angles
arrondis, et il est surmonté d'une multitude de petits
drapeaux.
Les troupes du lieutenant Doorme, soutenues par les
hommes du lieutenant Lange, sont déployées en tirailleurs
— 11(3 —
et au coup de canon, signal de l'assaut, se précipitent au
pas de charge vers le borna, sans brûler une amorce.
L'ennemi ne tire pas davantage. Mais à une vingtaine de
mètres du boniîi, les troupes sont accueillies par une
fusillade des plus violentes. Malheureusement, les soldats
se laissent aller à répondre à cette provocation ; les
soutiens se fondent prématurément dans la ligne des
tirailleurs. Les soldats postés à quelques mètres du boma
ennemi engagent alors un feu roulant et, malgré les
efforts des chefs du peloton, ils refusent d'aborder l'obstacle,
réellement formidable, qui s'élève devant eux. Heureuse-
ment l'ennemi tire trop haut et ne cause pas grands dom-
mages.
Au début de l'action, le lieutenant Lange est blessé.
La situation devient critique et force les troupes d'attaque
de se retirer. Pour protéger la retraite, Dhanis fait avancer
le canon; mais la pluie de balles qui tombent aux envi-
rons de la pièce met les porteurs en déroute. Ils aban-
donnent le lieutenant Hambursin, dont le peloton a été
entraîné sur la ligne.
Forcés par les circonstances, ce dernier et le comman-
dant Ponthier s'attellent eux-mêmes à la pièce.
Grâce à l'arrivée du lieutenant Doorme et de quelques
hommes, le canon est amené à soixante-quinze mètres du
boma et, sous sa protection, la retraite s'effectue dans
le plus grand ordre.
A ce moment, une attaque se dessine vers la droite.
Un second boma, dont on ignorait l'emplacement, se dresse
de ce côté. Plus grand que le premier, puisqu'il couvre
un hectare, ce boma est, de plus, à deux enceintes.
L'ennemi en sort en masse pour tomber sur ses adver-
saires. La plus grande partie des troupes et le canon
sont amenés et il ne reste devant le petit boma que les
forces nécessaires pour en maintenir la garnison. Les
troupes prennent position sur une crête à six cent
— 117 —
ciiH|u;inl(' iik'Mi'cs (1(^ rndvci'siiii'c cl onvi'ciil un l'en ])'wa\
noiii'i'i sui' l;i posiljoii ciiiK^mio. Lc.s Ai'iihcs ;il);iii(l()iiii(iiiL
\j',\ liill(^ ;i (linv ([u;iti'o honros sous un soloil ûo ])loml).
L(^s li'()n|)('s, lini'assùos, cainiXMit la iiniL snivanU^ sni' unci
autri^ crôto un j)Ou plus oloig'néo.
La nuit so i)asso tran({uillonicnt, saul* une escarmouche
qui se produit vers le malin.
Jug'eant la i)ositi()n du campement peu favorable, Dlianis
envoie une reconnaissance sous les ordi'es du comman-
dant Ponthier, dans le but de rechercher un autre emplace-
ment sur un plateau situé à droite, i)lus en avant. Pendant
que s'exécute cette reconnaissance, le lieutenant Doorme
et le sergent Collet repoussent une sortie de la garnison
du petit boma qui tente de s'emparer du canon, tandis que le
lieutenant Hambursin ouvre un feu d'artillerie bien ajusté
sur le grand boma. Le commandant Ponthier, ayant été
aperçu, est accueilli par une vive fusillade des Arabes; le
lieutenant Lange va aussitôt le secourir.
L'emplacement ayant été reconnu excellent, le sergent
Van Riel se dirige avec les charges vers le nouveau camp.
Puis, les troupes engagées contre les forces du petit boma se
mettent en retraite par échelons, précédées du canon, pour
gagner le nouveau campement.
Le passage de la Lubukuie se fait difficilement, pour
la bouche à feu, mais sur l'autre rive et à l'abri d'un
coup de main, l'infanterie la devance et se porte sur la
ligne Ponthier-Lange établie à quatre cents mètres du grand
boma. Vers une heure, Dhanis fait cesser l'engagement,
les troupes sont retirées et l'on occupe le nouveau camp.
Les troupes congolaises enferment ainsi les Arabes dans
l'angle formé par le Lualaba et la Lulindi.
Les 17 et 18 octobre, Rumaliza se livre à plusieurs
— 118 —
attaques. Le 19, de grand matin, les Arabes font une
sortie en masse et fondent sur les troupes de l'Etat de
trois côtés différents, mais leur assaut est repoussé. Le
commandant Pontliier, qui se trouve en première ligne,
s'élance pour repousser l'attaque dirigée contre la partie
du camp que défendait Doorme, mais il est mortellement
frappé, les deux jambes fracassées par des balles. 11 allait
même rester aux mains de l'ennemi, — car, dans sa fougue,
il n'a pas attendu ses hommes — lorsque le caporal
Badilonga (Baluba) le dégage, tue quelques Arabes, et
leur prend un drapeau.
L'attaque est repoussée de tous les côtés : sur la face
antérieure par le lieutenant Doorme, à gauche par le
lieutenant Lange et le sergent Collet, à droite par le lieute-
nant Hambursin et le sergent Van Riel. Trois fois l'ennemi
revient à la charge, mais sans succès. Les hommes des
commandants Dhanis et Ponthier sont en réserve. Profi-
tant d'une accalmie, le lieutenant Hambursin revient au
campement et décide d'achever la déroute des x\rabes au
moyen du canon. Pendant que la pièce gagne son em-
placement de tir, une quatrième attaque se produit. Dhanis
quitte Ponthier, s'élance au pas de course, soutenu par
Doorme, Lange et Collet. L'ennemi est refoulé jusqu'au
delà de la Lubukuie. Le canon active la déroute.
Après cinq heures d'un combat acharné l'avantage reste
aux troupes de l'Etat, mais au prix de pertes sensibles.
Le commandant Ponthier, mortellement atteint, succom-
bera quelques jours plus tard, le 25 octobre. Le lieutenant
Lange est hors de combat. Cinquante soldats réguliers et
un très grand nombre d'auxiliaires sont restés sur le terrain
depuis le commencement de la campagne.
Du côté de l'ennemi, l'Arabe Mohamedi, l'organisateur
et le commandant des sorties, se trouve parmi les nom-
breux morts. La situation des troupes de l'Etat est néan-
moins précaire, il ne reste plus que quarante cartouches par
— 111) -^
lioimiH' pour les Iroiipes i-c'^ulirrcs; cl (jiKiiil ;iux ;nL\ili;iii"(*s
et aux allirs, la poudi'c et les capsukis Wmv font coui-
l)Ièlciiioiit défaut.
No recevant pas de sérieux renforts, Dhanis est forcé
de rcMioncer à attacpier de vive force les bornas et doit
s(» ])()rnei' à les surveilUu' jus({u'à ce (juc^ l'éduils par la
famine, les Ara])es les abandonneront eux-mêmes.
Pour emporter un borna de vive force, le secours de
rartillerie est indispensable et Dlianis ne veut pas épuiser
ses troupes en vaines tentatives; il attend donc l'arrivée
des canons et des renforts demandés de tous côtés, pour
atta(iuer l'ennemi dans ses retranchements.
Du 20 octobre au 16 novembre, une période de recueillement
succède aux opérations. Les ennemis, découragés par leurs
échecs successifs, se tiennent dans leurs bomas.
Dhanis prévoit que Rumaliza a de la peine à nourrir ses
gens au nombre de six mille. La disette parait se faire
sentir, car le chef arabe cherche à traverser la Luama,
rivière au delà de laquelle s'étend une province riche et
fertile. Les troupes de l'Etat s'efforcent donc d'empêcher les
Arabes de réaliser ce plan. Sur ces entrefaites, des espions
apprennent que les Arabes attendent une caravane partie
d'Udjiji avec de la poudre et divers approvisionnements.
Aussitôt, de petites expéditions sont mises en campagne.
Un chef auxiliaire parvient à surprendre le convoi qui,
battant en retraite, vient tomber sur le sergent Albert
Frees, envoyé dans la même direction. Prise entre deux
feux, la caravane est anéantie. Frees fait, le soir même,
sa rentrée triomphale dans le camp, où il ramène deux
tonnes et demie d'excellente poudre allemande et soixante
mille capsules.
Le capitaine de Wouters ayant rejoint la colonne le
20 octobre, avec quatre-vingts hommes, des vivres, des
munitions et des marchandises, la situation s'améliore.
— 120 —
Le 25, jour do la mort do Ponihior, on M[)i)roiid (|uo los
Arabos construisent un J)()iHa à Mwana Mkwanga et que
Saïd-ben-Abedi, Kibonge et Rachid veulent tenter l'attaque
de Kasongo. De Wouters, accompagne du sergent Collet
et de soixante-dix hommes, va s'établir à Kwana Mkwanga
pour surveiller ces forces. De temps à autre, on bombarde
les bomas, les soldats réguliers font des patrouilles et les
auxiliaires organisent de petites expéditions. A cette époque,
le capitaine Doorme fait choix parmi les prisonniers d'un cer-
tain nombre d'indigènes et d'esclaves arabes, et les dresse
comme soldats avec le plus grand succès. Ces recrues sont
armées avec le butin rapporté par Albert Frees.
Le 30 octobre, on annonce que Bwana N'Zigi et Musongila
s'avancent de Kabambare. Dans le but de les faire hésiter,
Dhanis envoie une reconnaissance offensive qui détruit
Kitumba Moyo. Le camp de Lubukuie ayant rendu criti-
que la position de Rumaliza, celui-ci décide, pour se
procurer des vivres, de construire un boma chez N'Teloï.
De là, il pourra rayonner vers Ogella et s'approvisionner
largement; en outre, il sera en état de s'y maintenir long-
temps, ses positions étant imprenables de vive force à
cause du manque de munitions d'artillerie. Pour s'opposer
à ce dessein, le lieutenant de Heusch est envoyé chez N'Teloï
avec soixante-cinq hommes et s'y établit avec l'aide du
capitaine de Wouters; il a pour mission d'empêcher .Ruma-
liza de passer la Lulindi.
Le 4 novembre, le chef arabe fait crier au camp de l'Etat
qu'il offre le Malela, le Samba et Nyangwe, mais qu'il
désire Kasongo. Aucune réponse ne lui est donnée. Les
auxiliaires wazulas de de Wouters harcèlent nuit et jour
les détachements ennemis ou des Arabes isolés, qui se
rendent dans les champs de manioc pour y chercher de
la nourriture.
Pendant la nuit du 15 au IG de ce mois, les Arabes
abandonnent leurs bomas de Lubukuie et de Mwana
— i'2\ ^
Mk\v;m^;i. Les ;iii.\ili;iii'('s sont, drs r;nil)(', clinr^cvs de I;i
|)()iii'suil(\ (^l l(»s li'ouix's r('^'uli(M-('s sont coiicciiliVu's sur
la position du ca[)ilaine do Woulors. Lo Icndoniain, Dlianis
re^-a^nc Kason^'o avec sa g-ardo porsoniK^llo, lo sortent
Van Riel et les hommes du commandant Pontliier, lais-
sant, à Mwana Mkwany-a, de Wouters avec tout le reste
des forces.
Enfin, une colonne rendue aussi lé<^ère que possible et
forte de deux cents soldats réguliers est chargée de repren-
dre contact avec les Arabes. Elle est commandée par le
capitaine de Wouters, qui a sous ses ordres les lieute-
nants Doorme, de Heusch et Hambursin. Elle est, en
outre, renforcée par les troupes auxiliaires d'Albert Frees,
Piani Katambwe et Ferhani, comprenant environ sept cents
fusils à piston. A huit heures du matin, la colonne se
met en marche et suit une route semée de cadavres; elle
s'arrête à deux heures dans un village abandonné.
Attaque du borna de Rumaliza.
De Wouters apprend que le boma ennemi, encore inachevé,
se trouve dans une vaste plaine à une heure de marche
du campement, et qu'il n'est occupé que par les gardes
de Rumaliza et de Sefu. Il décide de l'attaquera l'improviste.
Vers deux heures et demie, la colonne se met en marche
dans l'ordre suivant: lieutenant Doorme, capitaine de Wou-
ters, lieutenants de Heusch et Hambursin, les auxiliaires.
A la sortie du bois, le caporal Badilonga, qui avec dix
soldats forme la pointe de l'avant-garde, aperçoit quelques
hommes devant lui. Des coups de fusils sont tirés. Doorme,
qui commande l'avant-garde, fait sonner la charge et
s'élance en avant avec son peloton, mais au lieu de
déboucher dans une vaste plaine, comme il s'y attendait,
il aperçoit le boma ennemi à deux cents mètres devant
lui.
— 122 —
De nombreux chimbèques se trouvent devant le borna,
ce qui a pu faire croire que celui-ci était inaclieve. L'ennemi
surpris se sauve dans la forêt ou se précipite à l'intérieur
du fort. Il est vivement attaqué par les Balubas du lieu-
tenant Doorme, qui en tuent un g-rand nombre et pénè-
trent dans les chimbèques. Les autres compagnies entrent
successivement en ligne, prenant position sur la droite.
Le lieutenant Doorme s'aperçoit qu'il a donné contre
la partie droite de la face antérieure du boma. Les autres
pelotons qui ont pris le pas de course débouchent suc-
cessivement. Le capitaine de Wouters se porte contre la
partie gauche de la face antérieure et la face gauche;
de Heuscli contourne le boma et attaque la face postérieure,
espérant trouver un point faible. Hambursin, appelé par
Doorme, va prolonger la droite de ce dernier. Il est alors
évident que le boma est fermé de toutes parts.
Toutefois, sur la face postérieure, les sticks ne sont pas
jointifs, il y a une ouverture de trois à quatre mètres
et un coup de main peut réussir. Jugeant avec raison
qu'il a la clef de la position, de Heusch demande du renfort
et s'élance pour pénétrer dans le boma.
Malheureusement, au moment où le succès va couronner
ses efforts, il tombe mortellement frappé d'une balle et
une partie de ses hommes l'abandonnent. Frees et Badi-
longa s'élancent seuls pour arracher leur chef à l'ennemi.
Ce malheur rend courage aux Arabes et les détermine à
tenter une sortie par la brèche de la palissade. Immédia-
tement prévenu de la situation par Badilonga, le capi-
taine de Wouters accourt avec une demi-douzaine d'hommes
et trouve Frees tenant encore à son poste. La sortie est
repoussée. De Wouters emporte son camarade qui a déjà
rendu le dernier soupir. Les troupes régulières enlèvent
les morts et les nombreux blessés, mais pendant ce temps
les Arabes attaquent sur leur face antérieure les hommes
de de Heusch qui ont tous fui épouvantés; ceux du
capilniiK* (U^ WouUm's, (jui ne soiil |)lus soiilcniis par
leur chof, ivU'o'^rîHlonL oL iw. sont plus compris pur los
chinil)è(juos. Comme le rotrancheiiuinl est partout termine,
(le M'outers ne peut compter l'enlever de vive force;
aussi il doit se résig'ner à la retraite, ({ui se fait en l)on
ordre.
Dans le bois situé à cent cincpiante mètres du honia, unc^
petite arrière-^arde est constituée par des Balubas et des
Manyangas, sous les ordres des lieutenants Doorme et Ham-
bursin. Quelques Arabes suivent la colonne jusqu'au villag(»
où elle s'est arrêtée le matin, et là une vive fusillade les
met en fuite. Le lendemain, la colonne reprend la roule
de Mwana Mkwanga où elle arrive vers dix heures. Cette
rencontre coûte à l'Etat, outre le lieutenant de Heusch,
quatre morts et dix blessés. L'ennemi a fait de grandes
pertes, quarante fusils à piston, deux fusils perfectionnes,
de la poudre, des capsules, ainsi ({ue quantité d'autres
objets lui ont été enlevés.
Au cours d'une des charges, Sefu a reçu une blessure
mortelle dont il meurt ({uelques jours plus tard.
Pendant dix jours, l'on n'entreprend plus aucune opéra-
tion nouvelle.
COMBATS DE LA LULINDI, DÉCEMBRE 1893 ET JANVIER 1894.
Le 26 novembre, le bruit se répand que Rumaliza a
passé sur la rive droite de la Lulindi. Une colonne sous les
ordres du capitaine de Wouters, comprenant les lieutenants
Doorme et Hambursin, part de Mwana Mkwanga pour
Bena Musua, afin d'observer l'ennemi et lui barrer la
route de Kasongo.
Le lieutenant Lange garde le camp avec le lieutenant
Middagh et le sergent Van Riel.
Dès le 29, la colonne de Wouters s'installe à Bena Musua,
et exécute journellement des reconnaissances. Les auxi-
— 124 —
Maires Albert Erces et Piani Katambwe font de même.
Rumaliza a reçu des renforts sérieux, puis il a un fort
important et bien construit sur la rive droite de la Lulindi
et trois forts avancés, plus petits, dans la direction de
Kasongo. Le boma est relié, par un petit pont jeté hâtive-
ment sur la Lulindi, au fort d'Ogella où de Heusch vient
de trouver une mort glorieuse. Une ligne de communica-
tion parfaitement sûre est ainsi réservée avec la grande
place forte de Kabambare, occupée en ce moment par Bwana
N'Zigi C).
Tous ces bomas sont établis l'un près de l'autre en
pleine forêt, dans de petites clairières d'un accès extrême-
ment difficile. La ligne en est, pour ainsi dire, perpen-
diculaire à la Lulindi. Rumaliza occupe une position
excessivement solide.
Vers cette époque le commandant Gillain, le lieutenant
Augustin et le sous-lieutenant Middagh font leur entrée
à Kasongo avec quarante-cinq hommes. D'autre part,
le 4 décembre, une colonne amenée de Lusambo jusque
près de Nyangwe par l'inspecteur d'Etat Le Marinel
était arrivée à Kasongo. Elle se composait du capitaine
Gollignon, du lieutenant Franken, de vingt hommes et de
nombreuses charges, comprenant trois cents fusils perfec-
tionnés, seize cents fusils à piston et beaucoup d'étoffes,
de cartouches, de poudre et de capsules. Quant au détache-
ment amené des Falls par Rom et Van Lint, il ne comprenait
que des recrues n'ayant jamais vu le feu.
Le commandant Dhanis expédie, le 20 décembre, tous les
(1) C'est, on s'en souvient, ce dernier che'f arabe qui avait ordonné et dirigé
contre la station des Falls l'attaque qui avait abouti à la défaite de Deane
et de Dubois et à l'établissement de la domination arabe sur le Cong:o
même. Stanley avait ultérieurement ratifié ce fait accompli, en installant
aux Falls en qualité de gouverneur, investi d'une autorité absolue, Tippo-
Tip, le piincipal marchand d'esclaves.
— i'J5 —
of]îci(U\s et soldais disponibles, do Kason^^'o î\ \U\u:\ Miisun,
où il arrivo lui-inônio lo 2.'!. Lo niriiio j<>iii', d lidil un
conseil do guerre, à l'issui; du(|uel il se déeide à diviser
ses forces, en wu) de couper, dans la mesure du possil^le,
les Arabes de leurs communications. Il sait (U) source
absolument certaine que Rachid et les autres Arabes do
Slanley-Falls, ({ui ont été rejetés dans le sud par 1(3 com-
mandant Ponthier lors de la campagne qu'il a faite; à
Kirundu et sur la rivière Lowa, se sont maintenant réunis
et arrivent tous ensemble du nord-est pour rejoindre
Rumaliza. Il faudrait pouvoir amener les indigènes du
district tout entier à faire cause commune avec les trou-
pes de l'Etat et à les pourvoir de vivres, en affamant, au
contraire, Rumaliza.
Le 24 et le 25 décembre, le commandant Dhanis envoie
des détachements s'établir aux endroits les plus favorables
et les plus rapprochés qu'ils peuvent des forts ennemis. Le
détachement commandé par le capitaine Gillain, qui a
sous ses ordres Rom, Gollignon, Augustin et Van Lint, se
dirige vers le nord-est; il comprend cent cfuatre-vingts
soldats de l'Etat et deux cents hommes des troupes auxi-
liaires (gens de Gongo Lutete.) Gillain a reçu la mission
de rallier le plus grand nombre d'hommes possible et de
couper la retraite à Rumaliza, ou de l'empêcher de faire
sa jonction, vers le sud, avec les Arabes de Racbid. Cette
colonne doit enfin coopérer au blocus des bomas ennemis.
Après quatre heures de marche, le capitaine Gillain qui
s'était dirigé d'abord vers Mwambu, arrive au village abon-
donné de Rena N'Guia, dont les habitants ont eu soin
d'incendier toutes les cases.
Le 24 décembre, de AYouters, avec quatre cents auxi-
liaires et deux cent cinquante soldats réguliers, accompagné
des lieutenants Doorme et Hambursin, des sergents Destrail
et Collet, quitte Rena Musua avec un canon Krupp, et
se porte vers le sud-est; il va s'établir à Bena Kalunga, non
126
loin du grand borna de Rumaliza. Dhanis se Irouve avec
le docteur Hinde, le lieutenant Franken, au camp de Bena
Musua sur la grand'route de Kasongo, position inter-
médiaire entre les deux autres. Il y a été rejoint par
Mohun, agent consulaire des Etats-Unis, qui, après avoir
pris part à l'expédition du commandant Ghaltin à Riba-
Riba, a conduit une colonne de ravitaillement de Lusaml)0
à Kasongo. La force du camp de Bena Musua est de
cent ving-t soldats.
En attendant le jour du combat décisif, les hommes souf-
frent du froid et de l'humidité. Le matin, le thermomètre
marque à peine IS'' à 16", il monte jusqu'à 30*" et 35" vers
midi, pour redescendre graduellement jusqu'à la nuit. Les
pluies sont fréquentes, ainsi que les tornades.
Ayant sous ses ordres le sergent Van Riel, cent vingt-
cinq hommes et un canon Krupp, le lieutenant Lange
occupe une très forte position à Mwana Mkwanga, et
surveille le boma d'Ogella et la route de Kabambare.
Kasongo est occupé par le lieutenant Middagh et le sergent
Pirotte. Enfin, le lieutenant Lemery, assisté du sergent
Breugelmans, commande l'importante position de N3^angwe,
assure les différents services de la zone arabe et tient en
échec les forces de Munie Kuia et de Munie Ghabudu,
(deux à trois mille fusils) qui sont à l'est de Nyangwe.
Lemery se trouve dans une position fort dangereuse,
car Rachid et ses troupes, arrivant du nord, peuvent à
chaque instant abandonner leur tentative de jonction
avec Rumaliza et marcher sur l'ancienne capitale arabe.
De Wouters constate que, grâce à la nature du sol et
à l'existence d'une brousse fort épaisse, il peut approcher
d'un des forts de Rumaliza sans être aperçu de l'ennemi.
Il décide aussitôt de pratiquer une brèche qui lui per-
mettra d'enlever le fort.
— 1-27 —
Le 28, donc, i\ six liiMires du iii;diii, un (';inr)n lui :iy;ni!
été (Mivoye, le courii^^cux ollicici' comiiKince son (in(,i'(4)ris(i
après une canonnade iv<4ulièro ([ui s(*. conlinuc; jusqu'à nciuf
licures; une fusillade nourri(*. erépiU*, des deux côtés du
fort. Mal^'i'é un tir de quarante obus, Tattacjue ne réussit
pas, la l)réche produite n'ayant pas plus d'un mètre de
largeur, Lien que de Wouters ait fait avancer le (^anon
jusqu'à moins de cent yards du fort.
Pendant ce temps le commandant Gillain, le capitaine
Rom et le lieutenant Augustin quittent le camp de Hena
N'Guia, à huit heures du matin, pour reconnaître exac^tement
la i)osition du borna et attaquer par derrière le fort
principal. Après une heure et demie de marche lente à
travei's la foret épaisse et marécageuse, ils arrivent près
du fort de Rumaliza. Un silence do mort règne. Tout
à coup un indigène, perché probablement sur les épaules
d'un Arabe, aperçoit la colonne et donne l'alarme. La troupe
continue d'avancer et, dix minutes après, débouchant dans
une clairière, elle découvre, à deux cents mètres environ,
une palissade surmontée d'une rangée de sticks: c'est le
boma ennemi. Rom déploie son peloton en tirailleurs et
dirige sur le fort plusieurs feux de salve, auxquels les Arabes
répondent par une fusillade des plus vives. Gillain est
repoussé avec de grandes pertes. Le combat dure vingt
minutes environ; de Wouters et Doorme conduisent alors
leurs soldats à l'assaut, mais tous leurs efforts ne peuvent
déterminer leurs hommes à escalader la brèche. Jugeant
qu'il n'y a aucun avantage à attaquer un ennemi parfaite-
ment abrité dans ses retranchements, de Wouters ordoime
la retraite. Les défenseurs du fort ne comptent qu'une
douzaine de morts. Quant à l'Etat, il perd huit hommes:
quatre sont blessés et quatre prisonniers.
A ce moment Dhanis se trouve aux prises avec de nou-
velles difficultés. Il vient d'apprendre que Bwana N'Zigi
a reçu du Tanganika d'importants renforts et d'abondan-
— 128 —
tos munitions et a quitté Kubambarc pour opérer sa jonc-
tion avec Rumaliza. Il est arrivé à Kitumba Moyo.
Le lieutenant Ilanibursin, à la tête d'un détachement
composé de tous les hommes — soit quatre-vingt-dix
soldats réguliers et deux cents auxiliaires — que l'on peut
sans danger distraire du cor[)s d'opération, reçoit l'ordre
de couper la retraite à Bwana N'Zigi, ou tout au moins
de le repousser. Hambursin est obligé de faire un détour,
car toute la région de la rive gauche de la Lulindi, à
l'exception des environs de Mwana Mkwanga, sur l'extrême
droite, est au pouvoir des Arabes. Ayant i)erdu beaucoup
d'hommes par suite des combats et d'une épidémie de petite
vérole, il se trouve dans la nécessité de se retirer. Il a
pourtant réussi à infliger de telles pertes à N'Zigi que
celui-ci, aussitôt après le départ de son adversaire, reprend
la route de Kabambare, renonçant à secourir Rumaliza.
Lors de la prise de cette place, survenue peu après, il
prend la fuite pour Zanzibar.
Le 30 décembre, Dhanis apprend de Basoko qu'auciui
secours ne peut lui être envoyé. Mohun s'offre aussitôt à
descendre le fleuve jusqu'à cet endroit et à amener les
renforts qu'il pourrait réunir. Il se met en route à cet
effet, le 1 janvier 1894.
Le 8 janvier, le capitaine GoUignon (juitte le comman-
dant Gillain et va s'établir à Bena Bwese, en face de deux
forts avancés des Arabes. Quatre-vingts hommes y sont
campés sous les ordres de Gollignon et Van Lint. Le demi-
cercle formé par les troupes se trouve ainsi complété, et
des patrouilles peuvent librement circuler, dans une sécu-
rité relative, entre les différentes positions; par ce fait
les Arabes sont réduits à ne plus tirer leurs approvision-
nements que de la rive gauche de la Lulindi. Ils éprouvent
bientôt de grandes difficultés pour nourrir leurs hommes,
étant donné que suivant leur invariable coutume, ils ont
1-Jl)
(lovasté l:i plus ^'niiKh^ pnrlio (1(* l;i rc'^ion qu'ils ont
traversée.
Dlinnis est l'ejoiiit au camp pai' 1(^ conmiaiHlaiit Lotliaire,
(pii à l'arrivée de la rc'upiisition à liau'^-ala, a repris en
toute liàte la route des Falls. Il est accompagné des lieu-
teuants Bortzell et Henry et de deux cents soldats ban-
^alas. Dés le lendemain do son arrivée, Lotliaire se met
en marche pour retrouver de Wouters au camp de Bena
Kalun<>-u. Le 10, Dhanis part pour visiter le camp commandé
l)ar le capitaine Golli^non à Bena Bwese.
Le 12, Lotliaire et de Wouters, Doorme et Henry prennent
position à douze cents mètres en face du borna de lUim.iliza,
dans une position intermédiaire entre celui-ci et son pre-
mier fort avancé. La présence des forces de l'Etat sur
ce point constitue ainsi une menace et un danger pour
chacun des deux bomas. Des tireurs ennemis placés en
embuscade et qui veulent défendre l'accès de la position
sont délogés par les lieutenants Doorme et Henry. A six
heures du soir, les Arabes se retirent. La nuit est calme.
Le 13, après une reconnaissance, le commandant Lothaire
s'établit à trois cents mètres du boma. Rumaliza, s'ima-
ginant que les troupes n'exécutent qu'une simple recon-
naissance, ne les attaque point avant qu'elles aient en
partie fortifié leur camp.
Vers trois heures du soir, le détachement du lieutenant
Hambursin et du sergent Collet, (quatre-vingt-dix soldats
réguliers et deux cents autres) rentre de Kitumba Moyo
et reprend l'emplacement occupé la veille par Lothaire.
Le but de ce mouvement est d'afïamer l'ennemi pour le
faire sortir de son retranchement et de l'obliger à combattre
en rase campagne. Les Arabes paraissent fort inquiets
de ce mouvement et renforcent leurs palissades.
Le 14 janvier, dans la matinée, les capitaines Lothaire
et de Wouters sont installés avec leurs troupes à cinq
— 130 —
cents mètres du camps de Rumaliza et, le même jour, le
lieutenant Hambursin arrive au camp de Lothaire avec un
canon Krupp. L'attaque décisive n'est pas prévue pour ce
jour là. Les communications directes, jusque là impos-
sibles, entre les divers camps peuvent être établies.
La concentration de ces forces s'opère à proximité du
boma principal de Rumaliza. Gomme de Wouters a un
canon et douze obus avec lui, le capitaine Lothaire pro-
pose d'en lancer quelques-uns sur le fort arabe pour repérer
la distance, en prévision de l'action arrêtée pour le lende-
main. On charge immédiatement les obus, et un emplacement
favorable pour le canon est recherché. Le guidon de
celui-ci manque, le lieutenant Rom en fabrique un en
bois, qui heureusement peut être utilisé.
Le coup d'essai a d'autres résultats que ceux que l'on
attendait. Vers dix heures, un premier obus est tiré: il
défonce l'habitation de Rumaliza et, en éclatant, commu-
nique le feu à la toiture. Le vent étend l'incendie aux
huttes environnantes, couvertes d'un chaume épais. Les
gens du boma répondent d'abord par un feu violent; mais
les boîtes à mitraille lancées par le canon immédiatement
après l'obus et la fusillade des soldats ont raison de leur
résistance, en empêchant les défenseurs d'éteindre l'incen-
die; un peloton exécute des feux de salve dans le même
but. Le feu se propage et pour profiter de cette circon-
stance favorable, l'attaque est décidée.
Le commandant Lothaire lance les troupes en avant.
Le boma ressemble à un immense brasier. Les lieutenants
Henry et Doorme le contournent par la droite et par la
gauche pour couper la retraite aux Arabes. De Wouters
attaque de front la face où l'incendie commence à gagner
la palissade. Les Arabes, ne pouvant plus s'abriter derrière
leurs retranchements, se décident à quitter le boma, par
une issue dérobée. Pris entre deux feux, à l'arrière du
boma, ils s'enfuient de tous côtés, poursuivis à outrance
g-
I
^
P
n
i
— i:u —
ï)ar les auxiliaires. Do ii()inl)r(Mix fuyards se noicnl dans
la Lulindi. L(n Ai'ahcs ont [)i'rs d(; inill(^ lioiiiiiics IikVs aux
environs du houia. lue ^raiKh' (iuanl,il('Ml(î 1(mii's munitions
a saut(' j)ar suite de TiiHUMidie. Kunializa a pu s'c'cliappci-
à la laveur de la l'uuiee intense (pii se d('^a^(i du hi'asicr.
A deux heures de ra})rès-uiidi, 1(îs ti'oupes de Lothaire
sont nuiîtresses de la ])laee.
La première enceinte du borna mesurait deux cents mètres
{\o- i)roi'ondeur sur (-(^it vin^t à cent tnmte mètres de
largeur. Le Tort de l'intérieur était occupé i)ar les chefs
arabes en personne et leurs meilleurs soldats armés, pour
la plupart, de fusils rayés martini, express, etc. La garde
particulière de Rumaliza se composait de soixante guer-
riers d'élite.
Immédiatement après sa victoii'e, Lothaire part avec de
Wouters et Hambursin i)our aller faire le blocus du boma
de M'Zee Kondo, situé à deux kilomètres et demi de
celui de Uuuudiza et à trois quarts d'heure de marche
de deux petits bornas d'avant-garde, défendus par Bwana
M'Zigi. Le commandant complète le cercle d'investissement
autour du boma.
Pendant que ces heureux événements se déroulaient,
Dhanis se trouvait à Bena Bwese et entamait des négocia-
tions pour la reddition des bomas d'avant-garde, distants
de mille mètres environ de son camp. Apprenant le
succès de Lothaire, il le rejoint au boma intermédiaire.
Giilain, qui y était arrêté en reconnaissance, reçoit l'ordre
de s'opposer à la fuite des défenseurs des bomas d'avant-
garde. Dhanis travaille lui-même à la reddition du boma
intermédiaire.
La ligne est avancée de telle sorte que les hommes se trou-
vent entre l'ennemi et le ruisseau d'où il tire sa provision
d'eau. Ces positions sont maintenues trois jours et trois nuits;
— 132 —
rennomi entretient un l'eu ])ien nourri auquel les troupes
de l'Etat ne répondent que lorsque les Arabes tentent une
sortie. Le quatrième jour, les chefs ennemis envoient, sous
un drapeau de parlementaire, dix hommes, pour offrir au
commandant dix fusils en échange d'une cruche d'eau.
Dhanis ordonne qu'une cruche d'eau leur soit apportée,
mais au lieu de la leur remettre il la répand sur le
sol devant eux. En une demi-heure, le fort a capitulé:
les hommes ayant vu de l'eau, rien ne peut plus les rete-
nir. Ils se hâtent d'empiler leurs armes dans le camp de
l'assaillant. Le fort arabe est fouillé, par crainte de tra-
hison ; les malheureux peuvent alors se ruer vers la rivière,
dans laquelle ils se plongent. A peine l'ennemi, pressé
par la soif, s'est-il livré corps et armes, (pi'une tornade
survient et la pluie tombe assez abondamment en dix minu-
tes pour pouvoir approvisionner la garnison d'eau pour
un mois.
Par cette capitulation deux mille prisonniers, six cents
fusils, vingt fusils à répétition, vingt barils de poudre,
vingt boîtes à capsules tombent aux mains de l'Etat.
Pendant que se passait cet heureux fait d'armes, le
commandant Gillain quittait Bena N'Guia et rejoint Gol-
lignon.
Le commandant Rom, ayant accepté un coran apporté
par un messager de Bwana M'Zigi, pénètre audacieuse-
ment dans le fort ennemi, discute les termes de la capitu-
lation et échange un drapeau de l'Etat contre l'étendard
du chef arabe. Les deux bomas d'avant-garde se rendent
alors au commandant Gillain.
La prise des bomas de Rumaliza étend le domaine de
l'Etat à toute la région qui s'étend en amont de Kasongo.
Sur la route du Tanganika, l'ennemi n'occupe plus que
Kabambare, Ouheya et Mazance.
— 133 —
Prise de Kabambare; 25 janvier 1894.
Lo IS 'pinviei', une coloiiiKi ('.()inj)r(Mi;iii( ({unlni cciiils
soldais rég-iiliors oL un «^imikI ii()iii1)I'(3 (rjuixiliaires est lancée
sur les traces de Kunializa ; elle est commandée par Lothaire,
de Wouters et Doorme, assistés de llambursin, Franken,
Henry et des sergents Collet, Van Riel et Destrail.
Le 25 du même mois, à quatre heures de l'après-midi, après
une marche forcée, la colonne surprend Kabambare, et s'y
précipite avant ([ue les Aral)es aient môme eu le temps
de l'ermer les barrières. Les indigènes et les esclaves des
chami)s environnants sont restés indifï'érents à la marche
des forces de l'Etat. Ce succès, aisément remporté, peut être
attril)ué à l'excellente ligne de conduite que le comman-
dant Dhanis à suivie durant toute la campagne, et qui
consiste à ne jamais permettre que les indigènes soient
molestés ou confondus avec l'ennemi, à moins qu'eux-
mêmes n'attaquent les troupes de l'Etat sous le drapeau
arabe. Les indigènes du pays entier ont eu connaissance
de ce l'ait, et à l'approche de Lothaire, au lieu de s'enfuir
frappés de terreur, ils attendaient simplement avec curiosité
le passage des troupes.
Rumaliza s'est échappé dans la grande forêt, accompagné
de quatre hommes seulement, et s'est réfugié sur le terri-
toire soumis à l'autorité d'une puissance étrangère.
Dhanis est nommé inspecteur d'Etat, le 29 janvier 1894.
Jonction avec les forces antiesclavagistes.
Le 30 janvier, le capitaine de Wouters et le sergent
Van Riel, avec quarante hommes, sont dirigés sur M'Towa
et Albertville, pour faire leur jonction avec les troupes
antiesclavagistes.
De Wouters rencontre le capitaine Descamps à Miketo,
à douze lieues d'Albertville. Celui-ci, qui vient précisément
de prendre le commandemant des troupes antiesclavagistes,
— 134 —
des mains du capitaine Jacques, a immédiatement orga-
nisé une ex])édition et s'est mis en campagne.
Le iS février, le commandant Lothaire arrive devant le
boma de Songbera, sur le chemin de Mazance, route de
retraite de Rumaliza. Ce homa se rend sans combat.
Le 19 février, de Wouters et Descamps le rejoignent à
Songbera et marcbent avec lui vers le nord-est sur la route
d'Udjiji, direction dans laquelle les restes des forces ara-
bes se sont dérobées.
La colonne arrive le 30 à Mazance, où se profilent encore
deux bomas inachevés et tombant en ruines. Les Arabes qui
les occupaient se sont enfuis vers les possessions allemandes.
Le 17 mars, Lothaire est dans l'Uvira. Il y trouve
le fort de Bwana Soro, heureusement inachevé; commencé
depuis six mois, ce boma était formidable et s'il eût été
défendu, il eût arrêté la colonne pendant longtemps.
Dans l'entretemps, Mohun est revenu de Basoko avec une
centaine d'hommes, que commande le lieutenant Bauduin;
mais la campagne est virtuellement terminée : la route vers
le Tanganika est ouverte!
Le commandant Dhanis charge le docteur Hinde, Mohun
et le lieutenant Bauduin de rechercher une route par eau
vers le grand lac. Après bien des difficultés, les voyageurs
parviennent, le 4 avril 1894, à M'Buli, sur la Lukuga,
point extrême atteint par Thomson et Delcommune.
Le 30 mars, un poste, fondé de concert avec l'expédition
antiesclavagiste, est installé à Bakari, sur le golfe de Bur-
ton. Le lieutenant Lange en prend le commandement, avec
quarante-deux anciens soldats, qui lui serviront à encadrer
les troupes qu'il formera sur place.
A la même date, Lothaire, Hambursin, Henry et Destrail
quittent le lac pour rentrer à Kabambare. Un grand camp
retranché y est créé pour parer à un retour offensif des
Arabes du sud et de l'est. Le commandement en est con-
— v^ry —
lie ;m liciiUMiiiiil ll;inil»ni'siii, itxcc le sfM'^ciil (lolld (•(jininc
iidjoiiil. Tous les iiulij^viros foui Iciii- souinission.
L()(li;iii'(^ rcMilro à Kason^o lo 10 iivril cl, iMinriu^
;iv('(' lui Uacliid, l';m('i(^n viili dos SLaiil(3y-F;dls; Nsci-cra
(M Hwaiia Aiiiici oui ('lé l'ails prisonniers. Los Arabes ((ni
sonl accusés d'avoir |)ai'lici[)('* au uiassaci'e d'Kui'OjX'cus
sont Iraduils devanl un conseil do ^'UCM-re ol jut,''és sdou
l(»s lois militaires. Saïd-bon-Abcdi (ïsl ac(juillé.
La cani[)a^'no arabe, la [)lus brillanU^ pi^^G <lo l'iiisloii-e
du (^ong"o, est terminée; elle n'a pas duré moins do dix-
noul* mois. Les Belges s'y sont grandis en rournissant, cà
renvi, d(^s traits d'iiéroïsme sublime. ^^ En moins de deux
rî ans, grâce à la continuité d'action, la ténacité et le dévoue-
-^ ment de ces vaillants officiers ({ui portent les noms de
r Dlianis, Chaltin, Pontbier et tant d'autres, la traite est
^ définitivement vaincue, domptée et les bourreaux de
r rAt'ri(]ue centrale sont anéantis. La domination si altière
rî et si cruelle des Arabes, après deux années de lutte,
^ a vécu. -î
Gomme résultat géog-rapbique la campagne arabe a amené
la reconnaissance de tout le pays compris entre le coude du
Sankuru et le Tanganika, ainsi que l'occupation du territoire
situé entre le lac Moero et le lac Kivu. Le Manyema tout
entier est au pouvoir de l'Etat. Ces victoires veng-ent le mas-
sacre des Européens de Kasongo, de Riba-Riba, de l'expédi-
tion Hodister, ainsi que le meurtre d'Emin Pacha. Ruma-
liza, à peu près seul, est parvenu à échapper au châtiment.
Rachid, qui est interné dans le district du Kwango, y crée
l'établissement agricole de Bokala. Quant au vieux Tippo-
Tip, l'ami de Livingstone, de Gameron, de Stanley, de
.îuncker, installé à Zanzibar, il médite mélancoliquement sur
la ruine et la disparition de ses enfants et de ses proches.
— 130 —
L'action liiilitain^- toniiinéc, l'heure du repos ne sonne
pas encore pour Dlianis; une dernière tâche devait encore
lui être dévolue.
Choisissant la voie des Falls pour se diriger vers
Borna, il quitte Kasongo, le 20 avril. Il descend la rivière
et visite une dernière fois Nyangwe. Arrivé à Kirundu, le
5 mai, il trouve le district en pleine ébullition, et s'y arrête
le temps nécessaire pour y rétablir l'ordre. Il fait étape
aux Falls et dans les i)ostes secondaires qui relient les
centres principaux, pour y donner les instructions pour
l'organisation définitive de la zone arabe.
Dhanis s'embarque à Borna en septembre 1894, à bord
du steamer Koningin Wilhelmina de la Nieuwe Afri-
kaansche Handelsvennootschap . Il est accompagné .du chef
arabe Saïd-ben-Abedi et de Piani Senga, ainsi que du fils
de Gongo Lutete.
Le jeudi 11 octobre, à huit heures du matin, la Koningin
Wilhelmina passe devant Flessingue. Aussitôt VEmeraudey
malle de l'Etat, qui s'est portée à sa rencontre, se dirige
vers elle et l'accoste pour permettre au colonel Donny,
représentant du roi, au secrétaire d'Etat van Eetvelde et
au colonel Rouen, des grenadiers, de monter à son bord
et de congratuler le vainqueur de Nyangwe et de Kasongo.
Dhanis est accueilli en héros par la population anversoise.
Le lendemain, il est reçu solennellement à l'hôtel de
ville par l'administration communale, et une manifestation
grandiose lui est réservée le même jour au Cercle artis-
tique d'Anvers. Au cours de cette dernière cérémonie,
M. l'échevin Van den Nest lui remet, au nom du commerce
anversois, un sabre d'honneur dont la poignée est sculptée
par Louis Dupuis.
Le vendredi 13 octobre, Dhanis, à son arrivée à Bruxelles,
est acclamé en triomphateur et reçoit les félicitations de
Son Altesse Royale le prince Albert de Belgique.
Diverses manifestations sont organisées en l'honneur du
— i:il —
VîUiKjiKMir (l('s Ai';il)(\s: des IjMiKpicIs lui soiilofïri-ls, wobnn-
iiionl au iiioss des ^rcMiiidiiM's cl au Cercle. arlisLirpH^ à
Anvers. Dliauis est reçu pai* la Société (!(» (ico^riiphio (l(i
celle ville.
Il est créé baron \(\ 28 octobre 1803.
Le 6 n()venil)re 1S1)5 \v, baron Dhanis s(^ rend uik^ Iroisicnie
fois au (>)n^(), comme vice-^'ouverneur générai. On prépare
à c(^ moment l'expédition du Nil contre les Madbisles: les
Anglais i)ar l'Egypte, les Belles par le Con^o, s(». pro-
pc^sent d'aller entamer la puissance du ranali(|ue- Abdullah.
EXPÉDITION DU NIL.
Dhanis, investi du commandement supérieui' des districts
des Stanley-Falls, de l'Aruwimi et de l'Uele, est char^^é
de se rendre dans l'enclave concédée à l'Etat par la
Grande-Bretagne, en vertu du traité du 12 mai 1804, et
d'organiser cette vaste bande de territoire au point de
vue défensif. Avant d'arriver aux Falls, il parcourt les dis-
tricts de l'Equateur et de Bangala.
Tandis que le commandant supérieur quitte les Falls, le
27 juin 1806, afin d'inspecter Nyangwe et Kasongo et de
rejoindre au camp de cette dernière place ses anciens
soldats, le commandant Mathieu se rend à Kirundu et se
dispose à se porter vers l'est. Mathieu doit profiter de la
ligne d'opération des Arabes pour se dirige-r vers le lac
Albert, établir des installations provisoires à Kavalli et y
préparer la concentration éventuelle de l'expédition.
Dhanis trouve le camp de Kasongo complètement désor-
ganisé par suite du départ de Doorme, qui a dû rentrer
en Europe pour cause de maladie. Il ne peut compter que
sur quelques centaines de soldats. Par surcroit de mal-
heur, une sinistre rumeur se répand: les anciens révoltés
de Luluabourg se dirigent vers le sud-ouest de Kasongo.
Dans ces conditions, le commandant Michaux est chargé
— 138 —
d'or^aiiiscM- \iiic oxpédiLion contre les l'ebelles, cl de
ramener tous les anciens soldats aux Stanley-Falls. La
colonne marchant vers le Nil se voit ainsi privée des
meilleurs soldats de la province.
Dhanis ne séjourne que quelques jours à Kasongo et
descend aux Falls pour y attendre l'arrivée du gouverneur
général Wahis.
Des ordres d'Europe font activer les })réparatifs de l'ex-
pédition. Gliallin i)art de Dungu vers le Nil (').
Mathieu, nommé commandant de l'avant-garde, et rap-
pelé de Kirundu en septembre 1896, se dirige des Stanley-
Falls vers Arakubi, Kilonga-longa, Irumu. Le commandant
Julien suit la même route.
Enfin, le 30 septembre, le commissaire général Leroi,
commandant en second de l'expédition, se met en marche
avec le lieutenant Verhellen. Le 15 novembre, ils arrivent à
Mawambi, changent leur escorte, et prennent avec eux
soixante-dix-sept soldats batetelas. Le 8 décembre, le com-
mandant Leroi quitte Irumu avec le lieutenant Verhellen,
le sous-lieutenant Delecourt, les sergents Tagon et Glosset
et trois cents soldats; le docteur Vedy avec ses brancar-
diers les accompagnent. Le commandant Julien, le lieu-
tenant suédois Groneborg suivent à un jour de marche.
Le 3 janvier 1897, Leroi apprend que Mathieu s'est suicidé
la veille et le 4 janvier, il arrive à Andewabi où le premier
bataillon de l'avant-garde se trouve installé. Du 4 au 19 jan-
vier, il fait établir un poste et construire des maisons.
A partir du 20 janvier, la colonne du commandant Leroi
exécute une marche forcée, laissant en route le comman-
dant Julien, les lieutenants Groneborg, von Friesendorff
et le sous-lieutenant Delecourt.
Mais le 14 février, les soldats de son escorte se révol-
(1) On connaît le lésultat de cette marche heureuse qui se termine par
la pi'ise de Redjaf.
Baron DHÂNIS.
— \'M) —
((Mil (M iiinssiicrciil 'l'ii^^on (M, Adriiiiiiic, Mchui, IiiNcr cL
Closs(4. Le ('()iimnss;ni'(' «jriK'i'iil Lcroi lui-iri(''i]i(', lomhc
sous les l)all(*s (!(' SCS hoiiinics. Le (loclcui- VcmIv cl, le
]ieiil(Mi;iiil \'crlicllcn pcMivenl s'('H:lia[)i)(M' et, vont rcjoindi-c
Spolier el l^i'icoiirl, à environ iiuil, heures de niarclnî du
lieu du massacre. De là, ils rejoignent lous l'IJele.
Combat d'Ekwanga; 18 mars 1897.
A la nouvelle de ces tei'rihles événements, Dhanis décide
aussitôt d'occuper Ekwan<j;'a, localité située sur un affluent
de droite de Tlturi, pour y barrer la route aux rebelles
et les empêcher d'arriver à Irumu qui contenait un ^j^-rand
approvisionnement de cartouches. Pour permettre le ravi-
taillement de ses troupes et afin d'obtenir des indications
sur la marche des révoltés, le chef de l'expédition envoie,
sous la conduite de sous-officiers noirs, des détachements
chargés de réquisitionner des vivres dans les directions
nord-nord-est et est. Malheureusement, ces détachements
s'écartent de la voie qui leur est tracée et s'égarent vers
le sud. Le 17 mars, l'ennemi s'avance sans encombre jus-
qu'à deux heures de marche d'Ekwanga. Dhanis n'est pré-
venu de l'arrivée des rebelles qu'à cinq heures du soir et
il n'est plus possible de rappeler en temps utile les déta-
chements envoj'és aux vivres; plus de deux cents des
meilleurs soldats sont absents.
Les forces de l'Etat ont pour elles la discipline et sont
soutenues par le sang- froid de leurs officiers, mais leur
nombre est sensiblement inférieur à celui de l'ennemi. Et
cet ennemi n'est pas un nègre barbare, mal armé, ignorant
la tacti({ue européenne, c'est un soldat admirablement dressé
par les officiers belges eux-mêmes et qui sait parfaite-
ment se servir de son albini.
L'attaque se produit le lendemain dès la première heure.
Dès le début de l'action, un certain nondjre de soldats,
originaires de la zone arabe, passent à l'ennemi et pro-
— 140 —
V()([uent une •^niiido confusion diiiis nos i';in^s. De. plus,
les révoltés, 'portant ];i inônio tenue que les soldats, en
profitent pour se glisser, sans être reconnus, dans le camp
de nos troupes. Au cours même du condjat, des miliciens
balubas, tan^anikas et mon^helimas pillent les tentes des
blancs. Pendant ce temps, les soldats postés à l'aile f»-auclie
poui' disputer aux révoltés le passag-e à gué de l'Ituri,
se sauv(Mit au premier coup de feu tiré de la rive gauche;
les soldats placés à droite, i)ris de panique, dirigent un
feu désordonné dans la direction du gué, ce qui empê-
che l'organisation de toute défense sérieuse à cet endroit.
Aussi lorsque le baron Dhanis réussit à conduire en
face du gué un détachement sous les ordres du commandant
Julien et du sous-lieutenant Delecourt, beaucoup de révol-
tés ont déjà i)assé sur la rive droite et se livrent à une
attacjue acharnée contre la partie du camp où se trouvent
les tentes des blancs. Ce point est vaillamment défendu
par le lieutenant Groneborg, qui tombe mortellement
frappé de deux balles. Au retour de Dhanis, son frère,
le sous-intendant Dhanis, qui lutte avec lui près des ten-
tes, a la cuisse traversée par une balle. Bientôt après, on
annonce successivement au commandant en chef la mort
du sous-lieutenant Delecourt et du commandant Julien, qui
sont parvenus avec les débris de leur peloton à immo-
biliser les révoltés.
La fin héroïque de ces deux chefs est le signal de la
débandade de leurs hommes, de sorte que le passage de
la rivière n'est plus défendu. Il est huit heures du matin,
et Dhanis qui n'a plus autour de lui que quelques Euro-
péens et un petit nombre de soldats restés fidèles, mais
démoralisés, doit donner le signal de la retraite vers Irumu.
Il fait emporter son malheui'eux frère, qui succombe
quelques jours après. Les révoltés, à la suite de leur vic-
toire, possèdent près de deux mille fusils albini, plusieurs
— Ml —
milliers do cartouches cL un noiuhi-c considiM'ahlc de fusils
à piston.
Le 19 mars, la colonne arrive à Irumu. La disettes
l'empôche d'y resler, et la retraite se j)Oursnit. I^]lle est
troul)l('M> pai' j)lusieurs paid({ues provoquées par les sol-
dats tan^aïukas, au nombre do doux cents, amenc's jiar
le commandant lland)ursin (^t qui en profitent pour faire
défection. La colonne, ayant trouve'', la station de Mawambi
pillée par les déserteurs, marche vers Avakubi, oii le
commandant Henry vient d'arriver avec des renforts {V avril)
et s'emploie à reconstituer et à réconforter les troui)es.
Dlianis re^a^ne k^s Faits, avec Hambursin, le !'■' mars,
pour y organiser les moyens de résistance, et après s'èti'e
entendu avec le commissaire de district Malfeyt, il i)rend
la route de Kibonge, vers N^^angwe. Hambursin meuil
à la suite d'une attaque de fièvre hématurique.
Pendant ce temps les insurgés poursuivent leur course
vers le sud, détruisant tout sur leur passage, et campent
dans la grande plaine de la Lindi.
Marche du commandant Henry.
Le 7 mai, Henry accompagné de Derclaye, Friart, Kimpe,
Rewers et Sauvage, quitte Avakubi et marche contre
les révoltés. Le 17, il réoccupe Mawambi, où il installe
Rewers avec vingt soldats, puis il se porte le 7 juin sur
Kissenge, à la tête de trois cents hommes. En arrivant
à ce village, le 21 juin, il apprend que depuis trois semaines
les insurgés se sont retirés vers le sud. Il lance aussitôt
la colonne sur leurs traces jusque sur la haute Lindi.
Cependant un des détachements des révoltés a fait une
incursion dans la vallée de la Semliki, a même franchi la
frontière de l'Etat et attaqué le fort anglais de Katwe.
Le lieutenant Sannaes, avec quarante soldats, rallie la
position, qui a reçu également un renfort de dix-sept
soldats anglais. Sannaes repousse l'attaque des révoltés
— 112 —
et le 12 juin, il rejoint à Mukambi, le commandant Henry.
Le 28, la colonne campe à Kwa-Beni, et dès le lende-
main, elle reprend sa marche.
Combat de la haute Lindi; 15 juillet 1897.
Les 12 et 13 juillet, la colonne rencontre quelques soldats
ennemis égarés, qui lui apprennent que les révoltés ne les
ont ({uittés que depuis deux ou trois jours. Le 14, Henry
découvi'e un camp abandonné le matin môme, et entend
des coups de feu tirés dans les montagnes environnantes.
La colonne serre de près les révoltés, et par une marche
de nuit, parvient à se porter à trois cents mètres du
camp ennemi, derrière une petite colline dont la crête
permet de dissimuler les troupes de l'Etat et d'effectuer
les reconnaissances préparatoires à l'attaque.
La colonne se propose de fondre sur l'ennemi dès l'aube.
Le bruit d'une chute d'eau, d'au moins quarante mètres de
hauteur, contribue à favoriser l'embuscade. Pendant la
nuit, un boy fait prisonnier déclare que les révoltés sont
campés en deux fractions, de forces à peu près égales,
séparées par une distance d'une lieue environ: l'une a pour
chef un nommé Kalula; l'autre qui se trouve en face des
troupes de l'Etat est commandée par l'instigateur même
de la révolte, Kandolo.
A quatre heures et demie, la colonne prend ses dispo-
sitions d'attaque. Le lieutenant Derclaye et le sergent
Sauvage, son adjoint, déploient leurs deux cents hommes
le long de la lisière même du camp ennemi, de façon à
envelopper la position. Aucune sentinelle ne garde ce côté
du camp, et pas un seul révolté ne se doute de la pré-
sence de nos soldats.
Le commandant Henr}' , suivi par les lieutenants Sannaes
et Friart, avance avec le reste de la troupe comme réserve.
— 1 13 —
Soil (Mlvil'Oll (I(M1\ ('(Mil cilKHlIIllIe IlOIlIlIlCS. Le S('ri!(Mll
Kiinjx* (4 (|U('l(|ii('s lioiiiiiics ^ni-dcnl le oiiiii).
L'action ('oimiKMicc, à ciiKj licui'cs du iniilin cl csl
si fondi'oyanto (jik* les iVîVolkiS uc iiciiiiciiL rpriiii (piarl
d'iKMirc. Us pi'CMiiiGiil la l'iiito dans la dircu-Lioii du second
camp, abandomiant roininc^s et l)afi-a^-os, la réserve de car-
t(Miclios et i)liisiours fusils albinis. Hcniy rassoin])lc ses
ti'oupes sur la i)osition même.
A sei)t lieur(^s, il est menacé par le deuxième camj).
Cette atta(fue, faite [)ar des troupes beaucoup supérieures en
nombre, est si im[)(3tueuse que la première li^ne plie sous le
choc. A ce moment criti([ue, Henry fait sonner " En avant »
l)ar tous les clairons. Les blancs donnent rexei:i;)le d'un
couraiî'e et d'un dévouement admirables en courant sus à
l'ennemi et en entraînant leurs soldats, excités i)ai' le dan-
ger imminent. Sainiaes tombe frappé, à bout i)ortant, d'une
balle d'albini. Les révoltés perdent pied et prennent la
fuite dans toutes les directions après trois heures d'un
combat acharné. La poursuite ne dure qu'une demi-heure,
car les troupes sont harassées.
Après cette brillante victoire, qui fait tomber entre les
mains du vainqueur une grande quantité d'armes et de
munitions, Henry reçoit ordre de se diriger vers le Nil,
avec le plus fort détachement possible.
Dhanis prend ses mesures pour exterminer les révoltés.
Une colonne, commandée par Doorme, le docteur Meyers,
les lieutenants Tombeur, Mellaerts, x\dlerstràhle, Paternos-
tre et De Geuninck, se dirige de Nyangwe vers le nord,
par Micici, Shabunda et Kaware-ware, pour se mettre à la
recherche des révoltés.
Au cours de cette marche, Doorme apprend que l'ennemi
a réparti ses hommes en trois bandes: l'une comptant
trois cents soldats, vient d'être envoyée dans la direction
du Tanganika; une autre, composée de six cents hom-
— 144 —
mes, se trouve à Boko, enfin, à deux journées de mar-
che du village campe Kandolo avec un millier d'iiommes.
Combat de Boko; 23 décembre 1897.
• Doorme demande vainement des renforts. Ne recevant
aucun secours, il attaque l'ennemi, le 23 décembre, à Boko.
Sa troupe est disposée en trois colonnes: le docteur Meyers
au centre, le lieutenant Adlerstrahle à droite, l'adjudant
De Geuninck à gauche. Les révoltés essuient une défaite
sanglante et perdent leur chef Saliboko, mais ce succès
est assombri pour nous par la mort du lieutenant Mellaerts.
Les survivants de la bande rebelle parviennent à s'échap-
per et à rejoindre un autre groupe de révoltés, celui de
Kandolo dont l'effectif, grâce à cet appoint, est porté à
douze cents fusils environ.
Combat de Piani Kikunda; 10 janvier 1898.
La colonne Doorme qui ne compte plus guère que cinq
cents soldats, inflige des pertes sensibles à l'ennemi, dans
l'engagement qui a lieu, le 10 janvier 1898, à Piani Kikunda,
et où Kandolo trouve la mort. Mais après quatre heures
de combat, elle a brûlé toutes ses cartouches et doit
se retirer, en l)on ordre, sur Kasoko, à l'ouest.
La route vers Nyangwe est ainsi ouverte aux révoltés.
Dhanis envoie Glorie à Micici, où il compte se rendre
lui-même le 20 février. Le lieutenant Van de Moere est
chargé de former une colonne de quatre cents soldats à
Kasongo et de prendre également la route de Micici.
Pendant que ces combats se livraient au nord de Nj^angwe,
de véritables catastrophes se produisaient à l'est de cette
région. Ne se rendant pas compte de l'importance et
du nombre des bandes révoltées qui sillonnaient la
contrée, le chef de la zone du Tanganika avait donné
ordre au lieutenant Dubois de marcher avec cent hom-
mes vers U\ h\r Kivu. Surpris ]yAv le groupe (|(» rovoll,('s
ori<4"in;ures du 'r;iii^;inik;i, owlvr K;iss(;^(i (t\ Hii'isi, ;mi
nord du hic, I)ul)()is cl IrciiU'. liomrrKis furent ni;iss;i('.r(''S le
lo n()\(Mid)r(' 1897. Le eapiL:iine Tieleninns recucîillit ù
Karonvwe Ic^s soldais (|ui punniL écluippei' au (h'^saslre,
et s(^ porta à iM'Towa, où le coniniandant Dehci'^li avait
décidé de concentrer la dél'ense.
Heureusement, en prévision de la marche des révoltés,
une colonne s'organisait à Kasongo sous la direction des
lieutenants Van de Moere et Stevens. A l'arrivée du cour-
rier du capitaine Tielemans, annonçant la mort tragirpie
du lieutenant Dubois, cette colonne l'ut dirigée sur le
lac Tanganika, sous les ordres du commandant Long.
Forte de cinq cents hommes, elle quitta Kabamhare le
14 décembre. La troupe installée le 2 janvier 1898 chez
le chef Simorane est surprise par les mutins pendant la
nuit. Vers deux heures et demie, une pluie de balles
s'abat sur le camp et tue le commandant Langhans, mais
grâce au sang-froid des blancs et à la cohésion des sol-
dats, l'attaque des révoltés est repoussée après trois quarts
d'heure de combat.
Les mutins se réfugient alors à Baraka, le 25 janvier
1898, quelques jours après le départ de Long.
La colonne du commandant Debergh, partie par voie
d'eau de M'Towa le 21 décembre 1897, était arrivée le
27 décembre à Uvira et avait réoccupé ce poste. Compre-
nant deux cents soldats, commandés par Deffense, Andrews,
Ghargois, Harinck et Mohonval, elle avait aussitôt pris
ses dispositions pour anéantir les vaincus de Simorane,
devenus les bourreaux des indigènes.
Combat de Kaboge; avril 1898.
A six lieues de Barako, la colonne se subdivise: un
peloton devait suivre la plage, tandis que l'autre devait
obliquer vers l'ouest, passer dans les montagnes, et atteindre
— 1 1() —
l'ennemi par derrière ou par le ilanc. Le peloton de réserve
avait mission de se ])oi't(U' au secours du ])e]oton, qui serait
le premier aux prises avec l'ennemi.
Le fort détachement du lieutenant Gharf,^ois, renforcé
par le peloton de Deffense, est attaqué au sud de Kaboge.
L'avantage d'abord se dessine du côté des insurgés. Les
troupes de l'Etat combattent pendant plusieurs heures con-
tre des forces trois fois supérieures, mais écrasées par
le nombre, elles doivent se replier, en bon ordre, sur
Kaboge, où se trouve la réserve. Celle-ci, au bruit de la
fusillade, s'est portée en avant, et fait sa jonction avec
les deux pelotons à mi-chemin de Kaboge. Les troupes
reprennent alors l'ofiénsive.
Après une lutte d'une heure environ, le désordre com-
mence à se répandre dans les rangs des rebelles et la déban-
dade devient générale. Les troupes de l'Etat rentrent le
soir à Uvira.
Défaite de la colonne du commandant Debergh; 18 mai 1898.
Les révoltés persistant à menacer Uvira et se disposant
à attaquer le poste, le commandant Debergh fait assem-
bler sa colonne, choisit cent trente hommes et se met en
marche dans la nuit. Le lendemain, 18 mai, il s'arrête à
cinq heures d'Uvira et fait camper sa troupe sur la plage.
Vers six heures, il se prépare à reprendre la marche
quand une grêle de balles vient fondre sur la colonne.
L'arrière-garde, commandée par le capitaine Tielemans, est
décimée. En même temps, le commandant Debergh est
atteint de deux coups de feu mortels. De nombreux soldats
sont blessés et tués et parmi les blessés on compte le
capitaine Tielemans. Les débris de la colonne se retirent
sur Uvira, qui est évacuée le 18 mai 1898 et la garnison
rentre à M'Towa.
Mais les troupes du lieutenant Glorie ont été renforcées
Leroi.
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i V'
Glorie.
DOOUME,
Clichés de rouvrao-c de M. Jenssen Tuscii, Skandinaver i Congo.
I
— 147 —
ot lo commandaiil Svonsoii a coiidiiil, à l'csl, une. l'orUi
coloiiiK^ La saison soiile, oiiipèclK^ lus loi-ces de l'I^laL
d'alLa(juer Kawaro-wan^ où so caiiloiincnl, les i(;voll»''s.
Renonçant à se diriger vei's Nyanpfwe, ceiix-ei se poilenl
vers Ivira. Le lieut(Mianl (llorie, asee Marciisseii (îl PiiUm'-
nostre et trois cent ving-t soldats, so poi-leiit (mi tout(i
hâte vers l'est sans attendre la colonne S\(uis()n, (jui
tient garnison à Shabunda. Le 11» mai, (Horici ai)i)ren(i quo
les révoltés sont dans le })ays de N'Gwese, à INîst des
montagnes de l'Utimbo et le 3 juin, il arrive à Lokandn,
à quelques jours de marche de l'ennenn.
Combat de Gwese; 17 juin 1898.
Le 17 juin, à huit heures et demie du matin, toute la
troupe Glorie se trouve au rang lorsque l'ennemi débouche
de la montagne à vingt minutes environ au nord du vil-
lage. Le premier peloton, conduit par Glorie lui-même, prend
la droite; le troisième, sous les ordres d'un officier, occupe
la gauche et le second garde le centre, un peu en arrière,
formant réserve. Les ennemis étant au nombre de six
cents, les forces de l'Etat doivent, dès le début, étendre
considérablement leur front en intercalant le second peloton.
La colonne, dissimulée dans un champ de manioc, s'avance
en ordre dispersé et ouvre immédiatement le feu. Elle
aborde la ligne ennemie par la gauche. Celle-ci ne peut
tenir longtemps, et un quart d'heure après l'engagement,
elle est en retraite sur toute son étendue. Une nouvelle
position prise par les révoltés, dans une bananerie, est
également tournée par Glorie. Les trois pelotons sont
ensuite disposés en colonne par le flanc, à des distances
de cent cinquante à deux cents mètres, et gravissent la
montagne où les mutins se sont arrêtés. L'ennemi réoccupe
alors son campement de la veille, d'où il tente un dernier
eff'ort. Chassé de là, il se disperse dans la montagne
sans plus tirer un coup de feu.
— 148 —
Les insurges laissent quatre-vingt-dix des leurs sur le
terrain; plusieurs Nyamparas et leur principal chef trou-
vent la mort dans ce combat. L'Etat perd vingt soldats;
trente-cinq autres sont blessés. Glorie lui-môme a été
gravement atteint d'une balle à la poitrine. Les vaincus
s'enfuient vers Uvira, afin d'y trouver un appui. Ils y
arrivent vers le 9 juillet, au nombre de cinq cents environ.
Le 18, la colonne Svenson, qui n'avait pu suivre et
soutenir Glorie, rentre à Kasongo où se trouve en ce
moment la colonne Doorme, reconstituée. La troupe victo-
rieuse va se refaire à Lokandu.
Le 20 juillet, Dhanis part pour Kabambare, où Svenson
doit lui amener ses trois cent ([uarante soldats et se
porter de là, à Sungula, à l'est. La colonne Glorie rem-
place Svenson à Kasongo. Le commandant supérieur a
ainsi plus de douze cents soldats disponibles pour marcher
contre les révoltés.
Le 5 septembre, le vice-gouverneur général Van Gèle
est chargé du commandement supérieur des opérations
et le baron Dhanis se met en route pour l'Europe. Mal-
heureusement Van Gèle tombe malade le 22 octobre et
est forcé de confier ses hautes fonctions au commandant
Long. Rentrant en Europe, il rencontre en aval de Nj^angwe
le baron Dhanis qui, prévenu à Lokandu, retourne assu-
mer de nouveau la haute direction de la campagne.
Le 27 octobre 1898, la colonne Svenson, privée de son
chef, forte d'environ trois cents soldats, placée sous le
commandement du lieutenant Stevens, arrive à Sungala,
sur les routes d'Uvira et de M'Towa.
Combat de Sungala; 4 novembre 1898.
Le 4 novembre, de grand matin, en plein l)rouillard,
Stevens est attaqué de tous les côtés à la fois par une
bande de rebelles; ses avant-postes se retirent en ordre,
le capitaine Hardy et le sergent Ardevel sont tués. Stevens
— i'V.) —
S(^ voit conli'n'ml, de bnlli'c en r(»,lr;ii(('. 1{:iss(îiii1)I;iiiI
(oui co qui lui rcslo do soldiils, il ï;\\l une, li'oiirc, rpii
lui coùto oucoro cinqunuto morts, cl ;iu houl d'niic heure,
pnrvioid i\ ;iiTÔler la poursuite d(^. r(*,nn(îuii. l'eu do
louips après cot éclioc, sur^'it, uialhourousonuMit (i"op tai-d,
le renfort promis, sous les ordi'os du lieutenant Alhan lo
Maire.
Prise de Kabambare par les révoltés; 13 novembre 1898.
Stevens se dirige vers Kabambare. Au cours de la retraite,
la colonne rencontre successivcniont une compagnie sous
les ordres du lieutenant Adlerstràhle et les troupes du
commandant Long, chef de Kabambare. Tous ces déta-
chements vont se concentrer dans cette place importante.
Le 13 novembre, le commandant Svenson meurt à Kabam-
bare. Le lendemain de grand matin les révoltés attaquent
la garnison, à l'improviste. Les chefs n'ont pas le temps
de grouper leurs hommes; chacun se défend pour son
propre compte, au hasard des circonstances. Ce combat
extraordinaire dure une heure. Finalement, les soldats
lâchent pied les uns après les autres et se dirigent vers
Kasongo. Environ huit cents hommes échappent à l'ennemi.
Les lieutenants Rahbeck et Sterckx sont tués, le lieutenant
Adlerstràhle est gravement blessé.
Le 20 novembre, la garnison de Kabambare atteint
Kasongo, où se trouve le baron Dhanis. Celui-ci réorga-
nise, tant bien que mal, ces éléments plus ou moins démo-
ralisés et en constitue deux colonnes. Il confie l'une d'elles,
forte de huit cent cinquante hommes, avec cent quatre-vingts
cartouches par homme, au docteur Meyers assisté du com-
mandant Sund, des lieutenants Delhaize, Peterson, Lind-
holm, Tandrup, Myrrhe et du sergent Bernard. La deuxième
colonne comprend cinq cents hommes sous les ordres du
commandant en chef lui-même, secondé par le commandant
150
Rue, qui vient d'arriver avec un renfort de Ponthierville,
et par le sergent Eyckermans.
Réoccupation de Kabambare ; 30 décembre 1898.
Tandis que le ijaron Dlianis se dirige par la grand'route
vers Kabambare, les colonnes Sund et Meyers suivent la
Luama pour envahir le poste par le nord. L'attaque com-
binée doit se faire le 31 décembre, à la pointe du jour.
Le 80 décembre, vers quatre heures du soir, les colonnes
Sund et Meyers apprennent que les révoltés ont, le jour
même, incendié Kabambare. Sans attendre des ordres ils
se mettent à leur poursuite sur la route de l'est.
Bataille de Bwana-Debwa; 31 décembre 1898.
Ayant marché toute la journée et toute la nuit, le doc-
teur Meyers, le 31, dans la matinée, entoure la position
des révoltés dans le village de Bwana-Debwa. Deux cir-
constances exceptionnelles favorisent ro])ération: l'absence
de sentinelles chez l'ennemi et un brouillard épais qui
couvre le plateau. Les soldats de l'Etat parviennent à se
glisser si près des révoltés qu'ils peuvent distinguer tout
ce qui se passe dans leur camp et môme entendre ce qui
s'y dit. Déployés en tirailleurs, le doigt sur la détente, ils
attendent impatiemment le monjent du combat. A six heures
et demie, au moment où le soleil perce le brouillard, le
clairon donne le signal de l'attaque. Assaillis, les mutins
prennent leurs postes de combat et répondent au tir; mais,
après cinq heures de lutte farouche, décimés par un feu
meurtrier, ils abandonnent leurs positions et se sauvent vers
le village de Lubilo, en un désordre épouvantable. Les
troupes de l'Etat remportent là un éclatant et définitif succès.
Mais leurs pertes sont énormes: quarante soldats sont
tués, quatre-vingts blessés. L'ennemi compte cent cinquante
à deux cents morts.
— ir,i —
Des doiizo coiUs l'ôvoltés, il nr resic plus mnintcnîiut
que qiK^hiuos conlniiK^.s do l'u^nrds, ((ui se canloiiiKml prrs
dos sources de la Luama, sur U\ \'orsaiil occidonlal do la
chaîne de montagnes liniilanl h^ bassin du Tanganika, à
peu de distance du mont Misosi.
La bataille de Bwana-Debwa porte un cou[) (b'cisir à
la rébellion. Cependant, des bandes erraient encr)ro dans
la partie du Manyema voisine du Tanganika. r>araka et
Uvira, notamment, restaient toujours entre les mains <les
révoltés. La campag-ne n'est pas terminée. Mais, avant de
marcher en avant, il faut attendre un ravitaillement en
cartouches.
Le 15 février, une reconnaissance rentre de Sungula et
annonce que ce point, abandonné par les révoltés depuis
quelques jours, vient d'être réoccupô par les troupes de
l'Etat.
Bataille de Sungula; 20 juillet 1899.
Le 20 juillet, les mutins au nombre de deux mille cinq
cents, y compris leurs auxiliaires, fondent sur le cam^)
de Sungula, commandé par Hennebert, et sur le poste de
Mifucho, occupé par Dhanis et Mohun. C'est la bataille la
plus sanglante qui ait été livrée aux révoltés.
Les éclaireurs et les avant-postes commencent le feu à
sept heures du matin. Hennebert arrête rapidement ses
dispositions de combat et lorsque les révoltés, croyant le
surprendre, arrivent comme un flot, entourant le camp
de partout, ils trouvent le personnel de la garnison à
son poste; les hommes sont tous pleins de sang-froid. Les
mutins se battent avec courage, pendant deux longues heures.
Les troupes de l'Etat se conduisent vaillamment. Sur
certains côtés du fort, les révoltés s'avancent jusqu'à vingt
mètres. Ils laissent trois cents morts sur le terrain. Battus
partout, ils se reforment sur une éminence à deux
kilomètres, d'où les troupes Hennebert vont les déloger
• — 152 —
et les rejeter vers l'est, dans une contrée désolée par
la famine et la variole.
L'Etat a vingt-cinq soldats tués et quatre-vingts blessés.
Aucun blanc n'est atteint.
Les Batctelas révoltés se dirigent alors vers le nord
du Tanganika, semant sur leur passage l'effroi et le car-
nage.
Au cours du mois de septembre 1899, Dhanis ordonne
une concentration des troupes de l'Etat au camp de Sun-
gula; il veut reprendre Baraka, où se sont installés les
rebelles après leur défaite.
Le 28, la colonne se met en marche sous le comman-
dement du commandant Hecq, chef de la zone de M'Towa.
Elle se compose des compagnies de Sungula (quatre cent
cinquante hommes, capitaine Hennebert et lieutenant Gon-
terio), des deux compagnies de M'Towa (deux cent cinquante
hommes), de la compagnie du capitaine Verhellen (cent
quatre-vingts hommes), soit en tout huit cents liommes,
avec quatorze Européens, deux cents porteurs, phis les
femmes et les bo^^s des soldats.
La route entre Sungula et le lac est mauvaise, très acci-
dentée, elle traverse des marais immenses. Aucun village
ne s'y rencontre et on n'y trouve point de vivres.
Combat de Baraka (Golfe de Burton); 8 et 9 octobre 1899.
Le 6 octobre, la colonne arrive au lac de Simiangulu,
un peu au sud de Baraka. Elle se remet en marche le 8
et vient de franchir la petite rivière Tambalo, lorsque,
à midi, elle est attaquée par les rebelles, cachés dans les
broussailles à une centaine de mètres de la rive gauche
de la rivière.
Dès le début de l'action, le feu est très violent, les
balles pleuvent. Les soldats montrent un courage et un
entrain extraordinaires. L'ennemi, vivement attaqué, est
refoulé, obligé d'abandonner le village et de fuir en désor-
— ir>;i —
(Iro, Inissnnt do iiombroiix morts sur le clininj) do l);il;ulle.
Peu d(^ lonips après, la colonne ai)[)r(ind (juo les rovol-
ios so sont (Hal)lis pros du villa^o mémo de Haraka, rlans
trois caniponients distants l'un de l'autre d'une lieue
environ, et qu'elle n'a eu affaire ({u'à une partie d'entre
eux. L'ordre est don(' donne de reprendre la marche et la
colonne se déploie en tirailleurs. Hientôt, la fusillade éclate
sur le liane de la colonne, dont les soldats ripostent avec
acharnement et se battent comme des lions. Cette fois la
lutte n'est pas longue : les rebelles lâchent pied rapide-
ment, laissant sur le terrain deux de leurs chefs et de
nombreux soldats.
L'expédition pousse alors vers le troisième village, qui
est pris d'assaut. Tous les habitants, hommes et femmes,
s'enfuient, en proie à une folle panique, vers les mon-
tagnes. La troupe campe sur le champ de bataille, le 8
et le 9.
Le 10, elle se remet en route vers Kaboge, où s'est
renfermé le principal chef des révoltés, Ghanguvu, ex-sergent
de la Force Publique; celui-ci commande à une centaine
de fusils, renforcés depuis la veille de tous les fuyards
des combats précédents.
Combat de Kaboge; 12 octobre 1899.
En arrivant le 11 au village, la troupe est prévenue
par les indigènes que Ghanguvu se cache dans les
montagnes voisines et qu'il compte attaquer les blancs
dans la nuit ou bien de grand matin. Le camp établi
au bord du lac, et à l'abri d'un coup de main du côté
de l'est, est solidement gardé vers la plaine. Des sen-
tinelles y sont placées, avec des instructions sévères, car
la nuit est sans lune. Elle se passe sans incident; mais
dès six heures du matin, la fusillade éclate de nouveau,
les premiers coups de feu étant tirés sur les compagnies
de M'Towa campées vers le nord. Ce n'est là qu'une
— 154 —
feinte, imaginée pour attirer l'attention de ce côté, car
bientôt un feu violent est dirigé sur la compagnie Verliellen,
qui défend le camp au sud. Elle tient solidement et
riposte avec le plus vif succès.
Le combat dure ({uatre beures. L'ennemi bat enfin en
retraite laissant à l'Etat vingt-six fusils et de nombreuses
munitions. Il compte quatre-vingt-dix tués, dont trois cliefs:
Cbanguvu, Piana Musungu et Kalikula. Du côté de l'Etat,
il y a quelques tués et dix blessés.
Battus, traqués, les derniers révoltés s'enfuient en pleine
désorganisation vers le nord, dans la montagne. La pour-
suite dure trois jours. Afin de l)arrer la route aux révoltés,
la troupe suit la plage du Tanganika.
Le 10 octobre 1899, la colonne du commandant Hecq
réoccupe la station abandonnée d'Uvira, à l'extrémité nord
du lac et les indigènes de la région se rallient à l'Etat
vainqueur.
Les relations entre Belges et Allemands, au lac Kivu,
étant très tendues depuis près d'un an et un conflit étant
à redouter, les troupes du commandant Hecq se mettent
en marche dans cette direction, le 14 novembre. Hecq
passe avec les Allemands une convention qui met fin aux
contestations.
Tandis que l'Etat remportait ces derniers succès, l'inspec-
teur d'Etat Ghislain était arrivé d'Europe pour reprendre
le commandement du baron Dhanis et avait organisé une
compagnie d'élite de deux cent cinquante soldats, encadrée
de quatre officiers. Terrassé par la fièvre, Ghislain fut
malheureusement forcé de rentrer précipitamment en
Europe (avril 1900).
Le baron Dhanis reçut avis d'attendre l'arrivée du com-
mandant Mali'eyt, désigné pour le remplacer. Continuant
à accomplir scrupuleusement sa mission, il se tenait au
courant des mouvements des révoltés, lorsque le 31 nuii 1900,
leurs bandes lui a,yant été signalées comme étant établies
Hecq.
Hknnebeut
De Bergh.
Malfeyt.
Clichés de l'ouvrage de M. .Jenssen Tusch, Shandinaver i Congo.
— 155 —
nu nonl-c'sl de Sun^-uhi, près de I'iiiil»;i, il s(î (lis[)()SO à
niarclKM- aussi tôt conlro elles. Il divise sa colonne en trois
groupes de façon à cerner les rebelles, à k^s i)ousser vers
le Tan^'anika et à les écraser. Mais les r(noltés ne résistent
^'uère et s'enfuient vers le nord-(^st en s(^ dispei'sant.
La canipai^'ne est tenniiK^e. La lutte a duré quarante-
trois mois et a exi^-é d'énormes sacrifices en hommes et
en argent.
Le 4 juillet 1900, Dhanis remet son commandement de
g'oiiverneur de la Province orientale entre les mains du
commandant Malt'eyt et rentre en Europe après un séjour
en Afrique, déplus de cinq ans, passés en majeure partie
à la poursuite des Batetelas révoltés.
Dhanis est actuellement capitaine commandant au régi-
ment des grenadiers, chevalier do l'Ordre de Léopold et
de l'Etoile africaine, décoré de la croix militaire de l'' classe,
de la médaille de la Campagne arabe et de l'Etoile de
service, officier de l'Ordre ro3'al du Lion, décoré de
l'Ordre de l'Epée de Suède de 1^ classe.
PUBLICATIONS:
Le district d'Upoto et la fondation du camp de l' Aruwimi . (Publications
de l'Etat indépendant du Congo, n" 3, brochure in- S", 44 p. et
Bulletin de la Société royale belge de Géographie, 1890, pp. 5, 45).
Flore du haut Congo. (Mouvement géographique, 1890, p. 25).
Faune du haut Congo. (Mouvement géographique, 1890, p. 269).
Carte de la région entre Luluabourg-Lusambo et Le lac Tanganika.
Renseignements fournis par Dhanis, etc. (Mouvement géographique,
1894, p. 106, et Congo illustré, 1895, fasc. 4).
Rapport au secrétaire d'Etat sur la campagne arabe dans le Manyem,a.
(Documents relatifs à la répression de la traite des esclaves, publiés
en exécution des art. LXXXl et suivants de l'Acte général,
pp. 11-42, et Congo illustré, 1895, pp. 25, 33, 41, 53, 60, lô^ et 73,
avec une carte).
— 156 —
— Tableau des observations de latitudes faites dans la région des chutes
entre Lutete et Popokabaka (Kwango). (Mouvement géographique,
1895, p. 87).
— La campagne arabe au Manyema. (Congo illustré. 1895),
— DiiAMS. Rapport sur rétablissement des postes de Uwangi, Upoto et
Yambinga. (Mouvement géographique, 1893, p. 65).
— L exploration et l occupation du Kwango oriental, d^ulletin de la Société
royale de géographie d'Anvers, 1906).
— La campagne arabe, (id).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— D'" HiNDE. Tlie fall of the Congo Arabs. (Traduction Avaert, Librairie
européenne, B. Muquardt, 1897, Bruxelles).
— DE Martrin Donos. les Belges dans V Afrique centrale.
— Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, ... pp. 172, 292, 449.
— La Belgique coloniale.
— Bu.TAC. L'Etal indépendant du Congo. (Falk, Bruxelles, 1899).
— Wauters. L'Etat indépendant du Congo.
— Mouvement géographique, 1894, p. 91.
— Mouvement antiesclavagiste. 1893-1894, p]). 379, 368.
— Van Eetvelde. Rapport au Roi-Souverain sur la cam^jagne arabe.
— Bulletin de la Société d'études coloniales. Novembre-décembre 1894.
Discours de Chaltin.
— Bulletin de la Société royale de géographie d'Anvers, tome XIX, }). 311.
— Congo Belge. 1896, 1897, 1898, 1899.
— A. J. Wauters. Campagne arabe du Manyema par le commandant
Dhanis. (Congo illustré 1894, pp. 153, 160, 1895).
— Jenssex Tusch. 1902, 1905, Copenhague « Skandinaver i Congo «.
— Rapport de Bhanis^ commissaire de district au gouvernernent-général.
(Bulletin de la Société belge de Géographie, 1892, p. 444).
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du Congo, 1880-1895, par A. J. Wauters):
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1887, LU, n" 10, p. 145).
— K)7 —
Heckku Jkhomk. De Vesrlavaffe arabe, et du rôle de l' Islam en Afrique.
(Vio on Afri(iiu\ cluii). \\X\', vol. II).
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La question arabe au Congo (Bull. Soc. Etudes Colon. 1894, i»|). ir)3-lî)();.
CoQUiLiiAT. Rapport sur l'évacuation de la station des Sla)dey Falls.
(Mouvement géograpliifiue, 1880, p. lOTj.
DiiANis (baron). Rapport de M. l'inspecteur d'Etat, baron Dhanis, au
secrétaire d'Etat sur la campagne arabe dans le Manyema. (Docu-
ments relatifs à la répression de la traite des esclaves publiés en
exécution des articdes LXXXI et suivants de l'Acte général,
pp. 11-42, et Congo illustré, 1895, pp. 25, 33, 41, 53, 60, 68 et 78.
Avec carte).
(iouDON Pacha. Journal — Sièg^ de Khartoum. Paris, 1886.
HoDiSTER. I^es Arabes sur le Haut-Cmgo. (Mouvement géographique,
1891, p. 83).
I^es trois dernières lettres. (Mouvement géograplii(|ue 1892, p. 82).
Lenz, D'" Oscar. Islam und Africaforschung. XIV, pp. 289, 292). (Aus
allen Wellt. 1883. XII, pp, 289, 292).
MuNZENBERGER E. F. A. Afi'ika und der Mohammedanismus . Frankfurt
a/M. Fôsser.
Picard. Edm. Aryens et Sémites au Congo. (Nouvelle revue internatio-
nale, 1894, pp. 98, 102).'
PoNTHiER. Rapport sur le combat du Bomokandi. (Indépendance belge,
n" du 25 mars 1892).
Saixt-Berthuin (de). Alexis Vrithoff. (Brux. Soc. de Saint- Augustin,
1893).
■ Seidel. Die Araber in Ost- und Mittelafrika. (Globus, 1889).
■ SiLVA White (Arthur). Islamisme et Christianism,e.{C\i'à\).\ àc, l'ouvrage
« Le développement de rAfri(jue n, pp. 155-192).
- Stevenson (James). The Arabs in central Africa and at Lake Nyassa.
Glascow. J. Maclehose and sons, 1888.
- Tobback. Rapport sur la révolte des Arabes du Lualaba. (Mouvement
géographique, 1892, p. 83).
- Tristram Pruen s. The Arab and the African : Expériences in Eastern
Equatorial Afrika dwing a résidence of three years. London. Scclcz
and C". 1891.
— 158 —
Ursel (Comte d'). Les Belges au Tanganika. (liull. de la Soc. belge
de «géographie, 1893. n" 1 et 1 br. de 24 p. Vander Au^ve^a, 1893).
Wauters a. J. La réoccupation des Stanley-Falls. (Mouvement géo-
graphi(|ue, 1888, pp. 74 et 81).
Wauters A. J. Les Arabes dans V Afrique centrale. (Mouvement géo-
graphi(pie, 1888, p. 93).
Wauters A. J. U invasion arabe dans le haut Congo. Le désastre de
la mission Hodister. (Mouvement géographi(|ue, 1892, }>. 79).
Les événements du haut Congo. (Mouvement géographique, 1892, p. 95).
L'expédition Hodister. (Mouvement géogra[)hi(jue, 1892, p. 99).
La Conquête du Manyema par le commandant Bhanis, avec une carte.
(Congo illustré, 1894, pp. 153-160).
WiSSMANN (L. von). On the influence of Arab Traders in West-Central
Africa. (Proceed. of the royal geogr. Soc, 1888).
Les Arabes au Congo. (Mouvement antiesclavagiste, 1893, n° 6, j). 238;
n" 7, p. 270; n" 8, p. 299).
Extension de l'influence arabe en Afrique. (L'Afrique ex})lorée et civi-
lisée, 1888, }). 40; Scottish geografical magazine, 1888, p. 312).
Les Arabes du haut Congo. (Congo illustré, 1892, j). 130; 1893, p. 138).
Les chefs arabes du haut Congo, (id.)., 1894, pp. 17, 30, 38, 46, 50).
La question arabe. (Mouvement géographique, 1893. p. 16).
La région arabe. (Mouvement géographique, 1892, p. 47).
La révolte des Arabes de Nyangvce. (Mouvement géographique, 1892,
pp. 65, 69, 81 et 92).
Les événements militaires dans la 2one arabe. (Mouvement géographique,
1893, p. 63; 1894, pp. 11 et 67).
L'état indépendant du Congo et les Arabes. (Deutsche Kolonial Zeitung,
1889 n» 32).
Les origines du mouvement arabe en Afrique. (Mouvement antiescla-
vagiste, 1893, ])p. 396, 403).
Tippo-Tip. (Mouvement géographique. 1885, p. 51 et The Anti-Slavery
Reporter. London. 1886, n» 6).
Mohammedanism and Sla':e Trade in Africa. (Science, 1888, p. 325).
Le retour de Vexpédition du commandant Jacques. (Tiré à part du
Mouvement antiesclavagiste, 1 br. in-8". Bruxelles, 1894).
FUCHS, FELIX.
Cliché (lu journal Le Congo.
FUCHS, FÉLIX, ALEXANDRE,
né à Ixelles, le 25 janvier 1858.
Docteur en droit, entre le l®'' juin 1887, au service de
l'Etat (département des affaires étrangères), en qualité de
directeur de la justice ad intérim, et s'embarque la pre-
mière t'ois pour le Congo, le 27 janvier 1888. Le 23 août
suivant, il est nommé directeur de la justice, juge sup-
pléant d'appel, et, à la mort de l'inspecteur général Gondry,
membre du comité exécutif, chargé de la direction du
gouvernement. Rentré en Europe le 15 juillet 1889, il repart
le 6 novembre de la même année, après un court congé.
En septembre 1890, il procède, en qualité de commis-
saire royal, à la délimitation des frontières de l'Etat et
des possessions portugaises. Le 24 mars 1891, à la mort
du vice-gouverneur Goquilhat, il est promu président
du comité exécutif; puis, nommé juge d'appel en mai 1891.
Durant le voj^age d'inspection dans le Haut-Congo du
vice-gouverneur général Wahis, Fuchs est chargé de la
direction des affaires à Boma. Il rentre en Belgique le
15 janvier 1892.
I
— IGO —
Le 21 juin 1892, il s'o]iil);ir([un à Lisbonne, on qualité
de (lirecLeur i^'énéi'al et esL adjoint au ^'ouverneur général
Wahis; il est nommé — on janvi(M^ 181>:i — insj)ecteur
d'Etat. De septembre 1892 au 1'" mai 1893, Félix Fuchs
remplit, une seconde fois, les fonctions de gouverneur
général pendant l'absence du titulaire et en juin de la
même année, l'Etat le charge d'une importante mission
dans le Mayumbé, l'immense foret qui couvre la plus
grande partie des territoires du Bas-Congo et qu'arrosent
le Tcliiloango, son affluent la Lukulla et son sous-affluent
la Lubuzi.
Dans sa première excursion de quatre semaines, Fuchs
est accompagné de Schoefer, ingénieur des mines, et du
sous-lieutenant Dupuis ; dans sa seconde exploration, il
est secondé par le professeur Laurent, de Gembloux.
Parti de Tchionzo, sur la rive droite du Congo, en face
de Matadi, Fuchs remonte au Nord d'Issanghila pour
obliquer ensuite vers le Nord-Ouest dans la direction de
Loango.
Il relève des altitudes de quatre cents, six cents et huit
cents mètres et étudie la flore, la faune, les richesses miné-
rales, ainsi que les industries et les coutumes des indigènes.
Dans un village, à l'extrême frontière nord du Mayumbé,
la caravane est reçue à coups de fusils. Les indigènes
veulent se venger d'une répression légitime que leur a
infligée jadis Rolin, lors de son passage en cet endroit.
Fuchs signale et consigne dans son rapport les riches-
ses végétales du Mayumbé. Il constate la disparition, quasi
totale, grâce aux efforts des agents de l'Etat, de l'épreuve
de la casque, jadis répandue dans cette contrée.
Le 25 novembre 1893, Félix Fuchs rentre en Europe pour
repartir dès le 0 juin 1894, chargé à nouveau de la direction
des affaires, pendant la durée du second voyage d'inspec-
tion du gouverneur Wahis (août 1891); il continue à rem-
— 101 —
plii' ('(^s li;nil(vs l'oiiclioiis pcMidiiiil le con^i^'L» de ('(diii-ci et
ne i-('\i('ii( (Ml l)el;4i(lii<' que le 18 iiovcnihrc». ISHn.
Poui- la c'iiKiuièiiKî l'ois ImicIis relounic en ArriijiK; cii
IS'.H); il est ai)i)olô à |)i'ésid(M* à Boiiia, la cour (rai)[)(3l
chargée de juger l'afrairc SLokes.
Son sixièuio départ date du 11 avril 18U7.
Félix Fuclis, nommé président du tribunal d'api)el, est
chargé d'unes mission d'inspection dans le Haut-Congo, et
une fois de plus le gouvernement lui confie les fonctions
de gouverneur général intérimaire. C'est en cette qualité
([u'il a l'heureux privilège de présider à ce mémorable
événement: l'inauguration du chemin de fer.
Rentré le 18 mars 1899, Fuchs représente l'Etat ind(''-
pendant du Congo, comme plénipotentiaire, à la conférence
qui se tient à Londres pour la réglementation de la chasse
et la protection de la faune, en Afrique.
De Londres, il rentre en Belgique, mais le l"^ juin 1900
il repart une septième fois, pour remplacer Weber, pen-
dant la tournée d'inspection que celui-ci fait dans la région
de l'Equateur et de Bangala. 11 est en même temps lui-
môme chargé de la mission d'inspecter les territoires du
Haut-Congo. Il parcourt pendant Aingt-sept mois la plus
grande partie du territoire de l'Etat, visitant les postes
principaux des Grands Lacs, remontant ensuite l'Uele et
poussant jusqu'au Haut-Nil pour redescendre par l'Ubangi.
Ce voyage ardu accompli, Fuchs revient en Belgique
le 2 septembre 1902, mais pour regagner une huitième
fois l'Afrique, le 25 décembre 1902, en qualité de prési-
dent du tribunal d'appel et de gouverneur général ad
intérim pendant la prolongation du congé du gouverneur
baron Wahis et ce au départ du vice-gouverneur Wan-
germée.
Il rentre en Belgique le 4 mars 1904.
Son neuvième départ date de 1907: Fuchs est appelé à
— 102 —
remplacer ix la direction du gouvernement local le colonel
Lantonnois.
Fuchs est chevalier de l'Ordre de Léopold, officier de
l'Ordre royal du Lion, de la Légion d'honneur et de l'Ordre
de Saint-Jacques de Portugal, commandeur de deuxième
classe de l'Ordre de l'Etoile polaire, décoré de la deuxième
classe avec plaque de la Couronne royale de Prusse et de
l'Etoile de service à sept raies, etc.
PUBLICATIONS:
Mœurs congolaises. (Société n'""'", octobre 1889).
L'Exploration du Mayumbe (Mouvement antiesclavagiste, 1893, p. 33).
Le Mayumbe. (Bulletin Société belge de géographie, 1895, pp. 5-24. Publi-
cations E. 1. C, n° 10, 1893.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Mouvement antiesclavagiste, 1893, 1894, p. 33.
Le Congo historique, diplomatique, p. 623-648.
Le Congo. Moniteur Colonial.
La Tribune congolaise.
GONDRY, HENRI,
né à Gniul, le 9 février 1845, décédé à Homa le 18 mai 1889.
Ingénieur honoraire des ponts et chaussées, directeur
d'administration aux chemins de fer de l'Etat.
Nommé inspecteur d'Etat, il s'embarque pour le Congo,
le G janvier 1889.
Gondry est le premier haut fonctionnaire appartenant
à l'administration civile belge qui se rende au Congo.
Il est chargé d'}^ prendre la direction suprême des
affaires, en remplacement du vice-gouverneur Ledeganck,
qui vient de se démettre de ses fonctions.
Dès son arrivée à Boma, le nouvel inspecteur d'Etat
se consacre, avec un zèle passionné, à l'œuvre si difficile
de l'organisation poHtique et administrative du nouvel Etat.
Séduit par la grandeur de la pensée royale, pénétré
des résultats brillants qu'on est en droit de lui prédire,
Gondr}^ relate ses premières impressions dans une collec-
tion de lettres empreintes du plus grand enthousiasme.
Il tombe malheureusement victime de son ardeur au
travail, le 18 mai 1889.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
Congo illustré: 1892. p. 52.
LEDEGANCK, herman,
né à Somerghem (Flandre Orientale), le 2 février 1841.
Consul général de Belgique à Bata-
via, puis à Cologne.
Lorsque l'œuvre du Roi, après des
transformations politiques diverses,
fut officiellement reconnue par les
puissances comme Etat, — existant en
fait, depuis les premières expéditions
de l'Association internationale —, le
principal souci du gouvernement fut
d'organiser administrativement ces
nouvelles contrées acquises aux bien-
faits de la civilisation.
Les membres du corps consulaire belge, qui de par leurs
fonctions, passent de pays en pays, étudiant les législa-
tions diverses qui régissent les peuples, au milieu desquels
ils sont forcés de résider, étaient tout designés pour
assumer la lourde tâche de présider aux destinées du
nouvel Etat, à ses débuts dans la vie politi([ue.
— 105 —
Ai)ivs \c s(H:()n(l séjour (U* (îaiiiillc Jansscii, ;ni (>oii^'0,
(Ml (|u;ili(('* (l(^. <^"()uv(M'n(nir ^•én(»ral, Lcdo^'îmck, consul ^^(\\\r-
r;il (l(^ lîc^lj^ifjiK* n (lolo^iie, fui choisi coniruc. chef du
i^ouverncmont local.
Nommé vice-g"ouverneur général, le 31 janvier 1888,
Lcdegaiick s'eml)ar([U(^. le (> février do la mémo année
pour prendre possession de ses hautes fonctions.
Il ne les rem])lit pourtant pas lon^i^-temps et rentre en
Europe dès le 19 mai 1889.
En 1893, il est consul i^fénéral, chargé d'affaires au
Venezuela, en 1895, consul général chargé d'affaires au
Siam, et en 1899, consul général et chargé d'affaires à
Buenos-AjTes, puis ministre résident pour la Répuhlique
Argentine, le Paragua}^ et l'Uruguay. Il est actuellement
consul général à Tunis (Algérie Tripolitaine, Tunisie).
Commandeur de l'Ordre de Lôopold, décoré de la Croix
civique de première classe, décoré de deuxième classe de
l'Ordre du Buste du Libérateur de Venezuela et de la
Couronne de Siam.
PUBLICATION :
Le commerce cV exportation, (rapport au gouvernement belge 1882.)
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
Congo illustré: 1893, p. 177.
LANTONNOIS, albert, bruno, amedée,
né à Mons le 19 juin 1852.
Entre à l'Ecole militaire en avril 1870, est nommé sous-
lieutenant le 8 avril 1872, adjoint d'Etat-maJor le 10 décem-
bre 1877 et est désigné pour le 1'" régiment de guides. Promu
au grade de lieutenant aux grenadiers le 30 novembre
1878, il passe quelques jours plus tard au S"" régiment
d'artillerie. Peu de temps après, le lieutenant Lantonnois
est nommé aide-de-camp du général de Savoye, puis des
lieutenants généraux Siersaeck et baron van Rode de
Scliellebroeck.
Il est capitaine commandant le 21 juillet 1889 et adjoint
à l'Etat-major de la 3'' division d'armée en 1892; major
le 27 juin 1897; lieutenant-colonel le 26 septembre 1901.
Colonel le 26 septembre 1903, il est appelé à la tête du
ge régiment de ligne à Anvers, puis au commandement
du régiment des grenadiers.
Elevé au grade de vice-gouverneur général de l'Etat,
le colonel Lantonnois s'embarque le 4 mai 1905, avec le
baron Wabis.
En 1906, il se rend au Kasaï en tournée d'inspection.
Colonel au régiment des grenadiers, officier de l'Ordre
de Léopold, décoré de la Croix mililaire de première classe,
du Faucon blanc (Saxe-Weimar) de première classe, et du
Lion et du Soleil de Perse de quatrième classe.
LANTONNOIS, ALBERT.
Clichô (lu Journal Le Congo.
VAN GÈLE, Alphonse.
VAN GÈLE, ALPHONSE,
né à Bruxelles, le 25 avril 1848.
Enf^-agé comme volontaire au S" régiment de ligne en
18G7, il est nomme sous-lieutenant en 1872, lieutenant au
3« régiment de ligne en 1878, et ol)tient le brevet d'adjoint
d'État-Major en 1881.
S'étant mis au service de l'Association internationale
africaine, il se rend au C^ap de Bonne-Espérance, le
6 mai 1882, et y affrète un voilier destiné à transporter à
Banana un contingent de 200 Zanzibarites recrutés par
Valcke. Il arrive à l'embouchure du fleuve, le 3 juillet
de la même année, puis, à Banana, Vivi, Isanghila. De là,
il navigue vers Manyanga. Van Gèle est chargé, avec
Valcke, de la mission de transporter à Léopoldville des
pièces démontées du petit steamer Association interna-
tionale Africaine et de construire une route sur la rive
gauche.
En octobre 1882, Van Gèle part avec Valcke, suivi d'une
escorte de 200 Zanzibarites. Il entre en rapports avec les
chefs indigènes, afin de créer une ligne de communication
— 168 —
sûre jusqu'à Leopoldvillo. Il se rend clioz Lutete, chef
du district de N'Gomljc, et y fonde la station de Lutete,
poste important situé sur la rive sud du Gong-o, un peu
en amont de Manyang-a (d5 octobre 1882). Il conserve le
commandement de cette station jusqu'en avril 1883, époque
à laquelle Stanley l'appelle pour entreprendre avec lui la
reconnaissance du Haut-Congo.
Le 9 mai, Stanley, accompagné des lieutenants Van Gèle
et Goquilhat, quitte Leopoldville avec tous ses steamers:
En avant, Eclaireur, Royal et A. I. A. Le personnel
est de sept Européens et 07 noirs. Stanley arrive le
14 juin 1883 à l'Equateur, prés du Ruki, et donne l'ordre
à Van Gèle de s'y établir.
Par des prodig-es d'habileté, Van Gèle, assisté de Goquilhat,
parvient à y construire une station modèle, dont il est nommé
commandant. Il est proclamé chef des Baroumbe, à la
mort du souverain de cette peuplade.
Pendant que ses adjoints s'appliquent, avec une activité
fébrile, à installer la station, Stanley explore la Lulonga et
le lac Tumba. A peine rentré à Leopoldville, il remonte
le fleuve jusqu'aux Fa Ils.
Le 29 septembre, Stanley revient à l'Equateur, et lui,
d'habitude si sobre d'éloges, ne peut s'empêcher de témoi-
gner sa grande satisfaction à ses adjoints.
A propos de cette station, édifiée dans un espace de
temps si court et avec des ressources si minimes, il fait
dans un de ses ouvrages la relation suivante:
" Voilà, enfin, une station qui répond à mon idéal:
^ une communauté de soldats-ouvriers où la discipline
î' est parfaite, où les eff'orts sont réciproques, où les
» chefs, doués de sang-froid, de zèle et de prudence, savent
^ mettre assez de bonhomie dans leur manière d'être
« pour se concilier les aborigènes et les employés noirs,
» et assez de dignité pour empêcher toute familiarité
— 169 —
^ vuI<^':iiro, loul. ()iil)li (1(» C(îs disliiictions sociales qui
^ exislcnl. rorcéniciil. (MiIi'c des lioiiiiiK's insli'iiils (;L (l(;s
- Ijarharos.
- Si jamais rAssociatioii inlxMMialionalo frapjx) dos iriédail-
•^ les |)()iir l'ck'onipensor le travail el, l'a pplica lion, la première
:•> revient aux lieutenants Van Gèle et (>)quilliat, fondateurs
î' de la station de rE({uatcur. ^
Van Gèle reconnaît en pirogue le cours du Ruki.
Au mois d'août 1884, Van Gèle prend part à l'expédi-
tion de Hanssens dans l'Ubangi. Ce voyage de six jours
est fécond en résultats; il assure la possession des deux
rives de TUbangi.
Vers la fin de l'année, Hanssens confie à Van Gèle la
mission de se rendre aux Falls et d'3^ conduire des
approvisionnements. Van Gèle, avec Van den Plas, chargé
d'organiser la comptabilité des stations, quitte le poste
de l'Equateur le 20 novembre et s'arrête à Iboko. Bien
avant d'arriver à l'Aruwimi, il remarque déjà l'attitude
terrorisée des populations; celles-ci l'avertissent d'une
récente attaque des Arabes contre les Basokos. Rien ne
permet d'apprécier encore les intentions réelles des Arabes,
mais, puisqu'ils se sont avancés, au mépris des conven-
tions conclues avec Stanley et Hanssens, au delà des limites
tracées, la situation commande un redoublement de pru-
dence.
Le 20 janvier 1885, Van Gèle arrive en vue des villages
basokos, au confluent de l'Aruwimi. Les indigènes ont fui
et un camp arabe palissade, formant deux carrés, s'élève sur
l'emplacement de leurs cases. Les Arabes accueillent Van Gèle
avec des démonstrations d'amitié. Une lettre de Westor
vient rassurer le lieutenant belge sur le sort de la station
des Falls.
Cinq jours après la réception de ce message, l'expédi-
tion de ravitaillement atteint les Stanley-Falls.
— 170 —
Toute la contrée en amont de l'Aruwimi est affreuse-
ment désolée, les populations se sont sauvées de toutes
parts.
L'expédition, à peine débarfjuée aux Falls, Tippo-Tip
envoie son neveu Racliid porter ses salams au lieutenant
et lui annoncer sa visite pour le lendemain. L'accueil cordial
fait à l'Arabe impressionne Tippo-Tip, qui, le jour-même,
se rend auprès du lieutenant Van Gèle et lui témoif.'-ne le
vif désir de nouer des relations amicales avec les blancs
établis sur le fleuve, lui promettant de cesser ses cruelles
chasses à l'homme (').
A la mort de Hanssens (décembre 1884), Van Gèle est
nommé commandant du district de Haut-Congo.
Il quitte le haut-fleuve pour revenir avec les Zanzibarites,
dont le terme est expiré. En descendant le fleuve, il conclut
avec les chefs indigènes de nombreux traités, au nom de
l'Association internationale du Congo et assure à celle-ci
la possession de 25 nouveaux districts.
Van Gèle revient en Europe le 15 nuii 1885.
Le Roi le nomme chevalier de son Ordre.
Le séjour de Van Gèle en Europe est de courte durée
Le 5 juin 1885, il repart pour le Congo avec le titre de
commandant du territoire compris entre l'Aruwimi et les
Stanlej^-Falls. Il part de Lisbonne à bord du Caho Verdc,
arrive au Congo le 25 juillet 1885, et atteint Léopoldville
le 2G octobre suivant.
Souffrant de la fièvre, il est forcé de reprendre le chemin
(1) La paix promise ne dure que dix-huit mois. Le 24 août 1886, la
station des Falls, commandée par Deane et Dubois, est attaquée et tombe
au pouvoir des Arabes. La question arabe est décidément posée pour l'Etat;
mais la nomination de Tippo-Tip en qualité de vali des Falls (1887) en
retardera encore pendant six ans la solution violente.'
— 171 —
(lu pays. Il s(\jouriio qiiol(|ii(', Iciiijis ;i MîKJrn^ cl, r(;vienl
à Hrux(*ll('s, ('oniplrleiucnt rôUihli, l(^ ir> iïi;ii iS8(;.
L'inlivpido vo^'a^'cur ({uillc la I)ol^i(|U(' i)()ur la lioisièmc
l'ois, lo 29 juin 188(), ou ([ualiU'^ do coiumandaul dos lor-
riloiros siluôs eulro riliiiil)ii'i (il los Falls.
Ayant ou connaissauco dos imporlanls rGnsoifj;"nomonls
rapporiôs par los oxpôdilions Haussons ot Grordoll, concor-
nant r[IJ)ani»i, lo oôlôhro gôo'^raplio A. .1. Waulers, diroclour
du Mouvement géographique, à Bruxelles, avait émis, avec
beaucoup de sagacité l'hypothèse de l'identification des
rivières Uelo, de Schweinfurth, et Ubangi, de Haussons (').
Frappé do la vraisemblance de cette observation, le
gouvernement de l'Etat charge Je capitaine Van Gèle de
reprendre l'exploration de l'Ubangi au delà du 4° do latitude
nord et do la compléter jusqu'à la solution du problème.
La mission de Van Gèle consiste également à conclure
des traités avec les chefs des territoires compris entre la
rive gauche de l'Ubangi et le 4° de latitude nord.
Le 2 août 1886, Van Gèle s'embarque à Léopoldville, avec
le lieutenant Liénart comme adjoint, à bord du Henry
Reed, de l'American Baptist Society.
Le commandant du poste français de Koundja prétend
leur interdire l'accès de la rivière. Van Gèle invoque la
liberté de navigation, décrétée pour le Congo et ses affluents
par la Conférence de Berlin, et poursuit sa route.
A Bissongo il retrouve, en possession du chef N'Koko,
le traité de 1884, portant sa signature ainsi que celles de
Haussons, Comtois et Amelot.
n relève comme seuls affluents jusqu'au 4^, sur la rive
gauche: le Ngiri, qu'il remonte jusqu'à Mikoutou ; l'Ibenga,
appelé Botako par Grenfell; sur la rive droite: le Lobay.
L'Ubangi mesure à son embouchure environ 2,500 mètres
(1) Mouvement géographique 31 mars 1885.
— 172 —
de largeur, sa plus grande profondeur est de cinq brasses.
Ayant pénétré sur le territoire de Ba-Atis, il conclut un
traité avec le chef Ekwala. Les populations le long du
fleuve sont cannibales; elles refusent de vendre les mal-
heureux destinés à être immolés.
Après plusieurs tentatives pour franchir la série des rapi-
des de Zongo, l'expédition, arrêtée par les hautes eaux qui
empêchent de découvrir la passe, retourne vers l'aval et
explore successivement le Lobay, l'Ibenga et le Ngiri. Dans
la première de ces rivières, à 40 milles de l'embouchure,
une chute lui barre la route ; l'Ibenga est remonté sur une
distance de 60 milles jusqu'à un barrage d'arbres.
Le Ngiri, appelé Loy par les indigènes, a un courant
faible et une eau très noire. Son cours est excessivement
sinueux. Plusieurs villages sont sous eau. Les rives sont
couvertes de forêts marécageuses, entrecoupées de canaux
et d'étangs. La vallée présente des plaines herbues. En
général, l'accueil est pacifique.
Revenu à Léopoldville, le 29 décembre 1886, Van Gèle,
à bord du Henry Reed, explore la Lulonga et le Lopori,
deux affluents du Congo. Il remonte le Lopori jusqu'à
Ken go.
A la suite d'un entretien avec Stanley, Van Gèle décide
de tenter une reconnaissance vers l'Uele, en remontant
ritimbiri, de façon à atteindre la zériba d'Alikobo, point
extrême visité par Junker en 1883.
Ce projet échoue par suite du manque d'approvisionne-
ments ; Van Gèle ne peut s'avancer que jusqu'à la chute
de Loubi et redescend l'Itimbiri. Rentré à l'Equateur, le
11 mars 1887, il renvoie le Heniy Reed à Léopoldville
aux missionnaires.
Van Gèle se rend auprès du gouverneur-général Janssen,
à Boma, qui autorise l'expédition vers l'Uele par l'Ubangi.
En novembre 1887, Van Gèle se trouve avec un canot
— 17:3 —
à va[)(Hii', l'^ii (ir(nit{'), cl uno ^riindo |)iroyii(', ;iiix r;i[)i(los
(le Zon<j;-o, sur le. Doua (Ubari^i).
AyanI, aUoinl les rapides qui avaient arrête toutes les
expéditions précédentes, Van Gèle, à Lord de la pirog-ue,
(explore cet obstjicle et parvient ensuite à faire passer
VEn A'vcoil, démonté de ses roues, en le lialant au moyen
de câl)les. Le sleamer franchit également les chutes de
VElcphant. Il faut vingt jours de travail" pour parcourir
la distance de vingt milles, entre Zongo et Mokoangai.
L'expédition navigue sur un bief du fleuve non encore
visité par les Européens, ayant une largeur de 8 à 900
mètres, et passe devant les villages de Bakanghy, Mombati,
Banzy et Mombongo, sur la rive gauche; Bourakas et
Madourous, sur la rive droite.
Elle aborde ensuite le territoire du peuple Banzy.
Le rapide de Gétéma est franchi assez aisément. Sur
la rive droite, se dessine l'embouchure de la rivière Bangasso.
Bientôt la population Yakoma se montre hostile. La cargai-
son aj^ant été déchargée dans un village, pour passer
un rapide, les indigènes se figurent avoir à faire à des
marchands du Soudan, et attaquent le lieutenant Liénart;
ils sont aussitôt châtiés et le village est brûlé. L'expédi-
tion se trouve à ce moment par 21'' 55' de longitude.
Parvenu au méridien 22° 30', entre le 4° et le 5» de lati-
tude N., point où se rencontrent les rivières MBomu et
Uele, qui forment l'Ubangi, Van Gèle résoud le problème
de rUele en constatant l'identité de cette rivière avec le
cours d'eau découvert, dans son cours supérieur, par
(1) Ce même steamer En avant, sorti des ateliers Cockerill, avait
fait le voyage du Pool aux Falls. 11 avait servi à la reconnaissance des
lacs Léopold II et Mantoumba par Stanley, du Sankuru par Wolff, de la
Mongalla, de l'itimbiri, et à la découverte de l'Ubangi par Hanssens.
171
Schweinfurtli. Il transforme ainsi on certitude g'éog'raphique
l'hypothèse formulée par A. J. Wauters.
Pendant une halte forcée provoquée par une réparation du
steamer, l'expédition est attaquée, avec une énergie tenace,
par des troupes de Yakomas et assaillie par une flottille
de pirogues.
Le steamer, heureusement mis sous pression, peut se
dégager et retourner vers l'aval, après trois assauts vic-
torieusement repoussés. Les eaux ayant baissé, le retour
s'effectue assez péniblement.
Van Gèle se rend à Equateurville le 1 février 1888, puis
à Léopold ville. Il est chargé de conduire aux Stanley-
Falls l'expédition préparée par Liévin Van de Velde, qui
vient de mourir.
Cette expédition, ({ui est destinée à réoccuper et réorga-
niser la station des Falls est composée du lieutenant
Bodson, du sous-lieutenant Hinck, et de Steel man, secré-
taire du vali Tippo-Tip. Sur ces entrefaites, Steelman.
atteint de maladie, se retire à Lukungu et est remplacé
par le lieutenant Alfred Baert.
Le 28 avril, l'expédition quitte Léopoldville; le 15 juin
1888, elle prend possession des Falls. Cette station, primi-
tivement établie par Stanley dans l'île Usuma, est recon-
struite sur la rive droite du fleuve, un peu en aval du
premier emplacement. Van Gèle y installe Bodson et Hinck.
Ceux-ci exécutent les premiers travaux, en attendant l'arri-
vée du résident oflficiel, le capitaine Haneuse.
Van Gèle visite le camp de Yambinga, qui contient
l'arrière-garde de Stanley sous les ordres du major Bar-
thelot. Sa mission achevée, Van Gèle rentre, à bord du
steamer Le Stanley, à Léopoldville, le 12 juillet; en chemin,
il rencontre le lieutenant Haneuse, qui monte aux Falls
pour y prendre la direction de la station. Le 15 septembre
suivant. Van Gèle revient en Belgique.
— 175 —
Jmi janvier 1<S81>, \'an GbU\ est (•liar<j('\ par \() Hoi, de la
mission de ])oiirsiiivre surruban^i cl, ses alïluonls s(^s décou-
vertes antérieures II s'emhaniue à Anvers, le O f('vrier 18X9,
avec le ^Tade d'inspecteur d'Ktat.
Le 21 mai 18S<.), rexi)édition Van Gèle quitte Léo})old-
ville à bord de ÏLn arayit et de V Associai i(ni. intcrnfdio-
nalc Africaine. Van Gèle est accompagné du lieutenant
du ^"énie G. Le Marinel, commissaire de district, d(;s
capitaines de steamer De Recliter et Sbagestr(")m, du capi-
taine Hanolet, du sous-lieutenant Busine,du sergent Scliaack,
de la Force publique, et de l'interprète Attard.
L'expédition touche à Bang-ala et remonte l'Ubangi ; elle
arrive le 25 juin à Zongo, où une station, devant servir de
base d'opérations, est fondée et placée sous le comman-
dement du capitaine Hanolet. V Association internationale
africaine faillit se perdre dans les rapides de Zong-o.
Van Gèle y capture deux pirogues qui échangent de
l'ivoire contre des esclaves. Les esclaves sont libérés, un
poste est fondé près du village de Mokoangai et laissé à
la garde du nyampara Osmani.
L'expédition arrive au centre important de Banzy, à
300 kilomètres en amont de Zongo. Le sous-lieutenant
Busine est nommé chef de la station.
Dans l'entretemps, monté sur Y Association internationale
africaine et accompagné de Le Marinel, le chef de l'expé-
dition complète, dans le courant de novembre 1889, l'étude
de la section du fleuve entre Banzy ville et Mokoangai,
par la reconnaissance de la rive septentrionale de la
rivière, rive qui n'avait été visitée par aucun Européen.
Il découvre l'embouchure de deux affluents: le Kuanga et le
Benghi, dans lesquels il pénètre et qu'il parvient à remonter
jusqu'à une certaine distance.
Le 7 décembre 1889, Van Gèle entreprend une nouvelle
exploration qui le conduit, cette fois, à l'extrémité du
— 176 —
cours de rinjangi, c'est-à-dire au point do jonction du Kengo-
Bomu et du Makoua-Uele. Il reconnaît le cours inférieur
d'un troisième affluent de la rive droite: le Kotto, rivière
signalée par Junker (Erganzungsheft Gotha, 1889).
Arrivé, le 12 décembre, à l'embouchure de cette rivière,
il y pénètre et longe successivement les districts de loko-
Timbi, de Bida et d'Aboualé. Arrivé à Bendè, résidence
du chef sakara Ganda, après une navigation d'une vingtaine
de kilomètres, il y rencontre les Sakaras. Des récifs le
forcent à revenir sur ses pas, il redescend et rentre dans
l'Ubangi.
Au mois de janvier 1890, Van Gèle revient chez les
belliqueux Yakomas de la rive droite, qui l'ont si ardem-
ment combattu en janvier 1888, et conservent une attitude
guerrière.
Parvenu à l'extrémité orientale de l'Ubangi par 4° 7' 49" de
latitude et 22*^ 36' 02" de longitude, l'explorateur se trouve en
présence de deux bouches d'à peu près égale importance (800
mètres de largeur). Du nord-est, descend la puissante
rivière Kengo, appelée aussi Bomu, qui n'est autre que
le Mbonio de Junker. Du sud-est, vient un autre imposant
cours d'eau, appelé le Koyou; c'est le Makoua de Junker et
rUele de Schweinfurth. La réunion de ces deux branches
maîtresses forme l'Ubangi.
Van Gèle reprend le chemin de l'aval et regagne Ban-
zyville, au commencement de janvier 1890. Il quitte ce
poste, le 11 mai, avec le lieutenant Le Marinel et De Rechter,
arrive au confluent du Kotto à Bendé, le 29 mai, remonte
la rivière et rend visite à Ganda, signe un traité d'amitié
avec le chef yakoma Dayo, son ennemi le plus acharné de
1887, et Bangasso, roi des Sakaras. L'expédition s'aventure
dans le Makoua (Uele) et est reçue par Prikissa, chef
des Abira et Bagozo.
Une grande station est fondée au confluent des rivières
177
Roiiui cl ÎIolo. Do H(M'hl(M' on roroil, lo (•oimiKindoiiioiit.
Vers lo '2.T ()o loiiiîiliKlo s(^ dresse uno soi'io d'oLshiclos
constituée \)<\v des bases rocheuses coupanl, la ri\iôre.
Les steamers sont condamnés à rimmobililo oX mis, à l'ile
de Bania, sous la ^arde de De Reclilor. Au mois do juill(;t,
le niveau des eaux remonte, les steamers (;ntr(;nt dans
rUelo, mais sont arrêtés au 22" 04' de longitude par d(îs
rapides infranchissables.
Van Gèle continue la reconnaissance de la rivière en piro-
gue, franchit la première ligne des rapides à Banalia
et la seconde à Bogazo; mais les derniers efforts de l'expé-
dition se brisent à la chute de Mokwangou.
Le point extrême atteint vers l'est par l'expédition
Van Gèle sur le Makoua-Uele, est donc la chute de Mo-
kwangou, par 23° 04' 27" de longitude. Il s'en est fallu
de quelques kilomètres que la zériba d'Abdallah, près
Alikobo, point atteint vers l'est par Junker, en 1883, et
par Roget, en 1890, ne fût relié à ce nouvel itinéraire.
Après s'être ravitaillé au camp de Yakoma, Van Gèle
se propose d'explorer le cours de la rivière Bomu et de
rendre sa visite à Bangasso. Après un jour de navigation,
l'expédition est arrêtée par la chute de Gouï et les steamers
rentrent au camp de Yakoma. Van Gèle reçoit la visite
de Bangasso, chef des Zien, et rejoint le chef à Mono-
boungou. Il rencontre, le deuxième jour de navigation,
toute une suite de chutes et de rapides auxquels il donne
le nom de Chutes Hanssens, en souvenir de son ancien
chef, qui le premier, en avril 1884, pénétra dans les eaux
de rUbangi. Van Gèle arrive à l'embouchure du Bali,
formée par trois petits cours d'eau.
Il est accueilli par le roi à Bangasso, sur la rive droite
du Bomu, par 4» 49' de latitude et 23'' 8' de longitude.
Après cette visite, Van Gèle et ses compagnons rentrent
à Banzyville. Ils ont fixé définitivement les origines de
— 178 —
rUbangi, décoiivortses principaux affluents vi fait, reconnaître
la souveraineté de l'Etat sur toute la région Bomu-Uele.
Au mois d'octobre 1890, Van Gèle apprend par un courrier
que Je capitaine Roget a fondé un poste sur l'Uele à
Djabir et reçoit l'ordre du Gouvernement de tâcher d'opérer
sa jonction avec lui.
En novembre, le commandant se remet en marche vers
Bangasso, car il dispose de forces trop faibles et doit avoir
recours à ce chef. Bangasso renforce la petite troupe
d'une vingtaine d'hommes. Après dix jours de marche
à travers la brousse et les forêts, et vingt heures de naviga-
tion en pirogue, au milieu des rapides. Van (lèle opère
heureusement sa jonction avec l'expédition de l'Aruwimi,
au poste de Djabir (3 décembre 1890).
Le lendemain de son arrivée, une troupe arabe, venant
des Stanle^'-Falls et marchant vers la Loïka, est signalée
à cinq jours en amont. Van Gèle réunit sa petite troupe
à celle du lieutenant Milz, chef du poste de Djabir, et les
deux officiers se portent vers la bande de pillards, qui est
poursuivie vers le Rubi et taillée en pièces à Majorapa.
Les Arabes supplient le résident de l'Etat aux Stanley-Falls
de leur accorder un libre parcours jusqu'à l'Aruwimi.
Van Gèle descend ensuite tout l'Uele jusqu'à son poste
de Yakoma: ce nouveau voyage lui permet de relever cette
rivière d'une manière complète, jusqu'à sa jonction avec le
Bomu.
Après un court séjour dans ces régions pour y consolider
les importants établissements nouvellement créés, Van Gèle
remet son commandement à G. Le Marinel et descend vers
Léopoldville, pour rentrer en Europe le 15 janvier 1892.
Lorsqu'éclatent, en juillet 1895, les premières mutine-
ries à Luluabourg, Van Gèle se met immédiatement à la
disposition de l'Etat indépendant du Congo. Ses services
sont acceptés, mais au moment où il allait s'embarquer
— 1711 —
arriva la nouvelle (|ii(' le (loinciMicnicii! loc;i| de Koiiiii
a\ail déjà |)()iir\n au ('oiiiuiaïKlcinciil des Ifoupcs dcsli-
néos à lull(M' <-(>iili"(' l(*s I (''\()ll(''s
Il l'cpaii une ('in([uiciii('. lois |)(»ur rAlVitpK^ en 1897,
(Ml (|ualil(' (!(' vico-gouvernour ^'ùiirral cl cliai'iiV' (1(î coopé-
l'ci', dans !(' Manyoma, à la r(''prossi()n cL à la soumission dos
Halololas iH'volLés de r(^x[)(''diLion Dlianis. Son pr'oinier
soin est d(^ renvoyer dans leurs foyers les hommes dont
ietermedeservicoestaccompli.il s'agissait de rassembler
les forces dispersées.
Voici quelle était, suivant le Mouvement anll-esclara-
giste, la situation dos forces de l'Etat et celles des révoltés
au moment où Van Gèle se trouve à Kabambr.re. ïi'ois
colonnes différentes marchent vers Kabambare, pour venir
s'y concentrer et opérer contre les révoltés: la colonne
Swenson, forte de 330 hommes, la seule qui n'ait pas encore
vu le feu et dont le chef est malheureusement immobilisé
par une atta({ue de dysenterie; la colonne Adlerstrahle,
comptant 380 hommes, et la colonne Alban Le Maire,
dont l'effectif ne dépasse pas 200 hommes. Cette dernière
vient de Lusambo, via Nyangwe. Los forces concentrées
à Kabambare dépassent donc le chiffre de 1.200 hommes.
Il y a, de plus, à citer pour mémoire les 200 hommes,
qui. sous les ordres du lieutenant Hecq, défendent Mtowa, la
seule station du lac Tanganika encore occupée par les
soldats de l'Etat, — les deux autres, Kivu et Uvira, étant
tombées successivement, plusieurs mois auparavant, entre
les mains des révoltés.
Les indigènes du Manyema, tant les Arabes que leurs
féaux autochtones, sont absolument dévoués à la cause de
l'Etat. Ils comprennent que le triomphe des révoltés ferait
rentrer le pays dans la barbarie.
Les révoltés se sont antérieurement divisés en plusieurs
— 180 —
])andes. L'une d'elles, commandée par le nyampara Chan-
^uvii, met en déroute le petit détachement de l'infortuné
lieutenant Deber^^li, assassiné par l'ennemi, vers lequel il
s'est avancé seul, audacieusement, pour l'exhorter à la
soumission.
Une autre bande étant venue en contact avec le détache-
ment commandé par le lieutenant Glorie, est dispersée par lui.
Glorie est blessé dans ce combat, qui est particulièrement
acharné.
Les révoltés battus par le lieutenant Glorie réussissent à se
reformer et se portent sur Uvira, occupe ])ar la bande
Ghang-uvu, après son combat victorieux contre les soldats
du lieutenant Debergh.
Un conflit se produit entre les deux groupes, et, chose
bizarre, les vaincus de Glorie battent les vainqueurs de
la colonne Debergh. La bande Ghanguvu, disloquée, se
réfugie à Baraka, au sud d'Uvira, situé également sur
les bords du Tanganika. Mais les chefs de l'autre bande
réfléchissent probablement que la division des forces rebelles
va faciliter la tâche des troupes de l'Etat chargées de les
combattre, et ils envoient à Baraka des messagers char-
gés de proposer la réconciliation, qui, après une longue
palabre, est scellée définitivement (').
Le vice-gouverneur général Van Gèle, donne à Long
l'ordre de s'avancer de Sungula pour porter à la con-
naissance des rebelles, par l'intermédiaire des indigènes,
les conditions que l'Etat met à leur soumission, et qui con-
sistent en leur désarmement pur et simple, avec l'auto-
risation de regagner leur \yàys d'origine. Long apprend
que les ennemis de la veille sont redevenus des amis et
qu'ils ne sont guère disposés à se soumettre.
Les rebelles sont alors au nombre de 600 à 700, tous
(1) Lire Lieutenant Colonel Blssie, p. 45,
— 181 —
armos (Tnlhinis, ol cliMcun (lisj)nsn i\o i;o ;i 70 cnrtou-
c'li(»s A ('(». iiioiiiiMil. poui' coiiihlc (le. iii;iii\, iiiKi m;ihMli(î
roiulroyiinlf' ()l»li<4'(^ V;iii (Irle. ;i rc'si^^iKU'. 1(3 15 octobre, 181)S,
s()ii ('()iniii;iii(l(^in(MiL (MiIi'(^ les iii;iiiis (l(î Lori^'. \a) ^^'ouvor-
lUMiKMil, iniiiHMliaUMiKMil, iiiloiMiK^ fiiil. nppe.l ;m dévouciiKiriL
(lu baron Dlianis, resté à Lokandii; ('(*.lui-ci accourt à
Kasson^o, où il rencontre, le 22 oct()])r(% le major Van (ièle,
([ui a (lu s(^ l'aire trans[)()rtei' en lianiac de*. Kabambare.
\'an (lèle esl actuellement lieutenant-colonel, adjoint
(rélat-niajor en retraite, ancien officier d'ordonnance du
Roi, cbevalier de l'Ordre de Leopold et de l'Ktoile afri-
caine, décoré de l'Etoile de service.
Comme temoi^na;^e d'admiration pour ses brillantes
explorations, la Société royale de Géo<^rapliie de lîruxelle.s
a décerné sa médaille à Van Gèle, le 24 février 1892.
PUBLICATIONS.
Les Indes africaines. (Mouvement, géographique 1885. p. 47.)
Notes sur le tabac. ( id. id. 1887, p. 43.)
Plan des rapides de Zongo. (id. ii" 8, mai 1887.)
Carte de la rivière Ngiri au 2,8r)0.000'-. (Id. 1887, p. 40.)
Carte de V Ubangi depuis son confluent jusqu'à Zongo, (public, de TEtat
indé[)eiulant du Congo.) (Id. u" 8, mai 1887, p. 42.)
Le cours de l' Ubangi entre Zongo et Yakoma au 350,000'". (Id. n" 22,
avril 1888.)
Croquis de la station de V Equateur (sur le Haut Congo, par Coquilhat.)
Le cours de V Ubangi. (BuUet. soc. belge géogr. 1888.)
L'exploration de V Ubangi-Boua-Coyou.) Bull. soc. roy. belge de géogr.
1889. XIII, n" 1, p. 5.)
Quelques observations d'altitude pour V Ubangi. (Mouvement géographi-
que 1894, p. 108.)
Der Ubangi- U elle in seinem Mittellauf V)07i den Zongo . — Stromschnellen
bis 22". 0. L. V. Gr. aufgenommen von kapt. Van Gèle ira Dampfer. ^En
avant V, au 1,500,000''. (Petermann's Mitt. 1888. Tafel 9.)
La découverte et l'occupation de r Ubangi. (^Bull. Soc. roy. Géogr. Anvers,
1906.)
— 182 —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES.
DE Martrin Donos. Les Belges dans l'Afrique centrale. T. II.
Chapaux. Le Congo hisior., diplomat.. \)\). 84, 104, 132, 167, 203,401.
Mouvement géographique 1884, p. 57; 1885, pp. 47 et 53; 1886, p. 11 ;
1887, pp. 21,40, 42, 87; 1888, pp. 37 et 81; 1891, p. 20.
Les premières explorations du Haut-Congo. Lettres inédites du capi-
taine Hansskxs. {Congo illustré 1892.)
Congo illustré. T. I, p. 33.
CoQUiLHAT. Sur le Haut-Congo.
A. J. Wauters. L'Etat indépendant du Congo.
L' Col. Bujac. L'Etat indépendant du Congo, p. 32.
Tippo-Tip. The anti Slacery reporter London (Moui\ Géog. 1885,
p. 53). 1888, n» 6.
La réoccupation des Falls. (Mouv. Géogr. 1888, pp. 74 et 81.)
Jenssen Tusch. Scandinaver i Kongo 1902-1905. Copenhague.
A. J. Wauters. Stanley au secours d'Emin Pacha Chap. VII.
Stanley, trad. (3érard Harry. Cinq années au Congo. Institut
national de géographie, Bruxelles.
Mouvement anti- esclavagiste. 1899, p. 3.
WANGERMÉE, EMILE.
Clieho (le 4 Tribune Congolaise.
\A/ANGERMÉE, émile, antoine, marie,
lié à Tirlemont, le 14 mars 1855.
Entre à l'Ecole militaire en 1871, et est nommé capitaine
en 1890. Capitaine-commandant du Génie, il s'embarque
pour le Congo le 17 avril 1893, où il est chargé d'aller
édifier à Shinkakasa, le fort qui doit assurer la défense
de la capitale et du fleuve, dans des conditions telles,
disent les instructions, que l'attaque doive nécessiter des
efforts si grands, qu'aucune puissance n'ait la volonté de
les entreprendre.
Wangermée peut en cette circonstance mettre à profit
l'expérience qu'il a acquise, sous les ordres de son illustre
chef le lieutenant-général Brialmont, dont il a été le col-
laborateur et l'aide-de-camp. En cette qualité il a pris part
aux études de la construction .des forts de la Meuse.
Tout en s'occupant de travaux de fortification, le com-
mandant Wangermée érige les pylônes qui supportent les
fils téléphoniques et télégraphiques reliant Boma à Matadi,
de la rive gauche à la rive droite du fleuve.
Rentré en Belgique le 10 janvier 1894, sa mission ter-
— 18-1 —
minée, le commandant obéissant aux ordres du Roi-Sou-
verain étudie les organismes gouvernementaux de l'Etat
et se met aisément à môme d'aller remplacer le gouverneur
général Wahis en tournée d'inspection dans le Haut-Congo.
Le 6 février 180G, Wangermée repart en qualité d'in-
specteur d'Etat, pour assumer les hautes fonctions de
chef du gouvernement local. Il est élevé au grade de vice-
gouverneur général le 11 avril 1897 et conserve la direction
du gouvernement, au départ de son éminent prédécesseur.
A peine vient-il de prendre en mains les rênes du pou-
voir, qu'éclate la fameuse révolte de la colonne Dhanis,
(|ui demandera des années avant d'être complètement
réprimée. Le vice-gouverneur général doit faire face — et
il le fait avec plein succès — aux difficultés énormes d'une
situation très grave.
Il inaugure la station du chemin de fer à Tumba
(180^ kil.) et rentre en Belgique, le 10 janvier 1898.
Après un congé de quelques mois dans sa patrie, Wan-
germée reprend, pour la troisième fois, le chemin de Boma
le G octobre 1898, ne fait qu'un court séjour dans la capitale
et entreprend une grande tournée d'inspection dans les
différentes provinces.
Son terme de service touchait à sa fin, quand une nou-
velle révolte éclate dans le Bas-Congo, au fort de Shin-
kakasa.
C'est le dernier écho des événements du haut de 1897,
l'émeute étant l'œuvre de rebelles qui ont été transportés
vers le bas-fleuve en 1897-1898.
Cette dernière tentative est vite réprimée et la plupart
des coupables sont châtiés quand le vice-gouverneur géné-
ral remet ses pouvoirs au colonel Wahis en mai 1900.
Wangermée rentre en Belgique le 9 juin 1900 pour repar-
tir une quatrième fois, le 21 février 1901 et reprendre
la direction du gouvernement local.
Ce quatrième S('jour se termine le 19 février 1903.
— 185 —
Le r> avril 11)01, le major W'aii^criiKHî s'cniharqiic à
Naph^s av(M' les soiis-lioutoiiaiits du iy(\nU) Diiwoz ol, Maiii-y,
coinnio adjoints, se rendaiil au (^)ngo [mv la côUî orion-
lale.
Il est chargé pai* le Roi-Souvei'ain d'une mission d'in-
sp(H'Uon dans \o Uaul-Cony'o oX i)ai'liculièremeiit dans la
])rovince orientale.
Want>-erm('e visite l'Enclave de Lado, descend vers le
Kivu et le Tanganika.
Il traverse la province orientale allant de Kason^o vers
le Lomami et le Kasaï j)our aboutir à Borna et rentre en
Belgique le 9 octobre 1905.
Voici en quels termes il décrit la région des volcans:
« Après six jours de marche, dans la foret de l'Ituri, nous
» fûmes assez heureux pour voir le dôme de verdure s'éclaircir et
» bientôt nous pouvions contempler les grands i)lateaux ondulés, qui
» vont jusqu'au lac Albert Edouard, coupés à l'Est par les monts
■r> de la Semliki. Là, nous entrions dans une contrée des plus remar-
» quables, car, c'est celle où l'on trouve les monts Ruwenzori, que
» les indigènes nomment NZororo et les volcans du lac Kivu,
» appelés Kirung'a. Ces hauteurs sont les points culminants des
» fortes arêtes montagneuses, qui viennent du sud du Tanganika
» et vont jusqu'au nord du lac Albert; entre elles se trouve une
» vaste dépression à laquelle on a donné le nom de « graben »,
» et dans cette dépression s'étendent plusieurs des grands lacs :
» le Tanganika, le Kivu, l'Albert Edouard et l'Albert.
» Parfois les volcans du Kivu se rallument et depuis le nord
» du lac Albert Edouard jusqu'au long du Tanganika on voit par-
» tout des sources salines, sulfureuses et thermales, dont certaines
» ont une température de 90° c; presque toutes les eaux des
» lacs ont, par suite, une légère salure et, en certains endroits,
» comme à Katioe^ l'exploitation des sources salées donne lieu à
» un important trafic indigène.
18G —
» Sur près de cent kilomètres, ce massif (monts Ruwenzori)
» s'allonge dans le sens du méridien et il porte ses sommets à
» près de cinq milles mètres de hauteur. Des glaciers et des
» neiges éternelles couronnent les pics supérieurs et les actions
» météoriques résultant de Texistence de cette zone froide font de
» ces montagnes un centre générateur de pluies incessantes, d'orages
» et de tempêtes.
» En s'éloignant de ceux ci, dans la direction du Midi, on arrive
» près des sources de la Rutschuru, à la chaîne des monts
» Mfumbiro, au milieu desquels se trouvent les Kirunga, volcans
» dont quelques-uns sont encore en activité
» Les grands volcans du Kivu sont au nombre de sept, dont
» deux donnent encore des traces permanentes d'activité.
» L'espace qui s'étend entre leurs pieds mesure environ soixante
» kilomètres de large et il est couvert de débris volcaniques.
« Nous traversâmes ces différentes zones les 18 et 19 décembre
» 1904, en faisant l'ascension du Tsha-Nina-Gongo ; les scories
» s'y trouvent à environ trois cents mètres du sommet, sur des
» pentes d'à peu près 45" qui nous menèrent vers l'altitude de
» trois mille huit cents mètres.
» De là haut, on dominait presque toutes les montagnes dont beau-
» coup .'^emblaient des taupinières; on voyait au S.-O le lac Kivu à
» environ trente kilomètres; au N -E., à près de cent kilomètres, la
» partie méridionale du lac Albert, vers lequel la puissante Ruts-
» churu traçait un léger sillon à peine perceptible dans la vallée ;
» au N.-O., nous portions nos regards à une vingtaine de kilo-
» mètres dans le cratère NyaMlagiro, d'où de nombreuses fume-
» rôles sortaient; dans l'Est, se détachaient les cimes neigeuses
» du Karishimbi et des autres volcans éteints; au S.-E., la vue
» nous était coupée par les colonnes de fumée sortant du cra-
» tère dont le diamètre était d'environ quartre cents à cinq cents
» mètres et la profond ur de cent cinquante à deux cents mètres. »
— 187 —
Va\ 11K)(), ^A^nii'^iM'iiKM' (juilU^ le sct'vicc de ri<]l;il du (Ioiilîï),
jxHii' pivndi'c*. la Jiîuile, dircclioii des ojx'i-alioiis dans le.
lri'ril()ir(^ du Kalanj^a, (mi (jualiU' de rcprc'scnlanl du ('omi'r
spcc'.dl. Il s'oinl)ai'((ue J(^ 'J<S jiiillcl, lliOi; à Soiilliaiiiplon, à
dcstinalioii du (^ap, d'où il ^a^ucra hi Zaïiihr/e par la voie.
tVrr/'O (jui (ravorso les diverses colonies an^Hais(»s de, l'AIVi-
(pi(^ australe. Au delà du Zamhèze, (pi'il IVanchii'a sur 1(; nou-
v(\ui poni ([ui vient d'èti'c^ inauii-ur(', il ii'a (mi li-ain jusfprà
Hroken-IIill, actuellement hi point terminus de la li^ni(^
Plus loin, la construction de la voie est activement i)oussée
jusqu'au centre minier de Kanshanshi, à (pielque distance
(1(^ la frontière an^'lo-congolaise.
Entre Broken-Hill et Kanshanshi, il n'y a plus ([ue c(>nt
ving-t milles que l'on franchit pedestrement en huit à
dix jours.
Wangermée est actuellement major du génie, officier de
l'Ordre de Léopold et de l'Etoile Africaine etc., décoré de
l'Etoile de service à cinq raies, de la Croix militaire de
première classe et de la Couronne ro3'ale de Prusse de
seconde classe avec plaque.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES;
Belgique coloniale^ 1904, p. 184.
Le Congo. Moniteur colonial^ 1904, p. 7.
Belgique militaire, 1903, p. 48, l'c partie.
Jenssen Tusch. Skandinaver i Congo.
INSPECTEURS D'ÉTATS.
BAERT, ERNEST,
né à Bruxelles le 12 août 1860,
décédé à Diingu (Haut-Uele) le 15 août 1894.
Sous-lieutenant au 1' régiment d'artillerie, il part pour le
Congo le 26 juin 1885.
Attaché d'abord aux travaux d'étude du chemin de fer
et à la brigade topographique, il est désigné pour la
station de Bangala et en prend le commandement intéri-
maire entre le départ de Goquilhat et l'arrivée de Van
Kerckhoven.
Au départ de Van Kerckhoven, en mars 1886, le com-
mandement intérimaire de la station de Bangala est confié
à un agent anglais Ward. Mais son séjour à Iboko est
de courte durée. Le 23 avril 1886, Baert prend la direction
du poste en attendant le retour de Goquilhat. La situa-
tion est difficile. Le 23 mai Baert constate la disparition
d'un de ses haoussa qui s'est enivré chez les NGombi et
a été capturé. D'où lutte avec ces derniers, derrière Mpoum-
bou et incendie de leur village. Au cours de l'engage-
ment, un haoussa est tué et décapité, un autre est hor-
BAERT, ERNEST.
Cliché (le l'ouvrage de M. Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, etc.
I
— 180 -
rililciiKMil hhvssr. \.o c\\rï de I;i sl;i(inii oliliciil r(''|i;ii';irK)ii.
An mois (fiioùl sui\;iiil, (]()(|iiilli;il l'cprciid le coiinii;!!!-
(UmiumiI (TlhoRo ; iii;tis (|(^ S('|»t(Miil)i'<' l.SSC) ;'i 'ptiixicr ISST,
I>a(M'l i'xovcc une Iroisiriiic lois ces lonclioiis, (jl n inio
nouvdle adaire à souliMiir à iMpoiiiiihoii.
Baort so disliii^^iK^ pai' Tc^xploi'alioii du llaiil-Moiij^ala
(novembre 1<S8()). Diiraiil soixanle-six heures de iiaviiraliou
à vapeur il r(Miioiil(* \o, cours de la rivièn^, (pii par une
vaste courbe, descend du Nord-Est.
A ])()rd de l'A. LA. il découvre successivement les
Alioida, qui l'accueillent très bien dans leurs villages
palissades, le 'j!:\\n\\)(i KScunhi (Juarg'u, Unjocko, Uluiif^-onisj;
les BiisokOy peuple nombreux et ilorissant, faisant le com-
merce de sel indigène; et les méfiants BakiUu. Attaqué
par ces deux dernières peuplades, Baert les repousse ainsi
que les Mabalis, qui cherchent à s'emparer du vapeur.
Vers le 2" 50' il pénètre chez les Sebi, tribu importante et
riche adonnée à l'industrie de fer, qui le reçoit à coups
de flèches.
La rivière n'a plus ici que trente mètres de largeur.
Le courant est rapide, presque torrentueux. La profondeur est
réduite à un mètre vingt-cinq centimètres. Vers le point
extrême atteint, le voyageur reconnaît que le Mongala est
formé par quatre branches, aux eaux de couleurs diffé-
rentes, variant entre le jaune et le noir et que des arbres
et de petites chutes barrent le courant. La rivière n'a
plus que vingt mètres de largeur et ses rives s'élèvent à
trente mètres en collines ferrugineuses.
Baert établira un poste quatre ans plus tard à Mon-
guandie, point extrême qu'il atteint en ce moment, le
r décembre 188G, au confluent de l'Ebola et de la Dua.
Il remonte l'Ebola et fonde la station de Mobuaka.
Lorsque la nouvelle de l'exploration du Mongala, que
Baert fut le premier à remonter jusqu'à son extrémité
navigable, parvint en Europe, elle flt sensation, car elle
— 190 —
montr.iil rinipossi]iilil(' d'idonlitier, comme certains iivo-
grapbes le pi'élendaient, le Mongala avec l'Uele.
Baert dirige la station d'Iboko pendant les voyages fré-
quents du chef du territoire, enrôle des volontaires, conduit
des convois et fortifie les relations avec les diverses tribus.
Steelman, adjoint du (M)nimandant Liëvin Van de Velde,
ayant dû abandonner, par suite de maladie, l'expédition
qui avait pour but de fortifier la station des Falls, est rem-
placé à Léopoldville par l'heureux explorateur du Mongala.
Van de Velde, venant à mourir à Lf'opoldville, A'an
Gèle consent à i)rendre la direction de l'exp^Hlition, pour
la mener et l'installer aux Falls.
L'expédition arrive à destination le 15 juin 1888, après
avoir ravitaillé à Yandjuya l'arrière-garde de Stanley,
commandée par le major Barttelot.
Baert fait en 1888, avec Tippo-Tip, le trajet entre le camp
de Yambuya et le village de Yamgambi.
Il rentre en Europe le 19 juillet 1888, et, à son retour,
est reçu à Ostende par le Roi et la Reine, qui le f('licitent
vivement de sa remarquable exploration.
Promu lieutenant, Baert repart le 18 mai 1889, avec le
grade de commissaire du district de l'Ubangi-Uele.
En 1890, il remonte la Maringa, pousse jusqu'au camp
arabe de Munia-Amami et installe un poste à Buru. Il
explore la Lopori jusqu'à Longoli et fonde la station de
Bassukussu, dont le commandement est donné à Lothaire.
Celui-ci est bientôt nommé commissaire de Ban gala et
Baert rentre en Europe le 30 avril 1892.
Le 6 janvier 1893, Baert se dirige une troisième fois vers
le continent africain, avec le haut grade d'inspecteur d'Etat.
Il est chargé d'aller prendre le commandement de l'expé-
dition de rUele, à la mort de Van Kerckhoven et s'avance
jusqu'à Dungu.
Il se dispose à rentrer en Euro])e lorsqu'il meurt des
suites d'une fièvre hématurique à l'âge de trente-quatre ans.
- 101 —
H;i(Ml ('(nil liouloniiiil ;in !'• riVinuMil, (r.-iiiillcrin, rhcviilici'
(lo J'Onlrc (If. I.c'opold cl de Tl^loilc iilViciiiiic, (If'coré de
l'Eloilo (1(* ^(M'\i('o à d(Mi.\ r;ii('s.
PUBLICATION:
Carte de la Movgala an 7S0.000''. Mouvcmnil (j(}o(jrapliiqHe, 1HX7, p. A?,.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
CiiAi'AUX. Le Cungo historique, etc., pp. 148, 219, 400, 441.
Mouvement géographique, 1887, p. 31; 1888, p. 87.
CoQUiLHAT. Sur le Haut Congo, appendice.
CAMBIER, ERNEST. FRANÇOIS,
ne à Ath le 24 juin 1844.
Lieutenant au 8® régiment de ligne, adjoint d'Etat-major,
il s'associe à la première expédition organisée par l'Asso-
ciation internationale africaine.
Cette première expédition belge en Afrique quitte Bru-
xelles le 15 octobre 1877, et débarque à Zanzibar, le 12 décem-
bre suivant. Elle se compose de Louis Grespel, capitaine
au 2^ de ligne. Arnold Macs, docteur en sciences naturelles
et de Marno, Y03'ageur autrichien, qui avait fait précédem-
ment de 1874 à 1870, deux voyages au Soudan et un troisième
au pays des Niams-Niams. Maes meurt dès le 13 janvier.
On décide de faire une reconnaissance de la route de
Sadani à Mpwapwa, avant de prendre une résolution défi-
nitive pour l'organisation de l'expédition et les transports
à l'aide de chariots attelés de bœufs. Cambier et Marno
partent le IG janvier sur deux daous, accompagnés de
cinquante nègres. Cette tentative avorte, le vent du nord
occasionnant de graves avaries aux embarcations. Cambier
revient à Zanzibar réclamer du secours.
Cambier et Marno fixent le second départ au 18 janvier
après-midi. Leur " betela v s'échoue sur un banc de sable,
annonçant la côte afi'icaine, et les deux Européens, por-
tés à dos d'homme pendant un trajet d'une lieue, atteignent
Sadani vers 10 heures.
CAMBIER, ERNEST.
liché de l'ouvrage de M. Ciiapaux, Le Congo historique, diplomatique, etc.
— lo:^, —
L(* LM j:invi(M\ \(ms liiiit Iicki'cs cl ilciiii du iii;iliii, l:i
])(Mil(' li'ouix' (l(* (';iiiil)i(M' se iiicl en iikii'cIic, cîiinix; ;i
Mdouiiii; le hMidcinaiii oWc. s'(mi1'()ii('(^ dans !'( )ii Sa^ai'ii, à
marches lentes, ronjx'es de liall(\s nombreuses, occasion-
nées par les accès de fièvre de leur Nyanipara.
Juscfu'à Manizissl l'escorle traverse», jungles cl prairi(;s,
sous des ondc'es subites (»l les rayons brûlants du soleil;
passe à Ngombe et rranchit un pont d'arbres à Kifourou.
Au delà de Ma^oubika, dont ils re[)artent le 20 janvier,
les voyageurs ont déjà de l'eau juscfu'à la cheville, pen-
dant qu'un soleil ardent fait haleter les porteurs exténués.
La caravane passe la Boukigoura. A Matoungou un orage se
déclare. Le l*" février départ de Kidoudoué; la jungle alterne
avec les ravines. Le passage de la Mvoué sur une passerelle,
effondrée en })arlie, demande plus d'une heure. Jusqu'à
MKongou la caravane fait vingt kilomètres ayant de l'eau
jusqu'aux genoux, puis jusqu'à mi-cuisses. Traversée de la
Kirouvou et de la Loukinndou (vingt mètres de largeur).
Le 4 février, continuation de la marche. On traverse
rOuamé, formant un torrent rapide d'une dizaine de
mètres de largeur, roulant sur des masses granitiques.
Après un nouveau mtoni, appelé par Gambier la Maliou-
loulou ou la Magroumi, la caravane, de la direction Ouest et
Ouest-Sud-Ouest, s'incline vers le sud-sud-ouest. Près de
Mvomero elle traverse la rivière du même nom.
Le 5 février, on chemine dans la jungle; un important
cours d'eau se présente, large de soixante mètres sur
vingt-cinq à trente de profondeur, c'est la MKindo. Le
lendemain c'est le Pori, dont on affronte les solitudes,
jalonnées de mares à moitié desséchées.
Le 7, Gambier et Marno arrivent à la limite extrême
de rOu Gourou et traversent l'Ouame. La caravane campe
sur la rive droite près du village commandé par un sul-
tan et où habitent des Makoas. Ges hardis chasseurs pour-
suivent l'éléphant et le bufïïe, munis seulement de fusils
à silex et d'arcs primitifs.
— 194 —
Dans rOu Sagarn, lo passage do la Mvoumi s'opère sur
un pont en rondins avec tablier de joncs.
La caravane francliit de nouveau l'Ouame au courant
tumultueux, lar^^e de vingt-cinq mètres. Etape dans la jungle
et passage de deux nouveaux cours d'eaux, la Msimba et
la Loonga.
Les hardis voyageurs arrivent à Koi Forhani et le 11
se dirigent vers l'Ouest où, pour la troisième fois, ils tra-
versent la Loonga, ayant de l'eau jusqu'aux genoux.
Le jour suivant, la caravane s'oriente vers le Nord et
le Nord-Ouest. Elle passe la MKondokoua, prolongement
rapide et majestueux du Ouame, où s'ébattent des trou-
j)caux d'hippopotames.
Le 13, elle gravit les hauteurs et traverse à gué la
Kontitandamere, large de plus de cent vingt mètres.
Les voyageurs poussent jusqu'à Kiora, terme de la course,
et y séjournent quatre jours. Les derniers bœufs succom-
bent à la fatigue et aux morsures des mouches tsés-tsés.
Les chariots sont abandonnés.
Le 16 février, Gambier et Marno quittent Kiora, avec un
voyageur suisse, Broyon, venant de Mpwapwa; ils appren-
nent en cours de route la nouvelle de la mort de Crespel.
Gambier est atteint de fièvre k Kirossa et à Koi Forhani.
La petite troupe peut accomplir en quinze jours le chemin
qui en avait réclamté vingt-quatre à l'aller.
Le 5 mars, à quatre heures du matin, Gambier et Marno
s'embarquent à Saadani et arrivent à Zanzibar vers deux
heures de relevée.
Marno quitte le service de l'Association. Gambier se
trouvant donc seul, l'Association lui envoie le lieutenant
Wautier, des carabiniers, et le docteur Dutrieux, ex-médecin
militaire belge établi au Gaire depuis 1872. A leur arrivée
Gambier avait préparé une nouvelle caravane.
Expédition Gambier: première expédition de l'A. L A. Fondation de Karema.
A la mort de Grespel, Gambier est chargé de prendre
— 195 —
le coiiiin;iii(l(Mn(Mil de rcxjxMlilion. Le liculciiMiil \\';iiilior
('()ni})lôlo ror^aiiisntion (^L l;i mise. oa\ inni'clio de l;i cani-
\:\\]{\ (M 1(^ 'JC) juin 1<S7S (jiiillc lîji^'jiiiioyo iivcc ({n;tl,f(»-
\in;L:(s soldais et (k)niesli([uos zan/ibariUvs (\l li'ois (•ciiL
vin<^'L-sei)t poi'UMH's. Lo 4 juillet, (^aiuhier, à peine r.-taMi
(riiii accès do lièvre, s(^ met en l'oute, passe le Kin'^ani
à environ trois lieuos de son embouchure et s'avance dans
la direction ouest-nord-ouest. Le 9, il manque à Kiron<^o
L> lieutenant Wautier, mais, le rejoint le 12 dans l'Ou Sa^^ara,
au pied des monts Pongouc». Les deux trou[)es réunies
comprennent cpiatre-vingt-seize Zanzibarites et environ trois
cent cinquante Oua Nyamouézis. La double escorte suit les
hauteurs séparant la vallée du Kingani de celle de l'Ouame.
Le 11, elle atteint Kingoua. Arrivés au village de Mvomero,
où la route bifurque, les Pagazis et les Zanzibarites se
prennent de querelle au sujet de l'embranchement à suivre
pour se rendre au village de Mpwapwa et trois cent
vingt-cinq porteurs désertent en un jour, emportant une
vingtaine des charges d'étoffes. A Mpwapwa la caravane
reçoit un accueil cordial des missionnaires anglais (8 août).
Gambier quitte Mpwapwa, le 12 août, avec soixante
Oua Nyamouézis et treize Zanzibarites.
Le trajet du Pori a lieu sans accident. Repartie de
Tchounio à six heures du matin, l'escorte arrive le len-
demain à Ndeboué, après dix-huit heures d'une marche
pénible à travers ronces et rocailles.
A Mvoumi l'escorte est arrêtée par de longues discus-
sions pour le tribut régalien (hongo), on tombe d'accord
après trois jours, pour une quantité de marchandises
équivalente à la somme énorme de trois cents francs. A
Matoumbourou, à Kididimo, à Ounzambois, à Mizanza, etc.,
nouveaux tributs dont le total ne s'élève pas à moins de
trois cents piastres. Gambier, en compagnie d'une forte
caravane arabe, se décide à passer par Mgondouko, situé
sur la limite du Mgonda Mkali, met douze jours, du 0
au 18 septembre, à traverser les steppes arides du Mgonda
— 1% —
Mkali. (^e désert a une importance spéciale, au point de
vue géograpliique, formant une espèce de plateau central
dont les eaux s'écoulent au N. vers la Méditerranée par le
lac Victoria et par le Nil; à l'O. dans l'Océan atlantique
par le Tanganika, la Loukoug-a et le (^ongo; à l'E. dans
l'Océan indien par le Roufidji et ses affluents.
La caravane exténuée et mourante de soif, parvint le
18 septembre à Ouyouy, premier villag-e indigène appar-
tenant à Mirambo.
Après une halte de six jours, les anciens porteurs rebel-
lionnés se décident à repartir. La traversée du Pori, qui
s'étend entre Ouyouy et TIiierra-Magazy, capitale de
Mirambo, ne se termine que le 27 et à une distance de
cinq lieues du premier village. Nouvelles prétentions des
porteurs à satisfaire.
Le 28, Gambier fait prévenir Mirambo de son arrivée.
Le 30 septembre, il est reçu par le sultan, et fait avec lui
l'échange du sang.
Gambier est pris d'un accès de fièvre à Selle Magazy (terre
de sang), capitale du Mouami, située sur l'ancien empla-
cement d'Ouliankourou (30'' longitude E. de Paris et 4*^
42' latitude S.)
('ambier attend le retour de Mirambo, parti pour une expé-
dition contre les Oua Soukoumas, peuplade habitant au S.
du lac Victoria-Nyanza. Mirambo revient le P novembre et
le 25, après des difficultés et des tergiversations sans
nombre, un de ses Nyamparas se met à la disposition de
l'explorateur pour recruter des Pagazis, mais n'en amène
qu'une trentaine.
Le 15 décembre Gambier apprend, par une lettre adressée
à Mirambo, le massacre de la caravane Penrose à Tchaïa ;
il se dispose à aller rejoindre Wautier, le 22 décembre,
à Ouyouy, mais, atteint de dyssenterie il reste à Selle
Magazy; puis se décide enfin à se rendre à Tabora, cen-
tre d'une puissante colonie arabe où sa caravane pourra
passer la saison des pluies, avant de chercher un empla-
cement convenable pour l'établissement d'une station. Wau-
— 1<.I7 —
t,i(M' iiKMii'l, 1(^ 1<J (l(H'(Miil)r(', (le (lysscnUîiic :ni hic Tcl);iï;i,
:ni villa^'(* do, llekini<^'ii. Le, (> jnnvi^M', (lîimhici- ni'iivc ;i
Oiiyoïiy ('L y rencontra lo D' DuIi-kmix ( I\\\ a Kiirouinho).
Nos compnlriolos reslonl à TmIx)!-;! de Janvier a mai,
rpoifiK^ à hujuelle Diilrieux r<'t()unie à la côlc. (iaiidiier
se i'(îln)iiv(^ uiK^ seconde l'ois seul |)oui' conduire Fcxpé-
dilion au but. Le IC) mai, ('.ambior ([uilt(\ avec cent soi-
xanle-({uatre char<^os, Mkangiievho, villa<^o situé à une iiouro
environ à l'O. de Tabora. où les Pagazis nouvellement
recrutés ont transporté leurs cliar<4es. Arrivés le 17 à
Mtiniousi les j)orteurs se dispersent et s'en retourn(3nt
dans leurs foyers; le 24 la caravane quitte Mtiniousi en
y laissant quatre-vingt-dix charges entières.
Gambier, sur ces entrefaites, reçoit l'ordre de P>ruxelles
de fonder une station dans la région de Mazikanil)a (Karema).
Nombreux démêlés avec les Pagazis qui se mettent en grève
du 2 mai au 8 juin, la plupart des hommes désertent et Cam-
hier est forcé de rester à Chikouro du 17 juin au 6 juillet.
Enfin, après une marche pénible de onze jours, à tra-
vers le Pori, qui sépare le Manyara de l'Ou-Gonda, Gam-
bier atteint, le 17 juillet, le village de Simba (Ou-Savira
situé sur la crête de partage du bassin de Malagarazi et
de celui du lac Rikoua), puis Ougoué. Le 22, il se dirige,
suivant un véritable calvaire, avec quatre-vingts charges
seulement, vers Karema. A Koulongou, surgissent de nou-
velles difficultés avec les porteurs.
Le 12 août 1879, après une marche de 12 kilomètres
vers le Sud, la caravane arrive au village indigène de
Karema, situé à la limite septentrionale de l'Ou Fipa. Une
chaîne de collines de 50 à GO mètres d'élévation court
parallèlement au lac et le sépare de la plaine dans laquelle
est située le village. A peu près au centre, un mamelon,
d'une altitude de cinq mètres cinquante centimètres au
dessus des eaux, fait saillie dans le lac, ménageant ainsi
au N. et au S. deux petits ports, complètement à l'abri
du vent et dont la profondeur est suffisante pour i)ermettre
108
aux plus ft'randes embarcations d'alLorrir. C'est sur ce
mamelon que Gambier va élever les constructions de la
station. A ses pieds s'étend à perle de vue l'immense nappe
du Tanpniika.
Parti de Bag"amoyo à la tête d'une troupe de trois cent
cinquante porteurs et de cent Zanzibarites, portée à cinq
cents par l'adjonction de quelques petites caravanes, Gam-
bier n'avait plus sous ses ordres, en arrivant à Karema
({ue vingt Oua Ngouanas et dix Africains engagés dans
l'Ou N3^aniembe.
Il séjourne à Karema jusqu'au 17 août, puis se remet
en route et le 22, il était de retour dans la vallée de Limba.
Son second voyage de l'Ou Savira à Karema s'effectue
dans des conditions beaucoup plus heureuses. Etabli depuis
le 15 septembre à Karema, il commence dès le 17, les pre-
miers travaux de construction de la station, mais est retardé
parla saison des pluies qui le condamne à l'inaction. Malade,
Gambier est relevé de sa lourde tâche, le 4 décembre 1881,
par l'arrivée de Popelin et Roger, dont la caravane s'est
jointe à celle de Ramaeckers à Kongo II remet son com-
mandement au capitaine Ramaeckers et part, le 10 décem-
bre 1890, pour la côte, par Kisjndi, Tabora et Mpwapwa.
Le retour de Gambier se fait dans des conditions excep-
tionnelles de célérité. En cinquante jours de marche, il
franchit, sans accident, les trois cent cinquante lieues qui
le séparent de Bagamoyo.
Il se rend en Egypte et de là en Europe.
A son retour en Belgique, le 23 avril 1881, Gambier est reçu
solennellement par la Société royale de Géographie d'Anvers.
Agent de l'Association à Zanzibar, 1882-1884.
S'étant marié en Belgique en 1882, Gambier repart avec
sa jeune femme le 17 mars de cette année pour Zanzibar,
avec la mission d'y organiser les expéditions belges qui
doivent aborder l'Afrique par la côte orientale.
Il y séjourne jusqu'au 30 mai 1885.
— lui) —
Collaboration à l'établissement du chemin de fer.
L()l"S(Hi(' r;iclivilr dos liel^'OS cnl \y.\ssr de hi cnlo de
Znn/ilini" aux boi'ds du (^on^^'o, les j)i-()iii()l('urs de Tcidrc-
l)riso du clKMuin (1(^ IVr drsi^ncnl lo capilaiiKi (]and)i('r,
— (jui a plcinonioiiL r('ussi, il y a sept ans, dans sa mission
dans rAfri(pi(^ orientale en londanL l\(nu'}}i(i, — })()ur diiif^er
les Iravaux (l'<''tudos, dont dé})endra, non seulement la
réussite de k^urs ])rojets, mais aussi colle de l'œuvre i)oli-
tique et ('eonomi(iue conçue i)ar le Koi-souverain.
La solution d'un ])rob]ème des plus compliquf'S se dresse
aux premiers jours de vie de l'audacieuse entreprise hel^e.
Entre Matadi et le Pool, au sud de la route suivie par
les caravanes, s'étend un pays inconnu, dont il n'existe
aucune carte et où aucun blanc n'a jamais pénétre. La
Compagnie du Goni^o, qui recherche la possibilité de
relier Matadi au Pool, par une voie terrée, donne l'ordre
à Cambier d'entreprendre le levé de la région des cataractes.
Candjier repart une seconde fois, pour le Congo, le 8
mai 1887, à bord du Vlaayideren, de la ligne belge Walford
et avec la plus grande partie du personnel de la double
expédition d'études et commerciale de la Compagnie du
Congo. Il débarque à Borna le 3 juin.
Le 12 juin 1887, il quitte Boma pour Matadi, point de
départ de l'exploration technique, à la tête de l'expédition
d'études du chemin de fer. Le directeur des études a sous
ses ordres comme chefs de brigade: le capitaine comman-
dant Zboïnski, Dupont, Liebrecht et Charmanne et six
ingénieurs: Vauthier, Vanderstraeten, Gilmont, Fabry, Lam-
botte, Bergier, Dumont. Il est escorté par une cinquan-
taine de soldats haoussas et cafres.
Les brigades topographiques ont à explorer la rive sud
du Congo entre Matadi et Léopoldville, c'est-à-dire sur
une distance d'environ deux cents kilomètres, à lever la
carte de la contrée et à rechercher le meilleur tracé pour
la voie fern'e à y établir.
Du 18 au 25 juin, Cambier effectue avec le capitaine
— 200 —
Thys, Liebrecht et Vauthier les premières reconnaissances
de l'expédition entre Matadi et Palabala pour tâcher de
résoudre la question du tracé du chemin de fer dans cette
partie du pays exceptionnellement difficile.
La seconde quinzaine de juillet est employée au levé
tachéométrique du tracé, entre Matadi et le confluent de
la Mpozo. Le rapport est fait à l'échelle de 1/1000. Dès le
25 juillet, Liebrecht, Gilmont et Lambotte ont installé un
camp près de la bouche de la rivière.
Le 8 août, tout le personnel s'embarque sur la Belgi-
que et est transporté sur la rive droite de la Mpozo, où
les études commencent immédiatement.
Dans les premiers jours d'octobre l'expédition d'études,
après avoir franchi le massif de Palaballa et la rivière
Loufou, arrive sur les bords du Lounionzo, où elle campe,
— le mois suivant elle pénètre dans la vallée du Kouilou,
affluent de la rive gauche du Congo, qui se jette dans le
fleuve, un peu en aval de Manj'anga-Sud.
Voici en quels termes s'exprime le Congo illustré à pro-
pos de ce voyage d'exploration technique, hérissé de dif-
ficultés, dans un paj^s inconnu-
« Pendant plusieurs mois, il (le directeur des études) paraît tout
» d'abord immobilisé devant la gorge de la Mpozo et le massif
» de Palaballa. Puis, subitement, avec la petite troupe, sous ses
» ordres, tournant les difficultés multiples du point de départ,
» quitte à y revenir ensuite, il pousse en avant, droit devant
» lui. Quelle est donc la bonne tee, qui le mène par la main,
» durant cette marche à l'aventure, à travers cette zone ignorée,
» à la recherche du meilleur et du plus économique tracé pour
» son chemin de fer? A peine a-t-il traversé une rivière qu'il
» trouve le col qui lui permet de passer sans ascension excessive
» dans le bassin de la rivière suivante. A peine a-t-il a obliquer,
» de temps en temps, soit vers le Nord, soit vers le Sud: une
)> nouvelle vallée est franchie, un nouveau col est découvert.
— 201 —
» Il est déroute' un moment, le jour où. avec sa brigade» il s'en
» va donner, au delà du Kouilou, contre \o. massif de Han^jou.
» Mais ce n'est (ju'une fausse alerte. \jn [xmi vers la droite,
» le massif tombant à i)i(', |)ermet à la eolorme de continuer sa
» marche heureuse et rien de l'arrête jus([u'à la i-ive (hi i'ool. »
Gaml)ier explore, en 18S8, la contrée ({ui s'étend (;nir(? la
Lukunga et le Pool, pousse jusqu'au bassin do l'Inkissi,
traverse le Loukoussou, atteint Kinshassa et étu(li(^ l'oro-
^•raphie de toute cette région.
Rentré en Europe le 20 août J888, Cambier repart une
quatrième fois pour rAfri({ue, le l'" juillet 1889, avec le
haut grade d'inspecteur d'Etat et fait l'intérim de chef du
gouvernement local.
Il revient en Belgique le 20 juin 1890.
En 1890, Gambier est nommé directeur, chef du scîrvice
technique de la compagnie du chemin de fer du Congo
et de la compagnie du Congo (1891), délégué des com-
pagnies belges dans le Bas-Congo.
11 est actuellement major en retraite, administrateur des
deux compagnies précitées; de la Société pour le com-
merce du Haut-Congo, et directeur-administrateur de la
compagnie du Katanga. Officier de l'Ordre de Léopold et
de l'Etoile brillante de Zanzibar; décoré de la Croix mili-
taire de première classe, chevalier de la Légion d'Hon-
neur, décoré de la Couronne de fer de troisième classe
(Autriche) et de l'Etoile de service à trois raies.
PUBLICATIONS:
— Conférence sw l'Afrique cent7^ale,in-S'>, 31 pp., 2 cartes. Bruxelles Cnophs
fils, 1881,
— Rapport sur les marches de la i^ expédition. (Association internationale
africaine, 1879, pp. 21-55; 65-84; 103-106; 113-115).
et Bulletin Société royale belge de géographie^ 1878, pp. 172-484.
— 202 —
Latitude de Kimpessé observée par l^ expédition d'études du cliemin de
fer. (MoLivoment groj^rnphicjiie, 1888, p. 100).
Eludes du chenùn de fer du Congo. (Raiiport avec 1 carte — Mouvement
géographique, 1888, p. 99).
Le chemin de fer du Congo entre Palahalla et la Lukunga. (l^uUetin de
la Société royale de (îéographic (rAnvcrs, 1889, pp. 3G6-375;. (Con-
férence donnée à Anvers le 2(5 avril 1889),
Le chemin de fer du Congo (Cambier, Vauthier, Charmanne et Thys).
(id. 1888, 9, n" 4).
Longitude de Karema (Bulletin Société belge de Géographie, 1881, p. 22.'6).
Le capitaine Cambier et la 1^ expédition de l'A. I. A. Wauters. 1880.
Sur les Bords du Tanganika. A. .1. Wauters. 1881.
Karema, i" station de l'A. I. A. Id. 1880.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Bec'ker La Vie en Afrique, 2 vol. ai)pendice.
DE Martrin Donos. Les Belges dans l'Afrique centrale, t. I.
L" Mouvement géographique, 1888.
Bulletin de la Société royale de Géographie d'Anvers, t. YI.
A. J. Wauters. L'Etat indépendant du Congo,
Bulletin de la Société belge de Géographie, t. VI.
Jacques. Expéditions envoyées au Tanganyka. (Bulletin de la Société
royale de Géographie d'Anvers, 1900. p. 65).
A. J. Wauters. Les expéditions de la Compagnie du Congo, 1887.
Rapport de la Compagnie du Congo. 24 novembre 1888.
CHALTIN, Louis.
(Cliché au journal Le Congo).
CHALTIN, LOUIS-NAPOLÉON,
né à Ixelles, le 27 avril 1857.
Entre à l'armée le 5 septembre 1873 en qualité de caporal-
fourrier au 10'' de ligne, régiment où il conquiert ses pre-
miers grades.
Est nommé sous-lieutenant au 3*^ régiment de ligne, le
14 juillet 1878, et lieutenant le 2(3 mars 1885.
Fait des études juridiques et est en 1889, secrétaire de
la commission chargée de reviser le code de procédure
pénale militaire; est attaché, en la même qualité, au par-
quet de la Cour militaire.
S'engage au service de l'Etat indépendant du Congo, le
18 janvier 1891, et s'embarque pour l'Afrique le 30 du
même mois comme lieutenant de la Force Publique.
A son arrivée à Boma, il reçoit sa nomination de chef
du district de l'Aruwimi, où se trouve installé le camp de
Basoko.
La prise des Stanlej^-Falls, en 188G, par les Arabes
avait permis aux esclavagistes de pousser leurs incursions
jusqu'à cette place; de là, ils pénétraient sur le territoire
— 204 —
que l'Etat leur avait interdit, débordaient par la droite
et empruntaient au retour la Lulu et l'Aruwimi pour
regag'ner le Congo et les Falls.
Prévoyant une révolte possible des Arabes et doutant
déjà quebiue peu de la fidélité de son vali aux Falls,
le célèbre Tippo-Tip, l'Etat avait songé, dés 1887, à organiser
lui-même la défense de son territoire. Dans ce but, le
Gouvernement avait décidé de créer de fortes positions
militaires au confluent de l'Aruwimi et du Fleuve II avait
prescrit au lieutenant Dlianis d'installer à Basoko, qui est
situé au point précis de ce confluent, un grand camp
retranché, dont l'effectif devait s'élever à six cents hommes.
Cette place fortifiée avait un triple rôle à remplir: 1° servir
de barrière aux envahissements des Arabes; 2" pacifier
la région et donner confiance aux indig-ènes ; 3"" constituer
la base des expéditions futures.
Le lieutenant Dhanis, accompagné des lieutenants Pon-
thier, Milz et Jacques, était arrivé, le 8 février 1889, à Hasoko
et, en six mois, avait à peu près terminé cette tâche con-
sidérable. Après le départ de Dhanis, ce fut Ponthier qui
mena les travaux à bonne fin.
Au mois de juin 1891, Chaltin prend le commandement
de Basoko, en remplacement de Fiévez, qui avait lui-même
succédé à Ponthier. Il est successivement promu com-
missaire de district de deuxième classe, le 1^^' février 1892,
et commandant de première classe, le l^'" mars 1893.
A ce moment, voici quelle était la situation de ce centre
d'opérations: établi sur un terrain entièrement conquis sur la
forêt, le camp de Basoko est entouré de cultures et renferme
de commodes maisons en briques. Des vivres y sont accu-
mulés, en quantité suffisante pour pouvoir soutenir un mois
de siège, et plusieurs centaines de mille cartouches gar-
nissent les magasins de munitions. Les murs du fort,
hauts de cinq mètres, construits en briques et recouverts
de pisé, sont crénelés. L'armement se compose de deux
oanons Krupp, (rune iiiiU'aillcuse Maxim vX (!<.' (jnalrc caiioiis
de bronze.
La station est entièrement entoui'ée d'un l)()ulevanl planté
d'acacias blancs, (lue bordent exlérieurennuit 1(îs baracjue-
iiicnls (1(^ la trou[)e, formant un trapèze dont le lleuvo
constitue un des grands côtés, (^lialtin niel, le camp dans un
état parfait de défense et prend toutes les mesures néces-
saires pour repousser une incursion évcMituelle des Arabes.
11 ordonne, notamment, la construction d'une tour carré(î
haute de douze mètres, qui sert à la fois d'observatoire
et d'élément défensif. Un steamer est toujours sous pres-
sion afin de pouvoir, au moindre danger signalé aux Falls,
transporter rapidement des troupes au secours du résident
de la station.
Dans le courant des années 1891 et 1892, Chaltin con-
tracte des traités d'alliance avec les cliefs indigènes et
les amène à résister aux attaques des Arabes; il livre
plusieurs condjats victorieux aux bandes arabes qui tentent
de franchir l'Aruwimi, et repousse celles d'entre elles
({ui se sont établies sur la rive droite de cette rivière.
Grâce aux nombreux postes qu'il fonde sur les bords
du Congo et du bas Lomami, il affranchit les indigènes
du joug que le chef arabe d'Isangi fait peser sur eux.
Le 5 mars 1893, Chaltin reçoit de l'inspecteur d'Etat Fivé
l'ordre de remonter le Lomami et de s'emparer de Bena-
Kamba et de Riba-Riba. Il s'embarque le 8 mars, à bord
de la Ville cVAnve^^s, avec le docteur Dupont, le sous-
intendant Coppée et le sergent Nahan. La colonne expé-
ditionnaire se compose de cent quatre-vingts soldats régu-
liers armés de fusils à tir rapide, et de cent indigènes
munis de fusils à piston ou de lances; elle emmène avec
elle deux canons Krupp de 7.5 centimètres. Le 15 mars,
le commandant quitte Liema-Yapoka, sur le bas Lomami,
arrive vers midi en vue de Yanga, abandonnée par les
Arabes, et y campe le lendemain avec quarante hommes.
— 20G —
Le 28 mars, Chaltin et ses adjoints arrivent à Bena-Kamba,
après avoir été ohli^^^-és do livrer maints combats aux
indigènes du Lomami (jui résistent, surtout ceux de la
région de Yanga, comme de véritables fauves défendant
leur tanière. Us ne veulent entrer en relations avec aucun
étranger, attaquant invariablement tous les bateaux qui
passent par leur pays, et s'opposent à ce que l'expédition
se pourvoie de bois à brûler. Voici deux exemples de cette
bostilité systématique.
Le 13 mars, la colonne était arrêtée à un coin de forêt
fraîcliement défrichée. La reconnaissance des environs
terminée, Chaltin fait placer des sentinelles armées de fusils
et ordonne aux Basokos et aux Bangalas de procéder à
la coupe de bois. Vers neuf heures du soir, deux coups
de fusil se font entendre, suivis bientôt de deux autres
détonations. On se précipite vers l'endroit d'où ils sont partis
et on trouve une sentinelle atteinte à la gorge et à l'aine
de deux flèches empoisonnées. Ces flèches retirées, de fortes
succions sont pratiquées, mais malgré les soins les plus
dévoués le blessé expire en quelques instants.
Deux jours après, le 15, l'expédilion faisait liai te à proxi-
mité d'une plantation de bananiers. A la tombée de la nuit,
pendant que les noirs préparaient leurs abris, une volée
de flèches s'abat sur le campement. Pas un indice ne
révèle l'endroit où se cachent les agresseurs. Le nombre
des sentinelles est doublé, et vers dix heures du soir,
Chaltin choisit une quarantaine d'hommes intelligents et
déterminés qu'il charge d'une reconnaissance dans les
environs. On parvient à découvrir le village hostile et le
lendemain, au point du jour, Chaltin s'y rend avec
cent soldats, laissant le reste à Ja garde du steamer.
Pendant quatre heures, il parcourt l'agglomération et les
alentours sous une véritable pluie de flèches. Habilement
dissimulés dans des bouquets d'arbres ou des amas fac-
tices d'herbes, derrière les maisons, dans les bananeries,
— 207 -^
l(^s indii^-onos tirent, [)iiis (lis|i;ii';iiss(Mit poin- Icjidrc imo.
nouvelU* enibuscado plus loin, ornimisiint ;iinsi une, vr;ji(;
<4"U(M'ill;i. Très li;i])iles et surtout très rusés, ils ;itt;iquont
(le préféroncc les lionnnes isoh'^s ou les groupes peu con-
sidénibles Enfin, vers midi, les indi^-ènes s'enfuient. Les
avenues du villai>e sont couvertes de llèclies. Avant le
combat, les natils y ont ])lant6 des ])ointes de bois acérées
et enduites de poison. L'hostilité des noirs se nianiTestait
ainsi de cent façons.
Le 29 mars, Glialtin quitte Bena-Kamba (»,t remonte le
Lomami jusqu'aux rapides de Lhomo. Dans cette localité,
l'expédition est accueillie avec enthousiasme parles babi-
tants, qui lui fournissent des vivres et des guides. ChaKin
y découvre la dépouille mortelle de Pierret, massacré en
mai 1892, et lui donne les honneurs de la sépulture.
Le 2 avril, dans la matinée, Ghaltin, sans attendre les
renforts qu'avant son départ il a demandés à Bang-ala et
à Equateurville, se met en route pour Tchari, où un camp
arabe lui est signalé. La route est assez bonne, elle tra-
verse des plaines herbues et des bouquets de bois. On ne
rencontre partout que ruines et désolations semées par
les Arabes. Le 4, Ghaltin s'arrête dans un village à peu
près désert, mais où les cultures et les plantations, faites
avec un soin remarquable, s'étendent à perte de vue. Il
y a du maïs, du millet, du sorgho, des patates douces,
du manioc, des arachides, etc. Au milieu de tout cela,
jetées pêle-mêle, se remarquent ({uelques coquettes petites
maisons, dont les toits de paille en forme de cône se profilent
nettement sur le bleu du ciel. Les gens qui habitent cette
riante agglomération sont des esclaves, ({ui travaillent pour
leurs maîtres, les Arabes.
Le 5, après une marche pénible, l'expédition arrive à
une grande plaine marécageuse, au fond de laquelle
s'étalent trois villages, avec leurs maisons et leurs cultures.
Ghaltin y envoie une reconnaissance; mais, arrivés a
.^ 208 —
trois cents mètres des premières habitations, ses soldats
essuient le feu d'une bande d'Arabes dissimulés dans les
hautes herbes. Les dispositions du combat sont vite prises,
dix minutes suffisent à déloger l'ennemi qui s'enfuit en
laissant nombre des siens sur le terrain.
Le 6 avril 1893, après une longue marche, Ghaltin arrive
à Tchari, dont il s'empare sans coup férir. Tchari est un
vaste camp établi sur la rive gauche du Lomami, à quatre
jours en amont de Lhomo. Il y a, là, un millier de maisons,
dont plus de quatre cents sont construites en argile,
tandis que les autres sont en paille. Les habitations des
chefs comportent généralement plusieurs corps de logis,
entourés d'une palissade qui enclôt le harem. De larges
et belles avenues traversent la place. D'une extrémité du
camp à l'autre, il y a près d'une lieue. Un des fils de
Munie-Mokada, Lembe-Lembe, en est le chef.
Le camp est complètement détruit par Ghaltin. Deux
des assassins de Pierrot, et notamment Kasongo, étant
tombés en son pouvoir, il les fait juger et ordonne d'exécuter
la sentence de mort portée contre eux.
Le iO, le commandant quitte Tchari, et le 14 il atteint
Lhomo, où il a laissé le steamer Ville cVAyivers, Dans la
matinée même, le steamer Ville de Bruxelles y est arrivé
avec un détachement de cent vingt-cinq soldats, commandés
par le lieutenant De Bock et envoj^és par Lemaire, commis-
saire du district de l'Equateur. L'agent consulaire des Etats-
Unis d'Amérique, Mohun, qui se trouve à bord, offre
ses services qui sont acceptés, et accompagne le comman-
dant en qualité d'adjoint.
Le 15, les deux steamers descendent le Lomami, et
arrivent de concert à Bena-Kamba.
Dès le lendemain, l'expédition procède aux préparatifs
de départ pour Riba-Riba. Le 21, tout étant prêt, l'expé-
dition se met en marche dans l'ordre suivant: Nahan et
soixante-six soldats; Mohun et l'artillerie; le commandant
— 209 —
(1(^ l;i coloiiiio îivoc iiiK^ osrorlo, do viii,L!l liominos; M;irck
ol s()i\nnl('-(Hiiii/o soldiils; les ])n^'ii^cs; le Ii(3ulonant Do
Bock ot (iiialro-vin^"l-(lix soldats; Lainmers ot tronte-un
lioiumos.
L'oxit^'uito ot le mauvais (Uat dos choiiiins oblif^ient l'expé-
dition à s'avancer (mi file indienne, les colonnes occupant
on profondeur des distances considérables. Ni uniforme, ni
p.inache ne distinguent ces guerriers entre eux. La plu[)art
(les indigènes uonl d'autre vêtement qu'un pagne de
(|uel(iues centimètres de longueur, un fusil et une cartou-
cliière.
La route de Bena-Kand)a à Riba-Riba est pénible. Il
arrive même qu'on doive marcher dans l'eau jusqu'aux
épaules.
Le 27, la colonne est arrêtée par la Wila, qui a débordé
et inonde toute sa vallée. On est obligé de construire un
pont des plus primitifs, c'est vrai, mais dont la longueur
démesurée, — deux cents mètres, — requiert un travail
énorme.
Presque chaque jour l'avant-garde se heurte à des par-
tis d'Arabes, embusqués dans les herbes et dans les bois,
qu'elle refoule assez facilement.
Le 26, la colonne traverse le camp arabe d'Rvamba, où
llodister et ses compagnons ont été massacrés. Le 29, dans
la matinée, elle arrive en vue d'un taillis inondé. Les
hommes perdent pied et doivent traverser le marais à la nage.
Après le taillis, c'est une rivière au courant très rapide,
qui entrave la marche de l'expédition. Il faut pourtant
passer, coûte que coûte. Avec une trentaine de soldats, le
commandant Ghaltin se met à la recherche d'un autre
]:)oint de passage dans la direction du nord-nord-est. Il
suit un sentier tracé, à l'extrémité duquel il trouve la
rivière. Ces traces d'occupation du pays engagent à la
prudence. Dissimulée derrière un épais rideau de feuil-
lage, qui borde la rive, la petite troupe se recueille et
observe. De temps on temps, des canots passent devant
elle, portant des hommes armés: il est visible que les
Arabes surveillent la rivière et les chemins qui y abou-
tissent. On entend aussi des bruits de voix sur la rive
opposée.
Chaltin recommande à ses soldats de ne pas faire feu
avant d'être attaqués et charge le lieutenant De Bock d'une
reconnaissance vers le sud. Au moment où celui-ci débouche
dans une éclaircie du taillis, sa troupe est aperçue par
les Arabes postés sur la rive opposée. Les ennemis ouvrent
immédiatement le feu et le combat s'engage. Le lieutenant
De Bock commande la droite de la ligne de bataille, le
capitaine Marck la gauche avec trente soldats, Chaltin
occupe le centre, soutenu par Mohun avec le canon.
De l'autre côté, on entend un tapage infernal. Les Arabes
tirent trop haut et sans mesure ; leur feu ne fait guère
souffrir la colonne. Quant aux soldats, ils restent calmes
et ripostent au commandement. Quelques obus lancés dans
le camp arabe produisent un effet épouvantable. L'ennemi
résiste cependant. Pendant une demi-heure au moins, la
troupe Chaltin est criblée de balles. Enfin, après une
vigoureuse fusillade et un feu croisé habilement dirigé
au centre de leur position, les Arabes Lâchent pied, subissant
des pertes considérables.
Malheureusement, la poursuite est' impossible. Devant nos
soldats, la Kassuku, au courant torrentueux, large de
soixante-quinze mètres et profonde d'au moins sept à huit
mètres, forme un obstacle absolument infranchissable, et
la colonne ne possède pas une seule embarcation. Les Arabes
s'étaient montrés bons stratégistes en faisant de la Kassuku
la ligne de défense avancée de Riba-Biba, dont cette
rivière n'est guère éloignée que de quatre lieues.
L'ennemi a du se sauver précipitamment, et dans le
plus grand désordre; il a tout abandonné: effets d'habil-
lement, literies, ustensiles de cuisine, vivres, gongs, poires
— 2il —
à i)()ii(li'(\ cnpsulcs, etc. I.;i \;iillanl(' IrouiX' s(î rnposcî
hiiil, l)i(Mi ((iK^ iiiul (^l, 1(^ l(Mi(l(Mii;iin, s'occupe de l;i coii-
slriuiion (ruii radcnii. Des (|iril (\sl lermiiié, (]haltin cliMr'^o
1)(^ l)()ck (TalhM' :iV(M' Marck, Nalian cl cent cirK[uanto
soldais l'aire une reconnaissance ofï'ensive dans la direct-
lion de l'esl. Le ])assa<^e de la Kassuku effeclué sans lutle,
la Iroupe s'avance avec précaulion sur l'autre rive, mais
au lieu de rencontrer les Arabes, elle ne trouve parlout
(jue la solitude la plus absolue; les villages sont déserts,
les indi<^ènes ont fui !
Dans l'après-dîner, Uiba-Riba est en vue et bientôt la
ti'oupe t'ait son entrée dans la ville abandonnée et en
partie incendiée par les Arabes eux-mêmes: car, dans lenr
impuissance à lutter contre leurs ennemis à armes égales,
ils vont tenter de réduire les troupes de l'Etat par la
faim. Avant de quitter leur belle et ancienne ville, ils
(uit tout détruit; leur rage de dévastation leur a, même,
fait mettre le feu aux tiges des cannes à sucre sur pied.
La situation s'est complètement transformée.
En présence de la fuite des Arabes, Gbaltin se trouve
dans la nécessité de déterminer, sur le cliamp, un nouveau
plan d'opération. Le chemin suivi par les fuyards ne peut
être celui de Nyangwe puisque Dhanis y concentre, en
ce moment, toutes ses forces; ce ne peut, non plus, être
une route latérale, où les esclavagistes auraient succombé
sous les coups des indigènes. Une voie est restée ouverte
aux Arabes, celle des Falls.
Ghaltin s'arrête à cette supposition et prend ses mesu-
res pour s'en assurer au plus vite.
Avec les moyens dont il dispose et notamment ses deux
grands vapeurs, il compte devancer l'ennemi d'au moins
dix jours. De plus, depuis quelque temps déjà, une
épidémie de variole décime ses soldats et ses porteurs.
Il serait dangereux de prolonger le séjour à Riba-Riba.
— 212 —
Chaltin retourne donc à Bena-Kamba et y fait construire
un immense radeau pour le transport des varioleux.
Le 7, toute l'expédition redescend le Lomami.
Le 12, se trouvant à proximité de Basoko, Chaltin reçoit
une lettre alarmante du résident des Falls, le capitaine
Tobback, qui prévoit une attarfue imminente des Arabes.
Dans la soirée, Chaltin arrive au ciief-lieu de son district,
mais il n'y reste que le temps strictement nécessaire pour
s'approvisionner de bois. Le 14, de grand matin, il remonte
le fleuve.
Aux l'alls, la nouvelle des premières victoires de Dhanis
(mars 1903) a fait changer les dispositions des Arabes
à l'égard des blancs. Les relations se sont tendues entre
Rachid et le résident de l'Etat; le 2 mai, la prise de
Riba-Riba et la défaite des Arabes de la Kassuku ont été
annoncées à la station, en même temps qu'est arrivée à
Rachid, la pressante invitation de la part des Arabes de
Kibonge, d'attaquer la station.
Les Arabes connaissent les forces actuelles de Tobback;
aussi, dès le 10 mai, tout ce que la région comprend de
Maté-Matambas armés, dans les divers postes échelonnés
jusqu'à risangi, se trouve concentré aux Falls.
Pendant les journées des 15, 16 et 17 mai, le capitaine
Tobback parvient à résister aux attaques du vali et à
repousser chaque fois les assauts donnés à la station par
un ennemi bien supérieur en nombre. En même temps,
le sous-lieutenant Van Lint attaque les positions arabes.
Devant le nombre toujours croissant de ses adversaires,
Tobback fait préparer dix pirogues et prend ses dispo-
sitions pour battre en retraite, mais l'annonce de l'arrivée
du commandant Chaltin vient changer la situation. Celui-ci
a appris par un nouveau message de Tobback que la
station subit depuis l'avant-veille l'assaut des Arabes, et se
hâte d'aller porter secours à ses compatriotes en péril.
Le 18, donc, à sept heures du matin, le steamer libérateur
— lil,3 —
}iri'i\(' (Ml \ lie (les l^'nlls. De l:i r.'icloi'ci'ir 1)('1l!(' ()r;j;inis(»f>
dérensivcnieiit, los Arabes ouvi'cnt le IVii, iii;iis Imilcs leurs
balles tonilxMil dans l'eau, à deux ceiils mètrc^s au moins
du bateau. On aborde et le canon mis en batterie lance»,
son premier obus. Le vaste cami) de la rixe ijandie est
mitraillé pendant une demi-beiire.
Le sous-lieutenant Van Lint s'est, (emparé 1<; matin même
de l'île d'Usana; passant sur la i'iv(î droite du il(Mive, il
y coupe la retraite aux Arabes, qui se sont portés vers
la station de l'Etat, en opérant un ^^-rand mouvement tour-
nant. D'un autre côté, Glialtin et ses adjoints Marck, raj)i-
taine de steamer, De Bock et Moliun francbissent le lleuve,
montent à l'assaut des positions ennemies, et l'ont le sièg-e
de la factorerie belge, où le gros des Arabes s'est soli-
dement fortifie.
La bataille est bientôt gagnée; les Arabes culbutés fuient
précipitamment dans toutes les directions, abandonnant tout
ce qu'ils possèdent, objets de première nécessité comme
de grand luxe: glaces, pendules, montres, bijoux, étoffes
de valeur, habillements, armes, vivres, etc. Près de cent
cinquante barils de poudre restent entre les mains des
soldats de l'Etat. On compte deux mille prisonniers, hom-
mes et femmes. Rachid s'est enfui chez Kibonge.
Le 22 mai, Ghaltin quitte les Falls pour rentrer à Basoko.
En route, il rencontre l'inspecteur d'Etat Fivé, qui après
s'être emparé du poste d'Lsangi, livre avec le comman-
dant Daenen un combat victorieux aux Arabes, à la Romée.
Les positions ennemies viennent d'être enlevées et la pour-
suite continue avec acharnement. Les Arabes se retirent
vers le Lomami, d'où ils sont chassés peu de temps après
par une colonne de cent hommes, sous les ordres du capi-
taine Marck.
Toute la région comprise entre Basoko et les Falls
est immédiatement occupée par les troupes de l'Etat.
L'emplacement des deux stations de Basoko et de
— 214 —
Lusambo, solidement fortifiées et protégées par une gar-
nison nombreuse, avait été choisi de telle façon qu'en
cas de révolte dans le bassin du haut fleuve, on put
envoyer rapidement des secours vers les points menacés
en empruntant, d'une part, la voie du Congo et du Lomami,
d'autre part, celle du Kasaï et du Sankuru. Les événe-
ments venaient de démontrer pratiquement et de magni-
fique façon l'excellence de cette habile et prudente politi({ue.
C'est grâce à cet incomparable réseau fluvial qui sillonne
l'Etat dans tous les sens et aux nombreux steamers qui,
du Stanley-Pool, pénètrent jusqu'aux confins les plus reculés
du territoire, qu'au cours de ces dernières opérations
militaires, les instructions ont pu être transmises avec
rapidité et assurer le succès des armes de l'Etat.
Après l'arrivée du commandant Ponthier aux Stanley-Falls,
le capitaine Chaltin, commandant du camp de Basoko, dé-
livré du souci des opérations à diriger contre les bandes
esclavagistes, consacre son temps et son activité à com-
pléter l'occupation du vaste district de l'Aruwimi qui
enserre la vaste forêt décrite par Stanley.
Exploration de la Lulu et de l'Arawiini (').
Chaltin parcourt, à diverses reprises, la région complè-
tement inconnue située au nord de l'Aruwimi. Ce pays
comprend le Congo depuis Malema, en aval de Basoko,
jusqu'aux Falls, le Lomami jusque Kayemba, l'Annvimi
jusqu'au confluent de la Likowa (rive gauche), le cours
entier de la Lulu et le Rubi moyen à Mogandjoro.
Tout en reconnaissant le pays, Chaltin traite avec les
chefs indigènes qu'il a délivrés des vexations arabes et
fonde une chaîne de postes.
Le 30 août 1893, il entreprend l'exploration de la Lulu,
(1) D'après le Congo illustré, 1804, p. 105.
— iMr, —
Iribulniri' de rAriiwimi, et le coiii-s inlV'i'iciir de celui-ci,
(le[)uis sou coullucnl jus(|ir(Mi nmoiil dci P>.'in;dy;i.
1)0 Mo^îindja-Ulcliaiiii);! :i P)Uii<4;i l;i route, osl ^('îiicriihi-
inc^nl bonne; mais aux cnvii-ons de ce (lei'iiici- villa^Ti, (Jialtin
est obligé (U) traverser successivement trois immenses
marais où Ton eid'once dans la boue juscfu'aux liancdies.
Huniia et Masoa sont reliés i)ar une routci excelhiiitc;,
coui)ée de nombreux cours d'eau. C'est là (lu'liabite le cliel"
J^adjandé (ou Azandé) Dang'aco.
Pour se rendre de Masoa à Wale, (^lialtin traverse d'é[)ais
taillis, des villa<>'es abandonnés ou des terrains en dél'ricbe-
ment. La niarclie y est fatig-ante. Toute la région comprise
entre Bunga et la petite rivière Menenalulu, et formant
un vaste plateau, est liabitée par les Badjandés.
A partir de la Menenalulu commence le pays des Mabend-
jas. Cette région se distingue des autres par le nombre,
la beauté et la propreté des villages. Le Mabendja, cbas-
seur.et cultivateur, est liospitalier. Il vit en famille et est
docile aux décisions des Européens. A rencontre des Badjan-
dés, il est doux et pacifique. De tous les noirs, il est le
seul qui se montre reconnaissant de ce que l'on a fait
pour le protéger contre les Arabes.
Ghaltin est accueilli avec sympathie et empressement
par les deux peuplades. Leurs chefs viennent à lui, chargés
de vivres. Le chef mabendja Mondaku aide puissamment
le commandant de Basoko dans sa lutte contre les Arabes,
en servant de guide aux troupes dans la foret. C'est lui
qui signale au commandant l'existence d'un poste de
Maté-Matambas à Yadumba et qui y conduit les soldats.
Avec ses hommes, il accompagne le chef du poste de
Mapalama et lui rend les plus grands services.
A partir du village de Matamgenbus, près de la Lulu,
la route suivie pour gagner Yadumba traverse une forêt,
où l'on ne rencontre plus un seul village. En temps ordi-
naire, quatre jours suffisent pour la parcourir. A cause
21G
du mauvais tomps, il on faut cin({. Celte route longe con-
tinuellenient la Lulu, ce qui permet au cliel" de l'expédi-
tion de reconnaître et de lever le plan du coui's supérieur
de la rivière.
Chaltin arrive, le 1'" octobre, aux sources de la Lulu,
au pied d'une colline boisée, dans un encaissement rocheux.
Le versant opposé de la colline donne naissance à la Long-i,
sous-affluent peu important de l'Aruwimi.
Pas un villag-e ne borde la Lulu dans son cours supé-
rieur. Les petits canots peuvent remonter la rivière jusqu'au
contluent de la Mangbwaba. A l'ouest des sources, le sol
est généralement sablonneux; il est argileux à l'est. Patau-
geant dans la boue, marchant dans l'eau jusqu'aux épaules,
ou bien se meurtrissant le corps dans les broussailles, les
voyageurs arrivent à Yadumba brisés, rompus, abîmés...
A une bonne journée de marche de là, commence le pays
des Maboros, qui s'étend jusqu'aux rives de l'Aruwimi.
Cette peuplade et sa voisine, les Mabendjas, se ressem-
blent sous tous les rapports. Elles parlent la même langue,
ont des villages de môme style et se font les mêmes
tatouages. Les Maboros ont beaucoup souffert de l'occu-
pation arabe, leur pays est ruiné, la misère y règne, et
l'expédition s'y ravitaille difficilement. Débarrassés de leurs
oppresseurs et protégés par le poste que Chaltin a installé
dans leur village, les habitants pourront désormais pro-
céder à des défrichements et faire de grandes cultures.
Les environs de Yadumba sont infestés par les léopards.
Le 5 octobre, Chaltin se met en route pour Banalya
sur l'Aruwimi, point reconnu par Stanley lors de sa marche
vers Wadelai. La route est très mauvaise. Les Arabes ont
d'ailleurs accumulé ruines sur ruines. Les fruits de la
forêt constituent, avec le produit de la chasse, l'unique
nourriture des habitants.
A Banalya, le chef Lupu procure à l'expédition des
vivres ainsi que des canots et des pagayeurs pour remonter
la rivièr(\ \à\\)\\ comofiiu^ los chefs des \il]a^x\s d'îival
où se Irouveiil les rapides (^l les (l(H(iniiijie à ])reler à
ravcnir leur coiicoiirs j)()ui' i'rancliir ces passa^-es di/ïlciles.
Dorénavant, les comniuiHcaLions end'e le bas et le moyen
Annvinii ])ourronl ^o, l'aire ré<^ulièreniont.
(^hallin proliie des dispositions favorables dos indicielles
pour établir un posti^ de cinq hommes à Bakoka, villaf^f-o
situé sur la rive droite au milieu dos rapides. Cin(( vil-
la^'es de cette i'iv(^ portent le nom de Hanalya. Ils ont
[)our chef cin([ frères: Tun<^-oa, Ijambi I, Lupu, Bambi II
et Djalc. Lupu domine ses frères i)ar sa seule sui)èrio-
rit('' morale et physicjue, il est le vrai cbef de la région.
A sa demande, Ghaltin place chez lui un ])oste de trois
soldats et de quatre irrég'uliers. Au point de vue moral
et intellectuel, les indigènes des villages Banalya et d'amont
sont supérieurs aux Basokos, mais ils leur sont de beau-
coup inférieurs comme pêclieurs et pagayeurs.
Le 9 octobre, Ghaltin quitte Banalya et remonte la rivière.
Le clief Lupu l'accompagne. Les rapides de Mandindi, où
la rivière s'élargit considérablement, sont francbis sans
accident. Le 12, vers midi, Gbaltin arrive à hauteur de la
Lokoma, un affluent de gauche de l'Aruwimi: il en remonte
le cours jusqu'à son confluent avec la Yaphele. Dans cette
rivière se trouve un vaste camp que les Arabes ont aban-
donné quelques jours avant l'arrivée du commandant. Ghaltin
doit sa déception de ne pas trouver les brigands chez eux,
aux fanfaronnades d'un indigène qui a malheureusement
prévenus ceux-ci qu'un blanc se disposait à attaquer leur
camp.
Ghaltin se rend, le 13, à Popoie, grand et riche village
à une lieue et demie du poste arabe. Il relève l'embou-
chure de la Lokoma vers 2G° 40' de longtitude est.
De Banalya-Lupu au confluent de la Lokoma, il y a
dix villages assez bien peuplés; mais ceux qui sont détruits
ou abandonnés sont infiniment plus nombreux. La famine
— 218 —
règne dans toute cette région. L'expédition souffre de la
faim et la hauteur des eaux rend la pêche difficile en
ce moment.
Le chef Lupu déclare que lorsqu'il était enfant et que
les Arabes n'avaient pas encore pris possession de la con-
trée, les rives de l'Aruwimi étaient très populeuses et l'abon-
dance régnait partout. Ghaltin engage tous les chefs de
village à faire des plantations, leur représentant que les
incursions des Arabes ne sont plus à craindre. Le chef
Makadu, de Bolulu où un poste de trois hommes est établi,
se met immédiatement à la besogne. En moins de quatre
jours, il a fait défricher près d'un hectare de terre et y
a planté du manioc.
Au milieu des premiers rapides de la Lokoma se trouve
une chute dont le passage à la descente est vertigineux,
émouvant et admirable. Le Lokoma et la Yaphele sont
deux rivières torrentueuses et très étroites, les rapides
et les passages dangereux y sont très nombreux. Parfois
les arbres des deux rives se rapprochent tellement que
leurs branches, en s'enchevétrant, forment un obstacle à la
marche des canots.
A Popoie, on vit dans l'abondance. Les natifs, des Bagan-
das, n'ont eu qu'à piller les plantations et les greniers
des Arabes.
Le 14 octobre, Ghaltin quitte Popoie, après avoir fait
commencer des plantations de riz, et le 15, il arrive à
Banalya-Lupu. Les riverains de l'Aruwimi, de Elongo (rapide
de Liongo) à Bolulu, parlent la même langue et ont les
mêmes tatouages. Ils ne comprennent pas les Bagundas.
Les gens de l'intérieur sont appelés Babuas ou Mangbuas.
suivant qu'ils habitent derrière la rive droite ou derrière
la rive gauche. Tous ces peuples sont anthropophages.
Le pays n'ayant pas été occupé jusqu'ici, — Stanley l'a
traversé connue une trombe, — les indigènes ignorent
— 21î) —
nièine l;i rôj)ulsi()ii cl. riiori'ciir (lu'iiispii'ciil ;iiix hlancs
hnirs al)()niin;il>l('s praliijiics.
»* Tu cher av(M' (jui je. ni'ciilrclciiais, a (''ci'il, Clialtiri, se
leva hnis(jueiueiit eL nie (luilla en nie disant: ^^ Le soleil
•' va se coucher; il osl lenn)s ({ue j(^ m'en aille, car je
•^ dois faire tu(M' un esclave, ce soir, pour 1(î nian^'er avec
-> le chef de Holulu, rjui est v(Min me voii- et (|ui (ist
^ ^rand amateur de chair humaine. ^^
» Pour le détourner de sou pi'ojet, j'éi)uise le répertoire
des arguments dont on se sert (m pareil cas. Le chef ne
m'a pas paru convaincu, mais l'esclave n'a pas été tué ce
soir-là. "
Les nains de rAruwimi sont appelés Bakwas. Essen-
tiellement nomades, ils hahitent de préférence les forêts du
pays des Bakeles (vers 27^ de longitude est) où ils se construi-
sent de minuscules et éphémères abris en feuilles. Ils sont
farouches, féroces et cruels. La chasse est leur unique
occupation. Le gibier n'est pas exclusivement l'objet de
leurs préférences. Friands de chair humaine, ils chassent
l'homme également. Le nain n'est pas voleur, il paye ce
qu'il prend.
Le 17 octobre, Ghaltin part de Banalya, accompagné de
Lupu, Bambi I et Lubumi, passe successivement les rapides
de Mokongo, Ikilo, Liongo, Luco et Yulu. Les rapides de
Ikilo ressemblent à une mer démontée. Ceux de Liongo
et de Yulu sont les plus dangereux. Le commandant
s'arrête un jour au nouveau poste de Bakoka, où il reçoit
la visite des chefs des villages de l'intérieur.
En résumé, Ghaltin a noué des relations avec les chefs
Popoaka et Djare, et installé dans le bas Aruwimi les postes
de Bopandu, Iteke, Bombuma, lambi, Ilando, Likombe,
Mogandjo et Yambuya-Muntschapa. Le 21 septembre, il
a quitté le poste de Mogandjo et s'est dirigé vers la Lulu,
dont il a reconnu le cours supérieur et les sources. Il a
— 220 —
traversé le pays des Badjandes, celui des Mabendjas et
celui des Maboras où le poste de Yadumba a été établi.
Il a rejoint l'Aruwimi à Banalya et en a remonté le cours
jusqu'au confluent de la Lokoma, fondé le poste de Popoie
sur la Yaphele et créé, dans le moyen Aruwimi, les postes
de Bolulu, Banalya Lupu et Bakoka.
Ghaltin rentre à Basoko le 23 octobre 1893, n'ayant
rencontré nulle part de bandes esclavagistes.
Il revient en Belgique le 24 mars 1894.
Nommé commissaire de district de première classe, le
1^ mai 1895, Ghaltin retourne au Congo le G mai, pour
prendre le commandement du district de l'Uele.
Mais auparavant il va vaincre un soulèvement des indigè-
nes de l'Aruwimi et de l'Itimbiri. Deux mois lui suffisent
pour remplir cette tâche.
Lorsqu'à la fin d'octobre 1895, il se dirige vers l'Uele,
il a, non seulement rétabli l'ordre et la tranquillité
dans les régions troublées, mais fondé plusieurs postes,
dont le plus important est celui de Moenge, installé au
milieu de tribus réputées jusque là indomptables et dont
l'audace était sans bornes: ces indigènes, montés sur de
légères et fragiles pirogues, n'hésitaient pas à attaquer à
la lance des steamers défendus par des soldats armés de
fusils à tir rapide. L'occupation de ce point, en amenant
la soumission complète des natifs, met mi terme à ces
continuelles attaques et permet aux vapeurs de voyager
en toute sécurité sur l'Itimbiri.
Après cette œuvre de pacification, Ghaltin part pour l'Uele.
Cette province est l'une des plus grandes de l'Etat. L'auto-
rité de celui qui en exerce le commandement supérieur
s'étend depuis Ibembo, sur l'Itimbiri, à l'ouest, jusqu'au
Nil, à l'est, sur toute l'immense région baignée par l'Uele
et ses nombreux affluents. Au moment où Chaltin est
îipptilc'; à ce posUî ('()nsi(l(''i';il)l(', le. i2 iH)V('iiil)r(', ccîrUiiiis
cliefs iiulig'ènos, 6tjil)lis sur la froiiLièro du nonJ, sont en
guerre ouverte avec J'Klal.
L(» commandant, (jui a pour mission d'occuper plus
complètement ces territoires encore en ^l'ande partie sous
la domination des derviches, se préoccupe tout d'abord
de constituer dans son district uiui force armée sérieuse,
bien exercée et disciplinée, et d'org-aniser à sa base
d'opérations une bonne administration et un service de
lrans[)orts capable de faire face à toutes les nécessités
({ui vont surgir. Il mène, en mars 18U(3, une campagne
contre les chefs azandés, les sultans M'Doruma, M'Bili et
M'Bima, qui après avoir fait leur soumission à l'Etat, se
sont alliés aux derviches et suscitent des ditïicultés de toute
nature.
Combats contre les sultans M'Bima et M'Doruma, mars-avril 1896.
En mars 1894, M'Bili avait fait assassiner le capitaine
lîonvalet, le sergent Devos, et leur escorte. En février
18U5, le lieutenant Janssens, le sergent Van Holsbeeck et
los cinquante-neuf soldats qui les accompagnaient avaient
été mis à mort sur l'ordre de M'Doruma.
La première tâche qui s'imposait au nouveau commis-
saire général était de châtier les deux sultans azandés: il
fallait d'une part, en vengeant la mort des quatre blancs,
consolider l'obéissance des chefs soumis et, d'autre part,
anéantir la puissance d'ennemis qui, pris isolément, étaient
certes peu redoutables, mais pouvaient entraver, en cou-
pant ses communications avec sa base d'opération, le succès
de la grande expédition que l'on allait diriger vers le Nil.
Ghaltin organise donc à Dungu les forces destinées à
châtier M'Doruma et M'Bili. Elles comprennent quatre cents
hommes, tous soldats de deux ans au moins, remarqua-
— 222 —
bloment oxercos et disciplinés par los officiers qui les ont
commandés au camp retranché de l'Uele. Ce sont en majo-
rité des Batetelas et des Mobenges, sous les ordres de
Dubreucq, Kinet, De Hacker, Dupont et Lejeune. Ce der-
nier quitte bientôt l'expédition, pour cause de maladie,
et meurt à Niangara.
L'ordre de marche adopté est le suivant: un peloton
d'éclaireurs composé de cinquante hommes et commandé
par un blanc de l'avant-garde (Dubreucq) ; l'avant-garde :
deux pelotons (Dubreucq et De Backer) ; le commandant
Chai lin et son escorte de soixante-dix hommes; le gros,
deux pelotons de Kinet et Dupont; les bagages; l'arrière-
garde composée de cinquante liommes.
Chaltin marche d'abord contre M'Bili. L'expédition passe
à Niangara, le 1^ mars 189G. Le sultan dispose d'un mil-
lier de guerriers, armés de lances ou de fusils à piston.
Battu dans trois combats d'avant-garde, le chef rebelle
est complètement écrasé, dans une bataille décisive, le
17 mars 189G.
Chaltin se porte ensuite vers le nord à la recherche de
M'Doruma. Après une série de combats d'avant-garde il
rencontre, le 28 mars, à Bongo, sur les bords de la Buyet,
M'Bima, frère de M'Doruma, qui lui oppose environ deux
mille guerriers, d'admirables combattants dont l'intrépi-
dité force l'admiration des Belges. Ceux-ci ne l'empor-
tent que grâce à la supériorité de leur armement. Le
combat est très meurtrier. Les soldats de M'Bima luttent
héroïquement, chargeant les troupes de l'Etat à la lance
et se faisant tuer à cinquante mètres du carré. Devant le
front d'un seul des pelotons, celui de Kinet, on relève cent
trois cadavres ennemis. M'Bima est mis en déroute complète.
Le 30 mars, deux femmes, surprises par une patrouille,
apprennent à Chaltin que M'Doruma n'est pas éloigné et
l'attend avec tous ses guerriers. Chaltin oblique vers le
— 223 —
nord-est pour atteindre la résidence de M'Donmi;! lui- môme.
Le :>I, le dé[)art a li(Mi à six lioures du malin; la colonncî
marche dans un |)ays 1res couveil, favorable aux embus-
cades et franchit |)lusieurs délih's; elh» s'anvlc dans un
villai^-e pour se reformer.
Les sentinelles, plac(»es dans l(^,s arbres, aperçoivent dans
le direction du sud-ouest des natifs (jui ont l'air de cor-
respondre avec des gens placés derrière eux. La formation
de combat fatiguant beaucoui) les soldats obligés de passer
à travers tout, la colonne se porte en avant en conservant
le dispositif de marche, mais en faisant serrer les différents
échelons, de façon à donner à la colonne un minimum
de profondeur. Quebjues minutes après, les éclaireurs
ouvrent le feu et se retirent sur l'avant-garde qui se déploie.
Au devant, et bien à portée, se trouvent trois mille
guerriers, disposés en trois lignes de profondeur et armés
de lances, de javelots, d'arcs et de fusils à piston.
Le fait de combattre les soldats de l'Etat sur ce terrain
est une faute grossière de tactique, de la part des Azandés.
Si, au lieu de les attendre, ils s'étaient comme d'habitude
apostés sur les flancs des nombreux défilés et à la sortie
des grands marais quasi-impraticables que Ghaltin était
obligé de traverser, ils lui auraient fait subir de grandes
pertes. Aussi le commandant accepte avec joie la bataille,
bien que fatigué et ne se faisant nulle illusion sur la
réelle bravoure des ennemis. Ceux-ci chargent dans un ordre
parfait et en poussant des cris de fauves. Le feu de la
colonne est terrible. Suivant un plan qui leur a souvent
réussi, les Azandés ont combiné leur attaque de front
avec deux attaques de flanc et un mouvement en arrière.
La seule formation rationnelle à leur opposer est un front,
deux flancs et une colonne mobile à la gorge. La rapi-
dité de leur mouvement est telle que le peloton du gros,
qui doit faire face à la droite, ne peut arriver et que la
colonne mobile doit se lancer au devant des indigènes.
La tactique de Ghaltin, en dépit de cette anicroche,
est si heureuse que le corps-à-corps ne dure guère plus
d'une demi-heure. Les Azandos s'enfuient alors et les
vainqueurs les poursuivent quelque temps. Ghaltin a été
légèrement blessé durant l'action.
Le surlendemain, la colonne reprend sa marche. Pendant
la nuit, des chants de guerre se font entendre; l'arrivée
de M'Vuta, fils aîné de M'Doruma, est annoncée. Dupont
et Dubreucq repoussent victorieusement l'attaque de son
avant-garde.
Le 5 avril 1896, vers six heures et demie, la colonne
débouche dans une immense plaine, au centre de laquelle
se profile un village exceptionnellement grand. La pointe
d'avant-garde voit des indigènes armés de fusils s'en éloig-
ner, après avoir mis le feu aux cases.
La colonne s'installe à la résidence de M'Doruma, située
sur le bord de l'Uerre, affluent de l'Uele, qui décrit à cet
endroit une courbe immense enserrant tout le campement
azandé. M'Doruma a détruit une partie du village et l'on
peut croire à première vue que, surpris par l'arrivée des
troupes de l'Etat, il a fui, après avoir tenté de brûler
sa résidence. Mais ce n'est là qu'une ruse de guerre.
Les soldats de l'Etat, trompés par les apparences, pénètrent
dans le campement, et, fort éprouvés par une longue et
fatigante étape à travers une contrée pauvre, n'ont rien
de plus pressé que de faire main basse sur les vivres qu'ils
trouvent. Ils ne songeaient guère qu'à se préparer un repas
bien nécessaire, lorsque quelques-uns d'entre eux, puisant
de l'eau dans TUerre, voient briller dans les hautes herbes,
sur l'autre rive, des lances et des fusils. Ce sont les guerriers
de M'Doruma, qui attendent le moment propice pour sur-
prendre les soldats en plein repas.
— 22;
(^.haltin so [)()|•l(^ iiiiiii(Mli;iloiii(Mil, en ;iv;iii(, pour flrjoucr
cetlo manœuvre. L(^ [xiloloii DuhrciKMj, rcn f( )!•(*(''. j)ar l'escorlo
(lu commanda ni, est dôployc'i en lirailkiurs el, ma relie en
avant, ^-ardé sur ses lianes pai* deux sections du pf^loton
De Backer, les (Unix autres pelotons (Kinet (;t Dupont)
restant en réserve sur le plateau.
A peine les tirailleurs ont-ils parcouru trois cents
mètres, que , 'de Joutes parts surgissent des milliers de
lances ; la colonne essuie en même temps un l'eu terrible.
Les pelotons de réserve sont brusquement et vigoureuse-
ment assaillis sur la droite par les indigènes, jus^fue là
habilement dissimulés dans les hautes herbes. Ces deux
])elotons se déploient également en tirailleurs face à l'ennemi
et ouvrent un l'eu nourri.
L'attaque enveloppante des Arabes se dessinant de plus
en plus, Ghaltin donne ordre au premier peloton (Dubreucq)
(^t au second (De Backer) de se rabattre, tout en combat-
tant et dans le plus grand calme, vers le plateau, pour y
rallier le troisième peloton (Kinet) et le quatrième (Dupont)
et constituer un tout de quatre unités séparées. L'armée
congolaise étant ainsi formée en carré, les salves continues
lui forment un vrai rempart de feu, contre lequel se brisent
les attaques impétueuses de l'adversaire. Les Azandés mul-
tiplient pendant une demi-heure, et sans interruption, des
charges forcenées et héroïques.
A ce moment, Ghaltin est atteint d'une balle qui lui
fracasse la main. Presque au même instant, Dupont est
])lessé à l'épaule. Mais notre vaillante résistance a brisé
l'effort des adversaires. Les fusiliers de M'Doruma conti-
nuent le feu contre les troupes de l'Etat pendant quelques
instants, pour protéger la retraite des lanciers, puis lâchent
pied à leur tour.
Les troupes de l'Etat criblent de balles les fuyards et,
pour terminer cette belle journée, toutes les forces sont
— 226 —
lancées à leur poursuite et forcent les Azandés à se réfu-
gier dans les montagnes situées au-delà des frontières
de l'Etat, en territoire français.
La caractéristique de la journée, ce fut la nécessité d'oppo-
ser tactique contre tactique à un ennemi que l'on s'était
habitué à considérer comme un ramassis de barbares.
Les soldats de M'Doruma obéissaient, au contraire, à une
véritable discipline; divisés en un grand nombre de com-
pagnies comprenant chacune cinq ou six rangs de lanciers
et un rang d'archers et précédés d'un peloton de tireurs,
leur manière de combattre semblait empruntée à leurs
voisins d'alors, les derviches: les fusiliers tiraient deux
ou trois coups de feu, puis se jetaient à terre. Trois rangs
de lanciers fondaient alors sur leurs adversaires. Si ceux-
ci étaient repoussés, les tireurs entraient de nouveau dans
l'action, puis d'autres lanciers se précipitaient en avant;
en cas d'échec, les fusiliers fuiaient les premiers et allaient
occuper des positions en arrière, d'où ils protégeaient par
leur feu la retraite des lanciers.
Dupont se remet assez vite de sa blessure. Il n'en est
pas de même de Ghaltin, qui, en l'absence de tout méde-
cin, doit se confier aux soins dévoués, mais inexpérimen-
tés, de ses adjoints. A deux reprises, il souffre d'hémor-
ragies artérielles avec syncope, et son état général s'en
ressent si gravement qu'il doit se résigner à descendre
jusqu'à Ibembo, où il rencontre le docteur Rossignon dépêché
à son secours par le gouverneur général Wahis.
Des que le docteur Rossignon lui permet d'affronter de
nouvelles fatigues et d'autres dangers, Ghaltin rallie aussi-
tôt Niangara, sur l'Uele, où il arrive en juillet 1896.
Rien ne s'oppose plus à l'organisation définitive et à la
mise en marche de la grande expédition chargée de prendre
possession de l'enclave de Lado. Si les deux sultans azan-
dés, contre lesquels le commissaire général a guerroyé
— 227 —
jiisquo In, sont p;ii'V(Mius ;i (M'IinpjXM* i\ s;i |)oui'siiil(', du
moins lour puissance osl j)oiir l{)n<4U'inps anéantio cl M'iiili
ot M'Doruma, réfugiés dans la l'onH, sont hors rrôlat
d'inquiétor encore nos soldats.
Le fi'ouvernenient peut son^^er alors à allennir son
autorité dans l'enclave de Lado, concédée à l'Ktat par
l'accord an«xlo-confi'olais du 12 mai 18U1, dans h; hiit d'arré-
t(M' définitivement les incursions des Arabes dans cette
ré^-ion (').
Le gouvernement avait le choix entre deux plans pour
atteindre le Nil et conquérir l'enclave: il pouvait prendre
pour base d'opérations soit le haut Aruwinii (Iturij, soit
le haut Uele. Il combina habilement les deux plans: le
(1) En vertu de la convention de 1894, la Grande-Bretagne donnait à bail
au Souverain du Congo, pour être occupée et administrée par lui pendant
toute la durée de son règne, la rive gauche du Nil depuis Mahagi, sur le
lac Albert, jusqu'à Fachoda, ainsi que la partie du bassin du Bahr-el-Ghazal
limitée à l'ouest par le 25« méridien et au nord par le K> parallèle. Co
bail, qui devait rester en vigueur pendant la durée du règne du roi Léopold.
était soumis à deux conditions: 1° que les Belges donneraient aux Anglais
aide pour détruire la puissance madhiste et 2o que le roi des Belges céderait
aux Anglais une bande de terre de vingt-cinq kilomètres de largeur, len-
fermant un port septentrional sur le lac Tanganika, jusqu'au point le plus
méiidional du lac Albert-Edouai'd. Les puissances signataires de la con-
férence de Berlin protestèrent, alléguant qu'elles seules avaient le di'oit
de modifier ces bornes; la France et l'Allemagne firent à ce traité une
opposition formelle. L'Allemagne refusa la concession à bail à une autre
puissance d'une route longeant sa propre frontière entre les deux lacs et
obtint le retrait de l'article de la convention concernant cette route. Quant
à la France, elle imposa à l'Etat l'abandon de ses vues sur le Bahr-el-Ghaz^l
et se borna, dans la convention du 18 août 1894, à admettre son action
dans le territoire dit Enclave de Lado. C'est en se conformant au régime
dicté par ces deux conventions que Chaltin se prépara à marcher sur Redjaf.
Nos lecteurs savent que la convention de 1894 a été remplacée par l'accord
anglo-congolais du 9 mai 1906, provoqué par la rencontre des expéditions
Lemaire et Boulnois dans les territoires contestés.
— 228 —
baron Dhanis, avec des forces recrutées dans le Manyema,
devait arriver au Nil par l'Ituri, en contournant la région des
lacs; le commandant Glialtin, chargé de diriger l'expé-
dition de rUele, reçut, de son côté, l'ordre de quitter
Dungu, pour préparer le terrain à la colonne Dhanis.
Marche vers le Nil.
Les troupes appelées à faire partie de l'expédition sont
réunies à Dungu dans les premiers jours de décembre 1890.
Le 14, elles se mettent en marche et arrivent le 23 à
Surrur, au confluent du Kibali et du N'Zoro, où Ghaltin
décide de construire une station qui devint le chef lieu
de la zone des Makrakras. Il appelle Surrur-Vankerck-
hovenville, en souvenir du valeureux capitaine qui avait
en 1893 conduit ses hommes jusqu'aux portes de Wa délai
et dont la brillante carrière s'était quelques jours plus tard
terminée brusquement dans les circonstances tragiques que
l'on sait.
Ce poste avancé de Surrur sert aujourd'hui plus utile-
ment de base d'opération que Dungu. Il constitue une
forte position, tant au point de vue tactique que straté-
gique. Enfermé dans une immense branche de la rivière
Kibali, il est protégé par elle, sauf vers le sud et le sud-
ouest, mais là, des montagnes aux cols étroits l'enferment.
De plus, le seuil du poste de Surrur-Vankerckhovenville
est défendu par le Baïma, puissant amoncellement de
roches.
La relation de la marche de l'expédition est empruntée
à M. Chômé ('), le distingué directeur de la « Belgique
militaire ».
(1) Une expédition belge au Nil. Bruxelles, Deprez, 1898, brochure de 41
pages.
2'2'j
« Los sopt pelotons dont so coinposc la petite ai'riK'c sont, res-
pectivement coninKUi(K''s par \o lieutenant I\()|)S. 1(î lieutenant (foluA,
le sous-lieutenant Laplnine, h; sergent-major I)(î Haek(;r, le ])r(;mii;r
serg^ent Goebel, le premicM' sergent Dupont, 1(î sergent Cajot, avee
eent hommes chaeun. Cajot étant spéeialement chargé du service
du canon (c'est un ancien sous-officier d'artillerie), les artilleurs
sont incorporés dans son peloton. Il y a, en outre, dix-neuf musi-
ciens et une section de trente-deux hommes commandés j)ar le
lieutenant Saroléa, sous les ordres et la direction duquel sont t)laeés
les deux cent cinquante porteurs. Les chefs azandés Renzi et I>afuka
renforcent l'expédition avec cinquante fusiliers et cinq cents lanciers.
» Ils la rejoignent le dimanche 27 décembre, amenant, outre leurs
combattants, environ quatre cents porteurs. Leur concours n'est
pas désintéressé : Bafuka ne réclame rien pour lui, mais il appuie
les exigences de Renzi, qui demande à rentrer en possession des
Etats de son père Wanda, dépossédé jadis par Ukiva. Chaltin fait
observer à Renzi que sa carte ne mentionne pas ce territoire...
et Renzi se contente d'un procès-verbal de l'entretien.
» L'ordre de marche adopté est le suivant :
» Avant-garde. Deux pelotons détachant à trois cents mètres
en avant une pointe de cinquante hommes.
» Gi^os. Quatre pelotons et l'artillerie.
» Arrière-garde. Bagages, un peloton, une section.
» Extrême arrière-garde. Impedimenta et Azandés armés de
lances.
» Flanqueurs. Lanciers de Renzi et de Bafuka.
» Cette troupe quitte Surrur le P'" janvier 1807. Elle traverse
le pays des Loggos. paisibles et très intelligents cultivateurs. Dans
leur immenses champs cultivés se dressent des observatoires hauts
de cinq à six mètres, sur lesquels sont juchés des enfants qui
crient, chantent, piaillent pour effrayer les granivores.
» Le 16, après le passage de la Dungu, au village du chef
M'Vuta, la colonne est attaquée. Vers l'est, apparaissent les hau-
teurs de la ligne de partage des eaux du Nil et du Congo. Le 18,
— 230 —
après s'être engagée dans le col de Tendia, l'expédition se trouve
dans la vallée du Nil. La région est montagneuse, les monts Kido,
Kissimbo, Wotogo (Vatako de Junker) et Kulungu y dressent leurs
cimes. Le pays est habité par les Adretus, non moins paisibles
cultivateurs que les Logi^os. L'occupation turque a exercé chez
ces deux tribus la plus salutaire influence: les instruments de tra-
vail, les modes de culture y sont moins primitifs qu'ailleurs; ces
peuples ont le sens industriel très développé; ils tressent des cordes,
fabriquent des poteries remarquables et font une très copieuse
consommation de bière d'éleusine.
» Et le thermomètre, au soleil, marque 00"!
» Le 23, la colonne est au pied du mont Adra, où Chaltiii
fonde un poste. La population y est très dense. Les indigènes st;
montrent, au début, aussi agressifs que les abeilles qu'ils élèvent
avec beaucoup d'art.
» Au mont Aléma, les hostilités cessent, plus de flèches empoi-
sonnées; ces gens — des Kakwas — se souviennent des bons
rapports qu'ils ont entretenus avec Delange, Delbruyère, De Graeve.
Gustin et Hoffman. Ils en parlent avec attendrissement et recon-
naissance. Chaltin apprend d'eux que les Egyptiens ont poussé
jusque-là du temps d'Emin, mais que la plupart de leurs chefs,
dont Fad-el-Moulah, ainsi qu'un grand nombre de leurs soldats et
l'interprète arabe Suleyman, ont été tués par l'émir Arabi, com-
mandant des forces derviches du sud, dont le vaste camp retranché
est à Redjaf. sur la rive droite du Nil, tandis que Lado est tout
à fait abandonné, comme Gondokoro, Bedden et Wadelaï. A une
journée de marche du mont Aléma, les derviches font des razzias.
» Le contact de nos troupes avec les Musulmans ne tardera
guère, et, d'autre part, Chaltin comprend que c'est sur Redjaf
qu'il doit se porter.
» Il demeure quelque temps auprès de ces Kakwas, afin de
modifier ses dispositions, donner de nouveaux ordres. Il a ainsi
le loisir d étudier de près les mœurs et les coutumes très origi-
nales de cette peuplade, où les hommes n'ont pour tout vêtement
— '2:11 —
(liri)ii nioi'ccïMU (lo [)oau de \\ric de (iiichiucs coiitimôtros f.'arrrs,
(m'ils [)()rtent... sous lo bras! Les Ic'iiimcs, (I'uik; pudeur- (;.\ti'("'rri(;,
se voilent conuiu^ l(?s iiiusuliuaucîs, aV(U', jiar sur'cr'oii, d(;s ann(;aux
de l'er aux poijAiiets et aux biceps et des colliers (|u'()U est tenté
de conlondre avec des anses de inannitcs.
» Au mont Loka, dans une contrée fertile, ('lialtin décide d'iri-
stnller un |)()ste. Ce projet est réalisé [)lus tard, le S avril.
» Mais à mesure qu'avance l'expédition, l'hostilité des indij^cnes
se inaniteste de nouveau. Des soldats d'avant-garde sont assassinés.
Les Had juras et les Fadgellus sont particulièrement cruels. Ces
derniers sont très tatoués; une série de points part du sommet du front
et converiire vers la naissance de nez. Ils courent nus comme vers,
tandis que leurs femelles dérobent leur charmes par mille nioNens
ingénieux
» Mais, hélas ! dans quel désert la colonne s'engage : de la roche,
des cailloux roulés, peu de verdure, plus d'arbres et les rivières
à sec! Autour des rares et pauvres villages, des puits profonds
contenant une eau saumàtre, jaunâtre, répugnante.
Au Nil.
« Le 1 1 février, toute la colonne pousse des cris de joie : le
Nil, but de tant d'efforts et de fatigues, s'allonge entre les roseaux,
large de huit cents mètres, luisant, parsemé d'iles. Il marque le
terme de cette longue expédition, mais non des souffrances et des
angoisses, qui, hélas! ne font que commencer.
» En un instant, par l'effet d'une sorte de baguette magique, les
soldats se sentent ragaillardis et moralement réconfortés. Ce n'est
pas que leur foi dans le succès final ait failli, mais une marche
aussi longue et aussi pénible, dans une contrée inconnue, jirivée
de toute communication avec le poste le plus avancé du Congo,
est nécessairement déprimante.
» Chaliin campe au bord du fleuve, à hauteur de l'ancienne
station turque de Bedden,
— 232 —
» Beflden, a-t-il dit dans une interview qu'il accorda à
» V Etoile Belge \e jour de son débarquement à Anvers, Bedden est
» une ancienne station des troupes égyptiennes, abandonnée depuis
» une dizaine d'années; elle fut occupée en dernier lieu par des
» soldats restés fidèles à Emin, l'illustre gouverneur de la province
» d'Equatoria. Il existe dans le Nil, en face de Bedden, une île
» qui est restée peuplée. De pauvres gens, ruinés par les incursions
» niadhistes, y vivent misérablement. »
» De Bedden à Redjaf il n'y a que quatre heures de marche.
» Laissons-lui la parole, à présent. Il est arrivé à la journée
terrible et glorieuse de la prise de Redjaf. Le héros va nous
raconter, dans un langage tout militaire, simple, concis, l'exploit
par lequel il s'est illustré:
» Le 16, à cinq heures et demie du soir, nos sentinelles avan-
» cées se retirent en faisant de grands gestes. Le hommes se
» précipitent aux faisceaux, et, en moins de cinq minutes, tout
» le monde est sous les armes. Je fais prendre la formation de
» combat. Sur les hauteurs qui se trouvent à quinze cents mètres
» de nous, on distingue des groupes de derviches groupés autour
» de leurs bannières. J'ordonne à Cajot de tirer deux obus, qui
» portent admirablement et dispersent l'ennemi. La nuit se passe
» sans incident.
» Le 17, le départ a lieu à six heures. Le Nil coulant à
» notre droite, il n'j' a guère de danger à craindre de ce côté.
» Aussi tous les Azandés marchent-ils sur notre flanc gauche.
» A sept heures, le commandant de l'avant-garde me signale la
» présence des derviches sur les hauteurs qui se trouvent à quatre
» cents mètres vers le nord. On voit très distinctement leurs forces
» s'étendre du Nil à une autre rivière qui lui est parallèle. Leur
» position parait inexpugnable ; elle a une étendue de trois kilo-
» mètres. Au centre, entre les hauteurs, se trouve un défilé bien
» défendu. Je fais prendre la formation de combat et conserve les
» trois pelotons De Backer, Goebel et Cajot en réserve. Notre ligne
» de tirailleurs (Kops, (iehot, Laplume, îSaroléa et Dupont) est
— 233 —
» (lt'i)l(>\('H' dans la plaine,- elle est assez liieii alirih-e jnii' des (jii;ir-
» tiei's d(> roche. Les derviches oinreiil le feu, ils tirent, à outrance,
» faisant pleuvoir surtout sui* les secondes lignes une ^rf-lc de l);il-
» les. C'est un l'ait à noter (ju'au (h'-hut de l'acdion, les i-c'serves (;t
» les baga.^es souiFrent beaucoup) [)lus du (eu (pie la li^ne de eoud)at.
» Pendant une demi-heure, nous subissons ce l'eu sans y rc'îpondre
» autrement (jue par six obus tirés par Cajot. Le canon a été mis
» en batterie au centre de notre li^ne.
» Des mouvements de flanc se dessinent chez les derviches; leur
» intention de nous contourner devient évidente. Je fais sonner : en
» avant ! nos soldats se précipitent au pas de course;, et vont occu-
» per une nouvelle position à deux cents mètres de la ligne ennemie,
» d'où ils dirigent sur elle un feu intense. L'hésitation des
» Madhistes nous prouve que nous leur faisons beaucoup de mal,
» Un mouvement se produit vers notre aile gauche qu'une colonne
» essaie de prendre de flanc. Fort heureusement je m'en aper-
» çois à temps, et j'envoie pour parer à cette tentative le peloton
» Goebel, bientôt renforcé par celui de De Backer. La manœuvre
» réussit ; l'ennemi commence à lâcher pied, tandis que nous com-
» men(,'ons à avancer de nouveau. Le chef azandé Renzi reçoit l'ordre
» d'attaquer avec ses cinq cents lanciers la colonne qui a tenté de
» nous tourner. Ce commandement est exécuté avec intelligence.
» La droite derviche est coupée, séparée de la masse et chargée
» avec impétuosité par les Azandés.
» Pendant ce temps, les pelotons de droite (Kops, Saroléa et
» Laplume) lancés à la charge, s'emparent du défilé, et ceux du
» centre (Gehot et Dupont) chassent l'ennemi des montagnes. Les
» derviches se retirent d'abord dans le plus. grand ordre, battant
» en retraite au pas ordinaire et s'arrêtant souvent pour tirer,
» mais la déroute ne tarde pas à se mettre dans leurs rangs. A
» ce moment, la retraite se change en fuite désordonnée, les
» fujards abandonnent armes et munitions.
» C'est en chargeant à l'aile droite à la tète de son peloton
» que notre camarade Saroléa meurt en brave, frappé d'une balle
— 234 —
» en pleine poitrine. Rendons hommage à la mémoire de ce soldat
» vaillant, tombé au cliani]) d'honneui' (').
» Nous comptons quelques soldats tués et blessés. Du côté
» des derviches, les pertes sont considérables; parmi leurs morts
» se trouvent beaucoup d'Egyptiens, d'Abyssins et de gens du
» Darfour. Leur commandant, Mahoramed Adi Bedi, est tué. Leur
» nombre était de deux mille ; bien retranchés dans les mon-
» tagnes, ils eussent réussi à nous résister longtemps, s'ils n'avaient
» pas commis la faute d'essayer un mouvement tournant.
Prise de Redjaf, 17 février 1897.
» Il était huit heures et demie du matin. Après un repos de
» deux heures, nous nous remettons en marche, et, d'une seule
» traite, sous un soleil de feu, nous parcourons vingt-six kilomètres
» sans trouver d'eau, tous les affluents du Nil étant à sec. Vers
» une heure et demie, la pointe d'avant-garde arrive à proximité
» du mont Redjaf, occupée par les derviches. Ceux-ci ont pris
» position sur une crête qui s'étend de la montagne au Nil. Ils nous
» reçoivent à coups de canon. Malheureusement notre colonne n'est
» pas unie, de la tête à la queue il y a une distance considérable.
» Les premiers arrivés se déploient et sont successivement renforcés
» par le restant des troupes. L'artillerie madhiste tire à obus,
» mais nous n'en souffrons guère. Quoique ce soit la première fois
» que les soldats de l'Etat marchent au canon, leur conduite est
» remarquable d'audace et d'intrépidité. La défense des derviches
» est véritablement acharnée. Les pelotons Goebel et Dupont atta-
» quent leur aile droite placée entre les montagnes, et la refoulent
» assez rapidement. Le peloton Gehot enfonce leur centre pendant
(1) Saroléa est tombé sans souttVir, frappé d'une balle au cœur. " C'est la
iiioi-t enviée des braves «, disait Bonaparte. Il repose au pied du mont Redjaf,
sous un entassement de lourdes pierres, qui mettent ses restes hors de
portée de la dent des hyènes.
— 2:îri —
>^ que les pelotons Lai)liimo (;t Koiis (Jciiticnt, iôi.a ù l<Mir îiilo ^^auclu;
-» appuvéo an Nil. Tout à coup un fort mouvement tournant s(î
^> pi'ononcc^ sur notre droite ; l(;s dei'viclKîs sortis d'un r;ivin ou
» ils so (iissiniulent habilement sont là en li*,nie, adossés au Nil.
» Laphnne et Kops leur t'ont ['nco o,n toute hâte. Cajot se
» porte en avant avec; le eanon, le mcit on batterie à e(;nt mètres
» des Madliistes et tire une boite à balles qui sème le désordre
» dans leurs rani>-s. A ce moment, arrive à point nommé le peloton
» De Backer, que je lance contre eux. Ils se retirent dans la direction
» de l'enceinte, poursuivis par Laplume et Ko[)s.
» La retraite des Madliistes est générale, la ville est prise,
» mais la citadelle leur reste.
» Les soldats, tout en combattant, enlèvent un butin consi-
» dérable ; le combat se transforme en combat de rue, il devient
» impossible de diriger les hommes, on se bat dans le labyrinthe
» des ruelles; on lutte maison par maison. Vers sept heures du soir,
» le feu cesse complètement de notre côté, celui des derviches
» continue jusqu'à onze heures, puis le silence se fait.
» Nous couchons sur nos positions. Les derviches, mettant à
» profit la nuit et leur parfaite connaissance des lieux, abandon-
» nent la place. A quatre heures du matin nous entrons dans la
» citadelle.
» Les derviches ont eu plusieurs centaines de morts. Huit grands
» chefs raadhistes ont été tués, ce sont 1" Omar Saleh ('); 2" Mahom-
» med Adi Badi (-) ; 3" Mahomed Trevi ; 4° El Bedi Odelerck ;
» l" Mahomed Achmed Alah; G« Dris 01 Del Cheid ; ?« Omar
» Abi ; 8*^ Adam Odalgadorob.
(1) Son passé appartient à l'histoire. Homme de confiance de l'ancien
Madhi, il fut char^^é de réprimer la révolte des Dinkas. C'est lui qui prit
Lado, Redjaf et toutes les autres stations de la province équatoriale aux
tioupes égyptiennes d'Emin-Pacha A la mort de son protecteur, le nouveau
madhi. Abdul Haye, le fit enchaîner, et, pour s'en débiri'asser, le pla(;a à
Uedjaf sous les ordres de son fière, l'émir Arabi.
[2) Chef des forces venues à la rencontre de l'expédition Chaltin.
^^ 1 'iiihMhlniiI l'iMupliiltK' (11' l;i |tl;ii'«\ MoktilMl, ;i eu It's dt'iix
^^ liMiuirs lu'isi's i>;ir \[\\c t»;ilh\ tuais il a pu c{\'c ( i'aiis|uM'li> à Wov.
* \\uri l\Munih'i'aI uMi (K's lu'uicipalcs |iii'('t\s du liutiii: I" doux
^^ caniMis ravi^s, eu l^row/c. cl uu ('au(>u di» sii^iial, a\ (>(• uiitMjuaul ito
-> iMUMMUo (!<> «'hart^i's c\ di> |ti'(\|Ot't ilos ; "J" dos drapeaux, di\s salu'cs,
V» dos rc'VtdviM's. iMc'.: rliosi' oniM(Mist\ (pitdquos salu'ivs porttMit sur
^^ l'uuo dos laoïvs d(> la lauio la oi-oix l'oiuaiut», (M sur Taulrt^ un
^^ liou luM'aldiiiuo ('); ;>" plus do sopt oiuils ùisils portootiDiuiôs se
^^ ohai'i^oaut pai' la oulassi» ; 1" (Kmix uKif^fasins riMiiplis d'armos vl
^^ ilo uHuiUhuis; r»" di\s iustruuuMils do nnisi(|uo cl di\s tambours ;
^^ (V dc^ apprtn isit>iiuoiuou(s en viNros oousidoi'ablos, de, oto. ;
^^ ((Mit lo ohai'i^oiuoul d'uu s(i>auior vouu de Wov \ 7** (piatrt' touuos
^^ de he\ i\ i>iro ; S" K\s arohivos du pi>s(i^ ; 1>" oiv/.c nwdcii, viu«j:t-
^^ trois baudiMs, uu ti'ouptwu de ceul li>(t\s de j^ros hôtnil, d(»s
^^ otuUaiuos de e\\e\i'ei>. c\ de nuui(i>us ; d'apivs ce {\\ic nous disonl.
V* dos [>risouuiors. plus de (|uatro oouls vaohos ont ôto tuoos au
^^ i'i>urs du ooud>at ; nos lu>uunos ot los A/.audos avaiiuit, c\\ idl'ot ,
•^ dos quaiuuos oousiilôrablos de vi;iudo; !()" dos ooutainos de
^^ louiuu^s ot outauts oluissôs ilopuis par la Ijuniiio ; II" dos pro-
* jtv'tilos Nortloulolil.
V» Quolt^uos ji>urs apros la priso de Kodjat, j'ai ptuissô jusqu'à
^^ l'anoiou oui[d;ioouuMit de Ladi>, à uiu> jourui^» de marolie. C'est
>^ uno solitudo outouroi» de marais [-).
^-» do lions à proolamor la bravouri' doplov('\> par nos oxoollcnts
» soldats, cl suru>ut à sit^ualiM- la omuluito vaillante^ de \cuvs obol's,
» MM. Ixops, (lobot, Lapluiuo, Oo Haokor, (loobol, Dupont^ ot
^ Cajot. (os dorniors lUit do[>lovo uno intropiilitô romarquablo. Lo
^ dootour Ivi^ssiu'uon n'a oosso, i)ondant toute la oampagno, de lairo
* preuve d'un dévouomout et d'une abnégation absolus. » (Rapport
(1) Cos ai'mos provioiulraiont-ollos dos (^'oisi^s?
{'2) Rt^suioiu'o iiabiuiollo d'Kinin. Commont a-t-il pu vivro quatmvo ans on
oef otulroit malsain, où la vuo, du c\Nt(^ ilu lb>uvo. est bornée, à uno distance
do soixaiUo métros, pac uno mochaïUo ilo uu-iilt»' (
— 2rrr —
âa coamûmaire %kïénX ChaXtm, chei de VerpédHiém en Nil, as
» Or^^r ^ Cballûi, la prorioce d'Eqoatom eft bieo à
J^ ^é pris le 17 lerrier l^ffS^« par lef ieoles foro» de
■i plof exact, par ceUes de la zone des Hakndcraf .
alUn a soîrîe, les moyen straitégi<|iief et
{^i. i^ 21 *;ixi;/iojés, fl lef a cfaonif feol. Il B*a dfmandé
..0.1 da Congo m un foldat« ni on fiisîl« m une cartooehe;
' ''^iti aTee les reaeoorees ordinaires de son dMi4^^ <^ an
?r?r le trésor, son expédition Ta alimenté, »
ly iches disparaissent complétendent des territoire»
de TElat- I>^ drap^u étoile flotte j^ur Redjaf, le point le
plus sepîmkXnonal du territoire soumis à rinflu^ice de
l'Etat.
Chaltin est nommé commissaire^énéral le 1*^ juin 1^/7.
Le camp de Redjaf-Lado est établi à -*» 45' de latitude
nord et à 31* 40* de longitude <^; construit au pied du
mont Redjaf, dont le sommet s'itère à cnTiron cent dn-
quante-neuf mètres aunde^us des eaux moyennes du Nil,
il s'étend jusqu'au fleuve et constitue un exodlent port
xessible aux bateaux ^1 toute saison. On roit que ks
Madhistes avaient fait preuve d'un jugem^it très pratique
i s'y établissant. Grâce aux cinq vapeurs qu'ils possèdent
Karthoum, ils remontaient le fleuve jusqu'à Redjaf« â
«époque de sa navigabilité, c^est-kAlre du 20 août à la
fin de novembre.
En face du camp, le Xil est large de huit cents mètres
-rûviron et immédiatement «m aval, entre Bedjaf et Tan-
n^nne station de Lado, sa nappe çeir^^mkée dalles s'étend
ir un espace de quatre kilomètres.
>Lc«itre de ce point, le commandant Chaltin s'attadie à
soumettre les populations indigènes. Grâce â son énergie
et à sa ténadté, il réusrât à se concilier sncœssivemeot les
N vdmparas, les Fadgillns, la» Baris et les Morus.
— 238 .:^
Sa première préoccupation est alors de fortifier la posi-
tion conquise. Pour ])arer à un retour offensif possible,
sinon probable, des derviclies, Glialtin demande et obtient
l'envoi à Uedjaf d'importants renforts, d'armes et de muni-
tions.
Mais le pays est pauvre et les vivres sont d'une incroyable
rareté. Or en augmentant la garnison, le commandant en
chef aggrave le problème inquiétant des approvisionne-
ments et, d'autre part, le portage — un trajet de (juatre-
vingt-deux jours de marche — organisé entre Ibembo
et son camp, occupe toutes les forces disponibles pour le
ravitaillement de la place en matériel de guerre.
Glialtin se voit donc obligé, à son corps défendant, de
réquisitionner des vivres chez l'indigène: pendant plus d'un
mois, ses officiers n'ont mangé que des fèves et du pain
de sorgho, laissant en pleine sécurité dans les pâtures
riveraines du Nil de nombreuses têtes de bétail. Car tou-
cher à ce bétail, c'est s'aliéner les populations, qu'il importe,
au contraire, de se rendre sympathiques Aussi les trou-
pes de l'Etat souffrent de cruelles pi'ivations. Il leur faut
parfois se livrer à de lointaines excursions pour se pro-
curer des vivres. Finalement, le commissaire général par-
vient à s'en faire délivrer à crédit.
Ghaltin s'applique à rendre inexpugnable la position
avancée de l'Etat sur le Nil. Quand ses troupes pénétrè-
rent dans Redjaf, cette place était solidement protégée
au sud et à l'ouest. Une modification radicale s'imposait
dans le dispositif des fortifications, puisque le seul danger à
craindre était désormais au nord, dans la direction du refuge
des Madhistes. Le commandant y fait construire une redoute
formidable; le développement de sa ligne de feu n'a pas
moins de six cents mètres d'étendue. Le fort est armé de
cinq canons Krupp et de deux canons Nordenfelt. La
passe navigable du fleuve est située à six cent cinquante
— 231) —
mètres ol, pni' ('()nsô({iieiil, ;i hoiiiK^ poiirc de, hi l);iLtorio,
(fiii 1,1 ('()iiini;ni(l(\ Ln rodoule osL (miIoui'c'c (U\ fossés pro-
fonds de li'ois métros et lnr«^os de trois à ciiiff, (•om[)lô--
temeiit ^'ariiis d'oi)iiics. Tous les environs sont soi^-ncMi-
sement repérés au point de vue du tir.
Le ^'ouvernement congolais fait en outre diriger sur
Redjaf un steamer démontable armii de canons Iloclitkiss
et huit baleinières armées de mitrailleuses. Les troupes
réi>"ulières et auxiliaires stationnées dans l'enclave attc^ignent
bientôt l'effeclif de deux mille hommes.
Ces moyens de défense sont considérables, c'est ({ue la
lutte des An^>-lo-Kf^\yptiens contre les derviches justifie toutes
ces précautions. 11 faut em]:)êcher les Mahdistes, vaincus
au nord, de se rejeter éventuellement vers le sud.
La situation des Belges dans l'enclave est aussi satis-
faisante ({ue possible au moment où Ghaltin remet son
commandement à son successeur, le capitaine Hanolet.
Enfant gâté de la fortune, Glaltin n'a connu que des succès
en Afrique!
Il revient en Belgique le 14 juillet 1898 et y est accueilli
en héros.
Nommé inspecteur d'Etat, le l*" mars 1899, le vainqueur
de Redjaf est reçu en audience particulière par le roi et
repart une troisième fois pour le Congo, le 6 mars suivant,
pour reprendre ses hautes fonctions de commandant supé-
rieur du district de l'Uele.
Il retourne au Nil à la tête d'une expédition composée
des capitaines Van der Cruyssen, Van der Slyen, Goebel,
des lieutenants Dupont et chevalier de Moreau.
Au cours du trajet qu'il effectue pour atteindre Redjaf,
sa destination, il inspecte les postes du district Uele-Nil,
dont il a le commandement. Cette fois, son administration
ne sera guère mouvementé.
— 240 —
AiTivé à Rodjaf, il trouve cette place complètement
transformée; elle est réduite aux deux tiers de son ancienne
importance et entourée d'un mur de deux mètres seulement
de hauteur.
C'est que depuis l'occupation helg'e, sous la direction
(lu lieutenant De Wulf, la ville a perdu toute l'importance
(fue lui avaient donnée les derviches. C'est près de Lado ({ue
la résistance madhiste a concentré ses forces, et c'est là
(fue nos troupes, sous les ordres du commandant Henry
et de son adjoint le lieutenant De Wakjue, org'anisent la
défense des régions du sud. Les jours de disette sont
d'ailleurs oubliés. En octobre 1898, le capitaine Lequeux
a même capturé une centaine de bestiaux, qui paissaient
sur le mont Laurella, chez les Morus. La razzia est d'un
excellent appoint pour la santé des troupes.
Chargé d'organiser les territoires de l'enclave, Chaltin
construit un fort permanent à Lado et une forte redoute
armée de trois canons au poste d'Yeï.
En 1900, il organise une petite expédition dans la chaîne
de montagnes sur la rive gauche du Nil, pays habité
par les Mettob.
Pendant les trois années qu'il passe au Congo, l'inspecteur
d'Etat réprime la peuplade encore insoumise des Koukous,
organise les postes de l'enclave que la récente percée du
Nil a singulièrement rapprochée du monde civilisé.
Chaltin introduit chez les indigènes la culture de la
patate douce et du manioc, qui y est totalement inconnue.
Il se heurte à des traditions séculaires pour introduire
cette innovation, mais sa volonté fait plier toutes les
résistances et l'on aura à se louer plus tard des consé-
quences pratiques amenées par ces cultures. Car la région
étant périodiquement envahie par des nuées de sauterelles
qui s'attaquent aux céréales (sorgho, éleusine et millet),
et qui amènent en peu de temps la famine, celle-ci n'est
— 241 —
plus à ('l'iiiiidiv, I('s s;ml(M'('ll(^s no man^-onnl ni le nninioc
ni l;i |);il;il(' douce. (Juc de souflVances (Witées grâce à
l'ospril judicieux et pi';di(|uc du v;nn({U(Mn' de liedJMr!
Sii- U(^<;inald Wingate, sirdar (rK<^y[)U% a n^ndu un
honinia^e éclatant, aux travaux accomplis par lui au Nil.
Le 21 novonihro 1901, Clialtin (piitto Koro, laissant lo
conimandoniont de l'enclave à llanolet. Mais avant de reve-
nir en Europe, il org'anise une expédition sérieuse dans
rUele, qui vient d'être bouleversé par deux révoltes suc-
cessives. La colonne formée i)ar lui quitte Boma à des-
tination de rUele. Clialtin i)eut alors rentrer en Europe,
le 22 mai 1902.
Le 20 novembre 1900, lors d'une interpellation aux
cbambres belges sur la question du Congo, Clialtin convie
tous ses compagnons d'Afrique à s'associer pour procla-
mer les progrès considérables réalisés au Congo. Ce docu-
ment, adressé aux présidents des deux chambres et aux
ministres, et portant la signature de plus de six cents Belges
([ui ont contribué au Congo à la grande œuvre africaine,
a été remis au Palais de la nation, par le vainqueur de
Redjaf lui-même.
Clialtin est major au 4^ régiment de ligne. Il est officier
de l'Ordre de Léopold et de l'Ordre royal du Lion, che-
valier de l'Etoile africaine, décoré de la croix militaire de
première classe, de l'Etoile de service à trois raies et de la
médaille de la campagne arabe. Une épée d'honneur lui
a été remise lors de son triomphal retour, le 14 juillet 1898.
PUBLICATIONS.
De Bdsoko à V Uele, exploration de la ri-oière Liilu, avec une carte
(Mouvement géographique, 1892, p. 58).
Exploration de la Lula et de PAruwimi. (Congo illustré. III, p. 105).
— 242 —
Rapport sur la révolte des Arabes du Lualaha et du Lomami. (Mou-
vement g'é()gr<iphi(iue, 181)2, p. \)2j.
L(i question arabe au Congo. (Bullct. soc. d'étudeK coloniales, 1894.
pp. 1()3, IIH)).
Carte de la Lulu. (Mouvement géographique, 1892, p, 58).
Le Congo au point de vue physique, politique et économique. (Bul-
letin de la Société royale de géographie d'Anvers, 1885, 4« fasc,
PI). 450, 478, t. XIX).
Le district de VAruwimi, Uele, etc. (Congo illustré, 1895, pp. 108,114, 122).
Lettre publiée par le Bulletin de la Société d'études coloniales, 1900, n» 11.
Lettre de Duftle, id., 1900, j). 797.
La défaite de M'Bili et M'Doruma. (Belgicpie coloniale, 189(3, p. 363).
La prise de Redjaf. (id., 1897, p. 450),
De l'Uele au Nil, avec cro(|uis. (id., 1896, [>. 64).
La région de Lado, (id., 1901, j). 5).
Rapport sur la prise de Redjaf.
Conférences en 190,') à Tirlemont, Anvers, Mons et Malines.
L'expédition de l" Uele vers le Nil. (Bulletin de la Société royale de
géographie d'Anvers, 1906).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES.
DuBREUCQ. Les opérations Chaltin dans le haut Uele. (Bulletin de la
Société royale de géographie d'Anvers, t. XXll, ]). 89).
Mouvement géographique, \S92, pp. 58 et 92; 1893, p. 70; 1897.
Congo illustré, 16 juillet 1893.
Belgique coloniale, 1896, p. 246; 1902, p. 345.
Mouvement antiesclavagiste, 1898.
Rapport de Chaltin sur la prise de Redjaf.
Belgique militaire, 4 septembre 1898, L, Chômé.
Une expédition belge au Nil, par Léon Chômé. Imprimerie Deprez,
Bruxelles.
Dhanis, La campagne arabe. (Bulletin de la Société royale de géo-
graphie d'Anvers, 1906, p. 61).
TouBACK. Rapport sur la révolte des Arabes du I^ualaba. (Mouvement
géographique, 1892, p. 83).
Jenssen Tusch. Skandinaver i Congo. 1902-1905. Copenhague.
FIVÉ, GUSTAVE.
Cliché (le rouvrage de M. ChapaUX,
L", Congo historique, diplomatique, etc.
FIVE, GUSTAVE, EDOUARD, GASPARD,
né à Saint-Josse-ten-Noode le l"" janvier 1849.
Capitaine commandant au 2® régiment de guides, en 1891.
Le Roi-Souverain lui ayant conféré le grade élevé d'in-
specteur d'Etat, lui délègue le soin de visiter et d'inspecter
les districts du Moyen et du Haut-Congo. Mais il est sur-
tout investi de la mission d'apprécier l'attitude des Arabes
et de se rendre compte, si les relations pacifiques que
l'Etat entretenait avec eux, pouvaient être maintenus encore,
et d'étudier d'une façon toute spéciale le plan de cam-
pagne que le gouvernement devrait adopter dans le cas
où la politique et les menées des mahdistes forçaient l'Etat
à rompre la paix.
Parti d'Europe le 6 décembre 1891, l'inspecteur d'Etat
Fivé visite d'abord l'Ubangi, le Bomu, l'Uele. Il fait dans
ces régions, alors à peine organisées, sans confort, aux
communications difficiles, une inspection considérable et
fructueuse en observations et en réformes.
En juillet 1892, l'inspecteur d'Etat revient de l'Uele par
ritimbiri, lorsque, arrivé sur le Congo, il apprend la nou-
velle du massacre de la mission Hodister.
— 244 —
Il se porte sans retard aux Falls, y confère avec Rachid,
le vali, ot, à la suite de cette entrevue, acquiert la con-
viction que la conflagration g-énérale est inévitable et pro-
chaine.
C'est vers le sud que les hostilités commenceront car,
Rachid a envoj^é vers le haut-fleuve, Sefu, petit-fils de
Tippo-Tip, avec une troupe de deux ou trois cents hommes,
armés de fusils.
L'intention des Arabes apparaît clairement: attendre que
l'expédition que Dhanis organise pour se rendre au Katanga
ait quitté le Sankuru et pénétrer alors dans les régions,
devenues libres, du Sankuru et du Kasaï.
En même temps que Fivé prend toutes les mesures propres
à la défense de la région des Falls, il informe le gouver-
nement des événements. Puis, il est à Djabir, y lève des
soldats, les fait instruire et diriger vers la zone arabe.
Dans l'entretemps, le gouvernement a commissionné l'in-
specteur d'Etat, le 9 août, pour prendre la direction des
opérations militaires sur le Haut-Congo.
Revenu de Djabir, il ne perd pas un instant, descend le
fleuve et partout, sur le Congo, organise les secours, réunit
les renforts, double les postes, règle la marche des bateaux
et parvient à faire arriver à Rasoko et aux Falls les Euro-
péens, les troupes, les approvisionnements qui permettront
aux Belges de lutter avec succès contre l'hostilité des
Arabes.
Il fait connaître au gouvernement les mesures qu'il prend,
leur annonce que l'action, très certaine et très proche, aura
ses premiers eflets dans le district du Lualaba.
De Léopoldville, Fivé remonte le Kasaï et le Sankuru
pour se rapprocher du pays où commencera la lutte. Arrivé
à Lusambo, en février 1893, il apprend que ses prévisions
se sont déjà réalisées et est mis au courant des premiers
succès de Dhanis, sur le Lomami. Les événements récla-
ment une résolution prompte, aussi, malgré les instruc-
215
lions (lu ^•()iiv(M'iuMii(MiL (jiii lix(Mil, à Dlianis do so tenir sur
l;i i'iv(^ i^;ui('h(^ du Loiiiami, il lui envoie l'ordre l'ormel
(1(^ IVancliir la rivière, de se porter sur le Con^'-o et de
IraplxM- un lirand coup en s'eiu[)aranl de Nyangwo.
1mi même temps, il ordonne à (^lialtin de se i)orter (i(i
l^asoko à l)(Mia Ivem])a pour soutenir Dlianis.
A^'ant ainsi org'anisé la victoire dans le Sud et prévoyant
(pi(^ les opérations contre Nyan^we vont avoir pour résul-
tat le soulèvement des Falls, Fivé décide de se rendre
rapidement dans cette contrée.
Il arrive à Bumba, accompagné du sous-lieutenant Henry,
du sergent Jacob et d'une centaine de soldats, qu'il a pu
recruter en route. Daenen, rentrant de l'expédition Van
Kercklioven, se joint à lui avec une vingtaine de soldats.
Les Arabes se soulevaient en effet, et dés que les ren-
seignements concernant leurs mouvements furent rappor-
tés à l'inspecteur d'Etat, celui-ci se hâte de quitter Bumba,
avec Daenen, Henry et Jacob, à bord du steamer Prin-
cesse Clé)}ienluie. Fivé arrive à Basoko le 19 mai, au
point du jour et se remet immédiatement en route.
« Le 20, après avoir marché toute la nuit, il campe à
« Lokoie et en repart à quatre heures du matin, à toute
rî vapeur.
^ Le fleuve charrie des cadavres nombreux ; l'atmosphère
« est empestée. Rien ne peut donner une idée du dégoût
" que l'on éprouve à l'approche de ces macchabées pestilen-
« tiels. Voilà l'œuvre des Arabes. La voilà dans toute sa
» brutalité. Sans respect aucun pour les morts, saîis souci
75 des gens qui meurent pour eux à la tâche, on les jette
» à l'eau et c'est fini Et les cadavres vont au loin,
" empestant le fleuve et portant les germes de maladies
" en même temps que la confirmation de la cruauté arabe (*).
(1) A. Le JeU-ne. Histoire militaire du Congo.
— 24G —
Prise d'Isanghi et de Jaiora.
Le 21 mai, Fivé arrive à Isiin^^lii el altafjue le camp
fortifié, commandé par l'Ara])C Al)i])u, à l'eml)Ouchure du
Lomami. A])i])u abandonne son poste; les populations font
acte de soumission, et, aux clameurs de la foule, le dra-
peau de ri^]tat est planté sur l'ancien camp aralje.
Fivé y laisse un sergent elmina et douze hommes, repart
pour Jafora et y culbute les Arabes. Fivé et ses officiers
sont acclamés en libérateurs par la population, pendant
que les Arabes fuient en débandade.
Le lendemain, à huit heures du matin, Fivé s'empare
du camp de l'Arabe Ghibu, à Jaouwamy.
Combat de la Romée, 22 mai 1893.
Les Arabes qui ont été délogés des postes du fleuve —
Isanghi, Jafora et Jaouwamy — sont allés se rassembler
à Jatuka, auprès du chef Kaj-embe, puissant Arabe et très
courageux guerrier. Barricadés derrière d'immenses palis-
sades, ils attaquent Fivé vers onze heures; ils accueillent
le steamer par des feux de salve nourris, mais, alors que le
bateau était encore à six ou huit cents mètres de la rive,
les balles ne portent pas. Un projectile pourtant casse
une menotte du gouvernail. L'engagement dure plus d'une
heure avant que le steamer puisse aborder.
La rivière la Romée sépare les deux positions fortifiées
des Arabes. Il y a là de solides palissades. La fusillade
est très vive.
Fivé ordonne à Daenon et à Henry de diriger le tir des
soldats. Les blancs répondent aux coups maladroits des
adversaires avec grand succès.
Et le steamer avance lentement vers le point que désigne
Fivé pour l'abordage. Avant que le bateau soit arrêté pour
le débarquement, des hommes, blancs et noirs, se jettent
à l'eau et montent à l'assaut.
217
Les oiiiuMiiis IficluMil, ji'kmI (\l se l'éfii^ionl, de, l;i l'ivo
(Iroih» sur la rive ^^aiiclie, d'où ils l'onl |)l(uiv()ii' les 1)m1-
les. (Test un diu^l à boni porlaul Les Iroiipos de J'Elat
oui, tué vin^t lioiniiK^s derrières les palissades. C'est arl)re
par arbre, maison par maison (pie la position a été défen-
due^ et prise. Henry et Jacob ont monté à l'assaut à la
tèt(^ de leurs bommes. 11 s'ai'it maintenant de s'emparer
de la rive gauclie. Fivé l'ait appel au coura^>-e des plus
braves. C'est les envoyer à la moi't et pourtant le sacri-
lice est nécessaire. Quinze braves se présentent et partent
en allège. A leur tête se place résolument le comman-
dant Daenen. Pendant ce temps, Fivé se rend, avec le
restant des hommes, le long de la Romée pour détour-
ner l'attention des assiégés.
Les balles pleuvent autour de l'embarcation Daenen.
Un sergent noir est traversé de part en part par un pro-
jectile. Rien n'arrête pourtant le vaillant Daenen, qui
saute à la rive et monte l'assaut. Un combat corps à corps
s'engage.
A ce moment débouche le steamer Ville de Bruxelles,
venant des Falls, avec tout le personnel de Chaltin. Par
suite d'un déplorable malentendu, l'inspecteur d'Etat est
accueilli par une balle qui lui traverse le veston. La
méprise est bientôt dissipée, et les hommes de Chaltin
marchent de concert avec ceux de Fivé à l'assaut de la
position ennemie. Les deux officiers organisent la pour-
suite.
Les Arabes fuient; un grand nombre d'entre eux sont
massacrés par les indigènes qui font leur apparition à la
curée.
Le butin de guerre comporte deux milles prisonniers,
de l'ivoire, des couteaux splendides, des fusils, trois Win-
chester, six fusils à piston, des moutons, des chèvres,
des poules en masse.
— 21S —
Prise du camp de Kayumbo, 23 mai 1903.
Le 23, l'inspecteur d'Etat Fivé et ses adjoints se diri-
gent vers le grand camp de Kayumjjo, situé à une lieue
vers l'intérieur. Kayumbo, auquel s'étaient joints, le 22,
au soir, tous les Arabes de la région, s'était retiré
dans son camp, situé à proximité d'immenses Y)lantations.
L'attaque a lieu le 23. A huit heures l'assaut est en pleine
ardeur, les positions sont prises; à midi, les troupes se
mettent en route vers les Falls, où elles arrivent à six
heures du soir.
Le 24 mai, Fivé réunit en conseil tous les officiers
présents, afin de déterminer, en commun, les mesures
urgentes que réclame la situation.
Dans le Sud, les troupes de Lusambo, habilement conduites
par Dhanis, viennent de faire tomber en leur pouvoir la
capitale arabe: Nyangwe. La déroute des Arabes est com-
plète.
Les Arabes tentent de se reformer sur la route de
Kibongha, où deux colonnes de poursuite leur infligent
une défaite complète.
Après ces événements simultanés dans le Sud et dans
le Nord, la campagne arabe s'achève victorieusement sous
les ordres de Dhanis.
Fivé remet son commandement militaire à Ponthier,
qui, partant des Falls, refoule devant lui les Arabes vers
le Sud (juin 1893).
Mais, avant de rentrer en Europe, Fivé organise la
région conquise.
11 est en Belgique le 17 septembre 1893.
En 1898, Fivé est chargé d'une importante mission en
Chine, par l'Etat.
Assisté de Henrard et Ledent, ingénieurs, il a reçu la
mission de reconnaître, au point de vue des ressources
210
indusli'ielk^s ot coiinnerciales les |)rï)vincos du IV^lchili,
Iloiian, C.liansi, l\aii-S()ii, lo Sc-Tchouen, l;i iv^iDii du lac
Koukou-Nor.
Los voya^vnirs snjournonL durant dix-huit mois à Tion-
Tsin et à Pokin, so dirigent vers l'intérieur av(ic leur
conij)atriote Splingaerd, mandarin à la Cour de Chine,
suiv(Mitla rout(^- du chemin de fer Pékin-llankow, traversent
le ileuve jaune et se portent vers Sian-Fou, capitale du
Shansi.
Par le Wee, Fivé atteint Lan-Ghan, capitale du Kan-Su
et contourne le lac Koukou-Nor. Il pousse ensuite vers le
Nord, mais doit rebrousser chemin à cause du froid, traverse
les monts von Richthofen pour gagner Liang.
La révolte des boxers vient d'éclater et Fivé sauve d'une
mort certaine le Père Kessels de la mission Kan-Tschou.
A Lan-Chan, il est sommé de quitter le pays dans les
trois jours et parvient, au milieu de grands dangers a
se frayer un chemin, les armes à la main, jusqu'à Tatsing,
aux confins de la Mongolie. Il s'engage alors dans le
désert de Gobi et parcourt mille kilomètres à travers d'érein-
tantes plaines de sable.
Arrivé à Urga, chez les Russu, Fivé se rend à Kjachta,
en Sibérie et rentre en Europe en décembre 1900.
De retour en Belgique, Fivé continue à vouer au Congo
ses efforts incessants. Par sa propagande active et vivante,
il aide puissamment l'œuvre coloniale dans sa marche tou-
jours ascendante.
Il est nommé colonel du 2® régiment de guides le 23
mars 1902.
En 1905, il est désigné par les sommités du monde
colonial pour prendre la parole lors de la cérémonie
éclatante de la pose de la première pierre de l'Institut
mondial à Tervueren par le Roi-Souverain.
La' même année, il est choisi par le Roi-Souverain pour
siéger au sein de la Commission instituée par décret royal
pour rechercher et i'oniiuler les modifications qui pour-
raient être apportées dans l'administration do l'Etat.
Fivé qui est actuellement général-major, commandant
la première brig-ade de cavalerie, porte la Croix militaire
de première classe, l'Etoile de service et la Médaille de la cam-
pagne arabe, les Croix d'officier de l'Ordre de Léopold
et de l'Ordre de la Couronne du Congo, de chevalier
de l'Ordre royal du Lion, de la Couronne roj^ale de Prusse
de troisième classe, du Double Dragon de Chine de troisième
classe, de l'Aigle rouge de troisième classe, du Lion et du
Soleil de Perse de troisième classe, du Soleil Levant (Japon)
de troisième classe et de Commandeur de l'Ordre de l'Epée
de Suède.
PUBLICATION:
Causerie faite au Cercle africain à la séance de rentrée : Sur quelques
coutumes de VUbangi. (Bulletin Cercle africain 1907).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— Mouvement géographique, 1900, p. 606.
— Histoire Militaire du Congoy A. Le Jeune.
— Chapaux. Le Congo historique, pp. 260, 309, 403, 623.
— Jenssen Tusch, Skmidinaver i Congo, 1905.
GHISLAIN, LOUIS, FRANÇOIS,
né à Nivelles le 18 décembre 1856.
Nommé sous-lieutenant au 12" régiment de ligne le
4 mai 1878, prend service aux carabiniers, passe au
3^ cbasseurs à pied comme lieutenant en 1885 et obtient
le brevet d'adjoint d'Etat-major le 14 décembre de la même
année.
Aide-de-camp du général baron van der Smissen.
wS'embarque pour le Congo le 6 juin 1894, en qualité
de secrétaire général du gouvernement local de l'Etat et
occupe ces hautes fonctions à Boma du 2 juillet 1894 au
5 décembre 1898, sauf pendant un congé de six mois,
du 23 mai 1896 au 6 novembre, qu'il consacre à un voyage
en Europe.
Se rend une troisième fois au Congo le 10 mai 1899,
investi des hautes fonctions d'inspecteur d'Etat, avec mis-
sion de prendre, au départ de Dhanis, le commandement
supérieur de la province orientale et diriger les opérations
d'un des postes les plus avancés du Lualaba. Mais la
maladie le force à rentrer en Europe dés le 24 avril 1900.
Major d'Etat-major au régiment des Carabiniers, cheva-
lier de l'Ordre de Léopold, décoré de la Croix militaire
de première classe et de l'Etoile de service, chevalier de
l'Ordre royal du Lion et de l'Etoile africaine, de l'Aigle
rouge de troisième classe et de l'Epée de Suède de pre-
mière classe, officier de l'Ordre du Soleil Levant du Japon.
PUBLICATION:
— Organisation militaire de l'Etat indépendant du Congo. Bruxelles 190G.
Imprimerie des travaux publics.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— Belgique militaire^ 1900, n" 1508.
■,vïAi\\>u<>'> AsuiAVs'Y t;l '.i\> oilL)ii'->
GÉRARD, AUGUSTE.
Cliché (le la Tribune Conf/oïaise.
GÉRARD, AUGUSTE, GEORGES, ARTHUR,
né à Warisoulx le 1(3 mai 1871.
Entre à l'Ecole militaire le 10 mai 1888 et est nommé sous-
lieutenant le 10 janvier 1891.
Il est d'abord attaché au 3^ régiment de chasseurs à
pied, puis aux carabiniers, du 20 juin 1891 au 27 juin 1897,
pour retourner ensuite à son premier régiment.
Parti pour le Congo, à bord de ÏAkassa, le 6 mai 1893,
il es", dès son arrivée à Borna, désigné pour le district
de rUbangi-Bomu.
Il prend une part active à l'expédition entreprise sous
les ordres du capitaine Nilis et du lieutenant de la Kéthulle
(1894) et à la campagne contre le sultan Rafaï, puis il se
dirige vers le Darfour.
Il est préposé à la garde du fort de Katuacka, sur
l'Ada, point terminus de l'expédition et poste le plus sep-
tentrional fondé par les l>e]ges en Afrique (9'' lat. N.). Ce
fort devra plus tard être abandonné à la suite des attaques
continuelles des mahdistes. Le territoire est cédé à la
France par l'accord franco-congolais du 4 août 1894. Etant
- 251 —
à Katuacka, en août 1804, Gérard y bat les bandes mahdistcs
venues du Darfour, patrie d'Abdulali, le nouveau mahdi.
Il est ensuite nommé résident auprès du sultan Rafaï
(décembre 1804 ) Dans le courant de l'année suivante, il
est appelé à occuper les fonctions d'adjoint au comman-
dant du territoire à Banzyville, puis celles de chef de
poste d'Imese.
Il rentre en Europe le 4 juin 1806.
Le (3 octobre 1807, Gérard, élevé au grade de capitaine
commandant de deuxième classe, repart une seconde fois
pour l'Afi'ique et retourne dans l'Ubangi, où il prend la
direction de la quatorzième compagnie à Libenge.
Peu après, le commandement de la zone des Makrakra
(Uele) étant devenu vacant, par suite du départ du lieu-
tenant Laplume, chef de zone intérimaire, Gérard est
nommé à ce poste important.
Située à la frontière N.-E. de l'Etat, la zone de Makrakra
constitue la base d'opérations de l'expédition qui s'organise
contre les Mangbetus.
« A ce moment, le puissant chef Avungura Bokoyo se
révolte contre l'autorité de l'Etat; plusieurs contacts ont
lieu entre les troupes régulières et celles de Bokoyo,
auxquelles se sont jointes les milices des principaux chefs
Mangbetus: deux engagements ont notamment lieu au
village de Kabassidu, où le lieutenant Lekens est blessé
d'une balle à l'épaule. Bokoyo recule, mais ne s'avoue
pas vaincu. Gomme son hostilité peut porter préjudice
à l'Etat, une expédition est résolue. Gérard prend la tête
d'une colonne expéditionnaire, forte de trois cent quatre-
vingts soldats et se met en route le 17 décembre 1808.
w Le commandant Gérard est secondé par douze blancs,
dont le capitaine-commandant Wtterwulghe qui arrive de
l'Equateur avec de Rennette de Villers Perwin, Yannart,
et deux pelotons de recrues de da Pra, du D^ Rossignon,
de Brabant, etc., et se rend au Nil.
205
r> Ln rolonno. csl, diviséi» (\n ([unlvn pelotons:
» 1. \a'. lioiilenanl Y;inn:irl, (jiii, (l(3SCon(ljmnin (h; (.e.nnc
lie rexpédilion du Nil, vouL l)i(^n prendre h', commande-
iiieiit d'un des pelotons do recrues venant de l'Kquateur.
'' 2. L(^. lieutenant l)aron de Rennette de Villers Perwin a
sous ses ordres l'autre peloton de recrues.
^ 3. Le lieutenant de Brabant dirige le peloton de la
Makua. Le sergent Olivier lui est adjoint.
« 4. Le sous-lieut(Miant danois Andersen commande le
peloton de la Makrakra.
» La colonne possède en outre un canon Nordenfeldt; le
sergent Van den Noortgaert est spécialement chargé du
service de la pièce.
w Enfin, comme alliés, la colonne Gérard a Renzi (oncle
de Bokoyo) avec ses Azandés.
« La colonne va passer le Kibali au village Makossa, à
cinq lieues en amont de Dungu.
^ Le lendemain, 18, pénétrant sur le territoire ennemi,
elle adopte le dispositif de marche suivant :
r^ Le premier peloton, au centre, détache en avant de lui,
à cinquante mètres, une avant-garde ; le deuxième et le
troisième peloton marchent à droite et à gauche et à vingt
ou vingt-cinq mètres de distance; le canon et les bagages
suivent le premier peloton ; le quatrième peloton derrière
le canon constitue l'arrière-garde. Ce dispositif permet de
prendre la disposition en carré dans le minimum de temps.
La colonne est éclairée, au loin, en avant, sur les flancs
et en arrière.
" Dans cet ordre, la marche .est très lente à travers la
brousse, mais il faut adopter ce dispositif: étant en pays
ennemi, une embuscade est à craindre à chaque instant.
Si l'on marche lentement, on avance au moins sûrement.
» Aucune attaque ne se produit en cours de route.
" Le 22 décembre, à dix heures du matin, la colonne
arrive devant la Zériba de Bokoyo. Un taillis épais dérobe
— 25G —
la troupe à la vue de l'ennemi, qu'on aperçoit distinc-
tement sur l(^s lianes de la montagne qu'il occupe.
11 A six cents mètres, Gérard fait former le carré et la
troupe avance dans cette formation jusqu'à ({uatre cents
mètres de la Zériba.
55 A cette distance, ayant découvert une termitière, d'où
l'on distingue très bien la position ennemie, le chef de
l'expédition fait tirer six obus.
H Plaçant le canon provisoirement en réserve, avec un
peloton comme soutien, la troupe reprend sa marche,
toujours à couvert par le taillis, jusqu'à cent mètres de
la Zériba. Là, le terrain étant découvert, le commandant
Gérard fait immédiatement déployer deux pelotons en
tirailleurs, gardant le troisième en réserve, et, en deux
bonds, exécutés i)ar les soldats avec la plus grande bra-
voure, sous le feu nourri de l'adversaire et sans brûler
une seule cartouche, la ligne parvient à prendre position
à vingt mètres de la Zériba, à l'abri derrière une crête
garnie de rochers. Occupant ensuite cette crête, la troupe
ouvre un feu à volonté qui, pendant un quart d'heure,
est très intense. Le troisième peloton vient renforcer la
ligne vers la droite. Le commandant fait alors cesser le
feu et donne ordre au quatrième peloton d'avancer avec
le canon qui, également, est mis en batterie sur la crête.
Deux obus sont tirés d'abord sur la Zériba, couronnant
le sommet de la montagne Q, afin d'en déloger les défen-
seurs; espérant faire brèche dans la Zériba, le comman-
dant Gérard ordonne de tirer un obus à travers celle-ci.
» A ce moment le chef de l'expédition est blessé griève-
ment; l'épaule gauche traversae d'une balle, hors de com-
bat, il remet son commandement au capitaine comman-
(1) La résidence du chef bokoyo était établie sur un roclier de soixante-
dix mètres de hauteur environ et entourée de fossés et de palissades
établis avec un art sur[)renant.
— 2
Dé
dant Wtterwulo-ho. Cet ofTicior donne ordre» ;mi quatrième
peloton (le l'cnlorecu' et de prolon.i^cr VwWo <lroite, cai'
c'est de ce côté ([lie la Zériha scMnbh^ ètr(i le i)his forte-
ment occui)éc. Il est alors nn/A) heures et demi. La fusil-
lade nqinMid pendant que. le canon, oc('upant successive-
ment i)lusi(Hirs positions, essaie en vain de faire», ])rèclie
dans la j)alissade.
» Uuehfues boîtes à balles, tirées dans lu })artie de l'c^n-
ceinte, devant notre aile droite, font évacuer en partie
ce côté de la Zériba. Le commandant du troisième pelo-
ton, s'étant rendu compte de ce fait, s'élance à l'assaut
de la palissade, entraînant tous ses hommes : mais il se
trouve bientôt devant un fossé large de trois à quatre
mètres et profond de trois à trois mètres cinquante. La
position de ce peloton est critique, car l'adversaire a réoc-
cupé la palissade dès la marche en avant. Sans perdre son
sang-froid, le commandant de ce peloton avise vers la
gauche une pointe de rocher s'avançant dans le fossé, et
où il lui semble devoir exister une entrée. Il s'élance vers
cet endroit avec la moitié de son peloton et il trouve,
en effet, une espèce de petite corniche large de quelques
centimètres; le fossé est beaucoup moins profond en cet
endroit. L'officier parvient avec beaucoup de peine à faire
passer ses hommes par ce passage très étroit et à les
poster au-dessus du parapet tout contre la Zériba. L'entrée
a été fortement barricadée Le canon amené de côté, ne
parvient pas à faire brèche dans l'enceinte. L'ordre est
donné au premier et au deuxième peloton d'aller secon-
der les eiforts du troisième.
n Les soldats tirent à bout portant sur les défenseurs qui
lâchent pied, mais vont s'installer derrière des blocs de
rocher, à quelques mètres de l'enceinte, d'où ils acca-
blent les troupes assaillantes de balles et de flèches Tous
les efforts contre la Zériba sont vains. Pendant qu'une
partie des soldats continue à harceler l'ennemi, les autres
— 258 —
essaient de faire brèche au moyen de leurs maclieltes.
La Zéril)a est épaisse d(^ quatre à cinq rondins très durs,
et ce n'est que vers trois heures et demie qu'une brèche
est ouverte. Aussitôt les soldats s'élancent à l'intérieur
de la Zériba, poursuivant l'ennemi chez qui la débandade
s'est mise en voyant la troupe entrer, et qui se sauve
vers l'Ouest. L'ennemi perd un grand nombre d'hommes,
et ses pertes eussent encore été plus grandes si les sol-
dats avaient pu se guider dans ce labyrinthe qu'ils ne
connaissaient pas.
» Pas un instant Bokoyo n'a essaye de se défendre dans
sa seconde Zériba, d'où cependant les troupes de l'Etat
Leussent difficilement délogé et d'où il eût pu leur faire
éprouver beaucoup de pertes.
^ Dans la Zériba, les officiers peuvent se rendre compte de
la puissance de la position occupée par Bokoyo. La Zériba
extérieure a un développement d'environ (juinze cents mètres;
elle est précédée d'un parapet important et d'un fossé d'une
largeur de quatre mètres sur trois à trois cinquante de pro-
fondeur. A l'intérieur, tout le long de la palissade, existe
une tranchée pour tireurs à genou. Le massif central est cou-
ronné par une deuxième enceinte, solidement établie. Indé-
pendamment de ces deux Zéribas principales, partout où la
position présente des points faibles, et où l'escalade du rocher
peut offrir quelques facilités, des portions de palissade sont
étagées, reliant entre eux deux ou i)lusieurs blocs de rocher.
« Bokoyo se croyait tellement sur du succès qu'il avait
accumulé dans son repaire toutes ses richesses.
^ Les pertes de l'Etat s'élèvent à dix tués et vingt-cinq
soldats grièvement blessés. Bokoyo lui-même avoue des
pertes nombreuses.
r> Quelques jours après, Bokoyo fait sa soumission et accepte
toutes les conditions de paix qui lui sont imposées « (').
(1) Histoire militaire du Congo par A. Le Jeune.
— 250 —
Cette aelion hiilhnite rétablit la ti"iii({iiillité dans la r('<^i()ti
([ui (Mail (Ml ('M)uliiti()!i depuis l()n<^"tciii|)s, élat ti'(jul)l('.,
(jiii ('inpêchait le ravitaillement n'giilier d(^s troupes do
Fenclave de Lado.
Malheureusement, Gérard a payé son succès d'urwî ^rave
blessure, ({ui exig-e son rapatriement le 17 juin 1899.
A son retour on Relgi([ue, Gérard est radiogra[)lié par
les soins du D' Dupont, à l'in^pital militaire; mais l'ex-
traction de la J)alle, (jui lui a fracassé l'épaule, ne i)eut
être opérée.
Gérard reprend la ronte du continent africain, le 16 jan-
vier 1900, en ({ualité de commissaire de district de pre-
mière classe II est investi du commandement du district
de rubangi et occupe ces hautes fonctions jusqu'à la fin
de son terme d'engagement (janvier 1903).
11 est en Belgi(fue le 19 février 1903. Dans l'entretemps,
il a été pronui au grade de commissaire général, le 22
juin 1902.
Gérard s'embarque une quatrième fois pour l'Afrique
le 21 avril 1904. Le gouvernement lui confie la haute
direction du district de Bangala, commandé intérimaire-
ment ])ar Gustin, adjoint supérieur de première classe,
depuis le retour de Mardulier en Europe.
Depuis la victoire de Gilson, remporté sur les Budjas,
mil n'a plus affronté cette féroce tribu.
En juillet 1904, l'Etat charge Gérard d'administrer la
Mongala et de réduire les rebelles Budjas. La Société
commerciale anversoise de la Mongala, n'existe plus, elle
vient d'être reprise par l'Etat.
En cinq mois de temps, Gérard reprend la Mongala, où
un blanc, Raus, ainsi qu'une dizaine de ses serviteurs,
ont été traîtreusement assassinés dans leurs postes, et
dépouillés de vingt-trois fusils Albini et mille cartouches,
par les Budjas.
Décidé à pacifier la région plut(!)t que de l'aliéner à
260
l'Etat par une répression énergique et méritée, Gérard
part le 17 ocLobrc d'Ebonda, sur le Congo ; après six jours de
marche, il arrive à lassongo et le surlendemain à lalombo.
Après deux jours de repos, il se dirige vers l'Est, pour
opérer, dans la région de la Molua, où les assassins
se seraient réfugiés. Il fouille tous les villages, la brousse,
la foret sur les deux rives de la rivière.
Partout les indigènes fuient et ce n'est qu'au bout de
quinze jours, après ([u'il a fait des masses de prisonniers,
sans les molester, qu'il voit venir à lui les chefs faire
]c\\v soumission.
Il laisse deux Européens et cent soldats dans la Molua,
pour organiser le pays soumis et revient le IG décembre
à lalombo, dans le but de reformer une nouvelle colonne
et transporter vers l'Ouest le théâtre de ses opérations.
Il a de terribles épreuves à traverser, un grand nombre
de ses hommes périssent dans les forêts marécageuses,
deux sous-officiers blancs meurent de la fièvre. Gérard
est heureusement secondé par les lieutenants Gehot et
Gustin, et plus tard par les lieutenants Gilson et Arnold.
Après avoir accompli cette admirable conquête pacifique,
Gérard consacre son activité à organiser complètement la
région^ fonde un i)0ste permanent, met les populations
au travoil et, poursuivant son voyage vers Mandika, Libute
et Moa, arrive aux rives de l'Itimbiri.
Le V mars 1905, le poste de Gwenzali est créé et placé
sous le commandement de P. Hicguet. Il est situé entre
le fleuve du Congo et la Mongala, au sud de Binga et au
nord de la factorerie de Mkaturaka, 2*^ 8' latitude Nord et
20° 2' longitude Est.
Gérard rentre en Belgique le JG avril 190G, mais repart
une cinquième fois pour le Congo, le 24 janvier 1907.
En vertu des stipulations contenues dans les décrets du
Roi-Souverain du 3 juin 190G, les insj)ecteurs d'Etat, Mahieu
et Gérard, auront à veiller à l'exécution des dispositions
»
— 201 —
lé^'ales concornant los indigènes ot à s'assurer que los
rapports dos indi^ènos onlro (uix, ou dos a^'-enls publics
ainsi (pio d(^s pailiculiors avoc los indi<^ônos, soient con-
fornios aux lois, rô^lenionts ou inslruotions.
Leurs pouvoirs sous tous les rai)porls sont très (''t(în-
dus. Us [)ourront intervenir directement par voie d'auto-
rité [)our mettre lin aux al)us qu'ils constateraient, et il
leur appartiendra de saisir la justice en cas de consta-
tation de délit.
La compétence de Gérard s'étend sur les districts du
Haut Congo; celle de Maliieu, sur les districts de l'hast:
Stanley-Pool, Kasaï, lac Léopold IL
Capitaine en second au 3^ régiment de chasseurs, cheva-
lier de l'Ordre de Léopold, de l'Etoile africaine, de l'Ordre
royal du Lion et de la Couronne du Congo, décoré de
l'Etoile de service.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
Belgique mililaire, 1898, j). 712; 1905, p. 291. 190G p. 1831,
Belgique coloniale, 1904, p. 197.
A. Le Jeuxk. Histoire m 'li taire du Congo.
GOMINS, JOSEPH. HUBERT. ARTHUR,
né à Mesnil Saint-Biaise (Namur) le 7 septembre 1859.
S'engage à quinze ans et demi dans l'armée et fait ses
premières études à Pliilippeville, à l'Ecole régimentaire
du 9° de ligne.
Après deux ans de travail, le caporal Gomins entre à
l'Ecole militaire, qu'il quitte en 1879, avec le grade de
sous-lieutenant d'infanterie.
Suit les cours de l'Ecole de guerre et obtient, en 1890,
le brevet d'adjoint d'Etat-major.
Il est attaché en qualité d'aide-de-camp aux généraux
Ungricht et Rahier.
Gomins est nommé major, le 23 décembre 1904.
Major d'Etat-major au 7° régiment de ligne, il part pour
le Congo, le 4 mai 1905, en ([ualité d'inspecteur d'Etat,
et prend, en 1906, la direction de la Force Publique en
remplacement du lieutenant-colonel Warnant.
Chevalier de l'Ordre de Léopold, décoré de la Croix
militaire de première classe.
GOMINS, JOSEPH.
Cliché (lu journal Le Congo.
HENRI, EUGÈNE, JOSEPH, MARIE.
né à Soiii'nies le 22 dcceinbre 18G2.
Il s'engage comme soldat au génie, le 19 septembre 1878,
et devient sous-officier le 8 octobre 1871).
Promu au grade de sous-lieutenant payeur le 2(3 sep-
tembre 1889, il est détaché au ministère de la guerre le
4 décembre suivant, puis à FEcole militaire le 20 décem-
bre 1890, où il donne les cours de législation et d'admi-
nistration militaires.
Nommé capitaine en second payeur, le 25 mars 1894, il
est déchargé peu après de rem])loi qu'il remplissait à l'Ecole
militaire et affecté à un service d'intendance.
Il est sous-intendant de deuxième classe le 27 juin 1897,
et sous-intendant de première classe le 26 septembre 1900.
Il dirigeait le service de manutention à Bruxelles, lors-
qu'il s'embarque, le 4 mai 1900, pour le Congo, avec le
grade d'inspecteur d'Etat.
Accompagné de son secrétaire, le commis-chef Wilmin,
il quitte Boma le 31 mai, pour se diriger vers le haut-
fleuve et y poursuivre la mission dont Mahieu était chargé.
Il est chargé, comme inspecteur, par décret du 3 juin 190G,
de veiller à l'exécution des dispositions légales concernant
— 201 —
les indi^'^ènes et do s'assurer que les rapports des indi<:5ènes
entre eux et avec les agents i)ul)lics sont conformes aux
lois, règlements et instructions.
Rentre à Stanley ville le 8 septembre 1900, ai)rès avoir
procédé à l'inspection des zones des Stanley-Falls et du
haut Ituri
Il a accompli une mission analogue à celle dont a été
chargé, il y a deux ans, le haut commissaire royal
Mali'eyt, mission qui consistait à examiner les revendica-
tions des indigènes et les mesures à prendre pour régle-
menter là, où il y avait lieu, leurs impositions vis-à-vis
de l'Etat. Il a visité successivement tous les postes des
deux zones précitées et s'est rendu compte, si les instruc-
tions gouvernementales étaient strictement observées par
les chefs de poste.
Sous-intendant de première classe, chevalier de l'Ordre
de Léopold, décoré de la Croix militaire de deuxième
classe.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE
— Tribune Congolaise, 3 janvier 19G7.
HANOLET, Léou.
HANOLET, LÉON-CHARLESEDOUARD,
né à Méhaigne (Namur), le 25 novembre 1800.
Lieutenant au 13^ rôgiment de ligne, il s'eml)arque pour
le Congo, le 15 juin 1888; il est attache à la brigade topo-
graphique du bas Congo, puis devient adjudant-major de
la Force Publique. Il est nommé lieutenant de la Force
Publique à Boma, le 31 mars 1880.
Le 2G mars 1889, Hanolet accompagne le commandant
Van Gèle dans son exploration de l'Ubangi-Uele. Les autres
membres de l'expédition sont le lieutenant P. Le Marinel,
le capitaine de steamer De Rechter, le sergent Busine,
les mécaniciens Gustafson et Alexanderson.
Van Gèle est chargé de faire la reconnaissance du pays
qui avoisine la rive gauche du grand affluent du Congo.
Le 25 juin, il atteint Zongo et y fonde un poste qui
servira de base aux opérations futures de ce côté ; il en
confie la direction à Hanolet et reprend son exploration,
qu'il termine dans l'Uele, au 23*" de longitude, après
avoir semé sur son chemin les postes importants de Mokan-
gai, Banzy ville, Yakoma et Bangasso.
Chef du poste de Zongo, Hanolet effectue une recon-
naissance hardie dans la région de Wadday. Son action
— 266 —
décidée vers le nord a pour effet d'étal)! ir des relations
suivies avec les grands chefs de la région, qui permettront
à l'Etat d'appuyer des revendications territoriales en vue
de la délimitation des frontières du nord.
Hanolet fonde le i)oste de Kuango chez les Bwagiris.
Dans la région môme de Zongo, il met fin, par la force, au
commerce des esclaves pratiqué par les Bobanguis. Ceux-ci
ravitaillaient depuis de longues années les cannibales du
haut Ubangi de chair humaine, " récoltée « dans la région
de l'Equateur.
Le 2 janvier 1890, Musy, le chef du poste français de
Bangui, est massacré avec presque tous ses soldats, par
les indigènes de Salanga; Hanolet fait aussitôt occuper
la station par sa troupe et sauve ainsi le poste d'une des-
truction complète.
Pendant ce temps, l'expédition Van Gèle (1889-1891) pour-
suit sa marche heureuse et résout le problème si contro-
versé de rUbangi-Uele-Bomu.
Hanolet, promu capitaine de la Force Publique le 1 octo-
bre 1890, revient en Belgique, le 27 août 1891.
Il obtient le grade de capitaine-commandant de deuxième
classe, le 1^ avril 1892, et retourne en Afrique le 6 mai
suivant. Il fait un court séjour au Dahomey, au moment
où le colonel Dodds commence la campagne contre Behanzin.
Dès son arrivée à Boma, il est attaché à l'expédition de
rubangi-Bomu, placée sous les ordres de l'inspecteur d'Etat
G. Le Marinel, dont un des premiers actes est d'occuper
Bakuma, sur le Zacco, et le nord du pays Sakara.
Hanolet exerce durant neuf mois le commandement de
l'important territoire de l'Ubangi-Bomu, d'avril 1893 à
janvier 1894.
Nommé commandant supérieur de ce territoire, Hanolet
organise, en 1893, la mission Nilis-de la Kéthulle, dite
du nord-est, et la mission Van Galster-Stroobant, dite du
nord-ouest, qui ont comme objectif la contrée comprise
entre les rivières Shinko et Kotto, avec le Bomu pour base,
— 2iH —
et siluéo (Milro les iiiéridicîns 21 (îI 2 l.oO (,'sl de Greenwicli (;t
les parallèles 4 1/2 et 10. Ces expédilioiis doivent, éventuelle-
iiKMil, être réunies et opc^rer sons le nirincM'oniinaiideinent.
Nilis et de la KéthuUe parvieimenl, avec raid(î du sultan
Ralaï, dans le bassin du Nil, sur la l'iviè.re Adda, sous-
nfîiiient du Bahr-el-Ghazal, et l'oiident un poste qui est confié
au lieutenant Gérard.
L'expédition Van Calster-Stroobant reconnaît les pays
des Veddri et des Wassa et crée chez ces derniers le poste
de Dabogo.
Les Français ont établi le poste des Abiras, sur l'Ubangi,
à trois kilomètres en aval de Yakoma, et dirigent des
reconnaissances vers le pays Sakara. Leurs i)remières
expéditions, en atteignant le Boniu, contestent à l'Etat le
droit de faire flotter son drapeau sur la rivière. Mais les
Belges sont les premiers occupants et appuient sur un
traité leurs justes revendications. Di» cette contestation naît
un conflit entre le gouvernement de l'Etat et celui de la
République française.
Un second incident vient compli({uer la situation. La mis-
sion du duc d'Uzès, qui a reçu l'aide de l'Etat pour une
exploration vers le lac Tanganika, se trompe sans doute
de route, apparaît sur le haut Ubangi et vient renforcer
l'expédition du pharmacien de marine Liotard, représen-
tant du gouvernement français. Celui-ci quitte les Abiras
et débouche, avec une troupe de cent cinquante soldats,
le IG mars 1893, à la résidence de Bangasso.
Le sultan en est absent. Les deux colonnes française et
congolaise, en armes et toutes deux également résolues
à ne pas sacrifier ce qu'elles croient être leur droit, se
font face à une distance de cent mètres.
La moindre nervosité, une imprudence peut engendrer
une catastrophe. Les lieutenants Mathieu et Hennebert
font preuve d'un calme et d'un sang-froid admirables. Les
soldats de l'Etat, au nombre de huit cents, se contiennent
dans une discipline héroïque.
— 208 —
Enfin, à la rentrée de Bangasso, celui-ci, respectueux
de ses engagements envers les Belges, invite Liotard à
quitter le pays et à se retirer sur l'Ubangi. La mission
française s'éloigne, le 25 avril, dans la matinée. Ce succès
produira des résultats très heureux pour l'Etat, lors de
la conclusion du traité du 14 août 1894.
En janvier 1894, Hanolet, désigné pour prendre la direc-
tion de l'exploration du nord -ouest et, éventuellement, des
deux expéditions, remet le commandement de l'Ubangi-
Bomu à l'inspecteur d'Etat G. Le Marinel.
En ce moment, une mission militaire importante, sous
les ordres du colonel Montcil, destinée à aller appuyer
sur le haut Ubangi les revendications françaises, vient de
quitter l'Europe.
Hanolet qui a sous ses ordres les lieutenants Van Galster,
Stroobant et Grevisse et les sous-officiers Buret et Henrion,
quitte Bangasso et s'engage au nord-ouest dans une région
à peu près inconnue, les pays Sakara, Dar Banda et Dar
Fertit, par la vallée du Bali et du haut Kotto. L'itinéraire
suivi depuis Dabogo conduit l'expédition à Yango; elle
franchit le Kotto à Bara, dépasse les villages Dowa, Kacha,
traverse le pays des Wundus et des Burus et arrive enfin
à Makbanda.
Là, on trouve les populations singulièrement défendues
par la nature elle-même. Elles sont réfugiées au haut de
véritables forteresses féodales, d'immenses monolithes accu-
mulés à cet endroit par quelque éruption gigantesque.
Ruinées par les invasions des Madhistos, elles se sont can-
tonnées dans ces lieux inaccessibles, y ont creusé des puits
et aménagé des cavernes pour cacher leurs approvisionne-
ments. Les habitants s'aventurent parfois encore dans la
plaine, mais à la moindre alerte ils regagnent au moyen
d'échelles leurs refuges aériens.
De Makbanda, les voyageurs pénètrent dans le bassin
du Ghari, qui n'est séparé de celui du Nil que par un
plateau inhabité de soixante kilomètres. Le point le plus
— 201» —
élevé est (h^ liuil ('(Mil doii/o mètres, iiloi's (|U('. r;illiUi(lo
(1(* Han^asso est, de <jiiati'(^. conl (lualre-vin^'l-cinq mètres.
M'Belle, à la frontière sud-ouest musulmane soudanaise,
(^st le cher-lieu de la (rilni Kreiseli, la j)Ius imj)ortante des
Ahanda. La mission y établit son campement le 10 mai 1894.
Les Kreisclis sont en rap|)()rts constants avec les ^ens
du Wadday et du Lornou et disj)osent d'un armement per-
fectionné; ils ne monti'ent pourtant aucuiui velléité de
s'opposer à la marche de l'expédition sur laquelle ils
comptent, au contraire, pour les défendre contre les Mad-
histes et les sultans soudanais.
De Makbanda au fort de l'Adda, la li^^-ne de séparation
entre les bassins du Congo et du Nil devient plus mouve-
mentée. La mission la franchit à une altitude de 849 mètres.
Les négociants arabes, redoutant des concurrents sérieux
dans la troupe qui s'avance, accueillent Hanolet et ses
hommes avec des marques non équivoques de méfiance.
Les puissants sultans du Baghirmi, du Rounga et du Wadday,
excités par eux, décident même de faire massacrer la
mission. D'un autre côté, les derviches, en force considé-
rable, menacent le fort de l'Adda et obligent la mission
du nord-est à évacuer ce point et à rétrograder vers le sud.
Grâce à des procédés loyaux, grâce surtout au tact du
lieutenant Van Galster, l'inquiétude provoquée chez les
sultans par l'arrivée de l'expédition se dissipe peu à peu.
Le marchand tripolitain Ibrahim se dévoue même aux
intérêts de la mission congolaise, tout en ne négligeant
pas ses propres affaires.
En août 1894, Hanolet est sollicité par tous les sultans
de pénétrer sur leurs territoires et d'y créer des relations
commerciales durables. Fort de cette bienveillance, Hano-
let entre en négociations avec les chefs soudanais et
notamment avec Rabich, maître du Bornou et du Baghirmi,
puis continue son chemin vers l'est, dans le bassin du
Ghari. Il reçoit un message d'un chef tripolitain et des
présents du cheick Al-Sounoussi.
— 270 —
De M'Bellc, Ilanolct dirig-e des reconnaissances vers le
nord, jusqu'au grand marché du Rounga. Parvenu jusqu'au
9° 10' de latitude, il a délimité ainsi la ligne de sépara-
tion du Congo-Nil et du Gongo-Gliari. Sa mission a établi
quatorze stations géodésiques et relié le bassin du Congo
à ceux du Tchad et du Nil.
D'autres reconnaissances sont envoyées vers l'ouest et
gagnent El Kuti, chef-lieu du cheick Al-Sounoussi, où
périt si malheureusement Crampel. Hanolet rejoint Ban-
gasso par Sabanga, le pays Dar Banda et Dabogo et les
Veddris, à la fin de décembre 1894.
Le court espace de trois ans lui a donc suffi pour occuper
militairement le bassin du Bomu-Uele, la partie méri-
dionale du Bahr-el-Ghazal jusqu'au Nil et le Dar-Banda
jusqu'aux confins du Darfour et du Runga.
En tirant sur la carte une hgne partant de Redjaf, passant
par Liffi et Katuaka pour aboutir à M' Belle, il est permis
de se rendre compte de l'immense province qui vient d'être
conquise au nord de l'Uele.
C'est à ce moment que se conclut, entre l'Angleterre et
l'Etat, la convention du 12 mai 1894 qui donne à bail au
roi-souverain, sa vie durant, la rive gauche du Nil, de
Redjaf à Fachoda (qu'on appelle encore la province équa-
toriale), ainsi que certains territoires du Bahr-el-Ghazal,
moyennant la cession d'une bande de territoire de vingt-
cinq kilomètres de largeur, reliant l'Uganda au Tanganika
et permettant de réaliser ce rêve d'impérialisme africain:
la ligne ferrée du Cap au Caire.
Malheureusement, les brillantes expéditions de Nihs, de
la Kéthulle, Van Calster, Hanolet, etc., ne profiteront guère
aux Belges. A la suite de l'accord franco-congolais du
14 août 1894, les immenses territoires parcourus et explorés
par les vaillants officiers sont attribués à la France. Le
Bomu est désigné comme frontière nord de l'Etat.
Les Belges, la mort dans l'âme, doivent se résigner à
se retirer en deçà de cette rivière, abandonnant la vaste
— 271 —
(•onlrc'o ({ifils oiiL ^ioriousomonl corKjuise. (\l jirrosc'c. de,
leur snn<^'. Les Fnniçnis nrnu'lKuil à l'i^^tnl co (\\\o los Anglais
lui ont côdr. Do loul ce ({uo In (îonvontion do mai accorde
aux Bel<^-es, il ne leur reste (|ue l'enclave de Lado el la
rive gauche du Homu.
Les postes bel^-es sont occupés par les Français, et les
années suivantes voient les Liotard, les Baratier, les Mar-
chand, fonder leur gloire sur l'œuvre, demeui'ée ignorée,
des officiers bel^c^s. On rai)porte même que lorsqu'il fut
({uestion, en France, d'organiser l'expédition du Nil, Hano-
let, à la demande de M. Hanotaux, alors ministre des
affaires étran<>-ères, fut autorisé à se rendre à Paris, avec
le baron GofRnet, pour communiquer au promoteur de la
mission, et ses renseignements et ses cartes!
L'expédition Marchand s'inspira donc des renseignements
fournis par Hanolet et par les explorations entreprises par
les officiers de l'Uele: Baert, Francqui, Delangh, Golmant,
Jansen, Ghristiaens, Wtterwulghe, etc., etc.
Rentré en Europe, le 14 mai 1895, Hanolet repart une
troisième fois pour l'Afrique, le 6 juin 1896, en qualité de
commissaire général, chargé du commandement de l'impor-
tant district de Bangala, où la situation est à ce moment
particulièrement troublée.
Il parvient à y calmer les esprits et à ramener plusieurs
chefs indigènes sous l'autorité de l'Etat, notamment toute
la population de la Mongalla, où un régime économique
sérieux est instauré. Il fait tracer une route de quarante
kilomètres entre la station de Bangala et la rivière N'Giri,
affluent gauche de l'Ubangi, établit un poste au confluent
des deux rivières et une autre station sur la haute N'Giri.
Ses adjoints principaux à Bangala sont le commandant
Niclot, le capitaine Pimpurniaux (qui rétablit l'ordre dans
ritimbiri), les sergents De Meulemeester et Maenhout, les
sous-intendants Lheureux et Titeux.
Hanolet, de son expédition au bassin du Tchad, avait
«Ci '-—•
— 272 —
ramené dans l'Ubanii;! du ^l'os ]j(''lail ot des chevaux
achetés au Soudan. L'élevage avait donné d'excellents résul-
tats. Le commissaire-général renouvelle l'expérience à Ban-
gala, avec le môme succès, au moyen de chevaux pro-
venant du Maroc et de gros bétail pris à Borna. Il installe
dans chaque village avoisinant le lleuve un troupeau de
chèvres et de moutons, destinés <à ravitailler en viande
fraîche les Européens du district et les voj^ageurs de
passage.
Au mois de septembre 1897, le gouvernement fait appel
au dévouement de Hanolet, dont le terme de service est
expiré, pour aller diriger les territoires de l'Uele, au
déi)art de Ghaltin.
Hanolet se rend dans l'enclave de Lado, en novembre
1897, et jette sur le Nil huit allèges en fer et un steamer,
le Van Kerckhoven,
Attaque de Redjai par les derviches.
C'est alors que les derviches de Bor tentent de sur-
prendre la place de Redjaf.
D'après le rapport d'un prisonnier, il ressort qu'un
message reçu de Karthoum, peu de temps auparavant,
annonçait la marche progressive des Anglais sur cette ville
et prescrivait à l'émir Arabi-Dafalla de harceler les blancs
de Redjaf de façon à leur tuer le plus de monde possible
et à pouvoir ainsi s'emparer de leurs munitions et de leur
armement.
En conséquence, les derviches organisent une expédition
qui doit surprendre Redjaf, et leur marche est tenue si
secrète que ni les éclaireurs de l'Etat ni les natifs n'en
signalent l'approche.
Redjaf était défendu par un rempart flanqué de huit
canons, précédé d'un large fossé d'un développement de
douze cents mètres.
Vers une heure et demie du matin, dans la nuit du
;> ;iu 1 juin, les iMadliisles arrivcnl dcvaiil la place), (iérendiic
par deux oiïiciors et cent (juatro liommes ol que trois
postes avancés, rolicVs constamment par une patrouille, pro-
tèf^ent à l'ouest, au nord et au sud.
Bientôt des coups de fcui retentissent au poste avance
du nord, ({ui se replie et doniu^ l'alarme au camp. Les
soldats se précipitent dans la zériba môme de Redjaf,
l)ar la porte du nord-ouest; ils sont suivis de près par une
nuée de lanciers ennemis. En même temps, franchissant
les fossés semés d'épines de la zériba, les derviches attaquent
simultanément hi place de tous les côtés et s'y introduisent.
Commandés par le chef Adhem Bouchara, ils sont au
nombre de plusieurs milliers et six cents d'entre eux sont
armés de fusils rayés.
L'attaque est si foudroyante et l'assaillant est si nom-
breux qu'il peut donner l'assaut sur toutes les faces
à la fois, et culbuter toutes les résistances. En dix minutes,
les troupes de l'Etat sont rejetées vers les magasins de
munitions à soixante mètres du Nil. Des combats isolés
ont lieu sur toutes les faces du fort.
En un instant les Madhistes entourent la maison des
blancs, et tous leurs efforts se portent sur les magasins
d'armes et de munitions. Le ciel est couvert et cette
demi-obscurité rend les mouvements de la troupe fort
difficiles, tout en privant la place de l'appui de l'artillerie.
Tous les Belges, unis, entourés des soldats de la garde
qui ont pu être rassemblés, se précipitent en groupes serrés
sur les assaillants. D'autres combattants les rallient et, à
trois heures, les derviches se retirent en pleine déroute.
Au cours du combat Desneux et Bartholi, qui ont subi le
premier choc des lanciers derviches, sont tués à la tête de
de leurs hommes : le corps du premier est trouvé percé de
trente-trois coups de lance, le cadavre du second porte
dix-huit blessures. Le commissaire-général Hanolet est frappé
au pied ; le sergent van Pottelsberghe, le lieutenant Sillye,
le commis Lauterbach sont également atteints; toutes les
— 274 —
blessures sont faites à la lance, car le combat s'est livré
réellement corps à corps.
Les derviches ont déployé un courage héroïque et per-
dent quarante-deux des leurs, qu'on trouve morts près
du magasin de munitions; parmi eux on découvre le chef
El Gali. Un nombre considérable de tués et blessés a été
emporté par les derviches, d'autres ont été recueillis à
l'intérieur du fort. On a pu faire six prisonniers. Les pertes
de la garnison de Redjaf, bien qu'inférieures à celles de
l'ennemi, sont cependant sérieuses.
Pour donner un idée de la lutte, il suffira de dire que
le peloton Desneux perdit son chef et cinquante-sept sol-
dats (tués, blessés et disparus), sur un effectif de soixante-
trois hommes. Les pertes totales sont importantes: on
compte un officier sur deux et un soldat sur trois, tués
ou blessés. Une troupe nègre ou blanche supportant sans
broncher, alors qu'elle est affamée, pareille amputation
est digne de tous les respects.
Le commandant des troupes cite tout particulièrement
la conduite pleine de bravoure du capitaine Lequeux, du
médecin Rossignon, du lieutenant Henrion, de l'adjudant
Delarge, des sous-officiers Collet, van Pottelsberghe et
Dieupart et du sous-intendant Seghers.
Quinze jours auparavant, le 21 mai 1898, dans une embus-
cade dressée en face de Redjaf, le commandant Walhousen,
le lieutenant Goppejans, le sergent Bienaimé et douze sol-
dats avaient été tués par un parti madhiste. Le sergent
Baussart et quinze soldats furent gravement blessés dans
la même affaire.
On apprit plus tard que l'émir Arabi-Dafalla attendait
à bord de son steamer, en aval de Redjaf, le résultat du
combat du 4 juin.
Les derviches en retraite jetèrent dans le Nil les morts
qu'ils avaient emportés avec eux. Ce furent ces épaves
flottantes qui apprirent à l'émir l'échec de ses troupes.
— 275 —
Le coiiiniaïKlaiil militaire des (lorviclies, Adiioin liou-
cliara a péri dans la luêleo.
Un autre acte de bravoure est à signaler. Deux sous-
ofliciers, Willems et Na^ï-c^.ls, avjiient (Mé envoyés en four-
rageurs depuis plusieurs jours. Kn l'oute, ils furent rejoints
par des femmes et des soldats l)lessés (pii leur annon-
cèrent (pie Hanolet avait été enlevé par les Madliistes, que
ceux-ci occui)aient Redjaf et que toute l'expédition hel^'-e
était massacrée. N'écoutant (jue leur courage, ces deux
braves obligent les fuyards à les suivre et se portent sur
Redjaf, où ils arrivent le 5 à quatre heures du matin,
après une marche forcée de douze heures. Ils retrouvent
heureusement leurs compatriotes, vainqueurs et demeurés
maîtres de la place.
Les Belges étaient débarassôs des derviches, mais l'im-
placable famine continuait à sévir. Toute la province
équatoriale (enclave de Lado), depuis l'occupation égyp-
tienne et madhiste, avait été ravagée et dépeuplée. De
rares indigènes erraient perdus dans la savane. Toute
culture sérieuse avait disparu.
Immédiatement après l'attaque des derviches, le com-
mandant Hanolet décide d'établir à Lado un poste avancé
et y envoie le commandant Henry, qui venait d'arriver
du haut Ituri avec deux cent soixante soldats d'élite, pour
renforcer le camp retranché de Redjaf.
Henry se rend à Lado avec six cents hommes, que com-
mandent cinq officiers, un sous-officier et un sous-intendant.
Occupation de Lado, le 16 juillet 1898.
De Lado, il n'existait plus guère que les anciens remparts
élevés par Emin Pacha. Toute la contrée était déserte et
les habitations étaient détruites. Henry réoccupe le fort
et en novembre 1898, Hanolet y reçoit le colonel anglais
Martyr, venu de l'Uganda avec une compagnie de Soudanais
27G
pour reprend ro possession de Gondokoro et de la rive
droite du Nil.
Pendant ce temps, les derviches de Bor firent quelques
incursions sur la rive gauche.
Vers la môme époque, le 16 novembre 1898, Hanolet
fait installer à Kero, par 5" '/?, le poste frontière nord. Ce
mouvement de troupes a i)our effet de nous rapprocher
de Bor. Les derviches, menacés dans leur dernière forte-
resse, abandonnent celle-ci le 25 novembre 1898, traversent
le Nil à Zim-Zim, y coulent leur steamer Caw-Caw et se
dirigent sous la conduite d'Arabi vers le Darfour. Les troupes
de l'Etat ne parviennent pas à les joindre.
Une forte reconnaissance rentre le 15 décembre à Kero,
après avoir constaté le départ des derviches.
La guerre madhiste est réellement terminée. C'est alors
que le vaillant commandant Henry médite de rétablir les
communications entre Karthoum et Lado. Avec le Vmi Kerck-
hoven d'abord et une allège ensuite, il se lance hardi-
ment dans le fameux « Sedd », qui barre tout le lit du Nil
sur une étendue de quatre cents kilomètres. Il est accom-
pagné des lieutenants Bertrand et de Rennette et de vingt
soldats indigènes. Henry surmonte toutes les difficultés et
a l'honneur insigne de mener à bonne fin son audacieux
projet. Il atteint Karthoum, et est reçu avec de grands
honneurs par les officiers anglais.
Hanolet, dont le terme de service est depuis longtemps
expiré, et bien que peu rassuré sur le départ définitif
des derviches, quitte Redjaf en compagnie du docteur
Rossignon, le 2 janvier 1899, pour Djabir, se disposant
à rentrer en Europe.
Il a remis son commandement à Henry, qui continue à
demeurer à Kero, à neuf heures de marche ou six heures
de navigation de Lado, avec trois cent vingt-huit hommes,
un canon Krupp, une mitrailleuse Maxim et deux canons
Nordenfelt. Henry a sous ses ordres les lieutenants Derclaye,
::i i —
Liin(l(|uisl, iM'iail, \(\ s()iis-li(Mil(Mi;iiiL Van dcM" W(?^(iii, les
s()us-()lli('i(M's NMijcIs (^l Aslrand.
ll.iiiolot osl (Ml I)(d<4i(|ii(' 1(', 17 juin 181)9. M;iis, 1(î 14 iiinrs
lUOl, il se r(Miil){U'(fiie une ([uatrièuH^ fois [)()ur lo (>)n^o,
pour reprendre ses iuii)()rtantes fouettions de coniiuandant
supérieur de l'Uele.
La ({uestion des « vivres pour les noirs ^ vient d'occuper
l'activité de Chaltin pendant près de trois ans, quand
Ilanolet le remplace pour la seconde fois à l'Uele et dans
l'enclave de Lado. Immédiatement, des troupeaux de bœufs
sont dressés au charroi; une route carrossable reliant
Dungu à Redjaf est entreprise sur plusieurs points à la
fois. Des chariots arrivent d'Europe et, en 1903, une partie
des transports dans l'enclave se fait au moyen de véhicules
traînés par des bœufs. Cette route carrossable est trans-
formée aujourd'hui en une route pour automobiles.
Les fortifications de Lado, de Dufilé et du Yei ont été
construites avec les ressources que possédait le pays.
Une colonie de renfort est fortement installée à Jakuluku
(frontière du Bahr-el-Ghazal.)
La famine a maintenant disparu dans l'enclave et les
magasins sont abondamment fournis de vivres, en réserve
pour les mauvais jours. Les indigènes ont repris con-
fiance. Ils reviennent peu à peu dans la contrée, et ce
pays dévasté reprend un aspect prospère sous l'administration
éclairée et humanitaire de l'Etat du Congo.
Le sirdar, général Wingate, gouverneur du Soudan, est
reçu par Hanolet au poste frontière de Kero et visite
avec lui le fort de Lado.
Le général anglais et son brillant état-major ne ména-
gent pas les éloges aux officiers congolais de l'enclave.
Pendant que le commandant supérieur est retenu à
cet endroit, ses seconds, les commandants Lahaye, Wtter-
wulghe, Wacquez, par un travail de tous les instants,
maintiennent l'Uele en progrès constant; ils y déploient
— 278 —
de grandes qualités administratives et beaucoup d'énergie
pour ravitailler le haut Nil.
Mais il y a une ombre à ce tableau. Les principaux colla-
borateurs d'Hanolet sont morts trop obscurément à la tâche.
Les officiers de nationalité étrangère d'Italie, de Norwège,
de Suède et du Danemark, ont puissamment aidé leurs
camarades belges, et, hélas, beaucoup d'entre eux reposent
dans l'enclave de Lado et l'Uele.
L'histoire rendra justice aux disparus, dont l'idéal était
de se rendre digne de l'armée belge.
Hanolet rentre en Europe le 4 août 1903.
Il est capitaine-commandant en non-activité pour infirmités
temporaires, oflîcier de l'Ordre de Léopold et de l'Ordre
ro3^al du Lion, chevalier de l'Etoile africaine, décoré de
l'Etoile de service à quatre raies, de la Croix de vingt-
cinq ans de service à l'Armée, officier d'académie de
France.
Ses amis lui ont remis un sabre d'honneur artistement
ciselé, dont la lame porte gravé le souvenir des nombreux
états de service du vétéran de l'œuvre africaine.
PUBLICATIONS:
La chasse au Congo. (Bulletin de la Société d'études coloniales, 1895,
p. 141).
Exploration au nord du Bomu et du bassin du Tchad-Chari. (Bulletin
de la Sociétj royale de géographie d'Anvers, 1906).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Congo belge, 1898, n» 19.
L'exploration du commandant Hanolet vers les sources du Chari,
(Belg. coloniale, 1890, p. 208, avec carte).
Mouvement géographique. 1897, pp. 248 et 267; 1902, p. 1.
Attaque de liedjaf par les Madhistes. (Mouvement antiesclavagiste,
1898, septembre-octobre, p. 157).
L'Etat indépendant du Congo. A. J. Wauters. Falck, Bruxelles, 1899.
LE MARINEL, Paul.
Cliché de l'ouvrage de M. Chapaux,
ht Congo historique, diplomatique-
LE MARINEL, paulamédée
né à Long- Grove, près Davenport, Etat d'Iowa (Etats-
Unis d'Amérique), de parents belges, le 4 juillet 1858.
Sous-lieutenant au régiment des carabiniers, entre au
service de l'Etat en août 1885, et s'embarque avec de
Macar, au moment précis où la constitution de l'Etat
indépendant du Congo, sous la souveraineté du roi des
Belges, vient d'être reconnue par la Conférence de Berlin.
Le Marinel séjourne à Boma et à Banana, comme offi-
cier topographe, attaché au capitaine Jungers.
Le lieutenant allemand von Wissmann, qui vient d'accom-
])lir les brillantes explorations de la Lulua, du Kasaï et du
Kwango, revient au Congo, en janvier 188(3, après un
séjour de quelques mois à Madère; de Macar et Le Marinel
lui sont adjoints.
Ces deux officiers sont désignés pour continuer l'œuvre
de von Wissmann et achever à Lubuku, sur la Lulua, l'instal-
lation de la station de Luluabourg dont l'illustre explorateur
a jeté les fondements en novembre 1884. Cette place est non
seulement très bien située pour permettre de rayonner vers
— 280 —
les frontières est et sud; mais elle est encore un point de
ravitaillement pour les caravanes et constitue le centre
le plus important du commerce du caoutchouc et de l'ivoire
provenant des rives du Sankuru et du Kasaï.
De Macar et Le Marinel s'efforcent de faire de Lulua-
hourg- une des stations les plus prospères de l'Etat.
Attaché à cette station, Le Marinel est forcé d'y demeu-
rer, souffrant de la fièvre, tandis que de Macar seconde
von Wissmann dans l'exploration de la partie sud-est de
l'Etat. Les 10, 11 et 12 juillet, von Wissmann et de Macar
sont attaqués par les Bakalosch, et, après un combat
acharné, qui les prive d'une grande partie de leurs forces en
hommes et en munitions, ils se décident à retourner à
Luluahourg, où ils arrivent le 26 juillet.
Le Marinel se rend avec de Macar vers la Lulua et au
poste de Lueho.
Le 17 novembre 18SG, Le Marinel, complètement rétabli
de son indisposition, est choisi comme lieutenant par von
Wissmann et accompagne son chef à Nyangwe par le
Sankuru, le Lomami et le Lualaba.
Pendant ce temps le capitaine de Macar s'occupe des
travaux intérieurs du poste récemment créé; quelques mois
plus tard s'élève, sur les bords de la Lulua, une des plus
belles et des plus confortables stations de l'Etat.
L'expédition est malheureuse entre toutes; la famine
et la variole viennent décimer la caravane, qui comprend
plus d'un millier d'indigènes de la Lulua, hommes, fem-
mes et enfants.
En arrivant à Nyangwe, von Wissmann apprend par les
Arabes eux-mêmes la fatale nouvelle de la prise de la
station des Falls. Il se décide immédiatement à gagner, en
compagnie de Buchlag et d'une soixantaine d'hommes vali-
des, le lac Tanganika et, de là, la côte orientale, chargeant
Le Marinel du soin de ramener à Luluabourg les débris
de son infortunée caravane.
— 281 —
Le Mnrinol suil uik^ l'oiiU*. inoxî)lor(''0 v(U's le Loiiuiini,
(rnv(M'S(* Liipuiiiiu cl r(Milr(^ à Luliuihour;^' pur le Luiji.
Il opère (Misuile (l(>s reconnaissances entre le Kasaï et
le Luhi, puis, i)ai'('()iirl, en 1<S<S8, le Sankuru, le Lubel'u (\l
l(^s allluenis du Kwani^o.
De Macar (M, Le Marinel ont à livrer plusieurs combats
aux poi)ulalions (1(^ l'ouest, (M,, pendant qu'ils consacrent
l(Mir iiUelli^'ente activité au (l(Welo])pement de la Héris-
sa nl(^ station do Lulual)our<^-, ils parviennent à maintenir les
tribus environnantes dans le respect de l'autorité de l'Etat.
Rentré en Europe en 1888, Le Marinel repart, l'année
suivante, comme commissaire de district de première classe
et commandant du district du Lualal)a.
Il est chargé de l'organisation d'un camp militaire destiné
à arrêter les in-cursions des bandes arabes.
Le Marinel se rend d'abord à Luluabourg, afin de réunir
des éléments précieux pour ses expéditions ultérieures.
Parcourant la contrée jusqu'au delà du Lubi, il rassemble,
pour l'aider à l'expansion du poste de Lusambo, ce qui
reste des anciens soldats de von Wissmann et notam-
ment des gens de l'iVngola, dont il pourra se servir soit
comme interprètes, soit comme porteurs, dans les nom-
breux et longs voj'ages qu'il se propose de faire. Ensuite,
pour entraîner ses recrues et pour ajouter à la connais-
sance du pays, il se dirige avec Gillain et Descamps, par
une voie nouvelle, vers Lusambo, sur le Sankuru.
Dans l'entretemps, le gouverneur général, Camille Jans-
sen, qui s'est rendu par steamer à Lusambo, y a installé
plusieurs Européens et un contingent de la Force Publi-
que, sous la direction de Légat.
Aussi, lorsque l'expédition de Le Marinel atteint le San-
kuru, elle se trouve en présence d'un poste bien orga-
nisé qui a fait en quelques jours, du camp de Lusambo,
un centre imposant dans cette région primitive.
Cependant, Le Marinel a reçu l'ordre d'établir le camp
du sud sur le Lomami, et non sur le Sankuru; l'instal-
lation de Lusaml)o ne i)eut être que provisoire, tant que
Le Marinel n'aura pas reconnu lui-même la situation géo-
graphique et politique de Bena-Kemba, poste créé sur le
Lomami par le Oouverneur général en novembre 1889.
Se conformant aux instructions du gouvernement, Le
Marinel se dirige vers le Lomami, afin d'examiner si sa
base d'opérations peut être transportée à Bena-Kemba.
Laissant le personnel du camp de Lusambo sous la garde
de Descamps, Le Marinel, accompagné de Gillain et de
125 hommes de choix, très légèrement équipés, quitte Lu-
sambo, le o juin 1890, et se porte vers le Lomami, à
grandes étapes, à travers la zone dévastée par les Arabes.
L'expédition longe la lisière méridionale de la grande
forêt du Lubefu, passe sur la rive droite du Lomami en
face de Dibué, traverse du sud au nord llmbaddi et le
Malila, zones d'influence des Arabes de Nyangwé, traverse
dans la même direction le pays de Bakussu et repasse sur la
rive gauche du Lomami, à Faki, reconnaissant ainsi la
zone d'influence des Arabes de Riba-Riba. Le 15 juillet,
l'expédition arrive à Bena-Kamba, après une quinzaine de
jours de marches pénibles à travers la forêt et les marais,
harcelée par les indigènes, n'ayant pour tout guide que
le Lomami. Le Marinel a constaté la présence de nom-
breux rapides entre le point du Lomami, traversé par
von Wissmann et Pogge, et la station de Bena-Kamba; il
a enfin réalisé la première jonction des postes du sud
avec ceux de roccui)ation du haut Congo.
Cette expédition, riche en données géographiques et sur-
tout en renseignements ethnographiques et politiques, a
pour effet de donner la préférence à l'emplacement de
Lusambo, d'où l'on pourra mieux rayonner vers le sud
et faire face aux Arabes de l'est et du nord-est.
En conséquence, Le Marinel décide de lever temporai-
rement le poste du Lomami et de faire descendre par la
— Î383 —
rivièro de co nom v(M's Io Con^o, les doux Kiiropéens
(jui s'y IrouvcMil: lo licMiicnant LcMi^cr ol lo sor^'^ent De
Hruyne, ({iii :dlnil s'illustrer deux ans i)lus tnrd \y,\r une
mort glorieuse. Le 18 juillet, l'expédition quitte Bena-
Kamha et rentre à Lusambo, le 22 août 1890. Klle a
a(!comi)li un record de rapidité, étant donné les difficultés
et les sinuosités de son itinéraire.
A ce moment, s'ouvrent les premières hostilités contre
les Arabes.
Le jour même de son retour à Lusambo, Le Marinel
se dirige vers l'est, pour rejoindre Descamps, qui se trouve
aux prises, chez les Baternba, avec Gongo-Luteté, vassal
de Sefu, fils de Tippo-Tip.
Les Arabes, au nombre de sept mille, commandés par
Gongo, s'étaient approchés du camp de Lusambo, le
17 août, et menaçaient sérieusement la station de l'Etat.
Le lieutenant Descamps, accompagné de cinq blancs et de 200
soldats, s'était porté à leur rencontre et, le 19 août, leur
avait infligé une sanglante défaite. Tous les esclaves du
camp arabe sont mis en liberté.
En 1890, Le Marinel donne l'instruction militaire aux
recrues d'Angola, de Zanzibar, du Dahomey et de la Côte
d'Or.
Dans le courant du mois d'avril 1890, la Compagnie du
Gongo pour le commerce et l'industrie charge Alexandre Del-
commune d'explorer les territoires compris entre Nyangwe,
le Tanganika et la frontière méridionale de l'Etat.
Tandis que l'expédition s'organise et atteint le haut
Gongo, le gouvernement, désireux d'occuper eflfectivement
cette même contrée, sur laquelle, dans certains milieux
anglais, on semble vouloir élever des prétentions, donne
l'ordre à Paul Le Marinel de se rendre chez Msiri, chef
du Katanga, et de lui faire arborer le drapeau de l'Etat.
En même temps, l'attention est appelée en Belgique, sur
— 284 —
ces contrées célèbres par leurs mines de cuivre, et dont
quelques voyageurs, notamment Cameron, Gapello et
Ivens, vantent le climat et les ressources. De nouvelles
initiatives provoquent la constitution de la Compagnie du
Katanga (15 avril 1891), qui se met aussitôt en devoir de
faire visiter les territoires, où l'Etat vient de lui accorder
d'importantes concessions, par deux expéditions, respective-
ment placées sous le commandement des capitaines Stairs
et Bia.
L'expédition dirigée par Le Marinel, dont l'organisation
se fait au Congo même, arrive la première à Bunkeïa, but
commun assigné à tout ce groupe d'explorateurs. Voici
l'itinéraire suivi: après avoir confié la garde du camp au
commandant Gillain, Le Marinel part de Lusambo, le 23
décembre 1890, accompagné des lieutenants Descamps, Légat
etVerdick; il traverse le Sankuru et suit, sur une distance
de 165 kilomètres, la rive droite du Lubi. De là, se portant
vers l'est, Le Marinel atteint la rivière Uele, où Muzembe,
le puissant clief des Balungu, songe un instant à s'opposer
à sa marche et fait perdre à l'expédition une quinzaine de
jours.
Le Marinel se dirige de là vers le Lubilach, ou Sankuru
supérieur, qu'il franchit à la résidence de Mutombo-Mukulu;
poursuivant alors sa route vers le sud, il découvre, entre
9" et 10° de latitude, les petits lacs Ka longue, Kinda et
Musselo, traverse le haut Lualaba, près de son confluent
avec le Lubudi, rivière qu'il reconnaît, et escalade les
pentes occidentales de la chaîne dés Mitumba. Il pénètre
ainsi dans le royaume de Msiri, où il rencontre les Bena-
Kalanbos, population troglodyte, et arrive à Bunkeïa, capitale
du cruel potentat (18 avril 1891). Il y trouve installés les
représentants de la mission Arnot, qui, heureusement, ne
contrecarrent pas ses projets vis-à-vis du féroce sultan.
Les efforts de Le Marinel pour que Msiri reconnaisse et
arbore le drapeau de l'Etat restent vains; mais le chef
285
(lo r(^xi)('Mlili()ii ()I)li(Mil iiiK^ l(MI,i'(\ (l;iiis l;i(iiiollo Msiri con-
s(Mil, (l;ins une ('(M'iMiiK' inesurc, à r;iii'(». sa soumission à l'Etat.
Lo Mai'iiicl (\sl i)arv(Miu à r('li(îr, par un itinéraire nou-
veau, le i)()int terminus de roccui)ation hd^o aux points
extrêmes atteints i)ar J^eicliardt et liohm.
Après son entrevue avec Msii'i, Le Marinel l'onde à
Lul'oï le premier poste au Katan«^a, qu'il confie à la ^'•arde
de Le<^'at et Vcrdick et d'une centaine de soldats ré^-u-
liers de la Force Publique.
Variant son itinéraire de retour et emmenant avec lui
le missionnaire Swan, ainsi qu'une des principales femmes
de Msiri, escortée par un certain nombre de ses sujets
qui rega^'neront le Katanga plus tard avec l'expédition Bia-
Francqui, Le Marinel quitte Lufoï, en mai 1801, et rentre
à Lusambo le 18 août.
Ce voyage de deux mille kilomètres est effectué en deux
cent trente jours.
Au commencement de l'année 1892, Le Marinel porte
secours au prince de Groy, menacé par les bandes de
Kieko et de Bihé.
Au mois de mars 1892, une sourde agitation dans le
pays arabe attire l'attention du commandant du district
de Lualaba.
Dès avril, les nouvelles deviennent plus précises. Gongo-
Lutete, qui, contrairement à la nouvelle qui s'était répandue,
n'a pas péri au cours du combat sanglant que lui a livré
Descamps, tente de tiouveau l'exécution de son projet de 1890.
Le Marinel organise la défense. Il décide de faire attaquer
les bandes arabes, de front, par une colonne (capitaine
Descamps) partant de Luluabourg, tandis qu'une autre
venant de Lusambo, leur coupera la retraite.
Le 19 avril, la troupe de Dhanis, grossie de celle de
Michaux, marche à la rencontre des Arabes et leur inflige,
le 23 avril, une sanglante défaite.
Paul Le Marinel remet, le 22 avril 1892, au lieutenant
— 286 —
Dlianis, le commandement du district du Lualaba, et rentre
en Europe le 10 juillet.
Il reçoit la médaille d'or commémorative des expéditions
du Katanga.
Le 6 janvier 1893, il repart une troisième fois pour le
Congo, comme inspecteur d'Etat et commandant du district
de Stanley-Pool, du Kwango, du Kasaï et du Lualaba.
Il expédie du Sankuru des renforts à Dhanis, en lutte
avec les Arabes.
Il charge Brasseur d'une expédition au Katanga, dans
le but d'aller relever Légat et de ravitailler le poste de
Lufoï. Le camp de Lusambo ne peut pourvoir à ce service,
au moment le plus critique de la campagne arabe.
En décembre 1894, Le Marinel apprend le succès des
bandes de Rumaliza. Dhanis lui expose que la situation est
des plus mauvaises; il réclame instamment des secours
en hommes, munitions et artillerie.
Le 4 de ce mois, Paul Le Marinel amène une colonne de
Lusambo jusque près de Nyangwe. La troupe, qui se com-
pose du capitaine CoUignon, du lieutenant Francken, du
sergent Destrail, de cent quatre-vingts hommes, et qui com-
prend trois cents fusils perfectionnés, mille fusils à piston,
une grande quantité d'étoffes, de cartouches, de poudre
et de capsules, arrive à Kassongo et contribue ainsi à la
victoire définitive des troupes de l'Etat sur Rumaliza, le
14 janvier 1894.
Le Marinel retourne à Luluabourg, Luebo et aux Chutes
de von Wissmann et rentre à Léopoldville en août 1894. Il
y apprend le conflit avec la France et reçoit une mission
d'inspection dans l'Uele.
A la mort du capitaine Baert, il reprend, sans hésita-
tion, le commandement de la grande expédition organi-
sée vers les contrées inconnues du haut Uele.
Il gagne Ibembo, Djabir et Semio, atteint le Bomu et
le Bomokandi, et remonte l'Uele jusqu'à Dungu, limite
— 287 —
extrême de roccupalion à l'est. Il remet son commande-
ment à Franc({ui et revient à Léopoldville.
La nouvelle que les soldats batetelas de Luluabour^- se
sont révoltés, le décide, mal<,^ré son état d'épuisement, à
reprendre le chemin de Lusambo, mû tant par U) sen-
. timent du devoir que par l'idée généreuse d'aller porter
secours à son ancien adjoint le commandant Gillain. Il
arrive le 8 octobre 1895 dans cette station et prend le lende-
main la route de Ganda.
Heureusement les rebelles, qui ont déjà subi le 9 octobre
le premier choc de l'adversaire dans un combat contre les
troupes de Lusambo, sont mis en déroute complète au
combat du 18 octobre, par Lothaire, le commandant de la
zone arabe.
Le Marinel rentre en Europe le 12 février 1896.
Le 20 mars, Paul et Georges Le Marinel sont reçus en
séance solennelle par la Société d'études coloniales et
proclamés membres d'honneur. La séance est honorée de
la présence du Prince Albert de Belgique.
Paul Le Marinel, qui a quitté l'armée avec le grade de
capitaine-commandant, repart une quatrième fois pour le
Congo, le l'' février 1906, comme directeur de la Compagnie
du Lomami à Ilambi.
Paul Le Marinel est chevalier de l'Ordre de Léopold et
de l'Ordre royal du Lion, officier de l'Etoile africaine,
décoré de l'Etoile de service et de la médaille de la cam-
pagne arabe.
Les Sociétés de Géographie de Bruxelles et d'Anvers lui
dont décerné leurs médailles d'or.
— 288 —
PUBLICATIONS.
De Nyangwe à Luluabourg. (Mouvement géogrîii)hi(|iie, 1888, p. 55.)
Tableau des altitudes observées pendant le voyage au Katanga. (Mou-
vement géograpliifiue, 1892, p. 11.)
Tableau des observations astronomiques faites au cours du voyage de
Lusambo à Bunkeïa. (Mouvement géographi(]ue, 1892, p. 11.)
Note sur les découvertes et V occupation des régions du Kasaï, du Luba
et du Katanga. (Bull. Soc. roy. Géog. Anvers, 190G.)
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES.
Chapaux. Le Congo histor. et diplomat.
Mouvement géographique 1888, p. 55; 1891, pp. 22, 32; 1892, pp. 9, 11.
A. J. Wauters. IJEtat indépendant du Congo.
WisSMANN etc. Im Inner^i Afrikas. Die Erforschung des Kasaï
wahrend derjahre 1883, 1884, 1885. 1 vol. in-8». Brockhaus, Leip-
zig, 1888.
Id. Meine zweite Durchquerung œquatorial Afrikas vom Kongo zum
Zambesi wahrend derjahre 1886-1887. Trowitsch. Frankfurt a/o 1891.
Bas Land der Bachilange. (F^etermann's Mitt. 1888, p. 353.)
Tre âr i Kongo. 3« vol. in-8o. Stockholm, Norstedt 1887. Motter
P. Pagels et E. Gleerup.
Histoire militaire du Congo. Lejeune-Chorjuet. Castaigne. Bruxelles
1906.
LE MARINEL, Paul.
(Cliché du journal Le Congo).
LE MARINEL, GEORGES.
Cliché de roiivrage de iM. Chapaux.
Le Congo historique, diplomatique, etc.
LE MARINEL, GEORGES, EDOUARD,
né à Davenport (Etats-Unis d'Amérique) le 29 juin 18G0.
Sous-lieutenant au génie, il s'engage au service de l'As-
sociation internationale du Congo, le 7 août 1884.
Le Marinel séjourne d'abord à Vivi, puis, assiste le capi-
taine Valcke dans la lourde entreprise du transport au
Pool du premier grand steamer: le Slcmley (1881-1885).
Il rentre à Vivi et est désigné, en août 1885, comme mem-
bre de la commission de délimitation de la frontière Congo-
française dans le bassin du Kouilou. Il parcourt cette région
où s'opère la remise aux autorités françaises des postes
créés par l'Association internationale africaine (fin 1885).
Il est nommé sous-commissaire de district à Manyanga
et à Lukungu en 1886, et chef de la station de Léopold-
ville à la fin de cette même année.
G. Le Marinel rentre en Europe le l"" juillet 1887, mais
repart pour l'Afrique, le 29 janvier 1889, en qualité de
commissaire de district de deuxième classe.
II est adjoint, comme second, au capitaine Van Gèle et
— 290 —
l'accompagne, le 21 mai 1880, dans l'exploration de l'Ubangi
et de ses afHuents supérieurs. L'expédition, qui a pris
place à bord de V£n avant et de 1'^. 7. A., se compose,
en outre des lieutenants Hanolet et De Reciiter, du sous-
lieutenant Busine, de la F. P. et de l'interprète Attard.
Le capitaine Shagerstrom accompagne l'expédition, à bord
du *SYr;H/e//, apportant des approvisionnements jusqu'à Zongo.
La maladie oblige Le Marinel à interrompre son voyage
et à descendre à Léopold ville; aussitôt rétabli de son indis-
position, il se hâte d'aller rejoindre Van Gèle et de continuer
avec lui la brillante exploration de l'Ubangi.
Van Gèle fonde successivement le poste de Zongo, qu'il
confie à Hanolet, celui de Mokoangai, qu'il fait comman-
der par le nj^ampara Osmami et celui de Banzyville, qui
est mis sous la garde du sous-lieutenant Busine.
Dans l'entretemps, Van Gèle, monté sur l'A. /. A. et
accompagné de De Rechter a, dans le courant de novembre
1889, complété l'étude de la section du fleuve entre Ban-
zyville et Mokoangai, par la reconnaissance de la rive
septentrionale de la rivière, rive qui n'avait été visitée
jusqu'à ce moment, par aucun Européen.
Il découvre la bouche de deux affluents: le Kuangu et
le Benglii, dans lesquels il pénètre et qu'il remonte jusqu'à
une certaine distance. Jusqu'à la fin de 1889, Van Gèle
parcourt le pays et reconnaît l'Ubangi jusqu'à son origine,
c'est-à-dire jusqu'au point de jonction du Kengo-Bomu
et du Makua-Uele; il explore le cours inférieur d'un troi-
sième affluent de la rive droite: le Koto, longe les districts
de Joko Timbi, de Bida, d'Aboualé et atteint le pays des
Sakaras. La baisse des eaux, la méfiance des populations
Yakoma le décident à ajourner l'occupation en amont
de Banzyville.
Le Marinel l'ejoint l'expédition à la fin de 1889. A
Banzyville, Van Gèle prépare la reprise des explorations
pour la crue p»rochaine. En attendant. Le Marinel est
— 201 -
('li;irL;('' (ruiie i'(M-()mi;iiss;iii( (^ pni' IciMC nu sud (l(i l>;in/y-
ville, (jui (lui'(' un(» ()uiii/;iin(' de jours.
Le 9 in;ii ISOO, Lo Marinel ((uitto Bîmzyvillc. avec Van
Gèlo (H. 1)0 Uecliloi' |)()ur pônôtrcr dans lo Kolo, jus-
<|u'à la r(\sid(MU'(' du clior sakara (iauda ; \o 21) mai, los
V()ya<^(>ui's renionlonl, l'Uban^l, l'oiident au coniluont du
Houïu et de l'Uelo, une staiion à Yakoma, dont le liculo-
nant De Recliter pnMid 1(^. commandomont, placcuL sous
la souvcrainoi('' de l'Klal les territoires de Bangasso, sultan
des Sakaras, et avancent dans l'Uele jusqu'à la cliute de
Mek\van<^x)u, par 23" 04' 27" lon<4itude Est de Greenwicli.
Après s'être ravitaillé au camp de Yakoma, Van Gôle se
met en route dans le but d'explorer le cours de la rivière
Bomu. L'expédition est d'abord arrêtée par la chute de
Goui et rentre à Yakoma.
Reprenant ensuite les opérations, les explorateurs, voya-
geant par terre ou en pirogues, reconnaissent dans le
Bomu, toute une suite de chutes et de rapides (chutes Hans-
sens) et arrivent à l'embouchure du Bali. Après une visite
à Bangasso, sultan des Sakaras, sur la rive droite du
Bomu (4° 49' latitude et 23° 8' longitude), l'expédition
rentre à Banzyville. Van Gèle et ses adjoints ont définiti-
vement arrêté les origines de l'Ubangi, découvert ses
principaux affluents, fait reconnaître la souveraineté de
l'Etat sur toute la région Bomu-Uele.
Le 3 décembre 1890. Van Gèle opère sa jonction avec
l'expédition de l'Aruwimi, à Djabir, et le lendemain même
de son arrivée, inflige une défaite sanglante à une bande
pillarde arabe, qui des Falls, s'avançait vers la Loïka.
Van Gèle, après ce brillant fait d'armes, descend tout
l'Uele, jusqu'à son poste de Yakoma.
L'année 1891 est consacrée à organiser l'occupation du
territoire de l'Ubangi. Vers la fin de l'année, Van Gèle,
rentrant en Europe, est remplacé dans le commandement
du territoire par Le Marinel. Cette période est marquée
— 20:
par des opérations de détail, do nombreux voyages et
notamment par l'exploration du Koto.
En 1892, le personnel s'étant trouvé renforcé, il est permis
d'étendre l'occupation dans le pays des Sakaras. Le lieute-
nant Mathieu est installé comme résident chez Bangasso.
Le Marinel remonte le Bonm jusqu'au Shinko, à la
résidence du sultan Rafaï, explore le Bali et l'onde le
poste de Bokuma.
C'est à G. Le Marinel que la science géographique doit
la carte définitive de la n^gion du haut Ubangi, dressée
d'après une série de points, dont il a déterminé les coordonnés
géographiques.
G. Le Marinel revient en Belgique le 17 novembre 1892,
mais repart le 6 septembre de l'année suivante, investi
des hautes fonctions d'inspecteur d'Etat.
Il est chargé de reprendre le commandement de l'ex-
pédition Ubangi-Bomu, au moment où les relations entre
la France et l'Etat sont des plus tendues.
En février 1894, l'expédition Nilis-de la Kéthulle quitte
la résidence du chef azandé Rafaï, se dirige par la vallée
du Shinko, affluent du Bomu, en passant par Sango,
atteint Bandasi, franchit la hgne de faîte du Nil et fait
flotter le drapeau de l'Etat à Katuacka, sur l'Adda, affluent
du Bahr-el-Gazal, où un fort est créé et placé sous le
commandement du lieutenant Gérard.
Pendant ce temps, l'inspecteur d'Etat G. Le Marinel
envoie de nombreux officiers occuper les postes fondés par
l'expédition. Le capitaine Hecq et le lieutenant Jacquemin,
commandent le poste de Rafaï; les lieutenants Libois et
de Schrynmakers occupent celui de Sango.
A la même époque s'organise la mission Hanolet, qui
remonte vers le Nord et établit des relations avec des
traitants d'origine tripolitaine, arrivés par le Wadaï.
G. Le Marinel est retenu, à ce moment, sur l'Ubangi
et le bas Bomu par les difficultés qui se sont élevées
2'X)
(Milre In l''i';iiH'(' cl ri^hil :m siijcl, de l;i 'U'Hiiiilnlioii dos
ri'()iili("M'(»s.
I/acconI iiil(M'V(Miu (mi Kui'()1)(\ ou 1801, (înli'(î l(»s doux
^•ouvenioiiUMits, incM lin aux conU^sInlions cl (1. \a) Marincl /
rentre en l^el^iquc, le 'M) mars 1895.
\a' 20 mars 1890, (Um)1'<^os ol Paul Le Marine! son I, reçus
en séance solennollo, honorée de la présence du Prince
All)ert de Belgique, par la Société d'Etudes coloniales de
Bruxelles.
(i. L(^ iMarinel osl acUiellenient cai)itaine-comniandant
du i^énie, chevalier de l'Ordre de Léopold et de l'Etoile
africaine, officier de l'Ordre royal du Lion, décoré de
l'Etoile de service à trois raies et de la Croix militaire de
première classe.
PUBLICATIONS
La région du haut Ubangï. (Bulletin de la Société royale belge de
géographie, 1893, n" 1, pp. 5-42).
Les rapides de VUbangi. (Bulletin officiel de TEtat du Congo, 1894,
pp. 167-171). (Mouvement géographique, 1894, p. 2 avec une carte).
Exploration du Kotto. (Mouvement géographique, 1891, p. 144).
Tableau des observations astronomiques faites sur le haut Ubangi.
(Mouvement géogra})hi(|ue, 1891, p. 23).
Le Congo français au nord du coude de VUbangi. Observations. (Mou-
vement géographique, 1895, p. 302).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Congo illustré, 1892, p. 168.
Mouvement géographique^ 8 mars, 1891.
MAHIEU, ADOLPHE, ALFRED,
né à Jemappes le 10 mors 1S53.
Garde de première classe du i>énie, il part pour le
Congo le 0 juillet 1804, avec le grade de capitaine de la
Force Publique.
Il fait un séjour de trois ans à la batterie de Shin-
kakasa et contribue à la construction de cet ouvrage, un
des plus beaux travaux exécutés en Afrique, à l'aide de la
main d'œuvre indigène. Commande une ])atterie au dit fort.
Le 28 janvier 189G, il est cbargé d'une mission au
Mayumbe et le 1"" novembre suivant est nommé capitaine-
commandant de deuxième classe.
Il rentre en Europe le 28 juillet 1897 et reçoit l'Etoile
de service le 1^ août.
Il contracte bientôt un nouvel engagement et part le
6 mars 1898, investi d'une mission technique.
La ligne télégraphique du Congo, ayant atteint Léopold-
ville, le long du chemin de fer, le gouvernement de l'Etat,
MAHIEU, ADOLPHE.
Cliché (lu journal Le Congo.
— 205 —
(lésii'cnix (le l;i i)r()l{)ii^'(M' ins(nr;i riv|u;il(Uii', connc ;i M;ilii('U
r(*\('H'nli()ii «lo c{) travail.
La liiiiio U'Ié^Taphifiuc, (rcnviron liuil ccmiLs kil()iii(',lr(*,s,
entre Léopoldvilh^ ot Cofjuillialville est installée en un an
et (l(Mni, d'avril 1<S<)8 à (h'conibi'e 1899. La pose d'une
li<>-ne tél('<^'raplu(pie au (kuii^o présente de sérieuses dilli-
cultés: il faut lui rra3^(M' un eliemin à coups de llacll(^s ou
de machettes, à travers la forêt et la l)rousse, et tracer
une voie assez large i)()ur le passage des ouvriers avec
leur matériel.
Parfois aussi, il faut travailler en terrain marécageux
ou faire de long-s détours pour éviter les endroits impra-
ticables. Mallieu répartit son personnel en brigades, tra-
vaillant isolément et devant se rattacher les unes aux
autres; il importe de surveiller et de diriger ces équipes
et de leur faire parvenir en temps voulu et aux endroits
convenables les ravitaillements en vivres, matériel et outil-
lage dont elles ont besoin. Il y a en outre à franchir
de noml)reuses rivières et notamment le Kasaï, qui, au
point de traversée de la ligne, a plus de mille mètres de
largeur. Toutes ces difficultés ont (Ué heureusement vain-
cues et aujourd'hui on communi(jue le plus aisément avec
des postes distants de plus de cinq cents kilomètres.
Mahieu rentre en Belgique le 24 avril 1900.
Promu au grade de commissaire général, le 9 janvier
1901, il se rend une troisième fois au Congo, le 16 jan-
vier suivant, pour prendre des mains de l'inspecteur d'Etat
Costermans, la direction du district du Stanley-Pool.
Il revient en Europe le 11 mars 1903 et se rembarque
une quatrième fois le 7 janvier 190 1, avec le grade d'inspec-
teur d'Etat pour rei)rendre de ses anciennes fonctions.
Mahieu entreprend, sur l'ordre du gouvernement, de
grands travaux à Léopoldville et développe considérable-
ment cette ville, afin de la mettre en état de remplir le
— 29G —
rôle que lui crée sa situation, au terminus de la voie
ferrée (^t à l'orig'ine de la voie fluviale, qui dessert tout
le Haut-Congo.
Il établit une voie de communication, large avenue
l)ordée de cocotiers, pour relier le port au plateau (jui
domine la ville, en traversant celle-ci dans toute sa lon-
gueur; construit de nombreux établissements administra-
tifs ainsi qu'une boucherie, une ferme, etc.
Les marais du bas de la ville sont remblayés sur une
surface de six hectares environ, au moyen de terres prises
dans le mont Léopold, auquel la ville est adossée. Il en
résulte une grande amélioration dans la situation sanitaire
de la localité, et les terre-pleins obtenus ont permis d'établir
une gare pour l'embarquement du matériel destiné au
chemin de fer des Grands Lacs, ainsi que pour le débar-
quement des produits venant du Haut-Congo.
En 1902 est jeté un pier en maçonnerie, de cinquante
mètres de longueur et huit mètres de largeur, qui permet
le chargement des bateaux à toutes ks hauteurs de la
marée.
Les années suivantes on a creusé à la rive du fleuve
une excavation de cent mètres de longueur sur soixante-
dix mètres de largeur, dans laquelle on a établi dcnix
slips en fer sur fondations (m béton armé, slips sur les-
quels on hâle les bateaux pour les mettre à sec. Deux
bassins emmuraillés de cinquante mètres de longueur sur
vingt-cinq de largeur ont été construits aux deux côtés
du pier, etc., etc.
Le 17 juin 1905, après avoir confié la direction des affaires
du district du Stanley-Pool au directeur général Deuster,
Mahieu quitte Léopoldville pour entreprendre une tournée
d'inspection dans le Haut-Congo.
Rentré en Belgique le 21 janvier 190G, il repart le 24 jan-
vier 1907, chargé, par décret du 3 juin 190G, de veiller
— 297 —
à l'exécution dos dispositions locales concernant les
indi«;onos dans les districts du Stanley-l*()ol, du Lualaha-
Kasaï (M du lac Léopold II.
Adjoint prin('ii)al de dcuxièmo classe du ^'énif^
(Chevalier de rOrdi'o de Léopold, de l'Kloile africaine et
de l'Ordre royal du Lion, décoré de l'Etoile de service à
(juatre raies et de la décoration civique de troisième classe.
PUBLICATION
Le télégraphe et le téléplione dans l'Etat Indépendant du Congo. Bruxelles.
1901.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Belgique militaire, 1900, n» 1511; 1906, n" 1795.
Jenssen Tusch. Skandinaver i Congo, p. 315.
MILZ, JULES, ALEXANDRE,
né à Virton le 10 septembre 18G1; décédé à Bruxelles le
i'" octobre 1902.
Entre au service en qualité de soldat volontaire au 2^ régi-
ment de chasseurs à cheval, le 20 août 1880 et est nommé
sous-lieutenant au 4^ lanciers le 29 juin 1885.
Part pour le Congo le 17 juin 1888. Dès son arrivée à
Borna, il est désigné pour le Haut-Congo et attaché à l'avant-
garde du camp de Basoko. En cette qualité, il est chargé
du commandement des postes de Bomaneh, Baondeh et
Bassouah, créés pour arrêter les Arabes établis à Yambinga,
ceux-ci s'étant mis à dévaster les territoires de la rive
gauche de l'Aruwimi. Milz détruit tous les postes ennemis
sur cette rive.
En 1890, il accompagne le commandant Boget, commis-
saire du district de l'Aruwimi-Uele, dans son expédition
du Bubi pour châtier les Arabes qui se sont avancés sur
rUele, contournant le camp de Basoko. Les étapes de
cette marche sont: Upoto, Yambuya, Ibembo, où Duvi-
vier, envoj^é en avant-garde, a fondé un poste de ravitail-
lement, Ekwangatana, Mpozeto et Enguetra.
Boget traite avec le sultan Bafaï et fonde une station
de l'Etat sur \i\ rive gauche de l'Uele, en face de Djabir
MILZ, JULES.
— 20<J —
(ir> IV'vrior). Milz (mi osl iioDiinn coiiiiiiîindiinL S('S adjoints
sont: les sous-lieulenanls Dc^jaidVi ol Malmlhi (;L 1(^ ser^'ont
De liauw.
Solidonioni éial)li en ce point et av(T. le concours
du sultan, MHz s'elïbrce de re(M)nnaître les districts voi-
sins tle sa résidence et particulièrement, ceux occupés
sur les rives du lîomu par les puissants chefs azandés
Ral'aï et Semio. Il envoie à ce dernier, ambassades et
cadeaux, si bien que lorscjue le commandant Van Kerck-
lioven arrivera à Djabir en 1891, il suffira d'un vo^yage de
Milz à la résidence de Semio pour g-agner, non seulement
ce chef à la cause de l'Etat, mais même son concours actif
et sa participation militaire à l'expédition.
Milz tonde les postes d'Ibembo et Enguetra et détruit le
camp arabe, que Muambe avait établi chez les Ababuas.
Il repousse ensuite l'Arabe Kapanga Panga qui, accom-
pagné d'une force armée considérable, se proposait d'attein-
dre à nouveau l'Uele. Il poursuit aussi les Arabes avec
Van Gèle et les bat sur la Bima et plus tard dans la
direction du Rubi.
Le 15 novembre 1891, Milz est informé, par un rapport
du chef de poste de la Likati, qu'une bande de Matumbas-
Tambas, forte de cent fusils et traînant à sa suite mille à
douze cents indigènes armés de lances, a fait son appa-
rition au village de M'Pocho, situé sur la route du Rubi
à Djabir-Beudja. Par leurs menaces, ces brigands ont fait
lever le poste de M'Pocho qui s'est réfugié à Enguetra.
A cette nouvelle, Milz, obéissant aux ordres du com-
missaire de district, se porte à la rencontre des Matumbas.
Etablis sur la rive sud de la Likati, les Arabes se dispo-
saient à attaquer le poste de Djabir par le Sud, tandis que
Mirambo le contournerait parle Nord. Apprenant l'arrivée
de Milz, les Arabes battent précipitamment en retraite sur
le village de M'Pocho; ils y rencontrent le sous-lieutenant
— 300 —
Dejaiffe qui leur tue deux hommes et les force à se retirer.
Le 2 décembre, le chef de poste de Nanga, avertit Milz
par un rapport, que le Nyampara Mirambo s'avance vers
le Nord, pour l'aire la guerre à Banangué, chef allié, à
qui le lieutenant belge avait récemment confié un drapeau.
Une patrouille, forte de trente hommes, est aussitôt lancée
contre les Arabes. Un engagement a lieu sur le Rubi, à
trente minutes de Banangué. Les Arabes prennent la fuite,
abandonnant sur le terrain un drapeau, trois fusils et
trois à quatre cents lances.
Milz voulant assurer la tranquillitr» de la contrée et la
sûreté de la route dos caravanes, poursuit ses ennemis,
malgré leur défaite.
Après trente-cinq heures de marche, à travers un pays
dévasté et très difficile, il parvient à atteindre le camp de
Mirambo. Ce camp occupe une aire d'au moins dix hectares;
les maisons, semblables à toutes celles des Arabes, ont huit
à douze mètres de long sur quatre de large ; elles sont
au nombre de quatre-vingts environ.
Le camp est abandonné. Mirambo a fui la veille de
l'arrivée des troupes de l'Etat.
Avant son départ, il a tué vingt à trente indigènes, qui
lui ont refusé des porteurs pour le transport de son ivoire.
Les cadavres infestent la contrée.
Les habitants de Bedembo, Bopati et Engangoro ne tardent
pas à entrer en relations avec l'officier belge, qui apprend
par ces nouveaux alliés, que les Arabes ont déjà dépassé
le Rubi. Ils ont une trop grande avance pour qu'on puisse
songer encore à les poursuivre.
Milz est accueihi comme un libérateur par les indigènes,
qui sous l'empire de la terreur, se sont soumis aux Matumbas.
Sur ces entrefaites, l'inspecteur d'Etat Van Kerckhoven
venant des Falls, débarque à Djabir. Afin de contracter des
alliances avec les plus puissants chefs de la région, il
301
(Mivoic Mil/ cIh'/ Sciiiio, de l;i Kéllmlh' cIkî/ Riihiï cL
lù)ul()n ('lie/ S;issa.
Lo 11 (léœiuhnî 1S*J1, roxi)é(lili()ii V;in Kercklioven,
l'iMil'oiH'éo d\\n chol* nè^T(^ el de six C(3nls ^iiei'riers d(i
Sciiiio nmcnés par Mil/, ([uilte lioniokandi, où elle s'olnil
concenli'cM^ dc^puis une ({iiin/aine de jours (').
Mil/ esL a Haché à l'cxpcMlition el cliar^(' do ^uldei*
ravaiil-<^-arde. Il i'enii)lil, dans ces nouvelles fonctions, le
rôle le i)lus aclif.
On sait ([u'au cours de celle marche de nond)reux postes
fureid créés: notamment à Amadis, Suruang-o, Mue Mun/a,
à Niangara, à M'Bitlima et à Lehmin, où le chef de l'expédi-
tion perdit accidentellement la vie, le 10 avril 1892.
Milz est forcé de recueillir la lourde succession de
l'infortuné commandant Van Kerckhoven et de conduire
l'expédition vers Lado. Il atteint le Hât-el-Estiva et la
rivière Wadelaï et, après cin([ jours de marche (pii le
mènent au Kihhi, ohligé de repousser des atta({ues conti-
iRielles, il s'installe dans un vieux camp égyptien. « La
V situation des Egyptiens était des plus précaires. La pé-
« uurie de numitions rendait leurs fusils à peu près inutiles;
» les indigènes hahitant les districts environnants, qui
» avaient à se venger des nombreuses vexations commises
(1) Queliiues jours auparavant, dans un bantjuet otfert par l'inspecteur
d'Etat au sultan Semio, le chef de Texpédition, s'adressait au lieutenant
Milz en ces termes:
« Je bois au lieutenant Milz, qui déjà sur la route vers l'Europe, a})r('s
n un terme de service bien rempli, a bien voulu, à ma demande, revenir
r sur ses pas pour aller décider le sultan Semio à se joindre à l'expédi-
V tion et (|ui, après avoir si bien réussi dans ses délicates négociations,
«et — (juoique aspirant à aller dès lors d;ins sa patrie jouir d'un repos
» justement mérité, — n'a pas hésité à se tenir encore à la disposition
r de l'Etat pour continuer à aplanir les difficultés inévitables que nous
» aurons à vaincre, mission, à laquelle le rend apte sa connaissance du
r> pays et de la langue arabe. (Congo illustré, 1894, p. 129).
— 302 —
» par les Egyptiens au courant de leur situation deses-
» péree, s'étaient révoltés contre eux et refusaient de payer
» les impôts en nature qui jusqu'alors avaient permis à
» la garnison de Wadelaï de subsister. « (Milz. Dans le
Haut Uele, p. 94).
La route leur était barrée au Sud par le roi de l'Unioro
et les Matambas-Tambas les quittaient dans la grande
forêt. D'anciens fonctionnaires égyptiens de Wadelaï pro-
proposent à Milz de passer au service de l'Etat.
Pour s'assurer de la situation, Milz se rend au Nil à
deux lieues en amont de Boru (septembre 1892), et constate
l'état précaire des anciens compagnons d'Emin Paclia, qui
ont dû fuir Wadelaï par suite d'une épidémie. Ils ont
battu les Mahdistes à l'aide des populations makrakras.
La province d'Equatoria est retombée dans la barbarie.
Rentré au camp de Kibbi, Milz se dirige vers le Nord,
arrive après cinq jours de marche au Kohr, établit le
camp de Ganda et installe les Egyptiens à Korobe.
Aidé de Semio, il se propose d'ouvrir la route entre
Ganda et Uando, sur le Yeï, et livre divers combats, avant
de gagner N'Dirifi, où il laisse le sultan. Il continue sa route
vers Uando, par la vallée du Dungu, où il crée un poste
chez les Loco, pour arriver enfin à destination le 18 décembre
1892, après sept mois d'absence.
Le lieutenant Milz rentre en Europe le 25 novembre 1893
et reprend son service au l'' régiment de lanciers, en quahté
de lieutenant; en 1896, il est attaché à l'Ecole militaire,
comme maître d'équitation adjoint jusqu'en décembre 1899,
époque à laquelle il passe au 1'" guides avec le grade de
capitaine en second.
En 1900, Milz est chargé d'une mission au lac Kivu et
fait partie de l'expédition Congo-allemande, qui visite la
vallée de la Rusisi et le Kivu. Il part d'Anvers le 4 juil-
let 1900, contourne l'Afrique australe et débarque à Ghindé,
d'où il atteint Uvira le 10 novembre.
— ;u)3 —
Il r(MH'()n(r(^ à î'vir:i les expéditions Silly(;-Sinbr cl
Kl()\-\'an (1er \Vef^*en ([ui se rendent au Kivii. Milz s'em-
barque à (^liindé j)()ur renirer en Europe.
Mil/ meurt à IJruxelles, le l"* octobre 1902.
Il était capitaine en second au 1'" régiment de '^'•uides,
cbevalier de l'Ordre (1(î Léoi)old et ofïicicr de l'Ordre royal
du Lion, décoré de l'Etoile de service à trois raies, offi-
cier de l'Ordre du Lion et du Soleil de Perse et décoré
de l'Ordre de la Couronne de Prusse.
Le nom de pic Milz a été donné au mont Mongwa, situé
au sud de la place de Yeï, dans l'enclave de Lado. La
colonne Clialtin, en marche vers le Nil, y campe le 30
janvier 1897.
En reconnaissance des services signalés de Milz, le gou-
vernement de l'Etat décida de donner le nom de « Milz »
à un vapeur naviguant sur le Rubi entre Gô et Buta.
PUBLICATION:
— Bans le Haut Uele. Conférence faite au Cercle africain de Bruxelles.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— Belgique coloniale, 1895 et 189G ; id. 1902, p. 47.
— Chapaux. Congo historique, pp. 172, 241, 291, 361, 448.
— Mouvement géographique» 1893, p. 110.
— Mouvement aiitiesclavagiste, 1890-91, p. 279.
PATERNOSTER, louis, auguste,
né à Gheluwe le 12 janvier 1854.
Lieutenant-colonel au 3^ régiment de ligne, en garnison
à Ostende, part pour le Congo le 18 avril 1907, en qua-
lité d'inspecteur d'Etat, commandant de la Force Publi(|ue,
pour remplacer Gomins, rentrant en Europe.
Patornoster est chevalier de l'Ordre de Léopold, décoré
de la Croix militaire de première classe et de l'Ordre du
Lion et du Soleil de Perse, quatrième classe, officier de
l'Ordre du Takovo de Serbie, commandant de l'Ordre
impérial du Double Dragon de Chine.
PATERNOSTER, LOUIS.
Cliclu'.' (lu journal Li: Congo.
VAN KERCKHOVEN, GUILLAUME.
Clichô (le la Belgique coloniale.
VAN KERCKHOVEN, Guillaume, François,
né à Malines le 28 janvier 1853;
décédé près du Zoro supérieur, à Djebel Watti, le 10
août 1892.
A l'âge de 14 ans Van Kerckhoven s'engage dans les troupes
pontificales et prend part à la campagne de Rome. Revenu
en Belgique, il entre au service de l'armée.
Lieutenant adjoint d'Etat-Major au 1'" régiment de ligne,
il est nommé chef d'une expédition envo^^ée au Congo par
l'A. I. A., et s'embarque à Liverpool, le 7 mars 1883, avec
le sous-lieutenant Liebrechts. Il remonte le fleuve avec Nilis.
Van Kerckhoven remplit d'abord les fonctions de chef
de la station d'Issanghila, puis est chargé de la recon-
naissance de certaines territoires, entre autres de ceux
qui s'étendent entre le Niari et le Stanley-Pool.
Il fait un voyage à la Côte d'or pour enrôler des Krooy-
boys et prend le commandement de l'importante station
de Bangala, au départ de Goquilhat (août 1885).
« Vers la fin d'août 1885, la station se trouve menacée par
— 306 —
» une grande partie de la population d'Il)oko. Les mesures prc-
» ventives de sûreté prises par le eliet du poste annènent la
» dispersion de la flotille réunie en amont de la station et aucune
» attaque n'a lieu.
» Cependant la situation ne s'améliore pas, au contraire: par suite
» de la nouvelle de la défaite subie par Deane, à Monongcri,
» nouvelle répandue avec la rapidité de l'éclair, toute retenue
» du côté des iridigènes disparaît. D'après leurs sorciers, les blancs
» sont abandonnés par les esprits (Ibanza) : ils sont devenus vul-
» nérables ; les fusils ne font plus aucun mal, les lances porte-
» ront plus loin, plus juste et fourniront aux guerriers une chair
» excellente. Les conséquences de cette situation d'esprit des popula-
» tions ne tardent pas à se faire sentir: le prix des vivres aug-
» mente; les étrangers ne viennent plus à la station, les indigènes
» montrent de l'insolence. Des menaces d'attaque parviennent d'en
» amont et les habitants de N'Goumba, rêvant toujours la revanche,
» guettent au bois pour assassiner les hommes du poste; enfin,
» une flotille nouvelle se forme à une journée de la station.
» deux hommes de Van Kerckhoven s'étant rendus à Impanza, sont
» dépouillés et réclamés par les gens de N'Goumba pour être
» décapités et mangés.
» Van Kerckhoven saisit ce prétexte pour déclarer la guerre.
» Attaqués par eau, par terre, à leurs pêcheries, le jour, la nuit
» les hommes de N'Goumba viennent peu de temps après lui demander
>■> la paix. Les pertes du côté des indigènes sont de cinq morts,
» cinq prisonniers, sept pirogues. Commencée le 27 septembre, la guerre
» est finie le 1"" octobre.
» Van Kerckhoven profite de l'heureuse impression produite par
» sa victoire pour agrandir considérablement la station » (').
Poursuivant l'exemple de Goquilhat, Van Kerckhoven
réussit à recruter des soldats et des travailleurs parmi les
indig-ènes. Dès le mois de janvier 1880, il avait pu remettre
(l) Coc^uiLHAT. Sur le Haut Congo» Appendice,
— 307 —
M Doniio, (\\\\ se l'ciKhiil ;iiix F;ills, (|n;ir;iiil('-ciiKj joiinos
]{;iii;4';il;is, \r slojunoi' ne pouvnil rw coiilciiir davuntîi'j'O.
Plus (;ii(l, il (Mivoie à Lôopoldvilhi un coutin^cnl, do
recrui^s, dont dix rurcnl(liri^é(*s sur I)()ni;i cl y r(H;ureiit
l(Mir iiistruclioii niilil;iii"(\ Co furcMil, les preiniors soldats
hidi'^-ènes d(' la 1^'. V.
^ (]os iionnucs, dit-il, sont forts, coui'a'^eux, liahituos
•^ aux travaux de torrassouHMit, auxquels ils sont fort habiles:
?' on pourra trouver sans peine parmi eux une partie dos tra-
« vailleurs nécessaires i)our la construction du chemin
«do fer. »
Van Kerckhoven rentre en Belgique le 8 juin 1886,
après avoir achevé l'org-anisation politique du district placé
sous son commandement.
Il repart une seconde fois pour le Congo, le 29 octobre
1886, et reprend le commandement de Bangala.
En mars 1887, il se rend à Upoto et parvient à libérer
quelques soldats haoussas, des femmes et des enfants retenus
par les indigènes d'Upoto.
Ces captifs, parmi lesquels se trouvait Kursuku, le tam-
bour do Massala à l'exposition d'Anvers, s'étaient enfuis de
la station des Falls, lors de l'attaque des Arabes. La
plupart des fugitifs succombèrent par suite des privations
ou dans les luttes avec les populations riveraines.
En mai 1887, Van Kerckhoven, accompagné de Dhanis,
explore à nouveau la contrée d'Upoto. Ils suivent la rive
gauche du fleuve, passent par Irengi, Ribunga, et arri-
vent le !'■ juin à Mambungo. A leur arrivée à Upoto, les
indigènes équipent leurs pirogues de guerre, mais Van
Kerckhoven ne veut pas entamer la lutte, espérant obtenir
plus tard leur soumission.
L'expédition de Stanle}^ allant au secours d'Emin-Pacha,
y est, en effet, accueillie pacifiquement;
En juillet 1887, Van Kerckhoven et Dhanis se rendent
encore une fois à Upoto, pour continuer les négociations.
— 308 -
Un soldat haoussas et deux femmes sont libérés, mais la
prise comme otage du chef Ibongo compromet la situa-
tion. Celui-ci s'échappe vers l'itimbiri et crée plus tard de
nouvelles difficultés.
Dans l'intervalle, Van Kerckhoven se fait remettre quel-
ques prisonniers Bapoto (gens d'Upoto), faits par les Ban-
galas. Grâce aux bons traitements, prodigués à ces captifs,
les relations i)acifiques sont reprises avec les indigènes
d'Upoto. La paix est conclue le 13 novembre 1887.
Le commandant Roget, aj^ant reçu l'ordre de fonder un
camp retranché à Basoko, pour s'opposer aux incursions
menaçantes des Arabes, Van Kerckhoven est chargé d'or-
ganiser à Bangala l'avant-garde de cette expédition (25 oc-
tobre 1888). Celle-ci a pour mission d'occuper au plus
tôt la rive droite du Congo, de Bangala à l'Aruwimi,
d'échelonner des postes le long du fleuve et de procéder aux
premières installations du camp.
Tandis que Dlianis, commandant l'avant-garde, fonde les
postes d'Upoto, d'Umangi et de Yambinga, Van Kerck-
hoven conduit l'expédition à Basoko.
En octobre 1888, il est nommé commissaire de district
et accompagne le gouverneur général Janssen dans son
voyage aux Stanley- Falls et au Lomami. Il signale l'exis-
tence, sur la rive droite du Lomami, d'un lac sis non loin
du confluent Lomami-Congo.
Le 3 février 1889, Van Kerckhoven se rend avec Bia,
Jacques et Détaille à Yambinga et continue avec Dhanis
vers Basoko. Le 8 février, ils retrouvent à Basoko Salim
ben Mohammed, lieutenant de Tippo-Tip.
Van Kerckhoven revient en Belgique le 3 mars 1890;
mais son séjour y est de courte durée. Après quelques mois
de congé, il repart une troisième fois pour le Congo, le
30 octobre 1890, en qualité d'inspecteur d'Etat, chargé
d'occuper la région du nord-est de la vallée de l'Uele,
jusqu'aux grands lacs.
— .^01) —
S;i mission lui prcsciMl (riillciiidic 1(; II;iiil, L'clc. p;ir rilini-
J)ii'i, cl croxploror les liinitos de IKlat au Nord-Ksi, lout
(.Ml paciCiaul la contrée, par l'expulsion des bandes arabes.
Le but secret de l'expédition (ist d'atteindre le Bahr-el-
Gazal.
Les adjoints de Van Kerckhoven sont: le commandant
rontliier, les lieutenants Blocteur, Rousseau, Jacquet, Van
Montfort, les sergents Bucquoi, Van Caubergli(% et le I)' Van
(]ampeidioiit. Les troupes, fortes de trois cents liommes,
recrutes en Egypte, se concentrent à Léopoldville. Parmi
les cinq milles charges, on compte plusieurs embarca-
tions démontables.
L'expédition prend la voie de terre. Ponthier, comman-
dant l'avant-garde, quitte Léopoldville le 24 octobre 1890,
à bord du steamer Ville de Bruxelles. Accompagné de
Blocteur, de Van Montfort et de Jacquet, il remonte la
vallée du Congo, en suivant la rive gauche du fleuve, en
passant par Bolobo, Bangala et arrive à Bumba, station de
transit commandée par le lieutenant Verbrugghe.
Ponthier se porte vers Djabir, en traversant des con-
trées jusqu'ici inexplorées. Devant l'attitude agressive des
populations, il est forcé de renoncer à son projet, de
rentrer à Bumba et de prendre la route ordinaire par
Ibembo et Enguetra. Le sergent Bucquoi et cinquante
et un soldats sont tués au cours de cette marche auda-
cieuse, dans la forêt d'Iamekela, le 3 avril 1891.
En juin 1891, Ponthier se trouve à Djabir, il a perdu
Jacquet à Nangoï, Van Montfort à Bima, Blocteur à
Bangala. Il a fondé le poste de Bima, et y a placé Van
Gauberghe. Après avoir rallié à la cause de l'Etat les popu-
lations qui avaient émigré au sud de l'Uele-Makua, il se
rend à Bomokandi où, aidé par le capitaine Daenen, il
déloge un fort parti arabe, qui tenait de lui barrer le
chemin (27 octobre 1891 )
Pendant ce temps, Van Kerckhoven partait lui-même
310
de Léopoldville, le 1 février 1891, avec les steamers Ville
cV Anvers et Ville de Brîwelles et se rendait aux Falls.
Puis, la roule, le loiif^' de l'itimbiri, ayant été assurée
par le lieutenant Fiévez, il arrive le 26 mai 1891, à Ibembo,
base de ses opérations, après avoir soutenu plusieurs
attaques des Abatos et leur avoir infli^^é deux sanglantes
défaites.
A Djabir, l'inspecteur d'Etat engage des pagayeurs pour
remonter l'Uele jusqu'à Bomokandi et envoie chez Semio,
sur le Bomu, le lieutenant Milz contracter une alliance
avec le sultan.
Le 21 novembre, Van Kerckhoven arrive à Bomokandi
et y est reçu par le commandant Pontbier et le lieute-
nant Milz.
Milz présente les blancs à Semio, le puissant chef azandé,
qu'il est parvenu à rallier à l'Etat et qui amène avec lui
plus de six cents hommes, dont cinq cents armés de fusils.
Pour prouver sa fidélité à ses nouveaux alliés, Semio
marche contre un chef azandé Guima, qui lui a proposé
de se détacher de la cause des Européens et de les mas-
sacrer. Semio remporte une victoire éclatante et est reçu
au camp avec tout le déploiement de l'attirail militaire
réservé aux vainqueurs.
Van Kerckhoven députe le lieutenant de la Kéthulle
auprès du sultan Rafaï, chez lequel une station est établie;
des postes sont aussi fondés à Chinko, Zandu, Uara et
Durbaki.
Le lieutenant Foulon est envoyé auprès du sultan Sassa,
où il crée un poste.
Vers la fin de décembre toutes les forces de l'expédition
de l'Uele se trouvent concentrées à Bomokandi et sont pla-
cées sous les ordres de Pontbier, Milz, Daenen, Gustin, de
la Kéthulle, Foulon, Henrard, des sous-otïîciers Rajmaud,
Buzon, Lousberg, auxquels se sont joints le D*" Montangie
et l'intendant Van de Vliet.
— :Ul -
L(» phm (!(' \':iii K'orckliovon est (!(' iiinrclici' vers les
Amadis cmi deux coloiincs, rmie, composée, des Iroiipes
expôdilioimaires, traversei'a les pays des Al)asairil)()s; l'aiilrci,
formée de la ^arde de rinspcctcur, a \)()\\v ohjeelif Vl'olr.-
Makua.
Tandis (pie le ^tos de la troupe, commandée par Je
capitaine Pontliier, [)rend la voie de terre, au sud de l'Uele
pour se nmdre avec Semio et son monde aux environs de
la zériba llanasli, l'inspecteur d'Etat accompagné de Milz et
Van de Vliet, remonte le cours de la rivière, de l*a<;on à
pré})arer une voie de communication pour le transpoi't
des mai'cliandises. De la Kéthulle, qui relève de maladie,
reste au poste de Bomokandi avec Buzon, pour garder
les charges qui n'ont pu être emportées.
Dès le il décembre, dans la matinée, commence le pas-
sage des hommes sur la rive gauche: Pontliier, Gustin et
le D"" Montangie franchissent la rivière le lendemain.
Dans le courant de l'après-midi, des Ababuas, établis
sur la rive sud, en aval du confluent du Bomokandi,
annoncent qu'ils viendront brûler la station. On leur envoie
un boulet de canon pour calmer leur ardeur.
Du 14 au IG décembre 1893, les douze canots qui com-
posent la flottile, sont chargés des bagages; l'expédition
se met en route, campe sur la rive sud, devant les chutes
de Panga. Ces chutes ne présentent aucun chenal par où
les pirogues puissent passer, les voyageurs sont obligés
de tirer les embarcations à terre et de les traîner jus-
qu'au delà de l'obstacle. Cette opération se fait assez rapide-
ment, grâce aux cent vingt-cinq hommes dont dispose
l'expédition.
Le 16, vers cinq heures, on campe dans une île, en face
du village de MBiero. Celui-ci assure les blancs de ses
bonnes intentions et leur apporte au marché de Mgbio,
à la tête d'une caravane de trois cents porteurs, une grande
quantité de vivres de toutes sortes.
— 312 —
Les pi m folios sul)issont de fréquents arrêts, ])rovoqués
par les hippopotames. Lery, Van Kerckhoven et Milz, qui
ont pris les devants, se trouvent immobilises au milieu
de chutes infranchissables, dans une île rocheuse, cou-
verte en partie de hautes herbes. Les eaux tombent en
cascade sur une largeur d'environ trois cents mètres.
Les 20 et 21 décembre, rexpédition est en butte à l'hosti-
lité des indigènes, qui l'accueillent avec des flèches empoi-
sonnées; elle est même entraînée dans un guet-apens, tendu
par les Abarimbos.
Peu de temps après, l'expédition rejoint Ponthier.
Celui-ci a choisi comme emplacement sur l'Uele un
ancien camp des Mata-Matumbas: Mombanga, situé dans
l'angle ouest du coude, que forme l'Uele à cet endroit.
Van Kerckhoven y établit la station de Amadis et y séjourne
jusqu'au 30 décembre, où il marche à la rencontre des
Mata-Matumbas, qui ont envahi toute la région au sud
de Mombanga. Il rentre au camp le 24, pour repartir aus-
sitôt pour le Bomokandi, avec tous ses canots, plus une
vingtaine de pirogues, que lui ont prêtées les chefs embat-
tas, à la recherche de vivres et de marchandises; mais
en cours de route, il est abandonné par tous ses pagayeurs.
L'expédition se porte alors, le 30 janvier, de Mombanga
vers le pays des Mombattus; les Abarambos qui, d'après les
racontars des indigènes, doivent lui barrer le chemin,
demeurent invisibles. La troupe escalade le mont Maga-
ragare et atteint les confins du territoire abarambo. Elle
est reçue avec bienveillance par le chef Mangbuttu.
Le 7 février, Maïmunza est choisie pour l'installation d'une
station. Le terrain est défriché et bientôt chaque homme
a son " home». On construit deux maisons spéciales pour
Milz et Van Kerckhoven.
Les vivres se faisant rares à Maïmunza, Milz se rend
le 16, avec Semio, fonder une station définitive sur le Kibali.
Le 27, il se remet en route avec Van de Vliet, vingt-cinq
— 31P, —
soldats ré^uli(M's cl dix auxiliain^s et crée un poste chez
Siiruaii<^(>, à l'ancienne zériba llanash. Le soin d'installer
le nouvel établissement est confié à VandeVliel.
Le il mars, Van Kercklioven ({uitt.e le posl-e de Amadis
avec une lîottille et se rend, nial^-i'é l'hostilité des rive-
rains, au poste de Suruan^^-o.
Là il se dirif^e vers le Nord-Est et fonde un poste à
Niangara, chez les Mangbcttus, sur la (iadda, affluent de
rUele, et à Dungu, au confluent du Kibali (rive droit(i)
et de la Dungu (rive gauche) par 3° 3G' 58" latitude Nord
et 28*' 33' 33" longitude Est. Van Kercklioven traverse une
région inconnue et crée la station de M'Bittima.
Il obtient la soumission successive des divers chefs
azandés, fait le siège du mont Goddo, où les Momvus
réfugiés dans des cavernes, se rendent au bout de huit jours.
La jonction de toutes les colonnes se fait à Tangumu-
langi, sur le Zoro supérieur.
Par un pays accidenté, Van Kercklioven atteint la ligne
de partage des eaux du Nzoro et de l'Obi et arrive au
coude de l'Uele, où il fonde le poste de Lemhin. Il pousse
ensuite jusqu'à Wadelaï, fonde au Nord le poste de Ganda,
et, au point extrême atteint, celui de Wando.
Van Kerckhoven allait enfin pouvoir rentrer en Europe,
lorsque le 10 août 1892, il est tué, par mégarde, par un
de ses gens d'un coup de fusil, au cours d'une lutte avec
les indigènes. Il succombe à quelques jours de marche du
Nil, à Djebel Watti, près du camp de Lemhin, établi au
pied du Mont Van Kerckhoven. Son second, le lieutenant
Milz, prend le commandement de l'expédition, qui arrive
au Nil en septembre 1892.
Van Kerckhoven était capitaine commandant adjoint
d'Etat-Major au l'" régiment de ligne, chevalier de l'Ordre de
Léopold et de l'Etoile Africaine, décoré de l'Etoile de service.
— 314 —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Belgique coloniale, 1895, pp. 9 et 11. L'expédition Van Kerckhoven sui-
vant les notes manuscrites (avec caite).
DE Martrin Donos. Les Belges dans V Afrique centrale, t. H.
Chapaux. Le Congo historique, pp. 101, 136, 232, 316, 441.
Mouvement géographique, 1888, p. S2.
CoQUiLHAT. Sur le Haut (Jongo.
Dhanis. Le district d'Upoto et la fondation du camp de l'Aruioimi,
(Bulletin de la Société be'ire de Géogcaphie. 1890, p. 5).
Bulletin de la Société belge de Gé igraphie, 1893, p. 280,
Jourdain et Vax Stallp:. Dictio7inaire encyclopédique de géographie
historique.
F. Ai.Kxis, Soldats et missionnaires au Congo, p 13.
VAN DER GRINTEN, ernest, pierrz, Guillaume, jean,
ne à Mons Je 28 l't'vrier 1852.
Major d'Etat-mnjor, ancien commandant en second de
l'école de guerre, part i)()ur le Congo le O septembre 1896,
en qualité de commissaire général.
Le 8 octobre 189G, il est désigné pour assurer la direc-
tion supérieure du district de l'Ubangi.
Rentre en Beigi({ue en 1897.
Actuellement: nuijor d'Etat-major en retraite, cbevalier de
l'Ordre de Léopold, décoré de la Croix militaire de première
classe.
WARNANT, ERASME, JOSEPH,
né à Pessoux le 9 janvier 1885.
Major adjoint d'Elat-major au O'^ régiment de ligne, part
l)oiir le Congo le 21 avril 1904, comme inspecteur d'Etat,
commandant de la Force Publique. (Premier comman-
dant de la Force Publique a^ant rang d'inspecteur d'Etat).
Il est chargé de la direction du gouvernement local à
Boma (par intérim) du 9 mars au 25 mai 1905, depuis le
décès du vice-gouverneur-général Gostermans jusqu'à l'arri-
vée du général baron Waliis, gouverneur-général.
Rentre en Europe le 16 avril 1906.
Lieutenant-colonel adjoint d'Etat-major au 9^^ régiment
de ligne, chevalier de l'Ordre de Léopold, décoré de la
Croix militaire de première classe et de l'Etoile de ser-
vice au Congo.
COMMISSAIRES DU ROI-SOUVERAIN.
CABRA, ALPHONSE, FRANÇOIS, EDOUARD.
né à Chièvres le 30 juillet 18G2.
Lieutenant du corps d'Etat-niajor, chef de la 31^ promo-
tion d'infanterie et do cavalerie à l'école militaire; ancien
aide-de-camp du lieutenant-général chevalier Marchai.
Le 20 juin 1896, il part comme délégué du gouvernement
helge à l'inauguration du chemin de fer Matadi-Tumba.
Le gouvernement, désireux d'être éclairé par un rap[)ort
technique détaillé, avant de proposer aux Chambres le
vote d'un dernier crédit en faveur de la grande entre-
prise congolaise, charge Cabra de cette délicate mission.
Les vastes connaissances de Cabra sont ensuite mises
à profit par l'Etat dans un voyage d'exploration et d'étu-
des scientifiques, dont on lui a donné la direction dans
le Bas-Congo, au nord de Boma et vers la frontière fran-
çaise. La détermination de coordonnés géographiques, une
carte de la région, l'établissement de nombreuses stations
géodésiques, toute une collaboration précieuse à l'organisa-
tion du Musée colonial de Tervueren, ainsi qu'un rapport
circonstancié sur le chemin de fer projeté du Mayumbe,
sont les fruits de cette brillante expédition.
— 318 —
Cabra s'apprête à entreprendre un nouveau voj'-age scien-
tifique qui doit le mener dans io Haut, et il a même élaboré,
dans ce l)ut, tout un projet d'exploration métbodique à
travers l'Etat tout entier, jusqu'à la côte orientale, quand
il est avisé qu'il est désigné comme commissaire du gou-
vernement pour le tracé des frontières Congo-portugaises.
C'est une mission dont le terme est indéterminé et
qui fait évanouir les beaux projets de monument scien-
tifique; mais, en vrai soldat, Cabra met de côté toutes
ses aspirations personnelles et s'incline devant les ordres
reçus...
De 1897 à 1900, il s'absorbe dans cette besogne ingrate
de tracer l'arc de méridien et la portion de parallèle
qui constituent la frontière portugaise au nord du fleuve,
du côté de l'enclave de Cabinda et le cours du Loango
et de la Lubuzi, et par surcroît il fait rendre à sa mis-
sion tout ce qu'elle peut donner au point de vue scien-
tifique, en rassemblant tous les éléments d'une étude
approfondie sur les régions traversées, ainsi qu'une très
belle collection de documents et d'objets se rapportant
aux sciences naturelles, qui enrichiront les salles de Ter-
veuren.
En 1900, tout son personnel européen ayant dû rentrer
en Belgique, Cabra attend un certain temps à Boma l'or-
ganisation d'un nouveau contingent. C'est réi)oque de la
révolte de la garnison de Shinkakasa, la place forte, qui
défend le bas fleuve de Boma. La maladie ayant terrassé
le commandant Dielman, commandant de la Force Publique,
Cabra prend la direction des opérations, qui sont rapide-
ment menées à bonne fin, grâce surtout au succès remporté
par le capitaine commandant Sillye, qui a été lancé à la
poursuite des mutins. Le fort est repris aux révoltés. Les
mutins non tombés dans la lutte sont déférés au Conseil
de guerre. Dix-huit sont condamnés à mort et exécutés le
30 avril.
— ;îi<) —
L(^ ^•oiivcM'iKMiKMil ;iy;iiit, iiloi's (h'cidi' (riiitci'i'oinpi'o
moiiKMitniKMiKMil les ti';iv;iu.\ de (Idiinihilioii, (J;il)i';i peut
l'(Mlll'(M' (Ml l)Ol<;'i([UC.
K\\ r.»01, il reloui'iK^ on Afrique ',\\rc lo li;nil, ^i':i(l(^
(1(^ (A))}n)iiss(('n'c. dn Ixoi-Soureraiit, ('li;ir<^('' do \;i (l(''liiiiil;i-
tion (lu UMTiloiro sIUk'î entn^, Noki ol le K\\;iii^f). Son
séjour y est de courte durée. L;i ni;dadi(i et la fatigue,
ayant forcé les délégués ])ortu<4ais à rof^af.^ner rEuro[)C,
Cabra revient passer quehjues mois dans son pnys.
Il se rembarque le 8 mai 1902, t'ait naufrage à Axim, mais
rejoint cependant, à temps, la commission portug'aise poui'
continuer les travaux et pousser ceux-ci avec une activité
surprenante. En quelques mois sa mission est accomplie;
la frontière est marquée.
Le commissaire du Roi-Souverain rentre à Bruxelles
avec une nouvelle récolte de documents cartographiques.
En 1903, un poste français s'étant établi à l'ouest de
Brazzaville, en un point que l'Etat Indépendant revendi-
que comme lui appartenant, les gouvernements décident
d'envoyer sur place une commission mixte chargée de
tracer définitivement la frontière. Cabra repart pour sou-
tenir les intérêts congolais. Mais cette fois, M'"^ Cabra a
désiré accompagner son mari.
A la fin de l'année, la mission prend fin par la recon-
naissance des droits de l'Etat Indépendant. M"'^ Cabra
revient enchantée de son excursion de sept mois, pendant
laquelle, sous la tente, elle n'a souffert ni d'un accès de
fièvre, ni d'aucune indisposition.
En 1905, Cabra est chargé d'une mission dans la pro-
vince orientale et dans la région de la Ruzizi-Kivu et
part une cinquième fois pour l'Afrique.
Il s'embarque à Naples le IG avril 1905, avec sa femme,
et le préparateur Michel, à destination de Dar-Es-Salaam,
capitale de l'Afrique allemande et do Zanzibar. De là les
deux voyageurs se rendront à Mombasa, sur la côte orientale.
- 820 —
Ils font iino escale de quarante-huit heures à Zanzil)ar,
puis prennent le chemin de fer de l'Ug-anda. A})rès une
traversée qui dure cin(]uantc-quatre heures ils arrivent au
lac Victoria, qu'ils franchissent pour déharquer à Entehhe,
capitale de l'Uganda.
Cette première partie du voyage — si pénihle encore, il
y a quelque vingt ans, ([ue des membres des six expf'di-
tions belges entreprises par cette côte, neuf seulement sur
vingt-cinq ont réussi à atteindre la r('gion des grands
lacs — est pour M'"^ Cabra une excursion presque sans
fatigue et dont le confort est aussi satisfaisant que le permet
la ligne ferrée actuelle.
A Entebbe commence le vrai voyage africain, la course
en caravane, M'"® Cabra, en dziuriksha (voiture japonaise)
tirée par des nègres, Cabra et Michel montés sur des mules.
Les voyageurs mettent dix-sept jours à traverser cette
partie occidentale de l'Uganda pour gagner le lac Albert;
ils ont parcouru le quart de l'Afrique. Le lac Albert
leur est aussi clément que le lac Victoria et sept jours
l)lus tard les postes de la frontière de l'Etat rendent les
honneurs au haut fonctionnaire.
On sait que c'est à Mahagi, le port congolais, sur la rive
opposée du lac, qu'est établi le poste frontière de l'Etat.
Cabra commence aussitôt à s'acquitter de sa mission d'in-
pection, visite les différents postes et tous les établisse-
ments.
Le commandant et M'"^ Cabra entreprennent alors la
traversée de cette vaste région de montagnes et de lacs
qui s'étend du lac Albert au lac Kivu et au Tanganika, et
dont le duc des Abruzzes a gravi récemment le point le
plus élevé.
D'Irumu à Béni ce sont huit jours de marche dans la
grande sylve, puis, en quatre jours Cabra atteint le lac
Albert Edouard. Il traverse ensuite Rutschuru et la région
des volcans; l'un d'eux vient précisément d'entrer en érup-
— nei —
tion ot coinmo on (^s( n\ juillcl il (\s| iippdr h^ vol(';iii
(lo rin(lo|)(Mi(l:nic(',.
Après nvoii' fraiiclii le. hic I\i\ii cl ^îi^nc l'vira sur lo
T;ui«^anik;i, le coiiiinniKlaiiL (]îil)ra on inspcclanl ](^s postes
sur son passa^(\ se dii'i^-o v(M's I\ason;U(), sur lo (^on^'-o cl
les voya^'curs (1(^sc(M1(1(miI le IWmivo en piro;^u(3, j)uis (mi
bateau. (]elto descento du llouvo dui'o un inois. Ari-ivé
à Honia, ai)rès avoir ollectué la traversée de rArri((ue do
l'Kst à l'Ouest, dans un voya^xi qui a pris dix-neuf mois,
Cabra se dispose à rentrer en Europe avec sa femme,
(octol)rc 190G), lorsqu'il reçoit l'ordre de repartir vers lo
liant fleuve et de se rendre en toute bâte à Uvira. M'""
Cabra retourne seule en Europe. Elle est la première femme
qui ait traversé le continent noir.
Terrass('* par la fièvre, Cabra est forcé, sur l'oi'dre du
vice-gouverneur Lantonnois, de reprendre le cbemin de
la Belgique, et débarque à Anvers le 24 décembre 1900.
Cabra est capitaine commandant d'Etat-major, officier de
rOrde de Léopold et chevalier de l'Etoile africaine, décore
de la Croix militaire de première classe, décoré de l'Etoile
de service et de l'Ordre du Mérite militaire d'Espagne de
première classe.
PUBLICATION:
— Manuel d'astronomie^ de géodésie et de cartographie pratiques à l'usage
des officiers et des explorateurs de l'Etat Indépendant du Congo et des
colonies. (Bruxelles, 1906).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— Belgique militaire, 1902, n" 1639.
— Belgique coloniale, 1902, p. 211.
— La mission Cabra. (Belgique coloniale), 1898, p. 126.
— Petit Bleu, décembre 1906.
BARTELS, EUGÈNE. THIERRY, JOSEPH,
né à Bruges le 2G mai 1860; clcccdé au Tanganika le
19 novembre 1901.
Entre à l'école militaire le 1 décembre 1868, lieutenant
le 21 décembre 1870, passe dans l'artillerie le 20 mars 1873,
professeur suppléant à l'école de guerre, officier d'Etat-
major.
Etant lieutenant colonel, Bartels est disigné en 1900 pour
prendre le commandement de la légion belge qui, à l'ini-
tiative des bourgmestres de Bruxelles, Anvers, Gand et
Liège, doit se rendre en Chine et y délivrer nos compa-
triotes cernés par les bandes boxers.
Pour des raisons diverses, le départ de rexi)édition fut
indéfiniment ajourné.
En 1901, Bartels est charge, en qualité de commissaire
du Roi-Souverain, de l'inspection des postes de la province
orientale de l'Etat.
Il se rend aux Falls, dans le Manyema et de là au Tan-
ganika.
BARTELS, EUGÈNE.
Cliché (lu Mouvement des Missions catholiques.
- 323 —
Arrive' 1(^ 30 octobre^. 1901 ;i Ml()\\;i, il n'y rnsU», (jnc pou
(lo jours ol, se (liri^(^ de là vers Mj)ahi, on scliooiioi", puis
v(M's Sninl-Louisol naudouinvillo, rosidonco do M;:,^ Rocikins.
Aitoinl d'uno violonU» novi'nl^io (]r l'oslomac il S(î rond
avoo lo i)r('dal à IJvira, ])Our y consuKcr un modocin, mais
il in(HirL (mi cours de roulo, à Mpala, I(î 19 novomhro.
11 (Uait offîcior do l'Ordre do Léopold ol d(H:oré do la
(]roix uiilitairo de promière classe. Un monument a (Hé
élevé sur sa tombe par Costermans, au nom dos ofliciers
du corps d'Etat-major.
MICHEL, VICTOR, LÉONARD,
né à Gimd le 8 janvier 1851.
Capitaine-commandant au 1'' régiment d'artillerie et au
régiment d'artillerie de forteresse de Liège.
Part pour le Congo le 6 avril 1894, en qualité de direc-
teur des travaux de défense. Dès son arrivée à Boma, il
prend une grande part à la direction des études pour
l'achèvement du fort de Shinkakasa, à l'administration du
matériel de l'artillerie et à toutes les questions relatives
à la défense de l'Etat. Il rédige notamment deux règle-
ments sur le service du canon Nordenfelt de quarante-sept
millimètres et de la mitrailleuse Maxim qui ont été adop-
tés par l'Etat.
Michel rentre en Europe le 14 mai 1896.
Major au 2^ régiment d'artillerie, il retourne en Afrique
le 6 mai 1898, comme commissaire du Roi-Souverain,
chargé d'inspecter tous les postes de l'Etat et d'}^ faire
observer les prescriptions du gouvernement en ce qui
concerne la Force Publique et les travailleurs noirs.
— 325 —
En r('';ilil(\ il ;i \\ piv'iidro louU^s l(»s inr^sui'cs iioces-
s;iiros j)()iu' iiicltro la C()in[)()si(ion ^ônéralc du [)(Tsonnol
(le rKlal, (Ml liariiionic^ av(K: l'or^^anisation décrétée par
les lois cl i'é;4ieni(^nls cl pour faire cesser les abus (pi'il
pourrait constater.
Le commissaire*, du Roi est accompagné, dans sa mis-
sion, par Piot, son secrctain», ancien maréchal des logis
cher d'artillerie.
Après avoir séjourné très peu de teni[)s dans V\ Bas-
Congo, le major Michel inspecte les districts du Stanlej^-
Pool, de l'Equateur, de' Bangala, du lac Léopold II et
du Lualaba-Kasaï ainsi que les camps d'instruction d'Irebu,
Umangi, Bolobo et le corps de réserve.
W rentre en Belgique le G août 1900.
Michel est actuellement colonel commandant le 3® régi-
ment d'artillerie de campagne, otîicier de l'Ordre de Léo-
pold et de l'Ordre royal du Lion, décoré de l'Etoile de
service et de la Croix militaire de première classe.
HAUT COMMISSAIRE ROYAL.
M ALFEYT, justin. prudent, François, marie,
né à Bruges le 26 juin 1862.
Lieutenant payeur au 1"'' régiment de guides, il part
pour le Congo, à bord du vapeur
Lualaba, le 18 mars 1891. Commande
le poste de Tslioa dans le Bas-Congo.
Ayant diï abandonner ce poste pour
cause de maladie, Malfeyt est chargé
de poursuivre l'œuvre de réorgani-
sation de l'intendance et remplit les
fonctions de directeur intérimaire
de cet important service. Il est com-
missionné pour l'inspection admi-
nistrative des postes de jalage dans
la région des cataractes.
Rentré en Belgique le 25 juin 1894,
Malfeyt est nommé capitaine payeur au 5"^ régiment de
ligne et repart le 6 mars 1896. Il se rend sur le haut
Cliché de l'ouvrage de M. Jenssen
Tusch, Skandinavcr i Congo,
MALFEYT, JUSTIN.
— 23:
fleuve, en (HinliU' (l(* coiiiniiiiulniiL de l;i zono des SUmley-
Fnlls el ('()iiminii(l;iiil (l(Mlislric'l iiitériin;iir(^ (1(^ l;i pi'oxince
oricnhile ; l'onclions (Hi'il occupi^ l)eii(l;iiiL (jiic Dlinnis diri^'O
son expédition v(m\s 1(^ Nil.
P(Mid;int les év('MHMii(Md,s ^-raves (lui s(^ drroulcnl dans
la [)r()vin('e i)ar suite de la révolte d'une partie de cette
exp''dition, Malt'eyt continue à exercer son commande-
ment des Stanle^-Falls, tète de li^^-ne et base de ravitaille-
ment. 11 se char<^e de faire parvenir les renforts et appro-
visionnements de toute nature aux expéditions de répression.
A la lin de 1897, un soulèvement partiel des Arabes,
que les circonstances sem])laient vouloir favoriser et qui
débute par l'assassinat du sergent Van der Stricht et
l'incendie de deux postes, est rapidement et sûrement
réprimé.
En récompense de ses services, Malfeyt est nommé com-
missaire général, en novembre 1898. II rentre en Belgi-
que en juillet 1899.
Le l"" mai 1900, il part une troisième fois pour le Congo
et prend une part importante à la lutte contre les révoltés.
Campagne du Congo oriental (')■
Si la supériorité écrasante de l'armement de l'Etat a
permis de vaincre les Arabes, puis les Derviches, il n'en est
guère de même des révoltés de la F. P.
Les combats victorieux de Lotliaire, Henry, Doorme, Glorie
ne les ont pas réduits à l'impuissance. Connaissant le
pays, les indigènes se dispersent dès qu'ils se sentent les
plus faibles, mais pour se reformer en bandes à la pre-
mière occasion et à un point de ralliement arrêté d'avance.
De plus, ils sont amplement pourvus de munitions et
(1) Consulte/ l'Histoire militaire du Congo, par A. Lk Jklnk.
— 328 —
peuvent défier le l)lane, tout eu se livrant aux rapines et
au pilla<^-e. Ils évitent la poursuite de leurs anciens chefs
en se tcuiant dans les forêts, et pratiquant une guerre
d'escarmouches, d'embuscades et de surprises.
A leurs groupes se sont joints de nombreux chefs, des
indigènes, des déserteurs de la F. P.
Dans cette situation critique, des ordres pressants sont
donnés pour en finir avec les révoltés. Ces mutins errants,
traqués par les troupes de l'Etat, se sont enfuis vers le
Sud et forment trois groupes distincts, ayant chacun son
boma. Ils occupent les montagnes qui bordent le lac Kisali.
Le nombre des Batétélas et des révoltés de Pelzer
s'élève à environ mille hommes, mais terrorisant la con-
trée, ils se font des alliés. Ils possèdent huit cents fusils
rayés environ de modèle récent et une grande réserve
de munitions,
Une expédition est résolue, ayant pour objet de dis-
perser ces fortes bandes de pillards, qui choisissent la
région, située entre le sixième et le huitième degré de
latitude Sud, vers le Katanga, comme base de leurs dépré-
dations.
Aidés par des traitants portugais, venant du Bihé, ces
gens constituent depuis cinq années un danger permanent
pour l'Etat.
Depuis qu'ils se sont fixés dans le pays, ils n'osent
attaquer, ni une station, ni une force du gouvernement.
Bien au contraire, ils semblent éviter avec soin tout con-
flit de ce genre, mais rançonnent les indigènes et les
réduisent en esclavage. En réalité, ils font avec les gens
du Bihé l'échange de poudre et de fusils contre des esclaves,
et leurs razzias n'ont d'autre but que de se procurer cette
monnaie humaine.
Le gouvernement se décide donc de faire cesser ce
déplorable état de choses, et confie à Malfeyt la mission
d'v mettre fin.
— :î?o —
l/iiis|)('ch'iii' (ri^lal ()r<4;iiiis(\ iivcc le plus /^raud soin,
sa colonne, y l'aisanL rô^'ncu' une. discipline (Hroite, sans
être (racassièro, donnant une attention spéciale au s(».rvice
des ap[)rovisionnenients, si iniportaids pour une troupe
con^'olaiso.
11 est rcc()nip(Mis(' de ses efforts par l'excellente tenue
de sa troup(î (pii, pendant une marche de cinq mois,
parfois li'ès rude, ne donne [)as lieu de plainte aux indi-
gènes.
(^(^st, en somme, cette excellente organisation (fui forme
le grand mérite de cette expédition.
Elle est cause de la rapidité avec laquelle peut être menée
la campagne.
Le major Malfeyt prend la haute direction de la cam-
pagne contre les révoltés. La marche en avant de ses troupes
commence fin avril 1901.
Voici les positions qu'elles vont occuper:
1. Une colonne de quatre cents hommes, sous le comman-
dement du major en personne, occupe Buli, poste de
l'Etat, au confinent du Congo et du Lualaba ;
2. l'Ue colonne de cent cinquante hommes, sous les
ordres du commandant Sannaes, au confinent du Congo
Luapala et du Lualaba (Ankoro);
3. Cent hommes, commandé par le lieutenant Saroléa,
sur les plateaux de l'Utembo;
4. Une colonne de cent cinquante hommes, conduite
par le capitaine Van den Broeck (lieutenant: Hendrick;
sous-offîciers : De Clercq et BuUinck) à Lukafu, poste de
l'Etat, voisin de l'ancien poste de Lufoï.
Cette colonne ralliera, vers la fin de juillet, l'expédition
au lac Kisali et y restera en réserve pendant les opéra-
tions contre les révoltés.
L'expédition dispose d'un canon Krupp de montagne 7^
et d'une mitrailleuse Maxim. Malheureusement les dififî-
— 330 —
cultes du portage empêcheront plus tard l'utilisation du
Krupp.
Les deux premières colonnes marchent contre les révol-
tés, la première par la voie de terre, sur la rive gauche
du Lualaba; la deuxième emprunte la voie du fleuve et
recueille à la hauteur du lac Mutamba, la colonne Saroléa.
Le 21 juillet, la colonne, sous les ordres de Mali'eyt,
s'empare sans coup férir de Kisala, que les insurgés
abandonnent.
L'expédition continue la poursuite des révoltés. La colonne,
commandée par Malfeyt, en rencontre un fort parti, le
4 août, à Muvumbi, près du lac Mulemba, au Sud-Ouest
de Kisanga. Ce sont les l)andes qui avaient abandonné
sans combat le Kisali et qui, maintenant, étaient décidées
à la résistance.
Après un combat meurtrier, les révoltés durement
éprouvés, se débandent. Ils laissent cinquante des leurs
sur le terrain. Du côté de l'Etat on compte cinq tués et
sept blessés, dont deux très grièvement.
La poursuite reprend le 21 avril, après que la colonne
aura fait sa jonction avec celle du commandant Sannaes
et que toutes les forces auront été ainsi réunies en vue
de porter un coup décisif aux révoltés. Ceux-ci, d'après
les renseignements, se sont réunis et se concentrent dans
un vaste boma, à trois lieues au Nord de Kilemba.
La troupe expéditionnaire compte en ce moment envi-
ron six cents hommes, divisés comme suit:
La première compagnie, commandée par le lieutenant
Vitalis (sous-offlciers Hommelen et Bourgaux);
la deuxième compagnie, sous les ordres du lieutenant
Blanchard (sous-lieutenant Craybex);
la troisième compagnie, commandée par le lieutenant
Saroléa (sous-lieutenant Lapser);
enfin un peloton d'escorte de l'inspecteur d'Etat, com-
— 15:J1 —
iiiaiide p;ii' le soiis-liculcniiiil riilci-ridsler ol une soction
(le niiti'aillcHis(\ avec \o sous-olTicier Hrisoiii.
Oiiti'e le comiiiandaiil Saiinaes, second d(î rexi)édilioii,
celle-ci comptait encore [)aniii ses niemhres l(i nicdccin de
I)r(Mnièi'e classe He^^ondi, (jui rendit des services inesti-
mables et dont le dévouement fut au-dessus de tout ('lo<;'e.
La colonne exi)éditionnaire se mit en marche le 21 août.
Fait r(Mnar(|ual)le, cette marche, habilement guidée par
les indigènes, échai)pe à la surveillance des postes et des
sentinelles de Tennemi et la colonne arrive en vue de
ses retranchements, le 27 août, de grand matin.
Bien que surpris, l'ennemi se prépare rapidement au
combat et celui-ci s'engage.
La première compagnie de la colonne se déi)loie en
tirailleurs, puis se lance avec impétuosité, renversant tout
sur son passage.
Un parti ennemi avait occupé une colline sur la gauche
de la colonne, esquissant un mouvement de flanc, mais
heureusement il est délogé de cette dangereuse position,
grâce aux sages mesures de précaution prises par le
commandant en chef.
Tandis qu'un engagement se dessine sur ce point, la
première compagnie, poursuivant l'ennemi, la baïonnette
dans les reins, pénètre en même temps que lui dans un
boma dissimulé derrière un accident de terrain, d'où, après
un rude combat, les rebelles sont chassés.
La deuxième compagnie, retardée par l'attitude résolue
de ses antagonistes, parvient enfin, grâce aux renforts
amenés par le lieutenant Saroléa, à les chasser à leur
tour de leur position et à emporter d'assaut le boma
central où se sont retranchés les fuyards.
L'action est ainsi engagée partout sur le front, lorsqu'un
groupe de rebelles, isolé du gros, tente un coup de
main sur l'arrière-garde. Mais le sous-lieutenant Lanser,
qui la commande, peut facilement le repousser.
— 332 —
Après deux heures de lutte, l'ennemi, en pleine déroute,
se disperse dans hi direction du Nord-Ouest.
Les négriers se sont battus avec acharnement et leurs
])ertes sont imi)ortantes. Ils comptent, parmi les morts, leurs
meilleurs guerriers et deux chefs, l'un commandant du
groupe dit Muledi et l'autre commandant du groupe Yamba-
Yamba.
Les soldats de l'Etat s'emparent de nombreux fusils
perfectionnés, de revolvers, de cinq cents vingt-trois
fusils à piston et d'importants approvisionnements en
munitions. Les pertes de l'Etat sont légères: deux tués et
cincf blessés, dont un seul grièvement.
Les révoltés en déroute se réfugient sur la rive droite
du Lomami. L'expédition Malfeyt avait accompli le rôle
qui lui avait été assigné.
La mission d'achever la déroute des rebelles fut dévo-
lue à la colonne de cent cinquante hommes commandée
par le lieutenant Hendrickx et le sous-offlcier Declercq,
troupe qui avait été tenue en réserve au lac Kisali, les
négriers sont culbutés et laissent quarante des leurs sur le
terrain, soixante-douze fusils et sept charges de poudre.
Ce cjTii reste des révoltés doit se réfugier en territoire
portugais.
Au cours de cette campagne appliquant, avec jugement,
sa politique d'apaisement, Malfeyt traite avec beaucoup
d'indulgence les auxiliaires indigènes prisonniers et ceux
qui font leur soumission.
Tous ceux originaires du pays, enrôlés de force par
l'ennemi, sont renvoyés indemnes dans leurs foyers et
cette attitude attire à l'Etat de grandes sympathies dans
toute la contrée.
Dans le but de mettre la province à l'abri de nouvelles
incursions, le gouvernement fait occuper par une troupe de
cent cinquante hommes, un point près du lac Dilolo et
3;3ii
l'ail (l(''laelior un posie vers Kanda-Kanda pour siirvcMlhîr
la réiiioii ciili'c la IVouliùrc do roiie^sl (it Lusainho. I)(i
cotlo l'arou une li^no conlinuc de |)()st(3S (isl (^onstitiK'iO
dans 1(^ but do s'opposer à iiiio nouvolh^ (Mitrcpriso des
osclavaiîislos.
A i)oine rentré à Kason<^'o après la dislocation des trou-
pes de son ex])édition, Malt'eyt est appelé à se rendre dans
la ré<iion du Kivu, i)our y assumer le commandement
jusqu'à l'arrivée de l'inspecteur Costermans. Il quitte ces
territoires en mai 1902, visite les postes du Tan^anika et
rentre enfin aux Falls, siège de son commandement, oii
il consacre ses efforts à asseoir solidement l'oi'ganisation
dans la province orientale.
En août 1903, il remet son commandement au commis-
saire de district De Meulemeester, et rentre en Belgique
le 10 octobre suivant.
Il est nommé haut-commissaire royal par décret du
20 novembre 1903 et reprend une quatrième fois le che-
min de l'Afrique le 18 février 1904, chargé d'une mission
spéciale dans le Haut-Congo.
Les attributions du haut-commissaire royal comportent
notamment la surveillance de la plus stricte application
des mesures prises pour la protection des indigènes.
Malfeyt visite les districts de l'Equateur et des Banga-
las, inspecte les territoires de l'Abir et de la Mongalla
et termine sa mission par un voyage dans le Kasaï et le
Kwilu. Il revient en Belgique le 28 août 1905.
Sous-intendant de première classe, officier de l'Ordre
de Léopold, chevalier de l'Etoile africaine et de l'Ordre
royal du Lion, décoré de l'Etoile de service à quatre raies
et de la Croix militaire de deuxième classe.
— 334 —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
Belgique militaire, VM)2, n" 1504.
Le Congo, Moniteur colonial, 11H)4, j). (j.
Mouvement géographique, 1902, pp. (>() el 204.
Lieutenant-(;olon(;l Hljac. L'Etat indépendant du Congo.
A. Lk .Ieunk. Histoire militaire du Congo.
Jenssen Tusch. Shandinaver i Congo.
LE CLÉMENT DE SMNT-MARCQ, Ph. (chevalier^.
(Clichô du Mouvement Géographique).
COMMISSAIRES GÉNÉRAUX.
LE CLÉMENT DE SAINT MARCO-
PHILIPPE, MAURICE, GUSTAVE, (CHEVALIER)
né à Knin-lez-Tournai le 4 juin 18G0, décédé à Wolmve
le 17 janvier 1907.
Sous-lieutenant au 3" régiment de lanciers, il part pour
le Congo le 15 juillet 1886 et est nommé adjoint de la
station de Lukungu, puis commissaire du district des
cataractes.
Rentré en Europe le 4 février 1889, il retourne en Afrique le
JOavril de la môme année, comme chef de poste à Kasongo. De
Saint Marcqest le premier résident de l'Etat dans la capitale
duManyema. Parlant avec facilité le kiswaliili, il s'attire la
sympathie des principaux chefs de la région et devient
l'ami de ces mêmes Arahes, qui trois ans plus tard mettront
à mort ses deux infortunés successeurs, Lippens et De
Bruyne.
De Saint Marcq se rend des Falls à Nyangwe et se dirige
avec une caravane arabe vers le lac Landji, quand il
tombe subitement malade. Forcé de regagner les Falls,
il passe quelque temps dans cette station, espérant tou-
jours pouvoir reprendre son poste à Kasongo, mais, affaibli
330
par la fièvre, il doit rentrer à Léopoldville et s'embarr[uer
pour l'Europe.
Revenu en Belgique le 25 août 1890, Le Clément de
Saint Marcq se marie et retourne en Afrique avec sa jeune
femme, le 0 février 1894, comme capitaine commandant
de première classe et commissaire de district à Matadi.
Il revient en Belgique le 23 mars 1897, pour y prendre
un court repos.
Son quatrième départ date du G octobre 1897. De Saint Marcq
nommé commissaire général, est chargé encore une fois
de la direction du district de Matadi.
Il rentre dans sa patrie le 23 mai 1899 et repart, une
cinquième fois, le 15 mai 1900, pour remplir provisoire-
ment les fonctions de directeur de la marine et des travaux
publics.
De Saint iMarcq reste au Congo jusqu'au 2 novembre 1900.
Il meurt à Woluwe le 17 janvier 1907.
Il était capitaine commandant au 1'' régiment de chasseurs
à cheval, chevalier de l'Ordre de Léopold, officier de l'Ordre
royal du Lion et décoré de l'Etoile de service à trois raies.
PUBLICATIONS :
VELaïs. (Mouvement Géographique, 1890, p. 42\
Be V alimentation des noirs entre les Falls et Kassongo. (Mouvement
Géographiijue, 1890, p. 42).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
Mouvement Géographique^ 1889, p. 100.
Belgique Militaire^ 1900, no 1535.
JACQUES, Alphonse.
JACQUES, ALPHONSEJULES-MARIE,
né à Stavelot, le 24 février 1858.
Admis à l'école militaire le i^mai 1876. il est nommé sous-
lieutenant au 9^ rég-iment de ligne, le 4 mai 1878, et entre
à l'Ecole de guerre le l"" octobre 1883.
Il est nommé lieutenant au 11^ régiment de ligne, le
15 mars 1885, et quitte l'Ecole de guerre avec le diplôme
d'adjoint d'Etat-major, le 30 septembre 1886.
Le 8 mai 1887, Jacques s'embarque pour le Congo, comme
attaché à la direction des transports, travaux publics et
marine à Boma. Il y élève la première construction en fer,
fournie par les Forges d'Aiseau et qui sert de palais au gou-
verneur-général de l'Etat.
Il occupe également les fonctions d'officier suppléant du
ministère public d'appel.
Mis à la disposition du commandant du territoire de
Bangala, il va, sous les ordres de Dhanis, jeter les bases
du camp de Basoko, dans l'Aruwimi.
Après avoir conduit aux Stanle3'-Falls un détachement de
Bangalas et de Haoussas et renouvelé la garnison de Han-
neuse, il commande le poste de Yambinga, à l'embouchure
— 338 —
de ritimbiri, rivière qu'il remonte jusqu'aux rapides et
fonde la station de Boumba.
Il rentre en Belgique le 5 juin 1890.
Le mouvement antiesclavagiste.
Par son encyclique In Plurimis du 5 mai 1888, adressée
aux évêques du Brésil, S. S. Léon XIII s'était prononcé
contre le trafic de l'homme qui, dans toute son horreur,
désolait et dépeuplait l'Afrique centrale. Dans un admi-
rable langage, le Pape avait réclamé la disparition de cette
odieuse plaie, qui faisait honte à la civilisation chrétienne.
Dès ce moment, le cardinal Lavigerie commença sa noble
et active propagande antiesclavagiste dans le monde entier.
Paris, Londres (voir notice d'Ursel) avaient retenti de sa
mâle et persuasive éloquence. Dans un sermon fait à
Sainte- Gudule, le 5 août 1888, le vénérable prélat exposait
les tortures dont étaient victimes nos frères d'Afrique,
courbés sous l'odieuse et sanguinaire domination arabe, et
lançait un appel chaleureux au peuple belge pour l'enga-
ger à coopérer avec lui au relèvement de la race déshé-
ritée et à la délivrer du joug terrible des sectateurs de
Mahomet.
Dans sa vibrante péroraison, l'illustre archevêque de
Garthage s'écriait :
« Accepterez-vous encore, Belges chrétiens, de recevoir plus
» longtemps, sans frémir, les échos de ces boucheries? Voulez-
» vous en porter le déshonneur devant l'histoire?
» Interdire le port des armes à feu et, par conséquent, celui
» de la poudre aux Arabes et aux métis, qui seuls dirigent en
» Afrique la chasse aux esclaves ; les punir, s'ils ne se soumet-
» tent pas, du bannissement immédiat: c'est tout le sang que je
» demande.
» C'est maintenant que je m'adresse à vous, jeunes gens qui
» voudrez entrer dans cette croisade. Pour assurer l'exécution d'une
» telle mesure et imposer ainsi la paix, le gouvernement a besoin
— :i3<J —
» {l'inu^ {'oi'co, (lui r;ii)i)iii(ï, non pour vcii'sor 1(; sn.n<i;, comme vous
■►> V(Mie/- (lo le voir, ni;iis au coût l'aii'c; pour rju'i'cilcr'. Il no p(,Mjt
» pas espérer (juo his esclavagistes arabes ou métis, que; les
» nègres ([u'ils entraînent, obéissent à sa loi et se désarment
» (l\Mi\-inénies. Il faut à (;oté d'eux une fonte (jui leur inspire
» enfin la crainte et les fasse obéir. 11 faut qu'il se trouve
» parmi vous des chrétiens vaillants, prêts à tout sacrifier, même
» la vie, pour arrêter ce sang qui coule à Ilots.
» Ces héros, je n'en demande du reste, en ce moment, qu'un
» petit nombre, cent suffisent pour délivrer les provinces du haut
» Congo. Les contrées qu'il faut préserver, à côté du Manyema
» et du Tanganika, envoient en ce moment tous leurs esclaves
» aux rives de l'océan Indien et sur les marchés de l'Ounjanjembe ;
» il suflit de fermer aux esclavagistes la route des caravanes pour
» rendre impossible la continuation de leur commerce. Or, le lac
» Tanganika, avec ses cinq cents kilomètres, suffit à barrer le
» chemin, s'il est bien défendu. Il ne faut qu'un vapeur armé sur
» les eaux, des troupes volantes à ses extrémités, et, pour cela,
» cent Européens suffisent, en leur adjoignant, pour former des
» milices régulières, les noirs déjà chrétiens ou catéchumènes de
» nos missions.
» Mais si le nombre est faible, en revanche la qualité doit
» être excellente; ce qu'il faut, ce sont des hommes dignes, non
» seulement par leur courage et leur vigueur, mais encore et surtout
» par leurs vertus, par leur foi, par une vie tout entière sans reproche,
» d'une mission aussi noble. Ils devront tout recevoir des chrétiens,
» et c'est là ce que je vous demande, pour réparer dignement le
» sommeil du passé: de vous associer tous, généreusement, catho-
» liques belges, à une si grande entreprise. »
La Société antiesclavagiste do Belgique fut fondée le
20 août 1888. Elle avait à sa tête un conseil directeur,
présidé par le lieutenant-général Jacmart, auquel était
adjoint, comme directeur technique, le capitaine Storms,
le fondateur de Mpala. Cette association avait pour but
de concourir à l'abolition de la traite, conformément aux
— 310 —
articles 0 et 9 de l'Acto général de la Conférence de Berlin.
Le d8 novembre 1889 se réunissait à Bruxelles, sous la
présidence du baron Lambermont, une conférence inter-
nationale pour l'abolition de la traite des nègres. L'Acte
général élaboré par cette conférence fut signé par les
représentants des divers gouvernements le 2 juillet 1890.
La Société antiesclavagiste de Belgique s'occupa immé-
diatement d'organiser l'expédition que réclamait avec tant
de chaleur le cardinal Lavigerie.
« La jeunesse belge s'enflamma d'une noble et sainte ardeur.
» Un souffle belliqueux passa sur elle, et dans l'enthousiasme qui
» l'emporta, on sentait renaître la fougue des anciens preux, quand
» à la voix de Pierre l'Ermite, ils s'équipaient pour la croisade. »
(Chômé.)
C'est au capitaine Jacques que fut confié le comman-
dement de la noble et périlleuse entreprise projetée.
Jacques était en premier lieu chargé d'aller ravitailler
le poste de Mpala, fondé par Storms au bord du Tanga-
nika et cédé à son départ, aux Pères d'Alger.
Un autre brave, ancien zouave pontifical, le capitaine
Joubert, commandant les postes protecteurs des missions
établis dans la région, s'y illustrait en ce moment, tenant
depuis six ans les Arabes en respect; mais l'épuisement de
ses vivres et munitions faisait entrevoir sa ruine pro-
chaine.
Le 12 avril 1891, Joubert signalait neuf bandes qui opé-
raient sur ces frontières:
Les Arabes de Tambuwa battaient Kataki, sur la rive
gauche de la Lukuga.
Mohamedi pillait la rive droite.
Makutubu attaquait le centre du Marungu et infligeait
une défaite à Kisabi, l'allié de Joubert.
Rasabu passait la Lukuga avec deux cents hommes,
brûlait deux villages chez Joubert et poussait jusqu'à
— 311 —
Mpiila, (loiiL lo s;ilul \\r fui dû (jif;! une Icmpôlc, (|iii l>iis;i
et dispersa les embarcations arabes sur U) Tan^'-aulka.
L'arabe Nazor mettait l'U^ua à leu et à saii^-; li-ois lieu-
tenants do Rumaliza dévastaient Itawa, Kirando et rii[)a.
Knlin Kikambe, esclave de l'Arabe Slimani, revenait avec
six cents prisonniers du Marun^u.
Jacques reçut l'ordre de complétc^r le système (b^lensif
du Tan<^anika, en établissant une station à l'endroit qu'il
jugerait le plus favorable à l'accomplissement de sa tâclie.
Le chef de l'expédition antiesclavag-iste quitte la Bel-
gique le 8 mai 1891 et quatre jours plus tard, il est admis
en audience particulière au Vatican, par le Souverain Pontife
qui tient à donner au jeune capitaine un gage de Sa haute
sympathie pour l'œuvre qu'il va entreprendre.
Ayant rejoint à Naples ses adjoints, le sous-lieutenant
Renier, l'adjudant Doquier et le sergent Alexis Vrithoff,
membres volontaires qui ont quitté Rotterdam le 29 avril,
Jacques poursuit avec eux, à bord du Bundcsrath, le voyage
vers la côte orientale.
Les courageux Belges débarquent à Zanzibar, le 7 juin,
et se dirigent vers Bagamoyo, où doit s'organiser la cara-
vane pour la traversée des territoires du protectorat
allemand.
Jacques trouve les autorités coloniales bien disposées
en faveur de l'expédition belge. Le gouverneur général
baron von Soden réduit de deux tiers les droits de douane
sur les marchandises à transporter par l'expédition et exo-
nère celle-ci de la charge d'estampillage des fusils.
L'Indien Sewa Hadji, habitant Zanzibar, a presque exclu-
sivement le monopole de la formation des caravanes par-
tant de Bagamoyo. Il assiste le capitaine dans le recrutement
des porteurs, qui coïncide malheureusement avec celui des
sept mille hommes qu'exige l'expédition von Wissmann;
l'escorte est constituée au prix de grandes difficultés.
Le 12 juillet, le chef de l'expédition antiesclavagisle,
accompagné de ses adjoints quitte Bagamoyo et s'enfonce
— 312 —
dans l'intérieur de l'Afrique, à la tête d'une caravane de
quinze cents hommes, parmi lesquels six cents Pagazis et
cent Askaris.
La caravane en marche couvre une longueur de cinq
kilomètres; elle passe le Kingani, campe au sud-ouest de
Bikiro, arrive à M'Sona, Kisemo, traverse le Gucreng-ueré,
en ce moment à sec et le Jangué-Jangué, atteint Minkessé.
les plaines de Simba Mounié, Kingo M'Kuwl)a et visite
les missions de M'Rogoro et du Saint-Esprit. Le 28 juil-
let, elle se dirige vers Kingo N'Dogx).
Franchissant la rivière Makata, elle atteint Kimamba,
dépasse Farahani et Kondoa. Elle est accueillie [)ar les pères
de la mission de Lalonga. Longeant la Kondoa, l'expédition
arrive au village de Mounié N'Sagara, entrevoit l'ancien
emplacement du village de Kirossa-Kidette et gagne, le
5 août, le village de Tambi et le lendemain celui de Tou-
bougwé. Jacques parvient à Mpwapwa le 7 août.
Le 11, il quitte ce village, passe à Tambi, en vue du
port de Ghungo, devant l'entrée du Marenga M'Kali,
bivouaque à Gaugnis, Moungni M'Gallou, N'Sanga, Ipala,
Djiassa et Mommadede, puis atteint Gonza et Boubou.
Le 19, Jacques dresse sa tente près de la rivière Polonga,
dans la plaine qui s'étend près de l'agglomération de Sam-
boulou. Le lendemain, il s'efforce d'atteindre Makengué,
lorsqu'à la sortie du village de Hindi, des sauvages Wagogos,
au nombre de six cents, tentent d'arrêter la caravane
et de la dépouiller. Les Belges doivent soutenir contre
ces farouches brigands une lutte défensive des plus péril-
leuses. Le 22, le commandant quitte le camp de Makengué,
défile entre les tembés de M'Tiwe, passe à Kilima-Tinde,
Mouhallala, traverse la M'Gounde M'Kali, parcourt les vil-
lages de rOunyanyembe, s'installe sur l'emplacement jadis
occupé par le village de Mabombougou, gagne Kuamamba-
Ghouans, les bords du lac Tchaïa et Itoupa, puis campe
près de m'toni de Koualla, pour arriver enfin à Roubouzoua,
— 313 —
Ki^'oua cl K;iss()(\ où il l'ojoinL rcxpôdiliori du Kataiipfa
(Stairs-Hodson), partie de Ha^amoyo dix jours avant lui.
Jac(]ues fait son entrée à Tabora U) 7 s(îi)tend)re.
Il a attiMut cette destination en (juarante-huit étapes,
avec une caravane de (piinze cents personnes, cinquante-
huit jours après avoir quitte la côte, et sans ({u'aucune de
ses trois mille cincj cents pièces d'étoffes lui ait été dérobée.
Il trouve Tabora occupé par les Allemands. L'iionneur
de cette prise de possession revient au lieutenant Si^l,
ancien officier de la cavalerie autrichienne, actuellement au
service de l'Allemagne, ([ui l'ait un accueil chaleureux
aux Belges.
Jacques séjourne à Tabora du 7 au 23 septembre, pour
y former une nouvelle caravane de quatre cents porteurs,
les agents de Sewa-Hadji ne lui ayant pas fourni le contin-
gent d'hommes qu'il devait retrouver en cet endroit.
Le 24 septembre, Jacques se remet en marche pour fournir
les dernières étapes de son voyage. Il traverse Koryara,
s'arrête à Tema et à Igoua, campe à Toutouwo et franchit la
frontière de l'Ounyanyembe, est reçu par un chef à Igonda,
campe à Komoina Nyagy et arrive à Simbiri le 29 septem-
bre. Continuant sa route il dépasse les tembés de Mapolima
et se trouve, le 30 septembre, à Kakoma, où il est averti, par
une lettre du R. P. Randabel, qu'à la nouvelle de l'arri-
vée de l'expédition, Rumaliza a renoncé à recruter des
Rouga-Rouga sur la côte orientale pour attaquer le capi-
taine Joubert.
L'expédition anti esclavagiste poursuit son itinéraire par
Kissindé, dernier village de l'Uganda, le m'toni d'Ougalla,
Modua Limouka, Oukallala, Oukelambéga, Bakasuisa,
Mokaiala-Simbo et Gongwe, où une caravane venant de
Karema remet au commandant une lettre du capitaine
Joubert. Jacques fait halte au m'toni de Katouma, passe
aux sources de Simbo ou Mouniaki, au village de Kamba,
et le lendemain au m'toni d'Oukamba.
Le 16 octobre 1891, Jacques parvient au lac. Les PP. Ran-
— 311 —
dabel et Dromeaux lui font un accueil des plus réconfor-
tants à Karema.
Vrithoff est dépêché auprès de Joubert, son nouveau chef.
Le premier résultat de l'arrivée de Jacques au Tanganika
est la dispersion des troupes que Rumaliza (Mohamed ben
Rholfan), l'Arabe le plus puissant d'Udjiji, organisait pour
attaquer le capitaine Joubert :1c recrutement que faisaient sur
la côte est du Tanganika les agents de ce puissant ennemi
fut immédiatement arrêté, et ses gens, qui avec Katelé
occupaient un village fortifié à quatre lieues de Karema,
abandonnèrent cette position qui servait depuis dix-huit mois
de base d'opérations.
De Karema, Jacques, grâce aux barques obligeamment
prêtées par les missionnaires de Mpala, atteint Saint-Louis
de M'Rumbi, à une journée de Mpala, par l"" 01 de lat.
sud, à deux kilomètres de la rive du Tanganika et à trois
lieues du pic de M'Rumbi. Il y est reçu fraternellement
par le capitaine Joubert (30 octobre), qu'il vient de sauver
d'une mort imminente.
L'entrevue des deux chefs est émouvante.
Le capitaine Joubert, ancien zouave pontifical, breton de
naissance et congolais de nationalité tenait tête, depuis
quatorze ans, à toutes les tentatives dirigées par les Arabes
contre sa station. L'arrivée des forces antiesclavagistes le
délivre des bandes arabes qui se concentraient de façon
menaçante autour de son poste.
De concert, Jacques et Joubert vont organiser sur le
Tanganika cette fameuse barrière de postes destinés à
arrêter les convois d'esclaves que les Arabes formaient,
au prix de tant de massacres, dans l'intérieur du con-
tinent, pour les diriger ensuite vers les marchés de la côte.
Le 21 novembre, Jacques débarque à Mpala. Il y est
accueilli avec enthousiasme et munificence par les Pères
blancs, ces courageux missionnaires qui, en plein centre
esclavagiste, au milieu de dangers sans nond^re, consacrent
leur vie au relèvement de la race déshéritée.
— 'Mo —
Le l''" (léconiln'e, Jac(iiics, accompn^iKi du H. P. Guillémé,
part (Ml i'(T,onnaissance à bord du Yiisufu, bateau de la
mission, avec vin^t Iioinmes d'(u|uipa^(î et une escorte de
quarant(^ bomnies armés, alin de recbercber l'emplacement
le plus favorable i)our le premier poste de la Société anties-
("lava<^-iste au Tan^anika.
Deux ports seulement permettent à un steamer d'aborder
aisément: celui de Gavala, dans l'île de ce nom, en face
de M'Towa, et celui de Kabacha, à deux lieues au sud de
la mission des Pères blancs de Lavigerieville. Pour les bar-
ques à voiles, il y a possibilité d'accoster dans la grande
baie de la Lukuga, à la résidence de Kataki et à Katinga,
à deux lieues et demie au nord de M'Towa. La situation
politique dicte au commandant le choix du poste; Jacques
a partout rencontré les postes de Wangwanas. Le premier,
commandé par Kahengéré, est installé dans un boma réputé
imprenable, à deux heures de marche de Rutuku; un
deuxième poste se trouve à l'entrée de la plaine de Kataki;
un troisième sur la Lukuga,à Miketo, est aux ordres de
Mouina. De plus, passé la Lukuga et la Lugomba, à deux
kilomètres de la rivière, Fundi Bweté occupe un énorme
château-fort. A M'Towa Jacques aperçoit quatre caravanes
d'esclaves razziés par huit à dix Wangwanas, et que ces
odieux trafîcants se préparaient à diriger vers Udjiji.
Enfin, à deux kilomètres à l'intérieur des terres, un poste
arabe fixe se dresse menaçant dans une position très forte;
il est commandé par Ali Mouende.
Toutes ces forces dépendent de Rumaliza, le redoutable
lieutenant de Tippo-Tip.
Plus au nord se trouvent encore sept autres places fortes
au pouvoir d'un autre Arabe d'Udjiji, Bwana Soro. Ce sont
ceux d'Ali-Mazi à Bondo près Simbo; de Lukata à Kisosi;
de Mafuta à Kilingi; de Magoé à Kassoré; Mlingi à Kakéra;
de Kafuila à Kafumbwi ; de Songolo à Mombasi ; ensuite
Kabuha et Kibanga-Lavigerieville, et enfin d'autres postes
de Rumaliza.
— 34G —
Jacques peut dès lors prévoir que l'emplacement choisi
lui sera vivement disputé par les Arabes et qu'il aura
toutes les peines du monde à éviter la terrible famine,
qui se prépare inévitablement dans un pays aussi ravagé.
Le commandant donne la préférence à l'ancienne rési-
dence de Kataki: le port est suffisant, la plaine grande
et fertile. Le site est borné au nord par une chaîne de
collines qui s'abaissent en gradins jusqu'à la Lukuga et
permettent de continuer au nord le travail accompli dans
le Marungu, par .Joubert. L'Urua et la Lukuga seront la
barrière provisoirement fixée aux chasseurs d'hommes.
Le 26 décembre, le Stof^ms et le Ysiifu, sous les ordres
de Renier, lèvent l'ancre vers neuf heures du matin, empor-
tant les malades, les vivres et les munitions. Immédiatement
après, Jacques et Doquier reprennent le bâton de pèlerin
à la tête de leur troupe, qui forme un long ruban au travers
des cultures de Mpala au Lufuko. Le 28, ils rejoignent,
après une marche des plus pénibles, les bateaux chez
Rutuku. Le 29, à six heures et demie du soir, le camp est
dressé près de la rive à l'angle nord-est de la plaine de
Kataki.
Le lendemain, les travaux d'installation de la station
et la construction du boma sont entamés et poursuivis
avec une fièvre d'activité sans pareille.
Menacé par l'arrivée de quatre espions, bientôt convaincus
de nombreux crimes, Jacques exécute l'arrêt d'un conseil
de guerre aussitôt réuni et débarasse le pays de trois
bandits. L'un des condamnés parvient à prendre la fuite.
La nouvelle de cet acte énergique se répand et a des
conséquences heureuses. La nuit même, les gens d'un
petit village établi dans la plaine croient prudent de
déguerpir, et trois jours après, Fundi Bwete abandonne
son immense boma, pour prendre la route du Masazanzé
vers le nord du lac. La position évacuée par l'ennemi est
immédiatement réoccupée par l'ancien chef Mouni, spolié
par l'usurpateur.
— :M7 —
La phiine de; Moiiui est conl'i^nr ;i cello do M'Towa, et
facilite les coiiiiriunications de JncqiK^s avec cette station.
Le y> jaii\ i('r 1S'.)-J, les forces antiesclava^MStes sont eritoir
r(''('s d'un iioma (jiii a deux cents mètres de riéveloppement.
(]'esl la prciiiirie. hari-jri-e, désormais infranchissable, éle.vée
conti-e les incursions des cliass(îurs rriiommes. Jacques
donne le nom de l'héritier de la couronne dr; Iie]f.nque au
premier |)Oste de la Société antiesclavaj^nste au Tan^inika.
Le :kj janvier, la construction de l'habitation du com-
mandant, munie du barza indispensable, est terminée; l'amé-
na'^^ement des cases pour les hommes se poursuit, tandis
(pie Kataki et ses ^ens plantent leurs huttes à l'intérieur
du boma. Quelques lo^is pour les adjoints, un grand
magasin pf)iir les marchandises, une cuisine, une bergerie
et un vaste i)Otager complètent la station d'Albertville.
Le 8 févri(!r, un homme de Kataki amène au capitaine
un prisonnier qui lui annr)nce que Kahengéré a quitté
son boma depuis trois jours, avec ses femmes, ses enfants
et ses biens, délaissant un potager en pleine prospérité. Se
méfiant de cette générosité, peu usitée de la part d'un
ennemi, Jacques et Renier, suivis d'une cinquantaine
d'hommes, vont s'assurer de l'étendue des cultures que
Kahengéré leur a si bénévolement abandonnées, lorsqu'à
peu de distance du boma qui leur paraît désert, un
coup de feu retentit, bientôt suivi rrune vive fusillade. Une
balle érafle le [)if;d drr^it du capitaine Immédiatement, les
hommes sont déployés, répondent au feu de. la place par
quelques décharges de leurs mous^pietons, et sans perdre
de temps aux préliminaires d'un siège en règle, se jettent
résolument à l'assaut.
En moins d'une minute*, ils sont au pied delà palissade,
que quelques-uns tentent d'escalader, tandis que d'autres,
stimidant leurs efforts par fies chants d'ensejubU', se mettent
en devoir de déraciner les br^is du lïîinpai-t. L'ne demi-
heure plus tard, toute la troupe s'engouffre dans la place
par la brèche qui vient d'être pratiquée.
— :J48 —
En une après-midi, le principal point d'appui des bandes
esclavagistes est détruit et le dernier drapeau rouge et
blanc qui flottait encore sur la rive sud de la Lukuga
disparaît. Les prisonniers suivent le vainqueur au poste
d'Albertville et s'y appliquent aux travaux de culture.
Le borna ennemi est incendié; le terrain où s'élevaient
encore la veille les solides et redoutables fortifications de
Kabengéré est soigneusement nivelé.
Quelques jours plus tard, Jacques, Renier, une cinquan-
taine d'Askaris, Kataki et ses gens traversent la Lukuga,
à l'endroit où le lac s'y déverse, pour se porter au secours
de Muni aux prises avec quelques Wangwanas d'Ali
Mouende. A l'approcbe des blancs, les brigands se retirent,
mais tuent deux parents du chef de Kassenga. Jacques
rentre à Albertville et fortifie sa résidence.
Trois mois sont consacrés à la culture et à la construc-
tion du fort, mais tandis que les villages indigènes renais-
sent de leurs cendres, le capitaine reçoit, le 15 mars 1892,
avis de Mgr Le Ghaptois, vicaire apostolique du Tan-
ganika, que la mission de Kibanga, au nord du lac, est
menacée d'une attaque et que huit barques chargées de
monde viennent d'arriver d'Udjiji à la côte occidentale.
Jacques n'hésite pas à voler au secours de ses frères.
Accompag-né de Doquier et d'une petite troupe, il atteint
Kibanga le 22 mars.
Depuis quatre mois, plus de dix mille Wa bombes habitant
le voisinage de Kibanga-Lavigerieville avaient été enlevés
et transportés à Udjiji pour être vendus. Gomme tribu,
les Wabembes peuvent désormais être biffés de la carte
d'Afrique.
L'Ugoma est à la veille de subir le même sort. Depuis
Karomvwe jusqu'à Udjiji, tout le long du littoral et à
l'intérieur des terres, les postes de Wangwanas se suc-
cèdent sans interruption. La mission est en quarantaine.
Jacques constate l'impuissance de ses cinquante fusils
contre un ennemi aussi puissant. Aussi la situation criti-
— ;mu —
que (les l\''i'(vs {\r Kih;iii^;i lui sii^<^'ri'('-L-(;ll(! l'idée de coii-
tV'rer avec le puissant ('lier (riJdjiji, l'organisateur des razzias
autour du TaiiLianika. Le capitaiiK^ est reru à Ildjiji, le
2*,) mars, pai' h^ sultan llumaliza, au milieu d'un appai'(Ml
uiilitaire iiapiiiHant; il lui expose qu'il est chargé d'ad-
ministrer 1(^ (lisli'ic't du Tanganika, conrorinément aux lois
de l'Ktat, et essaie de détruire les lé^'endes accréditées par
les Nyamparas au sujet des prétendus massacres de Fundi
Bwete, Kaheng'éré et Ali Mouende.
Dans l'entrevue qu'il a avec l'Arabe, Jacques court les
plus grands dangers et n'obtient qu'une déclaration éva-
sive de la part du sultan.
Le 30 mars, à midi, il quitte Udjiji pour rentrer à la
station d'Albertville. Fatigue par quarante-huit heures de
navigation, il se dispose à aborder chez Mouni, lorsqu'au
moment où ses hommes sont occupés à pousser pénible-
ment le bateau dans le Lugumba, il est accueilli par une
grêle de balles tirées par les gens de Kalonda ^ enfants
de Rumaliza ». Le bateau va être enveloppé. Jacques et
ses hommes sont obligés de faire usage de leurs armes
pour se dégager. Ils y parviennent et peuvent continuer
leur route vers Albertville.
Pendant l'absence du commandant, de graves événe-
ments s'étaient passés à la station. Une multitude de
Wangwanas (Mouhina, Kabego, Kahengéré et d'autres
du Manyema), sous la conduite de Kalonda, avaient fait
irruption, le 25 mars, à M'Towa et près de la Lukuga, et y
avaient opéré une rafle considérable de prisonniers. Le
28, les chefs qui s'étaient réfugiés dans la plaine étaient
venus demander l'aide de Renier pour reprendre leurs
femmes et leurs enfants. Renier les fît accompagner de
vingt-et-un Askaris qui se portèrent avec eux tout contre
le boma de Mouni, où étaient établis les Wangwanas.
Un coup de feu tiré à ce moment jeta la perturbation
dans le camp ennemi et un millier de prisonniers pro-
fitèrent du désarroi pour prendre la fuite.
— 350 —
Cependant les Wangwanas revinrent vite de leur surprise
et s'aperçurent aisément de la faiblesse numérique des
assaillants. Les Wachenzies, selon leur lâche et ingrate
habitude, se dérobèrent aux premiers coups de fusil,
passèrent dans le camp de celui qui leur paraissait le
plus fort puis mirent le feu à un village construit tout près
du boma d'Albertville, tout en se livrant avec armes et
bagages aux Wangw^anas postés à proximité. Des vingt-et-un
Askaris, quatre furent tués et deux blessés; quatre chas-
sepots et un fusil à capsule tombèrent entre les mains de
l'ennemi.
Dans dos conjonctures aussi graves, Renier envoya aussitôt
un courrier à Joubert, demandant des renforts et l'aide de
Vrithoff, son adjoint, pour g-arder la place pendant qu'il
irait lui-même déloger les Wangwanas. Au moment le
plus critique de cette phase inquiétante Jacques rentre
malade à Albertville. Il est forcé de confier le commande-
ment de l'expédition à Renier, avec Doquier et Vrithoff
comme adjoints et une centaine d'hommes.
La troupe quitte Albertville, le lundi 4 avril et campe
près de la Lukuga. La rivière — large d'un kilomètre
et profonde d'un mètre, à cette saison — est franchie
le mardi 5 avril, au point du jour. L'engagement a lieu
immédiatement. Les Wangwanas résistent aux assauts
réitérés de la troupe antiesclavagiste: Vrithoff et trois
de ses hommes, victimes de leur fougue héroïque, trouvent
la mort aux portes du boma.
Dès lors, les efforts de Renier pour ramener les troupes
déprimées à une nouvelle attaque restent vains, et la retraite
s'impose. Pour comble de maux, l'ennemi reçoit des renforts
de M'Towa; aussi la poursuite est-elle acharnée et ne
s'arrête qu'à la Lukuga. Outre la i)erte de Vrithoff et
de ses hommes, la troupe de Renier a dix blessés et se
voit privée de quatre fusils.
Le lendemain de la bataille, les Wangwanas, dont le
grand chef Kalonda a péri au cours de la mêlée, activent
— :^>r,j —
linir (l'ini'c dnvnstiUi'ico. Ils (If'lriiisenl une. j)nrlic du vil-
\;\^('. (\o Mouui ci 11(5 s(î l'ctii'cMil (juo \)()\iv se refaire et
reprendre la lui le bientôt après.
Pendanl la péi'iode d'accalniie (pii suit ees événements,
Jaccpies l'ait compléter les ibrtifications d'Albertville. Comme
il s'attendait de jour en jour à une attaque sérieuse, il adresse
un api)el pressant au Conseil directeur de la Société antiescla-
va<^iste ))our qu'on lui envoie en toute bâte des armes
j)errectionnées. Déjà à ce moment l'expédition de Lon^^'
s'embai'quait à Amsterdam; malbeureusement elle allait
être arrêtée longtemps à Tabora, faute de porteurs.
Sur ces entrefaites, le missionnaire anglais Schwan
propose la paix au nom de Rumaliza: les conditions en
seront réglées par Bwana M'Zigi qui sera envoyé en ambas-
sadeur auprès du commandant des forces antiesclavagistes.
Cette tactique n'est qu'une ruse de la part des Arabes pour
gagner du temps, opérer leur concentration, rappeler les
contingents de Manj^emas de l'Ubudgué, du Masanga et
de rUvira et reprendre les hostilités. Jacques attend vaine-
ment pendant quatre mois le lieutenant de Rumaliza.
Les Arabes débutent, au mois de mai, par le pillage
et l'incendie des derniers villages de la mission de Kibanga.
Uledi, qui a son quartier général dans les environs de
Karomvwe, installe un borna dans la résidence même de
Simba; ce dernier, allié de Jacques, est contraint de se
réfugier dans les montagnes. Puis, une bande d'Arabes
fait son apparition à M'Towa et dans les environs de la
Lukuga, opérant une nouvelle rafle d'esclaves. Des bomas
sont construits dans les environs de l'ancienne position
de Mouni et près de M'Towa. Par surcroît de malheurs,
une famine terrible se prépare. Jacques accélère les derniers
travaux de défense d'Alberville.
Dans les premiers jours de juillet, les ennemis relâchent
un de leurs prisonniers, qui vient offrir au commandant
une balle de cuivre et un épi de maïs, symbolisant la paix
et la guerre. Les Arabes consentent à la paix, à condition que
— 352 —
Jacques 1(3S paie largement, renvoie les Wachenzies et
quitte sa position. Le commandant accepte le spécimen de
balle admirablement martelée et ne répond pas autrement
à la bravade de l'ennemi. Le 7 juillet, le P. Moinet accom-
pagne ses gens qui vont se ravitailler à Mpala ; mais à
la hauteur de la Lukuga, il est attaqué par les Wangwanas.
Le 10 juillet, les Wangwanas ont traversé en masse la
Lukuga et prennent le chemin de l'intérieur qui conduit
par derrière au poste occupé par les antiesclavagistes. Le 20,
ils envahissent le village de Kataki, à dix-huit cents mètres
de là et, quelques jours après, se ruent sur Zambwa, au
fond de la baie d'Albertville.
Le 30, dans la nuit, les brigands que les Arabes ont
déchaînés contre les antiesclavagistes se trouvent établis
au village de Kaniera Kouiera, distant du poste de cinq
cents mètres à peine.
Dans la nuit du 12 au 13 août, les gens de Miketo, qui
sont de connivence avec les Wangwanas, abandonnent et
incendient en partie les cases du village qu'ils ont élevés
tout contre les murs du fort.
Le 16, au réveil, les troupes antiesclavagistes aperçoivent
au bout de la plaine, sur l'emplacement de l'ex-village de
Kataki à deux kilomètres du poste, un boma que les
gens des Arabes, trois ou quatre cents hommes, sont venus
construire la nuit. Jacques revient précisément de Mpala,
où il s'est rendu pour un ravitaillement.
Un millier d'ennemis environ provoquent immédiatement à
la lutte et Jacques expédie aussitôt un courrier au capi-
taine Joubert, lui demandant du secours.
Les Wangwanas détruisent successivement Tambwa et
Katabele (Thatchelé). La troupe ennemie, grossie d'Unya-
mouézis et de Manyemas, compte trois cents fusils, plus une
foule d'indigènes armés de lances et.de flèches empoisonnées.
La situation des Belges est grave sinon désespérée lorsque
le 24, dans l'après-midi, Jacques aperçoit des voiles à l'hori-
zon : ce sont les renforts demandés. Mais quelle n'est pas
.jUO
sa joie (M sa surprise* do voir (l(''l)ar(jU(ir avec le ('apilaino
.loiiherl, le coiiiniaïKlanl de l'expédilion du Katan^-a, Alexan-
dn* Delconinuine (U dcnix d(^ s(»s adjoints, Diderrich et le ser-
«^■(Md C.assaii, (pii dans un élan s[)()nLané et généreux,
vieinuMd apporl(U' l(Mir concours à l(Mirs compatriotes en péril!
Le 25, des barques vont prendre chez Rutuku les deux
cents hommes du capitaine Joubert qui ont atteint ce
point par la voie de terre et le 20, la concentration des
forces antiesclava<^-istes est terminée. Jacques dispose de
quatre cent cin(juantc hommes, dont les deux tiers sont
armés de fusils.
L'assaut est décidé pour le lendemain.
Delcommune, avec une poignée d'hommes résolus, devra
déjouer toute tentative de l'adversaire pour s'emparer du
fort. Joubert, secondé par Diderrich entamera l'action, avec
cent cinquante hommes et attirera l'ennemi de son côté
tandis que Jacques, avec ses adjoints et le sergent Gassart,
après avoir contourné la position, se jettera sur le borna
dégarni d'une partie de ses défenseurs.
Au petit jour, chacun est à son poste et vers six heures
l'action s'engage. L'ennemi se lient caché dans des tran-
chées profondes creusées immédiatement derrière de solides
palissades, à l'abri des coups de l'adversaire.
De tous les côtés, les forces antiesclavagistes se ruent
sur cette haie meurtrière sans parvenir à l'ébranler. L'occu-
pant est abondamment pourvu de munitions: il est cerné
douze heures durant. A la tombée du jour, alors que les
défenseurs épuisés cherchent une issue pour gagner les
champs, un coup malheureux blesse im des Nyamparas
du commandant et jette la panique dans les rangs des soldats.
Ceux-ci restent sourds aux appels de leurs chefs et presque
tous, abandonnant l'action, regagnent le poste dans une
fuite désordonnée. L'ennemi, craignant une ruse quel-
conque, ne se livre pas à la poursuite des fuyards, mais
rentre dans son borna au lieu de déguerpir comme c'était
son intention première.
— 351 —
Delcommune a dit avec raison: « Si les liommes de
•î Jacques et de Joubert avaient tenu un quart d'iieure de
" plus, la place était abandonnée par les Arabes et tombait
« aux mains des troupes antiesclavagistes. ^
Le commandant est forcé de reconnaître que ses Askaris
ne sont pas des soldats. Incapables de faire l'assaut d'une
place bien défendue et craignant le feu de l'ennemi, il
leur manque la bravoure. Découragé par cet échec au
seuil de la victoire, Jacques rentre à Albertville.
C'est alors qu'il adresse pour la première fois un
appel suprême au monde civilisé.
« Poste attaqué par les Arabes. Ils ont construit un
r fort devant Albertville. En compagnie de Joubert, avons
^ inutilement essayé expulser, le 27 août. Envoyez vite
« renforts nouveaux, sinon position intenable.
» Capitaine Jacques.^
Ce télégramme fait naître en Belgique les plus vives
angoisses.
Ils allaient donc succomber, ces braves, victimes de la
plus noble des causes! Le monde chrétien tressaillit à
cette terrifiante nouvelle et ne pouvait s'empêcher de son-
ger à Gordon qui, lui aussi, était tombé au champ d'honneur
sous les coups de ces exécrables Aral)es, — sans que
l'Europe tournât les yeux vers lui.
Un courrier de Jacques augmentait encore les inquiétudes.
« Nous devons être secourus sans aucun retard. Envoyez
" nous des armes perfectionnées. L'ennemi ayant beaucoup
^ de fusils, il faut que nous ayons sur lui la supériorité de
« l'armement. Envoyez-les moi avec toute la célérité possible ;
» si je demande des armes perfectionnées, c'est que j'ai le
^ pressentiment que la contrée où nous vivons ne tardera
» pas à être le théâtre d'actions sérieuses et qu'il ne s'agit
y> pas que nous nous trouvions désarmés au milieu de la
r> tourmente.
» Si aux armes perfectionnées vous ajoutez deux petits
« canons, rien que la nouvelle de la présence dans notre
.)iJi)
- c;mi|) (rmi Ici ch'iiKMil (\r suixM'ioi'ih'' siillir;iil pour cnlcvei'
-^ i\ nos cnncinis LouUi v(ill(Ml(''. de. nous allîKiiKîr, (îL nous
•' ohlicMuli'ions, ipso Hk'U), fl(îs résnUjils inouïs, tout en ôvilanl
^ (l(»s roullits armés, v
La nation hel^c^ ne. j)ouvail, ahandonncr sos (inlanLs, ({ni,
au ni('*pris de leui' vio, lullaienL si courag'eusemenl, pour
le succès d'une si ^-randiose cl chrélicMuie entreprise.
La ^('mk'» rosi le nalionale ne marchanda pas sa partici-
pation : iiràce aux lar^essc^s de l'initiative privée, une
([uatrième ex[)édition antiesclava^iste put être org-anisé(i.
I^]ll(^ fut placée sous le commandement du vainqueur de
Lusandx), le ca[)itaine Descamps.
Mais les renforts ne pouvaient être amenés qu'au prix
des plus grandes difficultés, et la distance à parcourir parais-
sait un obstacle insurmontable à l'efficacité de ces secours.
Et pourtant la situation des Belges devenait de jour en jour
plus critique à Albertville.
La marche de l'expédition du lieutenant Long, destinée
à renforcer l'action du capitaine Jacques, semblait d'une
lenteur désespérante.
Pendant ce temps, le soulèvement s'étendait du Tanga-
nika jusqu'à Riba-Riba sur le Lualaba, Faki, sur le Lomami,
Lusambo, sur le Sankuru.
Après l'assaut du 27 août, les munitions faisant défaut
pour tenter une nouvelle attaque, Jacques fut condamné
à l'inaction; et renvoya dans leurs foyers les troupes
auxiliaires, ne conservant à Albertville que les hommes
strictement nécessaires à la défense du fort. Laissant Joubert
et Delcommune à la garde du poste, il se rend chez Rutuku
pour y installer une garnison de soixante-dix hommes,
([ui surveilleront les travaux de culture des indigènes
et établit également, avec le concours du P. Guillémé,
un poste au cap Mlonga pour couvrir la route de Mpala.
Un boma existe déjà chez Wondo, à la garde de Kassabola,
l'ancien gendarme du capitaine Storms. Jacques pourvoit
de munitions la petite garnison qui s'y trouve et rentre
— 3."3G —
à All)ertville. Il fiùt tomiiner les travaux de dét'oiise du
fort, qu'il rêve de voir transforme en un « vrai nid d'aigle
au sommet des collines de Kataki î^.
La situation devient pourtant de jour en jour plus
angoissante. La famine est affreuse. Après avoir dévasté
tout rOubemba et dépeuplé la presqu'île d'Ubwari, les
Arabes bloquent les Pères blancs de Lavigerieville (Kibanga),
exterminent les indigènes wanguv^as et waroros et pillent
la contrée pour se nourrir. Une expéditon parcourt la
campagne entre Albertville et la baie de Wondo où elle
incendie un village, capture quelques Waclienzies et dévaste
les cultures. Toutefois, comme l'écrit le capitaine Joubert,
les Wangwanas ne peuvent songer à surprendre Albert-
ville de vive force et à recevoir du renfort : « il n'y a
absolument plus de vivres dans la contrée ^. Ces lignes
caractérisent nettement, dans leur laconisme terrible, toute
l'borreur et la désespérance de la situation. L'ennemi, le
redoutable ennemi est terrassé lui-même par un adversaire
plus puissant et plus meurtrier: la famine.
Le 16 octobre, les voisins du commandant Jacques, pressés
par la faim attaquent, au nombre de trois cents, le village
de Rutuku, mais ils sont repoussés par la garnison qui leur
tue neuf liommes; ils se dirigent alors vers l'Ugoma et
ravagent le village de Kayombwé aux confins de l'Ugua
et de l'Ugoma.
Une autre expédition ennemie va infliger une défaite à
Kiga, entre Katenga et Simba. Les motifs d'anxiété et
de désespoir s'aggravent d'heure en heure; le sort des
Belges parait désespéré. La disette se fait vivement sentir
au camp d'Albertville et les défenseurs ne résistent plus
aux privations de toute nature qui leur sont imposées.
Jacques se demande même s'il ne doit pas abandonner
la position, car ses adversaires, ayant réparé leurs forces
dans des régions moins dévastées, se rapprochent pour
l'assaut final.
Les Arabes continuent à élever des bomas et placent des
r — 357 —
^nrnisons do vin^là I,i'(miI,o fusils duns les (Midi'oiis ({uolfiuo
peu liahilés. Ils pi'ocèdoiil iiiiisi à une ()ccu[);dj()ii unUliodiquo
du j);iys (loj)uis lo nord jusqu'il J'entréo du Marun^'u, où
ils (MaicMil l.(Mius (mi (V'Ikh* par 1(^. cai)itairi(' JoulxM't.
Mais la Providonco voillail ; l'heuro do la dolivi'ance
allait sonner pour h^s vaillants champions de la cause
antiosclava<>-iste.
Le 5 décembre, Jac({uos est rejoint ta Albertville par
Duvivier, commandant le i)remier peloton des i)orteurs
recrutés par le lieutenant Lon^- à Tabora. Malgré les
démarches détournées faites par le vali et les Arabes de
Tabora, pour mettre des entraves à la jonction des deux
expéditions antiesclavagistes, Long- est parvenu à enrôler
lui-même des porteurs qu'il adresse à Jacques, à mesure
qu'il s'en trouve un groupe suffisant pour être placé sous la
conduite d'un Européen.
A ce moment, Jacques souffre de la fièvre et Doquier
assume le fardeau du commandement. Renier se trouve
en congé de convalescence à Mpala. Ses douleurs lui lais-
sant quelque répit, le chef d'Albertville se porte le l'' décem-
bre à Karema, à la rencontre de Long.
Le 3 janvier, les chefs des deux expéditions antiesclava-
gistes se donnent l'accolade. Mais, tandis que Jacques
s'occupe à Karema du recrutement de quelques centaines
de Rouga-Rouga, en vue d'une action éventuelle contre le
redoutable sultan, Duvivier, qui a le commandement du
poste en l'absence de Jacques, parvient, avec le concours
de Doquier, par une attaque aussi habile que rapide, à
débloquer Albertville et à détruire de fond en comble le
borna de Toka-Toka, la terrible place forte qui menaçait
la station depuis quatre longs mois (1 janvier 1893).
Le 29 janvier, la barque de Kibanga apporte un courrier
de Rumaliza. Dans son message, Mohamed ben Rholfan
montre qu'il ignore encore l'échec de ses gens et tient un
langage insolent et agressif.
Un parlementaire de Jacques essaie vainement de négocier
— 358 —
la paix à Udjiji, qiioifjue de ce côté, les liomines de
Rumaliza meurent de l'aiin ou tombent sous les balles des
Watong'wés.
Rumaliza se prépare à la résistance: Udjiji est entouré
d'une enceinte fortifiée. En vue d'aboutir dans de nou-
velles ouvertures de paix avec les Arabes de la ville, Jacques
se rend au i)ied de la presqu'île d'Ubwari, à la mission
de Kibanga (Lavigerieville), avec cinquante soldats. Sa pré-
sence seule y entrave la chasse aux indigènes par les
Wangwanas.
Des rapports signalant que les x\rabes du lac Moero
molestent les populations et cherchent à s'emparer du
village de Mpweto pour s'ouvrir la route de l'Itawa, .Jacques
forme une expédition et, accompagné de Moray, Moriamé
et Duvivier, ainsi que de cinquante hommes, se dirige
vers ce point, dont la position sur la frontière sud-est
de l'Etat est d'une importance considérable (17 mai 1893).
En attendant l'arrivée pour la mi-juillet de la caravane
Descamps au Tanganika, Jacques maintient sur pied de
guerre un effectif assez fort pour pouvoir entrer immédiate-
ment en campagne. Pendant cette période d'accalmie relative,
un poste est fondé à Moliro, au sud du Tanganika, à la
limite de l'Etat indépendant. Duvivier et Demol y élèvent
un boma, et un autre poste est créé dans l'Ouroua chez
Kassanga. Le lieutenant Renier qui édifie cette position
lui donne le nom aussi patriotique que gracieux de fort
Clémentine. Enfin, pendant les trois mois d'absence que
le commandant passe hors de la station et qu'il consacre
à de nouvelles expéditions dans le sud, Albertville se
transforme complètement. Long et Doquier ont construit,
dans la cour du fort, une immense habitation en briques
cuites, développé les cultures, perfectionné les installations.
Dans le courant du mois de septembre, on annonce
enfin l'arrivée de l'expédition Descamps.
Dès que la caravane lui est signalée, Jacques se hâte
de se porter au devant de son compatriote qui lui amène
— 350 ~
les tleux i)icces (rarlillei'ic nppolces dc.puis si longtemps
(lo tous ses vœux. Il rejoint Deseamps à Fwaiiibo à deux
journées d'Abercorn (20 s(^.ptembre). « El les canons » ?
s'écrie Jacipies. Après une première effusion, Descamps
retourne à Maiiibwe i)()ui' convoyer les pièces qui sont
restés sous la ^"arde de Ghargois, tandis que Jacques or^^a-
nise le transi)ort des charges à Moliro.
Le 1 novembre, dans la matinée, les deux canons font
leur entrée à Albertville ; Jacques se propose d'employer
immédiatement ces précieux auxiliaires à la poursuite de
Runuiliza, qui s'est dirigé, depuis le mois d'août dernier,
vers le Manyema en vue d'y attaquer les forces de l'Etat.
Depuis trois mois les bandes arabes se trouvent réunies à
Kabambare.
La joie apportée à Albertville par les renforts de Des-
camps faillit être assombrie par un drame : Jacques est
victime de trois tentatives d'empoisonnement, commises
par un de ses Nyamparas, nommé Bushiri. Le traître
est condamné à mort.
Jacques, accompag-né des capitaines Descamps et Long
et du sous-lieutenant Doquier, quitte Albertville le 18 décem-
bre pour Fort Clémentine (Kassanga) et y fait sa jonc-
tion avec le lieutenant Renier à trois jours de marche d'Al-
bertville. L'expédition rencontre Mouhina, un des chefs des
bandes de Rumaliza, qui occupe une forte position, sur la
route du Manyema à M'Towa, au nord de la Lukuga, et
qui organise de nombreuses razzias dans l'Ugoma et dans
rOuroua.
La caravane de Jacques se compose de cent cinquante
soldats et amène avec elle un des canons expédiés d'Europe.
Les troupes antiesclavagistes attaquent le borna de Mou-
hina, le 6 janvier 1894, de grand matin et parviennent à
s'en emparer après une lutte acharnée, le lendemain dans
la soirée. Le boma est occupé par le capitaine Long et
par Ghargois.
L'autre canon était resté à Albertville pour protéger le poste
— 300 —
désormais imprenable. Celui-ci, construit sur un plateau élevé
et distant du lac de trois cents mètres, était au sud et à l'est
entouré d'immenses rochers à pic; à l'ouest une très forte
montée le défendait. Un seul côté était faible, celui du nord
qui a devant lui un mamelon ; grâce à l'artillerie la défense
est heureusement complétée.
Jacques rend sa victoire définitive en assurant la for-
teresse antiesclavagiste contre tout retour offensif des Arabes
au nord. Avant de repartir pour l'Europe, — car son terme
de service est expiré, -— il va de concert avec Miot, le
6 avril, planter le drapeau congolais à M'Towa, sur un
mamelon dominant à l'ouest la vaste plaine qui étale
jusqu'à Albertville de sérieuses promesses de récoltes abon-
dantes et faciles. Ce point, au nord de l'embouchure de la
Lukuga et en face de l'île et du port de Kavala, com-
mande la route des caravanes arabes du Manyema à
Udjiji. Jacques fortifie le poste par de nombreux ouvrages.
Rentré à Albertville, Jacques fait ses préparatifs de
départ vers la côte par la voie du Zambèze, tandis que Des-
camps ayant appris l'occupation de Kabambare se met en
route avec tous les hommes valides du poste. Il se dirige
sur Mouhina, où il compte se renforcer de la garnison et
prêter son concours à l'expédition Dhanis qui poursuit
si brillamment sa campagne contre les Arabes. Le com-
mandement du poste d'Albertville est laissé à Miot, assisté
du docteur noir Joseph, de la mission de Mpala.
Jacques quitte Albertville, le 5 février 1894, arrive le
12 avril à Chindé, à l'embouchure du Zambèze, sur la
côte orientale d'Afrique, et le 6 mai il est à Zanzibar. Il y
liquide les comptes de son expédition et s'embarque, le
26 mai, pour l'Europe, à bord du paquebot Ava des Mes-
sageries maritimes. Ses deux adjoints Renier et Doquier
l'accompagnent.
A son retour en Belgique, Jacques est reçu solennellement,
le 23 juin, par la Société antiesclavagiste de Belgique, et une
;]oi
o'raiKlios(^ inanilVstalion de syiiii)allii(' lui csl l'éscrvoe au
Palais des Académies à niu.\(»lles, le 4 juillet.
A Vielsalm, ses concitoyens raccueillent en héi'os et lui
reni(MI(Mit une é|)é(^ (riionneui- (21 juin). Le 30 juin, le
capitaine .]ac(iues (\st admis en audience particulière par
le Roi.
C.ependant le repos pèse à l'activité de l'intrépide vain-
queur d'Albertville. Un an après son retour en Belgique,
Jacques repart une troisième fois pour l'Afrique, au ser-
vice de l'Etat, le 6 juillet 1895.
Le Roi-souverain lui a confié le commandement du nou-
veau district du lac Léopold II, avec le titre de commis-
saire général.
Tout est à créer dans cette région neuve qu'ont foulée à
peine quelques rares explorateurs. Malgré l'hostilité de certai-
nes peuplades riveraines du lac et le peu de ressources dont
il dispose, Jacques se met courageusement à l'œuvre.
Il établit son quartier général à N'Kutu (ou Malépié),
commence la reconnaissance et fonde plusieurs postes dans
la Mfimi, dans la Lukenie et sur le lac même.
Il parcourt la première fois la région comprise entre
le lac Léopold II et le Congo, de Malépié à Bolobo, fran-
chissant une ligne de faite de cinq cent quarante mètres.
Partant des N'Kutu, il marche vers le Congo, traverse
d'abord le pays des Bandjoas, limité par la M'Boru-a-Mpe,
affluent de gauche de la Lukenie. Puis, il s'engage dans
le pays des Babomas, qui n'ont jamais vu un blanc et
6vui font bon accueil à l'explorateur. Le pays est assez
accidenté, mais les vallées présentent des marais nombreux.
Jacques traverse la Leboma, affluent de la Lukenie,
pénètre dans le pays Battendé, et arrive enfin à Bolobo.
Il résume comme suit ce voyage:
« Nous étions heureux de la difficulté vaincue ; nous avions
" eu la satisfaction d'avoir parcouru ce pénible trajet sans
^ avoir laissé un homme en arrière, sans avoir tiré un
— :J02 —
« coui» DE FUSIL et convaincus que nous laissions aux
« populations reconnues l'impression que l'homme blanc
« est fort, mais aussi juste, loyal et bon. «
Les peuplades voisines du lac soiit constamment en butte
aux razzias des Kundus; Jacques met un terme à ces
expéditions ({ui n'ont d'autre but que de se procurer de
la chair humaine et soumet ces cannibales à l'autorité
de l'Etat.
Après avoir ainsi opéré aux environs du lac Léopold II et
dans la basse Lukenie, il s'efforce encore d'étendre l'influence
de l'Etat aux populations de la haute rivière.
Grisées par le massacre resté jusqu'alors impuni de
quelques émissaires chargés d'entamer avec elles des rela-
tions amicales, ces populations d'humeur belliqueuse
prétendaient rester réfractaires à toute civilisation euro-
péenne et ne cessaient de molester les peuplades qui, plus
avisées et pacifiques, avaient fait bon accueil aux agents
de l'Etat et permis leur installation dans les villages
riverains.
Au mois de mars 1898, le commissaire général Jacques
exécute sur le steamer La Déliter ance une reconnais-
sance qui lui permet de constater que la haute Lukenie,
— rivière la plus importante de celles qui se jettent dans le
lac Léopold II — est navigable sur tout son parcours et
sensiblement parallèle au Sankuru. Voici en quels termes
M. Lcjeune, dans son « Histoire Militaire du Congo », retrace
les péripéties de cette expédition:
« En compagnie du commandant Bodart, du lieutenant Eloy, des
sous-lieutenants Lïmd et Mouton, et de soixante-dix soldats, Jacques
part de Dekese le 26 mars, arrive le 28 aux villages Bolingu,
le 30 à Besengi, le 31 à ElangoBoko, et le V avril l'expédition
mouille au débarcadère de Sakali-Ankoli.
» Bodart, Eioy et Mouton s'étant engagés, sans escorte, dans
un sentier de la forêt, sont attaqués à l'iraproviste par une masse
d'indigènes qui leur envoient une nuée de flèches. Les assaillants
— :iG'^ —
sont t(>iuis en respect à coups de leu par liotUirt et Mouton,
pendant que VAoy réunit quehjues soldats. Tous se portent alors
à la rencontre des agresseurs, les poursuivent jns(jue dans leurs
villn{j:es, (jui sont à trente minutes do là, et leur inflif^ent quelques
pertes.
» Le 2 avi'il, dès l'aube, la trou()e repenri le chemin des vil-
laiics où les indigènes les attendent, leurs longuets flèches tout
iVaichement enduites d'une forte couche de poison. En quelques
minutes ils sont culbutés et on les poursuit vigoureusement pendant
([uelques heures.
» Le î^, l'expédition franchit le rapide, mais ne peut s'aboucher
avec les indigènes, qui ne cessent de battre leur gong de guerre.
Arrivés au village de Bolombu, après avoir été salués de quel-
ques flèches les officiers obtiennent des vivres et des renseignements.
» Le 6, à la première heure, la flottille franchit à nouveau le rapide,
et trois quarts d'heure après, au moment où elle défile devant
le débarcadère de l'avant-veille, les gens de Kole, qui sont postés
en grand nombre près de la lisière des bois, poussent des hurle-
ments de fauves et lancent des centaines de flèches. Sans riposter
le bateau continue à avancer, dédaignant ces énergumènes qu'on
distingue à travers les mailles des paraflèches.
» Les officiers ne tardent pas à s'apercevoir que ceux-ci sont
insuffisants: trois flèches traversent le bateau en rasant l'intérieur
du toit, une quatrième se plante au revers de la cabine. Rapidement
les blancs placent derrière le réseau de fil de fer, les chaises longues,
les tentes, les nattes en bambou, et tout ce qui peut oflfrir un
recouvrement suffisant pour se garer des flèches.
» Le défilé devant Kole dure une demi-heure; à mesure que le
bateau avance, quelques indigènes décochent des flèches isolées
» A deux heures, celles-ci tombent en essaims compacts sur
le bateau, malgré les paraflèches; le mécanicien est profondément
atteint au genou, un boy a l'épaule déchirée. Il n'y a rien à faire
comprendre aux indigènes qui, à toutes les demandes d'entretenir
des relations amicales, répondent invariablement: « Nul étranger
n'est jamais venu sur notre rivière, vous n'irez pas plus loin ».
— :JG4 —
» Le 7 avril, la troupe campe, sans s'en douter, à proximité
d'un village.
» Le 8, une demi-heure après le départ, les indigènes, non
aperçus d'abord, interpellent. Heureux d'en rencontrer de plus
sociables que les précédents. Jacques fait stopper et, sur l'invitation
de ses interlocuteurs, fait approcher lentement de la rive. Ce
n'était qu'une ruse pour avoir le bateau plus à leur portée. Quand ils
le voient assez près, les chenapans décochent leurs traits empoi-
sonnés et s'éclipsent dans la forêt. Le steamer poursuit sa route
et s'arrête le soir à proximité d'un village.
» Le 9, au point du jour, Bodart, Eloy, Lûnd et Mouton
se rendent, avec les soldats, au village. Des flèches répondent aux
salutations des soldats, qui brandissaient, cependant, au loin des
étoffes et des perles, pour signifier leur intention d'acheter. Etant
néanmoins parvenue à se ravitailler, l'expédition pousse plus loin.
» Le 10, le steamer laisse, à dix heures, à sa gauche, la rivière
la Lukali, large de vingt mètres, au courant rapide, et va stopper
à quatre heures un quart à un débarcadère de la rive droite. Les
amarres ne sont pas encore placées et les hommes descendus à
terre qu'une nuée de flèches s'abat sur la troupe. Les sauvages,
nombreux et hardis, poussent des hurlements de fauves et viennent
se montrer au débarcadère, en face du mouillage. Comme la rivière
n'a pas trente mètres de largeur, l'eflicacité et l'intensité du feu
de la troupe ont bientôt fait d'obliger l'adversaire à se retirer
sous bois. Durant la nuit, le sifflement caractéristique de quelques
flèches montre que l'adversaire est aux aguets.
» Le 11, au point du jour, dit le commissaire général, ces
» pauvres égarés reviennent à la charge, avec une maestria remar-
» quable. Dès le début, je suis surpris de constater une méthode de
» direction, des chants d'ensemble qui décèlent une habitude de
» manœuvrer en masse et non plus des efl'orts isolés. D'ailleurs, à
» un commandement donné, tous les cris cessent: quelques hommes
» ont été touchés par nos balles, deux sont tués dans une petite
» éclaircie où ils avaient commis l'imprudence de montrer leur tête.
» Les autres viennent en rampant examiner l'eff'et de nos balles.
— 'Muj —
» Apivs quoliiuos vuines tentatives [)our i'e[)reiidre leurs cadavres
» ils se retirent pour délibérer.
» Vers midi, ils reviennc>nt ù la charge. Ils ont peut-être reçu
» des renforts; quelques uns des nouveaux ([ue l'on distingue dans
» une l)rus(iue échappée paraissent couverts de hlanc. C(i retour
» offensif n'est (pie de courte durée et est suivi d'un silence sépulcral.
» On les devine, plutôt qu'on ne les distingue, postés dans le voisi-
» nage. Vers trois heures, je les fais interpeller par des prisonniers
» faits les Jours précédents: « Eh bien, vous ne dites plus rien raainte-
» nant » ? Après quelques hésitations, une voix se fait entendre;
» « Vous êtes plus forts que nous, vous êtes les maîtres, que voulez-
» vous » ? Des pourparlers s'engagent, et peu à peu enhardis, et sur
» nos pressantes sollicitations, un groupe vient se présenter sur le
» débarcadère d'en face. Celui qui paraît être le chef porte un vieux
» fez et est vêtu de quelques tissus européens, qu'il porte avec le chic
» particulier aux arabisés de longue date.
» 11 est manifeste que c'est un étranger au pays. Il tient comme
» bannière une grande branche de palmier, qui symbolise la paix
» Ceux qui l'entourent, comme lui-même du reste, ont abandonné
» leurs armes. Malgré tout ce que nous faisons pour leur être agréables,
» nous ne pouvons les décider à monter à bord La nuit arrive et
» on se sépare pour se revoir le lendemain.
» Le 12 avril, après avoir vainement attendu nos nouveaux amis
» de la veille, je me décide à continuer la reconnaissance.
» La dysenterie s'était déclarée dans l'escorte depuis trois ou
» quatre jours, et le nombre des malades allait toujours en aug-
» mentant; d'un autre côté, je ne pouvais me résoudre à abandonner
» le steamer qu'en lui donnant au moins une garde de vingt sol-
» dats. Ma troupe était alors trop faible pour que je pusse songer à
» continuer mon voyage par voie de terre, sans guide, ni vivres,
» ni indication d'aucune sorte. Je décide de descendre la rivière.
» Au moment où le jour tombe, la roue s'entortille dans un enchevê-
» trement de lianes qui paralyse le bateau.
» Pendant que haches et hachettes multiplient leurs coups pour
» dégager le steamer, une bande de sauvages, à deux cents mètres
— 3GC) —
» en aval invectivent la troupe ; l'inondation du sous-bois les empêche
» d'approcher.
» Après une demi-nuit de travail, la roue est dégagée et, le 13,
» au point du jour, les amarres sont lâchées. En quelque instants
» le steamer se trouve en face du débarcadère, où attendaient les
» criards de' la veille. Les premières flèches sont à peine lancées que
» les fusils parlent. Comme des furieux, les soldats sautent à terre,
» les blancs avec eux ; tous se lancent aux trousses des fanfarons
» qui avaient voulu les braver et qui détalent avec l'agilité des singes.
» Après une demi-heure de marche rapide à travers une belle
» forêt, la colonne débouche dans une immense plaine, parsemée
» de bouquets d'arbres et servant d'assise à une vingtaine de villages.
» Les sauvages, fort nombreux, sont groupés dans le fond de cette
» plaine ; on les aborde au pas de course ; ils ne tardent pas à se
» disperser dans les fourrés avoisinants. La troupe trouve les
» sauvages se chamaillant pour s'arracher les morceaux de leurs
» propres morts, qu'ils avaient dépecés, et dont quelques fragments
» étaient déjà dans les casseroles!
» Les villages auxquels on venait d'avoir à faire, appartiennent
au groupe Olemba-Dengelenge .
» Le 14, la descente de la Lukenie continue sans incident.
» Le 10, le steamer repasse les rapides sans difficultés.
» En aval, les populations sont soumises à l'Etat. Je fais
» enlever les paraflèches et le steamer regagne Dekese, sans aucun
» incident.
» La Lukénie est donc navigable sur tout son parcours; les
» rapides se franchissent aisément avec un bateau de la force de
» La Délivrance. Les rives de la rivière sont boisées.
» La population est dense et saine, mais sauvage, peu accueil-
» lante, très industrieuse. »
Jacques revient en Belgique le 25 août 1898, laissant à
son successeur vui district plein d'avenir.
En 1902, Jacques reçoit le commandement de l'expédition
— 3(i7 —
on\i)yr(' ;m K;il;in^n, |)()iii' complet de, l;i Coiiipn^-nie du
clKMiiiii (le IVi' du Kalniiun ('I l'cjoiiil a Naphis s(^s adjoints
(^kiaiidi, X'rc'Itos, LalU^s, lîiiiard et Hiisnioiil, cl, riu^-énieur
Massai'l, (|ni oiU (piiKc* Anvers à \)()n\ du K^'onjtrinz, \(\
21 uov(Uul)r(^ 11)02.
La mission (\s|, ('Iiar<^('^o d(^, l'airo les éludes du cheiuin
d(^ fer projeté, desLiné à relier la IVontière méridionale
de ri^^lat v(U's Tenke, à un i)()int du Lualaha navi<^-al)le, au
sud du conlluent de cette rivière avec la Lulila.
Au début de l'année 1903, Jacques arrive à l'extré-
mité méridionale du lac Taii<^'anika, (pi'il atteint par la
côte orientale, le Zambéze, le Shiré, et la route Stevenson.
De mai 1903 à septendjre 1904, la mission parcourt, du
nord au sud et de l'est à l'ouest, les territoires du Katanga
compris entre le Lualaba, la Lufira et le lac Kisale,
relevant environ deux mille kilomètres d'itinéraire.
Aj^ant reconnu la possibilité de relier, par une voie ferrée,
la région minière du Katanga au réseau fluvial du Congo,
la mission s'apprêtait à faire les études définitives d'un
des tracés, lorsqu'elle reçoit l'ordre d'effectuer de nouvelles
recherches suivant une autre orientation.
L'expédition se remet donc en route dès le mois de
septembre et aboutit au Sankuru, en aval de Lusambo,
après avoir reconnu les hauts plateaux du Lomami et la
ligne de faîte qui sépare les bassins du Sankuru et du
Kassaï.
Après avoir licencié son escorte à Lusambo, Jacques
rentre en Europe le 7 avril 1905.
Jacques est actuellement capitaine commandant au 11''
régiment de h'gne, adjoint d'Etat-major, chevalier de l'Ordre
de Léopold, de l'Etoile Africaine, de l'Ordre ro3-al du Lion,
de la Couronne du Congo, médaillé de la campagne arabe
et de l'Etoile de Service à trois raies.
— 308 —
PUBLICATIONS.
Les rivières M'Fimi et Liikenie. (Belgique coloniale, 1896, p. 50).
De N'Kutu à Bolobo (Ibid. 1899, p. 448, avec cai'te).
Expéditions envoyées au Ta)iganika par V Association internationale
africaine. (Bull. Soc. roy. de géographie d'Anvers, 1906, p. 65).
Expéditions de La Société antiescLavagiste de Belgique. (Bull. Soc. roy.
de géographie d'Anvers, 1906, p. 79).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES.
Mouvement antiesclavagiste, 1888-1900,
Belgique militaire — Nos Héros, p. L. Chômé. 1894, p. 680.
Chapaux. Le Congo historique, p. 824.
Jenssen Tusch, Skandinaoer i Congo. Copenhague, 1902-1905.
Mouvement géographique, 1903, p. 587-202).
Annalen der Afrikaansche Missiën van de Witte Paters.
Saint-Berthuix (de) " Alexis Vrithoff r> compagnon des capitaines
Jacques et Joubert au Tanganika. (Soc. Saint-Augustin, 1893).
Le retour de V expédition Jacques. (Tiré à part du M'ouvement antiesclava-
giste, br. in-8o, Bruxelles, 1894).
Comte H. dUrsel. Les Belges au Tanganika. (Bull. Soc. belge de
Géogr , 1893, no 1, et br. Bruxelles, Van der Auwera, 1893).
GoDEFROiD KuRTH. La Croix et le Croissant, (broch. Gand. Leliaert, Sitfer
et C'e).
Banning. La Conférence de Bruxelles, son origine et son acte,
Berlioux. La traite orientale.
CooPER. Un confinent perdu.
Lavigerie. Documents sur la fondation de l'œuvre antiesclavagiste.
Van Eetvelde. Rapport au Roi-Souverain.
Royal comm,erce on fugitive slaves, 1876.
La traite des esclaves en Afrique. Renseignements et documents recueillis
pour la Conférence de Bruxelles, 1840-1890. Actes de la Conférence
de Bruxelles.
LOTHAIRE, HUBERT, JOSEPH,
né à Rochefort, le 19 novembre 18G5.
S'engnge comme simple soldat dans l'armée en 1882,
détaché au cours central en 1881, entre à l'Ecole militaire
en 1880 et en sort sous-lieutenant en janvier 1888.
Sous lieutenant au 10^ de ligne, il part pour le Congo le
27 octobre 1888, et est adjoint au commissaire du district
du Stanley Pool; le 3 janvier 1890, il est attaché au dis-
trict de Bangala.
Désigné, le 26 mai, pour occuper la Lulonga, il fonde la
station de Basankusu, au confluent du Lopori et de la
Maringa; il pacifie, en moins de deux mois, cette région
désolée par les chasseurs d'esclaves. Les Arabes qui
ravageaient la Haute-Maringa et le Haut-Lopori, sont
tenus en respect et les traitants indigènes obligés de
renoncer à leur infâme commerce.
Lothaire est capitaine de la F. P. depuis octobre 1891.
Rentré le 19 février 1892, en Belgique, où il prend un
court repos, il retourne en Afrique, le G mai 1892,
comme commissaire de district de première classe, au com-
mandement du district de Ban»-ala.
— 370 —
Il reconnaît le bassin de la Mongalla, les sources de
la Likati, de l'Eau blanche et de l'Eau noire (Dua), et y
découvre un borna arabe, installé au milieu des Budja,
derrière Upoto. Il fonde les postes d'Akula, Monveda et
Abuinombasi.
Au début de l'année 1893, il explore le bassin et les popu-
lations lacustres de la Ngiri, où il se propose d'établir
un poste pour contenir les peuplades cannibales de la
région. La révolte arabe l'empêche de mettre ce projet
à exécution.
Expédition Ponthier, juin-août 1893.
Combat de Keice, 28 juhi; de Kisiihl; de Bamanga,
3 juillet; prise de Kiriindii, 8 juillet; première
attaque du camp Arabe, 9 juillet ; combat de Kima-
Kiina, W juillet; et de la Lowa, 6 août.
Le 6 juin 1893, le commandant Ponthier, de passage
à Upoto, rencontre Lothaire en mission d'inspection dans
son district et lui fait part de ses projets. On vient d'ap-
prendre la prise des Falls et la fuite des Arabes, à
quelques lieues en amont. Malheureusement Tobback et
l'inspecteur d'Etat Fivé, que Ponthier vient remplacer,
s'apprêtent à quitter la station conquise et à rentrer en
Belgique. Le gouvernement local de Boma n'a pu mettre à la
disposition de Ponthier qu'un contingent insignifiant et
absolument insuffisant pour accomplir le programme qu'il
s'est tracé : poursuivre et soumettre les Arabes qui ont
abandonné Stanley-Falls, occuper Kirundu, joindre Dhanis à
Nyangwe et détruire ainsi l'occupation et l'influence arabe
tout le long du Lualaba.
Remettant le commandement provisoire du district à
son adj(ûnt le lieutenant Simon, Lothaire offre spontané-
ment à Ponthier son concours personnel et celui des
— 371 —
troupos (lu (lislricl, [)()ur lui permettre de réiiliser sou
pr()^i';uuiii(\
Lotliaire accomplit, avec Pouthier, une cam[)a^ue de
cinquante-six jours, à la tête de l'avant-g'arde : remonte
le Lualaha, prend part aux combats victorieux de Kewe;
Kissubi, Bamanga, à la i)rise de Kirundu et à la première
attaque du camp arabe.
Poursuivant les Arabes, Pontbier et Lotliair(3 les battent
dereclief à Kima-Kima et s'em[)arent de leur camp.
Continuant leur marcbe lioureuse jusque sur la Lowa,
ils remportent une victoire décisive au camp de Kibonghé.
Au retour d'une expédition sur la Lowa, ils rencontrent
un courrier de Dlianis qui leur permet de juger de la
situation générale du pays.
Le but que se proposait Pontbier est atteint et Lothaire
retourne à Bangala reprendre le commandement de son
district (').
Défaite et fuite de Rumaliza, 14 janvier 1894.
A peine rentré à Bangala, Lothaire reçoit de Dhanis,
alors aux prises avec le puissant chef arabe Rumaliza, une
demande de secours très alarmante.
Pontbier et de Heusch ont été tués à l'ennemi; les
troupes de l'Etat, qui ont livré plusieurs combats sanglants,
sont déprimées, décimées et privées de munitions. L'ennemi,
au contraire, ne manque de rien ; fort de plus de trois
mille fusils, il s'est avancé jusqu'à dix lieues de Kasongo.
Les Bangala, au nombre de deux cents, qui viennent de
faire la campagne de Kirundu ont une confiance aveugle
dans leur chef et sont convaincus qu'il ne pourra les con-
duire qu'à la victoire.
Bien que le gouvernement local, insuffisamment éclairé,
(1) Le récit détaillé de ces brillants faits d'armes se trouve minu-
tieusement exposé dans V Histoire militaire du Congo, de A. Le Jf.une.
— 872 —
n'ait pas approuvé l'expédition faite en commun avec
Ponthier, Lotliaire qui se rend justement compte de l'inté-
rêt supérieur de l'Etat, décide de se porter d'urgence au
secours de Dlianis, et dès le 21 décembre 1893, arrive à
Kirundu, où il s'adjoint Henry comme second.
Lotliaire atteint, avec les lieutenants Borlzell et Henry,
le campement général de Dlianis, à Bena Musua, le 8 jan-
vier 1894.
La journée du 10 janvier est employée en reconruus-
sances diverses.
L'ennemi est solidement retranché dans quatre bomas,
dont le principal, situé à Bena Kalungu, est occupé par
Rumaliza.
Le capitaine de Wouters, aidé du capitaine Doorme et
du sergent Destrail, tient la position en observation, avec
cent quatre-vingts Baluba et Batetela que Doorme a lui-même
recrutés et formés.
Gomme c'est de ce côté que doit se porter l'effort
principal, Lotliaire investi du commandement supérieur,
s'y rend avec Henry et les Bangala et ordonne d'occuper
une position à cheval sur la ligne de communication des
bomas ennemis, à huit cents mètres seulement de celui de
Rumaliza.
L'action s'engage aussitôt et les Arabes pointent dans
notre direction un feu bien nourri. Henry et Doorme délo-
g-ent les tirailleurs placés en embuscade dans quelques
postes avancés. Le lendemain, Lothaire faisant avec de
Wouters une reconnaissance des approches des bomas,
constate qu'une crête, se dessinant à cent mètres du boma
peut l'abriter contre les coups des assiégés, il s'y installe
malgré une vive fusillade de l'ennemi et fait rapidement
avancer les troupes restées en arrière. De cette façon, les
assiégeants se trouvent à cent mètres des assiégés et sont
parfaitement protégés contre leurs coups. Comme ils empê-
chent toute communication de l'ennemi avec les autres
1
— 373 —
l)()ni;is (4 rcndonl prcsinic impossible, l(Mir r;iviiailk'irieiil en
(MU, ils les l'orceronl ;i (HiilUu' l(Uir l'olu^'-f^ et à livrer conihMl
(Ml ras(*, canipa^iio. Le 11, à six heures du matin, le li(;u-
UMianl llamhursin amène sui' la crête un canon Krnpp.
Par une chance vraiment j)rovidentielle, le premier obus
met le feu aux habitations intérieures du boma. Lothaire
commande l'attafjuc générale. De Wouters et Rom dirigent
le mouvement de front, Doorme avec les Baluba contourne
le liane droit, tandis que les Bangala abordent énergi-
quement le liane g-auche. Hambursin lance des boîtes à
balles qui empêchent d'éteindre l'incendie. L'embrasement
est général. Les magasins à poudre sautent avec un bruit
infernal. L'incendie s'étend sur une superficie de plus de trois
hectares, où sont entassées les habitations de cinq à six mille
personnes. Bientôt les Arabes prennent la fuite et laissent
plus d'un millier d'hommes sur le champ de bataille et
au passage de la Lulindi.
Sans perdre de temps, Lothaire fait alors l'investisse-
ment du second boma le plus rapproché, celui de M'Zé-
Kondo, à deux et demi kilomètres de Rumaliza et à trois
quarts d'heure de marche des deux petits bornas d'avant-
garde commandés par Bwana M'Zé.
Ce boma, situé au sommet d'une petite colline, est
bloqué de façon à lui couper ses communications d'eau.
Au bout de trois jours, il se rend à discrétion.
Les deux autres bornas, qu'assiègent d'un côté Golli-
gnon et Van Lint, de l'autre Gillain et Rom, se livrent
le lendemain à nos officiers.
Plus de six cents fusils, une grande quantité de poudre
et de capsules et deux mille prisonniers environ, parmi
lesquels plusieurs chefs importants, tombent aux mains
des vainqueurs.
Malheureusement, Rumaliza est parvenu à s'échapper
et s'est retiré, avec deux fidèles seulement, à Kabambare,
où se trouve son dépôt d'armes et de poudre.
— 374 —
La défaite de Riimaliza rend l'Etat maître de la région
(fui s'étend en nniont de Kasongo. 11 ne reste debout
que Kabambare, Ouheya et Mazance, avant d'arriver au
Tanganika.
Lothaire est récompensé de l'initiative qu'il a montrée
dans ces deux expéditions contre la puissance arabe par
l'ordre du jour suivant:
Ordre du jour :
Le commissaire de district de première classe Lothaire
qui s'était d(^jà distingué dans les opérations contre
Kibonglu's vient après une rapide et brillante campagne
d'anéantir les forces arabes de Rumaliza. Par la grande
valeur qu'il déploie cliaque fois qu'il se trouve devant
l'ennemi, le commandant Lothaire est digne de notre
admiration.
Le gouverneur général,
Wahis.
Prise de Kabambare, 25 Janvier 1894.
Après la chute et la reddition des bomas de Rumaliza,
Dhanis organise immédiatement une forte colonne, dont
il confie le commandement à Lothaire, sous les ordres
duquel sont placés le capitaine de Wouters, les lieute-
nants Hambursin, Henry et Doorme, les sergents Collet,
Van Riel et Destrail, trois cents soldats réguliers et un
canon.
Lothaire part, le 17 janvier 1894, des environs de
Kasongo, se proposant de réduire les bomas établis sur
la ligne de retraite de Rumaliza, de prendre la forte
position de Kabambare, où le grand chef arabe comptait
définitivement arrêter les troupes de l'Etat, et enfin, de
pousser jusqu'aux rives mêmes du Tanganika, pour débar-
rasser la r('^gion entière des bandes esclavagistes.
— 375 —
Ai)ivs le i);issîi<^(> (le l;i Lu;mi;i, rcxpc'MJilioii s';iv;iii('{î sur
Knhaniharo on deux colonnes: l:i |)reniiri(% coniposéo dos
li;ni<4al;i ol des Haluba, avec Lothairo, Jleiiry, Doornio (tl
(]()11(M, et la deuxième, (|ui suit, a\('c le canon à deux
jours en arrière.
Henry commando ravant-gardc formée dosHan^ala; Lot-
liairc dirige le ^ros des troui)es.
Pendant ce temps, Dhanis rentre à Kasongo, avec le
reste des forces. Considérant la campagne comme vir-
tuellement terminée, il renvoie Gillain, Collig"non et
Aui^ustin, avec leurs détachements respectifs, à Lusambo.
En six jours, Lothairc est à Kabambare. Il a fait revêtir
à ses ^'•uidos, une longue tunique blanche, les soldats ont
quitté le fez rouge. Par suite de ce stratagème, les Ara-
bes croient avoir affaire aux débris des légions de
Rumaliza, qui viennent à la recherche de leur chef.
Kabambare, dont les portes sont ouvertes, est surprise
par une marche rapide et Henry y engouffre les Bangala
au son de la charge (25 janvier).
Les Arabes font leur soumission, tandis que Rumaliza
s'échappe accompagné de quatre hommes seulement.
Tout le dépôt de guerre de Rumaliza tombe entre les
mains des soldats de l'Etat : il y a là plus de trois mille
kilos de poudre, deux millions de capsules et une grande
quantité de fusils.
Marche vers le Tanganika.
Le 30 janvier, Lothaire envoie de Wouters et Van Riel, avec
quarante hommes, sur M'Towa et Albertville, pour faire leur
jonction avec les troupes de l'expédition antiesclavagiste.
La route du Sud est débarrassée des Arabes depuis les
prouesses du capitaine Jacques, aux bords du Tanganika ;
mais, sur la route du Nord, les bornas de Kalunga et
de Songhera se dressent encore menaçants.
Il est donc urgent de marcher sans retard sur ces
— 376 —
forteresses arabes et d'empêcher, par tous les moyens,
reniieiiii de s'}^ retranclier.
Lothaire ne séjourne dans la place conquise (jirune
dizaine de jours, afin d'organiser le pays et d'y imposer
l'autorité de l'Etat. Il envoie en avant Henry et Ilam-
bursin et il se met lui-même en marche, après avoir
confié Kabambare, le G février, au lieutenant Franken et
au serg'ent Collet, avec quatre cents homuies et un
canon.
Dénués de vêtements, de chaussures, manquant de
vivres, les deux tronçons de la troupe se n'unissent à
Kalonda et pointent de concert sur le boma de Kalunga,
qui se rend sans lutte.
Dans la précipitation de sa fuite, Rumaliza ne s'y est
pas arrêté. Ce boma est admirablement situé : bâti sur
un îlot, au milieu d'un marécage pour ainsi dire inac-
cessible, il eut permis au chef arabe, sinon de barrer la
route à ses adversaires, tout au moins d'opposer à leur
marche en avant de très sérieux obstacles.
A partir de Kalunga, la route se transforme en une
longue suite de fondrières. Le pays est entrecoupé de
marécages profonds, les rivières sont débordées par les
pluies continuelles. Les indigènes trop éloignés du théâtre
de la guerre, ont peu de confiance dans la valeur des
troupes de l'Etat et la crainte que leur inspirent leurs
anciens maîtres, l'emporte sur la réputation que les
blancs se sont acquise. Ils refusent de fournir des
guides.
C'est dans ces conditions désastreuses, ({ue la troupe
atteint les marais de la Luama, dans lesquels elle
s'égare une demi-journée. Cette rivière, grossie par les
pluies, inonde toute la plaine sur une largeur de qua-
rante kilomètres environ et il est impossible d'y décou-
vrir la moindre trace de sentier.
Lothaire fait appel aux prisonniers arabes et l'un d'eux
— 377 —
(•(>ns(Mil, iii(»y(M:ii;iiil l;i [H'oiiicssc de rccoiix rcr l;i lihcrlr,
à le coiidiiiro ;iu j);iss:i;4(î <!(' I;i I-n;iiii:i.
N';iy;nil pas de iiouvolh^s do rcniiciiii, (|iii ix'iil, s'T^lrc,
rolrniu'lio ;ni l)()iii;i de Suiiijuhi, ;i (Hichiucs lieues de l;i,
(M (jiii, averti d(î la i)i*és(Mi('e des blancs, ]](\ iiiaiH|uei'ail
de détendre en(M'<^i(jueiiionl lo passag'G, la colonnfi se voit
forcée do franchir, à loiil prix, la rivière ce jour-là.
La Luaiiia roule des eaux boueuses avec rimpéluositr;
d'un torrent. Le courant emporte tous les radeaux de
troncs de bananiers et des i^randes herbes, qui sont jetés
sur la rivière. Le passage semble d('sormais impossible.
Les efforts pour abattre un des nombreux gigantesques
palmiers borassus, qui se dressent sur la berge, restent
vains. Il règne une angoisse mortelle. Fort heureusement,
un caporal bangala se souvient que Lothaire lui a confié,
avant le départ, une scie articulée et grâce à ce précieux
auxiliaire, une demi-heure plus tard un de ces colosses est
à terre; l'arbre ne mesure pas moins d'un mètre de dia-
mètre. Cinquante Bangala traversent la rivière à la nage
avec leurs armes et munitions pour amarrer à l'autre rive
le pont improvisé. Au passage des hommes, l'arbre est
complètement submergé et oscille d'une façon inquiétante.
Trois hommes se noient. De l'autre -côté de la Luama, le
calvaire recommence dans des marais boueux plus pénible
encore que la veille. Les soldats doivent s'ouvrir un pas-
sage, au moyen de leurs couteaux, à travers les papyrus,
dont les racines servent de points d'appui et quand par
malheur, l'un d'eux, exténué par les fatigues et la faim,
manque d'un pas défaillant, une de ces frêles bases, il
s'enfonce dans la vase jusqu'à la ceinture, parfois jusqu'au
cou. Après plusieurs heures de cette effroyable marche,
la troupe campe dans un petit îlot. La colonne se remet
en route dès le lendemain. L'ennemi fuit toujours; les
soldats, certains du succès final, reprennent courage et,
après deux heures de marche, arrivent en vue du boma de
— 378 —
Sungula (Songhera), sur le chemin de Mazance, 13 février
1894.
Songhera en personne se rend à discrétion, sans com-
bat. La troupe s'installe dans la citadelle et s'y repose
de ses fatigues.
Six jours plus tard, le 19 f(^vrier, de Wouters envoyé par
Lothaire de Kabambare au Tanganika et accompagné
de Descamps, Long etChargois, de l'expédition antiesclava-
giste, rejoint son chef dans son camp improvisé. Lothaire
nomme Van Riel chef du poste de Sungula et abandonne
la position pour se diriger vers le Tanganika: il se
trouve bientôt au pied des monts Biselé qui se dressent
à pic devant lui.
Le sentier qu'il faut suivre, monte sans détours; on est
obligé de se hisser en s'accrochant aux touffes d'herbes
et aux arbustes, au risque de se tuer à chaque pas. Plus
loin, le sentier borde un précipice de deux cents mètres
de profondeur, sur un parcours de plus de deux kilo-
mètres. Les nègres, sujets au vertige, sont forcés de mar-
cher en rampant, se tenant aux herbes et n'osant regarder
ce gouffre béant.
Le lendemain, la colonne s'engage dans un immense
marais, dans lequel il faut, en s'enfonçant parfois jus-
qu'aux aisselles, patauger pendant cinq mortelles heures.
Vers trois heures de l'après-midi, on sort enfin du marais
pour aborder le massif qui borde le lac. Trois jours
sont nécessaires à franchir ce dernier obstacle, tantôt en
escaladant des crêtes à pic, tantôt en s'enlisant dans la
boue des fondrières qui séparent ces crêtes.
Le 2 mars 1894, Lothaire et ses hommes campent enfin
au bord du Tanganika, à Mazance, en face de la presqu'île
de rUmbari. Les Arabes n'opposent aucune résistance et
s'enfuient de leurs bomas vers la côte allemande.
Henry, chargé de donner la chasse aux fuyards, s'em-
barqiie avec une dizaine de soldats dans une méchante
— 379 -
])ir()»:iu' ({ui, :ii'i'iv<'M» i\ un kilomt'Lm (1(^ la |)r(is(|ii'îl(»
(rrinl);u'i, S()nil)rc dans uihî U^inpète. Los liaii^'-ala, na<^(3iirs
(MiuM'ilos, so jottonl tous à l'oau et, saisissant la pii-()<,nie
(rime main, nageant de l'autre, parviennent à aborder sur
un quartier de roche, dans un (uidroit désert de la côte.
Le lendemain Henry retraverse le lac et rejoint Vcxpé-
dition.
Opendant Rumaliza n'a pas encore atteint la côte alle-
mande. Au lieu de franchir le lac, il le remonte vers
le Nord, longeant la rive occidentale, croyant trouver un
refuge chez son beau-frère Bwana-Solo, établi dans l'Uvira,
à la pointe septentrionale du Tanganika.
Huit mois avant son départ d'Udjiji, il a fait construire
en cet endroit un boma redoutable, qui occupe une super-
ficie de plus de deux hectares. Ce fort, établi sur la rive
du lac, protège le seul port abordable de la région.
Lothaire trouve la position arabe complètement abandonnée
(17 mars). Si celle-ci eut été défendue, elle eut arrêté la
colonne pendant longtemps.
La poursuite des Arabes, que Lothaire a dirigé avec une
ardeur implacable, est fructueuse. Les indigènes, convain-
cus que le règne exécré des Arabes est irrémédiablement
fini, font tous leur soumission.
Seul un des chefs les plus importants, à qui Rumaliza
a envoyé le cheval d'Hodister, comme trophée et marque
de ses succès sur les blancs, refuse de se rendre. Dénoncé
par ses voisins, il est aussitôt capturé et emprisonné.
Le Manyema est définitivement conquis. Rumaliza a pu
gagner le protectorat allemand, où il est en sûreté, mais
sa puissance est à jamais anéantie.
Au commencement d'avril 1894, l'expédition quitte le
lac et reprend le chemin de Kasongo; mais Destrail et
Van Riel sont laissés comme chefs de postes, pour établir
une liaison entre Kabambare et l'expédition antiesclava-
giste.
— 380 —
Van Riol, qui était reste à Siingula (Songhera), a fait
reconnaître les routes et réparer les ponts, de sorte que
le retour vers Kabambare s'effectue sans incidents tacbeux.
Voulant faire de Kabambare un l)oulevard contre un
retour offensif des bordes esclavagistes, Lotbaire y in-
stalle une garnison de trois cents bommes, sous le
commandement de Hambursin, Destrail et Collet.
Tous les indigènes et de petites bandes détacbées d'Arabes
font leur soumission.
Lotbaire rentre à Kasongo, le 19 avril 1894.
Il rejoint Dhanis à Kirundu et lui succède dans son
commandement.
Le capitaine de Wouters a dû abandonner l'expédition
près du Tanganika, pour aller succomber d'épuisement
à Kasongo. Le sergent Destrail est mort dans les mêmes
conditions à Kabambare.
Des deux cents Bangala qui ont accompagné Lotbaire,
quatre-vingts rentrent dans leurs foyers.
Lors de la prise de Nyangwe, en janvier 1893, Saïd
ben Abedi, Munie Mku, Munie Cbabudu, et d'autres cbefs
moins importants s'étaient réfugiés à Micici, à dix ou
douze jours de marcbe au nord de cette ville. Ils avaient
été rejoints en novembre de la même année par les
déb;is des Arabes des Falls, qui avaient écbappé à la
campagne de Kirundu.
Lors de son retour vers Kabambare, Lotbaire se trouva
brusquement à deux jours du campement de ces bandes
peu redoutables, qui, au bruit mensonger de la victoire de
Rumaliza, avaient soudainement quitté Micici et se dis-
posaient à rejoindre leur cbef.
Placés en face d'une troupe victorieuse, les Arabes
— :isi —
ii'ciiiHMil (l';nili-(' ;ill('rii;itiv(' (\\\r de. se soiimcU l'c s;iii.s coii-
(lilioiis.
Ils r(MiioU(Mil :i Lolliairc Iciii's nniiGs (31 1(M1I's iiiiiniLioiis ;
l(>s cliofs sont (r;i(luils (Mi conseil de <4uerr(3.
Snïd 1)011 Ahodi ol Uacliid, (jui s'étaient r(uidns ;i Kaham-
l)are,sonl i'(M'onnus innoccMits et ac(|iiittés. Scidiunha Nserera
et son lils Amici, convaincus du nuissacre d'IIodister,
IMerret, Micliiels, Noblesse et Magery, ainsi ({ue Piani
Luii'ari, qui a égorgé Emin Pacha, subirent le châtiment
de leurs crimes (10 mai 1801).
*
Lothaire s'occupe de l'organisation du pays conquis.
Il crée les zones de Kabaml)are, Nyangwe, Lokundu,
Kirundu et Stanle\^-Falls. Il fonde le nouveau camp de
Kasongo et installe la station de Ponthierville en amont
des chutes de Wabundu. Un voyage aller et retour des
Falls à Kasongo lui permet de se rendre compte du bon
fonctionnement de l'organisation administrative, Lothaire
songe à occuper l'Ituri et la région des grands lacs
Albert et Albert-Edouard.
Marche vers l'Ituri.
Plusieurs bandes refoulées des Falls et du Manj^ema,
entre autres celles de Kibonghé et d'Ugarrawa, s'étiiient
rejetées vers le nord après leur défaite, afin d'échapper
à la poursuite des troupes de l'Etat, et elles se dispo-
seaient à s'y réorganiser, en attendant des renforts d'hommes
et de matériel de la côte orientale.
En novembre 1894, Lothaire quitte les Falls avec sept
cents hommes dont dix blancs et marche sur l'Ituri.
Henry, envoyé trois mois auparavant de Kirundu en
382
avant-garde avec cent ving't soldats, avait fondé le poste
de Kilinga. Il apprend à Opakula qu'un poste arabe se
trouve installé à Makussidi ; il entre aussitôt en relations
avec Saïd et fait alliance avec lui. Saïd déclare qu'il
restera fidèle aux blancs, à condition que Kibonglié, qui
se trouve actuellement à la Lindi, soit fait prisonnier.
(C'est par ordre de Kibonglié qu'Kmin Pacha avait été tué
à Kinena).
Trente hommes sont laissés à Makussidi.
Les anciens alliés de Kibong-hé livrent traîtreusement
leur chef et les fidèles de l'Arabe quittent la Lindi pour
se rendre chez Stokes à Mawambi.
C'est dans sa marche vers l'Est, par Mabilanga, que
Lothaire apprend, aux Marolles, où il se trouvait avec
Brecx, Michaux et Codrons la capture du redoutable
Kibonglié, qu'il joint à Makala sur la Lindi.
Kibonghé, condamné par une cour martiale, est passé
par les armes le 1'' janvier 1895.
La vaste rég"ion comprise entre l'Aruwimi, le Lualaba,
le Manyema et les grands lacs du centre africain avait
jusqu'ici complètement échappé à l'action de l'Etat du
Congo; seuls Stanley et Emin Pacha l'avaient traver-
sée.
Lothaire, avant de reprendre par la voie de l'Aruwimi,
le chemin des Falls, s'api)lique à pacifier la région et à
organiser l'occupation sur des bases solides, en établis-
sant des postes fortifiés à Kwa Pini, Irumu, Mawambi
(Kilonga-Longa de Stanley), Makala et Avakubi et en
créant la zone du Haut-Ituri.
Lothaire avait trouvé à la Lindi la preuve irrécusable
de l'alliance de Kibonghé avec Stokes, ancien missionnaire
de la Church Mlssionary Society. Celui-ci, envoyé en 1879
dans l'Ouganda, s'était bientôt livré au négoce et s'était
créé une situation importante dans l'Afrique Orientale.
— ns:^ —
Slokes faisait iioLaniiihMU coiiiiiiorrjî d'ariiK^s d do
munitions (^t h's vc^idait aux tiM(i:{uants d'csclavos, mais
parvenait toujours à se réfu^'ior dans l(^s posscissions
allemandes.
Lothaire, convaincu de la culpabilité de Stokes, délivre
un mandat d'airèt contre lui et envoie Henry à sa recherche.
Après une marche de douze heures, Henry surprend à
la nuit tombante l'ex-missionnaire, le 8 janvier, dans
son camp sur la Linda, au moment où ce dernier atten-
dait les chefs d'xVvakubi et un des gendres de Kibong-iié
avec des renforts. Les troupes terrifiées par la surprise,
se dispersent dans la forêt et s'enfuient vers Mawambi
et la frontière allemande.
Stokes est conduit au camp de la Lindi, le 13 janvier
1895, abandonnant sa caravane à Kwa Pini.
Un Conseil de guerre est aussitôt réuni. L'ex-mission-
naire était justiciable d'une cour militaire pour la raison
qu'il avait pris part à la guerre civile en faisant alliance
avec les chefs arabes en révolte et rfu'il s'était mis à la
tête d'une troupe organisée de mille hommes. Stokes est
condamné à la pendaison et son exécution a lieu le 15
janvier 1895, vingt-quatre heures après, conformément à
l'ordonnance de Goquilhat (') {^).
(1) On se rappelle ({ue l'Augleter/e fit ths reprôsa italiens au gauverne-
ment de l'Etat, pour le motif (juj lo bJiiJticô dj dro'.t d'appal avait été
refus 3 au condamné.
Lothaire dut comparaître de ce chef devant le tribunal de Borna; il fut
acquitté le 25 avril 1890.
En appel, devant le conseil supérieur du Congo, à Bruxelles, la p.'emière
sentence fut confirmée, le 6 août de la même année.
(2) Muiicemcnt antiesclavajiste, ISDo, p. 171.
— 384 -
Lothaire, ayant organisé la région d(3 l'Ituri et préparé,
par des cultures dans les postes fondés, sa marche future
vers le lac Albert dans le but d'y occuper Mahagi, cédé à
bail, à l'Etat, redescend aux Falls par la voie de l'Aruwimi
pour y chercher des troupes de renforts. Il se rendait des
Falls à Ponthierville lorsqu'il apprend la révolte des Bate-
tchi à Luluabourg.
Sédition de Luluabourg, 4 juillet 1895.
D'anciens soldats batetela de Gongo Lutete avaient pris du
service dans la F. P., mais supportaient malaisément les rigueurs
de la discipline qui leur était imposée. Le 4 juillet 1895, ils se
révoltent, tuent le capitaine Pelzer, blessent Cassart et Lassaux et
pillent la station, s'allient avec les Benas Luluas, indigènes des
environs et attaquent la mission de Saint-Joseph, que détendaient
Cassart et Lassaux, malgré leurs blessures, avec le secours de
quelques Zappo-Zap.
Cassart et Lassaux parviennent à se réfugier chez le chef indigène
Zappo-Zap, établi à deux kilomètres de la mission, qui refuse brave-
ment de livrer les blancs, au risque d'exposer ses populations à la
vindicte des mutins.
La mission, défendue par Zappo-Zap est épargnée, mais la station
de l'Etat est pillée. Les Batetela se dirigent alors vers l'Est, et
passent le Lubi à Kala-Kafumba, où se trouve en voie de forma-
tion : la mission de Mérode Salvator.
Les Pères, avertis à temps de l'arrivée des révoltés, heureuse-
ment, peuvent se sauver.
Les mutins sont rejoints, en cet endroit, par un certain nombre
de Batetela, venant du Sud ; marchent sur Kaiee, dont Bollen
parvient à s'échapper et se portent vers Kabinda.
Cinq blancs, et Lupungu, le chef le plus important de la con-
trée, s'y trouvent précisément rassemblés. Bollen accompagné de
Shaw et Froment, à la tête d'une centaine d'hommes armés de
fusils rayés et d'un certain nombre d'auxiliaires de Lupungu s'élan-
cent à la rencontre de l'ennemi. La colonne s'avance jusqu'à qua-
~ 385 —
riiuiv kilomètres de Kabinda. I^e eonil)at est acharné; mais nos
soldats sont écrasés i)ar le nombre et Bollen est tué.
Hossut et Xiveleer quittent précipitamment la station avant
d'avoir eu le temps do mettre en sûreté les armes et les muni-
tions emmagasinées au poste.
Lupungu fait incendier ses villages pour obliger ses populations
à le suivre et les soustraire à l'humiliation de se soumettre aux
vainqueurs.
Fromont et Bossut ont pu gagner Lusambo. Shaw sorti de la
brousse après le départ des révoltés rentre à la station qu'il
s'occupe à réinstaller. Les Batetela continuent leur marche vers
Gaudu où résident Augustin et De Saegher. Par un courrier rapide
parti de Kirundu, Lothaire avait fait envoyer un renfort de deux
cents soldats du camp de Kasongo, conduits par le lieutenant
Franken et le sergent Langerock, pour aider le lieutenant Augustin,
chef du poste du Gandu, à barrer aux révoltés la route du
Manyeraa et le passage du Lomami.
Tandis que De Saegher garde la station, les autres blancs s'avan-
cent jusqu'à douze kilomètres au devant de l'ennemi et lui livrent
bataille; mais, le combat mal engagé se termine par un désastre
(18 août 1895).
Augustin et Franken, ainsi que le sergent Langerock sont tués
au cours de ce combat. De Saegher et Lupungu passent sur la
rive droite du Lomami. Lallemand est conduit par les indigènes à
Kabinda, où il retrouve Shaw. La plupart des soldats sont tués
ou se livrent à l'ennemi.
Lutte contre les Batetela révoltés.
Après ces revers successifs, toutes les populations du.
Lomami, de l'Imbadi, les Malela, les Tusango, etc., font
cause commune avec les révoltés.
*
38<i
Lothaire était arrivé à N3^angwe et Kasong"o, vers la
fin du mois d'août 1895, ignorant encore le désastre de
Gandu, où Augustin et Franken avaient trouvé la mort.
Il réunit cent soixante-cinq hommes et se dirige vers
Gandu, emmenant avec lui le lieutenant Sandrart et le
sergent-major De Gorte, mais souffrant d'une blessure il
est forcé de l'aire le trajet à dos d'âne.
Il ne tarde pas à être informé que Gandu vient d'être
pris et que les troupes de l'Etat ont subi une sanglante
défaite à la suite de laquelle les indigènes du Malela,
région dont une partie des soldats sont originaires, ont
fait cause commune avec ces derniers.
Le commandant Lothaire n'hésite pas, malgré la fai-
blesse de ses effectifs, à prendre une décision aussi immé-
diate qu'énergique. Les rebelles disposent de cinq cents
fusils Albiiii et d'environ cinquante mille cartouches,
provenant des magasins des diverses stations, qu'ils ont
réussi à piller. — Lothaire n'a à leur opposer à ce
moment que les cent soixante-cinq fusils Albini, dont
sont armés les soldats qu'il a emmenés de Nyangwe.
Ce qui rend sa position plus critique encore, c'est qu'il
opère dans une région dont les indigènes sont tous dé-
voués aux rebelles et où il n'est possible de se ravitailler
qu'au prix des plus grandes difficultés.
Le 12 septembre, Lothaire arrivé sur les bords du
Lomami, en face de Gandu, apprend que les rebelles ont
évacué cette position et sont passés sur la rive droite où
il se trouve lui-même. Il se porte sans hésiter dans la
direction où leur présence lui a été signalée et vers deux
heures de l'après-midi prend contact avec eux. Un com-
bat acharné s'engage aussitôt, qui se prolonge jusqu'à
six heures du soir. Les soldats de Lothaire restent
maîtres du champ de bataille, sur lequel ils campent,
après avoir repris vingt-deux Albini à leurs adversaires.
Mais Lothaire, des le début de rengagement, a été mis
— 387 -
hors (1(3 conibiil pur mie IkiIIc (lui lui a traversé la cuisse
gauche.
Les fu\^ards ne peuvent être assez vivement poursuivis
et réussissent la nuit suivante à faire repasser le Lomanii
à leurs femmes et à leurs enfants.
Le lendemain 13 septembre, dès quatre heures du matin,
le lieutenant Sandrart tente de s'emparer du camp des
rebelles, mais il est surpris et tué d'une balle en pleine
j)oitrine ; ses gens rebroussent chemin.
Encouragés par la mort du blanc, les rebelles s'enhar-
dissent jusqu'à attaquer le camp du commandant, mais
leurs assauts sont repoussés et leurs principaux chefs
restent sur le terrain.
De Corte a le bras gauche fracassé par une balle.
N'ayant plus aucun blanc pour exécuter ses ordres et le
seconder dans la conduite de ses troupes, Lothaire croit
prudent de battre en retraite. Il fait évacuer, en hamac
et sous escorte. De Corte sur Lusuna ; après quoi il
ordonne une attaque générale pour tromper l'ennemi sur
ses intentions.
Sa feinte a un tel succès que les rebelles s'enfuient en
désordre dans toutes les directions ; ce qui permet aux
troupes de l'Etat de se replier sans devoir tirer un seul
coup de fusil. Les soldats mutinés renoncent à la pour-
suite de Lothaire qui, porté lui-même en hamac par ses
soldats, parvient sans encombre à Lusuna.
Lothaire envoie l'ordre aux blancs commandant les
postes et stations de Nyangwe, Kasongo et Kabambare
de lui envoyer des renforts immédiats, de façon à éviter,
pour la prochaine rencontre, que la mort d'un ou de
deux blancs n'empêchât la réussite complète de l'affaire.
Tandis que Lothaire séjourne à Lusuna, Gillain, com-
missaire du district du Lualaba-Kasaï quitte Lusambo le
5 septembre, à la tète des troupes de l'Elat et arrive le
17 à Gandu. Dès le lendemain de son arrivée et jusqu'au
— 388 —
30 octoLre, Gillain tient constamment les révoltes sur le
qui-vive par une série d'escarmouches. Le 8 octobre, il
ordonne à toutes ses forces de traverser le Lomami. Elles
sont divisées en deux colonnes et placées l'une sous le
commandement du lieutenant Michaux et l'autre sous celui
du lieutenant suédois Swenson. Gillain ne peut accom-
pagner lui-même ses troupes, étant malade et alité.
La colonne Michaux, qui a pris une route différente
de celle suivie par Swenson, n'attend pas le signal con-
venu pour l'attaque et s'engage à fond. Après vingt-cinq
minutes de combat, il se trouve complètement entouré
et est obligé de céder le terrain, en se repliant en dés-
ordre sur le Lomami, abandonnant une grande quantité
de bagages.
Mais au moment précis de cette retraite, Swenson
s'engage à son tour et après quarante minutes de com-
bat occupe le campement ennemi, reprenant tout ce que
la première colonne avait laissé aux mains des rebelles.
Un retour offensif de l'ennemi contre la colonne Swen-
son n'a aucun succès et donne l'occasion à nos troupes
de faire subir aux soldats révoltés, une nouvelle et
sanglante défaite.
Parmi les soldats de l'Etat, quarante-deux sont tués et
trente-huit blessés. Le sergent Palate est mortellement
frappé.
Enfin, le IG octobre, arrivent les forces de la zone
arabe, sous le commandement supérieur de Lothaire.
Celui-ci campe en face des ennemis à une lieue de leur
position. Les troupes de Lusambo, sous le commandement
de Gillain, se trouvent à Gandu sur l'autre rive du fleuve
et repassent la nuit le Lomami. Lothaire noue des rela-
tions avec Lusambo. Gillain lui envoie Michaux, Swen-
son, de Besche-Jûrgens, Konings et l'armurier Droeven.
Lothaire a mille hommes à sa disposition. Le 18 octobre.
— .^<so —
une tr()iii)(* ïnvlo. do huit c(miIs Alhinis, ;ill;i(jue l(i cniiip
des révoltes.
Aranl-çia^'de: capitaine DooriiK^ sous-lieutenant Spil-
liaert, sergent De Saghers.
(h\)s : C(Huniandant Michaux, lieutenant Swenson, sous-
lieutenant (1(^, Hesche-Jiii'gens, sous-lieutenant Konings,
docteur K(")tz, adjudant Lalleniand, sergent Steeman, com-
mis Hoffmann.
Le camp reste sous la garde du lieutenant Middagh,
du sous-lieutenant Niclot et de Droeven.
Le camp des révoltés est adoss.'' à la forêt. Les troupes
de l'Etat sont fortes de huit cents Albinis, celles des
révoltés de six cents Albinis et de trois à rjuatre cents
fusils à piston. A huit heures du matin, Lothaire fait
donner l'assaut des défenses que l'ennemi a accumu-
lées dans les bois et les clairières, sur le chemin qui
conduit à travers la forêt jusqu'au village où les Batetela
ont caché leurs femmes et leur butin. Doorme com-
mande l'avant-garde, sur qui se porte tout l'effort de
l'ennemi, les autres troupes ne servant qu'à éviter tout
mouvement tournant. Plusieurs fois, les troupes d'avant-
garde épuisées doivent être renouvelées.
A deux heures, tous les obstacles sont forcés, les révoltés
sont dispersés dans la forêt et le butin fait à Luluabourg,
Kabinda et Gandu tombe entre les mains des soldats
de l'Etat.
Les Batetela, en déroute complète, se dirigent vers le
Sud, à travers la forêt qui borde la rive gauche du Lomami.
Malheureusement, une colonne de quatre blancs. Collet
De Lava, Gasiman, cinquante soldats réguliers, avec plus
de six cents fusils à piston s'efforçant de rejoindre Lothaire,
se laisse surprendre. Les révoltés et les indigènes, cachés
dans les herbes qui bordent le sentier, les fusillent à
bout portant. Les quatre agents sont tués et leur caravane
est pillée; les soldats réguliers et irréguliers échappés
— 390 —
nu (léscislro, peuvent atteindre Lusuna, où ils sont ral-
liés et ramenés par le lieutenant Henry. Descendu de
rituri, Hcnr5% dont le terme de service était expiré, était
accouru dans le Manyema, à la nouvelle de la révolte de
Lulua])Ourg".
Les Batetela avaient repris courage et étaient allés se
réunir aux révoltés du Malela et de l'Imbadi.
Le 4 novembre, la colonne Lothaire repasse le Lomami
à Gongo Maclioffc et, le 6, à midi, attaque les positions
défendues par les révoltés du Luluabourg, ceux du Malela,
et de l'Imbadi.
L'ennemi, défendant des mamelons boisés admirable-
ment choisis, compte quatre cents Albinis, sept à huit
cents fusils à piston, trois à quatre mille archers.
La colonne Lothaire comporte neuf cents hommes et
quatorze blancs.
L'attaque de front est conduite par le capitaine Doorme,
pendant que le lieutenant Swenson exécute un mouve-
ment de flanc, sur la gauche de l'ennemi.
. Toutes les troupes du centre, sous Michaux, et de l'ar-
rière-garde entrent successivement en ligne pour renforcer
les troupes d'attaque, à l'exception du peloton Lallemand,
envoyé pour tenter une action sur le flanc droit.
A quatre heures, les soldats congolais sont maîtres du
champ de bataille et la poursuite de l'ennemi se prolonge
jusqu'à la nuit. La déroute des révoltés est complète
(8 novembre).
Le lendemain, une colonne de poursuite sous les ordres
de Swenson (quatre cents soldats et sept blancs) ne trouve
plus de traces des révoltés après une marche rapide de
deux jours.
Ils s'étaient dispersés fuyant individuellement vers le
Sud.
Vouloir s'obstiner à atteindre leurs débris épars eut
été folie. Après avoir laissé le lieutenant de Besche-Jiirgens
— 31)1 —
(Ml posle à Dji^'f^rcl r;t(lju(l;nit L;ill('m;iii(l à Liisiiii;i, LoLhairo
rentre h Nyani^'we et :i Kiisoiifi^-o.
Accoinpn^-iK' d'Henry <'t de la meilleure partie des trou-
pes, il se rend à Kal)anil)are, oii il Ir'ouve le canij) dans
un ordre |)ari'ait, sous le coiuinandement du rapitaine
Lon^'.
Lothaire, dont la révolte des Batetela a interrompu les
projets d'oceupation de Maliagi sur Je lac AIIkuI, avait
l(\s mains libres. L'expédition au lieu de redescendre
sur les Falls et de joindre la route précédemment créée
" Falls, Kilinga, Mawambi " devait joindre le poste de
Micici, antérieurement installé, et Irumu en traversant la
grande forêt équatoriale dans la direction Sud-Nord.
Une dépêche du gouvernement de Bruxelles vint inter-
rompre les préparatifs de l'expédition, en rappelant Lothaire
à Borna. Celui-ci devait se justifier de l'arrêt du conseil de
guerre, rendu le 15 janvier 1895 à Makala à charge de
Stokes.
Nous avons dit que le tribunal d'appel à Boma et le
Conseil Supérieur de l'Etat du Congo à Bruxelles approu-
vèrent complètement le jugement rendu.
Lothaire avait été nommé commissaire général le 1
juillet 1895. Il quitte Boma le 1 mai 1896, après avoir
passé plus de quatre années à ce second terme d'Afrique.
*
Il entreprend un voyage aux Indes, fin décembre de la
même année, et visite Saigon, Bangkok, Singajiour; arrivé
à Batavia, il y est l'objet d'une manifestation de sympathie
de plus de trois mille personnes.
En août 1897, Lothaire quitte l'armée et devient direc-
teur de la Société anversoise du commerce au Congo.
^La même année, les indigènes Budja ayant attaqué
— 302 —
à Diindu-Sana une factorerie appartenant à cette société
et tué les deux agents Badart et Gysens, qui l'occupaient,
avec quelques soldats d'escorte, massacrent un détache-
ment de la Force Publique, sous le commandement de
Geulemans et Kessels, agents de la même compagnie,
envoyé au secours des deux infortunés blancs.
Ces événements avaient eu pour théâtre le bassin de
la Dua (Eau noire) branche supérieure de la Mongala.
La factorerie de Dundu-Sana était située sur la rivière au
Nord-Ouest du confluent de l'Itimbiri.
Pour venger les victimes du double guet-apens des
cannibales de la Mongala, le conmianchint supérieur Fiévez
met deux cent cinquante soldats, d'un courage éprouvé,
à la disposition de Lothaire.
Celui-ci, secondé par le commandant Doorme, les lieu-
tenants Van de Bossche, De Meulemeester, Moureau et
Fabry, se dirige vers le pays des Budja, en faisant
observer à sa troupe les précautions les plus grandes
pour éviter une surprise.
Au bout de dix jours, la colonne rencontre une clairière
et s'y engage.
A peine les soldats ont-ils franchi un espace de vingt-
cinq mètres que, de toutes parts, sortent de la foret d'in-
nombrables Budja, qui bondissent sur la petite colonne;
mais les hommes sont sur leurs gardes. Ils exécutent
avec une promptitude et une exactitude mathématiques
les ordres qui leur ont été donnés ; on entend un instant
le roulement de la fusillade et l'on voit disparaître aussi-
tôt, comme par enchantement, les assaillants qui laissent
sur le terrain un grand nombre des leurs. On ne ramasse
pas moins de dix-huit cents boucliers.
A la suite de cette victoire, Lothaire reçoit l'avis que
les chefs budja sont disposés à se soumettre (').
(1) Histoire Militaire du Congo. %
— 393 —
La paix promise no dura pas longtemps (^t VKIaI dut,
lirlas! ori^anisoi' (Micorc |)lusieurs expéditions avant de
pouvoir dompter définitivement ces lÏToces cannibales.
Pendant les deux années (pTii a passées dans le hassin de
la Mon^'ala, Lotliaire inslalle les postes de Moheka,
Akula, Mumbia, Dundu-Sana, Limbanza, Budjula, Ndeket,
Mandika, j\lind)0.
Lolliaire rentre en B(îl^i(]ue (mi mai lUOO.
En 1901 il fait au Mayumbe un quatrième voyage dans
le but d'inspecter le domaine agricole que possède la Société
Agricole de Mayundje dans cette région et à Congo da
Semba.
Lotliaire est chevalier de l'Ordre de Léopold et de l'Ordre
royal du Lion, décoré de l'Etoile de service et de la
Médaille de la campagne arabe.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
Lieutenaiit-Coloiiel Bljac. L'Etat indépendant du Congo, p. 50.
Les victoires de Lothaire. (Belgifiue (.'oloniale, 1895, pp. 50 et 79
(avec carte).
Mouvement antiesclavagiste:
Chapaux. Le Congo historique diplomatique, })p. 185, 441, 627.
Henry. De Kirundu au Tanganika. (Belgi<|iie militaire, 1896).
Documents relatifs au procès Stokes et aux deux procès Lothaire.
(Mouvement antiesclavagiste, 1896).
Congo Belge, 1899, n" 1
LEROL GUSTAVE, CHARLES, ALEXANDRE.
né à Namur, le 5 mai 1858, décédé à Moiigwa Dirfî, le 15
février 1897.
Capitaine en second au 1^ régiment de chasseurs à pied,
adjoint d'Etat-Major.
Fait un premier séjour au Congo, du 6 avril 1892 au
15 octobre 1895, comme secrétaire gé-
néral du gouvernement local à Boma.
Il repart pour l'Afrique, le 19 juin 189G,
avec le grade de commissaire général,
et est désigné pour l'expédition Dhanis,
chargée d'aller occuper les territoires
que l'Angleterre a cédés à bail à l'Etat,
dans l'enclave de Lado (Expédition du
Nil).
Dhanis investit Leroi du commande-
ment de l'avant-garde.
Accompagné du sous-lieutenant Ver-
hellen et d'une escorte de trente-quatre
soldats tanganika, le commissaire général (juitte les Falls
au mois de septembre 1896, remonte l'Aruwimi en steamer
jusqu'à Yamhuya, puis, en pirogue jusqu'à Avakubi, où
Cliché de l'ouvrage de
M. Jenssen Tusch,
Skandinavcy i Congo.
il i'Oiu*(niti'(* le (M))il:iiii(' .Iuli(Mi ;i l;i K'io (Vwuc cDinpnLîiiie
(le Ilaoïissa. A Avakuhi, il ahaïKloiiiic la \()i('. Ilmialc, (;l
se (liri^'c ])ar I(MI"(' xcrs Kil()ii<4a-L()ii<^'a (Mawaiiihij, (Von
il ^aLjiu'- sii('('vssiv(Mn(Mil Iniiiiu, Ivavali. sur le lac All)(',i'L-
Ivlouard, el (Mifiii Urmiia, sur la l'ivière Duki, où il est
ivjoinl iKir U^ W Vedy et soixante brancardiers, Tagon
el soixante-huit Tanganika, Closset et soixante-dix artil-
leurs bakussu ; à Andemobe, plus au Nord la jonction
s'opère avec le premier bataillon de l'avant-garde. Celle-ci
se composait en tout de trois batailb^ns, forts chacun de
mille hommes et mis en marche dès leur formation.
Le capitaine Matiiieu se trouve à la tête du premier
bataillon, le capitaine Julien prend le commandement du
deuxième et, enfin, le troisième est confié au capitaine
Doorme.
Le gros des troupes suit sous les ordres du baron
Dhanis.
Recrutes presque exclusivement dans le Manyema et
les territoires qui avoisinent l'ancien centre de la puis-
sance esclavagiste, ces soldats avaient été instruits en
moins de trois mois, aussi étaient-ils loin d'offrir les
garanties de discipline que présentent les compagnies régu-
lières de la F. P.
Arrivé à Andemobe, Mathieu, n'ayant pas réussi à
découvrir la route qu'il avait mission de suivre, s'était
donné la mort dans un accès de fièvre chaude (3 janvier
1897).
Pendant que le malheureux ofRcier opérait son voyage
de reconnaissance, les quatre compagnies du premier
bataillon se trouvaient déjà réunies à Andemobe.
En présence de ce fâcheux événement, prélude de la
catastrophe terrible qui se préparait, Leroi assume le
commandement du premier bataillon et donne l'ordre à
Spelier de prendre la tête de l'avant-garde avec Bricourt
30G
et la troisième compagnie, et de l'attendre à Tamara au
Nord. Spelier met neuf jours à faire ce trajet. Leroi
l'y rejoint vers la fin de janvier, par la foret tropicale,
avec son escorte de soixante-seize soldats, sous les ordres
de Verhellen, le D'" Vedy et ses brancardiers, et de plus,
la première compagnie commandée par Melen et le Turc
Inver.
La deuxième compagnie suit à un jour d'intervalle avec
Tagon, Closset et ses artilleurs. Andrianne les rejoint
presque en même temps avec les Bangala.
A Tamara, Leroi aidé de Spelier établit un pont sur le
Kibali et entoure ce travail d'un ouvrage de fortification
pour en assurer la défense.
Après avoir confié la garde de Tamara à cinquante
Bakussu, commandés par un 1'' sergent elmina, le chef de
Tavant-garde se transporte vers le Nord et atteint les rives
de l'Obi, affluent de l'Uele.
Nous ne pouvons nous empêcher de reproduire les lignes
suivantes qui donnent une idée très exacte des difficultés
rencontrées au cours de cette terrible marche.
« Quand on connaît les relations que Stanley a laissées de ses
» deux traversées de la foret équatoriale en 1876, avec Tippo-Tip,
» en 1887, à la tète de l'expédition de secours d'Emin Pacha,
» on peut mesurer toute la témérité avec laquelle s'engagea par un
» pareil chemin, à travers l'inconnu, sans avoir préparé ses étapes
» et sans réserves de vivres, toute une armée de soldats noirs
» n'ayant de la discipline qu'une idée assez vague, et commandée
» par des Européens en nombre insuffisant. Tendant trois mois,
» ce fut la répétition de la marche de Stanley dans la forêt sans
» soleil et sans route, parfois inextricable, où les bataillons se
» frayaient un passage à coups de hache et où les hommes étaient
» souvent privés d'eau et mouraient de faim. Mais Stanley n'avait
» à diriger que quatre cents porteurs dociles, tandis que, cette fois,
» il s'agissait de milliers de soldats indisciplinés, parmi lesquels
— 397 —
> plusieurs bataillons do Haiotola, do cc^s rnciiuîs Hateiola «jui d(Mix
» aiiiu'cs aii[)aravant s'ctaioiit révoltés (îoiitre l'autorité do l'Ktat,
» après l'exécution militaire do leur diof (ionj^^o I^utetc (1895).
» Les rares populations de la ré{j:i()n so montrèrent hostiles, refu-
» surent do vendre des vivres, de fournir des porteurs et des
» j^uides.
» Forcés de pourvoir à la nourriture de leurs hommes, les
» officiers se virent à chaque moment obligés de livrer des coin-
» bats et de prendre de force ce qu'on leur refusait do bonne
» grâce.
> C'est dans ces conditions désastreuses que Tavant-garde arriva
» [)rès du village do Dirfi, à la frontière Nord-Est de l'hltat,
» le 12 février 1897 ('). »
Leroi s'arrête à Barranga (^) et se remet en marciie
le surlendemain (14 février).
Dans la'soirée éclate la révolte des Batetela et des Bakussu.
Les soldats de Tagon et Andrianne, qui composent l'arrière-
garde, en donnent le signal en massacrant leurs chefs.
Après ce double assassinat, les mutins se hâtent de rejoin-
dre la colonne du commissaire général et font dans ce
but une marche forcée pendant toute la nuit.
La troupe de Leroi qui est partie vers cinq heures et
demie du matin est malheureusement atteinte vers sept
heures, par les révoltés au moment où la halte du déjeu-
ner vient d'être commandée. Melen, aperçu à l'arrière-
(1) VÉlat Indépendant du Congo, par A. J. W'auters, p. T8.
(2) Village situé sur la ligne de faite qui sépare le bassin du Congo de
celui du Nil à la source d'un des afïluents supérieurs de gauche de la
rivière Yeï, l'un des tributaires du Bahr-el-Ghazal. l'n poste de l'Etat y
fut fondé par les otiiciers de l'expédition Van Kerckhoven. Dans le voi-
sinage de Dirfi se trouvent deux autres postes frontières : Magora au
Sud-Ouest et Ganda au Est-Sud-Est.
— 398 —
garde, par 1(3S inuLins csL mis on joue et tombe foudroyé.
Au bruit de la fusillade, Inver l'ait sonner le rassemble-
ment, croyant à une attaque des indigènes, mais ses
soldats, des Hakussu en majorité, mettent bas les armes
à la voix de leur chef Amondalah. Se voyant trahi,
Inver cherche son salut dans la fuite, mais s'égare dans
un marais et est frappé d'une balle dans la tête.
Au camp du commissaire général, c'est une véritable
surprise. Leroi finissait de déjeuner lorsque il entend
tout à coup siffler des balles à ses oreilles. Ses hommes
après avoir formé les faisceaux s'étaient répandus dans
la brousse. Sans perdre son sang-froid, Leroi se prépare
à la défense, mais les soldats, pris d'une irrésistible
panique, au lieu de rallier leurs chefs se répandent de
tous côtés. La situation devenant de plus en plus critique,
Leroi trahi et abandonné, n'a plus qu'un espoir: échap-
per aux balles des mutins, en s'ôlançant vers l'Ouest.
Hélas! sa résolution tardive ne peut plus le sauver. Les
révoltés se mettent à sa poursuite et tentent d'abord de
le prendre vivant, pour lui infliger les ])ires tortures.
Successivement trois des plus déterininés coquins de la
bande essaient de s'emparer de sa personne; mais Leroi,
armé seulement de son revolver, brûle la cervelle à cha-
cun d'eux. Voyant tomber trois des leurs, les autres
bandits prennent dès lors leur malheureux chef comme
cible et Leroi atteint d'une balle à la nuque, rend le
dernier soupir.
Il est dépouillé de ses vêtements et Amondalah, le
chef des révoltés, sépare aussitôt de cet horrible trophée.
L'infortune commissaire général lâchement assassine à
Mongwa Dirfi le 15 février 1897, était capitaine comman-
dant adjoint d'Etat-Major au 1'" régiment de chasseurs
à pied, chevalier de l'Ordre royal du Lion et décoré de
l'Etoile de service.
— 399 —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
L'Expédition Dhanis, (Tîtprrs \c. rrcil du liciilciianl \'i:Kfii;i,t.i:\. /'Mon
vonuMit anticscl.-ivaiiisle, 1897. p. 1().'};.
Mouvement yéogvaphitjiie, IIMK}, [». 18i).
DE LA KETHULLE DE RYHOVE,
CHARLES, EMMANUEL, EUGÈNE, MARIE, GHISLAIN,
né à Louvain le G décembre 1805, décédé à Bockr3xk
(Limboiirg belge) le 14 janvier 1903.
Lieutenant au régiment des carabiniers, il part pour le
Congo le 18 décembre 1890, en qualité de lieutenant de la
force publique et est adjoint au commissaire du district
du Stanley Pool.
Attaché à l'expédition du Haut-Uele, au mois d'août 1891,
de la Kéthulle arrive à Bomokandi le 20 novembre de
la même année et reçoit de Van Kerckhoven l'ordre de
se rendre chez le sultan Rafaï et d'explorer le pays au
Nord du Bomu.
Le 17 février 1892, il quitte l'île de Zokelé, près de
Bomokandi et descend l'Uele en pirogue jusqu'à la Bima.
Le 26 février, il atteint Djabir, où le docteur Van
Gampenhout, chef de la station, lui fournit les moyens
de continuer sa route vers Yakoma, avec Bukwa, chef
des Bokassi.
Remontant le Bomu, de la Kéthulle va rejoindre le
commandant G. Le Marinel à Likassa, après avoir con-
tourné les chutes Hanssens, par voie de terre, à Oangou.
Jl^^
DE LA KETHULLE DE RYHOVE Charles.
(Cliché de la Belgique coloniale).
— loi —
I.e MariiK'l (M de lu Kf-lliiillc se ifuidciil en deux joiii's
;i Hang^asso on j)assan(, i)iv.s du coidliiciil du I>ali; ol se
portent vers reniI)ouehui'(^ du Sliiidvo.
A Kende-K(Mi<4(), de la lû'dhulle se dii'i^e par terre ctiez
les ehel's Handjia Sinia et iM'Bonïe. Il atteint les chutes de
N'Gufuru 1(» 1 avril ; les pirogues l'euiises à Teau au-delà
des chut(^s, il arrive à Sandu, au conlluent du Shinko,
après deux jours de ]uivi«^ation (1'* 49' 30 de latitude
nord et 21'' 5' de longitude).
Les peuples riverains sont des Sakara et des Handjia.
Le sultan Rafaï se rend à Sandu, au devant des voya-
geurs.
De la K('thulle avec son escorte de dix-liuit hommes,
accompagne le sultan à la future résidence. Il y admire
la parfaite tenue des troupes du sultan. Rafaï, village de
vingt-cinq mille âmes, compn^nd la zériba fortifiée du
sultan. Celui-ci, ainsi que Sémio et Djabir, a adopté
la religion musulmane, parce que leur pays a été soumis
à la domination égyptienne et a de fréquents rapports
avec Zibber, Idris et les trafiquants arabes du Wadaï et
du Ghad. Rafaï fait sa soumission à l'Etat et signe un
traité d'alliance; il y voit une protection contre de
nouvelles attaques des Madhistes. Rafaï exerce son auto-
rité sur les Bandjia installés entre le Bomu, l'Uara-Babado
et le Shinko, et sur les chefs Abanda établis au nord du
Babado, ainsi que sur certains chefs Sakara.
Pour occuper ce vaste territoire, de la Kéthulle fonde
avec l'aide du lieutenant Stroobant (qui a été mis à sa
disposition avec vingt hommes, par le commandant Hano-
let), le poste de Sandu, au confluent du Bomu et du
Shinko, et celui de Darbaki, au confluent des rivières
N'Gana et Atangon, affluent de droite du Shinko. De
plus, de la Kéthulle installe une résidence de l'Etat à proxi-
mité de la zériba Rafaï et un poste à Dinda, au con-
— J02 —
fluent du r)0]])u ot de l'Uara, pour contenir les Akaré,
établis sur la rive gauche de l'Uara.
Ensuite delà Kéthulle se rend, le Ornai 1892, à Sémio.
Au-delà de l'Uara, le pays est occupé par la population
akaré, de race iniV'iieure. 11 arrive le 14 mai au poste
de Sémio, t'ond('' par Milz, et y reçoit des émissaires du
sultan Sassa, qui sollicite sa visite.
A son retour à Uafaï (30 mai), de la Kéthulle reçoit
la visite de plusieurs chefs abanda et kreisch, peuples
habitant au Nord du Babado, et conclut avec eux des
traités, les plaçant sous le protectorat de l'Etat. Il établit
des postes provisoires dans leur pays.
En octobre 1892, le drapeau de l'Etat flotte donc:
dans le territoire bandjia: à la résidence de Rafaï eX
aux postes de Sandu, Darbaki et Dinda;
dans le pays Abanda : chez les chefs Sango, Yanguba,
Zwarra et Yangon ;
dans le pays kreisch: chez les chefs Bandassi, Alewali,
Renogo, Kerenguegui et Méréké.
Le domaine de l'Etat s'étend donc au Nord jusqu'au
8" de latitude nord.
En décembre 1892, de la Kéthulle se rend avec une
forte troupe fournie par Rafaï, et en compagnie de ce
dernier, vers le Nord-Ouest. Il atteint Adio, sur le Shinko,
qu'il traverse, puis la rivière Taketiri. Le 19 décembre
il arrive à Darbaki sur la N'Gana, et y reçoit la soumis-
sion de nouveaux chefs sakara.
Après avoir passé la rivière Bongou et le village de
Depala, il campe à la rivière Yambara, aftluent de
l'Abangu. Ce pays est dévasté par les bandes de Zibber,
marchand soudanais, opérant dans le Dar-Fertit, le Bahr-
el-Ghazal et le Dar-Banda.
Longeant l'Abangu, l'expédition se dirige vers le Nord-
Est, par un pays inexploré et franchit la ligne de partage
des eaux de la N'Gana et du Shinko, pour atteindre les
— -103 —
i'ivi("M'(^s Knl)ii, Haii/(Mi^() cl l)iii<4a, ailhiciils du vShinko.
Puis, oll(^. trnvoi'so la \\'ainiiia cL Je Talara cl cam})0 sur
la rivirre (ailinia.
\.o 2U, (1(^ la K(Uliulle arrive à pi'oximiU'^ de Yangou où lo
clief lui l'ail un accueil 1res cordial. IMusieurs chefs Abanda
se joignent à rexixMlition. De la KélliuUe envoie des
émissaires aux chefs vidra.
Aclnnet (lurun, cIk^J" d(^. Kaluaka, et Hesseim, chef
d'IIoflVah-en-Nahas, lui dépêchent des délé<^ués.
Se dirif2:eant vers Je Bali, l'expckiition traverse la Genza,
et trois alHuents du Tatara. Au pays des Aja, de la
Kéthulle ai)prend que les Vidra établissent des embus-
cades. Il marche vers l'Ouest-Nord-Ouest, traversant de
nombreux afHuents du Tatara, puis passe à gué cette
dernière rivière.
Etant entré dans le bassin du Bali, il reconnaît cinq
affluents et arrive au village de Baraka, abandonné et
incendié par les Vidra. Une attaque des Vidra est repous-
S('e. Ce peuple absolument primitif et anthropophage évite
tout contact avec les étrangers.
Le Bali est passé à gué ; et la caravane arrive le
11 janvier 1893 à Songo, village également détruit par
ses habitants. Un poste y est établi.
De la Kéthulle se proposait de visiter le Sabanga et le
Kotto supérieur, lorsqu'il reçoit la visite du commandant
Balat, chef du territoire Ubangi-Bomu, qui lui exprime l'in-
tention d'entreprendre lui-même l'exploration projetée. De
la Kéthulle, arrivé aux confins du Darfour, retourne donc
à Rafaï le 7 avril et durant le projet du retour rencontre
dans le paj^s des Aja, le cheik Fekhi-Ibrahim, trafiquant
arabe du Wadaï, envoyé du Sultan Yusef. Ces Arabes
venaient régulièrement acheter de l'ivoire et des esclaves
pour les marchés du Wadaï et du Bornou.
*
* *
— 104 —
De février à juin 1893, de la Kélhulle fait avec le
commandant Nilis, une excursion dans le Nord. Ils
quittent Rafaï le 8 février et traversent successivement
les rivières Karanba^^o, Makoro, N'Goli, Bendan, IN'Dimo,
Bafoué, M'Bali, Sué, Kaya, Soumangué, Lo^o, N'Doro,
N'Goussu et Inoaïa, affluents du Shinko, puis divers
affluents du Woworro, enfin cette rivière elle-même.
Après trente-deux heures de marche, l'expédition atteint
le villag-e important de Sango où quelques chefs gabou
se présentent.
Marchant vers le Nord, elle atteint après huit jours de
marche la zériba Gapsul, puis passe le Shinko (Kpakpe,
ou Papervveer de Junker) pour gagner la zériba Bandasi,
par environ 7" de latitude nord. Au cours de ce trajet
elle traverse de nombreux afïluenls du Woworro et du
Shinko. La zériba Gapsul est située dans un entonnoir
de montagnes ayant une élévation moyenne de cinq cents
mètres.
En quittant Bandasi vers le Nord-Nord-Ouest, l'expédi-
tion traverse, entre le M'Boulou et le Koto, un vaste
plateau et une plaine herbeuse, puis passe dans le bassin
du Koto en vue des monts Giatta (environ six cents
mètres), qu'elle franchit pour rencontrer le Vua, affluent
de l'Abangu. p]nfin elle pénètre dans le bassin de l'Ada,
sous-affluent du Nil. L'Ada constitue le cours supérieur
du Bahr-el-Arab. Un poste y est établi à trois lieues au
sud, à Ivatuaka par 8''48 de latitude, c'est-à-dire à six
cent cinquante kilomètres en ligne droite de Djabir. Gette
contrée n'a jamais été explorée.
Le chef Achmet Gurim, a arboré le drapeau de l'Etat
que de la Ké'thulle lui a remis quelques mois auparavant.
Ici l'élément arabe domine.
Au nord de Katuaka se développent les monts Kaïa et
Gawaga et au loin les monts Merdjéné, ces derniers offrant
une altitude de neuf cents mètres.
— 105 —
Au mois (1(^ juin IcSlK), de; i;i lû'lhulUî ix'lounie uu})rùs
(lu sullan Hnl'îiï et se rond de h'i |);ii" Diiidn cl le pa.ys
des Bandjia, à Djabir. l^]n coui's de roule il franchit la
livière Danton et le (Uui^ou, alllucMil, du I>ili, ainsi que
celte dernière rivière. Le i() juillet, il arrive à Djahii'.
De la lû'thulle résume comme suit son impression sur
le pays où il a séjourna':
4. Je garderai de mon séjour chez Rafaï l'un des meil-
V leurs souvenirs de ma vie. Je m'étais attaché à son
» peuple et à son pays et je conserve pour tous ces noirs
n enfants de l'Africfue une estime et une sympathie |)ro-
« fondes.
r? Accompagné de mes excellents camarades, Ilecq et
« Jac({uemin, suivis de mes soldats et du personnel de
« la station, je passai devant le front des troupes; les
n soldats présentèrent les armes et les drapeaux bleus
« étoiles d'or s'inclinèrent à notre passage.
w Lorsque le sultan me donna la dernière aubade, en
« me souhaitant un heureux retour en Europe, je vis bril-
V 1er des larmes dans ses yeux; mes larmes étaient aussi
« montées de mon cœur à mes paupières et je sentais
« que mon émotion était partagée par tout ce monde dont
« j'étais l'ami, et que tous ces cœurs, ces braves cœurs
» battaient à l'unisson du mien. »
De la Kéthulle rentre en Europe le IG novembre 1894,
mais repart le 6 novembre 1895, comme commissaire du
district des Bangala.
Elevé au grade de commissaire général, de la Kéthulle
s'embarque une troisième fois le G juin 1898 pour prendre
le commandement le camp d'Umangi.
Pendant ce séjour, il vole au secours des Belges cernés
par les Budja.
Rentré en Europe le 26 juin 1901, il meurt à Bockrj^ck
le 14 janvier 1903.
De la Kéthulle était capitaine- commandant au régiment
400
des grenadiers, chevalier de l'Ordre, royal du Lion et
décoré de l'Etoile de service.
PUBLICATIONS:
Le pays des Niams-Niams. Conférence faite à la Société royale de
(ilêogra[)hie crAnvers. l'ulletin, t. XXI, p. 141.
Deux années de séjour chez le sidtan Rafaï. (Bulletin de la Société
belge de (iéographie. 1895, p. 397j.
De V Uele à la frontière du Darfour. (Mouvement géographique, 1894,
p. 101).
Le Sultanat de Rafaï. (Congo illustré, 1895, p, 149).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Wauters. L'Elat Indépendant du Congo, })p. 74, 75, ^2., 343.
Chapaux. Le Congo historique diplomatique.
Mouvement géographique, 1894, p. 101 et 1903, p. 33.
Les explorations Nilis et de la Kéthulle. Observations G. Lemarinel,
Roget et Purdy.
Congo illustré, 1895, p. 65.
BOLLE, Arthur.
BOLLE, ARTHUR, JOSEPH, GHISLAIN,
né à Villers-Potterie le 3 novembre 1802.
Géomètre du cadastre.
Part une première fois pour le Congo en mai 1887. Il est
nommé conservateur des titres fonciers le 3 janvier 1888
et organise le service du cadastre de l'Etat.
Lève le cours des rivières du Maj^umbe : Lukula,
Lubuzi et Shiloango, et dresse un itinéraire côté du con-
fluent de la Lukula et du Shiloango jusqu'à Boma.
Il rentre en Europe en juin 1890, et est nommé chef de
bureau à l'administration centrale.
Pendant son deuxième séjour en Afrique, de 1891 à
août 1893, il remplit les fonctions de directeur des finan-
ces, et organise la perception des droits d'entrée fixés par
le protocole de Lisbonne du 8 avril 1892.
Il ramène à la côte orientale un contingent de Zanzi-
barites.
A sa rentrée en Europe il est nommé chef de division
à l'administration centrale.
Bolle retourne au Congo le 6 juillet 1894, comme directeur
— 408 —
général des transports, des travaux: publics et de la marine
et crée les stations de Lufu, Kimpesc et Tuniba. Fait un
voyage d'inspection pour le département des Finances jus-
qu'à Goquilhatville.
Est promu sous-directeur de l'administration centrale
du département des Finances.
Le 6 mai 1898, Bolle repart une quatrième fois, comme
commissaire général du district du lac Léopold II et
remonte, en 1898, le Kiri et le Pasha; il reconnaît l'iiin-
terland est du lac Léopold, compris entre la Lukenie et
le Kiri.
Il rentre en Belgique en 1899 et est nommé directeur à
l'administration centrale du département des Finances.
Il est chevalier de l'Ordre de Léopold, officier de l'Ordre
royal du Lion et décoré de l'Etoile de service à trois raies.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, p. G30.
VAN DORPE, JULES, LÉOPOLD.
iK' à Deynze Je 12 novembre 185G, décédé à Menton le
30 décembre 1902.
S'engage au 3^ régiment de chasseurs à pied en 1872
et est nommé sous-lieutenant en 1882, lieutenant en 1885.
Lieutenant adjoint d'État-Major au 14^ de ligne, il part
pour le Congo le 15 avril 1888 comme capitaine de la
F. P. et commissaire de district de deuxième classe.
Commissaire du district de Lukungu, en 1890, il orga-
nise un service de recrutement de porteurs entre Matadi
et Stanley-Pool.
Van Dorpe rentre en Europe le 6 juin 1891, mais re-
tourne en Afrique dès le 6 novembre 1891. Il réside à
Matadi, où il occupe les fonctions de commissaire de
district de première classe.
Revenu en Belgique le 16 septembre 1894, il donne, dans
le courant de l'année 1895, des conférences de propagande
africaine à Bruxelles, Bruges, Saint-Nicolas, Anvers, Lierre,
Gand, Diest et Uccle.
Le 6 juin 1895, Van Dorpe reprend une troisième fois le
— 410 —
chemin de la terre africaine qui exerce sur lui une attrac-
tion magique. 11 est invesli du haut grade de commandant
en chef de la F. P. et remplit ces fonctions jusqu'au
12 juin 1898, date de son retour en Belgique.
Nommé commissaire général du district des cataractes,
Van Dorpe fait un dernier séjour au Congo de 1808 à
1901.
Il meurt à Menton le 30 décemhre 1902.
Van Dorpe était capitaine-commandant adjoint d'État-
Major au 8^ de ligne, chevalier de l'Ordre de Léopold et
de l'Étoile africaine, officier de l'Ordre royal du Lion,
décoré de l'Étoile de service et de la Croix militaire de
deuxième classe.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— Chapaux. Le Cot^go Jiistorique, diplomatique, p. 182, 435. 623.
FOULON, FÉLIX, JOSEPH,
né à Vyle-Tliaroul (Liège) le 14 mars 18(34.
Lieutenant au l'''' n'^giment de ligne à Gand.
Il part pour le Congo le 3 septembre 1890 et est désigné, à
son arrivée à Borna, pour être attaché au commissaire de
district du Stanley-Pool, l'ingénieur Van den Bogaerde.
Le 28 octobre 1891, il accompagne l'expédition Van Kerck-
hoven vers le Haut-Nil jusqu'à Niangara (Haut-Uele) et est
chargé d'une mission dans le Bahr-el-Ghazal le 1 mars 1892.
Les Français ayant pour objectif l'occupation de la
vallée du Bomu, assurée à l'Etat par des traités conclus
avec Semio et Rafaï, nourrissaient le projet de se porter
vers Lado. Dans le but de les contraindre à remonter
vers le Nord-Est et vers le pays des Kreisch, Foulon est
chargé de négocier des traités avec les sultans Sassa et
Tombura et d'obtenir le protectorat sur les populations
environnant Dem Zeber. Le jeune officier belge a pour
instruction de n'abandonner son poste qu'en cas d'absolue
nécessité et de tâcher de se fixer à Meshra er Rek, sur
le Bahr-el-Ghazal, pour contester aux Français la posses-
sion des paj^s Dinkas et Bongos.
Pour exécuter cette périlleuse mission Foulon ne dispose
que d'une escorte de six soldats réguliers !
— 4J2 —
Il (juittc Niaiignra en murs 1892 et se rend d'abord
chez Semio. Le l mai, il se porte vers le Nord avec cent
(juatre-vingts porteurs, suivant sensiblement la route de
Junker et obtenant la soumission des chefs indigènes.
Ayant atteint Dem Zeber, l'ancien chef-lieu de la province
du Bahr-el-Ghazal, il se dirigeait vers Meshra er Rek,
lorsqu'au moment d'atteindre cette ville il est abandonn(^
par ses porteurs et forcé de se replier jusque chez le
sultan Semio.
En octobre de la même année, il entame des négo-
ciations avec Sassa, dans l'espoir d'obtenir son aide pour
s'avancer jusqu'à Meshra er Rek. A ce moment, il con-
clut des traités avec les sultans Inidzignino, Mopoïe et
Tombura, mais reçoit ordre de revenir sur ses pas et
rentre à Djabir le 15 mars 1895, par suite du traité
franco-congolais qui assurait à la France la possession de
tous les territoires au nord du Bomu.
Foulon prend le commandement de la zone Rubi-Uele et
revient en Europe le 27 février 189G.
Il repart pour l'Afrique le 6 novembre 1897 et est
désigné pour commander le district du Kwango-Oriental.
Il rentre en Belgique le 2 novembre 1899.
Au cours de sa carrière africaine, Foulon a obtenu le grade
de capitaine le 6 août 1892; de capitaine commandant de
deuxième classe le l'' juin 1894; de commissaire de district
de première classe le l'' novembre 1895 et enfin celui de
commissaire général le 1'' mars 1899.
Il est capitaine commandant d'infanterie (en retraite
pour infirmités contractées au Congo), chevalier de l'Ordre
royal du Lion et décoré de l'Etoile de service à deux-
raies.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— Indépendance belge, 26 mai 1904.
VERSTRAETEN, antoine,léon, marie,
CORNEILLE,
né à Mali nos le 3 mai 1803.
Sous-lieutenant au régiment des carabiniers, il part pour
le Congo le G décembre 1891, et est désigné ])our l'expé-
dition du Ilaut-Uele. Il commande la zone Uele-Makua
et crée le poste Assanga-Popo sur la rivière Bomokandi,
à trois journées de marche au sud de Niangara, poste
qui a été supprimé peu de temps après, pour des raisons
politiques.
Durant la dernière année de son séjour, Verstraeten
crée et commande le poste de Poko établi sur le Bomokandi,
pour parer aux incursions des Madhistes, signalés comme
venant de l'Est et des Arabes venant du Sud.
Verstraeten rentre en Europe le 28 janvier 1895, mais
repart le 6 juillet de la même année pour prendre le
commandement de la zone du Rubi-Uele. Pendant ce séjour,
il fonde les postes de Buta (point terminus de navigation
de ritimbiri) et Libokwa sur la Bima ; ouvrant ainsi une
nouvelle voie de communication Buta-Libokwa-Bomokandi.
Il revient en Belgique le 30 avril 1807, mais retourne
— 414 —
une troisième fois en Africfiie, le G avril 1898, comme
commissaire intérimaire de i'Uele.
11 ouvre une nouvelle route des caravanes entre le
point terminus de navigation de l'Itimbiri et Nianprara
sur rUele-Makua. A cet effet, il fonde le poste de Zobia
mettant ainsi en communication et reliant les postes :
Buta-Zobia-Poko et Niangara.
Verstraeten est nommé commissaire général du district
de Uele, le 7 août 1899.
Au commencement de 1900, les Azandé s'étant révoltés
et les différentes voies de transport étant sérieusement
menacées, une opération de guerre avait été décidée
contre le sultan Enguetra et ses vassaux. C'est au capitaine
Verstraeten qu'es^t dévolu le soin de la mener à bonne fin.
Les tribus azandé et ababua sont les plus sauvages,
les plus hardies, les plus rebelles de l'Etat. Se battant par
amour de la guerre, elles ne se résignent pas aux travaux
qu'on leur impose. Répandues dans une région où l'Etat
a des postes très importants à ravitailler, il était nécessaire
que ces tribus aidassent à assurer les communications et
les transports.
Verstraeten organise son expédition dans le courant de
février 1900; le 21 février, la colonne, forte de deux cent
quatre-vingts soldats, est concentrée au poste d'Enguetra.
« En février-mars 1900, dit la Belgique inUitnlrc (i), \'er-
» straeten écrase les féroces Azandé révoltés. Verstraeten a sous ses
» ordres quatre sous-lieutenants: Tilkens, Ilutereau, Lespagnard,
» Landeghem, ainsi qu'un médecin italien Casalini. Pondant neuf
» jours et neuf nuits, ils combattent contre des ennemis invi-
» sibles. Il faut avancer dans la forêt en demeurant constamment
» en carré. Au centre, se trouvent les bagages et la tente du
» commandant, derrière le centre de chaf^ue face du carré les
(1) Belgique militaire, 1902, n" 1597.
— HT) —
t(Mit(»s (It^s ('hors (l<^ pelolons et, à (iiiel'jues {)as en avant des
» côtés (in cari'é, un cercle [)()ur ainsi dire ininterrompu de sen-
» tinelles.
» Les attaques des Azandé sont imprévues, foudroyantes. Brus
» quement ils assaillent les faces du carré en faisant de nombreuses
» victimes. Parfois, après une fusillade nourrie, on les croit en
» retraite et leurs projectiles, passant en travers les feuilles, frappent
» de mort une sentinelle. Ils ne cessent de rôder à la faveur des
» ténèbres autour du carré expéditionnaire, si près que le commandant
» Verstraeten les entend répéter ses propres commandements et
» le railler et le menacer. C'est hors de la foret que Verstraeten
» et ses hommes parviennent, en une lutte acharnée, à abattre
» ces redoutables ennemis. »
Verstraeten rentre en Belgique le 24 avril 1901.
Il est actuellement capitaine commandant au régiment
(les carabiniers, chevalier de l'Ordre royal du Lion, décoré
de FEtoile de service à deux raies et de la Croix militaire
de deuxième classe.
PUBLICATIONS
Les communications avec VUele. (Belgi<iue coloniale du 23 ao.\t 1833
p. 410).
Nouvelle route entre Ibembo et le Haut-Uele. (Belgique coloniale du
25 octobre 1896, p. 517).
Le pierre à chaux. fT^elgi(iue coloniale du 15 novembre 1896).
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
Histoire militaire du Congo. A. Le Jeune, p[). 209 et suivantes.
It*:
HENRY, JEAN. BAPTISTE, JOSUÉ,
né à Bolian sur Semois, le IG décembre 18G9.
Engagé à Tâge de quinze ans au 2^ régiment de chas-
seurs à pied, il passe successivement par les grades de
caporal et de sergent avant d'entrer au cours central,
puis, à l'école militaire, où il est admis le 2 décembre
1889.
Nommé sous-lieutenant au 2^ régiment de chasseurs à
pied, le 14 d('cend)re 1891, Henry s'engage au service de
l'Etat Indépendant du Congo, le 6 octobre 1892, comme
sous-lieutenant de la Force Publique.
Il réside d'abord à Bonia.
Campagne Arabe.
Lors des premiers événements arabes, Ilenr}' est, à sa
demande, désigné pour le camp de Basoko. Parti de Léopold-
ville le 26 avril 1893, il débarque à Buniba pour y attendre
le passage d'un bateau (pii le conduira à sa destination.
Mais, le 18 mai, il apprend ({ue la station des Falls est
menacée d'une attaque par les Arabes. Il part aussitôt en
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iillè^'C [wcc le snr^-(MU Jacob (M un cliargenieiil de cai-loii-
clies. 11 ai"riv(* à Hasoko juste à temps pour s'embarquer
à ])()r(l (h' la P)'i>icrsse Cln/fc^iflifc, avec l'inspecteur d'Etat
l'ivé (^t le commandant Daenen, en destination des Stanbn--
Falls.
1mi cours de routes il pn^id part, sous les ordres de
l'ivé, à diverses oi);''rations militaires, dont la principale
esl le combat de la Romée, livré le 23 mai 1893, suivi de
la i)rise de l'importante ville arabe de même nom.
Le 1 juin 1893, Henry avec le brave sergent Rue et
cinquante soldats quittent Falls, i)ar ordre de Fivé, pour
o[)érer une reconnaissance ayant pour but la découverte
du camj) arabe, formé par les anciens résidents d'Isanghi,
de Cliibu et de la Romée, et que l'on soupçonnait être
établi entre le Lomami et le Congo. Eventuellement, il
devait coopérer aux opérations que le capitaine Marek,
parti de Kayund30, sur le Lomami, à la tête d'un fort
détachement de troupes, devait entreprendre contre ce camp.
Henry surprend la ])osition ennemie à la fin de la journée
et l'attaque avec une telle imi)étuosité, (|ue les Arabes,
croyant avoir devant (mix des forces considérables, s'en-
fuient en désordre, les derniers massacrant les premiers
])our sortir plus vite. Henry, à la suite de ces événements,
est porté à l'ordre du jour i)ar son chef.
Le jeune sous-lieutenant part des Falls le 28 juin 1893
pour faire, sous les ordres des commandants Ponthier
et Lothaire, la campagne de Kirundu contre Kibonghé.
H prend part aux combats de Kewe, de Kissubi, de
Bamanga, à la prise de Kirundu, à la prise du camp de
Mohamed Turki, aux combats de Kima-Kima et d'Utia-
Motungu, respectivement les 1, 2, 3, 8, 9, 10 juillet et
() août 1893.
* *
— 418 —
A la fin de l'année 1893 les Arabes du Manyema
ayant repris l'offensive, Dhanis, privé de deux de ses
adjoints: Ponthier et de Heusch tués à l'ennemi, était
tenu en échec par les forces considérables de Rumaliza.
Dans une conjoncture aussi alarmante, Dhanis envoie
un appel pressant à Lothaire: celui-ci n'hésite pas, se
met immédiatement en marche avec trois cents soldats,
trouve à Kirundu Henry, qui lui propose de l'accompagner,
Le 8 janvier 1894 tous deux font à Bena M'Soa leur jonction
avec le chef de la campagne du Manyema. Dhanis remet
à Lothaire le commandement des troupes.
Henry, à qui Lothaire confie le poste difficile et péril-
leux de chef de l'avant-garde, a relaté dans une brochure
intitulée De Kirundu au Tanganika toutes les péripéties
de cette mémorable expédition: l'écrasement à Bena Kalonda
des forces de Rumaliza, la poursuite du fameux potentat
arabe, la prise de Kabambare et de Songhera, la marche
pénible de nos troupes jusqu'au Tanganika et enfin la
capture des principaux chefs ennemis (').
La part prise par Henry à ces derniers événements
aurait déjà suffi à mettre en relief sa brillante carrière
africaine; mais une destinée plus glorieuse lui était réservée
et dès lors nous allons retrouver son nom mêlé aux
principaux épisodes de l'histoire militaire du Congo.
Expédition de l'Ituri.
Nommé lieutenant de la F. P., le l^"" janvier 1904, Henry
accompagne le commandant Lothaire dans son expédition
vers rituri, organisée dans le but d'occuper toute la partie
orientale de l'Etat et de s'emparer de Kibonghé, qui
avait échappé au désastre de Kirundu. Lothaire remet dere-
chef à son adjoint le commandement de l'avant-garde.
Henr}^ profite de sa nouvelle situation pour fonder les
(1) Voir notice Lothaire.
— 110 —
posles de base de l'expédilioii, pour parcourir, en tous
sens, la vaste contrée qui s'étend de Kirundu au Mont
Ruwenzori. Cette contn'e n'avait encore été traversée que
par Emin Pacha (') jusque Kinéna. Il en dresse une
carte très complète.
C'est au cours de cette expédition, qu'Henry s'empare,
à la Lindi, de Kibonf^'hé, le redoutable chef arabe, qui
s'était retiré et fortifié en ce point après sa dernière défaite
à Utia-Motungu, sur la Lowa. Kibonghé est exécuté. L'exa-
men de ses papiers prouve que Stokes a eu avec lui
des relations criminelles.
Henry capture, quelques jours plus tard, le 3 janvier 1895,
près de la Lenda, l'ex-missionnaire, complice de l'Arabe.
Stokes venait avec mille hommes, délivrer ce dernier et
avait, à cette fin, fomenté le massacre de trente soldats qui
gardaient Kibonghé, en attendant l'arrivée de Lothaire.
Lutte contre les Batetela révoltés de Luluabourg.
De retour aux Falls, le 9 octobre 1895, Henry s'apprêtait
à descendre vers Boma et à rentrer en Belgique, prendre
un repos bien gagné, lorsqu'il apprend, à son arrivée,
les plus douloureuses nouvelles : une révolte militaire
avait éclaté à Luluabourg; les mutins marchaient triom-
phalement sur Nyangwe, en ralliant toutes les garnisons
qu'ils rencontrent; beaucoup d'Européens avaient trouvé
la mort en les combattant sans succès. Lothaire était
parvenu à les arrêter dans leur marche victorieuse, mais
il avait été grièvement blessé dans un combat.
N'écoutant que la voix du devoir et de son dévoùment
absolu à l'Etat, Henrv abandonne la route du retour en
Europe pour marcher sur Nyangwe avec trente soldats
d'une fidélité et d'une valeur éprouvées, qui venaient de
faire avec lui une campagne de trois ans. Il s'avance
(1) Assa.sHinè à Kiiiéiia, par ordre do Kibonghé, le 24 ou 24 octobre 1892.
— 120 —
jour et nuit, par eau et par terre; le 31 octoJjre il est à
Nyangwe, le 3 novembre à Lusuna, où il apprend p;ir des
fuyards ({ue les lieutenants Collet el De Lava, avec les
sergents Heyse et Casiman, ainsi que (juarante soldats,
([ui tous rejoignaient Lothaire, venaient d'être massacrés
à six lieues environ de Lusuna, sur la route de Dibué.
Les communications avec Lothaire étaient donc coui)ées.
Mais où ('tait le commandant? (]elui-ci avait trop l'expé-
rience des choses d'Afrique pour s'être laisse^ battre ou
surprendre. Il se trouvait donc dans les environs de Lusuna
puisque les dernières nouvelles reçues de lui annonçaient
qu'il marchait de Gandu sur Dibué. Il était urgent de
porter secours à nos quatre malheureux compatriotes et
à leurs soldats; peut-être n'(Haient-ils pas tous morts. Il
est toutefois impossible obtenir le moindre renseignement
sérieux, car le pays est devenu complètement désert et
les deux ou trois Arabes ou arabisés qui sont encore à
Lusuna, sont prêts à la trahison, sans doute, si leur
intérêt les y porte. Henry met ses hommes au courant
de la situation et leur dit qu'il faut continuer la marche
vers Dibué pour secourir leurs infortunés camarades, s'il
en est temps encore. Pas un n'hésite, pas un ne songe
au retour à Nyangwe pour échapper à un désastre presque
certain. Leur réponse est: « nous sommes tous prêts à
mourir avec toi s'il le faut»; elle donne une idée de la
grandeur et de la beauté de leurs sentiments ; elle prouve
aussi qu'ils avaient une notion très nette de leur situa-
tion et témoignait d'une grande confiance dans leur jeune
et brillant chef.
De Lusuna vers Dibué, la marche est j)rudente, car des
balles d'Albini sifflent de temps en temps au-dessus de la
vaillante petite troupe qui est ainsi constamment en
alerte. Ces tireurs invisibles, sont-ils des mutins ou des
indigènes? Tout le monde est convaincu que ce sont des
indigènes, qui ont sans doute participé au pillage de la
— 121 —
cnrnvano Collet. Dnns tons les cas la colonne est suivie
et guettée. Quelques (''cliai)[)és au massacre sont ralliés
avec une extrême prudence, car on voyage à travers les
•xuets-apens et la trahison. Le soir, on campe en cercle
en un point favorable à la défense. Personne ne i)ense
à dormir.
La petite caravane arrive le 7 novembre à l'endroit où
Collet a été attaqué. Il n'y a plus, hélas! aucun espoir
à avoir pour lui, et, preuve horrible, deux têtes d'Euro-
péens, méconnaissables, tant elles sont mutilées, gisent
sur le chemin, entourées de quatre têtes de soldats. C'est
un défi dont la signification: « On va vous en faire autant «.
est si claire pour tous, que les soldats tendent le poing
vers l'ennemi invisible et qu'ils profèrent spontanément
d'une voix énergique cet autre défi: ^^ Qu'ils viennent «.
Lentement la lugubre trouvaille est emportée vers un point
dominant où on s'apprête à toute éventualité.
Henry a pour tout bagage deux couvertures de laine,
deux draps de lit, et quelques légers vêtements; le tout
réuni en un petit paquet est porté, à tour de rôle, par
un soldat. Les six têtes sont ensevelies dans les draps de
lit, puis fraternellement inhumées à côté l'une de l'autre,
au pied d'un palmier ([ui est au centre d'un cercle dont
la circonférence est formée par trente soldats, prêts non pas
à tirer une salve d'honneur, mais à répondre de façon
énergique au macabre défi qu'ils viennent de recevoir.
Quel pays propice aux surprises et aux embuscades!
Le sol est partout couvert de palmiers élaïs peu élevés
et de brousse haute et épaisse; il est impossible de voir
à plus de dix mètres devant soi.
Mais il faut se remettre en marche avec plus de précau-
tions que jamais. Des reconnaissances sont constamment
envoyées en tous sens pour déjouer un guet-apens probable.
Puis tout-à-coup, à l'avant-garde qui marche à vingt-cinq
mètres en avant de la colonne, retentit le cri de: halte-là!
— 422 —
Nouvelle alerle. Vite on dégage le chemin qui est en
tonnelle le long d'un ruisseau, pour gagner un point
d'où l'on verra clair. Le sergent Djoko, vieux roujjlard,
a sans doute flairé l'embuscade attendue; l'ennemi n'aurait
su mieux choisir la place, car, en ce moment, les
soldats se trouvaient engagés dans une vraie poterne
végétale, comme des termites dans leurs galeries. Le
cri de halte-là est suivi d'un court dialogue, et celui-ci,
d'exclamations folles dans lesquelles on ne dislingue bien
nettement que des: Ah, Djoko! ah, Zonga ! Ce nom
de Zonga est une révélation, et en moins de quatre
secondes celui qui s'appelle ainsi est apporté en triomphe
aux pieds de Henry. C'était.... un courrier de Lothaire.
Au cri de halte-là! prononcé par Djoko, le sergent Zonga
avait reconnu la voix de son frère et était venu se jeter
dans ses bras après lui avoir fait entendre les paroles de
ralliement en usage dans leur pays d'origine. Alors, avec
volubilité, Zonga raconte que Lothaire a écrasé les révoltés
à quatre ou cin([ lieues du point où l'on se trouve et
que les fuyards se sont retirés vers le Sud et vers l'Est.
Après avoir goûté un moment de joie intense et légitime,
par cette bonne nouvelle, la petite troupe reprend sa
marche. Elle a des ailes cette fois et arrive bientôt au
camp de Lothaire où l'on fête son arrivée et la victoire.
Lothaire et Henry, après avoir poussé une reconnaissance
jusque Kabambare, en compagnie du capitaine Bastien, qui
est chargé de rester en ce point prennent ensuite, cette fois
définitivement, la route de Boma pour retourner en Europe.
Promu capitaine, puis capitaine-commandant de seconde
classe de la F. P. le 2 novembre 1895, Henry, qui déjà ne
compte plus ses succès en Afrique, rentre en Belgique
le 23 mai 18%.
Il reçoit en récompense de ses services signalés la croix
de chevalier de l'Ordre royal du Lion, l'Etoile de service
et la médaille de la campagne arabe.
Expédition vers le Nil. Pcursuite des rebelles.
Dès le () (l('H'onil)i'(» l.S<.)<», HcMirv rcpiirt |)()ur le tlirâlnî do
ses récents et brillanls exploits avec le lîTade de caf)itainc-
commandaiit de première classe. Il est désigné pour l'ex-
pi'dition du baron Dhanis et rejoint son chef à Avakubi
dans les i)lus douloureuses et incpiiétantes circonstances,
le 1 avril 1897.
r* L'avant-<;-arde i\c l'exi^Mlilion s'est n^voltce et a inas-
sacn» ses chefs européens. Les révoltés sont de même
race que ceux de la sédition de Luluabour<:j;-: Batetela,
Baluba, Maléla, Bakussu, Wabudjwé, Tan^^^anika. Les blancs
tués par eux sont: Leroi, Inver, Mellen, Andriane, Tagfon
et Glosset.
2^ Les troupes restées fidèles ont essuyé une sanglante
défaite à Ekwanga. De plus, Julien, Croneborg, Louis
Dhanis, Delecourt et Grahay ont péri dans ce combat.
S"* La retraite s'est transformée en déroute, les soldats
qui arrivent cahin-caha à Avakubi sont plutôt des révoltés
eux-mêmes que des fidèles et la plupart d'entre eux viennent
d'opérer une retraite sans arrêt de plus de deux cents
kilomètres; encore quelques étapes et ils seront dans leur
pays d'origine. Le danger d'une double révolte est donc
imminent et la moindre maladresse peut la faire éclater.
Dhanis, Hambursin et Henry tiennent conseil et déci-
dent que ce dernier, qui n'a été mêlé en rien aux évé-
nements de la révolte et qui a conservé intacte sur les
soldats, une influence morale énorme, acquise au prix de
trois longues années de luttes, restera à Avakubi, y
réorganisera les éléments restés fidèles et barrera éven-
tuellement aux révoltés la route des Falls, pendant que
les deux premiers se rendront sur le Lualaba pour y
prendre les mesures nécessaires en vue de combattre les
insurgés, soit sur le fleuve entre les Falls et Nyangwe,
soit dans le Manyema.
Le jeune et bouillant officier, confiant dans ses premiers
— 424 —
succès, ne l)nlance pas; la «^ravitô de la situation ren-
force, au contraire, son ardeur et son courage. Il stimule
énergiquement la vaillance de ses soldats que la défaite
d'Ekwanga et la retraite qui l'a suivie ont complète-
ment démoralisés; il leur rappelle affectueusement les
victoires (fu'ils ont remportées, la vie de gloire et de
misères qu'ils ont menée avec lui i)endant de longues
années contre les Arabes et les révoltés de Luluabourg;
il leur fait entendre la voix du devoir, de la discipline,
et leur inculque petit à petit la nécessité de la revanche;
enfin, par de bons soldats, des auxiliaires sérieux, des
indigènes et même par des nains de la grande forêt, il
fait opérer de rapides reconnaissances portant jusqu'aux
limites de celle-ci. Il peut ainsi acquérir la certitude que
les mutins, au lieu de suivre la voie: Irumu, Mawambi,
Avakubi, Falls, marchent par la vallée de la Semliki et
que leur désir est de se porter sur Nyangwe en évitant
le plus possible la grande forêt, dans laquelle ils redou-
tent la famine.
Pendant son premier et laborieux séjour au Congo, Henry
a pu étudier à fond la psj^chologie du nègre. Il est
convaincu que les soldats redeviendront, comme disci-
pline et dévouement, ce qu'ils étaient avant ces doulou-
reux événements. Il est admirablement secondé par ses
adjoints: les lieutenants Derclaye, Friart et Baras, les
sergents Sauvage, Kimpe et Rewers. Chacun concentre
tous ses efforts vers un seul but: marcher contre les
révoltés et briser leur ('lan. Ces braves jeunes gens n'ont
pas la prétention de battre un ennemi aussi formidable
qui dispose de deux mille à deux mille cinq-cents
Albinis avec au moins trois cents cartouches par arme,
ainsi que de plusieurs canons et mitrailleuses sans comp-
ter plusieurs centaines de fusils à capsule. Ils n'ont, eux,
que cinq cent cinquante hommes, y compris environ quatre-
vingt malades; c'est peu, mais la vaillance supplée au
— 125 —
nombre Trinoiii, Lollmiic (\u\, ;i\c'c doux cent cinquanlo
lioiiiiiK^s hnilit les r(''V()ll,(''s (1(3 Lulujihonr^-.
11 Inul (loue, \() plus vile possihhî, réoeeupoi" iMMWjunhi,
ne lul-ce ([iw pour (Milover, ;in.\ soldais, rallirnnee nalurelle
et insurnionl;d)l(3 (|u'excree sur eux le voisinaf^o de hiurs
villag"(^s natals. Av(^c une patience inlassable, les Européens
les consolent, s'occupent de leurs moindres affaires, appla-
nissent leurs palabres, satisfont leurs désirs, même les plus
futiles, et surtout leur font faire quatre, six et finalement
liuit heures d'exercice par jour. On leur parle de leurs
devoirs d'une voix ferme et haute et Henry ne se g'ône
pas pour leur faire le reproche qui les touche le plus: avoir
fui devant l'ennemi. Et s'ils demandent ce qu'ils auraient
dû faire, il leur jette le mot d'Horace: mourir.
Le départ est fixé au 7 mai d'une façon irrévocable.
Ici se place un incident tout à fait épique. Le 25 avril,
Henry avait dit à ses hommes au moment de l'appel du
matin: « Dans douze jours nous partirons, dès maintenant
préparez des vivres ^. Il fallait ce laps de temps pour per-
mettre aux malades de se guérir et aux valides de se faire à
l'idée d'affronter une vie de misères pire encore que la
plus mauvaise de celles qu'ils avaient eue à supporter
jusque maintenant. Sur l'immense route d'Avakubi, au lac
Albert-Edouard, il n'y avait pas le moindre grain de mil
à trouver. De plus, tous savaient trop bien quelle espèce
d'ennemi il fallait combattre.
L'ordre fut accepté gaîment quand il fut donné. Mais
au fur et à mesure que la date du départ approchait, un
malaise général se fit sentir : c'étaient entre les hommes
des palabres d'un caractère aigu, c'était dans l'exécution
de certains services des négligences voulues et des mau-
vaises volontés manifestes, c'étaient des actes d'indiscipline
nettement caractérisés. Le but de tout cela? Rester à Avakubi.
Le temps ])ressait cependant. Henry style les gradés dont
les principaux ont fait, avec lui, la guerre pendant trois
— 420 —
ans. Djoko, Zonga ot Buiuluki sont là qui le secondent
tant qu'ils peuvent. C'est le moment de faire acte de
vi^^ueur. Ilenr}' déclare catégoriquement à ses hommes
qu'ils ne veulent pas marcher parce qu'ils ont peur, et
qu'ils se sont sauvés comme des antilopes devant l'ennemi,
parce qu'ils sont lâches. Les meilleurs pleurent sous l'injure.
Le 7 mai arrive, le rassemblement de la troupe est sonné
pour le départ. Tous les Européens, sauf Baras qui restera
à Avakubi, sont là en tenue de campagne; les soldats,
eux, sont venus en tenue d'exercice. On sait ce que cela
veut dire : la troupe veut essayer de temporiser sous
prétexte qu'il y a trop de malades, ([u'on n'a pas de vivres,
etc., de façon à atteindre une limite telle qu'il serait trop
tard pour se mettre en route.
Henry commande lui-même: " par le flanc-droit^ et " en-
avant, marche ». A ce moment une députation formée de
tous les gradés s'avance vers lui et le conjure de ne pas
partir maintenant pour les motifs énoncés plus haut.
— Dans quatre jours nous serons en état de partir.
— Vous ne partirez pas dans quatre jours, mais main-
tenant, ou bien, je ne vous veux pas.
— Mais il y a un mois de marche et nous n'avons pas
de vivres.
— Il y a un mois de marche pour les Européens éga-
lement et ils n'ont pas de vivres non plus. Rentrez dans
les rangs !
Alors, d'une voix assez forte pour être entendu de
tous, le conmiandant cria : " Que ceux qui ont encore du
cœur sortent des rangs. 5^ Et il sortit des rangs quatre-vingts
hommes de la race des révoltés. Froidement ces quatre-
vingts soldats sont divisés en cinq parties, à la tête de
chacune desquelles un Européen est placé, puis on part
ainsi vers Mawambi après qu'Henry eut apostrophé les
autres en ces termes : « Je suis honteux de vous. Retournez
tous dans vos villages et allez dire à vos pères que vous
— 127 —
avez iihandonné voire cliel' à reniKMiii (i(^ pour <Ie vous
ballre. -' Puis, la petite caravane s'en va à ti'avers la grande
forêt, eonnne si elle était quitte et libre de souci. Le jeune
oHicier est sur, cependant, de la fidélité de ses hommes
et dans la conviction ([u'ils suivront, il campe à environ
deux lieues d'Avakubi. A peine arrêté, la déi)utation des
«grades restés à Avakubi arrive et le dialogue suivant
s'engage entre Henry et Djoko, ([ui est le porte paroles des
délégués. Djoko prend l'attitude de la soumission la plus
respectueuse et la plus absolue, puis le cœur bien gros,
il dit:
— Bwana! ne vois-tu pas que les quatre-vingts soldats
que tu conduis vont te trahir et qu'ils iront te livrer à
l'ennemi ?
— Non; ces gens sont braves, tu as tort d'en parler
nuU. Ils ont du cœur, et vous n'en avez pas, puisque c'est
vous qui m'abandonnez.
— Bwana! tu es trop dur pour nous, et nous sommes
venus ici pour te prouver que nos intentions sont sin-
cères.
— Que veux-tu dire?
— Je veux dire d'abord que, si tu y consens, je désire
échanger les quatre-vingts hommes que tu as, contre les
quatre-vingts meilleurs des nôtres
— C'est bien, j'y consens et puis?
— Et puis, dans quatre jours, tu entends bien, dans
quatre jours nous te rejoindrons tous, même les malades.
Seulement tu devrais nous laisser un blanc.
— Si vous avez l'intention de me rejoindre vous n'avez
pas besoin de blanc. Vous connaissez tous la route mieux
que quiconque de nous. Le blanc, c'est toi, tu as ma
confiance.
La partie était gagnée. Le brave Djoko retourne à Ava-
kubi, choisit lui-même les hommes et les amène bientôt.
L'échange a lieu le jour même dans un cérémonial émou-
— 128 —
vaut, après lequel les <^ens de la race des révoltés viennent
tous faire le serment de fidélité en affirmant qu'ils sont
prêts à mourir pour servir leur chef. Cette victoire morale
a réconforté tout le monde, car tout Avakubi est là; puis
pour que l'arrachement soit complet, pour que le mouve-
ment en avant soit nettement marqué, on s'en va camper
à deux lieues de là, le long des rapides de M'Pipa. En refusant
de laisser un blanc pour conduire ces hommes, Henrj^ avait
craint un revirement dans leurs sentiments. Ils n'auraient
pas manqué, en ce cas, de charger ce blanc de toute la
responsabilité du manquement à leur ])arole. Et il était
visible que cette marque suprême de confiance donnée à
Djoko pour eux tous, les avait émus jusqu'au fond de l'âme.
Le nouveau départ se fit joyeusement au milieu des
applaudissements et des quolibets tant des partants que
des restants :
— Si vous rencontrez les révoltés, dites leur que nous
arrivons. Eh!
— Soigne bien ta jambe, si tu veux te mettre en route
dans quatre jours; et si tu veux nous rattraper ne tire
pas trop la patte, Eh!
— Nous ferons cuire les patates de Mawambi pour quand
vous arriverez, Eh !
Cette dernière boutade soulève une hilarité générale,
car tous, même les Européens ont mangé des patates douces
à Mawambi pendant plus d'un an à l'exclusion de tout
autre légume. Tout le monde rit même et surtout les blancs,
car c'est la première fois que les visages se dérident depuis
bien longtemps! Cette gaîté achève de sceller les afiéctions,
les confiances, les espoirs réciproques. C'est un courant
magnétique qui vient de passer sur cette foule et qui oriente
définitivement sa destinée. Dorénavant, aucun doute n'est
permis sur la parole donn('e par ces gens simples, naïfs
et bons. Tous les jours, d'ailleurs, la petite caravane est
rejointe par deux, trois ou quatre hommes. Ce sont des
— ■\-2\) —
courriers, «^ous do conlianco du hi'axc Djoko, ({iii vieiineiiL
dire que tout \'\\ bien (mi arrière eL ({ue h^s relardaLiires font
des efforts i)our regagner le temps perdu. Si bien que la
petite troupe est doublée (juaiid elle arrive à Mawarnbi et
que Djoko, avec le reste, y arrive à i)eu [)i'ès (mi même
tem[)s. Quelle joie alors de déliler lièrement dans les ave-
nues du poste d('linitivement reconquis!
L'expédition prend cor[)s. On vient de i)arcourir cent
cincfuante kilomètres de désert, il faut en i)arcourir encore
au moins le double. Pour cela, on n'a que les fameuses
patates douces de Mawarnbi. Mais tout le monde a, cette
fois, le feu sacré. Derclaye, Friart, Sauvage, Kimpe et
Rewers sont admirables et se montrent infatigables devant
des besognes écrasantes: reconnaissances à faire vers Irumu
et la Sendiki; patates deuces à faire sécher, — il en faut
au moins dix kilos par tête — ; pirogues à construire pour
franchir l'Ituri en amont de Mawarnbi; colis jetés dans la
rivière lors de la retraite et qu'il faut sauver: on repêche
cinquante-cinq caisses de quatre cent quatre vingts car-
touches. C'est un appoint quasi-prodigieux qui, à lui seul,
valait la réoccupation de Mawarnbi: les anciens auxiliaires
arabes auraient pu s'en emparer. Tout marche à souhait
cependant. Les reconnaissances envoyées vers Irumu ramè-
nent des Zanzibarites, des Manghéhma et des Djabir que
les révoltés avaient fait prisonniers et qui ont pu s'évader.
On peut avoir ainsi des renseignements sûrs concernant
la direction prise par les révoltés et le but qu'ils comp-
taient atteindre. Ils savent qu'Henry est à Avakubi et ils
en déduisent que Lothaire et Doorme le suivent.
Ils craignent l'issue d'un combat à livrer dans ces con-
ditions dans la forêt. C'est pourquoi ils suivent la vallée
de la SemlikiJ pour longer ensuite la lisière orientale de
la grande forêt avec objectif Nyangwe. Ils lèveront là
toute une armée, avec laquelle ils descendront le fleuve,
pour attaquer les Falls et Basoko. Ils veulent le renverse-
— 430 —
nient de l'Etat et la mort de tous les P>elges qu'ils ren-
contreront. Avant de se mettre en marche, ils sont restés
quinze jours à Kavali. Les reconnaissances ramènent une
quarantaine de soldats perdus dans la forêt ou qui ont
pu fuir de chez les mutins. C'est un nouvel et précieux
appoint. La garnison de Mawamhi pourra être formée sans
diminuer la colonne expéditionnaire. Elle sera commandée
par le sergent Rewers qui conservera les trente soldats
les moins valides.
La nécessité des reconnaissances, la construction des
pirogues pour franchir l'Ituri et la recherche des vivres
ont forcé l'expédition à rester à Mawambi, jusqu'au 4 juin,
date à laquelle elle part pour M'Beni. Les renseignements
recueillis permettent les déductions suivantes: 1° Les
révoltés ont quitté Kavali vers le 20 avril ; ils ont une
force de trois mille cinq cents combattants, deux mille
à deux mille cinq cents hommes armés du fusil Albini,
mille à quinze cents hommes armés du fusil à capsule. A
cela il faut ajouter trois mille femmes au moins, ce qui
leur fait une caravane comportant un minimum de six mille
bouches à nourrir.
2" Aucun pays du centre de l'Afrique n'est capable de
nourrir sur place une telle quantité de gens. Les insurgés
devront donc rayonner au loin et se diviser pour vivre.
30 Les mutins sont formés de plusieurs races différentes ;
il est certain qu'ils ne resteront pas longtemps ensemble,
sans qu'il y ait entre eux des divisions profondes.
40 Dans ces conditions, la petite colonne des troupes
fidèles a des chances de les l)attre en détail ou de les
surprendre en suivant leurs traces. Dans tous les cas elle
leur fera beaucoup de mal en les harcelant et en les tenant
constamment sur le qui-vive. Ils arriveront ainsi, fortement
épuisés, dans leurs pays d'origine, ou l'on pourra les ache-
ver facilement.
On repart donc à marches forcées vers Béni, où Henry
— 431 —
a noué los inoilleurcs relations avec les indi^-ènes, un an
auparavant.
Dans la <;'rando foret, le 10 juin, une han le de léopards
harcèle \c campement toute la nuit. (]es animaux leroces
enlèvent ([uatre sentinelles, trois femmes et un boy,
malgré los feux de bivouac qui pour la circonstance
sont (les feux d'enfer, et aussi malg-ré les coups de
fusil tirés sur eux, grâce à la fulguration de leurs
yeux dans l'obscurité.
A la biffurcation des routes qui de Mawambi permettent
d'aller sur Kissenghé ou sur Boni, l'expédition est arrêtée
un moment pour permettre l'exploration simultanée des
deux chemins. La reconnaissance envoyée vers Béni est
attaquée, ou plutôt arrive à l'improviste sur une troupe
ennemie qui lui tourne le dos et qui observe la route
de Béni au point où elle se bifurque pour permettre d'aller
à Mawambi par la rive droite et la rive gauche del'Ibina.
L'ennemi tire le premier, mais il est promptement mis en
déroute.
Plus tard, Henry sut que c'était l'auxiliaire Gha Mukono
qui tendait une embuscade au lieutenant norwégien Sannaes.
Peu après celui-ci est rallié à Mukupi avec le poste de
Karimi, composé de quarante soldats. Si l'expédition était
arrivée à Mukupi une demi-heure plus tard, Sannaes qui
battait en retraite vers les Falls n'aurait pas rencontré
Henry et serait tombé, peut-être, dans l'embuscade.
C'est un nouvel et précieux appoint. L'expédition compte à
présent cinq cent quatre-vingt-dix soldats. Sannaes raconte
que le R. P. Achte de la mission de Notre-Dame des Neiges
au Toro, a été prisonnier des révoltés pendant quatre jours ;
qu'ils ont complètement rasé le poste de Karimi, dont le
chef, le lieutenant Van der Wielen, est mort de dyssen-
terie au fort de Katwé; que les révoltés sont en marche
vers le Sud-Ouest après être restés une douzaine de jours
à Béni, que l'auxiliaire Gha Mukono, disposant d'une
— 432 —
centaine crAlhinis et aidé par soixante-dix mutins, est allé
l'attaquer au fort do Katwé où l'ennemi a été repoussé;
que, enfin, le dit Cha Mukono est en ce moment à Kis-
senghé où il dispose encore d'une centaine d'Albinis et
d'un assez grand nombre de cartouches. Il faut donc
marcher sur Kisseng'hé au lieu d'aller droit sur Béni
L'expédition perdra ainsi au moins trois jours, mais en
revanche on remportera une victoire facile en écrasant
Cha Mukono. Il faut absolument en finir avec ce coquin
qui est capable de marcher sur Mawambi, si on le laisse
dans l'impunité, et d'y massacrer Rewers ainsi que ses
trente malades. De plus, il pourrait également inter-
rompre la ligne de communication de la colonne en
assassinant ses courriers et, ce qui est bien plus grave,
avertir les révoltés de la présence des troupes de l'Etat
sur leurs derrières. Le 22 juin, il était hors de cause. On
lui enleva quarante Albinis, toutes ses cartouches, mais
il parvint tout de môme à se cacher et à échapper aux
recherches, bien qu'une balle lui eut casse la jambe. Ce
n'est que trois mois plus tard qu'il pût être arrêté.
La petite colonne était enfin sur la trace de l'ennemi, elle
avait déjà applani bien des difficultés, mais la principale
se dressait devant elle dans toute son angoissante con-
tingence.
Henry peut aisément suivre la piste des révoltés sur
une route qu'ils jalonnent de cadavres. Les rebelles con-
tinuent à se diriger vers Nyangwe, sous la conduite de
leur chef Mulamba. Mais bientôt celui-ci est massacré par
ses hommes à M'Bulio et remplacé par Kandolo.
Le pays des Wanandé, que traverse la colonne, était
riche, peuplé et d'un accès facile ; Béni donne des vivres,
malheureusement, après une huitaine de jours de marche,
de grandes difficultés naturelles vont malencontreusement
surgir.
A partir de Lutambi, la marche devient très pénible: on
— 433 —
traverse les contreforts du plateau où l'Ibiria et la Leiida
prennent leurs sources.
O- [)ays est une série de hautes montagnes, séparées
par de profonds ravins. Le climat devenu très froid fait
de nond)reuses victimes parmi les soldats. De plus, les
indigènes et les vivres se font de plus en plus rares, au
fur et à mesure de la marche.
Le 12 et le 13 juillet, Henry rencontre quelques misé-
rables épaves humaines, abandonnées par les rebelles. Elles
lui apprennent que ceux-ci ne les ont quittés que depuis
trois jours. Le 14, Henry découvre un campement qui a
été abandonné le matin même et entend des coups de feu
dans les montagnes. Henry s'arrête pour ne pas donner
l'éveil à l'ennemi avec l'intention de reprendre la marche
à la clarté de la lune.
Bataille du 15 juUlet 1897.
11 arrive vers minuit derrière une petite colline, dont
la crête est située à moins de deux cents mètres du cam-
pement de l'ennemi. Une chute d'eau couvre le hruit des
reconnaissances préliminaires à l'attaque.
Les mutins campent en deux fractions de forces à peu
près égales, et séparées par une distance d'environ une
lieue. Celle qui forme vis-à-vis avec les forces de l'Etat,
est commandée par le chef même de la révolte, Kandolo,
le détenteur de toute la réserve de cartouches.
Vers quatre heures et demie, Henry prend ses disposi-
tifs d'attaque.
Le lieutenant Derclaye et le sergent Sauvage ont reçu
l'ordre de déployer leurs trois cents soldats de façon à
envelopper le camp ennemi, puis de diriger sur lui une
fusillade acharnée. Les lieutenants Sannaes et Friart sui-
vent le commandant avec le reste de la troupe, soit
environ deux cent cinquante hommes. Le sergent Kimpe
garde le camp, délaissé depuis la veille.
— 434 —
Vers cinq heures l'attaquci commence si foudroyante
que l'ennemi ne tient pas plus d'un quart d'heure, et
abandonnant ses femmes, ses fusils et ses munitions,
prend la fuite dans la direction du deuxième camp.
A sept heures, les forces de celui-ci, qui dans l'entre-
temps a rallié la garnison du premier camp, se jettent
sur les troupes de l'Etat. La première ligne plie sous
l'impétuosité du choc de cette colonne très supérieure en
nombre, mais la position occupée par les troupes de l'Etat
est très forte. Fusillés à bout portant de front et de flanc,
les révoltés subissent des pertes énormes, sont bientôt
arrêtés dans leur élan, puis manifestent un peu de défail-
lance.
Henr}^ fait sonner « En avant » par tous les clairons.
Les soldats, entraînés par l'ardeur des chefs blancs, cou-
rent sus à l'ennemi. Les Batetela sont arrêtés, perdent
pied peu à peu, si bien qu'après trois heures d'un combat
acharné ils sont en déroute complète et se réfugient dans
les montagnes environnantes. Henry est obligé de renon-
cer à la poursuite, à cause du manque de vivres (15 juillet
1897).
Le lieutenant Sannaes a été frappé à bout portant d'une
balle d'Albini, et le brave Djoko a eu la tête fracassée à
côté d'Henry, sur qui il veillait comme un chien fidèle.
L'ennemi a perdu quatre cents soldats, cinq cents Albinis,
cent fusils à piston et plus de dix mille cartouches.
Henr}^ est cité à l'ordre du jour par le gouverneur géné-
ral et nommé chevalier de l'Etoile africaine.
Après sa victoire du lac Albert-Edouard (par 29' de lon-
gitude E; 1/2° de latitude Sud) (15 juillet 1897), le vaincfueur
des révoltés doit se replier sur Avakubi pour s'y refaire.
Ses soldats qui l'ont suivi avec une constance admirable,
sont à bout de forces; les maladies, les privations, les
fatigues, la disette les ont tourmentés sans trêve dans
cette région ingrate.
— ■{:):> -
I)(» rolour à Avakiil)i, Honry explore, lu rivière Nepoko
el en (li'(^sse la carl(\ C'(^sl jjendant ({u'il est ()ccu[)é par
ce travail, ([u'il reçoit du l\oi-S()ii\(^raiii l'ordre de se rendre
cà Redjaf [nmv y renforcer llanolet.
Marche vers Redjaf.
Henry s'y porte avec un détachenienl de sept cents
hommes par la route Avaku])i, Nei)oko, Tamara, Adra. Il
est accompagné par les lieutenants Derclaye, Friart, .Tocli-
nich et par le sergent Astrand. Il donne au lieutenant
Donckier de Donceel, qui est à Mawambi avec l'adjudant
Kimpe et cent cinquante soldats, l'ordre de rallier Tamara,
où les deux colonnes feront leur jonction. Malheureuse-
ment le lieutenant Donckier de Donceel mourut en cours
de roule et Kimpe battit en retraite sur Mawambi.
Au cours de ce trajet, Henry constate que les cartes ren-
seignaient inexactement la situation de Tamara sur le Haut-
Kibali. Elles plaçaient ce point à environ quarante kilo-
mètres plus au Sud que sa position exacte. Le cours de
la rivière aura probablement été levé à la boussole et porté
sur la carte sans qu'on eut rectifié l'erreur provenant de
la déclinaison magnéti({ue. Cette erreur de la carte fut
fatale à l'expédition du baron Dhanis et causa, peut-être,
la mort du commandant Mathieu. Celui-ci crut s'être trompé,
tergiversa, retourna vers le Sud et finalement se suicida.
Malgré les difficultés du terrain et le nombre considérable
d'hommes à conduire, Henry atteint le Nil sans encombre,
le 1 juillet 1898, quelque temps après l'attaque de Redjaf
par les derviches, attaque qu'Hanolet a repoussée victo-
rieusement, après avoir fait mordre la poussière à la
moitié des assaillants.
Occupation de Lado.
Henry est désigné pour aller occuper Lado, à neuf heures
de marche ou six heures de navigation de Redjaf. Il a
— 43C —
SOUS ses ordi'es les lieutenants Derclaye, Lund^vist, Friart,
Jochnick, le sous-lieutenant Van der Weg-en, l'intendant
Selliers, les sous-ofïiciers Nagels, Astrand, Graffen et
Rouflard, et dispose de trois cent vin^t-huit hommes, un
canon Krupp, une mitrailleuse Maxim, deux Nordenfelt.
Lado se transforme en une nouvelle forteresse.
Henry peut se servir des anciens ouvrages égyptiens.
La zéribali, quoique plus grande, exige moins de défen-
seurs qu'à Redjaf, l'une des faces étant protégée naturel-
lement par des marais. Au nord de Lado il y a des
terrains fertiles.
La garnison de Redjaf se compose de huit cent quatre-
vingt-onze soldats; Hanolet y avait sous ses ordres le capi-
taine Lequeux, les lieutenants Wacquez, Koch, De Wulf,
Colin, Sillye, Bertrand, les sous-lieutenants Nielsen, Hen-
rion, le sergent-major De Gréez, les sergents Vincart,
Willems, De Walque, Van Pottelsberghe, Braeckman, De
Muth et le commis Lauterbach et avait comme moyen
de défense quatre Krupp et une mitrailleuse Maxim, une
barque pontée, un canot démontable et la vieille allège
de Djabir.
Les troupes de l'Etat continuèrent à fortifier Redjaf.
Hanolet, souffrant d'une blessure, causée par un coup de
lance, se dispose à rentrer en Europe avec le docteur
Rossignon. Il remet à Henry le commandement de l'En-
clave et de rUele.
Etablissement du camp de Kéro.
Le vainqueur des Arabes n'y resta pas in actif. H pousse
une pointe vers le Nord, avec un millier de soldats indi-
gènes jusqu'à la limite de la province du Bahr-el-Ghazal
et construit un camp fortifié à Kéro, dans une excellente
position, pour servir de point d'appui et de pivot à l'armée
qui opérera dans le Nord-Est.
Les troupes composant l'expédition sont divisées en
— 'i'M —
deux halnillons à doux coiu|)iJg"ni(is îi^^anl pour cliers
Lequcux el DerclMve, aidés de nombreux ofTiciers et sous-
offîcicrs. Le lieutenant Bertrand, chef de l'artillerie et d(i
la marine, a sous ses ordres une c()mi)a^nie d'artilleurs
et une de rameurs noirs, et une canonnière construite
sur place en attendant le Va7î Kerckhoven.
Au total, Kero est occupé par mille dix hommes de
trou})es prêtes à marcher, deux mitrailleuses et six Nor-
denfelt et deux Krupp, les derrières restant assurés par
les garnisons de Lado et de Redjaf. De grands appro-
visionnements venant de Dungu sont réunis au nouveau
camp.
Le colonel anglais Martyr, arrivé de la côte orientale,
après avoir fondé des postes à Gondokoro, Bedden et Dufile,
remonte son steamer Kenia et fait, de concert avec les
Belges, des reconnaissances sur le fleuve, en attendant que
ceux-ci entreprennent leur mouvement général vers le
Nord.
Henry aj^ant fait répandre, par les indigènes, le bruit qu'il
marche sur Bor, les Derviches, considérablement affaiblis
par les combats que leur ont livrés Ghaltin et Hanolet,
abandonnent la place et se retirent vers le Darfour sans
combat.
Le 9 avril 1899, le chef Loukoudou de Redjaf, qui assure
les transports entre la rivière Yei et Redjaf, ayant amené
les dernières charges du steamer destiné au Nil, le Van
Kerckhoven (nom donné en souvenir du vaillant soldat
qui mena le premier le pavillon de l'Etat au fleuve égyptien)
est monté non sans peine par l'inspecteur-mécanicien Mul-
ders et Horbach, il est lancé le 1 juillet 1899 à Lado.
Le Faidherbe de Marchand et le Kenia du colonel Mar-
tyr Yy avaient seuls précédé (').
(1) Les pièces du steamer avaient été portées à dos d'iiomme sur des
milliers de kilomètres à travers marais, rivières, montagnes, désert, sous
— 438 —
Première reconnaissance de Kero (5 1/2° de latitude N. jusqu'au 8 3,4" de
latitude N.)
Ayant reçu des autorités anglaises l'autorisation de faire
des reconnaissances vers le Nord aussi loin qu'il voulait
Henry se dirige vers Gaba Shambé à bord du vapeur Van
Kcrckhoven, dès que celui-ci fut complètement mis en
état de naviguer.
Il était urgent, tant pour les Anglais que pour les Belges,
de savoir ce que les Dervicbes étaient devenus après avoir
abandonné Bor, et de posséder des renseignements précis
sur les barrages du Nil.
La reconnaissance, sous les ordres du commandant Henry,
comprenait: le commandant Adam, le lieutenant Nielsen,
l'inspecteur-mécanicien Mulders, soixante-cinq soldats et
gradés, un canon Nordenfelt, deux chalands en acier.
Elle trouve Bor tout à fait détruit et apprend que les
Derviches ont fui vers le Darfour, après avoir débarqué à
l'extrémité nord du lac Pamelwal. A Shambé, Henry trouve
installé un poste français composé de trente-cinq soldats
sénégalais commandés par le lieutenant d'infanterie de
marine de Tonquedec et le sergent Salpin (2 août 1899) (').
des pluies torrentielles ou un soleil de plomb. Certaines de ces pièces pesaient
jus(iu"à cent kilogrammes et Tune d'elles, un demi-cylindre, avait été perdu
dans la Dungu. Horbach, l'un des deux monteurs, ayant achevé son travail
partit à marches forcées vers les rapides de la Dungu, et finit par retrouver
cette pièce indispensable.
(1) De Tonquedec était le second de la mission Koulet, chargée d"aller
occuper sur le rives du Nil, les postes créés par Marchand.
Quand la mission arriva dans le Bahr-el-Ghazal, le capitaine Roulet fixa
sa résidence à Tamboura et de Toncjuedec s'installa au fort Desaix. Sur ces
entrefaites, ils reçurent un courrier du commandant Marchand, qui venait
d'être attaqué par les Derviches et qui demandait que les troupes de ren-
fort allassent occu[)er Benga, sur les rives du Bahr-el-Djcbel. Après cette
marche, le cai)itaine Roulet avec la moitié de ses hommes put retourner
sans accident à Tamboura. 11 n'en fut pis de même du lieutenant de Ton-
— 43U —
Los Holmes sont accueillis avec la plus ^Tandc coi'dialil.c
par les Français. De Tonquedec confirnio la fuite des Der-
viches V(Ts 1(^, Darfour: ils se sont f;ni(ilés culi-e les j)()Sles
français du lîahr-el-Cihazal sans oser les inquic'ler. Le pays
du Nil étant donc complètement déharassé des Derviches
depuis les victoires du Sirdar Kilchener et du g-énéral
Win<^ate Pacha, rien n'empêche plus Henry de reconnaître
la situation des harra^^es du fleuve. La canonnière descend
le lleuve et trouve le Nil complètement ohstrué par un
harra^'e d'herhes (sedd) en aval de Shamhé.
Les herhes arrêtent les eaux qui se déversent dans les
marais où elles forment un vrai lahyrinthe de dérivations
et de laii'unes, à travers lesquelles l'expédition passe, en
traînant souvent les embarcations au moyen de chaînes et
de cordes. Après vingt-cinq kilomètres environ de ce par-
cours, le fleuve redevient libre jusqu'au S"" de latitude N.,
où on rencontre le même barrage qu'à Shamhé, flanqué
de dérivations et de lagunes analogues. Après cela le fleuve
redevient libre jusqu'au 8 3/4^ de latitude Nord, où il dis-
paraît sous les papyrus sans laisser la moindre trace. Du
haut de son observatoire, Henry aperçoit une grande
lagune située à environ deux kilomètres de distance vers
le Nord. Mais après d'énergiques tentatives pour rompre la
barrière végétale, il doit se décider à retourner à Kero, les
provisions de bois de chauff'age et de vivres étant pour
ainsi dire complètement épuisées.
quedec, qui tomba dans un guet-apens dressé par les noirs. 11 tut blessé
ainsi que trois hommes de son escorte.
Le lieutenant fut forcé de battre en retraite et retourna à Tamboura, où
il rejoignit le capitaine Koulet. Plus tard, le lieutenant de Tonquedec fut
chargé d'aller occuper la région de Gamba-Shambi, située sur le Nil })ar
environ 7" de latitude. Etendant qu'il effectuait cette mission, le capitaine
Koulet reçut l'ordre d'évacuer les postes du Kahr-el-Ghazal, ce qu"il fit
par la voie de l'Ubangi et de Brazzaville, mais il ne put prévenir son
lieutenant, qui resta ainsi donc isolé sur les rives du Nil.
— 410 —
Gessi Pacha, gouverneur du Bahr-el-Ghazal ('), a relate
le drame le plus célèbre dont cette région des Sedd fut
le théâtre. C'était en 1880, Gessi, avec un vapeur, le Safia,
et quelques autres embarcations à voiles, sur lesquelles se
trouvaient cinq cents soldats et de nombreux esclaves libérés,
hommes, femmes et enfants, venait de quitter Meshra
er Rek pour Karthoum, lorsque le sedd le saisit dans les rose-
lières voisines du lac Nô et le bloqua quatre mois durant,
du 25 septembre 1880 au 10 janvier 1881. Ce fut un désastre
dont bien peu de ces malheureux parvinrent à se tirer.
Les mémoires de Gessi rappellent les horribles souffrances
de cet emprisonnement et l'hécatombe humaine qui en fut
la conséquence: quatre cent trente personnes succombèrent
à la maladie et à la faim au cours de cette terrible épreuve.
Pendant le voyage de retour le Van Key^ckhoi'en ren-
contre une masse flottante de papyrus, d'une étendue de
plus de cinq cents mètres. Le steamer peut éviter le dan-
ger d'être entraîné en se jetant à la côte. Plus loin, la
voie suivie étant fermée, le Van Kerckhoven entre dans
la dérivation de Bor. La provision de bois étant épuisée,
une allège doit se frayer un passage à coups de hache
jusqu'à Shambé, où elle obtient du bois chez de Touque -
dec. Peu après, l'expédition rentre à Kéro.
Deuxième reconnaissance de Kéro à Khartonm.
(Départ de Kéro, le 14 septembre 1899. Retour par le
Bahr-el-Girafe.)
Cette reconnaissance comprend le vapeur anglais Ké7iia
et le vapeur congolais Van Kerckhoven. Le Kénia remorque
une de nos grandes allèges en acier. Il a à son bord MM. le
capitaine Gage, le docteur Milne, quinze soldats et gradés.
(1) Sette ani nel Sudane giziano. Mémoires de Romolo-Oessi-Pacha, réu-
nis et publiés par son lils Félice Gessi. coordonnés i>ar le capitaine Man-
fredo. Camperio. 1 vol.. Milan 1891. Trad. van Achter.
— Ul —
Le \'(Hf h'o'c/i'/ioroi r(un()i'(|ii(' deux iillr^ics cl :i ;i son liord
le ('onininiHhinl Henry, les iMpihiincs de HcniKiltc et Iicr-
trund, riiis])(M'l(Mir inrciiiiicic^n Midders, le s()us-li(Miten;iiit
Nnpds, s()ix;mU'-('iiH{ soldais et gradés ainsi (ju'iin canon
Nordenfcll
La saison dos pluies ayant coiii])lèlement manqué sur
le haut Nil, les tribus Bari, Dinka, Nianibara, déjà ravagées
j)ai' les Derviches, se trouvent pour ainsi dire sans res-
sources contre une famine calamiteuse qui va durer un
an au moins. Henry juge que c'est pour lui un devoir
impérieux de chercher à sauver ces pauvres gens de la
ruine et de la mort en créant entre Khartoum et le haut
Nil une bonne voie de communication pour les vapeurs
ou tout au moins pour les canots. l\ n'a, pour effectuer ce
travail important, aucune complication à craindre. Le pays
est débarrassé des Derviches, tandis que l'entente avec les
anglais est complète. Henry peut donc aller de l'avant
sans aucune crainte.
Arrivés au point extrême qui a été atteint lors de la
première reconnaissance, Gage et Bertrand coupent dans
la digue végétale, dont il a été parlé plus haut, un canal
de huit à dix mètres de largeur qui malheureusement se
renferme derrière eux. C'est une première expérience. Ce
canal trop étroit pour livrer passage à la masse végétale
accumulée en amont, est bouché par elle.
Henry juge qu'il faut au moins quarante mètres de
largeur et il y emploie tous ses efforts. En quinze jours
son travail est couronné de succès. H avait pour but
de rompre brusquement la digue végétale qui retenait
les eaux. Celles-ci, subitement lâchées, devaient selon lui
former un formidable torrent dont la force irrésistible irait
briser la barrière qui se trouvait à l'extrémité nord de
la lagune qu'il avait devant lui, pour aller rejoindre la
partie libre du Nil située en aval comme cela avait lieu
à Shambé et au 8° de latitude Nord.
— 442 —
Son (l('sir ne se réalisa pas. Sous la poussée violente
des eaux, les herbes reculèrent vers le Nord, mais résis-
tèrent par élasticité sans se rompre. Le résultat qu'Henry
avait atteint était très a])préciable toutefois, car il avait
allongé, vers le Nord, la voie navigable, pour les vapeurs,
de vingt kilomètres environ.
Cela le conduisit à explorer les marais avec des canots
en acier et à découvrir que parallèlement à la bordure de
papyrus du Nil et derrière celle-ci croît, dans une profon-
deur d'eau et de vase d'un mètre à un mètre vingt, une
bande uniformément composée de plantes aquatiques qui
se brisent facilement au ras de leurs racines sous une
légère pression. Cette exploration fut faite par Henry, Gage,
de Rennette et Bertrand. Milne, Mulders et Nagels étaient
restés à bord des bateaux pour les garder et soigner les
malades.
L'expédition put ainsi se frayer à travers les marais un
joli canal de trois à quatre mètres de largeur en avançant
vers le Nord à raison de trois à cinq kilomètres par jour.
Mais le 25 novembre il fallût retourner vers les bateaux
faute de vivres et de moyens de s'en procurer. Il ne faut
que six jours pour refaire en sens inverse une route qui
en avait demandé quatorze pour la frayer. C'était donc la
preuve convaincante que l'expédition pouvait aboutir au
Nil Blanc, sinon avec ses vapeurs, du moins avec des
canots. Seulement un repos réparateur de vingt jours s'im-
posait, car les hommes étaient fortement amaigris et exté-
nués de fatigues et de privations.
Le 3 décembre, de Tonquedec et Salpin rejoignirent Henry
au moyen de petites pirogues qu'ils avaient solidement
accouplées pour leur donner sur l'eau un peu de stabi-
lité. Il est décidé entre de Tonquedec et Henry qu'ils voA^a-
geraient de conserve, ce qui leur procurait de grands avan-
tages communs.
Le travail est repris le 20 décembre; malheureusement
- M 3 —
d' RomicUe, atteint do i'hiiiii;itisinos (ioiiloiiroiix est obligé
(le rotoiii'iKM' à Ivéro. La iiiarcJn} se lait dans les marais
comme précédemment, au moycMi de trois allèges en acier
et de ({uelques pirogues de de Touffuedec. Les Européens
composant cette ('trange caravane sont: de Tonquedec et
Sali)in, Français ; Gage et Milne, Anglais; Bertrand et Henry,
Belges. Le 30 décembre ils sont déjà au point extrême atteint
le 25 novembre, mais le manque d'eau les oblige à appuyer
vers le lit du lleuve où ils trouvent de longs biefs navi-
gables séparés par des obstacles courts et compacts. Ils
traversent chaque barrage en y pratiquant un canal le
long d'une des rives et en le décollant ainsi d'un côté.
Cette opération était très dangereuse parce qu'il arriva
que des barrages se mirent en marche d'un seul bloc, me-
naçant d'écraser les explorateurs.
Le 19 janvier, ils rencontrent le major anglais Peake,
qui était venu avec une très forte expédition pour débar-
rasser le Nil de ses obstructions. Cette expédition avait déjà
enlevé deux barrages.
L'officier anglais reçut Henry et sa compagnie avec la
courtoisie la plus exquise et mit à leur disposition une
canonnière qui les conduisit à Khartoum où ils arrivent le
7 février 1900. Le Sirdar, de l'armée égyptienne, Sir Wingate
Pasha, leur donna une hospitalité grandiose.
Gage, Milne, de Tonquedec et Salpin continuèrent leur
route vers l'Europe pendant que Henry retournait à Kéro.
Par suite de la disparition des barrages, les eaux du Nil
avaient repris leur cours naturel. Le canal précédemment
créé dans le sedd se trouvait ainsi à sec, rendant impos-
sible le retour par les marais. Avec l'assentiment des
officiers anglais, Henry retourne par le Bahr-el-Girafe,
craignant que le temps qu'il lui aurait fallu pour ache-
ver la complète désobstruction du fleuve ne fût trop long.
Le Bahr-el-Girafe est en quelque sorte un chemin de tra-
verse dans le coude que le Nil Blanc forme avec le Bahr-
— 444 —
el-Djebel. Grâce à Tactivité du capitaine Bertrand et à
l'expérience des hommes, il ne leur faut que vingt-cinq
jours pour remonter cette rivière depuis son eml)ouchure
jusqu'à son origine la plus méridionale. Dans le cas où
le Nil serait resté obstrué, le Balir-el-Girale aurait donc
permis des communications très faciles entre le Bahr-el-
Djebel et Khartoum.
Le 2 avril, Henry avait rallié ses bateaux qui étaient
restés à la garde de Mulders et Nagels. Pendant le temps
qu'il avait mis à remonter et à explorer le Bahr-el-Girafe,
une canonnière avait pu arriver jusqu'à l'endroit où il
avait laissé le Van Kerckhoven. Le Nil se trouvait donc
dorénavant ouvert à la navigation à vapeur. Le i mai 1900
enfin, Henry était de retour à Kéro avec le Van Kerckhoven.
Le major Peake lui offre de le ramener en Europe ainsi
que Mulders, en raison des services qu'ils avaient rendus
au Kénia.
Henry quitte Kéro le 8 mai 1900, reste huit jours à
Karthoum et huit jours au Caire et s'embarque à bord de
VEquateur pour revenir en Europe le 11 juin 1900.
Henry est commissaire général depuis le 8 août 1899.
Il est lieutenant au 2^ régiment de chasseurs à pied,
chevaher de l'Ordre de Léopold, de l'Etoile africaine, de
l'Ordre royal du Lion, décoré de l'Etoile de service à deux
raies et de la médaille de la campagne arabe.
— 4[r> -^
PUBLICATIONS :
(\ute de la zone arabe [entre le Lualaha, l'Aruwimi, la Semlikï, les
lacs Albert- l'Àlouard, Kivit et Tanganika). ilicl^ujiM; colon iule,
ISIH), p. 124).
Dans les Marais du Haut-Nil. (liullcliii de la Sociclô «rKludcs colo-
niales, 11K)2, p. 197).
De Kirundu au Tanganika. Belgi(|ue militaire.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Mouvement antiesclavagiste, 1897, p. 233 et article du Journal des Débals,
p. 234.
Belgique militaire, 1897, n"" 1380, 1384.
Belgique coloniale, 1896, p. 567, et 1899, p. 126.
Congo belge, 1900, n" 25.
A. Le Jeune. Histoire militaire du Congo.
Bulletin de la Société d'Etudes coloniales.
LAHAYE, JULES, JOSEPH,
né à Florennes le 29 mai 1809; décédé à Kodja le 3 juil-
let 1902.
Sous-lieutenant
au 3^ régiment de chasseurs à pied.
Engagé au 11^ régiment de ligne en
1885, il est admis au cours central de
préparation à l'Ecole militaire en 1888.
Entre à l'Ecole en 1889 et est nommé
sous-lieutenant au 3^ régiment de chas-
seurs à pied, le 9 mars 1892.
Il entre au service de l'Etat le 6 mai
1893 et est désigné pour l'expédition du
Haut-Uele. Il va rejoindre à Niangara le
, .n«^Ti T T commandant Ghristiaens, qui a la direc-
LAHAYE, J. J.
Cliché de l'ouvrage de M.jBNssENtion dc la zouc MaKura.
T.scn.skand.navcri Congo. ^^^^^ ^^^ rcconnaissauce Importante
dans le pays des Mon vu à Gumbari, il prend part à l'ex-
pédition que Ghristiaens dirige contre le sultan azandé
MBili, ce féroce potentat, qui vient de faire massacrer le
capitaine Bonvalet et le lieutenant Devos. Les farouches
Azandé attaquent furieusement la colonne et ce n'est que
447
^•i':u'(^ au com'aLîc pcrsoniicl dc.s Irois cIk'I's (jui la ('Oin-
mandciU: Chi'isliaiMis, Lahayc», (ît Laplume, (lu'on est rede-
val)le du succès niililairc (jui vient rétal)lir heureusement
1(^ j)restigc do l'Ktat et venger la mort atroce de nos infor-
tuiK'S compatriotes.
Au rèloui- de cette l)rillante cami)aii-ne, Laliaye reçoit le
commandement du poste de Sui'uani^'o, qu'il transforme
complètement.
Il est successivement nommé lieutenant de la force î)ubli-
([ue le 7 décembres i.su.'^ commandant de lîomokandi le 3
juillet 189.J, — où il crée une nouvelle station — et capi-
laine d<' la Force Publi([ue le 1 juin 189G.
Challin lui promet dr, le placer à la tête de la zone
rere-P>omu, à l'expiration de son congé.
I.aliay(^ rentre en Europe le 12 août 180G, pour repartir
dès le G décembre suivant.
Nommé capitaine-commandant de deuxième classe le
1 décembre, il est désigné pour l'Uele le 4 janvier 1897.
C.ommandant provisoire de la zone Uere-Bomu le 25 mars,
de la zone des Makrakra et par intérim du district de l'Uele
le IG mai, il est nommé commissaire de district de pre-
mière classe, le 1 août 1898.
C'est vers le milieu de 1897, dit la Belgique )niUiaire (')^
à l'èpoffue où Ghaltin, installé au Nil depuis quelques mois
seulement, commence à ressentir les terribles aléas d'une
marche aussi rapide, sans organisation sur ses derrières;
— les communications vers le Nil sont à tout moment
interrompues et coupées, à cause du peu de personnel
blanc et de troupes, laissées dans la zone des Makrakra.
C'est sur Lahaye que Chaltin compte encore une fois:
il le fait venir à Dungu, et le charge concuremment avec
Bruyr, de l'organisation des transports jusqu'au Nil: le
ravitaillement en vivres, en munitions, en objets de toutes
(1) Belgique, militaire, H'OO, n^ l.")17.
— 118 —
sortes devient urgent, sous peine de l'isolement complet
des troupes du Nil. Lahaye établit et maintient une nouvelle
route jus({u'à Redjaf.
Lui-môme passe le premier, conduisant le premier trans-
port: il fonde sur cette nouvelle voie les postes do Farad je
et de Yei et pendant près de deux ans parcourt cette route
en tous sens, traversant marais et rivières, remorquant
après lui les transports de toutes sortes, assurant enfin
de façon définitive cette route terrible du Nil, au prix de
fatigues que lui seul est capable de supporter.
Enfin, commissaire du district de l'Uele, Lahaye crée
un poste au n(u^d de Dungu, sur les confins du Balir-el-
Ghazal.
Il revient en Belgique le 24 juin 1900, mais se dirige
une troisième fois vers le continent africain le IG janvier
1901, comme commissaire général de l'Uele.
* *
Vers la fin de 1900, Tilkens, commandant du poste de
Libokwa, s'étant rendu à Djabir pour y remplacer le lieu-
tenant Ericksen, avait remis son commandement à un de
ses adjoints, Janssens. Les Ababua avaient profité du départ
de Tilkens pour piller les magasins du poste de Libokwa.
Une nuit, ils cernent au nombre de six à sept cents
le poste qui n'est défendu que par Janssens et quarante-
cinq soldats. Malgré la bravoure des troupes, la victoire
reste aux Ababua qui enlèvent pour environ soixante-
quinze mille francs de marchandises, quarante-cinq Albinis
et quarante-huit mille cartouches.
Janssens parvient cependant à reprendre le poste. Dans
l'entretemps, des renforts étaient arrivés de Bomokandi et
de Buta, mais comme toute la région menaçait de se sou-
lever et de couper complètement la route, l'Etat décide
qu'une expédition militaire sera entreprise contre les Aba-
— 419 —
lni;i i'(''V()lt(''S cl L;ili;iyc, sii('('('m1;iiiI, ;ni (•oiiiiii;iii(|;int, V(ir-
slrnoleii, l'ciilrc (mi 1mii"()|>(\ est clinr^é (ror^iiiiiser l;i
colonne expôdilioniiniriî coiilro ces (I(mix niillo hri^-aiuls.
Il oxpôdie d'abord le lienlenanL Pcrin avec cenl cinquante
hommes constituant coinnui l'avanl-^arde de la colonne.
Les oi)('M'ations militaires vont a\'oir pour tliéàtre un
territoire immense: de[)uis 1(? Homokandi, à l'Est, le Uubi
au Sud, la Likati à l'Ouest et l'Uele au Nord. Tout ce
((MM'iloire est couvert de la vaste l'orèt vierge marécageuse,
où les embuscades sont faciles pour les indigènes.
Le capitaine La plume est chargé d'organiser l'expédi-
tion au Bomokandi. Landeghem, qui commande la com-
pagnie de Djabir, reçoit l'ordre de rejoindre, par Bima, avec
un peloton de cinquante bons soldats, La plume au Bomo-
kandi. De Bima, Landeghem gagne Bomokandi en traver-
sant le pays des Ababua et arrive à destination après
neul' jours de marche, ayant eu la nuit, durant le trajet,
deux ou trois alertes d'ailleurs vite repoussées.
L'expédition se trouve bientôt réunie au Bomokandi.
Le commissaire général a sous ses ordres les capitaines
da Pra et Laplume, les lieutenants Perin et Landeghem,
Breyssen et Thibaut, les sous-lieutenants Versluys et L)e-
wabpie et le 1)'' A'edy.
Lahaye décide r[ue les pelotons formeront des colonnes
de reconnaissance qui se rendront de Bomokandi à
Libokwa, via Zobia, chacune par un chemin différent.
Il assigne à chaque officier un rôle bien déllni, de façon
que la marche de concentration soit en même temps une
reconnaissance chargée de battre, en une fois, une grande
étendue de terrain et de rallier les indigènes, disséminés
un ])eu partout. Pendant ces reconnaissances, il y a des
condjats sérieux.
Malgré les précautions prises, les atta({ues sont tellement
brusques, les Ababua savent si bien cacher leurs endjus-
cades que les colonnes subisscMit souvent des [)ertes
importantes.
— 450 —
Dès que la concentration se trouve opérée à Libokwa,
vers la fin de juin 1901, Laliaye se met donc en cam-
pagne, à la tête de six cents à sept cents hommes, contre
les révoltés qui se tiennent près de Bima.
Près de ce village, un poste qui avait été enlevé par
les Ababua, en même temps que Libokwa, l'expédition
est soudainement attaquée par l'ennemi. Et tandis que
toute la colonne est engagée, un mouvement subit se pro-
duit sur ses derrières et à un moment l'arrière-garde se
trouve enveloppée. Avant ({ue le sous-lieutenant Dewalque,
qui la commande, ait pu donner un ordre à ses troupes,
il est cerné et frappé au côté gauche d'un coup de lance.
Dewalque meurt quelques instants après dans les bras de
ses frères d'armes, qui se sont empressés à son secours
et ont dégagé l'arrière-garde. Les Ababua sont comi)lè-
tement écrasés par le gros de l'expédition.
Lahaye met fin à la révolte des Ababua et leur reprend
cent sept Albinis et quantité de munitions.
Les routes de l'Uele sont rouvertes à l'Etat. Lahaye parvient
à se maintenir au milieu de ces populations belliqueuses
nettement hostiles, au prix des plus grandes difficultés.
Malheureusement, Lahaj^e est tué d'un coup de fusil, le
3 juillet 1902, sur 1(3 Haut-Uele près de Nyangara par un
sergent noir sur les instigations du chef Kodja.
Il était lieutenant au 3° régiment de chasseurs à pied,
chevalier de l'Etoile africaine et de l'Ordre royal du Lion,
décoré de l'Etoile de service à deux raies.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
A. Lh .Iki'ne. Histoire iniiuaire du Congo, p. 2irj.
Belgique militaire, 11H)(>, n^ lâlT.
LEMAIRE, MATHIEU. JOSEPH. FRÉDÉRIC.
né à Liège le 6 juin 1858.
Capitaine en second au 7^ régiment de ligne, il part i)our
le Congo, le G juin 1897, en qualité de commandant de
deuxième classe. Il est nommé commandant de première
classe, le 1 juillet 1898, et commissaire de district de pre-
mière classe à la même date.
11 rentre en Europe le 23 août 1900.
Il repart le 4 avril 1901, comme commissaire général,
chef du district du lac Léopold II.
Lemaire contribue grandement au développement poli-
tique et économi({ue de ce district. Il 3^ établit des voies
de communication et des stations et crée de nombreuses
plantations.
Il revient en Belgique le 11 avril 1904.
Rentré au 7*^ de ligne comme commandant, le 1 février
1905, il est nommé major au 13^ le 26 décembre 1905.
Chevalier de l'Ordre de Léopold, décoré de l'Etoile de
service à deux raies et de la Croix militaire de première
classe.
DE RACHE, GABRIEL, VALÈRE,
né à Bruges, le 25* septembre 1862.
Lieutenant au 10® régiment de ligne, il part pour le Congo
le G décembre 1893 et est attacbé au district des cata-
ractes, puis à celui de Boma.
Rentré en Belgique le 25 décembre 1896, il retourne en
Afrique, le 27 avril 1899, comme capitaine commandant
de première classe de la F. P. et est nommé comman-
dant du district de Matadi.
Il revient en Europe le 19 avril 1902, se rend une
troisième l'ois au Congo le 13 novembre 1902, avec le haut
grade de commissaire général, désigné pour le district de
Matadi.
Il occupe ces fonctions jusqu'au 19 novembre 1905, date
de son retour en Belgique.
De Raclie est capitaine commandant au 14^ régiment
de ligne, chevalier de l'Ordre de Léopold, officier de l'Ordre
roj-al du Lion, décoré de l'Etoile de service à trois raies
et de la Croix militaire de deuxième classe.
WTTER\A/ULGHE, georges François.
Dé à Gand, le 24 décembre 1871; décédé à Yei le 8 mai
1904.
Il entre à l'Ecole militaire et est nommé sous-lieutenant
au 3^ régiment de ligne le 20 mars 1892; désigné pour
les grenadiers le 26 juin 1896 et est promu lieutenant
le 25 décembre 1898.
Sous-lieutenant au 3^ de ligne, il s'embarque pour le
Congo le 6 mars 1892, comme sous-lieutenant de la Force
Publique et est désigné pour l'expédition du Haut-Uele,
sous les ordres de l'inspecteur d'Etat Le Marinel.
Il est ensuite désigné pour commander la place de Mundu,
qui est pendant cinq jours, du 14 au 18 mars 1894, assiégé
par les Dervicbes. Grâce à une résistance opiniâtre et à
beaucoup de sang-froid, le lieutenant Wtterwulgbe parvient
à attendre des secours et à sauver les troupes placées sous
ses ordres.
Peu après il est nommé chef du poste de Dungu sur le
Kibali, position qu'il occupe jusqu'au moment de son retour
en Europe, le 14 mai 1896.
Le lieutenant Wtterwulghe se rembarque pour le Congo
le 6 mai 1898, en qualité de capitaine-commandant de
deuxième classe et reçoit à son arrivée à Borna le com-
— 451 —
mandement de la zone dos Makrakra. Par son activité et
sa connaissance des indigènes, il parvient à HMidre celte
zone une des plus prospèi*es de l'Uele.
Wtterwulf^he revient en Europe le 16 août 1902, ayant
accompli sa septième année de service au Con^^o.
Le 20 février 1903, il repart pour la troisiènu^, fois,
en qualité de commissaire général et est investi du rom-
mandement su[)érieur ad intérim du territoire de l'Uele,
puis du territoire de Lado.
Il s'applique avec succès à maintenir les résultats obtenus
par ses prédécesseurs, les inspecteurs d'état Ghaltin et
Hanolet.
Il allait prendre la succession du commandant Laliaye,
assassiné près de Nyangara, par un ancien sergent, à l'in-
stigation du chef Kodja, quand il meurt à Yei le 8 mai 1904.
Le lieutenant Wtterwulghe, était chevalier de l'Etoile
africaine, de l'Ordre royal du Lion et décoré de l'Etoile
de service à deux raies.
Il était le frère de Fernand-Gliarles Wtterwulghe, sous-
lieutenant au 3^ lanciers, décédé à Faradje, le 8 novembre
1906, et du lieutenant d'artillerie Henri Wtterwulghe, qui a
également séjourné dans l'Uele.
PUBLICATION :
Vocabulaire à l'usage des fonctiorDiaires se rendant dans les te)'riloires
du district de l'Uele et de l'enclave de Redjaf-Lado. (Belgique colo-
jiiale, 189i>, p. 295).
DE BAUW, G. A. J. C. A.
(Cliché de la Belgique coloniale).
DE BAUW, GUILLAUME. ANTOINE, JEAN.
CLÉMENT. ADOLPHE.
né à I)Oiii'g-Léopold le 3 juillet 1865.
Lieutenant adjoint d'Etat-iMajor au 2"^ régiment de ligne.
S'enil)ar([ue pour le Congo le G janvier 1897, comme
capitaine de la F. P. Est adjoint comme second à Sar-
razyn, commissaire du district de rE(|ualeur. En septem-
bre 1897, le gouvernement local le désigne pour prendre
la direction de la zone de l'Uere-Bomu; il est nommé chef
de cette zone et contribue à son rapide développement.
Il y fait élever des constructions en briques et un an
après son arrivée, il y avait dans tous les postes et
notamment au camp de l'Uere, des maisons en briques,
des magasins spacieux, là où des abris primitifs en pisé
servaient aux blancs ; des casernes bien aérées sont dé-
sormais réservées aux soldats et travailleurs noirs. Le
canij) de l'Uere est en outre organisé défensivement; il
possède une garnison bien exercée de deux cent cin-
quante soldats et dispose de quatre canons Nordenfeld.
Les artilleurs noirs en connaissent le maniement.
La puissance défensive du camp de l'Uere (Ango en
langage indigène) est basée sur la défense intérieure et
l'occupation du réduit.
— 4:g —
La (lôreiiso iiilérieure urgaiiisce par secteurs comprend
des tranchées avec d('fenses accessoires et des épaulements
pour ])()uches à l'eu.
Le r(''duit est constitué i)ar le groupement des bâtiments
des Européens dans une enceinte polygonale à tracé bas-
tionné. Le mur d'enceinte du rf'duit est constitué à l'aide
de mat('>riaux rapportés, espèce de latérite très dure à
répreuve de la l)alle du fusil Albini. Ce mur de deux
mètres de hauteur est cn^nelé à hauteur d'homme. Aux
saillants du réduit se ti'ouvent des ouvrages lhm([uants
Le camp de l'L^ere constitue à la fois une défense
l)uissante contre les surprises des populations Azandé
et un centre d'échange pour les indigènes de la région
du Nord.
Pendant l'année 1898, le développement de la zone Uere-
Bomu s'accentue d'une façon remarquable. Cette année
débute par une reconnaissance offensive au pays des
Ababua, au sud de Uele. Cette reconnaissance exécutée
pas le chef de zone accompagné de deux Européens et
de cent cinquante soldats se termine de la façon suivante:
1" par l'installation du poste de Zobia, sur la haute Bima.
Ce poste se trouve sur la nouvelle route des transports,
qui devient actuellement la route pour les automobiles-,
2" par la soumission de toutes les populations Ababua
de cette région ({ui jusqu'à cette époque inquiétaient la
route des transports Bima-Bomokandi;
3^ l)ar la mise en valeur de cette riche région forestière,
non exploitée jusqu'à ce moment;
4° par l'organisation des transports à dos d'homme,
d'une importance capitale, atteiulu qu'il passait annuelle-
ment trois mille chai'ges et parfois plus, en destination
du Nil et des zones Makua et Makrakra.
Au nord de l'Uele, des relations de bon voisinage sont
établies avec le sultan Semio, dont la plus grande partie
des territoires se trouvent sur la rive droite du Bomu
\fn
{(a)]]'^{) ïi';\nr,\\s) cl, le sulhiii Smssîi. I.;i puissance do cos
l)(»l(Mil;ils iirLiri's (»sl incoiilosLublo. (i(?s sultans aMiioiii
l'oinpu toutes l'clalious avec l(3s l'opn'soulanls do l'I^lat. du
(louLio (4 i)()Ui' d(^s raisons s[)écialos on avait su[)[)rini6
auprès d'eux les résidents européens.
\a' camp d(^ l'Cerc reroil la visite de marchands venant
(lu W'adaï, c'est-à-dire devant faire ([uatre mois et demi do
route pour vendre leurs produits et notamment leur bétail.
De lîauw rentre en Euro[)e le 21 février 11)00, après avoir
visité au voyage du retour les îles Canaries et l'Espa^nie.
Pendant son séjour en Arri(]ue, il fut promu capitaine-
connuandant de deuxième classe le i janvier 181)8 et
ca[)itaine-commandant de première classe le 80 décembre
1899. En récompense de ses services il reçoit l'Etoile de
service.
Il retourne au Congo le 11 mars 1901 et s'embarque à
Lisbonne avec le colonel d'Etat-Major Bartels, visite les îles
Madère et assiste à l'inauguration du tramway électrique
installé par des Belges à Ténérife.
Embarqué en qualité de commissaire de district de pre-
mière classe, il prend la direction de l'important district
de l'Equateur.
Ce district, dont l'étendue ('quivaut à cinq fois celle de
la Belgique, est le siège de deux missions catholiques et
de neuf missions protestantes, américaines ou anglicanes.
Cinq sociétés commerciales exploitent une grande partie du
district notamment la Société Abir, la Société anonyme
belge (S. A. B.) la Société équatoriale congolaise, la Société
Lulonga et la Société Ikelemba. Le restant du territoire
était exploité pour le comi)te du domaine privé. Une grande
])artie du district était afférente au domaine de la couronne.
Il y avait trois cent cinquante blancs environ en rési-
dence dans le district de l'Equateur. Le personnel de
l'Etat comprenait environ quarante blancs. Le personnel
noir comprenait neuf cents soldats. et gradés de la Force
— 458 —
Piibli([U(', mille quatre cents travailleurs et ou délivrait
annuellement plus de six mille licences de travailleurs,
Au moment de l'arrivée à Gocjuilhatville du commissaire
de district De Bau^^^ il restait à com[)lét('r l'occupation
du territoire. C'est dans ce but qu'il fait l'exploration de
la haute Momboyo (Luilaka) et y installe le j)oste de Lisaku
en 1901.
En 1902, il l'ait la reconnaissance de la Salonga et de
la Lomela, deux afïluents im[)ortants de la Busira. (XHte
reconnaissance se termine par l'installation du poste d'Itoko
sur la rive droite de la Lomela et par la délimitation du
Bus-bloc, dénomination donnée au territoire situé entre la
Salonga, la Busira, et la Lomela et limit('s à cette époque,
au Sud par le parallèle de 1^ S. Ce territoire constitue
la propriété de la Soci('té générale pour le commerce et
l'industrie, la Société anonyme du chemin de ter du Congo
et la Société anonyme belge ; cette dernière société en
assurant l'exploitation forestière.
Ayant remonté la Lomela pendant (|uarante heures, c'est-
à-dire à environ deux cents kilomètres de son embouchure,
De Bauw y trouve des populations n'ayant pas encore vu
les Européens.
En octobre 1902, il remonte le Ruki et la Tshuapa à bord
d'un steamer de l'Etat, type Délivrance, de vingt tonnes,
et il atteint un point situ(' à cent vingt-cinq heures de
navigation de Coquilhatville et à vingt-sept heures de
navigation en amont de Mondombe, poste de l'Etat fondé
à la suite de ce voyage. Les populations cannibales se
livrent sans cesse à des luttes intestines et sont en butte
à des vexations continuelles. Mondondje se trouve à plus
de cinq cents kilomètres de Coquilhatville.
L'occupation simultanée de toutes les rivières, pendant
l'année 1902, constitue un fait important dans la situation
politique du district de l'Equateur; elle a comme consé-
quence, pendant l'année 1903, l'entrée en relation avec des
— 4ry.i —
populalioiis incommcs jiis(|if;i ('cdc (''pocjuo. Los chefs clos
so(i(Mirs (!(» la linul.o Tslninj)a (^l do la liaul(î Momhoyo
(Luilaka) l'ont dos roconnaissancos, (\u\ pormoUont do com-
pl(''((M- la carlo, d'entrer en relations avec les amonts dos
|)()s(os limilrophos du district du Kasai et de détruire
(Miiin la lôii'ond(^ (\c roxistonce d'une grande eau au S. 1^].
du district, ^'rand lac, ({ui figurait teinté en bleu sur les
anciennes cartes du district de l'Equateur.
Dans ce district on s'occupe spécialement de l'ag-ricul-
lure, c'est-à-dire de la mise en valeur du territoire, de
r('lovag(' et de l'exploitation du domaine forestier.
Au premier rang des établissements agricoles figure
incontestablement le jardin botanique d'Eala, situé sur la
rive gaucho du Ruki, à une heure do marche do (^oquil-
liatville. On y a réalisé des progrès immenses surtout
pondant la p('riode 1901-1903. C'était eu somme la période
difficile, rinstallatioii est, de l'avis de tous les visiteurs,
uu succès, grâce à son éminent directeur Léon Pynaert.
La station de Goquilhatville, chef-lieu du district de
l'Equateur, acquiert une réelle importance quaut au transit
des produits récoltés, tant par l'Etat que par les particu-
liers. Dans ce but on y a créé des installations pour
recevoir ces produits, vastes magasins bien aérés.
Goquilhatville dont les constructions en lyriques furent
commencées dès 1893, est actuellement une des i)lus belles
stations du fleuve. Les Européens y occupent chacun une
maison et on a réalisé des progrès énormes au point de
vue des constructions.
De Bauw rentre en Belgique le 23 mai 1901, ayant été
nommé commissaire général le 0 juin 1903 et conservant
le commandement du district de l'Equateur. En récom-
pense de ses services, il obtint la Croix de chevalier de
l'Ordre r(\val du Lion et l'Etoile de service à deux raies.
A la fin 1904 il reprend son service dans l'armée belge,
— 400 —
accompli L im stage au 2" rég-iment de guides et est
promu capitaine commandant au régiment des grenadiers
en juin 1905.
PUBLICATIONS :
Emploi de, la Forli/icatïon au Congo. (l-Jelgique Coloiiiule, 1900, n" 49.
1901, PI). 2^, 100, 111).
Vorgine des A:;andé. (Bolgiifiie Coloniale, 1901, p. 40 ci suivantes).
La zone Uere-Bomu. (Belgique Coloniale, 1901, [)[>. G3, avec carte, 73
et SS).
\
MARDULIER, henrl colette.
n(' à Anvers, le 17 docombro 1864.
Sous-lieutenant payeur au 7" régiment de ligne, il part
pour le Congo le G juin 1893, à bord du Lithc Bohlcn,
en qualité de sous-lieutenant de la F. P.
Désigné pour l'Ubangi-Bomu, il fonde le poste de Lengo
après la remise aux autorités Ira n ça i s es de la résidence
de Bangasso (1894).
Il rentre en Europe avec le grade de capitaine, le 25
octobre 189G.
Nommé i)eu aprè.s capitaine-commandant de deuxième
classe, Mardulier se rembanjue le (> juin 1897, à bord de
VEduard BoJdcn et est de nouveau commissionné pour le
district de TUbangi. Il est nommé cbef de poste de
Libenge.
Mardulier prend la direction de la compagnie de la
F. P. à la station d'Imese et fait fonction de commissaire
de district de rui)angi.
Le 1 juin 1899, il est promu capitaine-commandant de
première classe et revient en Belgique le 20 juin 1900.
Son troisième départ date du 1 février 1901. Mardulier
■prend le commandement du district de Bangala, au départ
4C)2
de Verdusson cl coiilribuc à lu pnciMcalioii di'^ I>iidja. A
la fin de juin 11)01, Manlulier continuaiiL U)<, ()j)L'rati()ns
contre les Budja insoumis, entreprend une nouvelle expé-
dition.
Le 30 juillet il repart pour la Mon^^^ala, avec une colonne
de deux cent quatre-vin<^L ([uinze hommes et commence
par l'aire arrêter le «^rand chef h]seko des Ihidja-Eloa.
Dans la suite, il s'eni[)arc de Zengo et Ekwalanga. Il reprend
à ces trois belliqueux potentats un total d'environ ({uatre
cent cinquante fusils à piston, ciiHjuantc Alhinis, des fusils
de chasse, des revolvers et des munitions en grande quantité.
Mardulier rentre à Nouvelle Anvers, le 20 décembre 1001.
Le 22 juin 1002, Marduli(M' est élev*' au grade de com-
missaire-général. 11 l'entre en Belgique le (> mars 1001.
Après avoir été successivement, sous-lieutenant i)ayeur
au 7^ de ligne, lieutenant payeur au 3^- lanciers, capitaine
en second pa^'eur aux carabiniers, capitaine en premier
quartier-maître à l'artillerie de forteresse à Anvers, Mardu-
lier est actuellement au 5*^ de ligne.
Il est chevalier de l'Ordi'e de l'Etoile africaine et de
l'Ordre royal du Lion, décoré de l'Etoile de service à trois
raies et de la C.roix militaire^ de Iroisiémc^ classe.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Le Congo, M<)ni1(3ur colonial, IWl. p. (>,
A. Le .Iel'ne. Histoire militaire (la Conço, p. 200.
^ï!^)^^^ty^
PIMPURNIAUX,
ALEXANDRE, FRANÇOIS. JOSEPH.
né à Vezin, le 17 octobre i8G().
Est nomma sous-lioutenant le 3 juin 1887 et prend rang-
au 9^ de ligne.
Il s'embarque pour le Congo, le 6 mai 1893, et est attaché
au district de l'Uele, avec résidence à Dungu (zone des
Makrakra), poste dont il prend le commandement en avril
1894.
Il est cité à l'ordre du jour, à l'occasion du débloque-
ment de Mundu, assiégé par les Derviches.
Peu de temps après, le 14 mai 1895, il se voit forcé de
rentrer en Europe, pour motifs de santé.
Sitôt rétabli, il repart pour l'Afrique, à bord de VFduard
Bohlen, le G mars 189G, prend le commandement en second
du district de Bangala et exerce les fonctions de chef de
la zone de l'Itimbiri, comprenant les postes de Bumba,
Moenge, Mandungu, la Loeka.
Le chef rebelle Litzaka et ses vassaux, qui terrorisaient
la région de l'Itimbiri, font leur soumission, las de la
guerre; les troupes de l'Etat les poursuivent jusque der-
rière Basoko.
— 404 —
Rentré en Europe, le 15 mars 1899, Pimpurniaux reprend
une troisième l'ois le chemin duGong'o, le 1 novembre 1899,
on qualité de commissaire de district de première classe.
Il est chargé de succéder à Van Bredael, dans la haute
direction du district du Lualaba-Kasai et occupe ces impor-
tantes fonctions pandant près de trois ans et demi.
Il revient en Belgique le 19 février 1903.
Nommé commissaire-général, Pimpurniaux retourne au
Congo le 10 mars 1904, pour prendre le commandement
du district de l'Aruwimi.
Il est chargé, en 1905, de châtier les indigènes ïopoke,
qui avaient assassiné deux agents de la compagnie du
Lomami.
Pimpurniaux se trouve en Belgique le 12 février 1906.
Il est capitaine en second au 9^ de ligne, chevalier de
l'Etoile africaine et de l'Ordre royal du Lion, décoré de
l'Etoile de service.
ï
DE MEULEMEESTER, Adolphe.
{Cliché de la Tribune Congolaise)
DE MEULEMEESTER,
ADOLPHE. JEAN. MARIE. GHISLAIN
né à Gand, le 28 mars 1870.
Sous-lieutenant au l"" régiment de ligne.
Il part pour le Congo, le 6 novembre 1895, comme lieute-
nant de la F. P. et est désigné pour le district de Bangala,
où il exerce pendant deux ans et demi les fonctions de
chef politique et commandant des troupes de la concession
de la Société Anversoise.
Rentré en Belgique, le 10 février 1899, il repart dès le
IG novembre suivant, en la même qualité et commande en
1900 les troupes de police du bassin de la Mongala. Mais
les fatigues de l'expédition qu'il dirige contre les Budja
lui causent une hématurie. 11 est forcé de descendre à Boma,
au mois d'août, mais reprend, dès son rétablissement, le
commandement du district des cataractes, fonctions qu'il
exerce jusqu'à son retour en Europe par la malle du
IG octobre 1902.
De Meulemeester repart le 21 mai 1903, comme commis-
saire du district de la province orientale, avec Stanley-
406
ville comme résidence, en remplacement de l'inspecteur
d'Etat Malfeyt.
En 1904, il osl nommé commissaire-général comman-
dant de la province orientale. Il est alleint d'hématurie à
Mtowa.
Il revient en Relg-ique, le 16 avril 1905, pour reprendre
une quatrième fois le chemin de l'Afrique, le 1 août 1907.
Il est chargé une fois de plus du commandement de
la province orientale.
De Meulemeester est lieutenant au r régiment de ligne,
officier de l'Ordre royal du Lion, décoré de l'Etoile de
service à deux raies.
BRUNEEL, ALBÉRIC, CONSTANTIN, EDOUARD,
né à Renaix, le 5 janvier 1863.
Capitaine-commandant adjoint d'Etat-Major au P régiment
de ligne.
Part pour le Congo le 16 janvier 1901, en qualité de
capitaine commandant de première classe; devient successi-
vement commandant do l'enclave de Lado et chef de la zone
des Makrakra et rentre en Europe, le 29 décembre 1903.
Bruneel retourne en Afrique le 25 août 1904, en qualité
de commissaire-général à l'Equateur.
Au cours de son second terme de service, il exerce
durant trois ans le commandement de l'important district
de l'Equateur, C'est lui qui procède à la reprise des
établissements de la concession Abir, actuellement zone
Marin ga-Lopori.
Après une absence de deux mois et demi, employée
à inspecter les postes des rivières Ruki, Momboyo, Busira
Tchuapa, le commissaire général Bruneol revient, le 20
juin 1905, à Coquilhatville. Il entreprend une nouvelle
inspection de deux mois, de février à avril 1906.
.1()7
L;i lurnie ;inii('(\ à l;i lrU\ do dciix ('ciil, ciiKiiKiiitc, lioiiiincs,
il réprime la iv'vollo dans les bassins du I.opori cL do Ja
Mariiiiia (concossioii de l'Ahir). I)(3 ii()\oinl)ro 1900 à avril
P.I07, il procède à la repiise des posLes de raiicieiine Société
Abir. 11 exécute à Coquilliatville d'impoitaids liavaux d'as-
sainissement et d'assèclu^ineiit des marais.
Hruneel rentre à Anvers le 1 septembre 1907.
Il est actuellement capitaine-commandant, adjoint d'Etat-
Major au V rc'^g-iment de ligne (en congé à Bruxelles),
chevalier de l'Ordre de Léopold et de l'Ordre roj^al du
Lion, décoré de l'Etoile de service à deux raies et de la
Croix militaire de deuxième classe.
DEUSTER, FERDINAND, GUILLAUME,
né à Witllicli (Allemagne), le 15 janvier 1858.
Lieutenant au 7*^ régiment d'artillerie.
Entre au service de l'armée comme milicien de 1878,
au 7*" régiment d'artillerie, et parvient au grade de sous-
lieutenant en passant par les cadres; il est successivement
nommé lieutenant, capitaine et capitaine-commandant en
nuirs 1904.
Deuster part pour le Congo, le 6 juillet 1896, comme
capitaine de la F. P. et est désigné pour le fort de Shin-
kakasa, qui défend les passes du fleuve en aval de Boma.
Directeur des travaux de défense, depuis le 1 juillet 1899,
il est ensuite chargé de l'administration des travaux publics
et de la marine.
Il rentre en Europe le 23 juillet 1900.
Son deuxième départ date du 25 avril 1901. Deuster se rend
en Afrique, où la direction des travaux de défense lui est
de nouveau confiée, avec résidence à Boma. En juillet 1902,
il est promu directeur-général et, dans le courant de
septembre de la même année, il succède au commissaire de
DEUSTER, Ferdinand.
(Cliché (lu journal Le Congo).
— 170 —
lion du district de rAruwimi, placé sous le commande-
ment du commissaire de district De Keysor.
L'année suivante, le territoire est commandé par Burrows;
Vanwert est forcé de demander son changement de district.
11 entreprend ensuite une opération de guerre dans le
territoire de l'Ubangi et revient en Europe le 24 juin 1900,
ayant accom[)li un séjour ininterrompu de six ans environ.
Il est nommé successivement lieutenant, capitaine, capi-
taine-commandant de deuxième et de première classe.
Le 25 avril 1901, Vanwert s'embarque en qualité de
commissaire de district de première classe, investi du
commandement du district de l'Aruwimi. Il occupe cette
haute fonction durant trois ans et s'applique à réparer
la situation fâcheuse, tant au point de vue économique
que politique, créée par son prédécesseur Burrows.
En 1902, il se rend à Bamba et à Topoke, pour y répri-
mer une révolte et; revient en Belgique le 4 juillet 1904.
Il repart pour le Congo le 9 novembre 1905, comme
commissaire-général, désigné pour le district de l'Aruwimi.
Vanwert rentre en Europe en novembre 1907.
VauAvert est capitaine au 6" régiment de ligne, officier
de l'Ordre royal du Lion, décoré de l'Etoile de service à
trois raies.
RÉFÉREKCE BIBLIOGRAPHIQUE
— Tribune copffolaisff 1905, 11° 37.
— 471 —
TOMBEUR, CHARLES, MARIE, HENRI, ERNEST.
iw. i\ \acl2;(\ I(^ 1 111:1 i 1(S()7.
So r(Mi(l nu (]()n^() le 11) juin 19()l\ Il esl (h'si^iié [inr
\(' ii()uv(M'n(Mii(Mil ('(Mitriil pour succéder, (l;ms lo comman-
(lomenL de l;i Ruzizi-Kivu, à Tinspecteur d'Klat Gostermans.
Il demeure huit mois à son école avant d'exercer le com-
mandement efïeclir de la zone.
Capitaine commandant de première classe, il est nommé
commissaire de district de ])remière classe, le 15 février 1904.
Rentré en Belgique, le 20 septembre 1905, il est nommé
membre de la Commission des XIV, chargée d'examiner les
suggestions contenues dans le rapport de la commission
d'enquête, et de la traduii'e en ])rescriptions pratiques. On
sait que les décrets du 3 juin 190G sont la conséquence
des travaux de cette commission. « Nous avons pleine
confiance dans leur efficacité, dit la Belgique 7nilitaire,
sous la réserve, qu'entraîne universellement toute œuvre
humaine, qu'ils soient congrûment interprétés et appliqués
par les agents d'exécution.
Tombeur part une deuxième l'ois pour le Congo, le 12 sep-
tembre 1907, en qualité de commissaire général et est chargé
de prendre le commandement du district de l'Uele, au départ
du commissaire de district Gilson, dont le terme de ser-
vice est expiré. Sa nomination au grade de commissaire
général date du 27 août 1907.
Capitaine commandant d'Etat-Major, professeur suppléant
à l'Ecole de guerre, décoré de l'Etoile de service.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— Belgique militaire, 1907. N" 1870.
HAUTS FONCTIONNAIRES DU DÉPARTEMENT DE L'INTÉRIEUR.
VAN DEN r^L-MO, CAMILLE, THÉODORE, JOSEPH,
né à Saint-Josse-ten-Noode, le 5 janvier 1850; décédé à
Bruxelles, le 15 mars 1902.
S'enrôle à l'âge de quinze ans comme volontaire au 8^
de ligne et nommé successivement sergent en 1867, sergent-
major le 23 décembre 1868.
11 (juitte l'armée le 31 décembre 1872, pour assumer la
place d'agent comptable dans une maison de commerce.
S'engage au service de l'Association Internationale du
Congo le 1 avril 1884 et s'embarque à Liverpool le 17 avril.
Après avoir passé quelques mois à Vivi, il est désigné,
le 31 juillet 1884, comme premier agent commercial à
Léopoldville.
Il est chargé avec Van Gèle d'une mission de ravitaille-
ment et de l'installation d'un service de comptabilité dans
le Haut-Congo. Il assiste aux premières entrevues avec
Tippo-Tip. Il accompagne Hanssens dans ses voyages.
Nommé chef de l'Equateur, le j juillet 1885, et agent com-
mercial à Bangala en décembre de la même année, il revient
vers Boma avec un contingent d'indigènes appartenant à cette
VAN DEN PL AS, Camille.
(Cliché du Mouvement géographique).
- '17.3 -
jKMiphidc vl est ;i(l joiiil ;ni liciilciiMiit Iiol^'I, i)onr rinslnic-
[ïou (le i'(^s liomiiK^s. (rcsl 1(^ j)r(Miii(M' ('ss;ii di; milices
iiidi^ôiu^s, dont Jo nouvel K(;il d(;vail plus l;ird fidre la
])aso de son organisation militaire.
\'an den Plas rentre en Europe le 15 lévrier 1887.
Agent d'administration au service de l'Ktat depuis le 15
août 1887, il se rend en Afj'i([ue le 21 du même mois.
Après avoir pris part à une expédition vers Manyanga
comme adjoint du lieutenant Avaert, il est chargé de l'aire
procéder à l'évacuation du poste de Vivi et revient à Borna
le 14 janvier 1887.
Après avoir été employé au service des finances, il occupe
les fonctions de chef des magasins généraux de l'Etat, de
la station de Boma-rive et est nommé commissaire de
district de deuxième classe, le 27 octobre 1888; ensuite il
est détaché au secrétariat général en qualité de secrétaire
général-adjoint.
Revient en Belgique le 19 septembre 1890.
S'embarque une troisième fois pour le Congo, le 18
mars 1891, en qualité d'intendant; dirige pendant cinq ans
le service de l'intendance à Borna, et est de retour en
Europe le 19 octobre 1893.
Le 6 juillet 1894, Van den Plas est de nouveau en route
pour l'Afrique centrale, chargé d'une mission qui a pour
objet la vérification de la comptabilité des postes du Mayumbe
et le contrôle administratif des districts du Haut-Congo. Il
accompagne le gouverneur général Wahis, jusqu'à Kasongo.
Il débarque en Belgique le 30 avril 1897.
Son cinquième départ date du 11 juin 1898. Van den Plas
reprend ses fonctions d'intendant et est chargé d'une mis-
sion spéciale dans le Haut-Congo et le Kasai.
11 revient du Congo le 18 juillet 1899.
Le 8 août 1901, il repart une sixième fois pour le Congo,
mais rentre en Belgique le 11 octobre de la même année,
et meurt à Bruxelles, le 15 mars suivant.
474
Un monumeiiL Jui a clé élevé au ciineliére d'Evere.
Van den Plas était chevalier de l'Ordre de Léopold,
officier de l'Ordre royal du Lion, et décoré de l'Etoile de
service à cinq raies.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— De Martuix-Donos. Les Belges dans V Afrique centrale, tome II.
— Belgique militaire, 1S98. p. 706; 1902. p. 139.
FRANÇOIS, EUGÈNE.
né à Bruxelles, le 31 mars 1859.
Parti pour la première fois au Congo, le 6 novembre
1894, il exerce successivement les fonctions de sous-direc-
teur, de directeur et de directeur général de l'Agriculture.
Il organise également, en qualité d'inspecteur forestier,
le service du contrôle de la replantation du caoutchouc.
Après avoir accompli au Congo trois séjours, d'une
durée totale de sept ans, François démissionne et est nommé
directeur général honoraire, par décret du 11 octobre 1904.
Il est actuellement chef de division au ministère de
l'Industrie et du Travail de Belgique, chevalier de l'Etoile
africaine, chevalier de l'Ordre royal du Lion et décoré
de l'Etoile de service à trois raies.
PUBLICATION :
— Rapport au congrès d'expansion mondiale de Mans, 190b.
— II.)
VAN DEN PLAS, joseph.
lu'' à Hossiil-CKtllci'lKiin, \r S.) scplciiihiv l,Sr),S.
P;irl \)()nv le (loni^o !('. <) iii;ii ISDi, (mi (|ii;iliU'Ml('. commis.
Noiiniu' chef tl(^ la /ono du Mayiimhc, il sf'journc plusieurs
années à Lemha. Il remonte le cours de la Lukula et visile
le Luan<^'o, (Mili-e Zobe et l'embouchure de la Biulu.
Deuxième deparL, le (> mars 181)9, comme sous-intendant.
Se rend une troisième fois au Congo, le 2(3 avril 1000,
comme directeur de l'administration locale à Borna et effectue
une tournée d'inspection au lac Léopold II et dans le
Kwango oriental.
11 est chargé par le gouverneur général de vérifier la
comptabilité dans le district de l'Uele et dans l'enclave
de Lado. Il arrive à Lado le 20 décembre 1906 et se dirige
vers Yei.
Décoré de l'Etoile de service à trois raies.
PUBLICATIONS :
— Le Mayumhe. Conférence faite à la Société royale de Géographie d'An-
vers, le 2(5 janvier 1899. Bull. t. XXIII, p. 39.
— Le Mayumbe. (Mouvement antiesclavagiste. 1892).
REZETTE, JEAN, JOSEPH,
né à Jamoigne, le 31 octobre 1857.
Ingénieur. Part pour le Congo le 1 mai 1888, en qualité
de directeur des transports de la marine et des travaux
publics, à Boma.
11 fait deux séjours en Afrique, de mai 1888 à mai 1894.
Décoré de l'Etoile de service à deux raies.
Commandants de la Force publique.
N. B. Le chef suprême de l'arméi est le gouverneur général ; le chef de
l'Etat-Major, qui réside toujours au siège du i^ouvernement, a le titre d'in-
specteur d'Etat commandant de la Force Publique.
ROGET, LÉON,
né à Bruxelles, le 21 juin 1858.
Lieutenant adjoint d'Etat-Major.
Se rend au Congo le 16 avril 188G.
Trois faits marquent d'une façon particulièrement frap-
pante dans la carrière africaine de Roget : l'organisation
de la force publique de l'Etat, dont il est le premier com-
mandant; la fondation de la station de Basoko, dont il
fait un camp retranché modèle ; l'exploration de la rivière
Itimbiri et de l'Uele, où il gagne à l'influence de l'Etat
le puissant chef niam-niam Djabir.
Organisation de la F. P. (')
Roget est nommé commandant de la force publique, le]
(1) Dans les premières années de l'occupation du Congo. Stanley et ses
adjoints avaient pour escorte des Zanzibarites, soixante-dix porteurs et.
t
ROGET, Léon.
(Cliclié (lu jouriiîil Congo illustré)
— 'I / / - -
17 aoùL 1SS(). Ce ii'esL [):i.s une mission Incilc; (jnc eell'î
d'or^'aiiiser, avec les éléineiils (lisj):ii';iL(is, donl on (lis[)c)se
alors, une l'orée de police disei[)liné;î, du suh^tihr'.r ^-ra-
duelleuient aux mercenaires ('lran<4-ers du déhul, des soldats
recrutés sur le territoire môme d(i l'I^^tat et de leur donner
une éducation militaire complète.
C'est la tâche à huiuelle s'appli(jue d'abord, à Homa,
le commandant Roget. Pendant deux ans il poursuit cette
mission ingrate d'inculquer la discipline et de faire ensei-
gner le maniement des armes aux sauvages Bangala.
soldats tout à la fois. La solde journalière de ces soldats avait été fixée à
1.25 fr. Plus tard, les officiers anf^lais, au service de l'Etat, introduisirent
des Haoussa, des Elmina, des Yomba, qui n'avaient pas les qualités de
porteurs des Zanzibarites, mais possédaient quelque teinte de discipline mili-
taire, beaucoup d'entre eux, ayant servi dans les troupes du protectorat du
Niger.
Ces hommes étaient répartis dans les postes, sans aucune administration
propre, ni autonomie.
En 1885, l'organisation militaire au Congo comprenait un effectif de cent
volontaires de la côte.
L'établissement d'une F. P. régulière date de 1886. Le gouvernement
s'efforça de créer une armée indigène; le capitaine Coquilhat, le premier
en 1885, parvint à engager un certain nombre de Bangala. En 1886, le
lieutenant Van Kerckhoven décida un contingent à se rendre à Léopoldville;
dix consentirent à descendre à Boma, où ils furent exercés par le sergent-
major Roma. Ces dix hommes furent les premiers soldats indigènes de l'Eltat.
Les premiers décrets organisant la F. P. sont du 5 août et du 17 novembre
1888. {Le Congo, 30 juillet 1905.)
*
^ ^
En 1902, on comptait trois cent dix-huit volontaires de la côte, quatre
mille neuf cent soixante-seize volontaires indigènes, neuf mille cinq cent
quatre-vingt-trois miliciers, soit un total de quinza mille trois cent soixante
dix-sept hommes. L'Etat peut être fier des résultats obtenus et sa F. P. peut
compter parmi les meille-ires troupes coloniales du monde. {Histoire militaire
du Congo, p. 9.)
— 478 —
Il établit une batterie de salut à Borna, est chargé de
la police du Bas-Cong-o, en aval de Lukungu jusqu'à
l'Océan; commande ou dirige toutes les expéditions du
Bas-Congo, enfin, pendant le môme temps, il élabore les
règlements disciplinaires organiques et administratifs, qui
furent sanctionnes par le gouvernement central et appli-
qués, presque sans changement, jusqu'à ce jour.
Quant aux règlements d'exercice et de manœuvre, il
les étudie sur place et transmet le fruit de ses recherches,
par des instructions inscrites au cahier d'ordres de la F. P.
Les résultats que Roget obtient sont donc pleins de
promesses pour l'avenir et, lorsqu'il laisse le commande-
ment de sa milice noire à son successeur, le commandant
Avaert, l'Etat ])ossède un premier noyau d'indigènes
exercés, capables de lui rendre des services multiples,
aussi bien pour le maintien de l'ordre dans les stations,
que pour l'escorte des caravanes de ravitaillement et des
expéditions de découverte.
Roget rentre en Europe le 21 octobre 1888.
Cette même année, le Roi, préoccupé d'opposer aux trai-
tants arabes une barrière contre leurs sanglantes incursions,
avait décidé l'établissement de deux camps retranchés,
situés; l'un, sur l'Aruwimi contre les Arabes venant du
Nord et du côté des Falls; l'autre, sur le Lomami, destiné
à empêcher le passage du côté de Nyangwe et du Katanga.
Roget repart pour le Congo, le 11 avril 1889, en qualité
de commissaire de district de première classe, désigné
pour le territoire de l'Aruwimi-Uele.
Fondation du camp de Basoko.
Chargé d'aller fonder un camp avancé sur l'Aruwimi,
c'est à la tête de six cents soldats disciplinés ([ue Roget
crée, fortifie et développe la position de Basoko (juillet
1889-septembre 1890) qui, entouré de plantations capa-
bles d'alimenter son nombreux personnel noir, devient j
— 479 —
l)ieiUol la base do louto une série de rriielieuses expé-
ditions v(M's le Nord.
Los Falls viennent, à ce moment, d'êlre réoccupés [y,\r
le capilaine \'an (ièl(% et Tippo-Tip assume les fonctions
de vali au service de l'Ktat. Il s'agissait donc d'édifier à
proximité du centre des opérations des Arabes, sur le
IIaut-Con<j;o, et sans donner oml)rage à ceux-ci, un |)oste
Ibrtitié capable de faire respecter les décisions de l'I^^tat
et, au besoin, de s'opposer à un mouvement armé vers
l'Ouest.
Le but principal de l'expédition était de prévenir les
incursions arabes, de protéger les indigènes et de les amener
à rechercher la protection de rp]tat.
Pendant que Roget prenait un congé en Europe, Van
Kerckhoven installait l'avant-garde de l'expédition.
Le personnel blanc et noir, envoyé par le gouvernement
central, pour édifier rapidement le camp de Basoko et pour
permettre au capitaine Roget de se porter avec célérité,
dès son arrivée, vers le Nord et vers l'Est, avait été très
largement employé par Van Kerckhoven, dans diverses
missions
A part les Bangala, encore peu disciplinés à cette époque
et pouvant aisément déserter de l'Aruwimi en s'abandon-
nant au fleuve dans des pirogues, la F. P. réunie à Basoko
était composée de soldats dont le temps de service allait
expirer. Roget ne pouvait s'aventurer dans des expédi-
tions de grande envergure avant d'avoir reçu des soldats
des nouvelles levées, les anciens réclamant leur rapatrie-
ment. Cette situation limita souvent son action.
Roget s'emploie avant tout à consolider les assises de
son camp et doit y consacrer presque tout son personnel.
Exploration de l'Itimbiri et de TUele.
Vers la mi-décembre 1899, Roget expédie le sous-officier
Duvivier en avant pour aller fonder un poste de ravitail-
— 480 —
lement sur la Loïka (Itimbiri). Duvivier découvre à Ibembo
une situation favorable pour ce poste et s'y établit.
Roget fait en secret tous les préparatifs d'une expédi-
tion et décide de ne pas se fier aux Arabes, en se lais-
sant g'uider par eux; il abandonne le chef arabe Dalim-
ben-Mohamed et, quelques heures après la séparation, il
se met en route pour gagner l'Uele.
Accompagné du lieutenant Milz, le seul blanc bien por-
tant, à ce moment, il descend le Congo jusqu'à la bouche
de la Loïka, remonte ensuite l'Itimbiri jusqu'à Ibembo et
y trouve Duvivier, qui avait accompli sa tâche avec intel-
ligence.
A Acuëttana, il laisse un poste composé de quelques
hommes, puis, sans avoir pu trouver un indigène pour lui
servir de guide, il suit la vallée de la Tinda. L'explora-
tion reconnaît les principaux affluents de la rivière qui décrit
une courbe inharmonique au régime h^^drographique général
de la région. La petite troupe continue sa marche vers le
Nord, et après des fatigues énormes, n'ayant que des feuilles
pour nourriture, parvient à Mpocho et s'y repose un peu.
A Likatu, Roget est bien reçu par le chef Enguettra.
Forçant ses marches, il arrive à Djabir vers la mi-février.
La réception qui lui est faite par le chef Djabir n'est
pas moins solennelle que ne fut celle de Van Gèle chez
Bangasso.
Le capitaine Roget fonde à Djabir une station, qu'il confie
au sous-lieutenant Milz, avec le sergent De Bauw comme ad-
joint; puis, il redescend en hâte à Bumba et se rend à Basoko,
pour se réapprovisionner et prendre de nouveaux soldats.
Roget retourne à Djabir; il avait formé le projet de recon-
naître la région inexplorée qui s'étend au Nord de l'Uele.
Le 27 mai 1890, il fait une exploration au Nord de
l'Uele; accompagné de Djabir, il traverse le Songo, puis
le Dapa, cours supérieur du Bomu. Il pousse jusqu'au
village de Bakasa-Solongo, située près des sources du
— 481 —
N^»"ansoii, \\n dos alIIiKMils du Hoiim iiioyfMi; traverse le
villn^e de Deiidoiiié, passe le Mhili et arrive à Solongo, il
touclio Hoinu, mais il est l'orcé d'abandonner son explora-
tion plus au Nord, ne parvenant plus à renga^'-er un nombre
sulïisant de ses soldats mercenaires qui exigent leur rapa-
triement.
Au retour, il suit un cbemin plus à l'Est et traverse,
au Sud du Gongo, le village de Basia. Roget rentre à Djabir
le 9 juin.
Cette dernière reconnaissance ainsi que les points atteint
en amont et en aval de Djabir, lui ont permis d'accomplir
le raccordement de ses itinéraires avec ceux de Juncker
et de Schweinfurt. Quoique très fatigué et à peine remis
d'une violente attaque d'bématurie, il se propose toutefois
de pousser une reconnaissance vers l'Ouest et suit la rive
gauche de l'Uele, traversant le pays des Kambugos.
Roget avait pour instructions formelles de ne pas engager
la lutte avec les Arabes, mais de chercher à faire évacuer
pacifiquement par eux la partie de sa province déjà envahie.
11 y réussit. Il doit cependant parfois employer les armes
ou permettre à ses lieutenants d'en faire usage. Il oppose
aux Arabes le système arabe. Il prépare la réoccupation
d'une partie de territoire et se rend aux Falls, auprès du
Vali ou auprès de Raschid à Isanghi. Là il affirme ses
bonnes intentions, se plaignant des difficultés que lui oppo-
saient les lieutenants de Tippo-Tip en demandant qu'un
grand chef arabe l'accompagnât pour châtier les petits
chefs arabes récalcitrants. Roget obtient carte blanche de
Tippo-Tip et de Raschid.
C'est ainsi que Roget crée la barrière qui s'étendait de
Basoko à M'Bomu, du Sud au Nord.
Il allait entamer les opérations vers l'Est, lorsque la
maladie le terrassa.
L'expédition Van Kerckhoven devait achever l'œuvre com-
— 482 —
mencée et la situation vis-à-vis des Arabes n'obligeait plus
les chefs de mission à la prudente réserve des débuts.
Roget rentre malade à Basoko, après un voyage précipité.
L'hématurie le frappe de nouveau. Il se rend à Borna, où le
gouverneur (^oquilhat veut l'employer comme secrétaire
général, mais, par ordre des médecins, il rentre en Bel-
gique à la fin de décembre 1890.
Après avoir repris son service militaire en Belgique et
professé à notre Ecole de guerre, il est désigné pour
représenter le capital belge engagé dans la compagnie à
charte de Mozambique.
Nommé directeur général à Lisbonne, il fait ensuite
deux séjours dans les territoires de la compagnie dans
l'Est africain en qualité d'inspecteur général, puis reprend
la direction générale de la grande compagnie à charte à
Lisbonne.
De retour en Belgique, en décembre 1905 et en août
1906, Roget se rend deux fois en Afrique pendant cinq
mois, en qualité d'administrateur directeur de la com-
pagnie des magasins généraux du Congo, pour y inspecter
et réorganiser les établissements de la Société.
Roget est actuellement major d'Etat-Major en retraite,
chevalier de l'Ordre de Léopold et de l'Ordre royal du
Lion, officier de l'Ordre de Saint-Bento et Aviz, décoré
de la Croix militaire de deuxième classe, de la Couronne
royale de Prusse de troisième classe et de l'Etoile de
service.
Roget a donné de nombreuses conférences sur l'œuvre
belge-africaine, ainsi que sur les us et coutumes des peu-
plades situées au Nord du Congo, dans la région de
l'Aruwimi et au Nord de l'Uele.
— -183 —
PUBLICATIONS:
Le district de V Aruwimi-Uele. (r^iblication de ri''t;it du Conj^o, N" 5,
1 br. in-8o do ;V.) pp. Hiuxelles, Van der Anwora, IHDl. Bulletin de
la Société royale belge de Géogi-aphio, 1891, N" 2).
Le sultanat de DJabir. (Mouvement ^Géographique, p. 101).
La pénétration du centre africain. Banana port maritime et tête de
li(pie du chemin de fer. (Kn collaboration avec Pouibaix) publica-
tion de la Société d'études coloniales 1905, p. 385).
Coriférence sur le rôle de la force arm,ée au Congo. {I>uilelin de la
Société d'études coloniales, 189G, p. 3).
Collaborateur de l'Art militaire au Congo. (Société d'études col(jniales}.
Collaborateur du Guide du voyageur. ^Société d'études coloniales).
Travail sur le recrutement du personnel. (Congrès mondial de Mons, 1905).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
Mouvement géographique, 1885, p. 31; 1891, p. 21; 1899, p. 395.
(>HAPAUx. Le Congo historique, pp. 170, 211, 316, 444 et 635.
Belgique ynilitaire, 1905, pp. 313 et suivantes.
AVAERT, HENRI. MICHEL, EUGÈNE,
né à Saint-Josse-ten-Noode, le 4 octobre 1851.
Lieutenant au 5^ régiment de ligne.
Entre au service de l'Association Internationale du Congo,
le 7 février 1882 et est attaché aux bureaux en voie d'orga-
nisation.
Part pour le Congo, le 15 août 1882, et arrive le 15 octobre
à Manyanga, où il est adjoint au chef de la station. Il se
dirige de là vers Léopold ville.
Il rentre au camp de Manyanga, atteint de typhus ;
guéri, il se rend, dans le courant de février 1883, dans le
Kouilou (').
(1) Actuellement territoire français.
181
Rappelé par Stanley à Issanghila, il devient comman-
dant de cette station, le i mars 1883, mais atteint d'ané-
mie, il est forcé de rentrer en Europe, le 3 décembre 1883.
Avaert retourne en Afrique, le 15 février 1886, comme
secrétaire du vice-administrateur général, à Boma. Il est
chargé d'une mission à Massabe en territoire portugais,
et, ensuite, de rouvrir la route des caravanes au Nord
(lu fleuve.
Il est nommé substitut du ministère public près le tri-
bunal d'appel, siégeant à Boma, le 11 mai 1886.
Rentre en Belgique le 10 mai 1887.
Est nommé au commandement de la F. P. de l'Etat, le
1 août 1888 et son troisième départ pour le Congo date
du 24 août suivant.
Avaert dirige une expédition contre les Mussuronghes,
dans le delta du fleuve, en août de l'année suivante.
Revient en Belgique le 30 octobre 1880 et est attaché
au département de l'Intérieur de l'Etat comme faisant
fonctions de chef de division.
Accomplit une mission en Egypte en 1890 et une autre
au Mozambique, en 1801.
Il est colonel commandant le 13^ régiment de ligne
Officier de l'Ordre de Léopold, décoré de la Croix mili-
taire de première classe, de l'Etoile de service et du
Medjidié de quatrième classe.
PUBLICATIONS:
Notes sur la population de Banana à Manyanga. (Mouvement géogi-a-
phique, 1895, p. 92).
Les Mahabas. (Mouvement géo^rraphique, 1888, pp. 67 et 70).
Su7' le Bas-Congo. Annexe II de l'ouvrage de Coquilhat Sur le Haut-
Congo, pp. 487 et 503).
Les Cauris. (Belgique coloniale. 1898, p. 330).
— isr) —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Mouvement géographique, 1881, p. (5.
Chapaux. Le Congo historique, pp. Hl et ()3r).
VAN DE PUTTE, léon. Frédéric.
né à Gand, le 8 août 1847.
Capitaine commandant au l'' régiment d'artillerie.
Part pour le Congo, le 25 mars 1890, avec Coquilhat, en
qualit('' de commissaire de district de première classe, hors
cadre.
Nommécommandant delà F. P., par décret du 27 juin 1890.
Revient en Europe le 20 juin 1891.
Actuellement retraité à Gand, après avoir commandé
comme colonel le 4^ régiment d'artillerie à Louvain.
Officier de l'Ordre de Léopold et décoré de la Croix
militaire de première classe.
FOURDIN, LÉOPOLD, JOSEPH.
né à Lennick Saint-Martin, le 13 mai 1856.
Il prend part à l'expédition militaire au Mexique.
Part pour le Congo, le 3 septembre 1891.
Capitaine commandant en chef de la F. P. de l'Etat, de
1891 à 1893.
Rentre le 21 août 1893.
Major d'infanterie en retraite à Matines.
Chevalier de l'Ordre de Léopold, décoré de la Croix mili-
taire de première classe, médaillé de l'expédition de Mexi-
que et de l'Ordre royal du Lion.
4sr,
DIELMAN, GEORGES, CHARLES, EUGÈNE,
AUGUSTE
né à Saint-Josse-len-Noodo, le 23 octobre 1853.
Capitaine en second de deuxième classe au régiment
des grenadiers, puis capitaine commandant au 13^ régi-
ment de ligne.
Part pour le Congo, le 6 mai 1892.
Commandant de la F. P., de 1892 à 1895.
Rentre en Europe, le 10 août 1895.
Se rend une deuxième fois en Afrique, le 8 avril 1896,
pour reprendre ses fonctions de commandant de la F. P.
Revient en Relgique, le 20 juin 1898.
Nommé commandant supérieur de la F. P., il s'embarque
une troisième fois pour l'Afrique, le 6 février 1899, et
rentre en Europe, le 9 juin 1900.
Major d'infanterie en retraite (Bruxelles), chevalier de
i 'Ordre de Léopold et de l'Ordre royal du Lion, décore
de la Croix militaire de première classe, de l'Etoile de
service et de l'Ordre de l'Epée (Suède) de première classe*
VAN DORPE, JULES, LÉOPOLD.
Notice biographique déjà publiée, p. 409.
WARNANT, ERASME, JOSEPH,
Notice biographique déjà publiée, p. 316.
PATERNOSTER, louis.
Notice biographique déjà publiée, p. 304.
(Depuis la publication de celte notice, le commandant
Paternoster est mort au Congo, le 4 décembre 1907).
Secrélaires généraux du gouvernement local
et secrétaires des gouverneurs.
VAN DE VELDE, Frédéric; joseph,henrl
né à Saint-Gilles lez Termonde, le 6 septembre 1852; décédé
en mer à hauteur de Lagos, le 30 septembre 1891.
11 est envoyé au Gong'o, en 1887, comme secrétaire général
du gouvernement local à Boma.
Il retourne en Afrique avec le titre de commissaire de
district.
Le 15 juillet 1889, il quitte Lonkougo, avec Liénart et
Lehrman comme adjoints, pour aller explorer la région
au Sud et Sud-Est du Stanley-Pool, dans le bassin du Kwango,
de rinkissi et du Lunda.
Il longe la frontière méridionale de l'Etat, dans la vallée
de la Lukunga jusqu'à Kimbere, l'une des stations des
ingénieurs de la compagnie du chemin de fer, au coude
que forme la rivière pour changer de direction. Il pousse
ensuite vers l'Est par les centres réputés, mais peu visités
de Kinsuka et de Zungna. Au delà de ce dernier point,
l'expédition prenant la direction Nord-Est passe près des
sources du Kwilu, franchit l'Inkissi dans son cours moven
- 488 —
et g-agnclo Kwango à travers un pa^-s absolument inconnu,
pour aboutir, par environ le 6" de latitude, un peu au Nord
du villag-e Popokabaka, résidence du chef N'Goa.
Van de Velde se rend à Kasongo-Lunda, puis se dirige,
par une contrée inexplorée, vers Luebo, résidence de Muene
Putu Kasongo, le chef le plus puissant du Lunda, qui
dispose de vingt mille fusils. Celui-ci reçoit fort bien l'expé-
dition.
Van de Velde rentre à Léopoldville en mars 1890.
De retour en Europe, le capitaine Van de Velde est
charge d'une mission au Congo ])ortugais.
A son retour de Saint-Paul de Loanda, il meurt en route
le 30 septembre 1891, à hauteur de Lagos, à bord de
V Edward Bohlen.
Capitaine commandant adjoint d'Etat-Major au 5^ régi-
ment d'artillerie, secrétaire général honoraire de l'Etat
indépendant, décoré de l'Etoile de service.
PUBLICATIONS:
Le Bas Congo. (Bulletin de la Société royale belge de Géographie,
Bruxelles, 1888, pp. 521, 534 et 1 br. in-8<» de 12 pp.).
Des esclaves et de V esclavage domestique. (Mouvement antiesclavagiste,
1801, pp 141, 148).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Mouvement géographiqiie, 1887, p. 76, et 1890.
Baron Dhams. L'exploration et l'occupation du Kvoango oriental. (Bul-
letin de la Société royale de Géographie d'Anvers, 1906, p. 34).
— 480 —
DESTRAIN, EDMOND, MARIE. HENRI,
né à Anvers, lo 13 cléceml)ro 1851; décédé à Anvers, le
'J7 novembre 1890.
Kx-lieutenanI, au 5*' ré^'inKMil, de li«^ne.
Il s'on^-ag'c au service de l'Association internationale afri-
caine et part pour le Conf>o, le 24 mai 1882.
Va\ juillet 1882, il est nommé adjoint à la station de
Vivi, i)uis est envoyé au Stanley-Pool où il séjourne
quel([ues mois. Il effectue ensuite une ex})loration à la côte
maritime dans le Kouilou, sous les ordres du capitaine
Grant Klliott, et pour compte du Comité d'Etudes.
Les autres membres de l'expédition sont Légat, le l)'^
von Schaumann, Lehrman, Rutliven et Ilingsworth. L'ex-
ploration a pour objet la région quasi-inconnue qui s'étend
au Nord du Bas-Congo et qui forme le bassin du Tchiloango
et du Kouilou-Niadi.
L'association fonde, dans le bassin de Tchiloango, la
station de Strauchville, ainsi nommée en l'honneur du
colonel Strauch, le dévoué président de l'Association inter-
nationale du Congo. Le Tchiloango a peu d'importance;
il a ses sources au Nord de l'Issangila et débouche dans
l'Océan Atlantique, au petit port de Landana.
Le Kouilou-Niadi a une importance beaucoup plus grande.
11 a sa source un peu à l'Ouest du Stanley-Pool, décrit
à travers la contrée de nombreux méandres et va se jeter
dans l'Océan, un peu au Nord de Ponta Negra et de Loango.
Au delà de la station de Toutonville (Kitabi) commencent
les rapides.
L'expédition du capitaine Elliott établit dans le bassin
du Kouilou de nombreuses stations (').
(1) Citons Grantville (latitude 4o 35', longitude 11° 46') sur la côte, an Sud
de l'embouchui-e du Kouilou fondée en 1883; Rudolfstadt (latitude 4» 30',
longitude 11° 42') sur la côte à l'embouchure du Kouilou; Alexandraville
— 490 —
Destrain fonde et prend le commandement de Stépha-
nieville (latitude 3"" 59', longitude 13° 15'), ainsi nommée
en riionneur de rarcliiducliesse d'Autriche, fille de notre
Roi. Il a Maloney comme adjoint.
Il explore ensuite tout le pays entre cette station et
celle d'Issang-bila et de Boma, sur le Congo.
Se rend, le 25 décembre 1882, à la station de Manyanga
et de là au Pool, via Lutete.
Il descend vers Issanghila, par ordre de Stanley. Visite
les mines de cuivre de Boko-Songo et fonde les stations
de Boko-Songo et Kitabi. Rentre en Europe le 21 juin 1885.
Le 29 août suivant, il retourne au Congo comme con-
servateur des titres fonciers (1 août 1885) et secrétaire du
vice-gouverneur général Janssen; il est nommé ensuite
directeur intérimaire des finances, le 15 juin 1887, et direc-
teur des finances le 2G novembre 1887.
En 1887, Destrain explore la Lukuga avec Janssen et le
capitaine Jungers.
Il revient en Europe en avril 1888 et est nommé cbe-
valier de l'Ordre de Léopold.
Enfin, le 22 août 1888, il retourne une troisième fois
au Congo, où il est nommé aux fonctions de secrétaire
général du gouvernement local (9 mars 1889).
On rapporte que, retournant au Congo, Destrain fit escale
à Monrovia, capitale de la république de Libéria et y
découvrit un village habité par des nègres du Congo.
Ceux-ci formant, vers la fin de la traite, la cargaison
d'un négrier, furent précipitamment débarqués sur cette
côte, pour échapper à la poursuite d'un croiseur, et s'y
sur la côte au Sud de l'embouchure du Kouilou ; Nyanga (latitude 3° 0) à
l'embouchure du fleuve Nyanga; Mayumbe (latitude 3° 20') au Nord de
l'estuaire de Banya; Sette-Cama (latitude 2° 40') à l'embouchure du Setté;
Baudouinville (latitude 4° 8', longitude 12° 0), etc.
491
('(al)lirent. Ces inalhciir(Mix sollicitèrent leur rapatriement
auprès (le Destrain.
Le 31 janvier 1889, Desirain procède à l'installation des
colons noirs sur les lei'ritoires ({ui l(Mir furent octroyés à
Ntonihe, près Baiiana. Ils étaient (piaranle, divisés en
huit familles, qui manifestèrent leur joie d'être rétablis
dans leur paj^s natal, dont ils avaient ('t(? arrachés par
des nég'riers, il y a vin^'t-huit ans.
Kn 1890, alors qu'éclate le conflit Congo-Portugais, relatif
à la souveraineté de Lounga, Destrain est designé avec
Jungers, comme membre de la commission de délimitation.
Au mois de septembre 1890, il revient malade en Europe,
s'arrête pendant quelque temps à Madère, et meurt en
arrivant à Anvers, le 27 noveml)re 1890.
PUBLICATIONS:
Productions et négoce du Bassin du Kwilou-Niadl. (Bulletin de la Société
royale Belge de Géographie, 1886, pp. 115-123).
Le district de StéphanieviUe et le district minier de M' Boko-Songo. —
Bassin du Quilou Niadi. (Publication E, 1. C. N° 6.) Bulletin delà
Société royale Belge de Géographie, 1891, p. 485).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
De Martrin-Donos. T. II.
Mouvement Géographique, 18S1, p. 3; 1891, p. 114.
Chapaux. Le Congo historique, p. 88.
J. A. Wauters. Les Belges au Congo.
~ 492 —
LOMBARD, R. p, E.,
né à Leiize, le 16 juillet 1859.
En 1891, il l'ait fonctions de secrétaire général à Borna.
Commissaire de district de deuxième classe à Boma.
Chef de service à l'administration centrale de Bruxelles,
département de l'Intérieur.
LEROL GUSTAVE, CHARLES, ALEXANDRE,
Nommé secrétaire général du gouvernement local à Boma,
le G avril 1892.
(La notice biographique avec portrait est publiée, p. 394).
GHISLAIN, LOUIS, FRANÇOIS,
Nommé secrétaire général du gouvernement local
Boma, le 6 juin 1894.
(La notice biographique est publiée, p. 251)-.
„j^<Miçji^_
TiV liJtïZ ÏQir.:»*.
((Oiiekê «Ab Jonnall £« Cfi^.
— 493 —
VAN DAMME, maurice,
lié à I^rux(;lles, en 'piiivicr 1805.
A Mccompli cÀn(\ séjours au Con<,''o: 1'^ de août 1800 à
août 189 1; 2" (le iriars 18:J5 à janvier 1898; .> du 0 octobre
1898 à septembre 1901; 4" de juillet 1902 à août 1905; 5"
départ du 17 mai 190G.
Il est attaché depuis 1890 au secrétariat général ; secrétaire
général adjoint, puis secrétaire général titulaire depuis
sept ans.
Pendant les treize ans qu'il a séjourné au Congo, il n'a
cessé de résider à Homa, où le retenaient ses hautes fonc-
tions, si ce n'est, en 1892 et en 1898, quand il a accompagné
le gouverneur général baron Wahis et le vice-gouverneur
général Wangermée dans leur tournée d'inspection dans
le Ilaut-Gongo.
Officier de l'Ordre royal du Lion, chevalier de l'Etoile
africaine, décoré de la troisième classe de l'Ordre de la
Couronne de Prusse et de l'Etoile de service à quatre
raies.
BRANDEU HENRI,
né à P>ruxelles, le 22 mai 1871.
Part pour le Congo le 6 octobre 1892.
Désigné pour être attaché, comme commis, à la station
de Léopoldville, Brandel est forc/i de redescendre à Boma
pour motifs de santé; son état s'étant amélioré, il demeure
dans la capitale congolaise, en qualité d'adjoint à la direc-
tion des travaux publics.
En novembre 1897, Brandel passe au secrétariat général
— comme secrétaire adjoint — puis, en août 1898, il est
promu chef du cabinet du gouverneur général.
Il revient en Europe, le 23 août 1900, après avoir résidé
au Congo huit années consécutives.
— 494 -
Brandel regagne une troisième fois Borna, le 11 février
1901, et remplit pendant ces trois dernières années les
fonctions de secrétaire général adjoint du gouverneur.
Rentre en Belgique le 4 mars 1904.
Brandel est otïicier de l'Ordre royal du Lion et décoré
de l'Etoile do service à trois raies.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— Le Congo, Moniteur colonial, 1004, p. 6.
DANCO, PIERRE, M. J.,
né à Anvers, le 8 juin 1871.
Part pour le Congo le G août 1893, comme sous-intendant
de deuxième classe. Remplit les fonctions de secrétaire
du gouverneur général Wahis, à Boma.
Directeur de la société Urselia.
S'embarque à Lisbonne, le 6 août 1902, avec le comte
A. d'Ursel, pour inspecter les plantations que l'Urselia a
créées dans le Mayumbe fin 1898, et qui comptent sept
à huit cent mille cacaoyers et environ trente mille arbres
à caoutchouc.
PUBLICATIONS:
— Ook een ideaal, roman écrit au Congo et couronné au concours du
Davidsfonds.
— Le Congo, conférence faite à la Société royale de géographie d'Anvers,
le 15 janvier 1897.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— Mouvement géographique, 1902. p. 364.
BORREMANS, Oscar.
(Cliché (lu journal Le Congo).
— 495 —
BORREM ANS, oscar, joseph. casimir.
lié lo 2() juin JS():i.
S'cn«jfîi^(3 à {[uiiize ans au régiinenl des ^Tcîiiadiers, où il
ac(iuiert lous ses grades jus(ju'à celui d'adjudant.
Noiniué sous-lieuLenant en 188G, il passe au 4'' rég'inienl
de ligne, ])uis, en 1889, au régiment des carabiniers.
Borreinans est nommé lieutenant en 1893 et, l'année
suivante, porte-drapeau et secrétaire du colonel de Kete-
laere, puis des colonels Ninitte, Tiinmermans et Piocli.
En 1901, il est promu au grade de capitaine.
S'embarque le 4 mai 1905, comme secrétaire du gouver-
neur général, baron Waliis. Frappé d'ophtalmie dès son
arrivée au Congo, il rentre le 28 août 1905.
Capitaine commandant au régiment des carabiniers.
HAUTS FONCnONNAIRES DU DÉPARTEMENT DES FINANCES.
DESTRAIN, EDMOND,
La notice biographique est puljliée à la page 489.
DE KEYSER, émile.
né à Schoorisse, le 30 mars 1856.
S'engage au service de l'Association internationale du
Congo le 15 mai 1885.
Part pour le Congo le 13 octobre 1885.
« La constitution de l'Etat Indépendant du Congo et l'avènement
» du roi Léopold à la souveraineté, furent proclamés à Bruxelles
» le 29 mai 1885. Deux mois après, le 19 juillet, la proclamation
» du nouvel Etat avait lieu à Banana, dans une cérémonie présidée
» par l'administrateur général, sir Francis de Winton, et à laquelle
» les représentants de toutes les maisons de commerce, établies
» sur la rive droite du fleuve, ainsi que des chefs indigènes résidant
» sur le territoire de l'Etat entre la côte et Borna.
» L'Association internationale du Congo s'était surtout appliquée
DE KEYSER, Emile.
(Cliché du Mouvement géographique].
— 497 —
» il occupLM' i^raduelleinoiit son tcM'ritoiro et à oom{)lét('r, [)ar dos
» nouvelles exi)lorations, les (iécouvci'tcs de Stanley le loii;,^ de
» la )ii';iiK'lio maîtresse du Congo.
» Après in conférence de Berlin, sans négliger en rien les questions
» scientifiques qui l'intéressaient toujours au plus haut point, le
» Gouvernement de l'Ktat se préoccupe principalement d'organiser
» dans ses provinces les divers services publics, de former les
» cadres de l'administration nouvelle, d'en créer les principaux
» rouages, d'en déterminer la sphère d'activité... La tâche était
» lourde.
» Au lendemain du vote, par lequel les chambres belges auto-
» risaient le Roi à assumer la souveraineté de l'Etat du Congo,
» un gouvernement central fut constitué à Bruxelles. Il se cora-
» posait de trois départements ayant respectivement dans leurs attri-
» butions les affaires étrangères, les finances, l'intérieur.
» En Afrique, l'administration générale reçut également son orga-
» nisation qui comprenait un gouverneur général, représentant
» du gouvernement, un vice-gouverneur, des inspecteurs d'Etat et
» trois directeurs de service.
» Le gouvernement, ainsi constitué, se préoccupa d'abord d'or-
» ganiser l'administration de la justice et de substituer le règne
» de la loi à l'anarchie, qui dans cette partie de l'Afrique, avait
» longtemps assuré l'impunité à toutes sortes d'abus.
» Dès le commencement de 1886, un tribunal de première instance
» siégea dans le Bas-Congo et, dans le courant de la même année, l'Etat
» promulgua un code pénal qui fut complété en 1888, et auquel sont
» venues s'ajouter depuis, des dispositions nouvelles, dont l'expé-
» rience à démontré l'utilité.
» Dès 1885, le régime foncier, le service postal et le service sanitaire
» fonctionnèrent au Congo. Mais c'est surtout en 1886, lorsque l'Etat
» fut définitivement organisé, que les différents rouages de l'admi-
» nistration reçurent le développement qu'ils comportaient.
» Tous les services furent établis à cette époque.
(Con(jo illustré).
Durant son premier séjour au Congo, du 13 octobre 1885
498
au 23 octobre 1888, De Keyser occupe successivement ou
cumulativement les fonctions de contrôleur des postes
(24 novembre 1885), contrôleur des droits de sortie, (27 mars
1886), notaire, juge suppléant près le tribunal de première
instance du Bas-Congo (1886), commissaire de district à
l^anana (1887); directeur des finances ad intérim, le 23 janvier
1888.
Il revient en Europe en octobre 1888.
Il est nommé directeur des Finances le 9 mars 1889 et
retourne en Afrique le 28 avril suivant. En 1891 il fait
fonction de secrétaire général du gouvernement central.
Il rentre en Belgique le 1 septembre 1891.
Repart une troisième fois le 6 avril 1893, en qualité
de directeur général du département des finances à Boma,
(à titre personnel depuis le 25 mars 1893).
Son quatrième séjour, qui date du 6 juin 1896, se prolonge
jusqu'au 6 août 1898. II est assimilé à litre personnel, au
rang d'inspecteur d'Etat le 1 avril 1897.
Chevalier de l'Ordre royal du Lion, décoré de l'Ordre
du Lion et du Soleil de Perse et de l'Etoile de service
à quatre raies.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— Coiigo illustré, 1893, p. 97.
BOLLE, ARTHUR, JOSEPH, GHISLAIN,
La notice biographique est publiée à la page 407.
— -199 —
ROSSIGNON, EDOUARD, VICTOR. MARIE, OSCAR,
né à .lanioi^ne, \o 22 janvier 1<S58.
Il se rend au C()n<;-o, le 25 janvier 18(S8, comme allaclifi
au service des Fiiumces.
Il rentre en Europe le 17 décembre 1890.
Second d('part: le 3 juillet. 1891.
Nomme contrôleur des Impôts, le 21 septembre 1893,
il rentre en Belgique le 21 juin 1891 et démissionne le
18 août suivant.
Décoré de l'Etoile de service à deux raies.
MASSON, JEAN, BAPTISTE,
né à Le Mesnil, le 15 août 1863.
Il s'engage au service du département des Finances de
l'Etat Indépendant, le 28 mai 1888, et part pour le Congo
le 17 juin suivant.
Il est nommé contrôleur des Impôts, le 1 avril 1891 et
revient en Belgique en décembre 1891.
Retourne au Congo, le G avril 1892 et y séjourne jusqu'au
18 mai 1893.
Démissionnaire le 21 septembre 1893.
Décoré de l'Etoile de service.
VAN CAULAERT, benoît, henri.
né à Ninove, le 30 juillet 1864.
Géomètre. S'engage au service du département des Finan-
ces le 20 juin 1888 et part pour le Congo, le 16 juillet
suivant.
Nommé géomètre principal, le 1 septembre 1890, il revient
en Europe le 18 juin 1891 et démissionne le môme mois.
Décoré de l'Etoile de service.
500
PRINZ, FRANÇOIS, XAVIER,
né à Liège, le IG mai 1858; décédé le 10 mars 1890.
S'engage, le 21 mars 1889, comme contrôleur des Impôts
(t M'ajourne en Afrique jusqu'à la date de son décès.
BOLLE, EMILE,
ne à Villers-Potterie, le 3 mars 18G4.
Part pour le Congo, le 8 septembre 1890, comme con-
servateur des Titres Fonciers. Séjourne à Boma jusqu'au
23 septembre 1893, date de son retour en Europe.
Nommé directeur intérimaire des Finances, il retourne
au Congo le 6 mars 1895 et y séjourne jusqu'au 19 avril
1896.
DUBOIS, JULES, GHISLAIN, JOSEPH,
né à Pessoux, le 7 mars 1864.
S'engage le 2 août 1890 au service du département des
Finances de l'Etat Indépendant et s'embarque pour le Congo
le 3 septembre 1890. Il y fait un séjour de trois ans.
Il retourne au Congo le 6 mars 1893, est nommé con-
trôleur des Impôts le 24 janvier 1895, puis directeur inté-
rimaire des Finances le 18 mars 1896.
Il revient en Europe le 23 mars 1897, pour retourner
en Afrique le 6 mai de l'année suivante.
En février 1901, il revient en Europe et passe au Dépar-
tement de l'Intérieur.
Le 4 août 1904, il s'embarque à bord de VAnversvillc,
chargé par le gouvernement de l'Etat d'effectuer une mis-
sion d'inspection de la comptabilité dans les districts de
l'Equateur et du Lualaba-Kasai.
— noi —
DESSILY, FLORENT, JOSEPH. GHISLAIN,
lie à (^orhais, le 11 iiovemhi'e 1<S(;(').
iMi^'Mi^-é le 30 déccMiihre 1890, ;ni sei'vice du ({('ipjuUMiKuit
(les Finances de l'I^Lal Indéi)eiidanl, il s'embanjiie pour
TAIVique le 28 jaiivior 1891.
Il est nommé g'éomètre princii)al le 23 mai 1892 et rentre
en Bel<^i(iue le 14 septembre 1892.
Décoré de l'Etoile de service.
BOLAND, EDOUARD, CLÉMENT. XAVIER, JOSEPH,
né à Namur, le 10 juillet 1868.
S'engage au service du Département des Finances de
l'Etat Indépendant, le 28 février 1891; part le mois sui-
vant. Il est nommé géomètre principal le 19 juin 1893 et
conservateur des Titres Fonciers intérimaire le 12 août
suivant, et rentre en Belgique le 24 mars 1894.
Retourné au Congo le 6 juillet 1894, il est promu con-
servateur des Titres Fonciers et revient en Europe le
29 juillet 1897.
Il fait un troisième séjour en Afrique du 1 février 1900
au 24 juillet 1902.
Décoré de l'Etoile de service à trois raies.
TYTECA, GASTON, HILAIRE,
né à Keyem, le 3 février 1870.
Il s'engage au service de l'Etat Indépendant, départe-
ment des Finances, le 29 juin 1891 et part le 1 juillet sui-
vant.
Il est nommé géomètre principal le 19 septembre 1893 et
— 502 —
ff. de conservateur des Titres Fonciers, le 19 février 1894.
Revient en Europe le 27 juillet de la môme année et
démissionne au mois d'octobre suivant.
DELHAYE, hector. Augustin,
né à Lessines, le 20 janvier 18G7.
S'engage au service du département des Finances de
l'Etat Indépendant du Congo le 15 janvier 1892, et s'em-
barque le 6 février 1892. Bien qu'il soit parti en qualité de
commis de deuxième classe, il est appelé à gérer l'impor-
tante perception des impôts de Matadi. Il revient en congé,
en Belgique, le 12 février 1895.
Il repart pour l'Afrique, le G juin 1895, avec le grade
de receveur des Impôts et est promu contrôleur des Impôts
le 1 juillet 1897, fonctions qu'il exerce jusqu'au moment
de son retour en Europe, le 10 novembre 1898.
Le 21 septembre 1899, il prend pour la troisième fois la
route du Congo, comme contrôleur-inspecteur; il}' obtient,
le 19 janvier 1901, le grade de directeur intérimaire des
Finances et le 8 octobre 1901 celui de directeur des Finances.
Rentre en Europe en septembre 1902.
Nommé directeur général des Finances, par décret du Roi
souverain en date du 18 juillet 1903, il repart le 13 août
1903 et rentre en Belgique le 20 août 190G.
Chevalier de l'Ordre royal du Lion et de l'Etoile africaine,
décoré de l'Etoile de service à trois raies.
— 50:î —
hanicq' hubert, hector. marie,
ne i\ MmHikvs, \c, IT) i;mvi(M' 1870; décod;; i\ Malines, (îii
janvier lOOO.
Kii^-a^('\ 1(^ 28 juin 181>2, au scn^vico du (h'parleinout des
Finances de rKlal inch'^pendanl, il fait ([uali'e séjours en
AiVi(Iue: du 0 août 18<)2 au H août 1895; du G décembre
18<Ç)au 10 IV'vrier 181)1); du 1 novembre 1899 au :U octobi'C
1901 et du 10 juillet 1902 au 27 octo])re 1903.
Nomme'» contrôleur des Impôts, le 29 mai 1902, il est
cbar<L»'é, le 1 août suivant, des fonctions de directeur des
Finances.
11 démissionne le 1 novem])re 1903.
Ilanicci était cbevalier de l'Ordre roj^al du Lion et décoré
de l'Etoile de service à trois raies.
— 504 —
VERVLOET, MARIE, EMILE, CONSTANT,
né à Saint-Josse-ten-Noodc, le 9 déceiiibro i877.
Engagé par l'Etat Indépendant, en qualité de géomètre du
cadastre, le 10 août 1893, il part pour le Congo, le 6 septem-
bre 1893, et est attaché au service topograi)hique à Boma.
A plusieurs reprises, il est envoyé le long de la voie
ferrée des cataractes, à l'effet d'y déterminer et d'y réserver
les terrains qui appartiennent à l'Etat.
Le 25 juin 1895, il est nommé géomètre principal. Le 18 sep-
tembre 1896, il rentre en Europe et reçoit l'Etoile de service.
Le deuxième départ de Vervloet date du 6 mars 189G. 11
regagne Boma, où il est chargé des fonctions de conser-
vateur ad -intérim des Titres Fonciers, le 2 juillet 1897.
Il revient en Belgique le 21 février 1900.
Il s'embarque une troisième fois pour l'Afrique, le 19 jan-
vier 1901. Il retourne au Congo pour compte du comité
spécial du Katanga (formé depuis juin 1900) qui lui confie
le commandement du secteur minier du Hant-Luapula. Ver-
vloet atteint cette région par la voie de Chinde, le Zam-
bèze, les lacs Nyassa, Tanganika et Moëro. C'est pendant
qu'il exerce le commandement du secteur du Haut-Luapula
que des gîtes métallifères considérables sont reconnus dans
cette partie du Congo par la mission Williams.
Son terme de service accompli, Vervloet prend le chemin
de la côte via Lukafu, Kasongo et la voie du fleuve, parache-
vant ainsi son voyage transcontinental de l'Océan indien à
rOcéan atlantique. Il débarque à Anvers, en juin 1903.
S'embarque le 9 novembre 1905, avec M. Krassnigg,
ancien adjoint du commandant Jacques pendant son dernier
voyage au Katanga, chargé par le comité spécial du
Katanga d'une mission géographique.
Vervloet est décoré de l'Etoile de service à deux raies
et de la Médaille d'or de l'Ordre royal du Lion.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— Le Congo, Moniteur colonial, 1905, p. 48G.
VERVLOET, Constant.
(Cliché (lu journal Le Congo).
— 505 —
GU ICH ARD, AMAN D, DÉSIRÉ,
iK' à Malinos, le. li s(»[)l(iinl)i'e 18()9.
En^'a'iV' au service, du dépai'loiucnl des h'inances do l'KLat
Iiid(''[)endant, le 25 uovenil)re 189G, il l'ail trois séjours en
Africjuo:
du I) janvier i897 au 5 janvier 1900;
du 10 janvier 1901 au 18 janvier 1904;
et du 4 août 1904 au 11 août 1907.
Il est nommé g'éomètre i)nncipal, le 5 novembre 1904.
Guichard est chevalier de l'Ordre royal du Lion.
LEBOUTTE, ARTHUR,CHARLES. JOSEPH,
né à Fanzel (Luxembourg), le 20 octo])re 1875.
S'engage, le 19 février 1900, au service du Département
des Finances et part pour le Congo le 1 mars 1900.
Rentré en Belgique, le 19 février 1903, il repart dès le
mois d'août suivant.
Il y fait un séjour jusqu'au 21 janvier 190G.
Au cours d'un troisième séjour, il est désigné, le 24 juillet
190G, pour remplir intérimairement les fonctions de direc-
teur des Finances, et est promu sous-directeur le 14 octobre
1907.
DRAPIER, NESTOR, MARIE. GHISL AIN,
né à Serinchamps, le 6 mai 1809.
Géomètre, cliargé de l'intérim de la conservation des
Titres Fonciers, le 1 juillet 1902.
Séjourne pour la seconde fois en Afrique depuis le 4 août
1904.
Chapitre II
Expéditions de l'Association internationale
Africaine par la côte orientale d'Afrique
" Ces expéditions répondent à une idée émineni-
y> ment civilisatrice et chrétienne : abolir Vesclavage
n en Afrique, percer les ténèbres qui enveloppent en-
n cire cette partie du monde, en reconnaître les res-
n sources qui paraissent immenses, en un mot y verser
n les trésors de la civilisation, tel est le but de cette
n croisade moderne.
LEOPOLD If. Lettre aux puissances, septembre 1876.
I. - EXPEDiriON CRESPEL-CAMBIER (1877-1881).
Membres de cette expédition : Crespel, Cambier, Maes, Marno
(voyageur autrichien), Wautier, D'" Dutrieux.
CRESPEL, LOUIS,
né à Tournai, le 4 décembre 1838; décédé à Zanzibar, le
25 janvier 1878.
Capitaine adjoint d'Etat-Major au 2^ régiment de ligne.
Les voyages de Burton, Speke, Livingstone, Stanley,
Gameron, avaient excité la curiosité d'une élite de gens
instruits, mais l'opinion générale du monde se préoccupait
GRESPEL, Louis.
Cliché de l'ouvrage de M. Chapaux,
Le Congo historique, diplomatique.
507
à poiiie (le celle (iMivi'e •^i<^;uiles(ni(' de l'exploralioii afri-
caino. Kn dehoi's des rares sociétés de ^'•éo^Tapliie, les (jiies-
lions africaines n'avaient aucun écho. La i)resse les ignorait,
les ^'"ouvernenienls ny |)()rtaient (fiTun intérêt passager."
C'(îst riniliative renianjuahle du roi des H3lg-os Léopold II,
(pii les mil à l'ordi'e du jour d(^ l'Europe. C'est lui (jui
n'unil, en 187G, en son palais, une conférence ^éog-rapliique
à li<|uelle étaient représentées les six grandes puissances
eui'opéennes et la Helgi([ue. Des voyageurs célèbres s'y
renconli'èrent avec des savants g"éograi)lies et des hommes
])oliti({ues.
Cette assise solennelle fra[)pa les esprits et leur apprit
à connaître ce qui avait été fait en Afrique et ce qui
restait à y faire. L'objet de cette réunion était d'ouvrir
à la civilisation la seule parlie du monde où elle n'eut pas
encore pénétré et, dans ce but, de régler la marche à
suivre, de combiner les efforts, d'éviter les doubles emplois
et de l'aire de la Belgi(iue le centre de ce mouvement
humanitaire.
La conférence limita aux frontières du Soudan au Nord
et au bassin du Zambèze au Sud, la partie de l'Afrique à
laquelle il convenait de borner son activité. Cette vaste
région est celle que, depuis lors, on désigne plus parti-
culièrement sous le nom ^ d'Afrique centrale». Il est con-
venu, qu'à travers cet immense territoire, on chercherait
à tracer des voies devant aider à la pénétration dans
l'intérieur et que le long de ces routes seraient établies
des stations scientifiques et hospitalières.
Telle est l'origine de l'Association internationale africaine
(A. I A.), dont le siège était à Bruxelles.
Dans une seconde réunion, qui eut lieu à Bruxelles, le
20 juin 1877, il fut décidé que la route commerciale qui
conduit de la côte, en face de Zanzibar, au lac Tanganika,
serait choisie comme base des premières expéditions et
— 508 —
qu'une station serait tout d'abord établie dans les environs
du lac.
Quatre mois plus tard, le 15 octobre 1877, la première
expédition belge, sous les ordres du capitaine Crespel, quitte
Ostende à destination de la côte orientale.
Elle se compose du lieutenant Ernest Cambier, du 8^ régi-
ment de ligne, d'Arnold Maes, docteur en sciences natu-
relles, et de Marno, un voyageur autricliien, qui avait
précédemment fait, de 1874 à 1876, deux voyages au Soudan
et un troisième au pays des Niam-Niam.
Partis de Soutbampton, à bord du Danube, le 18 octo-
bre 1877, Grespel et ses adjoints arrivent à Zanzibar le
12 décembre.
De cruels revers frappent l'expédition à ses débuts.
Le D"" Maes meurt d'insolation, le 14 janvier 1878.
Tandis que Cambier et Marno se mettent en route pour
opérer une reconnaissance de la voie qui mène de Saadani
à Mpwapwa, Grespel organise la caravane à Zanzibar.
Le 25 janvier 1878, à dix heures, le chef de l'expédition
est enlevé par un accès de fièvre. Le D'' Robb qui lui
prodigue ses soins, attribue sa mort à une apoplexie fou-
droyante.
Le lieutenant Cambier prend la direction de l'expédition;
deux nouveaux adjoints lui sont envoyés d'Europe: le
lieutenant Wautier et le D^ Dutrieux.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— Congo illustré, 1893, p. 17.
DE Martrin-Donos. Les Belges dans V Afrique centrale, t. I, p. 10.
— J. Begker. Vî'e en Afrique, t. I, appendice.
— Association internationale africaine:
A. Rapports sur les marches de la première expédition. Verhavert,
1879, Bruxelles.
B. Journal et notes de voyage de la première expédition. Verhavert,
1879, Bruxelles.
— 501) —
C AM Bl ER, ERNEST. FRANÇOIS,
LicHitonant jui <s*^ do li<»'iic.
Moinl)rc do la [)roini6ro expédition à In côlo orientale.
A la mort du chef do la caravane, le cai)itaino Grespel,
et de Maes, le lioiilenant Canibier demeuré soûl avec Marno,
(jui lui-mémo dut rebrousser chemin, aborde néanmoins
sa tâche avec cner<4ie. Des doux nouveaux agents (fui lui
sont envoyés pour rem])lir les vides, le lieutenant Waulier
toud)e à Ilekungu, le I)'' Dutrieïix ne dépasse pas Tabora ;
mais les ('preuves, en ralentissant la marche de Gambier,
no peuvent interrompre celle-ci.
Seul des six membres de l'expédition, Gambier atteint les
rives du lac Tanganika et remplit sa mission en fondant la
station de Karema, dont il jette les premiers fondements
au mois d'août 1879.
(N. B. La notice biographi(|ue et le portrait de Gambier
ont été publiés p. 192).
MACO, ARNOLD,
né à Hasselt, le 24 mars 1854; décédé à Zanzibar, le
14 janvier 1878.
Docteur en sciences naturelles.
Fait partie de la première expédition de l'Association
Internationale Africaine, sous le commandement du capi-
taine Grespel.
Meurt frappé d'insolation à Zanzibar, où il organisait la
caravane, le 14 janvier 1878.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— DE Martrin-Donos. Les Belges dans l'Afrique centrale, t. I, p. 13.
- 510 —
WAUTIER, JEAN, BAPTISTE,
iiô à Namêclie, Je 3 s('|)leiiiljro 1814; décédé à n(3kung"u
(près du lac Tcliaïa), le il) décembre 1878.
Prend pari aux campagnes du Mexuiue de 18(34, 1805,
1800 et 1807, (Ml ([ualilé de sergent, puis de sous-lieutenant
de la légion belge.
Lieutenant au régiment des carabiniers, il s'engage au
service de l'Association internationale africaine et part le
3 avril 1878, avec le IV' Dutrieux, pour rejoindre à Zanzibar
le capitaine Cambier, {nivè coup sur coup d'un de ses
adjoints et de son cliel', le capitaine Crespel.
Il arrive à destination au commencement du mois de
juin. Tous les préparatifs de la mise en route de la caravane
étaient terminés, mais Cambier et le D'" Dutrieux souffraient
de la fièvre.
La lourde tàcbe de l'organisation de l'expédition retomlie
donc sur Wautier, qui l'accomplit avec l'activité infaligable
qui le caractérise.
Le 20 juin, il quitte Bagamoyo et n'est rejoint par Cam-
bier et Dutrieux que le 12 juillet dans l'Usagara, au pied
des monts Pongwe. Les deux caravanes, comprenant \)\us
de cinq cents hommes ('), suivent les hauteurs séparant la
vallée du Kingani de celle de la Wami et arrivent le 14
à Kingwe.
Le 23 juillet, à Mvomero, se produit une désertion de
trois cents porteurs à propos de la route à suivre pour
atteindre Mpwapwa. Les mutins emportent avec eux une
vingtaine de charges. Cambier doit réorganiser la caravane
et arrive le 8 août à Mpwapwa.
Il décide alors de se porter vers la résidence de Mirambo
et se rend à Thierra-Magazy, tandis que Wautier et Dutrieux,
(1) Quatre-vingts soldats et domestiques zanzibarites et trois cent vingt-
sept porteurs.
— 511 —
;n'(H' r;ii»l(* des /;iii/,il):ii'il('s roslimls, s(\ (lisi)()SOiit i\ niiicncr
i\ iMp\\ni)\\ ;i l(*s iii;ii'cli:iii(lis('s hiissi'cs en iirriôrc.
\a' IS S('i)((Miil)i'(\ rexpf'dilion ;ii'i'i\(' (l;iiis le l'oyiUliiKî
(lu sultan Mii';inil)(), nuiiud (Innibici' (l(''i)rcli(; (1(MIX lioiniiics
d'après h^s ivi^lcs d(' la civilisalion locale oL lail rechanges
du san»^' ;i\(M' le sultan.
La caravane^ (piitto ITiioiio le 1 (l(''('eud)ro; 1(^ nièniejoui'
elle appr(Mid par un messager du voyageur suiss(». Hroyon,
(jui attend nos compatriotes à Ivoi-Kii'onda, ({ue les ban-
des de Nyungii, clief de l'I^njamwesi, se battent à Bibi-
sanda contre les Arabes.
L'expédition c^st informée, le 0 df'cembre, à Punguli
(jue les pillards, au nombre de trois cents, ont ({uittf'î Hibi-
sanda pour aller camper à Tcliaïa et qu'à cette hande
se sont joints des Iiouga-Kouga.
Des Wakimbu-, de passage à Punguli, Font connaître à
Wautier et Dutrieux le massacre de la caravane Penrose
(Ghurcli missionary Society), (jui se rendait dans l'Unjam-
jembe. Craignant de rencontrer, à leur passage à Tcliaïa,
cette bande armée, — en force relativement considérable —,
la caravane change d'itinéraire. Ndogoe, chef de Pun-
guli consent, moyennant une quantité raisonnable d'étof-
fes, à servir de guide aux deux caravanes réunies pour
les conduire au Nord dans l'Utaturu et, de là, leur faire
gagner Hekungu, situé à cinq lieues environ au Nord-Est
d'Itura et où il y avait des vivres en abondance.
La caravane se met en marche le 7 décembre, se diri-
geant vers le Nord à travers une forêt épaisse; le 8, après
deux heures de marche, elle arrive au premier tembe de
l'Utaturu et gagne en quatre heures le chef-lieu du district.
La caravane traverse la forêt et se trouve, le 14, à Hekungu.
Le 19 décembre 1878, Wautier, atteint de d^^ssenterie,
succombe à la maladie.
Wautier était lieutenant au rég'iment des carabiniers.
512
Décorn de la Médaille du mérite militaire du Mexique
et de la Médaille commémorative de la guerre du Mexi(|ue.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— i)K MaktkinDonos. Les Belges dans l'Afrique centrale, t. I.
— 1>K('KKR. La vie en Afrique, t. I, appendice.
— Bulletin de la Société belge de géographie, 1878, p. 280.
DUTRIEUX, PIERRE.
Docteur en médecine. Médecin de l'armée. Etabli au
Caire pendant cinq ans.
Fait partie de la première expédition de l'Association
internationale africaine en 1878.
Part avec le lieutenant Wautier pour rejoindre l'expédition
Cambier à Zanzibar, au commencement de l'année 1878.
Atteint de la fièvre africaine ainsi que Cambier, ils doivent
retarder leur départ et vont retrouver dans l'Usagara,
au pied des monts Pongwé, le 12 juillet, Wautier parti de
Bagamoyo le 2G juin.
Les caravanes suivent les hauteurs séparant la vallée
du Kingani de celle du Wami. Le 14 juillet, elles attei-
gnent Kingwe. A Mvomero, par suite de la désertion de
trois cents porteurs, Cambier décide de continuer sa route
jusqu'à la résidence de Mirambo et se rend à Thierra-Magaz}^
tandis que Wautier et Dutrieux amèneront à Mpwapwa
les marchandises restées en arrière. Wautier et Dutrieux
quittent l'Ugogo le 1 décembre.
Ils apprennent, le jour même, que les bandits de Nyun-
g"u se battent à Bibisanda contre les Arabes. Ils arrivent
le 6 décembre à Punguli, où ils sont informés du mas-
sacre de la caravane Penrose. Craignant une rencontre
avec les pillards auxquels se sont joints des Rouga-Rouga,
— ni.T —
à T('linï:i, la caravane, cluni^o (rilin(''i"aii'(' sous la conduilo
(1(^ N(i()^'()('. \a' 11, la caravaMc s(i trouve, à Ilekun^ni.
Dulricnix y dis[)ulo a la iiiori, son conipa^'^non W'aulicr,
qui luali^ré ses soins succombe le lU, a[)res ((uehiues jours
de maladie.
La caravane? apprend par l(*s gens d'JIckun^ai d(^s nou-
velles d'une grande imi)orlance au sujet du massacre
(1(^ la mission Penrose, de la présence des Koug"a-Uouga.
Le 25 décembre, Dutrieux se remet en route dans la
direction d'Ouyouy, chemine du 25 au 29 dans un terrain
boisé, couvert sur une grande (Hcndue de véritables lagunes,
Passant la Kwale, le 27, il parvient le 29 à Ouyouy, où il
installe son camp dans le premier village du territoire
d'Ouyouy, à Tura. Il y trouve une lettre de Cambier qui lui
conseille de l'attendre dans un endroit paisible. Le 2 janvier,
le gouverneur de l'Unjanjembe lui fait savoir que le meil-
leur moyen de transporter ses charges à Tabora était de
demander au chef d'Ouyouy l'autorisation de traverser
le pays et de recruter sur place des porteurs. Dutrieux
engage trois cents porteurs parmi les habitants et réussit
à traverser tout le territoire d'Ouyouy (6 janvier 1879).
Dépassant de deux cents mètres le village de Koi-Ka-
runbu, il campe sur la route même de l'Unjanjembe;
le 6, il se dispose à engager des hommes pour porter
les charges à Tabora, quand il est surpris par l'arrivée
de Cambier.
Devenu malade à Tabora, Dutrieux abandonne le ser-
vice de l'Association et reprend le chemin de l'Europe
(octobre 1879).
Dutrieux était membre honoraire de l'Union syndicale
de Bruxelles, membre de la Société de Géographie com-
merciale de Paris.
— 514 —
PUBLICATIONS :
- Rapp(jr(s SUT les marcltes de la première expcdition (Association iutor-
nationalo africaine, 1879, \\\). 5-20 et 57-60).
Notes d'anthropologie. (Association internationale africaine, 1879.
\)\^. 85-08 et Bulletin de la Société belge de géogra[)hie, 1880,
pp. 102-114).
Dictionnaire français-hisoualiili. 1 vol. in 8" de 112 pages. Bruxelles,
Verhavert, 1880.
La question africaine au point de vue commercial. Conférences données
à rUnion syndicale, les 9 et 23 mars 1880. Bulletin de la Société syn-
dicale, Bruxelles, 1880, 1 br. in-8" et brochure Olïîce de publicité,
Bruxelles, 1880.
Note sur une affection cutanée parasitaire, observée dans l'Afrique orien-
tale. Bulletin de la Société royale de géographie d'Anvers, 1879,
t. I\', V fasc. [ip. 51-55.
Etude sur les maladies et V acclim,atement des Européens dans V Afrique
intertropicale. Rapports de l'Association internationale africaine,
1880, n" 3, pp. 122-153.
Souvenirs d'une exploration médicale dans l'Afrique intertropicale, 1 vol.
in-8". Bruxelles, Manceaux, 1885.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
DE Martkin-Doxos. Les Belges dans l'Afrique centrale, t. I.
Becker, La vie en Afrique, tome I, appendice.
POPELIN, EmUe.
Cliché de l'ouvrage de M. Ch.vpaOX,
Le Congo hisloriquey diplomatique.
II. - EXPÉDITION POPELIN (1879-1881).
Membres de cette expédition: Popelin, Van den Heuvel, Dutaiis,
Roger, Riirdo.
POPELIN, EMILE, GUSTAVE, ALEXANDRE,
né à Scliaerbeeck, le 7 déceml)re 1847; décédé ])rès de
Mtowa, à Lutukii (Urua), le 24 mai 1881.
Capitaine d'Etat-Major, aide-de-camp du général de Savoye.
Tandis que Gambier s'acheminait vers le Tanganika et
y Tondait la station de Karema, le comité belge de l'Asso-
ciation internationale africaine, désireux d'échelonner au
centre de l'Afrique une suite de stations hospitalières, des-
tinées à devenir des points de ralliement et de ravitail-
lement pour les explorateurs et les missionnaires, organisa
une seconde expédition, qu'il confia à Popelin.
Celui-ci était chargé de se rendre d'abord à Karema et
d'y restaurer la place, puis, de passer de là sur la rive
occidentale du lac ïanganika et d'installer enfin un poste
à Nyangwe, sur le Congo.
Popelin s'embarque pour la côte orientale le 18 avril 1879
et arrive à Zanzibar le 31 mai 1879.
Il a comme adjoints le lieutenant Dntalis et le D"" Van den
Heuvel.
— 510 —
L'expédition quitte P>iig"amoyo le 10 juillet 1879, avec
quatre cents porteurs; mais, arrivé au camp de Kwam-
boumi, Popelin se voit forcé de renvoyer Dutalis en Europe;
lui-même se traîne misérablement avec le D^ Van den
Heuvel, jusqu'à Mpwapwa (15 août). C'est à cette ex])é-
dition que se rattache la tentative d'acclimatement de
l'c'déphant asiatique et d'apprivoisement de l'éléphant afri-
cain par l'éléphant hindou.
Popelin rencontre à Mpwapwa Carter, ancien consul
d'Angleterre à Bassorah, actuellement au service de l'As-
sociation, qui conduisait vers l'Afrique centrale quatre
éléphants, acquis par le Roi Léopold. On pensait alors
établir, en Afrique, une station pour la capture et le
dressage des éléphants indigènes, à l'instar de ce qui existe
dans l'Inde, afin de suppléer au manque de moj^ens de
transports (').
Le 3 septembre, après quelques jours de repos, les
deux caravanes marchent de concert sur Kanyene et
pénètrent le 20 octobre dans le Mgonda-Mkali.
(1) Le troisième essai d'utilisation d'éléphants indiens en Afrique fut ordonné
pai- le l'oi des Belges et tenté en 1879, entre Dar-el-Salâm et Karema. Envi-
sageant le parti qu'il y avait à tirer des éléphants pour l'exploration et le
sei'vice des transports, le Roi n'hésita à provoquer, après les deux essais faits
en 18G8 en Abyssinie et en 1878 à Karthoum par Gordon pacha, une nou-
velle épreuve.
Il fit dans ce but l'acquisition, à Bombay, de quatre éléphants qui furent
débaïqnés à Masani, un peu au sud de Dar-el-Salâm. Carter, avec treize
cornacs, des soldats et des porteurs prit la direction de la caravane.
Malheureusement on commit l'imprudence de charger lourdement chacun
des animaux, qui durent faire aussi à chaque moment de marches forcées,
restant parfois trente-six heures sans boire et plus de vin^t qiiati'e heures
sans manger.
Dans Ces conditions l'essai ne put donner des résultats satisfaisants. Aussi
trois éléphants sur quatre succombèrent au cours du voyage qui prit cinq
mois; un ùMwapwa, un dans l'IJgogo, un autre au moment d'arriver à Karema.
Le quatrième ne survécut que quelques mois à ses compagnons.
{Congo illustré, 1892, p. 56).
— 517 —
« L'expédition arrive dans l'nnjanj(Mnl)(; le; 2.') ()('tol)Pe. Klle
» V est reçue avec j^rand empressement par toute la colonie arabe.
» Le 28 octobre, à buit beures du matin, écrit ('arter, le capitaine
» l^opelin, le I)'' Van den Ileuvel, Stokes et moi nous partîmes pour
» '1 abora, montés tous les quatre sur « Pulmalla » vieil élépliant
» de selle que j'avais revêtu de son plus brillant barnais, écarlate
» et noir. Kicn qu'un i)eu lourdement cbar^^^ée, la pauvre vieille
» dame n'en marcbait pas moins d'un pas allègre. Nous fûmes suivis
» pendant toute la journée par des centaines d'bommes, de femmes,
» d'enfants poussant des exclamations, des cris et riant à gorge
» déployée. Letonnement des Arabes et des indigènes, en voyant
» les élépbants leur faire des saints et faire d'autres exercices
» dépasse toute description. C'est un jour qui ne sera jamais oublié
» par le peuple de Tabora. »
{Les Belges au Congo: La caravane des élépbants. A J. Wauters).
Popelin quitte rUnjanjembe, le 3 novembre, pour
Karema, avec une escorte légère, laissant à Tabora la
caravane des éléphants, toute à la joie de se refaire dans
une région fertile.
Le D'" Van den Heuvel y demeure également avec le gros
des bagages et des marchandises, comme agent d'une
société hospitalière de ravitaillement.
Gambier, averti de l'arrivée de Popelin, lui envoie un
croquis de Pitinéraire à suivre, ainsi que des indications
sur les ressources des districts précédemment traversés.
Le voyage de Popelin s'accomplit dans d'excellentes con-
ditions, à part une querelle de soldats et de porteurs, que
l'énergique officier termine à simples coups de canne.
Nos compatriotes se trouvent au fort Léopold, le 9 décem-
bre 1879, c'est-à-dire vingt-quatre jours après leur départ
de Tabora et cinq mois après avoir quitté Zanzibar.
Ils étaient arrivés à Karema, à l'époque de la saison des
pluies, ce qui avait rendu les dernières marches fort péni-
bles. Carter rejoignit Gambier et Popelin à Karema, après
— 518 -
avoir portlu tous sc^ ('lôphauLs. Popcdiu décide de coiiLinuor
son voyage au delà du lac, taudis que Canibier consent à
conserver le commandenaent de la station.
Le bruit inquiétant de l'entrée en campagne de Mirambo,
vient ajourner ces premiers projets. Le « Bonaparte noir^^
en quête d'alliances, s'était d'abord arrêté cliez Simba, cbef
de rUsavira, et les deux armées marcbaient vers l'Ufipa;
la caravane Rof^er-Burdo qui avait quitté Tabora, pour
se diriger vers le lac, coui'ait le risque d'être pillée et
détruite. Popelin se met immédiatement en marcbe pour
secourir ses frères en péril. Après avoir contourné, la
nuit, le village de Simba, il parvient à arriver sans être
inquiété à Kisinde, où se trouvaient Burdo et Roger, aban-
donnés de la totalité de leurs porteurs. Ces derniers, terri-
fiés par le voisinage tle Miramlx), f[ui opérait à quelques
journées seulement, regagnent leur village respectif, lais-
sant les vo,yageurs seuls gardiens d'un bagage bien fait
pour tenter la cupidité des cbefs marrons, s'autorisant
indûment du nom de Mirambo.
Grâce à ses cinquante bommes d'escorte et aux Pagazis
qu'il engage sur place, Popelin réussit à faire transporter
toutes les marchandises à Tabora où elles restèrent déposées
dans la station belge du I)'" Van den Heuvel.
Le G avril 1881, Popelin quitte Karema pour Udjiji. Il
a résolu de se porter en dow de cette ville arabe sur la
côte occidentale du lac Tanganika, de fonder à Mtowa,
alors occupé par les représentants de la « London mis-
sionar}' Society «, une station, dont le commandement
serait remis à son adjoint Roger, puis, de se diriger seul
vers Nyangwe. Dès le commencement de l'exécution de
ce plan audacieux, Popelin se bute à des obstacles de toute
nature.
La navigation sur le lac est dos plus pouilleuses; les
voyageurs font naufrage près de la rivière Rongufu. Ils
— 510 -
p ii'viennonl à ^imikIcî poitH^, à atloindre rjiji cl innlUMil ;i
l;i Vi)il(î vers reniboiicliurc. (U\ la liUkuj^'a.
KiMiioiilaiil colle l'ivièi'c, Popnliii so j)r(ipai'aiL à jcÀitv l(is
hasos (lo la slalioii pr()j(U(Mî, l()rs{[ifil osl pris d'un vIoUmU
accès cl(^ fhîvro liépali([uo. Pendanl liuil jours, il suj)porl(3 sloï-
(piouionl d'edVoyaJjles soufïVancos cl s'étoinl douceiuent, le
•J 1 mai 1881, à Luluku dans l'Urua. Son cor|)s ramené à
Mlowa, est enterré par les soins des missionnaires anglais
cl de Roger, sur la pointe du lac.
" C'est au sommet des falaises à pic, dominant les flots
5) du Tanganika, écrit Roger, que repose le vaillant lutteur,
î, mort à la peine et endormi dans sa jeune gloire. Sa
V lond)e solitaire sera respectée par les indigènes et devien-
^ dra, j'en suis persuadé, un lieu de pèlerinage pour les
» voyageurs, qui après lui se dirigeront vers le Manyema. «
PUBLICATION:
— Observations faites à Karema. (Association internationalo afiicaine. Rap-
ports, N° 3, p 154 et Bulletin de la Socié:é bolgo de Géographie,
1880, pp. 528-531).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
— BKCKiiR. La vie en Afrique, t. I, appendice,
— Congo iUastré, 1893, p. 129.
— DK Marthin-Donos. Les Bilges dans V Afrique centrale, t. 1.
— A. J. Wauters. Les Belges au Congo, la caravane des éléphants.
— Association internationale africaine. Extraits des rapports de la seconde
expédition. Verhavert, Bruxelles, 1880.
— 520 —
VAN DEN HEUVEL, Théodore. Théophile.
né à Molenbeek-Wersbeeck, le 26 IV'vrier 1840.
Docteur en médecine. Part pour J'Al'rique, en avril 1879,
comme adjoint de la deuxième expédition de l'Association
Internationale Africaine, qui quitte Bagamoyo, le 10 juillet
1879.
Arrivé à Tabora, Van den Heuvel est cbarg-é par le
capitaine Popelin d'y organiser un poste de ravitaille-
ment. Il y dispute à la mort le lieutenant Albert De Leu,
qui succombe le 25 janvier 1881.
Remplacé à Tabora par Becker, le docteur Van den Heu-
vel se rend, en août 1881, à la côte et se fixe à Saïd-
Bargasb.
Il rentre en Europe le 24 mars 1882.
Van den Heuvel se rend à la côte occidentale, le 12 no-
vembre 1882, et le 2 février 1883, atteint Man^^anga, où il
prodigue des soins à Nilis et à Parfonry.
Il se porte ensuite vers Léopoldville et y assume le ser-
vice sanitaire (1884), puis il est attacbé au rapatriement
de Zanzibarites.
Il rentre en Europe, le 15 mai 1885.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— DR Martrin-Donûs. Les Belges dans l'Afrique centrale, t. I et t. If.
— Mouvement géographique^ 1884, p. 3,
521
DUTALIS, OSWALD. CHARLES,
nr. à Sliis(^Liinl)()iiri»), le 10 oclobiv^ ISiJ; th'iCvîlô à Ghool,
h' 18 oc(.o])re 1<)07.
Li(Mil(Mi;iiiL :iu 4*^ r,'<^-iniont (1(^ li^"iie,
PiHMid pai't aux ex[)édili()ns du Mexique.
iMeiiibre de la deuxième expédition de l'Association inter-
nalionale africaine, qui quitte la Bel'^ique le 22 lévrier
1879, il est envoyé en avant à Zanzibar, pour y or^^aniser
la caravane.
11 y rencontre Stanley et fait avec lui une reconnaissance
au Wami.
L'expédition quitte Bagamoyo le 10 juillet 1870; nriais
Dutalis, atteint de lièvre à Kwambumi, dans l'Usagara,
est forcé de rentrer en Europe, le 4 novembre 1879.
Capitaine d'infanterie pensionné.
Décoré de la Croix de deuxième classe, de l'Ordre de la
Guadeloupe, de la Médaille du mérite militaire et de la
Médaille de l'expédition du Mexique.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— DE Martrin-Donos. Les Belges dans l'Afrique centrale, t. I.
ROGER, OSCAR. JOURDAIN, JOSEPH,
né à Blandain, près de Tournai, le 25 novembre 1854;
décédé à Marseille, le 13 février 1907.
Propriétaire.
Séjourne au Gabon.
Appelé à renforcer le personnel de la deuxième expédi-
tion de l'Association Internationale Africaine, il se rend,
avec Burdo, à la cote orientale, le 15 décembre 1879 et
arrive à Zanzibar le 4 janvier 1880.
— 522 —
Cadenhead, nomino adjoint de Carter, pour lo dressage
des éléphants, accompagne les deux Belges. Les voyageurs
quittent Saadani 1(^. 26 janvier.
Le 18 IV'vrier, ils parviennent à Mpwapwa, mais, aban-
donnés par leurs porteurs, ils atteignent au prix des plus
grandes difficultés Tabora, où séjournait le D'' Van (\en
Heuvel.
Roger, établi à Kisinde, y est rejoint par Popclin (fui,
ayant décidé de fonder une station sur la côte occiden-
tale du Tanganika, s'embarque avec Roger pour Ujiji.
Nos deux compatriotes subissent un naufrage près de la
rivière Rongufu. Arrivés à Ujiji, ils naviguent ensuite
vers l'embouchure de la Lukuga pour gagner l'intérieur
vers Nyangwe, mais le 24 mai 1881, Popelin succombe à
une maladie aiguë, à Lutuku dans l'Urua.
Roger se rend alors à Mtowa avec le corps de son ami
et lui donne une sépulture.
Il ramène les soldats de Popelin à Zanzibar, le 10 sep-
teml)re 1882.
Il y recrute des Zanzibarites et se rend avec eux à Banana,
pour y rejoindre Stanley (novembre 1882) et prendre part
à sa quatrième expédition (1883-1884).
Il dirige le transport d'une baleinière à Issanghila et est
nommé chef de Msuata.
Le grand explorateur quitte Léopoldville, le 9 mai 1883,
avec Van Gèle, Goquilhat et Roger, dans son voyage vers
l'Equateur et porte secours à la station de Bolobo. Roger
reconnaît la Lulonga avec Stanley et remonte le Congo,
jusqu'au territoire des Bangala.
Roger explore ensuite l'Aruwimi et participe à la fon-
dation de la station des Falls dont il est désigné comme
commandant, mais son état de santé l'oblige à retourner
vers le Bas, où il trouve la station de Bolobo incendiée.
Il rentre en Belgique en mars 1881.
— r>2^ —
PUBLICATION:
— Le Vovfjo. (lîullctin de l;i Socnélô belge de (iêograpliic, 1<S81, p. (YM).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— DH M AK'i'KiN-DoNos. Les Belgcs dans VAfrique centrale, t. I ot 1. III.
— CiiAi'Ai \. Le Congo historique, diplomatique, pp. 2^.K 9(5. 395,
— Mouvement géographique, 1888, p. 84.
BURDO, ADOLPHE, ALPHONSE,
né à Liège, le 30 janvier 1849.
Officier belge.
Accompagne le comte de Semelle dans son exploration
de la rivière Benne, affluent du Niger, en 1878.
Part de Bordeaux et séjourne à Dakar, d'où il se propo-
sait de pénétrer à l'intérieur du Sénégal, lorsqu'apprenant
que le Français Soleillet venait de le devancer dans cette
voie, il se rend à l'embouchure du Niger.
Il se sépare de de Semelle et pénètre par la rivière
Brass dans le delta du Niger où il risque sa vie dans les
méandres sans fin, aux miasmes putrides. Arrive àAkassa,
puis à Ouitsha.
Il entreprend un voyage en pirogue dans le pays d'Isuama.
Arrivé devant N'téja, il doit rebrousser chemin par suite de
l'hostilité des indigènes; et retourne au Niger par la rivière
Inam. Il séjourne ensuite à Ogbekin. Il doit livrer un combat
aux indigènes de l'Inam et est abandonné par ses com-
pagnons un peu en avant du confluent du Benue. Il se
réfugie à la mission de Likoja.
11 remonte le cours du Benue jusqu'à Imaha et atteint le
point extrême à Zuwo; il y découvre la rivière Bonny.
Il rentre en Angleterre en décembre 1878.
— 524 —
•
l^ui'do pari pour la côte orientale d'Afrique le 10 décembre
1870, comme membre delà deuxième expédition de l'A. I. A.
cliargé d'aller rejoindre Gambier et Popelin à Karema.
Débarque avec Roger, à Zanzibar, le 4 janvier 1880 et,
vingt et un jours plus tard, prend place dans une caravane
dirigée par Gadenhead, ((ui devait retrouver Garter en
qualité de second, dans la fameuse expédition des éléphants.
La caravane part de Saadani le 26 janvier 1880, traverse
N'Dumi et Semagombe.
A Kidudue, la caravane campe pendant un jour entier
et y rencontre le Père Maclion, établi à Monda. Elle
s'arrête à Mamboya, près de la station du Révérend Last
et croise à mi-route une bande de Unjamwezis, forte
d'environ trois cents hommes accompagnés de femmes,
d'enfants et de bétail, envoyés à la côte par Mirambo
pour échanger son ivoire contre des armes, de la poudre
et des étoffes.
Fort bien accueilhs par le D'" Baxter et les trois Euro-
péens formant le personnel de la station anglaise, les
voyageurs quittent Mpwapwa le 25 février et s'engagent
dans rUgogo.
Nulle caravane ne fut plus rançonnée que celle de
Gadenhead par les sultans de l'Ugogo et notamment à
Kikombo, Lohuma, Dodoma, Zingeh, Mizanza, Konzi, Konko
et Mdabura.
Le 27 mars, elle traverse le désert de Mgonda-Mkali, et,
après avoir campé au Tongo, atteint le village de Mounie-
Mtoïna, résidence de l'ami particulier du Saïd Bargash, qui,
quelques mois plus tard, avec Ramaeckers, parviendra à
avoir raison du sultan pillard de Mdabura.
Le 31, longue et pénible lirikeza, de plus de douze
heures sans eau potable ni arrêt. Le sentier dans la forêt
a été élargi pour le passage des éléphants de l'expédi-
tion Popelin.
Gampement sur les bords du lac Tchaïa. La caravane
— 525 —
traverse* l'endroil oii a rlr massacré Feni'osc et son escorte,
passe à Itiira, l{uhiii;wa, Kwcm'c, Koi-Kasoc'^ Samoïde
et Kuayara (7 avril 1<S8()) où r\\(\ retrouve U) docteur Van
(1(M1 1I(MIV(^I.
\à' V mai, Ivo^er et Hurdo se mettent (hi route pour
Tal)oi'a, à la lèle de cent vingt Unjamwezis, tandis ([ue
(]adenliea(l, soufïVant, reste à Tal)ora. Le 14, arrives â
Kisinde, au Sud de Tabora, à mi-route du fort Léopold,
ils appreinient ({ue Mirambo vient de se mettre en cam-
paiine avec ses Rouga-Rouga pour ravager l'Ukaundi.
Cette nouvelle provoque la désertion de quatre-vingts
bonimes. A Kambagusia, les derniers Unjamwezis, restés
lidèles abandonnent leurs chefs. Burdo et Roger restent
seuls avec huit Uangwana, dans la position la plus critique.
Cadenliead, ayant accéléré sa marche, s'était dirigé vers
Karema et le 13 juin 1880 avec Carter et cent cinquante
hommes, prend congé de Cambier pour se rendre à Zanzibar.
Burdo s'arrête à Kambagusia, tandis que Roger va
s'établir à Kisinde. Popelin se trouvait dans cette der-
nière locahté depuis la veille de l'arrivée de son adjoint,
et y avait même, avec ses trente Askaris, repoussé l'attaque
d'une vingtaine de Rouga-Rouga, attirés par les mar-
chandises déposées en cet endroit, lors de la première
défection des porteurs.
Le lendemain, Roger rencontre Popelin à Kambagusia,
où une lettre de Cambier leur apprend la mort de Carter
et Cadenhead, tous deux malheureusement enveloppés dans
un conflit entre indigènes à Mpimbwe (22 juin 1880). Ces
infortunés voj^ageurs étaient partis de Karema, peu de
temps auparavant, et avaient incliné vers le Sud, afin de
frayer une nouvelle route, dans la direction du 7° parallèle.
Le 9 juillet, Popelin et ses nouveaux adjoints s'établis-
sent à Kuayara, se préparant contre une attaque annoncée
de Mirambo.
Les communications étant coupées, sur les derrières, par
— 52G -
le « Hona|)arle noir ^, le con.niandanl engage de nouveaux
porteurs pour faire rel)rousser chemin à la caravane et se
retire avec Burdo sur Tahora, mais, Burdo, atteint d'une
périoslile, est forcé de reprendre le chemin de la côte, sur
le conseil du D"" Van den Ileuvel en novembre 1880.
PUBLICATIONS:
— Nif/C7' et Benne. Paris, E. Pion e^ C''. 1880.
— Les Bfl(jes dans V Afrique centrale. Voyages, aventures et découvertes.
De Zanzibar au lac Tanganika. iii-8", Hruxelles, Macs, 1884. 3e
volume de l'ouvrage de de Martrin-Donos.
— Tîapporls des Voyageurs de V Association. (A. 1. A. 1880, pp. 185, 205
et Bulletin de la Société belge de Géographie, 1880, p. 498.)
— Les Arabes dans l'Afrique centrale, in-8'' de 48 ])p. Dentu, Paris, 1885.
— Dj l'avenir des établissements belges en Afrique, (Bulletin de la Société
belge de Géographie, 1882, pp. 239-253.)
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— DE MARTRI^-Do^os LT luiîLO. Lcs Btlgcs dons l'Afrique centrale, t. I.
et 111.
— Becker. Vie en Afrique, ai)i)cndice.
— Bulletin Société belge de Géographie, 1880, p. 4.
RAMAECKERS, Jules.
Cliché de Touvrage de M. Chapaux,
Le Congo historique, diplomatique.
m. - EXPÉDITION RAMAECKERS (1880-1882^.
Membres de rexpcdition: Rnniaeckers, Hocker, De Leu, De Meuse.
RAMAECKERS, jules, Guillaume, arthur,
né à Namur, le li décembre 1848; décédé à Karema, le
25 février 1882.
Capitaine en premier de l'Etat-Major du g'énie, aide-de-
camp du lieutenant-général Brialmont.
En 1879, il est chargé d'une mission technique à Tripoli
et dans le Fezzan, par le roi Léopold II.
Parcourt tout le Nord de l'Afrique jusqu'à Mourzouck
et étudie pendant quelques mois la construction d'une
voie ferrée entre Tripoli et Mourzouck (').
(1) Le trait suivant démontre le dévoùment que Kamaeckers savait
inspirer à ses subordonnés. T'n domesti(|ue nègre, Pamboula, qui avait
accompagné Ramaeckers dans son voyage au Snhara, résolut d'aller retrouver
son ancien maître. Il s'engagea comme matelot de Trijjoli à Marseille, et
travaillant en route pour gagner ses frais de route, il atteignit I*aris^
puis Bruxelles. Il se présente au domicile de Ramaeckers, disant: «Je ne
puis vivre sans toi, maître, c'est pourtjuoi je suis venu te rejoindre w.
Lorsque Ramaeckers quitta Bruxelles, ^ our commander l'expédition de
— 528 —
Nommô clicl' 'U^ la Iroisième cx[)6dilion de l'Association
Iiiloi'nalionale Africaine, il se rend à la côle orientale le
7 juin 1<S80, avec Bccker, De Leu et De Meuse, comme
adjoints, chargé d'aller relever Gambier à Karema.
Il ([uiite Bagamoyo, le 15 juillet 1880 et, le 12 août, il
atteint le poste français de Condoa, où De Meuse, malade,
abandonne la caravane et retourne à la côte.
Uamaeckers se joint à Mpwapwa à l'expédition allemande
du baron von Sclioler. Le 31 août, 'Il croise un courrier que
Gambier expédie à la côte pour annoncer le massacre de
Garter et Gadenhead.
A Khonko, il rencontre Burdo rentrant en Europe pour
cause de maladie, Ramaeckers est forcé de lutter contre
le sultan de Mdabura qui barre la route des caravanes.
Il est rejoint, le 5 octobre, à Mounie-Mtuana par Popelin
et Roger, avec quarante hommes, et se rend avec eux à
Tabora. Les voyageurs sont reçus par le D' Van den
Heuvel. De Leu y meurt le 25 janvier
Le 4 décembre 1881, les survivants arrivent à Karema
et Ramaeckers reprend le commandement de la station
des mains de Gambier, exténué de sa longue faction dans
ce pays primitif.
Les nouveaux arrivants sont émerveillés, dit V Histoire
miliidh^c du Congo, du spectacle qu'offrait la nouvelle station
édifiée par l'officier belge, sur une hauteur dépassant de
quinze mètres le niveau des eaux du lac.
Habilement secondé par Becker et Roger, Ramaeckers
développe considérablement notre premier poste en Afrique,
mais il ne lui est pas permis de voir le couronnement
de ses efforts. Il organise les travaux de défense du Fort
Léopold.
l'Association Internationale Africaine, Bamboula suivit son maître en
Afrique. Après la mort du Ramaeckers à Karema, il séjourna à cette station
avec Becker, puis il se rendit dans l'Uganda où il se livra au commerce de
1" ivoire, sous le nom de Mahomed Biri.
— 529 —
H;nii;ieck(^rs siiccoinhe le 'jr> IVviicr 1<S<S2, i\ uiie jMtiiquo
(1(^ lirvr(^ l)ili(Mis(\
l'ii iiioiuiiiiCMil ;i r[v r\(}\(] sur sa ioinlx^ [r,\v son a'ijoinl
cL son succossour à Ka renia, Jérômo Hocker.
Uaciiiaeckors était chevalier de l'Ordre de L('()i)old.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
— DE Maktrin-Donos. Les Belles clans l'Afrique centrale, i. I.
— Bulletin de la Sociélé belge de Géographie, 1882, j). 234.
— Congo illustré, 1892, p. 89.
— 5:^0 -
BECKER, JÉRÔME, JACQUES.
né à Calmplliout, le 21 août 1850.
Sous-lieutenant d'artillerie.
Prend part à la troisième expédition de l'Association Inter-
nationale Africaine sous les ordres du capitaine Ramaeckers.
Cette expédition, qui se compose en outre du lieutenant
d'artillerie De Leu et de Robert De xMeuse, photographe,
quitte Bruxelles le 4 juin 1880 et Bagamoyo le 15 juillet
suivant. Elle se joint à Mpwapwa à la caravane du baron
von Schôler et de ses adjoints Bohm, naturaliste, et Kaiser,
agronome. — L'expédition a à lutter contre le sultan de
Mdabura.
Les voyageurs arrivent à Karema le 4 décembre.
Becker remplace le D'" Van den Heuvel au poste de
Tabora. Il établit des relations commerciales avec les Arabes
et organise des magasins de ravitaillement pour les cara-
vanes.
(1881). Ayant appris que le chef Mirambo se proposait
d'attaquer Ramaeckers à Karema, Becker se rend auprès
de Mirambo à Thierra-Magazi et y obtient des nouvelles
rassurantes.
A la mort de Ramaeckers, Becker prend le commande-
ment de la station de Karema. Il y attire soixante familles
indigènes, élève un vaste boma et construit un bateau à
voiles. Il passe ensuite à Mpala, traverse le Manyema et
fonde le poste de Nj^angwe. A l'arrivée de Storms, Becker
châtie le chef indigène Jassagula et retourne à Zanzibar,
en novembre 1882.
Rentre en Belgique le 21 mai 1883.
Becker se rend une deuxième fois, à la côte orientale,
le 19 octobre 1884, comme chef de la cinquième expédi-
tion de l'Association Internationale Africaine (1884). Celle-ci
est composée de Durutte, lieutenant au régiment des cara-
biniers, de Dubois, sous-lieutenant au 2'^ régiment de guides.
BECKER, Jérôme.
Cliché de l'ouvrage La Vie en Afrique.
(Lebègue & C'«, Bruxelles.)
- 531 -
(lu s(>us-li(Mil(Mi:inl Dliiniis, du S- r('',f^imont do li^nc, eL do
Mollour, un ;iiu'i(Mi sous-ollicior dos liraillours sonô^ahiis.
Cotto mission, (jui ;i pour liuL pi'imilir do r(;lior l(;s
slnlions fondoos sur 1(^ 'lïm^^anika ù collos du Con^^o, osl
iiiiso dans rinipossibiliLô do rôalisor son i)ro^Taniino, à
cause do la famine, ([ui S('viL à l'inLoriour du pays et i)ai'
suite do la dilliculto do recruter dos porteurs. Cotto didi-
culté est accrue par l'hostilité manifeste du sultan de Zan-
zibar que la reconnaissance de l'Etat du O)n^'o par les
puissances est loin de disposer favorablement i)our ses liôtcis
du moment.
Becker, gravement malade, est forcé de rentrer en Europe
et abandonne le commandement do l'expédition au lieute-
nant Durutte (15 mai 1885).
Le 17 septembre 1888, Becker retourne une troisième
fois en Afrique, chargé d'aller fonder un camp sur l'Aruwimi,
avec Roger comme adjoint.
Becker arrive à Léopoldville, avec son adjoint Tobback,
et se rend aux Falls, où il retrouve Tippo-Tip qu'il avait
vu jadis à Tabora (1889).
Becker se rend avec Tobback au camp d'Ambuya. Comme
on lui reprochait do se montrer trop favorable aux Arabes,
Becker donne sa démission d'agent de l'Etat et se dirige
avec les Arabes vers Djabir. Il part de l'Aruwimi et fran-
chit le Leulu, affluent de la première rivière, déjà signalé
par Al. Delcommune.
Becker explore ensuite l'Itimbiri ou Rubi et remonte
vers le Nord et l'Uele par le Likati.
Il franchit en trois jours de marche la distance entre
le Likati et l'Uele et se rend à Djabir.
De là il revient à Bumba et rentre en Europe le 27 juin 1890.
Capitaine d'artillerie en retraite.
(1902). Inspecteur des Explosifs du royaume.
Décoré de l'Etoile de service et de l'Ordre musulman
du Medjidié.
— 532 —
PUBLICATIONS:
La vie en Afrique ou trois ans dans l Afrique centrale, 2 vol. in-8" de
500 p. chacun, avec carte et 150 ill. Bruxelles, Lebègue, 1887,
Les premières expéditions belges en Afrique. La vie en Afriijue, I, appen-
dice, pp. 31)9-451.
La troisième expédition belge au pays noir. in-S", 313 pp. Bruxelles,
Lebègue, 1888.
Gymnases d'exploration et de colonisation. (Bruxelles, Mertens, 1886).
Vade-mecum du voyageur en Afrique. Organisation d'une caravane de
deux cents hommes et de cent fusils. (Vie en Afrique, annexes du
l-' vol., pp. 455, 490).
De V esclavage arabe et du rôle de l Islam en Afrique. (Chap. XXXV,
vol. II, ouvr. Vie en Afrique, pp. 318-340).
Eloge funèbre des frères Liévin et Jose})h Van de Velde, prononcé le
20 avril 1888. Bulletin de la Société royale de Géographie d'Anvers,
t. III, p. 31.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
DE Martrix-Doxos. Les Belges dans l'Afrique centrale, t. IL
Mouvement géographique, 1884, p. 41; 1885, p. 23; 1887, p. 3 et 1889,
p. 75; 1890.
Chapaux. Le Congo historique, diplomatique.
DE LEU, ALBERT, LOUIS. MARIE.
né à Gand, le 23 juin 1852; décédé à Tabora, le 25 jan-
vier 1881.
Lieutenant adjoint d'Etat-Major au 2' régiment d'artil-
lerie.
Membre de la troisième expédition de l'Association
Internationale Africaine qui se dirige, le 7 juin 1880, sous
les ordres du capitaine Ramaeckers, vers la côte orientale.
De Leu est spécialement chargé de diriger la caravane
et de transporter les sections étanches du steamer.
11 nM;()il l'ordi'o do reprendro le coimnaiidoiaonl du doc-
UMir Vau don Hoiivcd, à Tabora, où il iiiciirt du lyplius,
iumIlth' tous los soins (jui lui sont prodig-uôs.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— i)K Maim'uin-Donos. Les Belges dans l'Afrique centrale, 1. 1.
— Hkckku. Vie en Afrique, appendice.
DE MEUSE, ROBERT,
no à Verviers, le 3 septembre 1852.
Comme attaché à l'Institut de cartographie militaire, il
visite l'Algérie et la Tunisie.
Se rend à la côte orientale en juin 1880 et fait partie,
en (pialité de naturaliste photographe et mécanicien, de
la troisième expédition de l'Association Internationale Afri-
caine, sous les ordres de Ramaeckers.
Miné par la fièvre, il doit retourner à la côte, après avoir
atteint la station française de Gondoa, et rentre en Europe
en décembre 1881. Part la même année pour l'isthme de
Panama où il fut, pendant cinq ans, attaché aux travaux
du percement, en qualité de chef du bureau technique.
Part pour le Congo, en 1889, pour compte de la Société
du Haut-Congo et rentre en 1890, pour cause de maladie.
PUBLICATIONS:
— Divers articles de journaux sur la pêche et la chasse.
— Une excursion dans la forêt d\\.cfadon. Bulletin de la Société belge de
Géographie, 1878.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— DE Martrix-DonoS. Les Belges dans l'Afrique centrale, t, I.
IV. - EXPÉDITION STORMS (1882-1885).
Membres de rexpédition : Stornis, Constant, Beine, Maluin,
STORMS, EMILE, PIERRE, JOSEPH,
ne à Wetteren, le 2 juin 184G.
Lieutenant adjoint d'Etat-Major au O"" régiment de ligne.
Est désigné comme chef de la quatrième expédition de
l'Association Internationale Africaine, avec mission de rele-
ver le capitaine Ramaeckers, commandant de la troisième
expédition en station à Karema, de poursuivre le pro-
gramme de l'Association, de consolider l'influence déjà
acquise sur la rive orientale du Tanganika et si possible
d'étendre l'œuvre sur la rive opposée du lac, déjà visitée
par Popelin.
Storms, accompagne du lieutenant Constant, des grena-
diers, quitte Bruxelles le 4 avril 1882 et débarque à Zan-
zibar le i mai. Dés son arrivée, le capitaine Gambier, établi
à Zanzibar, lui fait part de la mort de Ramaeckers.
Becker, installé à Tabora, a pris la place de son chef à
Karema et Mohamed Biri, arabe, homme de confiance de
Ramaeckers, a été envoyé à Tabora.
STORMS, Emile.
I
— 535 —
Constant, attoiiiL de lièvres à Zanzibar même, est ojjli^é
(le reprendre le chemin de l'Kurope et Storms, seul l)lanc,
a('eompa<^iié d(^ cent vin^l-six [)orteurs et Askaris met à la
voile, pour Sadani, le 5 juin, et rpiatre jours plus tard quitte
délinitivement la côte poui' se nMidre au Tan<,''anika. Il ti'a-
Iraverse l'Usagara, rU«>()go eties solitudes du M'^anda Mkali.
Vers le milieu du mois d'août, il atteint Tabora, où il
rencontre Mohamed Biri, mauvais gueux s'il en fut, et
([ui a exercé une intlu(Mice néfaste à Karema pendant la
maladie de son maitre.
Quelques jours suffisent pour réorganiser la caravane et
la marche est reprise le 27 août. Un mois après, Karema
est atteint.
Pendant son séjour à Tabora, Storms voulut conclure
un arrangement avec Tippo-Tip en vue d'une installation
éventuelle à Nyangwe. Toutes les combinaisons que le chef
lui présenta, lui parurent tellement onéreuses, qu'il déclina
ses offres.
Dès son arrivée à Karema, Storms propose à Becker de
retarder quelque peu son retour en Europe^ afin d'aider
aux travaux les plus urgents.
Becker, rentré au poste de Karema après la mort de
Ramaeckers, n'avait pas eu le temps d'asseoir l'autorité
du blanc fortement compromise par des manœuvres louches
de Mohamed Biri.
A peine arrivé, Storms voit ses hommes exposés aux
attaques de Jassagula, chef du village de Karema, qui se
hasarde même à leur enlever leurs charges et leurs fusils.
Le village de Karema est détruit par Becker et le chef
mis en fuite avec les siens. Jassagula fait sa soumission
et quelques mois plus tard, il est autorisé à se réinstal-
ler. Dès lors, Storms ne comi)te pas de sujet plus fidèle.
Le 19 novembre 1882, Becker quitte le poste pour ren-
trer en Europe.
— 536 -
La fin de l'année 1882 et le commencement de 1883 sont
consacrés aux travaux de la station.
Le 9 février 1883, Bohiu et Reichard, membres de la
section allemande de l'Association Internationale Africaine
arrivent à Karema avec le i)rojet d'explorer le Kalang-a,
mais avant de traverser le lac, Hohm, docteur en sciences
naturelles, voulut enriciiir ses collections dans la région
de Karema.
Depuis quelque temps les courriers de la station étaient
en butte aux attaques des gens de Katakwa. Tchata, chef
voisin, est chargé de mettre bon ordre à cette situation,
mais battu, il est forcé de demander secours au blanc.
Storms à la tète d'une partie de sa caravane, à laquelle
il a joint des hommes de Jassagula et de Tchata, part
en expédition le 22 avril, et le 23 donne l'assaut au vil-
lage de Katakwa. Le succès est complet, mais malheureu-
sement, Bôhm, qui a demandé à accompagner Storms,
est frappé de deux balles à la cuisse, ce qui le retient au
lit pendant plus de deux mois.
Le 27 avril, Storms met à la voile vers la côte occiden-
tale du Tanganika, pour reconnaître un emplacement favo-
rable à l'installation d'un nouveau poste.
Reichard profite de cette traversée pour transporter une
partie de sa caravane en vue de son expédition projetée.
Le 4 mai 1883, Mpala, séjour du chef de ce nom, est
choisi comme emplacement de la nouvelle station.
La présence de Reichard à Mpala permet à Storms de
se rendre à Ujiji, afin d'y faire l'achat d'un bateau et de
s'y procurer les articles d'échange nécessaires à Reichard
pour son expédition.
C'est au cours de ce voyage que Storms visite la Lukuga
et jette les bases de l'étude qu'il fera paraître plus tard:
Le problème du mouvement des eaux du Tangaràka.
Storms rentre à Mj)ala le 15 août et le même jour, par
une mer furieuse, son bateau se brise sur les rochers.
Il
— 537 —
()ii(>l([iio temps apros, son second bnlean a le meine sort. Il
lui l'ostait nn [)olit steani-lanncli, fjC Camhior, de dimen-
sions complètement insnlïisantes et (\\\\\(}. s.''îcnrité 1res don-
leuse ponr le Tan^anika; exhaussé et [)ourvu d'une mature,
il servit tant bien que mal en attendant ({uc l'on se soit
procuré de nouvelles embarcations. Des piro^-ues indig-ènes
sont transformés au chantier de Mi)ala en bateaux à voiles
cl un <;rand bateau est mis en construction. Cette der-
nière embarcation, Le Strauch, permettra plus tard à Storms
de traverser le lac avec près de deux cents hommes.
Le l septembre, la caravane allemande quitte Mpala pour
poursuivre son vo^^ai^e au Katanga.
Le 17 décembre, Storms rencontre à Karema Giraud,
officier de la marine française. Dépourvus de tout, mourant
de misère, lui et les siens, par suite de mauvais traite-
ments ([u'ils ont eu à subir chez Kasembé, chef dans la
région du Bangwelo, venaient se refaire à Karema.
Ravitaillé par les soins de Storms, qui a dépêché une
caravane à Tabora pour se procurer les articles d'échange
nécessaires, Giraud se propose de mettre le cap sur Mpala,
en vue de se diriger vers le Congo. Il a une déception
bien grande lorsqu'il donne l'ordre du départ, et ce n'est
qu'après avoir parlementé longuement, qu'il décide ses
hommes à s'embarquer. Une trop longue inaction était la
cause de cette désobéissance. Il atteint Mpala le 1 juin.
Giraud n'est malheureusement pas au bout de ses peines.
Quelques jours après son arrivée à Mpala, ses hommes
refusent formellement de partir sous prétexte que leur terme
de service a pris fin. Toute la caravane quitte la station,
va camper dans les bois et se livre aux plus déplorables
excès sur les populations des environs de Mpala. Giraud,
contraint et forcé, se voit obligé à congédier ses hommes
et rejoint lui-môme la côte, accompagné d'un seul boy,
en utilisant la voie Nyassa-Zambèze.
Storms atteste que la révolte de la caravane de Giraud
— 538 —
lui a créé le moment le plus difficile qu'il ait passé en
Afrique et qu'elle a été sur le point de compromettre
irrémédiablement son œuvre.
Le 0 septembre 1884, les Pères blancs missionnaires
d'Alger viennent solliciter rai)pui de Storms pour s'établir
dans les environs de Mpala. Trois jours après, il part avec
eux à la voile et les installe à Tclianza, à une journée au
Sud de son poste. Storms a toujours eu à se féliciter de
ce voisinage. Le R. P. Moinet, liomme de grande francbise,
devint un véritable ami et à toute occasion les deux blancs
se rendirent de mutuels services.
Le 30 novembre, Storms revoit à Mpala son ami Rei-
cbard, retour duKatanga. Il avait perdu, le 27 mars, son
camarade Bobm, emporté par les fièvres. Storms éprouve
une vive douleur en apprenant cette triste nouvelle. La
caravane allemande avait longtemps séjourné dans ses pos-
tes, ce qui avait permis à Storms d'apprécier Bobm et à
l'aimer, ainsi que Reicbard.
Au mois de novembre pendant un court séjour à Karema,
Storms apprend que Lusinga, le plus puissant cbef du
Marungu, se prépare à faire la guerre au chef Mpala,
avec lequel Storms avait fait l'échange du sang en signe
d'aillance.
Recruter cent cinquante Rouga-Rouga dans les envi-
rons de Karema, traverser le lac et tomber sur Lusinga
est l'affaire de quelques jours. Le 4 décembre, le sort de
Lusinga est décidé, il est le premier frappé dans l'assaut
donné à son village.
Lusinga, véritable fléau du Marungu, était le principal
fournisseur d'esclaves aux Arabes; aussi sa mort produisit-
elle une grande joie dans la contrée et tous les chefs du
territoire de Lusinga s'empressèrent-ils de paj^er tribut
au poste de Mpala.
Kansawara, autre grand chef du Marungu, soumis précé-
demment par Lusinga et pa3'ant tribut à son vainqueur,
— 53V) —
crut 1(^ moment favorable pour se rendre maître de la
contrée de son ancien suzerain; mais Slorins \\(\ l'enten-
dit pas ainsi.
Le 15 décembre, Kansa\\ara (\st enlirrcnient défait par
les forces de M|)ala. Il fait sa soumission et dès le sur-
lendemain ])aye tribut au vainqueur.
C'est lorsque ce résultat inespéré fut obtenu et dans
la (juiétude la plus complète que Storms reçut avis, vers
la mi-mai 1885, que les opérations par la côte orientale
devaient prendre fin. Il fut donc prié de remettre provi-
soirement ses postes aux missionnaires.
Depuis la fin de l'année 1883, Storms s'attendait à voir
revenir Becker et ce n'est qu'au commencement de 1885
que celui-ci arriva à Zanzibar avec quatre Européens (Durutte,
Dlianis, Dubois et Molleur). Storms espérait donc encore
pouvoir garder intacte sa situation acquise; mais il fut
bientôt désabusé.
Une lettre datée de Bruxelles, du 27 février 1885, or-
donna au personnel blanc de Zanzibar, de quitter les lieux,
les uns reçurent ordre de rentrer en Europe, les autres
de se rendre au Congo, par la voie du Cap.
Vers la fin de juillet, Storms prend donc le chemin de la
côte, après avoir installé les missionnaires à Mpala et à
Karema et arrive à Zanzibar vers la fin d'octobre.
Ce voyage de retour s'effectue dans la saison des pluies
et le courageux oflficier subit des souffrances et des fatigues
telles, qu'il faillit mourir en route. Pendant quinze jours
il marche à travers des régions inondées, où l'eau lui
monte jusqu'à mi-corps et au Nord de Khonko, il subit
une sérieuse attaque des Rouga-Rouga.
Ce n'est qu'en arrivant à Zanzibar, que Storms prend
connaissance de sa nomination dans l'Ordre de Léopold,
datée du 27 février.
Il débarque en Europe le 21 décembre 1885.
— 540 —
En 1888, Storms se voit confier la direction teclinique
de l'œuvre antiescknii^iste de Belgi(jue.
Dans une récente enquête faite en Angleterre sur la
question du Congo, Sir Harry Johnston s'exprime ainsi
sur le compte de Storms:
« ... Les Anglais ont beaucoup de défauts, mois je crois sin-
» cèrement qu'à tout prendre, ils font les meilleurs administrateurs
» qu'il y ait dans le monde.
» Mais je ne place pas la moyenne des Belges que j'ai rencon-
» très dans l'Afrique occidentale beaucoup au dessous d'eux. Des
» hommes comme Dhanis ou comme Storms peuvent être mis au
» même rang qu'un Lugard ou un Lonsdale. »
(Indépendance belge du 27 juin 1907, n» 178).
Storms est actuellement général-major commandant la
huitième brigade d'infanterie à Bruxelles.
Officier de l'Ordre de Léopold, décoré de la Croix mili-
taire de première classe, de l'Etoile de service et du Lion
et du Soleil de Perse de quatrième classe, commandeur
du ïakovo de Serbie.
PUBLICATIONS:
— Le problème du mouvement des eaux du Tanganika. (Bulletin de la
Société belge de (léographie, 1886, pp. 50-61).
— Notes sur Vethnographie de la partie orientale de l'Afrique équatoriale.
(Bulletin de la Société d'Aiithropologie'de Belgique, t. V, 1886-1887.
pp. 91-202, en collaboration avec le docteur V. Jacques).
— L'échange du sang. (Mouvement géographique, 1885, p. 3).
— Une séance de féiicheur. (Mouvement Géographique, 1885, p. 71).
— Le Tanganika. Quelques particularités sur les mœurs africaines. (Bulletin^
de la Société belge de Géographie, 1886, pp. 169-200).
— Vœuvre ardiesclavag-^ste. (Mouvement antiesclavagiste, 1890, pp. 63-72).
— Le potager à Karema. (Mouvement antiesclavagiste, 15 décembre 1888).
— La carte du Tanganika. (Expositions de Bruxelles et d'Anvers).
— 541 -
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Vktok' (iiiJAi I). Les /(fcs de rAfrifjuec'ffuaioriale, (Ilîicliolli!, 18'J(). ('Ii;n».
XXIII à XXVIl).
i)K Mahtrin-Donos. Les Belges dans V Afrique centrale, t. I.
CiiAi'AUX. Le Congo historique, diplomatique.
Mouvement géographique^ 1884, pp. 3-22 et 83.
nncKKii. Vie en Afrique, îippt'ndico. (l^ullctiii de la Société de fiéogra-
[)hie, t. IX, p. 735).
CONSTANT, CAMILLE, ISIDORE, FRANÇOIS.
HENRI, ERASME,
né à Monteguée, le 3 septembre 1851; décédé à Anvers,
le 22 février 1894.
Lieutenant au régiment des grenadiers.
Part pour le Congo le 4 avril 1882, comme adjoint du
lieutenant Storms, chef de la quatrième expédition à la
côte orientale. A peine arrive à Zanzibar, il est arrêté par
la maladie et revient en Belgique au mois d'août de la
même année.
Capitaine commandant au 5^ de ligne.
BEINE, JEAN, VICTOR,
né à Lincent, le 8 septembre 185G.
Etudiant en médecine.
Se rend à la côte orientale en avril 1883, pour rejoindre
le lieutenant Storms.
Est nommé sous-chef de la station de Karema.
Rentre en Belgique, le 21 décembre 1885.
— 542 —
MALUIN, EMILE. JEAN. JOSEPH.
lié à Saint-Josse-ton-Noode, le 18 septembre 1855.
Chef de bureau à la Banque nationale de Bel^i({ue, part
le 1 janvier 1883, pour l'Afrique, en qualité d'adjoint du
lieutenant Stornis, cher de la quatrième expédition à la
côte orientale.
Arrivé à Zanzibar, il est atteint d'une h(q)atite aiguë,
qui le force à rentrer en Europe (juillet 1883).
Conservateur du Portefeuille à la Banque nationale.
V. - EXPÉDITION BECKER-DURUTTE (1884)
Membres de l'expédition : Becker, Durutte, Dhanis, Dubois et
MoUeur (Français).
BECKER, JÉRÔME, JACQUES.
(La notice I)iographiqiie avec portrait a paru à la page 530).
Chef de la cinquième expédition à la côte orientale
(octobre 1884).
Gravement atteint, il est forcé de rentrer en Europe en
janvier 1885, après avoir confié la direction de la mis-
sion à son adjoint, le lieutenant Durutte.
DURUTTE, ADOLPHE EDOUARD. FRANÇOIS.
(ÉCUYER).
né le 18 mai 1853.
Lieutenant au régiment des carabiniers.
S'engage au service de l'Association Internationale Afri-
caine en octobre et prend part à la cinquième expédition
à la côte orientale (18 octobre 1884).
^
544
Adjoint comme second à Becker, il prend le comman-
dement de la mission à Zanzibar, lorsque son chef, gra-
vement atteint, est forcé de reprendre le chemin d'Europe
(janvier 1885).
L'expédition, dont le but est de se rendre au Tanganika,
est obligée de demeurer à la côte jusqu'en avril 1885, atten-
dant vainement l'ordre de Bruxelles d'organiser définiti-
vement la caravane et de se diriger vers l'intérieur.
Au lieu de l'ordre, qu'on avait fait, un moment, entre-
voir aux ofïiciers de la cinquième expédition d'être dirigés
sur le Congo par mer, arrive le rappel pur et simple
en Europe, avec faculté de prendre la voie du Gap de Bonne
Espérance pour le retour.
La cinquième expédition rentre à Bruxelles, le 22 mai,
ayant contourné tout le continent africain.
Durutte devient, en 1885, aide-de-camp du ministre de
la guerre, le lieutenant-général Brassine.
Lieutenant-colonel en retraite.
Chevalier de l'Ordre de Léopold, décoré de la Croix
militaire de première classe, et du Medjidié de quatrième
classe, du Soleil Levant de cinquième classe, chevalier du
Christ de Portugal, et officier de l'Eléphant blanc (Siam).
DHANIS, FRANÇOIS. ERNEST. JOSEPH. MARIE (BARON).
(La notice biographique, avec portraits, a été publiée
p. 53.)
(1885). Adjoint de Jérôme Becker, chef de la cinquième
expédition à la côte orientale.
L'expédition allait se diriger de Zanzibar vers Karema,
quand lui arrive le nouvelle de la convention de Berlin
en 1885.
DUBOIS, Jules.
Cliché de Touviage de M. Chapaux,
Le Congo historique, diplomatique.
— 515 —
A la suite do celle eoiirérence, raclivilj' des Fîejfjres
n'avait i)l\is à s'employer à la côte oricMilahi (3t l'expcdilion
Hecker-Durutte fut rappelée en PiUropc;.
DUBOIS, JULES. GHISLAIN. J03EPH.
né à Trisogne (Pcssoux), le 23 décembre 185G; décédé i)rés
des Stanley-Falls, le 28 août 1880.
Sous-lieutenant au 2^ régiment de guides, puis lieute-
nant au 4e régiment de lanciers.
S'embar({ue, le 19 octobre 1884, à destination de la côte
orientale, pour prendre part à la sixième expédition de
l'Association Internationale Africaine, sous le commande-
ment de Becker. Par suite de la famine sévissant en Afrique
orientale et pour des raisons politiques, la pénétration de
l'Afrique parla voie de l'Est, dut être abandonnée; la mis-
sion Becker fut dissoute à Zanzibar et ses membres rentrè-
rent en Europe, le 24 mai 1885.
Dubois repart pour Boma, le 17 mars 1886, et est désigné,
le 15 juin suivant, pour se rendre au poste de Stanley-
Falls et y être adjoint au commandant de cette station,
Deane, jeune gentleman anglais, ancien officier de l'armée
des Indes, qui s'y trouvait depuis le 14 février 188(3.
Dubois quitte Léopoldville, le 19 juillet, à bord àwSUmley
avec Coquilhat, chef de la station de Bangala.
La station des Stanley-Falls était le point extrême de
l'influence de l'Association Internationale Africaine sur le
Congo. En contact direct avec les Arabes, elle constituait
une barrière à leurs incursions vers l'Ouest. Aussi le res-
sentiment que les esclavagistes éprouvaient depuis l'instal-
lation du poste, augmentait-il chaque jour. On connaît
l'origine de cette station.
— o4G —
Les Arabes des Falls venaient de Nyan^^we, établisse-
ment fondé par eux en 1868. Ils avaient suivi la voie tracée,
en 1870, par Stanley, et quand ce dernier revint, en 188:î,
aux Falls, il trouva la ré<>ion rava^^'ée par les chasseurs
d'hommes. 11 y fonda une station, dont le commandement
fut donné à Binnie, auquel succéda plus tard le lieutenant.
Wester, qui conclut, en octobre 1881, avec les Arabes un
traité par lequel ceux-ci s'engagaient à ne pas dépasser les
cataractes, môme pour faire le commerce. A force de pru-
dence, Wester parvint à éviter tout contlit.
En janvier 1885, Van Gèle arriva aux Falls et eut avec
Tippo-Tip un entretien à la suite duquel ce chef s'engaga
à rappeler ses soldats postés sur l'Aruwimi et le Lomami.
Cette promesse fut tenue.
Un an après, le 14 février 1886, Deane prit le comman-
dement de la station. Désireux de protéger les indigènes
contre les brigandages des Arabes, il fit des remontrances
à Tippo-Tip. La situation commença à se tendre et les
rapports devinrent plus froids, sans cependant, dit Bau-
mann, donner lieu tout d'abord à des appréhensions.
Tippo-Tip étant parti en avril, laissa le commandement
de ses établissements à Bwana-Zige. Celui-ci aussitôt, changea
de ligne de conduite et, à partir du mois de juillet, l'attitude
des Arabes devint nettement agressive.
Vers le milieu du mois d'août, une femme esclave fustigée
de cent coups de bâton, s'était enfuie du camp arabe, situé
en face des Stanley-Falls et s'était réfugiée à la station.
Le chef arabe, auquel cette femme appartenait, la réclama
au chef de la station, Deane. Celui-ci refusa de la rendre
et offrit de la racheter. Les Arabes, très mécontents, se
livrèrent à des menaces, que Deane eut tort de dédaigner.
Sur ces entrefaites arrive le Stanley et Dubois débarque
aux Falls, le 22 août.
Amère déception; au lieu de Tenvoi annoncé de soldats
— 547 —
et do munitions, le lieutenant Dubois représentait le seul
secours (expédié à la station en p('M'iL
Deane est I'oitô d'enipruntcM' deux cent cinquante car-
louches au capitaine» du Slrniiri/.
En présence de l'écjuipa^c du steamer, les Arabes l'ont
savoir au commandant de la station qu'ils désirent la paix.
Tandis que Deane se rend dans un village voisin pour y
sceller la réconciliation, Dubois et les autres blancs gardent
rétablissement de l'Etat contre toute surprise.
La paix est conclue et le Stanley repart le lendemain,
23 août. Cette trêve peu lo3^ale n'est qu'une feinte de la
part des Arabes.
Dans la nuit même qui suit le départ du steamer un
des chefs Wagenia de l'île, prévient Deane que les Arabes,
au nombre de quatre à cinq cents, se massent derrière son
village dans l'intention évidente de donner l'assaut dans
la matinée. Dès le jour, en effet, les Arabes, sans le moindre
avertissement, entourent la station. Le combat dure jusqu'à
quatre heures; une charge finale commande la retraite des
assaillants.
Les 25 et 20 ont lieu de nouvelles provocations. Le canon
et la mousqueterie font de sérieux ravages parmi les
Arabes; malheureusement les munitions pour fusils Snyder
s'épuisent et donnent cinquante pour cent de ratés.
Les Arabes se reposent le 27 août. Le lendemain, ils
font une nouvelle tentative; un instant, ils pénètrent dans
la place et réussissent à enlever un grand fusil de rem-
part monté sur chevalet. Mais à trois heures, un retour
offensif désespéré exécuté par la garnison, avec les der-
nières cartouches et à la baïonnette, les repousse.
Deane et Dubois sont littéralement éreintés. Combattant
le jour, ils occupent leurs nuits, à fortifier la place, à
faire des rondes, et à tenter d'améliorer leurs munitions
notamment en subslituant aux détestables amorces des
— 548 —
cartouches Sn^aler des capsules pour fusils à percussion.
Vers quatre heures, le sergent-major desHaoussa, Massou-
Kanou vient avertir Je commandant du poste, que dans
les conditions actuelles la garnison a perdu tout espoir
de vaincre, que ses soldats sont prêts à se faire tuer en
comhattant; mais que, sans munitions, ils ne veulent pas
tomhcr vivants aux mains des Arahes « comme des poules ^.
Dépourvus de moyens de défense, ils se considèrent
comme déliés de leurs devoirs militaires et sont décidés
à ahandonner la place.
Deane leur expose vainement la honte de la fuite projetée
et fait valoir les grandes pertes des Arabes, qui comptent
au moins cinquante à soixante tués, tandis qu'eux n'ont
à regretter que deux morts.
Rien ne peut ébranler la décision des Haoussa. Deane
et Dubois font un dernier effort pour s'opposer à leur em-
barquement qui s'opère à l'insu des Arabes. Vers huit
heures du soir la station ne contient plus que sept Haoussa,
quatre boys et les deux officiers.
Deane et Dubois préparent l'incendie des bâtiments prin-
cipaux en vue de détruire les marchandises et la poudre,
Ils imbibent les installations de pétrole et y mettent le
feu, faisant sauter les deux canons. A onze heures, les
deux officiers se décident à la retraite; suivant de très
près la rive Nord du Congo, en cet endroit très escarpée,
ils franchissent à gué le petit bras, qui la sépare de l'île de
la station.
Les deux fugitifs n'ont plus auprès d'eux que quatre
Haoussa et les enfants. Ne trouvant pas le sentier, sous
bois, ils suivent de très près le bord de l'eau, étroite bande
de terre encombrée de broussailles et souvent interrom-
pue par les racines des grands arbres de la forêt vierge
qui touche le fleuve.
Après avoir parcouru environ un à deux kilomètres, ils
54U
se luMirlonl, à do Inrg-es rochers creusés piii' les crues et
penchés vers le llcuve. Kn les rranchiss;int, Deane l'ail un
taux j)as et tombe à l'eau, mais il est i)roinpt(inient retiré
(le sa lâcheuse position.
(Juehjues mètres i)lus loin c'est Duhois qui, i^lissant sur
la l'oche, perd ré(piilil)re et vonU^ dans le courant li'ès
violent à cet endroit.
Habile na<^-eur, Dubois est paralysie dans ses mo3'ens par
la pesanteur de son costume. Outre ses vêtements, il i)orte
un ceinturon avec deux cartouchières, un revolver, un fusil
Martiny-express en bandouillère, le casque en feutre sur
la tète et de grosses bottines de chasse aux pieds. La nuit
est très noire, et les lueurs lointaines de l'incendie de la
station ne font qu'égarer la vue par leurs reflets inter-
mittents et trompeurs.
On entend Dubois se battre: on lui tend un fusil. ^ Où
est-il? « s'écrie-t-il. Et au bout de quelques instants: «Je
n'en puis plus, je vais mourir ".
Deane se jette à l'eau pour le secourir et le ramène
jusque près d'une saillie de rocher. Puis, l'officier anglais
fait effort pour remonter sur la berge, il y parvient enfin.
Au milieu du bruit qu'il a fait dans l'eau pour en sortir,
il s'imagine que le lieutenant a de son côté travaillé à
reprendre pied sur la terre ferme. Il lui parle, il l'appelle,
mais n'obtient pas de réponse. Dubois, épuisé, a disparu
pour jamais.
Quant à Deane, plus heureux que son infortuné adjoint,
il sera recueillie trente jours plus tard, par Goquilhat,
mourant de privations et de misère à Yariembi dans une
cabane où les indigènes le cachent soigneusement aux
Arabes.
Parlant à Coquilhat de son adjoint, Deane, fait l'éloge
de la bravoure extraordinaire déployée par Dubois, de son
sang-froid imperturbable, de son étonnante activité.
— 550
« Au plus fort de la lutte, il m'envoj'ait de petits billets
« écrits sur le genou pour demander des munitions nou-
« velles ou quelque autre chose. Ces notes sont comme
r> calligTapliiées et ne trahissent pas la moindre émotion
« vous pouvez être fier de compter de tels hommes dans
« votre armée, aucune autre n'en a de meilleurs. »
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
CoQUiLiiAT. Sur le haut Co7igo.
Congo illustré, 1893, p. 81.
Chapaux. Le Congo historique^ diplomatique, p. 140.
DELGOMMUNE, Alexandre.
Cliché de l'ouvrage de Chapaux. Le Congo historique, diplomatique.
Chapitre III
Les premiers pionniers belges au Congo
" Sans exemple dans l'histoire des découvertes conti-
» nentales, apparaît la rapidité avec laquelle la partie la
n plus longtemps ignorée deV Afrique, l'immense bassin du
V Congo, a été explorée dans toutes ses régions; mais sans
n exemple aussi est la générosité avec laquelle un monar-
i> quBy aux idées élevées, a poursuivi avec ferm,eté ce but
r> sans se laisser rebuter parfois par de dures épreuves,
» L'exploration du Congo est l'œuvre la plus considé-
» i^able de ces derniers temps sur le continent africain n.
B"" DE RiCHTiiOFEN. Discours présidentiel prononcé le
21 avril 1888 à l'assemblée générale de la Société de
Géographie de Berlin.
I. — LA PÉRIODE DE STANLEY (1).
(1879-juillet 1885)
DELCOMMUNE, Alexandre, joseph,
PHILIPPE,
né à Namur, le 0 octobre 1855.
Premier Belge fixé au Congo, où il s'est rendu dès 1874,
par esprit d'aventure.
(1) Sous cette rubrique, les notices sont classées par ordre chronolo-
gique, suivant la date du départ.
Bien que Stanley ait quitté le Congo en juillet 1884, nous avons cru
devoir étendre cette période jusqu'au PJ juillet 1885, date de la procla-
mation de TEtat Indépendant du Congo à Banana, (jui est l'aboutissement
de l'œuvre à laquelle Stanley avait consacré ses elibrts.
— 552 —
Il se trouve à Borna, en 1877, comme chef des établisse-
ments de la maison française Daumas et Béraud, lorsque
Stanley, à la tôte de l'expédition du New-York Herald
et du Daily News, y arrive tout à coup, après avoir
révélé le cours gigantesque du Congo-moyen. Delcommune
rentre en Belgique en 1883, après un séjour ininterrompu
de neuf années sous les tropiques.
Depuis lors, Delcommune participera à toutes les grandes
entreprises, qui se succéderont en Afrique. Tour à tour
trafiquant, administrateur, agent politique, explorateur, il
portera dans toutes les branches de l'activité africaine, ses
investigations persévérantes et calmes.
En 1884, Delcommune est appelé à la direction des fac-
toreries belges, fondées à N'Gongola et Boma par Gillis,
et à celle des transports de l'A I. entre Banana et Vivi.
Le 19 avril 1884, les chefs de Boma signent avec lui un
traité plaçant leur territoire sous le protectorat de l'A. I. G.
Il passe ensuite, en 1886, au service de l'Etat, en qualité
de chef de cette station et de directeur des transports.
Delcommune rentre en Belgique fin 1886.
Lorsque la Compagnie du Congo pour le commerce et
l'industrie organisa, en 1887, une expédition dans le but
d'étudier la construction d'un chemin de fer, destiné à
relier le Bas au Haut-Congo, elle décida en môme temps
l'envoi, dans les régions du centre, d'une expédition chargée
de faire la reconnaissance, au point de vue commercial,
du haut-fleuve et de ses principaux tributaires.
Dans ce but, Delcommune, qui s'était embarqué avec Thys
et Cambier, à bord du Vlaancleren, le 8 mai 1887, trans-
porte au Pool le steamer Foi des Belges par les quatre
cents kilomètres de hi route des caravanes et entreprend.
- 553 —
lo 27 mars 1888, nvor 1)(^ M(mis(\ l'oxploi-ilion du fl(Mive
cl (le SOS princi[):nix lril)ii(;uros.
Il visilo le l\:isai jus(ju'à Lueho, lo lac L('u)[)()l(l 11, la
Liikenio, la Liiliia, U) Sankuru, lo Lubol'u, le Kwan^o, la
Djounia et lo Kouilou.
Reiilrô à Léopoldvillc lo 2 septGml)rc, il repart lo f
novombrc, pour efTectuor la reconnaissance du liaut-ileuve
et de ses afiiuents.
Il se dirige vers les Falls, s'engage dans le Lomami,
jus(iu'à Bena Kamba (G janvier 1889), soit un parcours de
neuf cent trente kilomotros, pendant dix-sept jours, jus-
({u'au troisième parallèle Sud, rov('lant une nouvelle route
lUiviale, plus courte que celle du Sankuru, pour atteindre
Nj^angwe et le Manyema. Il est arrête par les rapides.
En revenant, il pénètre dans l'Aruwimi, jusqu'à Yambuya
et explore la Ghuapa et l'Irebu; il remonte l'Itimbiri, ainsi
que la Lulonga.
Delcommune décrit dans le Congo illustré son explora-
tion du Ruki et du lac Tumba.
Le Ruki est ce puissant tributaire que le Congo reçoit
sur sa rive gauche, un peu en amont de la station de
l'Equateur. La première exploration de cette rivière est
due au missionnaire Georges Grenfell qui, à bord du Peace,
et en compagnie du lieutenant allemand von François, la
remonta en 1885.
Après avoir descendu le Congo en suivant la rive gauche,
Delcommune arrive au confluent du Ruki. Celui-ci se jette
dans le fleuve par trois branches séparées par des îles her-
beuses. Le bras du milieu est le plus large, le plus pro-
fond et le plus propre à la navigation. Les eaux sont noires,
comme celles du lac Léopold et de la Lulonga (14 février
1889.)
Le lit de la rivière va s'amplifiant à mesure qu'on avance,
et, parsemé d'iles, possède à certains moments une largeur
— 551 —
totale d'un kilomctre. Partout on distingue des villages;
la naviiçation est facile.
Le 15 février, vers huit heures et demie, l'expédition
s'aiTÔte sur la rive gauche, au village de Bakele, qui s'étend
sur ({uinzc cents mètres de rive. Le plateau, sur lequel il
est construit est élevé de quatre à six mètres au-dessus
de la rivière.
Delcommune rencontre partout une grande méfiance de
la part des indigènes, dans les villages où il est forcé
d'ahorder pour faire du bois.
Le 18 février, il pénètre dans la Salonga, affluent de
gauche du Ruki, et débarque, non sans de longs pourpar-
lers, à Kussi où il est bien reçu par les populations.
Après avoir parcouru deux cent vingt-cinq kilomètres,
Delcommune décide de rebrousser chemin, la navigation
devenant difficile. Repassant devant le village de Kussi,
où il a été si cordialement accueilli quelques jours aupa-
ravant, il est assailli par une nuée de flèches (23 février).
A la fin de cette journée, le steamer rentre dans les
eaux du Ruki.
Vers six heures, il atteint le village de Bobuando, dont
le chef fait aux vo3'ageurs un excellent accueil.
Dans une palabre qu'il a avec le chef Issasanga, Del-
commune expose les événements inexplicables qui viennent
de se passer à Kussi. Les dispositions bienveillantes du
chef Issasanga et de ses gens se modifient aussitôt, et par un
étrange malentendu deviennent menaçantes. Delcommune,
afin d'éviter un conflit, fait l'échange du sang avec Issa-
sanga, ce qui ramène la confiance des populations.
Le 25, revenus dans les eaux du Congo, les voyageurs
se rendent à la station de l'Equateur, où ils séjournent
pendant deux jours.
Partis le 27 février, à six heures du matin, ils arrivent
aune heure au confluent de l'Irebu. Ils entrent dans cette
rivière qui s'élargit peu à peu et ne tarde pas à atteindre
u;j->
inilh^ à (|uinz(3 cents inrtros, puis trois kiloiiiètros do hn-^cur.
Plus loin In rivière revient à son ancienne lai'^^eur de
quatre cents mètres; puis s'(''larf:^issant de nouveau, elle
oll're raspcct d'une vaste lagune avec de nombreux îlots
herbeux.
Les voyageurs débaniuent à Ituta, village commandé par
le chef Matinga, un vieillard, ([ui les reçoit avec hospitalité.
Autour de son village, l'arbre à kola abonde et le tabac
croît en larges et belles feuilles.
La côte Sud du lac est creusée do petites baies, au fond
desquelles dorment des villages pittoresques; parfois, la
rive se découpe en une grande échancrure, formant un golfe
large et profond. La végétation est courte, les bois sont
peu épais, les arbres petits. Le sol est une argile rouge,
excessivement ferrugineuse (28 février).
De ce village, la côte Nord du lac se distingue très bien.
Elle est très boisée et d'immenses colonnes de fumée in-
diquent qu'elle est aussi habitée que celle du Sud.
La vaste nappe d'eau s'étend à perte de vue, et la brume
matinale roule des flocons de vapeurs blanches sur la nature
qui s'éveille. A mesure que les voyageurs avancent, le lac
se révèle dans toute son étendue et l'autre bord ne peut
plus être distingué.
Dans l'intérieur, vers la côte Sud que longe le steamer,
le terrain s'élève, laissant voir au loin des collines boisées,
mouchetées de-ci de-là de petites clairières à l'herbe jaunie.
La berge est tantôt élevée et boisée, tantôt elle est basse,
également couverte d'arbres, mais pas marécageuse. Son
sol est parsemé de blocs de rochers, veinés de minerais
de fer. Des îles rocheuses, aux arbres rabougris formant
des bois clairsemés, séparent quelquefois les voyageurs de
la côte, qui continue à être hachée en échancrures plus ou
moins profondes, où l'on distingue quelquefois les huttes
d'un village, au milieu de nombreux élaïs.
A neuf heures et demie, le steamer pénètre dans un golfe
— 556 —
énorme où des centaines de navires s'abriteraient aisément;
plus il s'avance, plus les eaux deviennent d'un noir fonce,
pareilles à celles du lac Léopold.
A midi, il atteint le fond du golfe, où se trouve un
grand village occupant lout un promontoire. Cette agglo-
mération porte le nom d'Ikoko. On y compte quatre cents
huttes abritant plus de deux mille habitants.
Le village est bien situé, sur une langue de terre de
quatre à cinq mètres de hauteur, descendant doucement
vers le lac et ombragée par de nombreux élaïs et des arbres
à noix de kola. A côté de presque toutes les huttes, on
remarque de petits carrés, plantés de tabac. Cette plante
atteint ici trois mètres de hauteur.
Une grande rue coupe le village en deux. Cette voie,
large de dix-huit à vingt mètres, est elle-même coupée par
des rues transversales plus petites, se dirigeant toutes vers
la berge. Au centre, une grande place, ombragée par les
feuillages épais d'un énorme figuier sauvage, sert de lieu
de réunion et à la tenue des palabres. Tandis que les
adjoints de Delcommune échangent leurs verroteries aux
indigènes contre des feuilles de tabac et des charges de
teinture rouge, le chef reçoit successivement la visite des
chefs Maringa et Vinga d'Ikoko, respectivement maîtres de
la partie Nord et Sud du village. Des présents sont échangés.
Le 2 mars, l'expédition arrive à l'extrémité du lac. Elle
longe ensuite la rive Nord et achève la circumnavigation
du Matumba.
Vers dix heures, le steamer atteint le grand et beau vil-
lage d'Ugandji, plus important encore que celui d'Ikoko,
entouré de grandes et superbes plantations.
La berge, traçant une ligne rougeâtre sur un fond de
sombre végétation, est couverte de groupes d'indigènes gesti-
culant, criant, désireux qu'on s'arrête chez eux. Le steamer
passe, mais une ligne de récifs, des nasses de pêcheurs,
iJO(
iiislallcos 1111 miliou du hic, ohlii^oul ;i nilcMilii' l;i iniircho
(lu vnpour,
Jus(ju'à une luniiH*. et (hîiuic^ le iiavir(3 coiiLiuue ù avancor
très loiUeinonl, la sonde aceusant de moins on moins d'eau.
Tout à coup il s'écli()U(\ Le boal \a à la recliercli(». d'une
passe. Ses recherches sont vaines. A trois heures, le steamer
est remis à Ilot et l'ait machine arrière. A trois kilomètres
de la l(M're, une tornade se déchaîne. Heureusement, on
a maintenant deux brasses de fond. Tout l'équipage est
occupé à vider l'eau qui jaillit en lames pressées, attei-
gnant souvent le toit du bateau. La situation est critique.
Le navire parvient enfin à s'échapper et entre à toute
vapeur dans une baie où, abrités derrière un promontoire,
les vo^'ageurs attendent la fin de la tornade. La trombe
dure quarante-cinq minutes.
Delcommune retourne vers le Congo dont les eaux, en
baissant, ont laissé à découvert de nombreux bancs de
sable. Le 6 mars, Delcommune arrive en face du village
de Ngombi et se dispose à s'engager entre les îles lon-
geant la rive Nord, pour se rendre au confluent de l'Alima.
La rive française est inondée.
Le steamer remonte l'Alima. Au premier coude de la
rivière, il est arrêté. Un grand banc de sable barre le pas-
sage du côté droit, tandis qu'à gauche, plusieurs arbres
morts, plantés dans le lit de la rivière, s'abaissent et se
relèvent sous l'action du courant. La passe peut avoir douze
mètres de largeur. Elle serait suffisante si elle se présen-
tait en ligne droite, mais dans un coude aussi prononcé,
elle est impraticable. La rivière a ici soixante mètres de
largeur, deux brasses et demie de profondeur, quatre kilo-
mètres et demi de courant; sa direction est Nord.
Les voyageurs vont s'arrêter un peu en aval du cam-
pement de la veille et séjournent deux jours durant à Ikudu
(12 mars). Pendant ce temps, De Meuse va, avec une piro-
gue et des marchandises, explorer un petit bras do l'Alima.
— 558 —
Il a charge de se rendre au grand village de Likuba.
Le 13 mars, l'expôdition continue à descendre le Congo
et rencontre deux steamers, V Henry Rced et VAUma.
Dolizie, qui monte ce dernier, se rend dans l'Ubangi.
A trois heures, Delcommune accoste à Kwamouth, au
confluent du Kasai. où il se met à la disposition des mis-
sionnaires belges, puis rentre à Léopoldville.
Il revient en Europe en mai 1880. Les résultats de l'ex-
ploration du Congo et de ses principaux aftiuents, dont
Delcommune parcourut quatorze mille kilomètres de cours
navigable, démontrent à l'évidence qu'un trafic important
était assuré au chemin de fer projeté entre Matadi et le
Pool et que les capitaux nécessaires à sa construction seraient
rémunérés.
En 1887. Delcommune est nommé consul de Belgique à
Léopoldville. En cette qualité il est le premier Belge qui
fait flotter le drapeau national à bord d'un vapeur, sur
les eaux du crrand fleuve africain.
Dans le courant du mois d'avril 1890, la Compagnie du
Congo pour le commerce et l'industrie charge Delcom-
mune d'explorer les territoires compris entre Nyangwe, le
Tanganika et la frontière méridionale de l'Etat.
« Delcommune venait d'être chargé d'une expédition, avant la
» mission d'explorer les régions du Katanga, lorsqu'on apprit à
» Bruxelles, que la British South Africa^ la société de Cecil
» Rhodes, avait envoyé en Afrique deux agents, Thomson et Grant
> qui, en toute hâte, avaient gagné le pays de Msiri, d'où ils
» revenaient, disait-on, avec d'importantes concessions territoriales.
» La Compagnie du Congo mit à la disposition de l'Etat les ser-
» vices de l'expédition Delcommune, qui se trouvait alors sur le
> Lomami. et lui oiTrit de compléter l'action de cette mission,
— 550 —
» par un eii^^cnililo do promptes et énergiques ninnifestntions, qui
» (lovaient avoir pour résultat do couper court aux agissements de
» la société anglaise. Le 15 avril 1(SQ0, se forma la (\)mpa|.aiie
» du Katanga, qui reprit, pour son compte, l'expédition Delcom-
» mune et envoya d'urgence les expéditions Stairs et Bia-Francqui,
» dont les chefs furent commissionnés [>ar l'Ktat et munis do pleins
» pouvoirs.» (Wauteks: FAat Indcpcndanl du ConQO, p. .'301).
C'est ai)rcs do laborieux efforts, que la Compagnie du
Cong'O pour le commerce et l'industrie, parvint à orga-
niser la première expédition pour le Katanga, dans le but
de faire reconnaître géologiquemcnt le massif montagneux
du Katanga, de résoudre la question de la Lukuga, celle de
la navigabilité du Lualaba, d'étudier la mise en valeur du
paj^s, les voies de communication possibles pour y arriver.
Au mois de juillet, l'expédition composée du I)'' Briart,
médecin et géologue, Diderrich, ingénieur des mines et
du baron Marcel de Roest d'Alkemade et du lieutenant
russe de Santschoff quitte l'Europe. Elle s'adjoint à Boma
le sous-oflfîcier Cassart et Protsche, naturaliste.
A Matadi, elle trouve le lieutenant suédois Hackannson,
avec les cent cinquante soldats Haoussa, qui doivent lui
servir d'escorte.
L'expédition, divisée en trois tronçons, pour la facilité
du parcours des quatre cents kilomètres de la route des
caravanes, se trouve réunie au Stanle3'-Pool dans les pre-
miers jours d'octobre. Le 17 du même mois elle quitte
Kinsliassa pour le Lomami, à bord des vapeurs Yillc de
Bruxelles et Florida.
Elle arrive à Bena Kamba, point extrême de la naviga-
tion, le 15 janvier 1891.
Delcommune achève d'organiser sa caravane de soldats,
car, il ne trouve aucun porteur à Bena Kamba, remonte
son allège en acier et réunit cinq grands canots indigènes,
560
pour reprendre la navigation de la rivière au delà des
rapides qui, à cinq kilomètres, barrent son cours.
C'est le 30 janvier que l'expédition se met en marche
et campe au pied des rapides de Lis^ambi.
Depuis Bena Kamba, sous le 3** de latitude, jusqu'à Gongo
sous le 4^ 50', la rivière présente trois groupes de rapides.
Le premier, celui de Lissambi, est franchi sans peine. Dans
le second, celui de Dongo, l'allège chavire et Delcommune
manque de se noyer, l'expédition perd deux canots; enfin,
dans les derniers rapides, l'allège sombre et doit être aban-
donnée.
L'expédition arrive au village de Gandu (4** 50'j, résidence
de Gongo, situé sur la rive gauche du Lomami, le 13
mai 1801.
Tandis que l'expédition s'j'^ remet de ses fatigues et pro-
fite de l'hospitalité qui lui est offerte, Rachid, le neveu
de Tippo-Tip, y fait irruption, venant de Nyangv^e, appelé
par Gongo, que l'arrivée subite des Européens inquiétait
beaucoup. Après le départ de Rachid, qui se rendait aux
Stanley-Falls et auquel Delcommune confia deux de ses
adjoints malades, Protsche et de Roest d'Alkemade, le chef
de l'expédition sut attirer la confiance de Gongo, le fameux
chef des Batetela, à tel point, que celui-ci reconnut la sou-
veraineté de l'Etat et reçut un pavillon étoile. Mais bientôt-
ce chef oublia sa soumission, fit des incursions vers Lusambo
où il fut battu par les troupes de l'Etat. Il devint cepen-
dant plus tard le jAus puissant allié de Dhanis dans sa
mémorable campagne contre les Araljes.
Ayant renforcé sa caravane de plus de deux cents por-
teurs, fournis par Gongo et Rachid, Delcommune se dirige
vers Kabinda, village du chef Lupungu, situé à plus d'un
degré dans la direction du Sud-Ouest. Après y avoir séjourné
une dizaine de jours, il se met en route accompagné de
cent nouveaux porteurs et, à quelques jours de Lupungu,
s'arrête au grand village de Mona Goïo pour recruter
— 501 —
d'aiiliH^s lioniiiies. Wissmann ji traversé (^etle contrée de
l'Ouest à ri^st, (Ml 1S<S1.
C'est là ([uc, rexi)étlili()n Dc^leomiinnie enf^-a^ie des guides
pour la condiiircî à Kileinha-Mussiîl'a, (hîveini eélèhre i)ar le
séjour ([u'v lit ('aiiKM'on. Kasongo, le cliel' de Kilend)a, a
('cha|)[)é au pouvoir des Arabes, et est un des plus puis-
sants chefs de l'irua.
Vers le commencement du mois^de juillet, la caravane
arrive à Kilemba, où le chef Kasongo déploie toute géné-
rosité à recevoir les voyageurs.
Diderrich et Hackannson, accompagnés de vingt-deux hom-
mes, explorent les environs, dont l'étude au point de vue
géologique et minier offre le plus vif intérêt; ils sont atta-
qués, le 27 juillet, par les indigènes et n'échappent à la
mort que par miracle. Delcommune renforce l'escorte et
les recrues sont commandées par Briart. Celui-ci est blessé
au cours d'un engagement près de Bohia. Delcommune,
avec ce qui lui reste de forces disponibles et après avoir
assuré la sécurité de son camp, dont il confie la garde à
Cassart, se porte au secours de ses adjoints.
Quand il arrive sur les lieux, il trouve Hackannson, Dider-
rich et leur troupe dans le meilleur état possible, seul
Briart, blessé, était retourne au camp de Kilemba-Mussefa.
Le brave docteur avait été atteint d'une balle au bras et
d'une flèche au genou. Dans ces circonstances, Hackannson,
brave cœur s'il en fut, se montra généreusement héroïque,
en suçant la plaie causée par la flèche, que l'on croyait
empoisonnée.
Delcommune et ses adjoints livrent combat le lendemain
et [enlèvent le Mboma des Bienos qui s'étaient joints aux
gens de Simbi, rival de Kasongo. Le chef des Bienos (noirs
du territoire portugais), le fameux Sakitoto, trouve la mort
dans ce conflit et plus de cinq cents esclaves sont rendus
à la liberté. Le retour de l'expédition à son camp de Kilemba-
Mussefa, résidence du roi Kasongo, est un véritable triomi)he,
5G2
assomljri iouLei'ois par la mort do plusieurs soldats tombés
en braves et par l'inquiétude que cause au chef de l'expé-
dition et à ses adjoints les blessures du D'' Briart, lesquelles
heureusement n'eurent aucune suite.
L'expédition Delcommune quitte Kilemba le 20 août, pour
se diriger vers le Lualaba, avec l'intention de le tra-
verser à la hauteur du lac Kisale, signalé par Gameron.
Elle met sept jours à l'atteindre, et s'arrête à Kikondia, vil-
lage situé sur le Lualaba, au pied de hauts massifs de
gneiss et de quartzites, dont Diderrich relève la composi-
tion géologique.
Le 30 août, jour de deuil, Hackannson et quatorze des
soldats Haoussa, formant l'arrière-garde, sont massacrés.
Le lendemain de ce tragique épisode, l'expédition franchit
le fleuve, non sans faire usage de ses armes, contourne le
Kisale et gagne le grand village de Kayoumbe; elle y est
bien accueillie, mais au départ, les voyageurs sont de nou-
veau attaqués.
La caravane pénètre ensuite dans les monts Kibala, for-
mant une série de hauts plateaux, dont l'altitude varie de
mille à mille huit cents mètres. Cette route est un véri-
table calvaire.
L'expédition souffre les tortures de la faim, dans un pays
semé d'obstacles infranchissables et désert. L'itinéraire suivi
par la caravane reste sensiblement parallèle au cours de
la Lufila.
Au commencement d'octobre, l'expédition atteint Bunkeia,
résidence de Msiri. Le Marinel avait précédé Delcommune
en cet endroit, mais était rentré à Lusambo par suite d'un
incendie qui avait consumé une grande partie de ses pro-
visions.
Le lendemain de l'arrivée de la caravane, les voyageurs
sont rejoints par le lieutenant Légat, commandant du poste de
Lufoi. Delcommune séjourne à Bunkeia jusqu'au 22 octobre,
et se rend à Lufoi, poste fondé par Le Marinel, et tenu par
— 503 —
Lo^'al et Vordick. Il y sf'joiinic du 20 ovX()])V() nu 10 no-
vond)r(\
Tandis qw los inonil)ros de l'expédiLioii i)rennGiit ({iKîlquo
repos à Lidoi, Diderricli aceompaf^'iK; de Cassarl el de
quarante soldats est cliargé de faire une étude ^•éoIo^i(iue
du i)a5^s et remonte, dans ce but, le cours du Lufoi.
Après deux jours de marche, les voyageurs se trouvent
engagés dans un couloir des monts Kundelungu, dont la
largeur dépasse à peine cinquante mètres et dont les parois
s'élèvent à plus de deux cents. Diderrich se décide à rebrous-
ser chemin, lorsque sa troupe est aperçue par deux indi-
gènes et le retour s'effectue sous une grêle de pierres.
Le 10 novembre, l'expédition Delcommune quitte Lufoi
et se dirige vers le Katanga. Ce pays est en pleine guerre
civile et livré aux horreurs de la famine. Le 24 novembre,
Delcommune et ses hommes arrivent à Tenke, et Diderrich
visite les mines du Kabali.
Le 10 décembre, la caravane marche vers le Lualaba,
droit à l'Ouest. Delcommune se propose de redescendre le
fleuve jusqu'à Nyangwe en passant par Kikondia. La marche
de Tenke au Lualaba est terrible. Pendant neuf jours on
ne rencontre aucun village et la famine décime l'expédition;
réduite à deux cents personnes, celle-ci arrive enfin, le IG dé-
cembre, à Mushia, sur le haut Lualaba, y campe et construit
mi boat et vingt-sept canots en vue delà descente du fleuve;
le 27 février, elle descend deux cents kilomètres de son
cours, découvre, le 11 avril, l'ancien lac Kiniatta, traverse
de nombreux rapides, se voit forcée de hâler les canots
le long des rives et parvient enfin aux gorges de Nzilo, que
le géologue J. Cornet a dénommé « Chutes Delcommune »
rendant ainsi un hommage mérité à l'explorateur qui les
a découvertes.
Le Congo se rue dans celles-ci sur une largeur de trente
mètres, il tombe le long de soixante-seize kilomètres, d'une
— 5G4 —
hauteur de cinq cents mètres par une succession ininter-
rompue de sauvages cataractes.
La famine se déclare et provoque une mortalité effrayante
et de nombreuses désertions. La caravane est réduite à
cinquante deux hommes valides. Delcommune reconnaît le
cours du Lualaba jusqu'au confluent de la Lufupa, mais son
exploration est arrêtée par les chutes, et à la gorge de
Kiziku-Luelo, la descente du fleuve doit être abandonnée
(23 mai). Delcommune est forcé d'3^ laisser les vingt-sept
embarcations, qui lui ont coûté deux longs mois de travail
et de patience.
Il retourne à Bunkeia le 8 juin, où il apprend la venue
et le déi)art de Stairs, ainsi que la mort de Bodson. Il
se rend au poste de Lufoi, où il séjourne du 10 juin au
10 juillet et y rencontre Derscheid, Cornet et Amerlinck,
de l'expédition Bia; après un mois de repos, il longe la chaîne
des monts Kundelungu, traverse le Luapula, à sa sortie
du lac Moëro et les plaines au pied des monts Marungu.
Parti de xMpweto le 6 août, Delcommune arrive à Rumbi,
au bord du lac Tanganika le 20 août, quarante jours après
son départ du poste de Lufoi : les voyageurs ont fourni
trente-cinq jours d'une marche rapide. En quittant les bords
du Luapula, des bruits de conflit entre les Arabes et le
capitaine Jacques étaient parvenus jusqu'aux membres de
l'expédition.
A Rumbi, les explorateurs du Katanga apprennent par
Joubert que Jacques se trouve dans une situation des
plus critiques. Joubert se disposait précisément à se porter
au secours de son ami en danger; Delcommune ofl're immé-
diatement ses services au capitaine et Diderrich propose
spontanément de suivre l'exemple du chef de l'expédition.
Joubert fixe à vingt le nombre des soldats qui les accom-
pagneront. La colonne de renfort, dont fait également
partie le sergent Cassa rt, part le 22 pour Albertville, poste
du capitaine Jacques, situé à trois heures au Sud de la
DELCOMMUNE, Alexandre.
— n()5 —
Liiku«^a ol à deux ou Li'ois jours do navi^nlion do Kuiiihi.
Ai'i'ivi' à All)oi'l.villo le 21 août, Delconiinune se voud coiupLe
(lue la silualion de Jaccjues n'est pas désespérée: le er)ni-
inaiidaul d(^s l'orcivs anliesclava^'isLe.s s(i ti'ouve irisLall('î dans
un foi't (pii parait imprenable, et do [)lus, il a conservé
ouverte la voie du lac. Bien que n'ayant [)u se livrer à
aucune culture, Jacques ne devait point craindre la famine
car la mission très prospère de Mpala et le capitaine Joubert
l)ouvaient lui venir en aide et assurer le ravitaillement de
la •^•arnison. Les Wangwana (gens des Arabes) avaient établi
un boma bien l'ortifié à deux kilomètres au Sud d'Albertville.
Le 2G, la concentration des forces antiesclavagistes est
terminée. Jacques et Joubert disposent de quatre cents fusils,
dont trois cents fusils à cartouches.
Tandis que Joubert, secondé de Diderrich, entamera l'action
et attirera l'ennemi de son côté, que Jacques assisté par
Gassart se jettera sur le boma dégarni d'une partie de ses
défenseurs, Delcommune se charge d'assurer la défense du
fort.
Le premier assaut est repoussé par les Arabes. Les gens
de Jacques et de Joubert sont des indigènes du pays, qui
n'ont rien du soldat. Incapables de faire l'assaut d'une place
bien défendue, ils craignent le feu de l'adversaire.
Il était cinq heures et demie du soir; le siège durait depuis
l'aube, et l'ennemi acculé derrière ses fortifications, souffrait
énormément de la soif. Les pavillons arabes rouge et blanc
avaient déjà été enlevés du boma et tout indiquait que
les défenseurs s'apprêtaient à abandonner la place, lorsqu'une
panique presque générale, causée par la blessure d'un
nyampara et par l'apparition subite de cinq ou six Wang-
^vana qui sortaient pour s'enfuir, se répand dans la troupe
de Joubert et de Jacques; tous leurs gens, malgré les
rappels et les menaces de leurs chefs s'enfuient dans une
course désordonnée. L'ennemi, craignant une ruse quelcon-
que, ne se livre pas à la poursuite des fuyards, mais rentre
— 5()G —
dans son borna. Si les forces antiesclavagistes avaient tenu
un quart d'heure de plus, la place était abandonnée par
l'ennemi.
Delcommune quitte Mpala sur les bords du Tanganika,
le 6 octobre 1892, pour Lusambo.
Afin d'éviter la région affamée située entre Mpala et la
Lukuga, il se dirige vers Kasanga, grand centre Baluba.
Marchant vers le Nord-Ouest, il atteint la Lukuga à Muka-
lombi, point extrême visité par le voyageur Thomson.
De là, il suit la rive gauche de la Lukuga jusqu'à son con-
fluent avec le Congo et confirme ainsi les prévisions de
Gameron (21 octobre à 14 novembre). Il résout par cette
exploration le problème de cette rivière, déversoir du grand
lac africain; découvre son affluent la Niemba, et le con-
fluent du Luba. Il visite aussi les villages des chefs Wahenza
et Mulongo (près de la Luizi) dans un pays inexploré.
Delcommune rejoint la Lukuga pour entrer, le 9 novem-
bre, dans la capitale de Buli, chef Baluba.
La caravane atteint le Lualaba, qu'elle remonte sur
une distance de huit kilomètres jusqu'à Ankoro, au confluent
du Luvua et du Lualaba. Au cours de ce trajet, Delcommune
visite le chef Simbi, fils de Msiri.
Il explore les parages des prétendus lacs Landji et Unemba
dont il constate la non-existence. Delcommune voulait aller
reconnaître le chapelet de petits lacs qui se succèdent, dans
cette région le long du Lualaba, mais ses hommes dont
le terme de service est depuis longtemps expiré, refusent
de retourner à Kikondja, où Hackannson a été massacré.
Quittant Simbi, le 1 décembre, le voyageur regagne le
confluent de la Lukuga, pousse une pointe vers l'Ouest et
se dirige vers le Lomami, que la caravane atteint un peu
en amont du confluent du Lukasi, le 5 décembre.
Delcommune remonte la rive gauche de cet affluent et
apprend le massacre d'Hodister et la révolte des Arabes.
— 507 —
L(' 11) (Ir('(MiiI)i-(', il se trouve, à ('i;imi où iTside le lieuLe-
niinl Duchosne.
Delcoiiimuno écriL à Dhniiis poui* lui in(li([U(U' le irioyen
(le correspoiidro avec Jac(|ues et le lixer sur In zone qui
était occupée par les Arabes.
La caravane (fuitte Gon^^o, le 26 décembre, et i)assant
par Pania Mutonibo, atteint Lusambo sur le Sankuru, le
7 janvier 1893. Delcommune y est rejoint par Francqui,
(Cornet et Derscheid, de l'expédition Bia.
Les voyageurs attendent à Lusambo, jusqu'au 20 janvier,
le retour d'Amerlinck, envoyé par Francqui au village de
Lupungu, descendent le Sankuru en pirogues et arrivent
à Muki-Kamu, où la Société du Haut-Congo a une facto-
rerie, et où ils rencontrent la Princesse Clémentine, vapeur
envoyé à leur rencontre.
De même que le pays situé au Sud-Ouest de Bunkeia,
celui que Delcommune traversa entre le Tanganika et le
Lomami, n'avait jamais été exploré.
La durée du vo3^age terrestre de Gongo (18 mai 1891)
à Lusambo (7 janvier 1893), avait pris six cent quatre jours,
soit vingt mois, et le voyage complet mille et un jours.
Les expéditions Delcommune et Bia rentrent à Kinshassa
le 5 février. Elles débarquent à Lisbonne et y sont reçues
par le roi de Portugal et la Société royale de Géographie
de Lisbonne.
A Bruxelles, une grandiose manifestation nationale est
réservée aux explorateurs du Katanga (20 avril 1893). Del-
commune reçoit la médaille d'or commémorative des expé-
ditions du Katanga, des mains de S. M. le Roi, ainsi que
la croix de l'Ordre du Lion. La Société royale belge de
Géographie organise à Bruxelles une réception en son hon-
neur.
A Anvers, il est reçu par la Société royale de Géographie
qui lui offre sa médaille d'or.
— 568 —
En 1<S93, Delcoinmiine est noinrnô adininisiraleur de la
Société anonyme Lelgo pour le commerce du Ilaut-Gongo
et en 1895, il fait un cinquième voyage au Congo pour
inspecter les nombreuses factoreries de cette Société; il
revient en 1897, terminant ainsi un séjour efïectif de vingt
années au Congo.
Nommé administrateur de la Compagnie Cibils, il entre-
prend, en 1901, un voyage au Rio de la Plata et au Para-
guay juscfu'à Cynaba. Il remonte le Jauru et fait une recon-
naissance vers le Guapore. Revenu à la cote, il gagne le
Para et remonte le Rio Tocantin.
Le 7 décembre 1904, Delcommune, va inspecter les fleuves
et plantation de Porto-Alègre (île de Saint-TIiomé), dont il
est également administrateur délégué.
Delcommune est chevalier de l'Ordre de Léopold et de
l'Etoile africaine, décoré de l'Etoile de service, commandeur
de la Couronne de Prusse, du Lion et du Soleil de Perse, etc.
Il est administrateur, de la Compagnie du Congo pour
le commerce et l'industrie, de la Compagnie du Katanga,
de la Société du Lomami, de la Compagnie du Kasai,
etc., etc.
PUBLICATIONS:
— Rapport de Delcommune. (Mouvement géographique, 1889, p. 34).
— U exploration de la Lidonga. (Mouvement géographique, 1889, p. 61).
— L exploration du Lomami. (Mouvement géographique, 1889, p. 2*^, avec
carte, et p. 59).
— Mouvement géographique, 29 novembre 1891, p. 118.
— V exploration du Ruki et du lac Matumba. Lettres inédites. (Congo
illustré, 1^' année, pp. 197, 205, 214).
— L'exploration du Lualaba et du Katanga. DécouDerte des lacs Kassali
et des gorges de Nzilo. Rapport. (Mouvement géographique, 1892,
pp. 139-142, avec cartes).
(Rai)port de l'expédition, du 18 mai 1891 au 20 août 1892).
— Les affluents du Congo débouchant près de la station de l'Equateur.
(Mouvement géographique, 1890, p. 108}.
1
— 5()9 —
Iù'pl(n-ali(t})s du steamer " Roi des Belf/es n dans le district de Tippo-
Tip. (MouvciiKMit {^ôojj^raijliiciiie, l.SSÎ), p. 05).
Rapport sur la rêf/ion des chutes. (Mouveincui gé<)gnii)hi<iiio, 1H88, p. 24).
Rt'laiiioi du vot/of/e de Mpala à Lusamho. (Mouvement gôofi^raphique,
lS<»a, p. 39).
Voyarje au Katanga. (nullt^tiii de la Société royale de (i('()gra[)liie d'An-
vers, 1893, p. 237).
Le Lualaba et la Lukuga. (lUdleliii de la Société belge de Géographie,
1893, pp. 122-129),
Note sur la population du district de l' Equateur . Voyage dans la Lu-
longa. (Mouvement géographi(jue, 1895, p. 110).
La traversée des monts Kibalas. (Mouvement géographique, 1900, p. 143).
CARTES:
Le cours de la Lukuga. (Mouvement géographique, 1894, p. 27).
Itinéraire de l'expédition Delcommune au Katanga, 1891-1892, d'après
la carte de l'explorateur, au 2,500.000<'. (Mouvement géographique,
1895, n" du 4 août).
Carte de la région entre Luluabourg-Lusambo et le lac Tanganika,
d'après des renseignements de Delcommune, etc. (Mouvement géo-
graphique, 5 avril 1891).
Le pays entre Loulouabourg et Louloua, d'après les itinéraires de Del-
commune, etc. (Mouvement géographi(|ue, 1894, p. 106).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, pp. 102, 195, 261, 396
et 411.
DE Martrin-Donos. Les Belges dans V Afrique centrale, t. IL
Mouvement géographique, 1889, pp. 29-39 et 61; 1893, pp. 3], 37, 112;
1897, pp. 136.
Origines du Congo et les résultats géographiques de l'expédition Del-
commune, par A. J ^^'AUTERS. (Mouvement géographique, 1893,
p. 33).
A. J. Wauters. L'Etat Indépendant du Congo, pp. 25, 26, 44, 45, QQ,
67, 81, 110, 141, 175, 257, 2m, 279, 310, 339, 386, 390, 391.
Bibliographie du Congo, par A. -L Wauters.
— 570 —
Lettre d'Alexandre Delcommune à la Compagnie du Katanga. (M. A-,
1892-1893, p. 56).
Congo illustré, 1892, p. 121).
DE MYTTENAERE. m.chel.
né à Ostende, le 20 novembre 1839.
Obtient à Anvers, le diplôme de capitaine au long cours
le 6 septembre 1875, et est nommé capitaine du Barga, de
la Société Gockerill.
Part, le 5 juin 1879, d'Anvers pour le Congo comme
capitaine du Barga avec les membres de la première expé-
dition belge du Comité d'Etudes, et atteint l'embouchure
du Congo le 14 août.
Il effectue, parles seuls engins du bord, le déchargement
d'un steamer de rivière et de lourdes pièces sur un radeau
construit par lui et aide au montage des embarcations à
Banana.
Accompagné du lieutenant de marine Meyer Louis, il
rentre à Anvers, avec son navire lège le 28 août 1879.
De Myttenaere entreprend encore divers voyages vers
l'Australie, la Nouvelle-Calédonie et la Nouvelle-Zélande.
LOESE\A/ITZ, FRANÇOIS.
né à Anvers, le 5 février 1837.
Capitaine de navire. Se rend au Congo le 5 juin 1879,
à bord du Ba^^ga.
Après avoir aidé, à Banana, au montage du steamer, il
est nommé capitaine de la Belgique et conduit ce navire à
Nokki et à Vivi, effectuant ainsi pour la première fois avec
571
un slcaïuor co InijoL lluvial. 11 acconiplil i)lusieurs voya^'es
entre Banana et Vivi.
L()Ose\vi(z rentre^ en Kuropc en mars 1880.
Il (>sl acluellenienL exi)erL nauU(iue près du tribunal de
coninierce d'Anvers.
VAN SCHENDEL, Théodore, marie.
ne à Bruxelles, le 8 mars 1852.
Engag-c comme mécanicien par le Comité d'Etudes du
Haut-Congo, il part d'Anvers le 5 juin 1879, à bord du
Barga, et se rend à Banana, comme membre de la pre^
mière expédition, avec la Belgique, et le Royal, steamers à
bélice, ainsi qu'avec les embarcations En Avant et Espé-
rance, deux baleinières et une allège.
Ces bateaux sont montés à Banana avec l'aide des char-
pentiers et mécaniciens Janssens L. F., Petit Hubert, Gérard
Lambert et Roubinet Joseph.
Van Schendel accompagne cette flottille à Boma, puis à
Msoukou et Nokki, enfin à Vivi, où une station est fondée.
Il est attaché à la construction de la route de Vivi à
Issanghila, mais doit rentrer en Europe en mars 1880.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— DE Martrin-Donos. Les Belges dans V Afrique centrale, t. II.
— A. J. ^^^\T:TERS. La première expédition du Comité d'études. (Les Bel-
ges au Congo).
Partent aussi comme mécaniciens à bord du Barga, le
5 juin 187V):
Gérard Lambert.
— 572 —
Petit Hubert, déc(kl6 à Vivi, le 30 septembre 1879.
Roiil)i]iet Joseph, décédé à Vivi, le 8 mars 1883, à son
second séjour.
GILLIS, ADOLPHE.
né à Braine-le-Gomte, le 17 janvier 1845, et y décédé le
24 mai 1884.
Négociant à Braine-le-Gomte.
Le 25 février 1861, il se rend à bord d'un petit voilier
à Grand-Bassam. A son arrivée, il est promu capitaine et
fait le service des lagunes de la côte. Il séjourne en Afrique
jusqu'en 1867, époque à laquelle il rentre au pays natal.
En avril 1868, il retourne à Grand-Bassam et y fait, jusqu'en
1870, le trafic de l'huile de palm-e, de l'ivoire et de la
poudre d'or.
En 1876, il part pour Pernambouc, au Brésil, et y installe
une teinturerie et une filature de coton.
Gillis rentre en Belgique en 1877.
En mars 1880, il quitte Anvers et va fonder à Boma et
à Nokki, des comptoirs commerciaux. Il est le premier négo-
ciant belge établi au Gongo. Il est chargé du service postal
de l'A. I. du Gongo et revient en Belgique en mars 1881.
Après avoir donné plusieurs conférences, entre autres à
l'Union Syndicale de Bruxelles, il reçoit de l'A. I. la mission
d'aller installer des comptoirs au Gongo.
Il part d'Anvers, à bord du Héron, le 19 janvier 1882
et, arrivé au Gongo, obtient du roi nègre Necorado, auquel
il est présenté par Delcommune, la cession de terrains pour
l'établissement d'une factorerie, au confluent de la Kalamie
et du Gongo, et installe les factoreries de Boma et d'Icongolo.
Gillis visite l'île de Sainte-Hélène et explore l'hinterland
de l'Afrique portugaise, où il séjourne chez les Boers, émi-
grés du Gap et du Transvaal, établis à soixante lieues de
— 573 —
M()ss;nne(l(^s, ;iii i)l;il(';iii de, IIiiiii|);il,;i, ;i s(ùyA\ cciils iiiùlrcîs
;ui-cl('ssiis (lu niveau de la nier. Il y trouve une végétation
ndniirablo et des fruits en abondance. Le 4 septembre 1882,
il y subit les atteintes do la lièvre, conii)liquée de la variole
noire.
Guéri, il retourne an Congo et y continue le commerce
des écbanges; il assure le service des transports lluviaux
entre Banana et Vivi, alimente en vivres et en marcban-
dises les expéditions qui prennent la route vers l'intérieur
et s'occupe de l'entretien de la ilottille fluviale. Il remet ses
services à Delcommune, à la fin de l'année 1883.
Revenn en Belgique en février 1884, il succombe le 24 mai
suivant, au mal terrible dont il avait puise le germe à l'Equa-
teur.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
— DE Martkin-Donos. Lf^s Belges dans r Afrique centrale, t. II.
— Mouvement fféoffraphique, 1884, p. 20.
— Feuille d'annonces. Journal de Bmine-le-Comle (mai 1884).
NEVE. PAUL.
né à La Hulpe, le 19 décembre 1851; décédé à Issanghila,
le 17 juin 1881.
Sort premier de l'école des mines de l'Université de Lou-
vain en 1877.
Ingénieur provincial à Termonde. S'embarque à Liverpool
pour le Congo, au service du Comité d'Etudes, en qualité
d'ingénieur-mécanicien, le 7 novembre 1880, pour rejoindre
.Stanley, chef de la première expédition belge. Retrouve
le grand explorateur au camp de Khonzo et fonde avec
lui, en février 1881, la station d'Issanghila (latitude 5'^ 12'
longitude 14° 12' sur le Congo, en face de la chute du
même nom).
— 574 —
Abattu par la fièvre, il part pour Kilolo, campe à l'île
(le Kunza et se rend de là au nouveau poste de Manyanga.
Gravement malade, Neve est force de retourner à Vivi
et meurt en route, dans les bras de Valcke, près d'Issan-
gliila.
Voici comment le Congo illustré retrace la carrière con-
gx)laise de cet infortune jeune homme:
« Les voyageurs qui, dans un temps prochain, franchiront en
» un confortable sleeping-car, traîné par la locomotive, la terrible
» région des chutes du Congo, auront à se souvenir de ceux qui,
» les premiers, avec un courage sans égal, se dévouèrent à ouvrir
» la route à travers ce pays barbare.
» C'est en 18S0-18S1, Stanley les conduit. La troupe, partie
» de Vivi, remonte, en la serrant de près, la rive gauche du
» fleuve. Elle va lentement, par les marais, par les torrents cou-
» lant au fond des vallées, franchissant aux endroits guéables
» les rivières sans pont, se frayant une route à la mine, à tra-
» vers le roc, à la hache, à travers la forêt.
» Elle traîne à sa suite des chariots, sur lesquels sont chargés
» trois bateaux à vapeur, des maisons démontées, un mobilier, des
» ustensiles, des outils, des approvisionnements, des objets d'équi-
» pement, des marchandises d'échange,
» Effroyable labeur que cette marche sous le soleil d'Afrique, dans
» l'atmosphère mortelle des moites vallées, et que cette incessante
» ascension des pentes abruptes, suivie d'incessantes descentes de
» rampes glissantes.
» A chaque moment, les bras manquent pour traîner les véhi-
» cules et aussi les chefs pour leur direction. Stanley lui-même,
» à un moment, est comme terrassé. Autour de lui, ses adjoints
» tombent les uns après les autres. A Bruxelles, c'est avec anxiété
>^ qu'on ouvre chaque courrier arrivant d'Afrique Et, chaque
» fois, l'on enregistre de nouvelles pertes. Mais, malgré tout, en
» dépit de la fièvre, de la mort, des désertions, en Afrique, la
» colonne héroïque avance.
;>/;j
» Issangiiila ('st foiidô le ,2\ lévrier 18.S1. Flarniiii, le inéna-
» nicien, se met ;'i rceiiviv^ \a) steamer le Roi/dl, r(Mnont(î. est
•" laiieé et navi;,nie bientôt sur le fl(Mive qui, en amont, est rela-
» tivement paisible, mais qui, en aval, se resserre et se rue tout
» d'une volée par dessus une barrière de rocs aigus, pour aller
» tourbillonner, en dix cascades successives, jusqu'au pied de Vivi
j> et de IMatadi.
» C'est à ce moment que Paul Nève arrive rejoindre Stanley
» au camp de Khonzo, avec les lieutenants Valcke, Braconnier et
» Ilarou. Il appareille aussitôt VEn Avant et, avec les deux bateaux
» la troupe s'aventure dans les rapides.
» Le frêle garçon se transforme par pur dévoûment en méca-
» nicien de bateau, attentif à la chaudière de sa mince embarca-
» lion, perdu au sein des grandes lignes de cette nature géante
» et dramatique, luttant, impassible, contre les eaux rugissantes et
» finalement franchissant victorieux les défilés où le Congo sauvage
» resserré roule ses flots impétueux.
» Manjanga est fondé le 1 mai suivant. On est à moitié de
» la route. Au delà, d'autres difficultés s'annoncent: elles sont
» vaincues avec la même audace et la même ténacité.
» Quels travaux mémorables! ... Stanley réussira, mais par quel
» devoùment n'est-il pas servi? C'est l'époque héroïque. La
>^ grandeur de la lutte soutient seule le courage de ces pion-
» niers modestes. Que savent-ils de l'avenir réservé à leur travail?...
» Il ne s'agit alors ni de lucratives places à occuper, ni de fonc-
» tiens honorifiques à conquérir. Aucun des adjoints de Stanley
» ne sait qu'il travaille à la fondation d'un empire et que de la
» réussite de cette entreprise hardie, va dépendre la conquête de
» l'Afrique par l'Europe, l'ouverture du continent mystérieux à
» l'influence de la race blanche.
» Mais pour atteindre son but, Stanley obtient spontanément le
» dévoûment sans bornes de quelques natures d'élite, généreuses
» et fines. Paul Nève est de celles-là. Il donne sans compter, avec
» conviction, tout ce qu'il possède d'ardeur et de connaissances. Il
— 570 —
» (loniie ti*o[), car il tombe, terrassé p;ir la puissance du chaos
» infernal qu'il n'a pas hésité à affronter.
» Il repose à Issanghila, au bord de la route construite par
» Stanley, non loin de la rive de ce fleuve sauvage que l'un des
» premiers, jeune et grêle, mais instruit et enthousiaste, il a dompté
» par la vapeur. »
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— Congo illuslré (in extenso), 1892, p 25.
— DK Mautrix-Donos. Les Belges dans l'Afrique centrale, t 11.
BRACONNIER, charles, marie.
né à Liège, le 28 juin 1849.
Lieutenant adjoint d'Etat-Major au 4^ régiment de lanciers.
Engagé comme membre de la première expédition du Comité
d'Etudes du Haut-Gongo, il part pour l'Afrique le 19 juin
1880 et rejoint Stanley au camp de Kuvoko.
Il amène les steamers E^i avant et Royal, ainsi que les
allèges au delà de la cataracte de Manyang4 puis entre-
prend la construction de la route vers le Pool. Il se rend
de Manyanga, avec Stanley, à Mpakambendi, Zinga, Nzabi
et Ngoma.
Il effectue le passage du Lubamba et atteint Gamba ainsi
que la vallée du Mukoss.
Sur la rive du Gordon-Bennett, Braconnier trouve un
poste d'occupation français, commandé par le sergent Mala-
mine, émissaire de Savorgnan de Brazza; un mauvais accueil
lui est réservé par les indigènes de Mfwa (plus tard Braz-
zaville). Le jeune officier rencontre le missionnaire français
Augouard sur les rives du Stanley Pool, puis retourne à
Zinga et s'occupe de transporter un steamer au delà des
BRACONNIER, Charles.
Ol
7 —
cntaracîtc's; mais il (vsl ^ricvoiiKuil hlcssr au coiii's do co
travail (jiiasi siirhuinain.
Rétabli, Hracoiiiiiei- va relrouvoi' Stanley au Pool, traverse
la Loa, fait l'ascension du mont I^'unibi et se fixe à Usandi.
Le 3 d('cenil)re 1881, Slanley, instalh' au Pool, sur un con-
trefort, situé immédiatement au-dessus de la dernière des
trente-deux cataractes du bas-fleuve, confie à son adjoint
la mission de créer un nouveau poste.
Braconnier fonde à Ntamo la station de Léopoldville, dont il
est nommé commandant. Par suite de nombreux démêlés avec
le chef N<i-aliema, il est forcé de construire un blockhaus.
Souffrant des sarnes, douloureuse affection de la peau.
Braconnier se dirige vers la côte pour y passer un congé
de trois mois. En route, près de Manyanga, il rencontre
le lieutenant Co([uilhat, ({ui se rend à Léopoldville (21 octo-
bre 1882).
Dès les premiers jours de janvier 1883, Braconnier revient
au Pool, y apporter les instructions de Stanle}^ chef de
la nouvelle expédition, chargée d'acquérir des droits sur
toute la rive méridionale du lac.
Le 20 janvier. Braconnier tente d'obtenir un traité du
chef N'Tchouvila, à Kinshassa; mais Bankoa, le seigneur
de Kindolo, lui barre le chemin, avec ses forces, le tenant
en joue à trente pas. Les Zanzibarites indignés apprêtent
leurs armes; mais leur maître s'interpose, heureusement,
entre les deux partis sur le point délivrer combat et renti-e
la nuit à la station.
Nullement découragé par cet échec, le jeune ofRcier belge
se propose de renouveler ses tentatives d'acquisition de
territoires d'un autre côté, et son attention se fixe sur la
région située à l'extrémité d'amont du Pool.
Le 11 février, après cinq jours d'absence, Braconnier
revient à Léopoldville; il a cette fois admirablement réussi
dans ses négociations et rapporte un traité signé par le
chef de Kimpoko.
- 578 —
Callewaert reçoit l'ordre d'y installer immédiatement un
poste; mais il ne parvient pas à nouer des relations bien-
veillantes avec les indigènes.
Le 24 mars, Braconnier est forc;'^ de s'y rendre avec
vingt Zanzibarites à bord de VEclairem% pour réprimer
une sédition. Stanley le suit avec trente hommes sur VEn
Avant. Le litige existant entre le chef banfoumou N'Gou-
mou et Gambiele, notable bateke, cause de tous les désordres,
est tranché à la satisfaction de tous; Callewaert est rem-
placé par Goquilhat.
A l'expiration de son terme de service. Braconnier prend
le chemin de Manyanga et rentre en Europe le 23 septem-
bre 1883.
Quelques années après, en 1890, il accomplit une mission
spéciale au Dahomey, dont les Français devaient s'emparer
peu de temps après. Il visite à cette occasion la colonie
anglaise de Lagos et la colonie française de Porto-Novo.
Il est actuellement général major, commandant la troi-
sième brigade de cavalerie.
OfRcier de l'Ordre de Léopold, décoré de la Croix mili-
taire de première classe, de l'Etoile de service et de l'Ordre
du Mérite militaire d'Espagne de troisième classe.
PUBLICATIONS:
— Lf. Congo au point de vue pittoresque. (Conférence donnée à la Société
royale belge de Géographie, 18 janvier 1886).
— Le Congo au point de vue économique. (Bulletin de la Société royale
belge de Géographie, 1886).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— DE Martrin-Donos. Les Bdges dans V Afrique centrale, t. 11.
— CoQuiLHAT. Sur le Haut-Congo.
— C.iAPAUx. Le Congo historique, diplomatique, p. 71.
HAROU, Victor.
— 571) —
HAROU, VICTOR. EUGÈNE, JULES,
né à Fayl-lez-Seneilc (Ilainaiil), Ic^ 25 dôcemhrc^ 1<S51.
Lieutenant adjoint d'I^^tat-iMajor au 5'^ n'^^-iment d(î li^ne.
Parti le 27 juillet 1880, il est adjoint à Stanley, occupé
à créer une route sur la rive Noi'd du lleuve, entre Vivi
et Issanghila, et à y transporter un matériel fort considé-
rable, compnMiant deux bateaux à vapeur, deux baleinières
en acier et plus de dix mille charges.
La mission de Harou est de diriger un service de trans-
port par mules et ânes entre Vivi et le camp de Stanley,
service dans lequel il alterne avec le lieutenant Braconnier.
Ce travail est terminé en mars 1881.
Harou remonte alors le Congo, avec Stanley, jusqu'à
Manyanga. Ce voyage dure environ deux mois par suite
de la nécessité dans laquelle se trouve l'expédition de con-
tourner par terre les nombreuses chutes partielles et les
rapides qui entravent la navigation entre Issang-hila et
Manyanga.
Harou est chargé ensuite par Stanley de la mission de
fonder la station de Manyanga (Nord) et, l'année suivante,
exécutant les instructions du commandant de l'expédition,
il établit aussi le poste de Manyanga (Sud), qui devint l'ori-
gine de la route des caravanes sur la rive gauche du fleuve.
Gravement malade d'une atteinte de dysenterie, Harou
rentre en Europe le 29 juillet 1882, après avoir remis le
commandement de la station à son second, le lieutenant
Nilis.
Quelques mois plus tard, les revendications portugaises
au sujet de la possession de l'embouchure du fleuve, déci-
dent le Roi à faire reconnaître une route au Nord du 5"
12' (Luemma), pouvant être éventuellement appelée à relier
Léopoldville à la côte. Harou est chargé de cette mission
et s'embarque pour l'Afrique le 3 janvier 1883.
Il fonde d'abord la station de Massabe, à l'embouchure
— 580 —
do la Luemma, dont il fait sa base d'opérations, puis, en
mai 1883, il entreprend le voyag-e d'exploration, but de sa
mission. Il explore d'abord les vallées de la Luemma et du
Chiloango, puis traversant la vaste région forestière du
Mayumbe, il gagne les sources de la Ludima et du Niari
et atteint ainsi le plateau de M'Boko Songho où il con-
state l'existence de riches mines de cuivre et de plomb.
Ces gisements lui avaient été signalés par de Brazza qui,
quelques mois auparavant, avait été empêché de les visi-
ter par suite de l'hostilité des indigènes.
Poussant ensuite une reconnaissance, Harou atteint la
rivière Kenke, puis le Congo, un peu en aval de Léopoldville.
11 établit, en cours de route, les bases des postes de
N'Koula et de M'Boko Songho.
L'année suivante, il préparait l'organisation définitive de
ces stations ([uand, atteint d'une violente hématurie, il est
forcé de rentrer en Europe où il arrive le 1 septembre 1884.
Il est actuellement colonel adjoint d'Etat-Major comman-
dant le 2^ régiment de chasseurs à pied.
OfRcier de l'Ordre de Léopold, décoré de l'Etoile de service
et de la Croix militaire de première classe.
PUBLICATIONS :
Souvenirs de voyage dans V Afrique centrale. (Revue artistique, Anvers,
1880-1881).
Lettres (Bulletin de la Société belge de Géographie, 1881, pp. 464, 560).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
DE Martrin-Donos. Les Belges dans l'Afrique centrale, t. II.
Ch.vpaux. Le Congo historique, diplomatique, pp. 71, 8'J.
581
VAN DEN BOGAERT, PIERRE JOSEPH,
iK' à Anvers, U\ 17 l'évrier 1829.
Ollicior (lu ^'énie.
S(^ iviul, en [Si)C), aux Etals-Unis pour y éludioi* les nou-
veaux moyens slrat6gi([ues oL les nouvelles niélhodes mis
en usai^-e pendant la i^'uerre de la Sécession, et visite les
champs de bataille autour de Hiclimond. Se rend au Niagara
et au Canada.
Major conunandant du f^'énie tle la place de Termondc.
11 est mis à la disposition de S. M. le Uoi pour le service
de l'Association Internationale Africaine, le 10 août 1880.
Il remplit plusieurs missions relatives à l'organisation des
services; visite diverses stations de la côte occidentale
d'Afrique, suivant les instructions de Stanley. Il amène au
Cong'o des mules acquises à Ténériffe. Ces animaux, très
vigoureux à l'arrivée, ne résistent pas aux attaques des
mouches venimeuses. Les mules succombent bientôt, cou-
vertes d'ulcères, sans avoir rendu de services appréciables.
Van den Bogaert rentre en Europe au mois de mai 1881.
Promu au grade de lieutenant colonel, il reprend son ser-
vice à Termonde.
Il est colonel en retraite depuis 1887.
Il visite successivement, en 1887 et 1888, les côtes médi-
terranéennes d'Europe et d'Afrique, puis, en 1889, il fait un
voyage de dix mois en Islande II parcourt l'intérieur de
l'ile, visite les côtes et suit la pêche de la baleine vers
le Nord.
En 1891-1892, il se rend à la Mer Noire, fait une excur-
sion au Caucase et remonte le Danube.
Van den Bogaert est officier de l'Ordre de Léopold, décoré
de la Croix militaire de première classe, chevalier de l'Ordre
de Saint-Maurice et Lazare et décoré de l'ancienne médaille
d'or pour acte de courage et de dévouement.
— 582 —
PUBLICATIONS :
Signaux à Vusage des troupes en campagne. Liège, Carmanne, 1SG7.
Télégraphie électrique en campagne. Bruxelles, Muc(niart, 1873.
Conservation des magasins à poudre. Bruxelles, Muerjuart, 1879.
Rapport sur la visite des habitations ouvrières d'Anvers ^pour le comité
de patronage). Anvers, De Cokcr, 1891.
Id. id. 1892.
Recherches sur l'histoire primitive des Belges. Les Saga Scandinaves .
Bruxelles, Guyot, 1903.
Op~oekingen betreffende de oorspronkelijke geschiedenis der Belgen. I,
Bergelmir. Anvers, Buschmann, 1904.
Fragm,ents de V histoire primitive des Belges. Trois volumes, Liège. An-
vers, Buschmann, 1905.
Bruchstilcke aus der àltesten Geschichte der Belgier. IV. Cimbern, Teu-
tonen und Aduatiker. Anvers, Buschmann, 1905.
Fragments de l'histoire primitive des Germains. V. Bouleversements et
vasselage. Anvers, Buschmann, 1908.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
DE Martrin-Donos. L'^s Belges dans l'Afrique centrale^ t. IL
Chap.\.ux. Le Congo historique, diplomatique.
VAN HESTE, pierre.
né à Ostende, le 13 juillet 1853.
Lieutenant de marine. Entreprend un premier voyage au
Congo, le 5 juin 1879, comme second officier à bord du
Ba7'ga.
Part une seconde fois pour le Congo le 15 août 1880, comme
capitaine de steamer attaché au service de la flottille.
Commande la Belgique et fait le trajet entre Banana, Boma
et Vivi.
i83
Uoiilre (Ml Europe on octobre 1880. Il osl nrluolloment
patron iiK^.sureur :ni service <lii i)ilota^'(*. à Anvers.
*
* *
luiront également attachés au service de la flottille pen-
dant ces premières années: les lieutenants de marine: Van
de \'(^ldo Willie et Pcrsyn Auguste (décédé à Borna, le 24
juilKM 1883); les mécaniciens Marit Germain, Wensel Henri,
chef du service des réparations (décédé à Borna, le 12 jan-
vier 1884); Booms François, Bucn, Engels et Biga (décédé
le 27 janvier 1887); le forgeron Hcbrans Louis (décédé à Vivi,
le 17 septembre 1880); les charpentiers Martin Alphonse
(décédé à Vivi le 1 février 1885) et De Beyghere, enfin le
chauftéur Hoornaert Henri.
VALCKE,LOUIS, PIERRE, ALPHONSE, LIÉ VI N,MARIE,
né à Bruges, le 22 décembre 1857.
Lieutenant du génie. Engagé comme adjoint à la pre-
mière expédition du Comité d'Etudes du Haut-Congo, il
part pour l'Afrique le 12 août 1880.
Valcke se rend de Vivi à Ndambi-Mbongo, où il retrouve
Stanley. Fait sauter les roches de la chute de Nsongo et est
chargé de conduire l'expédition à Issanghila. Est nommé
chef de poste.
Le 27 juillet 1881, il se dirige avec Stanley et Braconnier
vers le Pool ; mais, en présence de l'occupation par les
Français de la rive Nord, les voyageurs sont forcés de passer
sur la rive Sud. En décembre 1881, Valcke met à flot, avec
Stanley, VEn Avant, le premier bateau à vapeur qui ait
silonné les eaux du Congo au delà des cataractes.
Miné par la fièvre, Valcke reprend le chemin de Vivi;
il va secourir Nève à Issangliila et assiste à sa mort.
— 584 —
Rentre en Europe, le 22 décembre 1881.
Se rend à la côte orientale pour y engager deux cent
cinquante Zanzibar] tes et revient en mars 1882 au Congo,
par le Gap de Bonne Espérance, pour exercer avec Bra-
connier le commandement de Léopoldville.
Assisté de Van Gèle, Valcke exécute l'ordre de faire
parvenir à Léopoldville les pièces démontées du nouveau
petit vapeur A. 1. A. et de construire une route sur la
rive gauche.
En octobre 1882, Valcke remplit une mission particu-
lière, en conduisant cinquante Zanzibarites dans le pays
de Msuata et de N'Ga-Nchou, à cent cinquante kilomètres
de Léopoldville.
En février 1883, le lieutenant Valcke part pour la rive
méridionale du Gongo, avec mission de conclure des con-
trats avec les principaux chefs indigènes établis entre
Manyanga et Léopoldville et de fonder soi' le territoire
de Sabouka, une station d'où des provisions puissent doré-
navant être dirig-ées sur Léopoldville, entrepôt du Haut-
Gongo, où la question de l'approvisionnement avait toujours
occasionné des préoccupations fort vives. Il prend également
possession des chaudières du nouveau vapeur l'A./. A.
En 1884, Valcke préside à la délicate et difficile opéra-
tion du transport du Stayiley, pesant cinquante mille kilo-
grammes. Le steamer arrive au mois de mars à Banana,
où il est remonté, puis suit le Gongo jusqu'à Vivi. A ce
point, la machine est débarquée et on procède à la dis-
jonction des sections: à chacune d'elles, quatre grandes
roues en acier sont attachées et en ont fait de véritables
chariots, qui prennent la route d'Issanghila, traînés par
une petite armée de nègres.
Valcke a pour adjoints Zboïnski et Le Marinel, qui vien-
nent d'arriver au Gongo, et Dostrain junior, pour méca-
niciens: Herlow, Engels, Watt et Pujol, cinq à six cents
noirs, Zanzibarites, Ilaoussa et indigènes, marchent sous
r>8.-i
lours onliHvs. \a\ doiMciir Nilis ;i('(U)iii|);iL:ii(i rc.xixVlition on
(lunlilé (lo iiiôdccin.
L'oxpfHlilion, ([iii (niillt*. Vivi on ni;ii, ;in'ivo hi 4 sei)Lorn-
hvo h Issan^'hila, oïl lo haU^aii ost romonlô (il mis à flot;
ollo lon^'o los cliulos Living'slono ot parvient à convoyer
1(^ va[)Our à doslinalion.
Valcke commando ensuite la slalion do Léopoldville,
d'avi'il 188;> jus(|u'on lévrier 1881.
Stanley apprécie en ces termes la collaboration de son
adjoint:
« Ses débuts furent mccliocrcs. Chnrgé de faire sauter quelques
» rochers sur la route de Ngoma, il tomba presque aussitôt malade
» et fut transféré ensuite au camp d'Issangila. Son inexpérience et
» la fréquence de son indisposition le forcèrent à reprendre le che-
» min de Vivi. Après six mois de séjour dans cette station, il partit
» pour Stanley-Pool et se rendit do là à Loanda. mais atteint une
» deuxième fois de maladie, il dut rentrer en Europe.
» Après dix-huit mois d'absence, je le retrouve au Congo...,
» je le charge d'une petite mission qu'il remplit assez bien, pour
» que je me décide à lui en confier une plus importante, dont il
» s'acquitte avec un zèle et une intelligence remarquables.
» Nommé alors chef de la station de Léopoldville, qui était en
» pleine décadence, le lieutenant Valke y opère en deux mois une
» transformation complète ; il en fait à vrai dire la station la plus
» importante du Haut-Congo et la station la plus prospère et la
» plus heureuse ; car, l'ordre y est complet et la plus parfaite
» harmonie y règne entre indigènes et Européens.
» 11 réorganise la station de Vivi. Il s'en tire si bien que je puis
» m'éloigner et me consacrer à l'exploration du haut-fleuve ....
» Il gouverne ensuite la division de Stanley-Pool (trois mille deux
» cents kilomtères carrés), comprenant quatre stations, avec un tact,
» une intelligence, une sûreté de coup d'œil, au-dessus de tout éloge.
» En dernier lieu, signalons les services rendus par ce jeune
— 586 —
» homme, en ce qui concerne le transport du steamer démontable
» le Stanley^ envoyé par l'A. I. pour le service du Congo. »
(Stanley. Cinq a777îces au Covgo).
Valcke rentre en P)e]*^i(]uc le 19 mai 1885.
Le 15 mai 1880, il retourne au Congo, avec sa femme ('),
et se fixe à Boma.
En 1887, il est nommé directeur de la marine et des
travaux publics à Boma. Se rend en congé de convales-
cence à Mossamedes
Revient en Europe le 4 février 1888.
De juillet 1889 à mars 1890, il remplace le major Parminter
comme directeur de la Société belge pour le commerce du
Haut-Congo.
Il est nommé ensuite administrateur-délégué de cette
société.
Il est actuellement capitaine du génie en retraite; che-
valier de l'Ordre de Léopold et décoré de l'Etoile de service.
PUBLICATIONS:
— Des Produits commerçablfs du Congo. (Bulletin de la Société belge des
ingénieurs et des industriels, 1886).
— Cinq années sur le Congo. (Bulletin de la Société de Géographie com-
merciale de Paris, 1886, VIII, n" 3, p. 203).
— Description de la région des cataractes de Vivi au Slanley-Pool. (Bulle-
tin de la Société belge des ingénieurs et des industriels, 1886).
— Conférence sur le Congo. (Bulletin de la Société royale de Géographie
d'Anvers, 1885, X, n° 1, p 42).
— Matadi, port de mer. (Mouvement Géographique, 1889, p, 65).
— D'Anvers au Congo. (Mouvement Géographique, 1891, p. 73).
— Une prom^nale autour d\cn village Bas-Congo. (Conférence, Bulletin
de la Société belge de Géographie, X, p. 60).
(1) M'"<5 Valcke est la premièi'o f^mme belge qui s'est installée au Congo
et y a fait un séjour de deux ans.
— 587 —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
HM M AiMKiN-I)()N()S. [xs fic/f/es ilfuis l'Afrique centrale,, t. II,
CiiAi'Ai x. Le Coiujtt /iislorifjnc, (hplomatifjKe, pp. 71-740.
JANSSEN, EUGÈNE. LÉOPOLD. HUBERT, JOSEPH,
CORNEILLE. ANTOINE,
110 à Bruxelles, le 25 sopLembrc 1858; décédé entre Msuiita
et Kwamouth, le 12 juillet 1883.
Sous-lieutenant au 6^ rég-iment de ligne.
Se rend au Congo le 3 février 1881 et arrive le 25 juin
à Issanghila, où il réside comme chef de station.
Le 19 avril 1882, il s'embarque avec Stanley à bord de
VEn Avcmt, pour remonter le fleuve, aborde à l'île Bamu
(Stanley-Pool), puis à Kimpoko et dépasse l'embouchure du
Wampoko.
Arrivé à Msuata (latitude 3" 28'), à quelques heures en
aval de l'ibari N'Koutou, il est désigné pour prendre le
commandement du nouveau poste que Stanley vient d'y
créer. Quelques heures plus tard, Giral, un agent de Brazza,
vient offrir au chef Gobila le drapeau tricolore, mais il est
forcé de se retirer.
Le village de Msuata s'élève au bord d'un ruisseau qui
forme vers le Nord la limite de la concession de l'Asso-
ciation. Il comprend environ cent quatre-vingts maisons et
une population totale de deux cent quatre-vingt-dix habi-
tants. Parmi ces derniers, huit seulement sont hommes libres,
tous les autres sont esclaves. Le village est constitué dans
le genre de Kintemo: au centre, un enclos avec cour inté-
rieure et habitations; c'est là que réside Gobila avec ses
femmes, au nombre de quatre-vingt-cinq, et sa nombreuse
progéniture. Les autres habitations sont éparpillées sans
ordre, sans plan, et étalent une malpropreté révoltante.
— 588 —
Le nouvrau vhcï do la station, qui a appris l'idiome fiote, i
s'assimila facilement le langage kibuma, parlé par les Ban-
juna du district. La bonté dont il fait preuve vis-à-vis
des indigènes, lui attire bien des ennuis, car à toute lieure
du jour il était importuné par les habitants du village.
Ses relations avec les trafi([uants Bayanzi ne sont point
aussi bonnes; ceux-ci lui volent son canot.
Stanley, arrivé sur ces entrefaites, menace de châtier
les Bayanzi, qui viennent alors restituer l'embarcation. A
son retour à Msuata, après son exploration de la Mfini et
du lac Léopold II, Stanley, gravement malade, annonce son
intention de rentrer en Europe (7 juin 1882).
Janssen élève des magasins, un arsenal, des cuisines, et
impose son autorité bienveillante aux indigènes.
Il reçoit l'ordre de recruter des nègres pour servir de
porteurs et d'interprètes à l'expédition que Hanssens allait
entreprendre dans le Haut-Congo. Le 17 octobre 1882, cette
expédition arrive à Msuata; son chef rend hommage à
l'activité de Janssen et le désigne pour l'accompagner vers
l'amont, à bord de VEclaireur. Les voyageurs passent devant
l'embouchure du Kwango, abordent chez le roi de Tchoum-
biri et arrivent au district de Bolobo.
Dans son journal de route, Janssen relate comme suit
les difficultés rencontrées dans cette région :
« Arrivés dans le district de Bolobo, nous rencontrons, sur la
» rive gauche, une série de vilhiges.
» Nous stoppons au premier village, pour demander le nom. —
» « Pas de nom », répond une voix, celle d'un notable probable-
» ment. — « Le nom du chef, alors... » — « Pas de nom », répond
» la même voix. Hanssens enrage, nous enrageons et nous par-
r> tons. A cinq minutes de là, deuxième village; nous débarquons.
» La population accourt et attend respectueusement nos questions.
» «Comment nomme-ton votre village?» fait demander le capi-
— 580 —
» t;iino. — « (v)iio vous importo »? — « Merci, et votre chef»?
» — « Nous n'eu avons [nis ».
» Inutile d'insister avec de telles brutes, nous filons. 1)0 (juai-t
» d'heure en (juart d'heure, nous stoppons devant le troisième,
» le quatrième..., le neuvième village.
» Toujours et i)artout la même et désolante réponse: «l'as de
» nom ! Pas de nom » !
» C'est une mjstification. On pourrait croire que ces gaillards-
» là se sont transmis par téléphone un mot d'ordre contre nous.
» Enfin, dixième village ; il y a un chef! mais il est absent.
» En ce moment, la clarté du jour disparait; la [)luie continue
» à tomber; nous demandons à loger dans co village, en dépit
» de l'absence du chef.
» « 11 est trop tard », glapit quelqu'un, « nous n'avons pas d'ailleurs
» de place pour héberger des étrangers».
» Nous enrageons de plus belle, et nous quittons ces sauvages.
» Devant nous, vers le milieu du fleuve, nous entrevoyons des
» masses noirâtres coupant le courant. Ce sont des îlots estompant
» le ciel nuageux de leurs bois sombres et épais ; nous abordons suc-
» cessivement le premier îlot, le deuxième, le troisième. Impossible
» d'atterrir... ces îles sont submergées; seuls, les dômes touffus
» surplombent la surface liquide. Nous naviguons dans une obscurité
» complète jusqu'à dix heures du soir, mouillés, trempés, rincés,
» par une de ces averses africaines dont les plus abondantes giboulées
» d'Europe ne peuvent donner une idée.
» La nuit est trop noire pour continuer sans péril la navigation,
» VEclaireur et les pirogues sont amarrés à un arbre du troisième
» îlot; nous essayons jusqu'au matin de dormir sous les voiles de
» l'allège. Quelques hippopotames indiscrets viennent lugubrement
» renifler près de nous; plus loin, des crocodiles festoyent bruyam-
» ment; et le ciel inclément lance dans ce concert terrible, les
» notes sourdes et prolongées de son tonnerre peu rassurant. »
L'expédition débarque, après une navigation de dix jours,
à Bolobo, par environ 2^ 30' de latitude Sud et 17° 45'
— 590 —
do longitude Est. Ibaka, cliel' dos Bayanzi, accorde à Ilans-
sens l'autorisation d'établir une station sur un plateau domi-
nant le fleuve.
Janssen est nommé chef de cette station et y élève une
sorte de blockhaus. Mais le plateau est infesté par les
moustiques et les vivres sont rares. Haussons décide d'appe-
ler à la station le sous-lieutenant Orban, et de renvoyer
Janssen à Msuata, où sa présence est indispensable.
Pendant un mois, Janssen étudie les mœurs des indigènes
Bayanzi; lui et Hanssens souffrent des privations de toute
espèce.
Ils doivent assister, impuissants à les réprimer, aux sacri-
fices humains qui accompagnent les funérailles. Le 25
décembre, ils sont enfin relevés par Orban.
Au cours du voyage de retour, ils s'arrêtent à l'embou-
chure du Kwango et y obtiennent une concession de six
cents lieues carrées, où sera établie plus tard la station de
Kwamouth.
Le 1 janvier 1883, Janssen est de retour à Msuata.
Le 13 du même mois, un conflit surgit avec des trafiquants
Bateke; ceux-ci ayant soustrait des pièces d'étoffe, Janssen
les poursuit jusqu'au village et s'empare d'un des voleurs
malgré l'opposition des habitants qui prennent partie pour
les P)ateke. Le sang-froid du lieutenant apaise le conflit;
il reçoit même des invitations de Mpumu N'taba et se rend
à la résidence de ce grand chef Bateke, sise sur la rive
droite du Congo, à plusieurs kilomètres dans l'intérieur.
Le voyageur y est reçu en grande pompe par le souverain
entouré de ses courtisans. Les fêtes organisées en l'hon-
neur du blanc dégénèrent bientôt en v('ritable orgie, aussi
Janssen s'empresse-t-il de quitter Mpumu N'taba et, reve-
nant à Msuata, y trouve Brunfaut et l'Anglais Johnston
(27 février). Brunfaut va relever Orban de la station de
Bolobo.
Le 12 mars, Johnston revient à Msuata avec Orban, qui
— 591 —
a ohlonu raulorisalioii de l'ciilrer en Imiiojx' ;i im'isoii do
son élal do sanl('*. dos [)lus i)i'(''c;iiros.
AvocJohiisloii, Jaiisson ro[)roiid sos rliidos d'IiislDirc nitln-
roll(^, ol do l)o(ani(juo. II parvioiiL ix caliiior un cou il il pro-
vo({ué par un dos Zanzibar! Los do son oscorLo; los indi^onos
exi^ont le su])plico du cou[)al)lo, mais Jansson s'oppose à
l'exéculion ol n'uissil à calmer los esi)iils 11 doil do môme
apaiser un conflil né entre Mpumu N'iaba ol Gobila, (;l
évite une i^uorro imminente entre los doux chefs.
Pou après, Jansson reçoit la visite de Stanlo}^ et de Goquil-
liât. Chargé i)ar Stanley do se rendre chez los Babuma,
établis à l'ombouchuro du Kwango, et d'y conclure dos
trait('»s on vue de l'établissement de la station do Kwamoulh,
Jansson quitte Msuata le 17 mai 1883.
Arrivé au Kwango, Janssen est reçu par le chef Makoue-
nutcho et logé dans une cal)ane garnie do crânes humains.
Il est troublé par la curiosité des indigènes; l'un de ceux-ci
avale môme le contenu d'un encrier. Lo lieutenant réclame
énergiquement la restitution de son bien et administre au
glouton un violent émétique. L'efficacité de la drogue pro-
cure au blanc lo renom d'un tout-puissant féticheur.
Janssen obtient sans trop do difficultés la cession d'un
territoire dans l'angle méridional formé par le Kwa et
le Congo.
Cependant, Janssen souffre atrocement d'ulcères ol de
blessures contractées au cours de ses excursions. Il se décide
à aller trouver le docteur Van don Ileuvol à Léopoldville,
où il arrive le 24 mai.
Le docteur lui conseille do retourner en Europe, mais
Janssen refuse, voulant assurer la construction de la station
de Kwamouth que lui a confiée Stanley.
A peine son état s'ost-il quelque peu amélioré, qu'il repart,
dès le 4 juin, vers Msuata. Il y construit une maison pour
héberger les voyageurs : peu dejours après, celle-ci estoccupée
par l'explorateur Roger et le missionnaire français abbé
— 592 —
Gii.yot. Co dernier a été cliarij;'('^ par le cardinal Lavi^erie de
l'inspection des missions établies sur le fleuve; il a visité
antérieurement le sultanat de Zanzibar et les bords du Tan-
g'anika. Janssen entreprend plusieurs chasses avec ses deux
hôtes.
Le 3 juillet, Stanley aborde à Msuata et narre les détails
de son expédition vers Irebu et l'embouchure de l'Ubang'i,
avec Goquilhat et Van Gèle. Il charg-e Janssen d'aller achever
la fondation de la station de Kwamouth et lui recommande
d'aider l'abbé Guyot à y établir une mission.
Après avoir obtenu la concession d'un terrain à la pointe
de Ganchu, Janssen se rend avec le missionnaire auprès
du chef Makouenutcho. Il doit faire le déblaiement du
terrain, la coupe des bois de charpente au moyen de ses
propres hommes, les indigènes de Kwamouth refusant toute
assistance.
Prévenus par Roger que Stanley est attendu à Msuata,
Janssen et Guyot s'embarquent, le 12 juillet, dans deux piro-
gues jumelées
Malgré l'avis du pilote haoussa et en vue d'arriver plus
rapidement à Msuata, Janssen omet de longer la rive et
affronte les lames soulevées par une violente brise d'Ouest.
La pirogue de Janssen coule et fait chavirer la seconde.
Quoique bons nageurs, le lieutenant et le missionnaire, lour-
dement vêtus, disparaissent dans les profondeurs du fleuve.
Quelques noirs peuvent regagner la rive et vont porter la
sinistre nouvelle à Msuata.
On a rarement rencontré une unanimité d'éloges aussi
complète sur les mérites d'un jeune homme, dont la carrière
africaine, aux débuts de l'œuvre royale, fut particulière-
ment ardue.
Le voyageur anglais Johnston exprime hautement son
admiration pour la cordialité et la bonne humeur perma-
nente de Janssen.
Stanley a dit à son sujet:
— r/.)3 —
« PaiiviH^ Kii'j^ôiu' Jaiiss(Mi, 1(^ iiiodMc^ do nos cluîfs do stations,
» iu)iis l'iivoiis pordii pour toujours! (^iKdlo (h'iploi'.ihlci liu à tant
» do })i'()niossos! Quoi foudrovaut dônouornont pour tant do V(;rtus
» ot do <iualitôs!
» I)is[)a,ru prosquc à la fin do son on{^aji;ornont, pendant loquol il
» avait toujours ôtô lidolo, loyal, industi'ioux ot gai! Quoi inou-
» hliablo douil pour nous tous, Europôons aussi bien qu'indigènes! »
Stanley lui consacre encore une notice sincèrement émue
dans son ouvrage: Chiq années au Congo.
Voici en quels termes il s'exprime au sujet de la mort
de son disciple hien-aimé.
« Vwe déplorable catastro[)li(î m'onleva prématurément un jeune
» et brillant collaborateur qui avait servi j)rès de trois ans avec
» un rare succès.
» Presque enfant encore, sous le rapport de l'expérience, quand
» il débarqua au Congo, Janssen n'avait pas tardé à révéler une
» telle supériorité, qu'au bout de dix-huit mois il avait été chargé
» d'occuper Msuata au confluent du Koua et du Congo. Le sobri-
» quet de Nsousou Mpempe (poulet blanc), que lui donna le vieux
» chef Gobila et qui ne tarda pas à le faire connaître sur les
» doux rives du Haut-Congo, jusqu'à une distance de huit cents
» kilomètres, témoigne de la popularité qu'il sut acquérir parmi
» les indigènes à force de tolérance et de bonté.
» Pes canotiers africains s'arrêtaient par centaines à Msuata pour
» le seul plaisir de souhaiter le bonjour à Nsousou Mpembe.
» Far malheur, il naviguait sur le fleuve avec l'abbé Guyot,
> quand son canot, surpris par un grain, sombra, l'entraînant avec
» ses compagnons; ils périrent tous. »
Haussons, lors de son premier passage à Msuata, y éleva
un modeste monument à la mémoire d'Eugène Janssen.
— 594 —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
CiiAi'AUX. L", Congo historique, diplomatique, [)[). 74 et 93.
Stanley. Cinq années au Congo,
BuRDo. Les Belges en Afrique centrale, tome III, pp. 2, 40, 171 et
suivantes.
ORBAN, FRÉDÉRIC. JOSEPH,
né à Emptinno, le 3 mars 1857; décode à Vivi, le 22 décem-
bre 1883.
A l'à^ie, de seize ans, il s'enrôle comme volontaire au 2* régi-
ment de chasseurs à pied, est nommé caporal le 6 mai
1873, sous-officier le G mai 1874 et entre à l'Ecole militaire
le 19 octobre 1875.
Sous-lieutenant au 6^ régiment d'artillerie en 1880.
S'embarque à Liverpool, en février 1881, pour se rendre
au Congo. Il est nommé chef de poste à Vivi et s'occupe
de l'organisation des transports; la direction des caravanes
entre Vivi et les stations du bas et du moyen Congo lui
est confiée.
Il explore, comme adjoint du capitaine Hanssens, la région
située au Nord d'Issanghila et de Manyanga. L'expédition
y fonde les stations de Mukumbi et de Mboka.
En 1882, il est nommé par Hanssens chef de la nouvelle
station de Bolobo et gagne, le 25 décembre, ce poste où il
séjourne avec le Français Boulanger. Il y est relevé par
Brunfaut. Orban présente son successeur et le voyageur
anglais Johnston au chef Ibaka, puis quitte la station avec
Johnston.
Ils s'arrêtent le même jour à Itimba, où ils assistent à
l'enterrement du chef Bamya et ne peuvent empêcher l'héca-
tombe usuelle des femmes et esclaves du chef. A M bon go,
l'accueil est excellent. Le 12 mars 1883, les voj^ageurs retrou-
vent le lieutenant .lanssen à Msuata.
— 595 —
Orhaii est C()n(r;iiiil(l(^ coiiliiHKM' aussilùl son voyn^^cî vors
Léopoldville, car, miiu' [Kir la lièvre, il a oblemi l'aiilorisa-
Uon de rentrer i\n lùirope avant l'expiration de son en;L,''ag-e-
nient. Toutefois, il exprime son intention de revenir en
Arri([ue et l'espoir de retrouver son ami Janssen sur Ic^s
bords du Tanganika.
Ilélas! cet espoir devait ôtre déçu! Arrivé à Boma, Or])an
séjourne au sanatorium, puis est appeh» à Vivi où il meurt
en décembre 1883.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— BuRDO. Les Belges dans f Afrique centrale, loino III.
CALLENA/AERT, charles,joseph. corneille,
né à Anvers, le 2G décembre 1855.
Elève de l'Institut supérieur de commerce d'Anvers.
Part pour le Congo en mars 1881, comme comptable. Il
est adjoint à Valcke et Van Gèle au camp de Lutete.
Devient, en 1881, agent commercial au poste de Vivi.
Se rend à Issanghila et secourt la caravane de Pescliuel
à Mowa.
Il retourne avec Grang à Manyanga.
Etablit, en 1883, d'après les plans de Stanley et sur les
ordres de Braconnier, une station à Kimpoko.
Il y reçoit Brunfaut et Johnston, qui se rendent à Bolobo.
A cette occasion, le roi de Kimpoko se risque à avaler
un verre de vin en présence des Européens; il est menacé
d'être destitué la même nuit par ses sujets. Condamné k
l'épreuve du poison, il se réfugie à la station. Callewaert
sauve son bote en lui administrant une potion d'émétique
et rétablit l'autorité du cbel'.
Remplacé par Coquilbat, Callewaert rentre en Europe
en février 1884.
— 590 —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
CiiAi'AUX. Le Congo Iiisloriquo, diplomatique, [). 90.
BuRDO. Les Belges dans V Afrique centrale, p. 01.
DESTRAIN, EDMOND, MARIE. HENRI.
Lieutonant au 5^ résument do ligne.
Part pour le Congo, le 24 mai 1882. Explore le Kouilou-
Niadi.
(La notice figure à la page 480).
AMELOT, LOUIS, GUSTAVE,
ne à Bruxelles, le 25 août 1857; décédé le 1 décembre
1884, entre Stanley-Falls et Nj^angwe.
Inçï'énieur-mécanicien.
Se rend au Congo, le 1 septembre 1881 et assume d'abord
les fonctions de mécanicien du Royal, qui fait, à ce moment,
le service entre Issanghila et Manyanga. Passe à Léopold-
ville.
En 1883, il remplace Van Gèle à la station de Lutete,
puis est envoyé à Kimpoko, ou il construit une station.
Les Banfunu de ce district sont d'humeur très variable,
mais Ameiot parvient à calmer leurs crises de révolte en
jouant de l'ocarino ou de la flûte. Toutefois des alertes
interrompent fréquemment les travaux de construction.
Le 4 juillet 1883, Stanley visite la station de Kimpoko
et félicite Ameiot.
Un événement fortuit amena les plus grandes diflîcultôs.
Une marchande de fruits mourut subitement après avoir
visité la station de Kimpoko.
Les indigènes Banfunu, excités par un sorcier, attaquent
brusquement la station, le 19 juillet 1883, sous les ordres
(1(^ (l;iinl)i(».l(\ cxi^'oaiil l;i iiioii, d'AmeloL ol do S3s scM'vilours.
Celui-ci, à la l("M(^. (l(\s IihmiIcî soldais do sa ^aniison, nml
les assaillants on riiil(> pai* iiiio s(3iile salv(3; mais \o len-
demain, trois c(Mils Haid'unu cerncMil la station dans l'inton-
lion de réduire les défenseurs par la famine. Il ne reste
de vivres ({ue i)()ur deux jours et les menaces de Gambielo
écartent tous les approvisionneurs.
Amelot réduit la ration de ses hommes et envoie un
courrier à Léopoldvillc. Dès le 25 juillet, la llottille de Stanley
apparaît devant la station. Stanley essaie vainement de
vaincre, par des pourparlers, l'obstination des indig"ènos, qui
persistent à réclamer la tête d'Amelot. Dans ces conditions,
Stanley ordonne de détruire la station, dont le personnel
se retire, avec le matériel, sous les ordres d'Amelot, à
Léopoldvillc.
Lorsque, le 15 février 18S 4, Stanley remet à Ilanssens le
commandement de l'expédition du Haut-Congo, Amelot est
désigné comme second ; il monte sur YF?i Avcnii. Le steamer
étant ancré à Kimpoko, des Banfunu accourent et, ayant
reconnu Amelot, réclament sa tête à cor et à cri. Hanssens
parvient à calmer leur fureur.
La flottille subit une épouvantable bourrasque. A Msuata,
Hanssens élève un modeste monument en mémoire du
vaillant Janssen, puis la flottille s'arrête au poste français
de Gancliu, où les Belges sont reçus par de Brazza et ses
adjoints. Hanssens déclare à de Brazza qu'il s'efforcera d'oc-
cuper avant lui tous les territoires qu'il pourra. L'ofïicier
français accepte le cartel en termes aimables, déclarant ne
poursuivre qu'un but humanitaire.
Après un arrêt à l'embouchure de la Lawson, Hanssens
rend visite à Liebrechts, à la station de Bolobo.
Amelot assume les fonctions de mécanicien à bord du
Royal. Hanssens conclut un traité avec le chef d'Ikoutou,
s'arrête à Lukolela et établit une station à Ngombe. Puis,
il se rend avec Van Gèle dans l'Ubangi pour obtenir du
— 508 —
clief de cette région la concession d'un terrain en face de
Ngonibe. Le 3 mai 1884, l'expédition arrive à Iboko, chef-
lieu du district Bang-ala ; Ilanssens obtient le protectorat
de toute la région, et établit une station dont Goquilhat
prend le commandement. Il entreprend l'exploration de la
Mongala et arrive le 4 juin à Upoto, où il fait l'échange
du sang avec le chef Mpesa.
Le 10, l'expédition entre dans l'Itimbiri, qu'elle remonte
jusqu'à Ibembo, puis reprend le Congo jusqu'à l'embou-
chure de l'Aruwimi. Amelot prodigue ses soins à Cour-
tois, atteint d'hématurie, et qui meurt peu après.
Le 3 juillet, la flottille arrive au poste des Falls, établi
en décembre 1883, dans l'ile de Uana-Rusari, par Stanley.
Amelot, dont l'engagement va expirer, sollicite la place
d'adjoint aux Falls, voulant prendre sa revanche de Kimpoko.
Il est le premier Belge qui séjourne à l'avant-poste de
la civilisation au cœur de l'Afrique.
Amelot obtient l'autorisation de rentrer en Europe par
N-yangwe et Zanzibar; il espère rencontrer à N3^angwe l'ex-
pédition de Becker, venant en sens inverse, pour lui donner
des renseignements utiles.
Il brûle du désir d'effectuer, lui aussi, la traversée de
l'Afrique, qui n'a encore été accomplie par aucun Belge.
Van Gèle s'oppose à l'exécution de ce projet, car entre
les Falls et le Tanganika la route est à peine tracée et
il n'y a aucun poste. Amelot part néanmoins, le 1 novem-
bre 1884, avec Tippo-Tip, sans équipement suffisant et presque
sans médicaments.
Il meurt de la fièvre hématurique à mi-chemin de Nyangwe.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— RuRDO. Les Belges dans l'Afrique centrale, t. 111.
— Chapaux. Le Congo historique^ diplomatique, [». i>3.
VÂN DE VELDE, Liévin.
Cliché de l'ouvrage de Chapaux. Le Congo historique, diplomatique.
— r>09 —
VAN DE VELDE, LIÉVIN, JEAN. JACQUES,
FRÉDÉRIC.
ii('' i\ Lcdol)erg'-loz-Gand, lo 1 décembre 1850; décédé à
Léopoldvillc, le 7 fV'vrier 1888.
Lieulennnt ;ni 8'- ré<^im(inL de li<;-ne.
S'enii-;ii^e au service du C^oniilé d'Kludes, en mai 1881, et
s'end)ai'(iue, le 20 octobre 1881, à Soutbampton, après avoir
surveilli' au Havre rembaHago et le cbarg-ement d'un stea-
mer démontable.
A'an de Velde a l'oi'dre d'aller cbercber au Gap deux cent
ciiKiuante Zanzibaritcs recrutés [)ar Roger. Il y affrète un
voilier et arrive au Congo au mois de décembre.
Son frère Josepb le rejoint peu après à Vivi. Ensemble
ils vont secourir, avec Nilis, la station d'Issangliila, menacée
par les indigènes; ils parviennent à la débloquer sans coup
férir et concluent même un traité de paix.
Très affecté par la mort de son frère, Liévin Van de
Velde n'bésite pas à accepter la mission de construire et
de diriger, sans l'aide d'un médecin, le lazaret établi à
Vivi, pour y soigner les Zanzibarites atteints de la variole;
il réussit à en sauver quarante d'une mort certaine.
11 va ensuite rejoindre Valcke, occupé à transporter de
nombreuses cbarges au Stanley-Pool.
Nommé commandant de la station de Vivi (15 septem-
bre 1882), Van de Velde est cbargé par Stanley, « comme
étant le plus digne des officiers de la 7\'gion •', d'aller établir
un poste à l'emboucliure du Kouilou, de remonter le fleuve
et de prendre possession des rives, dans un territoire con-
voité par Brazza. Il s'embarque à bord du Héron, le 3 février
1883, et arrive, le 10 février, à Loango.
Divers traités, conclus avec les chefs indigènes, assurent
au Comité la possession des rives du Kouilou inférieur,
doi)uis Chissanga jusqu'à Nzotou. Van de Velde s'attache
ensuite à tracer des routes et à érig-er des habitations.
— 000 —
Le 25 février, Rudolfsladt (poste établi par 4" 30' la t. et
Jl^ 42' lonf>'. sur la côte, à la rive nord de reiiiboucliure
du Kouilou — et nommé en l'honneur du prince héritier
d'Autriche-Hongrie) — est inauguré. Quelques jours plus
tard, les marins français se présentent pour occuper la région.
Le 14 mars, Van de Velde fonde la station de Baudouin-
ville,, puis retourne à Loango et se porte à la rencontre
(le l'expédition Grant-Elliott, qui avait quitté Vivi le 17 décem-
bre. Cette expédition qui comprend les belges Destrain et
Légat, le docteur autrichien von Schaumann et deux anglais
Ruthven et Iling^vorth, est chargée d'explorer les régions
quasi inconnues qui s'étendent au Nord du Bas-Congo et
qui forment le bassin de deux fleuves: le Tchiloango et le
Kouilou-Niadi. Le but de l'expédition était de trouver une
voie d'accès nouvelle vers le Haut-Congo.
Dans sa marche hâtive à la recherche de l'expédition
Grant-Elliott, dont il a appris la situation critique, Van
de Velde doit lutter contre les tribus indigènes et traverse
Kitabi; le 5 avril, il a la joie de secourir l'explorateur qui
a planté le drapeau bleu étoile d'or, sur les bords du Niadi
supérieur. Elliott est dans un état d'exténuation extrême et
deux de ses adjoints sont mourants. Van de Velde les fait
conduire en hamac à Baudouinville.
Il descend ensuite avec Elliott à Rudolfstadt; au cours
de cette marche, il risque de se noj^er au passage de la
Mansi, affluent du Kouilou.
Van de Velde retourne à Vivi pour y reprendre son com-
mandement, mais la maladie le force à retourner en Europe,
le 5 octobre 1883.
Voici les termes dont se sert Stanley pour relater ces
événements:
« Accon][)agné de deux employés, le lieutenant Van de Velde
» s'embarqua le 5 février 1883 pour le Kouilou, où il arriva le
» 9 du même mois. A peine débarqué, il entama des négociations
— r,oi —
» (Ml \ no d'olttcMiir un (Mii|il;i('(Mn(Mii pour la construction (Viiwo. station
» v\ (les droits somcraiiis sur le territoire adjacent, (n nommé
» Sabota Ini vendit tont le matériel n(';ccs.saire, et U\ lieutenant
» éleva une station (|u'il lta[tt.isa du nom de Rudollstadt. 'l'ont iriar-
» chait de iVont ; le 12 lévriei", Van de \'elde conclut ave(; Mani-
» pambon, doven des chefs indij^ènes de la région de (>liissanga,
» à remhonchnre du ivonilou (rive g-auche), un traité aux termes
» dn(|nid celui-ci cédait ses droits souverains à l'Association Inter-
» nationale. Très actif, entièrement dévoué à sa tâche, le lieutenant
» négocia successivement plusieurs autres traités, en commençant à
» Chiloungou, sur la rive droite du Kouilou et en remontant le
» fleuve des deux côtés jusqu'aux ra[)ides, situés à quarante-cinri
» kilomètres de la mer.
» De retour à Rudolfstadt, au commencement de mars, il reçut
:& de Loango avis de l'envoi du cuirassé français Sagittaire, dans
^> ce port. A l'aide de ses bateaux, il met le capitaine Cordier,
» du Sagittaire, à même de pénétrer sur le Kouilou et de venir
» apprécier l'hospitalité de Rudolfstadt.
» Le 14 mars, la rumeur publique signala au jeune lieutenant
» l'apparition à Kitabi (localité de l'intérieur), d'un groupe d'Eu-
» ropéens, qui se trouvaient, disait-on, dans un piteux état. Devinant
» que ces Européens appartenaient à l'expédition du capitaine Elliott,
» l'énergique officier se hâte d'équiper une expédition fluviale pour
» se porter à leur secours.
» Le capitaine Elliott arrive avec son escouade à Rudolfstadt en
» avril. Alors, le lieutenant Van de Velde, relevé de son poste provi-
» soire sur le Kouilou, retourne à Vivi, pour y reprendre le com-
» mandement. Il venait de déployer une capacité, un zèle, une
» activité hors ligne. Je me plus, dès ce moment, à croire que
» j'avais enfin, après une si longue et pénible attente, mis la main
» sur le collaborateur, sur l'autre moi-même que je cherchais. De
» retour à Vivi, la santé de Van de Velde s'ébranla et force lui
» fut de retourner en Europe. »
(Cinq années au Congo, trad. Harry).
— 602 —
DuniiiL ce séjour en Europe, Van de Velde s'occupe de
la construction de nouveaux steamers et assiste, dans la
coulisse, à la conférence de Berlin, en qualité de secrétaire
du colonel Straucli (').
Le 31 mars 1885, Van de Velde retourne au Congo,
avec l'ingénieur Petitbois, comme attachés à la brigade
topographique, chargée de l'étude d'un projet de chemin
de fer dans la région des cataractes, le long de la rive
gauche du fleuve, entre Vivi et Manyanga.
Van de Velde a décrit ce voyage dans des lettres adres-
sées au Congo illustré. En voici un résumé:
Le 23 juin 1885, à neuf heures, VAf7^ica est en vue de
la pointe Godron. Ce cap est l'endroit où, il y a quatre
cents ans (1484), Diego Cam, navigateur portugais, érigea
une croix de pierre, en commémoration de la découverte
de l'embouchure du fleuve, appelé Nzadi par les indigènes,
(1) Au moment où s'ouvrait la Conférence de Berlin, (jui allait déterminer
et proclamer les grandes lignes d'un système de législation coloniale })0ur
l'Afrique centrale, un pouvoir politique, sorti d'une modeste entreprise privée,
inspirée })ar le roi des Belges, était en voie de constitution et déjà la pro-
tection de l'Empire Allemand l'avait, par traité, introduit dans le droit
public de l'Europe. La situation de cette association était à ce moment
exceptionnelle et très bizarre, car reconnue comme Etat par l'Allemagne, et
aussi })ar les Etats-Unis d'Amérique, elle demeurait une affaire privée pour
tous les autres gouvernements du monde. Elle ne pouvait donc songer à inter-
venir dans les délibérations ollicielles de la conférence, bien que celle-ci
n'eut été motivée que par son existence, ses travaux et ses surprenants
progrès. Mais, éloignée de la salle des délibérations, elle était présente dans
la salle voisine, en la personne de deux hommes d'élite: son président chargé
de pouvoirs, le colonel Strauch, et son conseiller technique, aussi savant et
clairvoyant qu'audacieux et modeste, Emile Banning.
Soutenus au sein de rassemblée par le baron Lambermont, plénipoten-
tiaire belge, ces deux admirables collaborateurs réalisèrent des prodiges,
en persévérant sans relâche, (juatre mois durant, en vue d'obtenir la géné-
ralisation de la reconnaissance et la lixation des limites. De là des négo-
ciations particulièrement laborieuses et com})liquées avec la France et le
Portugal.
— 003 -
par C()iM'iii)li()n Ziirc» pMi" los Porlu^^ais, et C')1i^ï) d'api'/s
1(» nom (lu pays.
Le hàlinuMil ciili'e, dans le fliMivo ('X d 'haivjuo sos pas-
sa ^vrs à Haiiaiia. (^cux-ci sont les liôlos de. la Nicfurr A/)-l-
/i'ffffusc/ir II(fi/(/(isrr)()i()()fscli(ij).
Le 'Jl» juin 1885, à dix lioures, Van do Voldo s'omharquo
à bord du lln'Oii, steamer de l'Etat. La i)ointc de Boula-
l)einba est dépass(»c. Le fleuve, parsemé d'un lacis d'îles,
est large de huit kilomètres.
Le steamer ti'averse le Gong-o et approche de Kissang-a,
puis retraverse le fleuve vei's Ponta da Leidia, ancien
établissement, tristement célèbre, de négriers.
Le courant du Congo ronge continuellement la rive argi-
leuse de Ponta da Lenha. Il y a quelques années, le ter-
rain sur lequel se trouvait la factorerie française se détacha
de la rive et les hommes n'eurent que le temps de sauter
sur la terre ferme Le Congo em})orta le tout dans l'Océan,
bâtiments, arbres, produits et animaux, et un voilier ren-
contra la ville flottante à cent lieues de la côte.
De Banana à Ponta da Lenha, les îles et les rives du
fleuve sont habitées par les Moussorongo; sur la rive droite,
de l'Océan à Borna, par les Kakongo. La côte est peuplée
par les Bavili (coureurs de grèves), les Kabinda, les Loango
et les Baloumbou.
Toutes ces tribus se ressemblent plus ou moins par leurs
caractères physiques, physiologiques et physionomiques La
traite des nègres et les luttes intestines ont mélangé et
confondu les races et les types de cette région.
Le steamer traverse le banc de Mateba.
Vers l'Est, on aperçoit les montagnes et bientôt, sur la
rive Sud, apparaît la Roche Fétiche, pointe rocheuse qui
plonge comme une muraille dans l'eau.
Sur la rive Nord, au fond d'un canal, entre une mon-
tagne à pente douce et l'île de Mateba, dont l'extrémité
est une double colline, en forme de dôme, apparaît Boma,
— G04 —
rang-ée de maisons blanches qui se mirent dans l'eau. Sur
Je sommet de la monta;L,me, on voit Lembo-la-Nzambi, une
haute aii>-uille rocheuse solitaire. Une i)artie en est peinte
en blanc et sert de direction aux navigateurs. Tuckey l'a
appelée Fingal Shicld et les Anglais l'ont baptisée du nom de
Lightening Stone.
Le Héron débarque à Boma (29 juin 1885), qui vient de
remplacer Vivi, comme siège du gouvernement local. Van
de Velde s'arrête au sanatorium du D"" Allart.
Le 1 juillet, à 9 heures, il se rembarque à bord du même
steamer; au-dessus de Boma le fleuve se rétrécit entre un
amas de montagnes, à coteaux rapides, couverts de hautes
herbes jaunes, parsemés de blocs de quartz argenté.
Le steamer passe Kaïkamasi, Mossuk et Binda, groupe
de factoreries, puis les premières îles rocheuses, au milieu
du courant, puis Nokki et Kongola, station que Van de
Velde a fondée récemment. La mission baptiste anglaise
d'Underhill a changé d'emplacement; elle a grimpé sur
la montagne dominant de la rive gauche le « Chaudron
d'Enfer ;^ une large expansion du fleuve, bordée de roches
rouges ferrugineuses à pic, de cent cinquante à deux cents
mètres de hauteur; le fleuve y bouillonne et y forme des
tourbillons.
La pointe de Tundua est doublée. Au fond, dans un cercle
de montagnes, à cent vingt mètres au-dessus du fleuve,
sur un plateau arrondi, se trouve Vivi — le nouveau Vivi.
La station possède plus de quatre baleinières qui établis-
sent la communication avec Nua-Mpozo, point de départ
de la route qui va à Léopoldville par la rive Sud et passe
par les stations de Ruby-Town (Banza Manteka), Lukungu et
Lutete. Par la rive Nord une route de quatre-vingt-trois
kilomètres se dirige vers Issanghila; de là, il y a un ser-
vice de bateaux jusque Manyanga. Le restant du voyage
se fait à pied, et toutes les marchandises sont transpor-
tées en ballots de trente kilosTammes sur la tête des noirs.
— 005 —
Vivi coininnniqiuN on ce moment, par dcMix v;i[)eurs, le
IIi''rn)i oL la ViUe (rAnvo's, avec le bas tlu fleuve et le
porl (1(^ lîaiiana.
Van (1(^ Velde est accueilli avec un d/'hordcuiKinl d'en-
thousiasme, mêlé de curiosité, par ses anciens amis indi-
i>-ènes, qui le comblent de présents.
Cliari'-é de reconnaître le meilleur tracé de route vers le
Stanley-Pool, par bi rive gauche, Van de Velde part le 2 juil-
let 1885, et opère la reconnaissance de la Lufu. Arrivé au
plateau de Chionzo. le 4 juillet, le capitaine se met à la
recherche de son ancien ami Ghimpi. En l'absence du chef,
il est accueilli avec générosité par sa femme. Van de Velde
descend ensuite le flanc du plateau, par un étroit sentier,
semé de cailloux roulants. Lo 5 juillet, il rentre à Vivi.
Préconisant un tracé par le plateau dominant la station
du côté de l'Est, Sir Francis de Winton, accompagné de
son secrétaire Butes, de Van de Velde et de Petitbois, se
dispose, avec la cavalerie, à explorer le passage. Les voya-
geurs mettent pied à terre et remontent le torrent de Benzani
jusqu'à sa source.
Le 9 juillet, Van de Velde et Petitbois établissent le camp
sur un flanc de coteau dominant le ravin, où se rue le
torrent de Benzani.
Le 13, ils se rendent à la pointe de l'Eperon, que ter-
mine un précipice rocheux, plongeant dans les eaux rapides
et bouillonnantes du Congo; puis, à la Lua, en passant
par les villages Nguvi-Mpanda et Mampouke; ils campent
successivement à Sangila, Sala-Kibanza...
Le 19 juillet, ils traversent le torrent de la Bundi; puis,
pendant cinq heures, arpentent un étroit sentier de boue
noirâtre, sous une voûte de hautes herbes, drues et serrées.
Les serpents y fourmillent. Vers deux heures, Van de Velde
et ses gens arrivent au camp de Pâma Ngulan. Le cai)i-
lame est pris de fièvre.
Le 20 juillet, quoique souffrant, il se remet en marche
— GOO —
et suit la route des transports le long- du fleuve; il y
a un an que Valcke a passé par là avec le Stanley démonté.
L'herbe et les arbres ont poussé, la pluie a raviné les rem
biais. Ce n'est que grâce à ses souvenirs précis que Van
de Velde retrouve la route et arrive au camp de Ngoma à
trois heures.
Il g-ravit la montagne de Matchino, à travers laquelle
Stanley (Boula-Matari) a frayé un passage pour le trans-
port de ses vapeurs. Dans le flanc de la montagne, il a
creusé des trous de mine, et la poudre lui a ouvert le
chemin. C'est une route large de douze mètres taillée à
flanc de coteau. Valcke l'a beaucoup améliorée : c'est un
vrai macadam dans la forêt, où l'on pourrait conduire et
tourner en calèche.
La caravane atteint enfin Issanghila. Van de Velde y est
reçu, avec cordialité, par le chef de la station James Glarkson.
Van de Velde se fixe à Issanghila et se livre à des tra-
vaux topographiques.
Mais son état de santé le force à rentrer une seconde
fois en Europe, le 25 décembre 1885; il ramène avec lui
Sakala, fils du chef Mambanco.
Van de Velde est attaché aux bureaux de l'Etat à Bruxelles.
Il part une troisième fois, le 23 octobre 1887, pour l'Afrique;
en qualité de résident de la station des Stanley-Falls et
chargé de réoccuper militairement cette station. Mais, arrivé
à Léopoldville, il y meurt de la fièvre le 7 février 1888.
Van de Velde était capitaine en second de première
classe au 4® régiment de ligne.
De 1881 en 1880, en garnison à Bruges, il a fait œuvre
de vulgarisation coloniale et n'a donné pas moins de soixante-
trois conférences en flamand et en français.
Un monument a été élevé à Gand aux frères Joseph et
Liévin Van de Velde.
- G07 —
PUBLICATIONS :
Le lias-C<))uj(). Lettres inédites. (Con^o illustri'', proiniôro annôo, \)\). 78,
85, 93, 101, KM), 117, 125, 133, 141 et 149).
Conférence sur le chemin de fer du Congo, faite à la So<;i<;tô royale de
(îrotrraijliie d" An vers, le 20 0(;tol)rc 1880.
La région du lias-Congo et du Kwilou-Niadi. — Usages et coutumes
des indigènes. (Soeiêté royale belge de Géograpiiie, 1886, X, n" 4,
pp. 347 à 412).
La Marée dans le Bus Congo. (VIou veinent géographique, 1880, p. 15).
Des moyens de communication dans le Bas-Congo et dans la région des
cataractes. (Bulletin de la Soeiêté belge des ingénieurs et des
industriels, 1880),
Croquis du Bas-Congo au 200,000"= de Banana à Vivi, indiquant rempla-
cement des factoreries [Bruxelles, Institut cartographi(iue, 1885).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
W'auters L'Etat indépendant du Congo, 1899, pp. 23, 20», 27, 271, 297
et 305.
Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, pp. 83, 165 et 536.
DE Martrix-Donos. Les Belges dans F Afrique centrale.
Staxley. Cinq années au Congo, p. 329.
Extrait de l'Eloge funèbre, prononcé })ar Jér(')me Becker. (Bulletin de la
Société royale de Géographie d'Anvers, t. Xlll, p. 31).
Congo illustré, 1892, p. 73.
GILLIS, HECTOR,
né à Braine-le-Gomte, le 12 mai 1802.
Part pour le Congo le 19 janvier 1882, avec son cousin
Adolphe Gillis, et est attache à la factorerie de Borna.
Y sont également employés: François Jean-Baptiste et Ver-
kens Eugène.
Avec une caravane de Krowboys, commandée par Adolphe
Gillis, Hector GilHs se rend à l'intérieur de l'Angola portu-
G08 —
gais, à Humpata, plateau fertile occupé par des émigrés boers.
Il prend part aux différents voyages de son cousin Adolphe
Gillis.
Revient en Europe en février 1884.
Négociant à Braine-le-Comte.
VAN DE VELDE, joseph, paul. François.
né à Gand, le 5 janvier 1855; décédé à Gangila, en vue
de Vivi, le 22 mai 1882.
Engagé dans l'armée comme volontaire, il passe d'abord
par l'Ecole régimentaire du 2® régiment d'infanterie où il
obtient le grade de sous-officier et entre bientôt à l'Ecole
militaire, après avoir subi les plus brillants examens. Il y
fait une année d'études à la section d'infanterie, puis quatre
années à la section des armes spéciales. Il sort de l'Ecole
comme officier d'artillerie.
Sous-lieutenant au 5^ régiment d'artillerie il est désigné
par S. M. Léopold II, pour être adjoint à l'expédition de
Stanley sur le Haut-Congo, chargée d'installer un chantier
de navires au Stanley-Pool et de diriger la construction
des bateaux à Léopoldville. Il suit, dans ce but, pendant un
an, aux établissements du génie maritime, un cours pratique
de mécanique et de constructions navales. Il a, en même
temps, pour mission spéciale, l'étude du régime des eaux
du Congo dans les endroits navigables, et est, en outre,
chargé de la construction et du lancement d'embarcations
sur le grand fleuve au-dessus des cataractes Livingstone.
D'habiles charpentiers maritimes doivent l'accompagner.
Le 18 janvier 1882, Van de Velde s'embarque, plein
d'espoir, pour la côte occidentale d'Afrique et rejoint, au
Congo, son frère aîné Liévin, officier d'infanterie, adjoint
à l'expédition belge. Il se rend, au mois d'avril, avec son
frère et Nilis, à la station d'Issanghila, située sur la rive
— GOO —
f^aucho au-dessus dos cala racles do ce nom. Ils dôf»a^enl la
slalion ;issié^'('0 \y<\v les indigènes. Josc^pli s(' vawd c^nsuilo
à Léopoldvillc à bord du Ilcron. C'est là (|u'il ressent les
pi'oniières attaques de la fièvre. Ses C()ni[)a^'"n()ns l'en^'-a^-ent
à retourner à la côte pour se faire soi^'-ner. Il refuse; il
vient de recevoir une lettre de Stanlo}^ qui réclame ses
services dans l'intérieur et, pressi; de se rendre à son poste,
il ne veut pas retarder son départ. La maladie le resaisit
et prend un caractère si alarmant ([u'on le fait transporter
en hamac à Vivi. C'est un chemin horrible en celle saison
où les pluies sont quotidiennes.
Il faut se creuser une trouée dans les herbes de trois à
([uatre mètres de hauteur, gravir des montagnes escarpées,
traverser des forêts, des torrents, des marais, sur un espace
de soixante milles.
A trois jours de marche d'Issanghila, le 23 mai, près
d'un camp, appelé Gangila, le courageux officier rend le
dernier soupir. Ses serviteurs noirs, des Kabinda portent
le corps à Vivi où il est enterré.
Un monument a été élevé, à Gand, aux frères Liévin
et Joseph Van de Velde.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
— Lettre de faire pari du io août 4882. (Bibliothèque royale. Varia. Congo,
tome 1).
— DE Martrix-Donos. Les Belges dans V Afrique centrale, t. II.
— Eloge funèbre de Liévin Van de Velde, prononcé par Jérôme Becker.
(Bulletin de la Société royale de Géographie d"Anvers, t. XllI,
p. 31).
HANSSENS, EDMOND, WINNOC. VICTOR,
Capitaine au 11*^ de ligne, adjoint d'Etat-Major.
Part pour le Congo, le 8 janvier 1882.
— GIO —
Cher d'expodition au Kouilou et au Haut-Congo.
(La notice et le portrait figurent à la page 5).
NILIS, THÉODORE, VICTOR, EDOUARD, ADOLPHE.
ARTHUR.
ne à Brilon (Wesl[)lialie), le 22 juin 1851; déc('dé à Ixelles,
le 23 avril 1905.
Entre à l'Ecole militaire le 1 avril 1870 et est nomme
sous-lieulenant le 8 avril 1872. Suit les cours de l'Ecole de
guerre en septembre 1875 et est promu lieutenant en juillet
1878 et adjoint d'Etat-Major le 15 décembre de la même
année.
Lieutenant adjoint d'Etat-Major au S"" régiment de ligne,
il se rend au Congo le 18 janvier 1882, dans le but de
rejoindre Stanley.
Arrivé à Vivi, il se dirige aussitôt vers Issanghila et est
nommé chef de station à Man^^anga-Nord.
Se rend avec Hanssens et Callewaert à Ntombo-Mateka
et réprime une révolte des indigènes de Dandanga.
Est relevé à Manyanga par Haneuse, puis descend vers
Banana, pour gagner Saint-Paul de Loanda.
Revenu à Banana, il y rencontre Van Kerckhoven et
retourne à Manyanga, où il est nommé chef et agent politique
de la division du Bas-Congo.
Mais il a trop présumé de ses forces, et doit rentrer
en Europe, le 10 février 1884, pour se rétablir.
Admis au service de l'Etat, Nilis repart une deuxième fois,
le 13 mars 1888, pour remplir une mission de rapatriement
de Zanzibarites et de Cafres; le 24 juillet de la même année,
il reprend le chemin de l'Europe.
Il obtient le grade de capitaine le 30 mars 1889, et celui
de capitaine commandant le 2G juin 1892.
Adjudant-major de régiment au G^ de ligne, Nilis s'em-
NILIS, Théodore.
Cliché du Mouvement Géngrapliique.
— on —
]):u'(|uc iiiK' U'uisièmc fuis [)()ur le cojiLiiKtiiL iirricaiii le (i juil-
let 18U3.
Al)rès un coiirl si^joiir chcA h; siill;iii lîan^^asso (Uban;L,'-i),
il est d('si^né, avec de la Kélliulle, comiïK^ chef d'une expédi-
lioii \(M's 1(^ Hoiiiu, coiilrée à peiiHi entrevue [)ai' Lnplon.
Acconipagnédes lieutenants de la Kélliulle, Gérard et Gonze,
il (piitte, en février 1891, la résidence du chef Azande Rafaï,
suit la vallée du Shinko, aflluent du Boinu, passe à San^'-o,
— où Gonze doit s'arrêter et meurt quehjues jours après, —
puis à Bandasi, et franchit la lig-ne de faîte du Nil près des
mines de IIofrah-er-Nahas. Il fonde un poste ouvrant l'accès
du Darfour à Katuaka sur l'Adda, affluent du Bahr-el-Gazal.
Un fort y est élevé et mis sous la garde du lieutenant Gérard.
En cours de route, Nilis a levé de nombreuses positions
qui permettent de dresser la carte des rég'ions parcourues.
Après la dislocation de l'expédition par suite de l'arran-
gement conclu avec la France (1804), Nilis est chargé de
prendre le commandement du territoire de l'Ubangi-Bomu.
Il rentre en Europe, le 26 juin 189G et meurt à Ixelles,
le 23 avril 1905.
Il était capitaine commandant adjoint d'Etat-Major d'infan-
terie pensionné.
Chevalier de l'Ordre de Léopold, décoré de l'Etoile de
service à deux raies.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
— DE Martrin-D(;nos. Les Belges dans l'Afrique centrale^ t. II.
— Belgique coloniale, 189G, p. 2G8.
— Mouvement géographique, 1895, p. 313.
GRANG, NICOLAS,
né à Wahl (Grand-Duché de Luxembourg), le 2 janvier 1851
décédé à Léopoldville, le 11 -août 1883.
— G12 —
Sous-lieutenant au régiment des carabiniers.
S'engag'e au service de l'Association internationale et
part le 18 janvier 1882 pour rejoindre, en février, l'expé-
dition de Stanle3^ Est attaché à la station de Léopold-
ville, comme adjoint au lieutenant Braconnier, chef du
poste.
Il y meurt, le il avril 1883, d'une attaque de fièvre.
Voici en quels termes Stanley apprécie son malheureux
adjoint et déplore sa fin prématurée :
« Chacun des ressorts de son âme était mù par un sentiment
» de droiture, de loyauté sans mélange. De l'or pur en un mot!
» Il venait de passer cinquante jours avec moi à Léopoldville et je
» venais d'achever la construction du steamer, à hord duquel j'allais
» l'emmener sur le Haut-Congo, lorsque, obligé de se rendre à
» quinze kilomètres du camp, pour y chercher un objet oublié, Grang
» fut surpris par une averse, pendant le trajet de retour, et rentra
» tout trempé à la station. Quelques jours plus tard, il occupait,
» hélas! la première tombe creusée dans cette localité. »
(Cinq ajinées au Congo^ trad. Harry, p. 540).
VAN GELE, ALPHONSE, CYRILLE,
Lieutenant au 3« de ligne.
Part pour le Congo en mai 1882, nommé chef de la
station de Lutete, puis de l'Equateur.
(La notice et le portrait figurent à la page 1G7).
oin
PARFONRY, EMILE, DÉSIRÉ.
iH» à llollon, 1(> 'JO jiiillel 1857; (1(''('('m16 à M;in3';iiii;;i, le 21
mars 1883.
Sous-Iieutonnnl au 10= do li^-no, il part [)oiii' In (>)iif,^r) lo
15 août 188-2, pour y rejoindre Stanley.
Est nommé chef de la station d'Issan^'-liila.
« Un des collaborateurs », dit Stanley, « dont j'ai eu lo [)lus à me
» louer est le sous-lieutenant Parfonry.
» 11 vécut assez pour se faire estimer par sa bravoure et son
» infatigable ardeur au travail. Je commençais à me féliciter de
» sa présence, auprès de moi, quand une imprudence mit fin à
» ses jours. Il s'exposa témérairement aux rayons du soleil et mourut
i> peu après. »
(Cinq années au Congo ^ trad. Harry, p. 510).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
— Stanley. Cinq années au Congo.
— BuRuo. Les Belges dans L' Afrique centrale.
BRUNFAUT, émile, fortuné, joseph,
né à Ypres, le 9 février 1856; décédé à Ostende, le 8 sep-
tembre 1898.
Voyageur de commerce.
Se rend, le 15 août 1882, au Congo attaché au service de
l'Association internationale sous les ordres de Stanley.
Après bien des souffrances sur la route le long du fleuve,
il atteint Léopoldville le 18 janvier 1883. Chargé de pren-
dre le commandement de la station de Bolobo, en rempla-
cement de Orban, il s'embarque avec l'Anglais H. Johnston.
Les voyageurs, surpris par une bourrasque, doivent se
réfugier sur la rive gauche près de Kinshassa. Ils visitent
— Gil —
Jes îles du Pool, occupées par des pécheurs Bajanzi, et
abordent à l'île Bamu. A la station de Kimpoko, ils ren-
contrent le chef Gallewaert; mais arrivent à Msuata en l'ab-
sence de Janssen.
Les populations riveraines se montrent très hosfiles jus-
({u'à Embé; enfin, les vo.yag-eurs après avoir essuyé plusieurs
tourmentes sur le fleuve, arrivent à Bolobo le 3 mars 1883.
Peu après, un incendie détruit les bâtiments de la station
de Bolobo. Brunfaut se rend, au mois de juin, à Léopoldville,
confiant le commandement provisoire de la station au français
Boulanger. La garnison, réduite à ([uinze hommes, est
attaquée par les habitants de Manga ; un soldat, fait pri-
sonnier, est atrocement torturé. Le chef Ibaka refuse de
])unir ces actes de barbarie, et Brunfaut, rentré à son poste,
doit attendre l'arrivée de Stanley pour faire châtier les
coupables.
Bientôt il entre en hostilité ouverte avec les Ba^^anzi:
l'intervention énergique de Stanley et de Liebrechts rétablit
le calme dans la région.
Brunfaut recueille des observations ethnographiques inté-
ressantes sur les Bayanzi. Il visite les chefs du voisinage,
parvient à se les concilier et explore une grande partie
de la région.
Mais bientôt de nouvelles difficultés plus graves surgissent.
A son retour des Falls, Stanley trouve la station incendiée
par les Bayanzi; Brunfaut et Liebrechts ont pu s'échapper,
quoique la garnison ait honteusement fait défection (').
Brunfaut retourne à Léopoldville et se dirige vers le
(1) La seule chose sauvée du désastre fut la montre de Brunfaut, retrouvée
entre les mains des indigènes par le suédois Drccs (|ui. cincj ans plus tard,
la renvoya à son propriétaire.
Les indigènes ne furent punis qu'en 1891; peu après Brunfaut passa
à la station au cours d'un voyage, ce (]ui lit croire aux indigènes qu'il
était l'inspirateur du châtiment.
— ()1;
l)assin du Nindi; iii;iis, nrrivn à Man^ynD^îi-Nord, la iiiahulio
rohli^-c à rentrer eu Europe (juin 1881).
H [)nrl une seconde l'ois pour le Con^o (il s'eiid)ar(ine au
Havre, le 23 mars 1887. A sou arrivée à Boiiia, il est eu'^a^é
par la maison WaUbrd, el séjoui'ue auprès de Valcke et
de Monet.
Au mois d'octobre, Brunl'aut, gravement malade par excès
de travail, reçoit à Boma les éloges du capitaine Thys.
En janvier 1888, il assiste Gilmont à ses derniers moments.
Kn avril 1889, il est nommé sous-directeur de la Com-
pagnie des Magasins Gén(?raux et rentre en Europe.
Brunfaut repart pour le Congo, le 1 juillet 1889, en la
même qualité. Au mois de janvier 1890, il entre au service de
la maison Daumas-Béraud et se rend dans le Haut-Congo,
à Bangala et dans l'Aruwimi.
Il rentre malade à Boma, au mois d'avril; puis, de mai
à juillet, visite l'Ikemba, le Ruki et l'Ubangi. Il fonde
ensuite, en septembre, un comptoir à Bompono et trois mois
plus tard un autre à Lulanga. Il y reste jusqu'en septem-
bre. Atteint d'un coup de feu dans le côté et d'un coup de
sagaie dans le mollet; il est soigné avec dévouement à la
Mission américaine de l'Equateur. Il établit ensuite un comp-
toir aux Stanley-Falls et y recueille Doré et Page de l'expé-
dition Hodister.
Lorsqu'en septembre 1892, la factorerie Daumas est reprise
par la Société belge du Haut-Congo, Brunfaut passe au
service de celle-ci.
Son quatrième départ, en qualité d'agent commercial de
la Société belge du Haut-Congo, date du 6 juillet 1893. Il
séjourne à Ivoko et explore la rivière Momboyo. Il fonde,
en 1894, un poste à M'Bala Lundri et l'année suivante à
l'Equateur.
Rentré en Belgique, en octobre 189G, il est nommé direc-
teur du Kursaal à Ostende et y meurt le 8 septembre 1898,
emporté par une fièvre contractée au Congo.
GiG —
PUBLICATIONS:
— Noies ethnograpJiiqucs sur les Bayanzi, IU.kdo, 1. III, pp. 195 à 203,
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— BuRDO. Les Belfjes dans V Afrique centrale, t III.
— Mouvement géographique, 1894, p. 102.
— H. JoHNSTON. The River Congo.
COQUILHAT. CAMILLE.
Lieutenant au 2'' de lig-ne, adjoint d'Etat-Major.
Part pour le Congo en août 1882; chef de la station des
Ban gala.
(La notice et le portrait figurent à la page 34).
AVAERT, HENRI, MICHEL, EUGÈNE,
Lieutenant au 5« régiment de ligne.
Part pour le Congo le 15 août 1882.
(La notice figure à la page 483).
HANEUSE, Louis.
Cliché clu Mouvement géographique.
— (il'
HANEUSE, LOUIS, albert, marie, joseph.
né à Lié^e, le 11) avril 18r;3.
Lieutenant au 10" régiment de ligne.
S'enil)ar({ue pour rAfi'irjue le 15 septembre 1882. Nommé
chef (le poste à Manyanga, en remplacement de Nilis, il
a d'abord à s'occuper de la question des transports par cara-
vanes indigènes (avril 1883) (').
On éprouve à ce moment les plus grandes difficultés à
recruter le personnel chargé de convoyer, à travers la région
des cataractes, les ravitaillements, marchandises et matériel,
à destination du haut fleuve.
A force de démarches auprès des différents chefs de la
contrée, Haneuse obtient de chaque village un certain nom-
bre d'hommes. Il groupe ainsi autour de sa station un
premier contingent de porteurs réguliers qui va sans cesse
croissant.
Rentré en Europe le 15 août 1884, l'ancien chef de
Manyanga ne songeait plus guère à retourner au Congo,
lorsque survint en Europe la nouvelle de la nomination
de Hamed-ben-Mohamed, plus connu sous son surnom de
Tippo-Tip, en qualité de vali des Stanley-Falls.
On sait quelle stupeur générale provoqua, en Europe, cet
acte politique audacieux qui allait permettre à l'Etat de
s'établir progressivement à Basoko et à Lusambo, de façon
à être, à un moment donné, maître de la situation et en
mesure d'agir avec rapidité et succès.
Cette politique reçut, du reste, peu de temps après, une
haute approbation. En 1894, le gouvernement allemand de
l'Est africain imita l'Etat en nommant, lui aussi, un chef
arabe vali d'Udjiji.
L'Etat ayant appelé Tippo-Tip, l'ancien trafiquant, aux
fonctions de vali, désirait être à même de contrcMer d'une
(1) Cette notice est extraite, en grande partie, du Congo illustré.
— 618 —
manière permanente l'administration du chef arabe et la
façon dont il exécutait les clauses de son contrat.
Dans ce but, il lui adjoint un résident belg-e. Haneuse
est désigné et, le 15 mars 1888, il repart une seconde fois
])our le Congo comme commandant de l'expédition des
Falls.
La station des Falls, primitivement établie par Stanley
dans l'ilc Usuna, a été reconstruite sur la rive droite du
fleuve, un peu en aval de l'ancien poste.
Van Gèle qui avait fait choix de ce nouvel emplacement,
y avait installé Bodson et Hinck, qui firent les premiers
travaux, en attendant l'arrivée du résident officiel.
Haneuse, à bord de Y En Avant, débarque le 1 août 1888,
et consacre tout son temps et toute son activité à la construc-
tion et à l'embellissement de la station. Il est secondé dans
cette lourde tâche par ses deux adjoints et trente soldats
haoussa.
Le 18 juillet, le major Barttelot, commandant l'arrière-
garde de l'expédition envoyée au secours d'Emin-Pacha,
avait été assassiné par un chef Manyema. Depuis la création
de l'œuvre du Congo, Barttelot était le premier Européen
qui tombait, frappé par un indigène. Le 7 août, Haneuse
préside le Conseil de guerre, institué pour juger ce crime
qui avait provoqué une grande sensation. Tippo-Tip y assiste.
Haneuse accompagne Delcommune dans son exploration
du Lomami jusqu'au S"" parallèle Sud.
n est nommé commissaire de district le 27 octobre 1888.
Malheureusement, le 9 avril 1889, il est forcé, pour cause
de maladie, de reprendre le chemin de la patrie.
Après une carrière aussi fournie, Haneuse n'en continue
pas moins sa collaboration effective à l'œuvre africaine en
se chargeant, pour compte de l'Etat, d'opérer divers recru-
tements de troupes à la côte orientale. Du 9 avril 1890
au 1 mai 1891, il fait un séjour à Zanzibar où il est accrédité
— OIU —
aiii)rôs (lu sullan, coniino n'i)ivsoii(,;inl, de, l;i I>(;l<^iqiio (;l
(lo VVA[\l (lu Con^^'o.
Du 12 juillot :ui l'J n()vcin])ro 1892, il séjourne (mi Ahys-
sinio, oL du 15 Icvrior au 20 mai 181)3, on Arahio.
Il osL colonel, on rolrailc, (loi)uis lo 20 sopl-onihi'o 11K)7.
('hovalicîr do l'Ordre do Loo[)old, docoro de la Ooix mili-
lairo (lo promi(:>re classe et de l'KLoile do sorvicîo, coni-
niandeur de l'Eloih^ ])rillante do Zanzibar, chevalier de
l'Ordre Royal du Lion.
PUBLICATIONS:
— Da77s rErythrée. (Mouvement géograi)Iiique, 1803, p. IG).
— Notes siw Zanzibar. (Bulletin de la Société belge de Géographie. 1890,
p. ()42).
— Notes sur L'Erytlirée. (Bulletin de la Société belge de Géographie, 189.3,
p. 42).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— Congo illustré, 1894, p. 113,
— Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, \)\) 109, 177.
— Mouvement géographique, 1881, p 10.
620
ALLART, JEAN, BAPTISTE,
né à Frasnes-lez-Gosselies, le 28 février 1832; décédé le 10
mai 1006, à Sainte-Croix de Ténériffe.
Docteur en médecine de l'université libre de Bruxelles
depuis 1859, il est attaché pendant plusieurs années au ser-
vice sanitaire de la ville de Bruxelles.
Pendant un voyage à Paris, il se lie intimement avec
le célèbre chirurgien Nelaton, inventeur d'une sonde pour
reconnaître les blessures produites par les balles. A cette
époque, les médecins italiens s'évertuaient en vain de déter-
miner l'endroit exact où était logée la balle qui avait
frappé Garibaldi au pied, pendant un combat contre les
troupes pontificales. Sur Je conseil de Nelaton, le docteur
Allart se rend en Italie et s'efforce de se faire recevoir
par Garibaldi, malgré l'opposition des médecins italiens,
qui affirmaient que la balle ne se trouvait plus dans le
membre blessé. En employant une ruse, Allart parvient à
se faire montrer la blessure et détermine, grâce à la sonde
Nelaton, l'endroit précis où se trouvait la balle, qu'il extrait
le lendemain. Allart qui avait entrepris ce voyage à ses
frais, rentre aussitôt à Bruxelles.
En 1881, Allart entreprend différents voyages d'études
en Egypte, au Soudan, où il pénètre jusqu'à Kassala, et
en Arabie. L'expérience ainsi acquise le fait désigner, en
septembre 1882, pour remplir les fonctions de médecin en
chef du Comité d'Etudes. Celui-ci lui confie la mission d'orga-
niser le service des secours médicaux dans le Bas-Congo.
Le D'' Allart part pour le Congo, le 20 septembre 1882.
Il est le véritable fondateur de la station de Boma, où ne se
trouvaient établies que des factoreries étrangères. Compre-
nant de suite l'importance que devait prendre dans l'avenir
cette station dans le bas fleuve, il s'empresse de la recom-
mander comme siège du futur sanatorium. Celui-ci devient
le point de départ d'une prise de possession de tout le ter-
Le D"^ ALLART.
Cliché du journal Le Congo
— 021 —
riloire avoisiiiaiil. (li'àce à d'iiahikis iié^ochiLioiis avec
les cliofs in(li<;-èiios, Allart j):u'vienl à se l'aire donner la
concession de tous les terrains disponibles, empêchant ainsi
la mainmise \y<\v des com|)t()ii's étran^-ers.
TouLel'ois, ce n'est (p.i'avcc^ la pins ^-rande difïicnlté (ju'il
rénssit à l'aire ])arta^er ses vues par le Comité (rKliid(is,
qui, sous l'impulsion de Stanley, préconisait Vivi, localité
où les malades étaient particulièrement nombreux. Le pra-
ticien signale dans de nombreuses lettres que Vivi est un
roc brûlant presqu'inhabitable; il finit par l'emporter, même
contre l'avis de Stanley. Il est assisté dans l'établissement
du sanatorium par Emile Loens.
Cette station sanitaire est la première créée au Con^^o et
devient du coup la construction la i)lus importante et la
mieux entendue de tout le Congo ('). Le sanatorium est
inauguré en 1884. Lorsque Stanley, à sa descente du fleuve,
contem])lc l'œuvre accomplie, il ne ménage pas ses éloges
au D'' Allart avec lequel il entretint depuis lors des relations
des plus amicales, même après son retour en Europe.
Allart dirige l'établissement avec un dévouement admi-
rable.
Autour du sanatorium viennent bientôt se grouper nombre
de constructions nouvelles, formant l'embryon de la capitale
actuelle du Bas-Congo.
L'expérience acquise par Allart lui permet également de
prêter un précieux concours au comité du laboratoire bac-
tériologique de Léopoldville, fondé sous le patronage de
l'Etat Indépendant.
(1) Depuis 1879 jusqu'à la fui do 1882, les expéditions du Comité d'Etudes
avaient été privées de médecins. Le D'" Allart est le })remier médecin qui
fut envoyé au Congo; même en 1885, au moment de la reconnaissance
de TEtat par les puissances, celui-ci n'avait à son service que deux méde-
cins: le D'' Allart, à Koma, et le D'' Van den Heuvel, à Léopoldville.
Actuellement les soins médicaux sont donnés gratuitement aux blancs et
aux noirs par un nombreux personnel.
— 022 —
Allart retourne en Europe en 1885.
Appelé, le 30 août 1880, aux fonctions de consul général
de Belgique à la côte occidentale d'Afrique, avec résidence
à Sainte-Croix de Ténériffe, Allart est chargé par le gou-
vernement belge d'une série d'explorations commerciales;
il visite ainsi les principales colonies de la côte africaine
11 fait deux voyages dans le Bas-Congo, en 1887 et 1892.
Au cours de ce dernier séjour, il accompagne le capitaine
Tliys dans son inspection du chemin de fer.
Le conseil municipal de Sainte-Croix de Ténériffe rend
hommage au D"" Allart en donnant son nom à une des rues
de la ville.
Voici en quels termes Stanley consacre au D*" Allart une
mention dans son livre: CAnq années au Congo ('):
« Le D*" Allart mérite les plus vifs éloges. J'ai rarement ren-
» contré homme plus aimable et médecin plus consciencieux à la
» fois. Ma liaison avec lui date de plusieurs années ; et cependant
* j'apprends chaque jour à mieux apprécier ses rares qualités. A
» certains tempéraments le travail est aussi nécessaire que la nour-
» riture. Le I)'" Allart possède ce tempérament-là. Il eut envisagé
» comme une cruelle privation tout obstacle apporté à son activité,
» à ses labeurs. Nous n'avons pas eu de ces cruautés envers lui.
» Nous avons essayé d'assouvir son amour du travail en lui confiant
» la construction et la direction de l'hôpital de Boma. Il a admi-
» rablement exécuté sa tâche ; un malade qui reçoit ses soins géné-
» reux doit être bien mal hypothéqué pour ne pas guérir. »
Il meurt à Ténériffe le 10 mai 1900.
Il était consul général de Belgique à Ténériffe, officier de
l'Ordre de Léopold, commandeur de nombre de l'Ordre de
Charles III d'Espagne et décoré de l'Etoile de service.
;i) Page 541, traduction Harry.
— ()2:3 —
PUBLICATIONS :
La tt',mp(h'(ituve et les pluies au Bas-Congn. Observations thermomé-
triques, /ii/f/ro>nélriques et pluviométriques faites à Borna. (Mou-
vcinoiit (ié()<^ra[)lii(iuc, 1880, p. 17).
Le Congo en 1890. (Bulletin de la Société royale de géographie d'Anvers,
1890, n" 3).
L'Etat hidépendant du Congo. in-8*>. Bruxelles, 1891, Weissen])ru(;h.
(Extrait du recueil consulaire belge).
Compte-rendu d'un voyage au Congo. 1 br. in-S". Bruxelles, 1892,
(Extrait du recueil consulaire belge.)
Les Coquillages-monnaie. (Congo illustré, 1893, p. 160).
Rapport sur V Etat Indépendant du Congo. 1 br. Bruxelles, 1891, Weis-
senbruch. (Extrait du recueil consulaire belge).
Rapport commercial concernant l'Etat Indépendant du Congo. (Id. 1893).
Le climat de l'Etat Indépendant du Congo (Id. 1895; Mouvement Géo-
graphi(iue, 1895, pp. 193 et 221).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, p. 103.
A. J. \\'auïkrs. Etat Indépendant du Congo, 1899, pp. 23 et 450.
Mouvement géographique, 20 mai 1906, et Petit Bleu, 13 mai 190G.
Article nécrologicjue.
— 024 —
LEGAT, AMÉDÉE,
ne à Ixelles, le 23 avril 18G0; y décédé Je 20 mai 1808.
ir sergent et maître d'armes au génie.
Part pour le Congo, le 12 septendjre 1882, en qualité
d'agent du Comité d'Etudes.
(1883). Adjoint à l'expédition du Kouilou-Niadi, sous le
commandement de Grant-Elliott, il explore deux affluents
du Kouilou et le pays de Ba-Yaccas.
L'expédition établit dans le bassin du Kouilou de nom-
breuses stations. Destrain fonde Stéphanievillc. Légat con-
struit et commande le \x)^[o ôe F^rinkloivn (latitude 3" 30',
longitude 12M5') sur le Kouilou, rive gauche; en face du
confluent de la Louasa.
Il se rend à Loanga et rentre en Europe le 12 mai 1884.
Retourne en Afrique le O avril 1885 et est nommé chef
du poste de Taimionville (Kitabi) sur le Kouilou, rive
gauche, en face des premiers rapides du fleuve.
Passe, en 1886, au service de la 8anford exjploring expedi-
diiion et prend la direction de Luebo, sur le Kasai: à
huit cents kilomètres du Stanley-Pool. Seul, sans jamais
voir aucun visage européen, il vécut en plein centre afri-
cain, pendant deux ans consécutifs, ne recevant que tous
les quatre ou six mois la visite d'un steamer lui appor-
tant un maigre ravitaillement de conserves, de vin et de
quinine.
En 1889, Légat entre au service de l'Etat et est nommé
lieutenant de la F. P.
Etablit un poste militaire à Lusamlio et commande la
station de Luluabourg.
En 1890, il accompagne Paul Le Marinel dans son explo-
ration au Katanga. Depuis cette époque jusqu'à son retour,
qui a lieu en 1894, Légat réside au Katanga; chef de la station
de la Lufua en 18Ji, il fonde le poste de Lufoi, à pro-
ximité de Bunkeia. Il y reçoit successivement les expédi-
tions Delcommune, Stairs et Bia. Légat ({ui a quarante hom-
i
LEGAT, Àmédée.
Cliché du Mouvement géographique.
— 025 —
iiH\s SOUS SCS ordres, |);ircoiii't le |);iys en Ions scuis, jx-ikImiiL
sou lon^- séjour à Lul'oi. Il est uouiuiù ci4)ilaiue de la Force
Pul)li(iue le (> aoùL 181)2.
Après un séjour coutinu de douze années en Africjue,
il rentre ou lîeiii'Kiue eL conduit à l'cixposilion d'Anvers
de i<st)l un coniin^xMiL de c|uatre-vingLs indig-ènes.
Lors de la discussion du projet d'annexion du Congo par
les Chambres, Leg'at entreprend une canipag-ne de proj)a-
g-ande, — conférences et meetings contradictoires, etc. —, en
faveur de la grande œuvre à laquelle il s'est consaci'é.
A la nouvelle de la révolte des indigènes de Luluahourg
et du massacre du capitaine Pelzer, Légat offre sponta-
nément ses services à l'Etat ind.4)endant et s'embarque,
quelques jours après, le 6 avril 1895, comme commandant
de Luluabourg.
11 prend une grande part à la répression de la révolte,
punit les chefs indigènes, fait arrêter le chef N'Sambi, lutte
contre le chef Sagache et reçoit le commandement du poste
dangereux de Pania-Mutombo, dans le Kasai. Son terme
expiré, Légat reprend le chemin de la patrie.
Il meurt à Ixclles, quelques jours après son retour en
Belgique, le 26 mai 1898, des suites d'un refroidissement
contracté au chevet de Comblez, décédé lui-même le jour
de son arrivée.
Légat était chevalier de l'Ordre royal du Lion, décoré
de l'Etoile de service à trois raies, de la Médaille d'or
de première classe de l'Etoile africaine et de la Médaille
d'argent commémorative des expéditions du Katanga.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
— CiiAPAUX Le Congo historique, diplomatique, pp. 85, 2{^, 285.
— Mouvement géographique, 1884, p. 3 ; 1889, p. 43 ; 1893, p. 37 ; 1898
p. 281.
— Belgique m,ilitairc, 1898, p. 721.
— Congo illustré.
— 626 -
ROGER, OSCAR.
Ancien explorateur de l'A. I. A.
Part pour la côte occidentale en novembre 1882.
(La notice figure à la page 521, au chapitre: Explora-
tions de la côte orientale).
VAN DEN HEUVEL, THÉODORE, THÉOPHILE,
Docteur en médecine, ancien explorateur de l'A. I. A.
Part pour la côte occidentale le 12 novembre 1882.
(La notice figure à la page 520).
HODISTER, Arthur.
Cliché de l'ouvrage de Chapaux. Le Congo historique, diplomatique.
— 027 —
HODISTER, ARTHUR, EUGÈNE, CONSTANT.
né à Schaerljeek, le II août 1817; lue à Riba-Ril)a, le 15
mai 1<S1)2.
Ancien sous-oilicicr de l'année.
Sert avec distinction aux Zouaves pontificaux.
Après avoir voyag'é aux Indes, aux îles Philippines, dans la
Nouvelle-Calédonie, en Australie, dans la Nouvelle-Irlande
et la Nouvelle-Bretagne (1878-1882), il entre au service du
gouvernement espagnol et se rend aux Garolines pendant
le conflit avec l'Allemagne. Au retour, le navire ayant l'ait
naufrage, Hodister sauve la vie à plusieurs personnes.
Il s'engage, au commencement de l'année 1883, au service
du Comité d'Etudes du Haut-Congo et, en 1884, prend part
à l'expédition Grant-Elliott. Il est nommé commandant de
la station de Massabe, à la côte, puis de celles de Rudolfstadt
et de Baudouinville, au Congo français.
Il retourne au Congo le 29 juillet 1887, au service de
la Sanford expïoring expédition, et fonde le poste com-
mercial de Bangala.
La même année, il effectue le voj^age de Landana-Chuima
à Boma, par la forêt du Mayumbe.
1' voyage sur la Mongala :
Le 1 mai 1889, Hodister repart comme chef de district
commercial de la Société du Haut-Congo à Bangala; il
remonte, le 4 septembre 1889, à bord du petit steamer Gé-
néral Sanford, la Mongala jusqu'au confluent de ses deux
branches supérieures, l'Ebola et le Monaï (Dua).
Le Mouvement Géographique de 1890 publie la relation
de cette exploration, par Hodister lui-même, et conclut que
la Mongala étend et élargit son bassin supérieur beaucoup
plus au Nord qu'on ne l'avait supposé jusqu'alors, de telle
- 028 —
façon (lue cette rivière paraît drainer la plus grande partie
du i)ays qui s'étend au Sud-Est de Zongo, jusque très près
de rubang-i.
2^ voyage sur la Mongala :
Hodister fait une seconde reconnaissance de la Mongala,
le 10 octobre 1889.
Cette fois le vo.yageur remonte la branche méridionale,
qui vient de l'Est, api)elée Monaï, dans son cours inférieur,
et Dua, dans son cours moyen et supérieur. Hodister donne
de curieux détails sur cet affluent, qui forme un vaste ])ool
de deux mille mètres de largeur. 11 décrit les habitations
construites sur pilotis, et les observatoires aériens installés
dans les arbres.
3" voyage sur la Mongala et son affluent l'Ebola :
Hodister effectue une troisième exploration de la Mon-
gala et de l'Ebola, le 8 avril 1890. Parti de Bangala, il
pousse jusqu'aux dernières limites de la navigation sur l'af-
fluent principal de la rivière, la Dua, puis remonte l'Ebola.
Il rentre à Bangala le 10 juin.
Voyage sur le Lomami et vers le Lualaba :
En juillet-septembre 1890, Hodister, préparant les voies
à l'entreprise si intéressante, tant au point de vue du com-
merce qu'à celui de la civilisation, dont il va bientôt prendre
la direction, s'embarque à bord du Gcncnd San/œxU pour
remonter le Lomami, dont il reconnaît les affluents, et arrive
à la station de Bena-Kamba, au ])ied des rapides qui, il y
a deux ans, ont arrêté la reconnaissance d'Alex. Delcom-
mune, à bord du Roi des Belges.
A Bena-Kamba, Hodister quitte son steamer et entreprend
O'Jl»
\r J<) n(»ùl, ;i\(H' une cscorU^ do viiii^l Daiij^jilii, uiu; l'ccoii-
naissaïK'o pcnlcslro v(m*s le Sud. II suit d'idiord l;i rive di'oilc
du Louiauii, puis, ()l)li({u;int v(îrs l'i^lsl, il ri;iiicliil, l;i rc'^ion
ôlroile, (|ui sépare lo cours de celte rivière de Ja rive gauche
du Lualaba, où il (h'houche en face de Nyan*j;-\ve, après
avoir traversé Fuki, Itund)a et Chari. De Nyari'^we, il n;-
montc en [)i rogne jusqu'à Kasongo.
Au cours de cette exi)loration, Ilodister rencontre les
principaux trafiquants arabes de la région et se lie d'aujitié
avec eux.
De Kasongo, Ilodister descend le fleuve jusqu'à Riba-Riba,
où reprenant la route terrestre, il se dirige à l'Ouest, vers
le Lomami, traversant une seconde fois la ligne de faîte
Lualaba-Lomami, et rentre le 24 septembre à Rena-Kandja,
après 39 jours d'absence. Sans perdre un seul de ses hom-
mes, sans tirer un seul coup de fusil, sans entraver une
seule palabre, il venait de franchir une région jusqu'ici
inconnue, parcourue par lui dans les deux sens et dont il
relève l'hydrographie et l'orographie.
Il traite d'importantes questions aux Faits, avecTippo-Tip,
pour compte de la Société du Haut-Congo et revient à
Bangala le 13 octobre.
Il rentre peu après en Europe, en mars 1891.
2^ voyage vers le Lomami et la région arabe.
Nommé directeur en Afrique du Syndicat coinmerclal
du Manyema et du Katanga, Hodister repart pour le Congo,
le 1 octobre 1891, comme chef de l'expédition organisée
par ledit syndicat. Il quitte le Pool le 10 février 1892.
L'expédition, qui se compose de vingt Européens, a pour
mission de mettre immédiatement en valeur une partie
des territoires concédés par l'Etat au syndicat et de fonder
des établissements de commerce dans la région du Lomami
et du Lualaba, en plein centre arabe.
— 630 —
Le 11 mars 1892, Foxpédilion est réunie à Isanghi, au
confluent du Lomami.
Hodister se rend aux Falls et divise son expédition en deux
fractions. La première, sous ses ordres, composée du
D*" Mag-cry, de Hansenne, Pierrot, Schouten, Dewèvre,
Mussche, Desmedt, Gliaumont, Blindenberghe, Goedseels,
Pauwels, et Jôrgensen, capitaine de steamer, quitte Isanghi
à bord du Roi des Belges, et prend la voie du Lomami
pour se diriger vers Bena-Kamba, tandis que la seconde
fraction comprenant Jouret, Doré, Page et Noblesse et l'in-
terprète Ismaël part des Falls, pour remonter le Lualaba
en pirogues, vers N^^angwe et Kasongo et rencontre au
premier rapide du Lualaba le sous-lieutenant Micliiels,
venant de Riba-Riba.
Tout était encore relativement calme à ce moment, tant
aux Falls qu'à Isanghi. Toutefois des courriers venant des
rives de l'Uele, avaient rapporté que l'expédition de l'in-
specteur d'Etat Van Kerckhoven décimait les caravanes
arabes de Racliid, de Sefu, et de Munie Mohara, pour leur
enlever l'ivoire qui était envoyé à Léopoldville.
Cependant, confiants dans la justice des blancs, les chefs
arabes se bornaient à de sourdes protestations. Hodister
avait commencé avec eux des opérations commerciales en
achetant huit tonnes d'ivoire.
Arrivé à Yanga, le 27 mars, Hodister y fonde un établisse-
ment qu'il confie à Dewèvre et à Mussche.
Débarqué à Bena-Kamba, le 9 avril, Hodister prend pos-
session de la station, que lui remettent Hinck et Ectors,
de l'expédition antiesclavagiste. La situation y est relati-
vement florissante; l'autorité de l'Etat y est reconnue ainsi
que dans les environs.
Le 20 avril, le chef de l'expédition va fonder, à proxi-
mité des chutes, le poste de Lhomo, dont il donne la garde
à Pierret.
Dans l'intervalle, Jouret a acheté neuf cents kilogrammes
— G31 —
d'ivoire à Kibon^ho, sur lo Lualnl)n, et ost arrivé, le 24
avril à lliba-Kiba. A l'aide de courriers, b^s deux colonnes
entrent en connnunication.
Rentré à Bena-Kand)a le 0 mai, Ilodislery reçoit la cara-
vane des porteurs de Buana Sniaï, que lui envoie Jouret.
Le 8 mai, llodister, accompagné du D"" Ma^•er3^ de De
Smedt, Goedseels, de dix-liui't serviteurs et de cent por-
teurs de Buana Smaï, se met en route pour Riba-Riba.
L'établissement de Bena-Kamba est mis sous la protection
de Hansenne, Paiiwels et Blindcnbergbe.
*
* *
Certains indices, non équivoques, avaient prouvé, cepen-
dant dès l'arrivée d'Hodister, que les dispositions des grands
cliefs arabes, à l'égard des blancs, s'étaient totalement
modifiées.
Aux Falls, le lieutenant Tobback, qui avait noué des rela-
tions de courtoisie avec Racbid, le successeur de Tippo-
Tip, comme vali, vit la bienveillance de l'Arabe insensi-
blement s'atténuer, céder la place à la froideur, à une
méfiance inexplicable. Les visites de Racbid étaient deve-
nues moins fréquentes, et à toute proposition qui lui était
faite, l'Arabe répondait par des propos évasifs, où l'on sen-
tait poindre une sourde menace. Les nouvelles venant du
Sud étaient même devenues si alarmantes que Tobback
avait envoyé le lieutenant Michiels à Riba-Riba pour s'as-
surer de l'état des esprits.
L'inquiétude devint générale parmi les blancs Ceux-ci
se rendaient compte que l'arrivée d'agents commerci?,ux
avait vivement contrarié les Arabes, qui eux-mêmes étaient
d'babiles trafiquants redoutant toute concurrence.
Les grands cbefs ne cacbant plus leur dépit notifient
à Hodister et à ses adjoints l'interdiction de se livrer au
— 632 —
commerce sur leur territoire. Ilodister, avec une aveugle
témérité, refuse de se soumettre à cette proliiJ)ition.
Au retour de Micliiels aux Falis, Tobl)ack, pressentant un
conilit, se décide à se rendre lui-même à Riba-Riba faire
des remontrances aux né^^ociants qui compromettaient la
paix de l'Etat; il se munit de riches présents destines aux
chefs arabes.
A Kibonghe, il lui est conseillé de demander audience à
Munie Mohara qui réside à Riba-Riba. Les plaintes contre
les Européens étant devenues générales, Munie Mohara
intime l'ordre à tous les bhmcs de quitter les lieux.
Tobback rentre aux Falls, laissant le lieutenant Micliiels
à Riba-Riba pour y surveiller Noblesse, agent opérant sous
les ordres d'Hodister.
Imprudent et téméraire, Noblesse enfreint la défense de
Mohara et les recommandations de Michiels et plante des
pieux en terre pour l'édification d'un comptoir.
Le sultan lui dépêche un émissaire pour lui interdire
toute construction dans ses états. Au lieu d'obéir à cet ordre
formel, Noblesse moleste, paraît-il, assez grièvement l'envoyé.
Immédiatement capturé, l'agent d'Hodister expie dans de
cruels supplices son acte inconsidéré.
Dès lors, le courroux de Mohara ne connaît plus de bornes:
le massacre de tous les blancs est décidé.
Michiels comprenant le danger, se sauve dans les bois
et s'oriente vers Bena-Kamba, où il comptait retrouver
Ilodister. Il erre quinze jours dans la forêt, se nourrissant de
racines, s'égare et va se livrer inconsciemment au bour-
reau, en revenant à son point de départ, Riba-Riba.
Michiels est supplicié dans des tortures d'odieuse cruauté.
Pendant que ces crimes s'accomplissaient, Hodister ignorait
encore la révolte des Arabes et continuait sa marche de
Rena-Kamba vers Riba-Riba.
Le 15 mai 1892, il atteint l'endroit souillé des deux
- 033 —
forl'nits (U^ Moliara et est l)ioiU6t, Iiii-mômo, la Iroisième
victiiiK^ (le col ed'royahh^. di'airKî.
Saisi à son tour, il (Mulure U\ niriiie iiiarlyre ([uo Michiels
et Noblesse. Ses iiuîinhres sont tranchés et dévorés sous
ses propres 3'eiix, (jifoii lui crève, en outre, avant de
ra('li(n'(M\ L(^ I)'' Marg-ery et (ioedse(ils sont aussi massa-
crés par les Arabes.
La factorerie^ d(^ Lliomo est pillée et Pierret n'échappe
pas non plus aux coups des assassins (').
PUBLICATIONS :
— De Landana à Borna. (Mouvement Géographique, 1888, p. 8G).
— De Bangala à Nyanr/we. (Id., 1890, p. 119).
— Exploration de la Monyala. (Id., 1898, n"^ 1 et 2).
— Exploration des branches supérieures de la Mongala. (Mouvement Géo-
graphique, 1890, p. 103).
— Les crues du Congo à Bangala. Observations, etc. (Mouvement Géo-
graphique, 1891, p. 79).
— Laissez les nègres tranquilles! (Mouvement Géographique, 1891, p. 96).
— Résumé des observations météorologiques faites à Bangala, 1888-1889.
(Mouvement Géographique, 1891, p. 79).
— Les Arabes sur le Haut^Congo. (Id., 1891, p. 83).
— Les trois dernières lettres. (Id., 1892, p. 82).
— Au Congo. (Extrait du Magasin littéraire et scientifique, une brochure
in-8". Gand, Leliaert et Sitl'er. 1888.
(1) Les victimes des Arabes furent outre Hodister, le D'" Jules Magerv
médecin de l'expédition, né à Dinant le 4 septembre 1866,
Alfred Noblesse, né à Bruxelles le 23 mars 1869,
Julien Pierret, né à Bruxelles le 2^ septembre 18Ô8,
Jean Baptiste Desmedt, né à Gand le 19 décembre 1853,
Joseph Goedseels, né à Malines le 8 septembre 1869.
— 634 —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Mouvement géographique, 1886, p. 86; 1890, pp. 2 et 6 et 103; 1892,
pp. 79, 81, 82, 101 et 102; 1894, p. 17.
Belgique militaire. Nos héros, par Chômé. N*"* 1192 et 1193.
Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, pp. 103, 189, 251 et 400.
A. J. Wauters. L'Invasion arabe dans le Haut-Congo. Le désastre de
la mission Eodister. (Mouvement Géographique, 1892, p. 79).
Les Evénements du Haut-Congo. Kelations des aventures de l'expédition
Doré-Jouret sur le Lualaba. (Mouvement Géographique, 1892, p. 95).
L'expédition Eodister. (Mouvement Géographique, 1892, p. 99).
L' expédition Eodister et les Arabes. (Bulletin de la Société belge de
Géographie, XVI, p. 442).
Lejeune. Histoire militaire du Congo, p. 80.
DEFRERE, victor.
Négociant.
Part pour le Congo le 22 janvier 1883.
Agent à Léopoldville, puis chef -adjoint de la station
d'Issanghila.
Rentre en Europe en août 1884.
PALMARTS, JOSEPH, LOUIS, IGNACE, MARIE,
né à Maestriclît, de père belge, le 25 mai 1855; décédé
à Ixelles, le 25 octobre 1885.
Ancien élève de l'Ecole militaire.
Attaché à l'observatoire royal de Belgique, il se rend
dans les régions boréales avec une expédition scientifique
américaine.
Dès son retour en Belgique, il part pour le Congo, le
1 février 1883, en qualité d'agent, et séjourne à Vivi.
— 635 —
Rentre le 15 décembre de la môme année.
Il s'eni'ôle ensuiU^ (I;ins la marine anglaise et meurt à
Ixelles.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— i)K Mahtuin-Donos. Les lielfjes dans l'Afrique centrale, i. II.
— Nouveau voijage de Palmarts. (Hiillelin do la Société royale belge de
Géographie, t. \'II, p. 153).
VAN KERCKHOVEN, Guillaume.
FRANÇOIS,
Lieutenant au i*" régiment de ligne.
Part en mars 1883.
Chef d'Issangliila, attaché au recrutement des Krooboy.
(La notice et le portrait figurent à la page 305).
— G3G —
LIEBRECHTS, charles, adolphe. marie,
nô à Anvers, le 7 myi 1858.
Sous-lieutenant au (>« j'é*,nment d'artillerie, il part, le 7
mars 1883, pour aller rejoindre Stanley comme adjoint et
débarque le 18 avril à Banana.
Arrive à Vivi, il remorque un canon Krupp de campagne
avec ses munitions jusqu'à Léopoldville.
Stanley, informé au mois d'août 1883 que les Bayanzi
menacent la station de Bolobo, s'y rend aussitôt avec sa
flottille; Liebrechts s'embarque avec le canon à bord du
EoyaL Les voyageurs apprennent en route que la station
avait été incendiée et que les Bayanzi avaient juré d'exter-
miner les blancs.
A partir d'Itimba, des indigènes hostiles se montrent sur
les rives. UEyi avant, accueilli par une décharge de mous-
quets, s'éloigne au milieu des cris de victoire des Bayanzi;
bientôt, il reparait, escorté de l'A. / A. et du Royal, à
l'avant duquel est placé le canon. Les indigènes cherchent
à abattre les passagers sur le pont des navires, mais leur
feu est inoffensif, car ils ne se rendent pas compte de la
vitesse des steamers Stanley, ne voulant pas sacrifier des
vies humaines, se décide à mettre les navires à l'abri der-
rière les îlots. Le lendemain matin, nouvelle attaque à Manga;
un Zanzibarite ayant été blessé, l'équipage riposte par des
coups de feu. Les salves des trois steamers balayent la
rive. Le jour même, les indigènes viennent réclamer la
réparation des dégâts causés à leurs huttes et à leurs
bananiers, sous menace de continuer la guerre déchaînée
par leur chef Ibaka.
Dès le lendemain, la flottille s'arrête au pied du morne
où s'élèvent les ruines de la station de Bolobo, défendues
vaillamment depuis trois jours par Brunfaut et la petite
garnison.
L'arrivée des forces de Stanley calme les Bayanzi. Ibaka,
LIEBREGHTS, Charles.
— G37 —
roi (les Rayanzi, \ioa\1 mônio doballro on personne h^s con-
(lilions (1(^ i)aix. lN)iir lui inspirer une sa^'e terreur ol le
tenir, dans la suitis (mi respect, Stanley lui annonce ([ue
Liehrechts a installé un fusil fétiche, ([ui peut df'niolir une
case à quatre kilomètres de distance. Le lendemain, Lie-
hrechts [)ointe la pièce sur une pirog-ue, amarrée à deux
milles dans le fleuve et la coule au premier coup. Grâce
à cet expédient, Stanley obtient le payement d'une indem-
nité de huit cents mitakos pour l'incendie de la station.
Hrunfaut prévoit que désormais les rapports avec les vin-
dicatifs Bayanzi seront difficiles; aussi Stanley décide-t-il
de laisser à la station le lieutenant Liehrechts, avec un
renfort de serviteurs noirs. Les deux blancs se partageront
l'administration du domaine. Le IG septembre, la flottille
part vers l'Equateur.
Liehrechts s'occupe de rèédifîer la station; les ouvriers
doivent travailler sous les armes, car des rôdeurs Bayanzi
incendient les constructions, à mesure qu'elles s'élèvent.
Mais ces incendies, qui s'étendent à la savane, contri-
buent à dénuder les environs de la station et à rendre sa
défense plus facile.
Le bâtiment central domine le Congo à cent quatre-vingts
mètres de hauteur. Des jardins sont aménagés et dix hec-
tares de terrain sont défrichés, plantés de pommes de terre
et semés de sorgho et de maïs. Bientôt, des rapports ami-
caux s'établissent avec les indigènes, ce qui permet à
Liehrechts d'étudier leurs mœurs.
Hélas! un incendie, allumé par les Bayanzi, dans la nuit
du 13 au 14 janvier, vient détruire tous les travaux des
deux vaillants pionniers. Ceux-ci avaient refusé d'assister
aux funérailles d'un marchand, pour ne pas être témoins
des sacrifices accompagnant pareille cérémonie. Pour se
venger de ce refus, les Ba3^anzi, qui, d'ailleurs, gardaient
rancune aux Européens du payement imposé des huit
cents mitakos, augmentent les massacres sur la tombe
— 038 —
creusée au pied du morne, sur lequel s'élève la station.
Après avoir fait transporter, par mesure de précautions,
les munitions du canon dans leur cabane provisoire, Brun-
faut et Licbreclits s'endorment. Les indigènes, surexcités
par le chef de Mondombero et avisés du prochain retour
de Stanley, se disposent à incendier la station. La négli-
gence des sentinelles zanzibarites permet aux criminels
de s'approcher avec des tisons enflammés de la cabane
des blancs. Ceux-ci, éveillés en sursaut, se précipitent vers
les chimbecks de leurs hommes. Les provisions de poudre
et les cartouches entassées dans la cabane font explosion,
et les débris enflammés mettent le feu aux autres bâti-
ments de la station (^).
Les serviteurs noirs désertent et les deux Européens se
voient contraints d'abandonner les marchandises, le maté-
riel, les armes et leurs bagages, pour se précipiter vers
les pirogues amarrées à la rive. Les déserteurs les avaient
enlevées! Liebrechts et Brunfaut, à moitié vêtus, passent
la nuit cachés dans les hautes herbes, pour échapper à la
poursuite des Bayanzi. Le matin, ils sont heureusement
recueillis par les barques du marchand bateke Mabouma.
Celles-ci se rendent à la rencontre de Stanley, après avoir
rallié en route la lâche garnison de Bolobo.
Le 15 janvier, au matin, les flottilles réunies se pré-
sentent devant Bolobo. Ibaka se défend d'avoir acquiescé
à l'attaque de la station et Stanley, convaincu par le discours
indigné du roi, laisse sur le plateau trois fois ruiné le
courageux lieutenant Liebrechts avec une troupe de noirs.
Roger, qui rentre malade en Europe, abandonne sa garde
robe à son compatriote.
Ibaka impose de fortes indemnités à Mondombero et aux
chefs indigènes qui ont pris part à l'incendie de la sta-
(1) D'après la version de Stanley, 1" incendie aurait été allumé par un
fanatique isolé, agissant à l'insu des autres indigènes.
— 039 —
lion, ol pondant les mois de janvier et do février, le pays
(^sl Lroui)l(' par les conibaLs (pie hîs indi^-ènes s(; livrent
entre eux. Liebrechis s'abstient prudemment d'intervenir
dans c(^s luttes intestines; aussi le territoire de la station
devient i)eu à ])eu un terrain neutre, où les indi^^ènes se
rendent pour vider leurs conflits à l'amiable. Liebrechts
est bientôt l'arbitre de tous les différends; il ac([uiert une
réputation de ^^rande impartialité. Ibaka lui-même se trans-
forme en liumble courtisan, et les pavillons belge et congolais
flottant sur le poste sont respectés par tous les Bayanzi.
Déployant une activité digne des plus grands éloges,
Liebrechts parvient à relever une seconde fois la station
de ses ruines. Il reçoit la visite de Hanssens qui le félicite
chaleureusement de son œuvre.
Liebrechts, invité par le colonel Sir Francis de Winton
à se rendre à Léopoldville, s'embarque à bord du vapeur
de Hanssens, revenant des Falls.
Il retourne à son poste de Bolobo avec l'expédition de
Casman, et y arrive le 24 novembre 1884.
Il continue à développer la station et son zèle fait l'ad-
miration de tous ceux qui ont été témoins des difficultés
sans nombre qu'il eut à surmonter.
Dans son ouvrage Sur le Haut-Congo, Goquilhat témoigne
son enthousiasme dans ces lignes :
« Le 15 août 1885, nous logeons à Bolobo. — Quel contraste
> entre rétablissement d'alors et celui de 1883 ! A la rébellion
» des chefs indigènes a succédé une soumission complète, et ce ré-
> sultat est dû, non pas à de grandes forces, mais à l'ascendant
» moral du sous-lieutenant d'artillerie Liebrechts, qui a su tenir
» tète à Ibaka avec quelques hommes.
» Il y eut un moment, où il n'avait plus que six soldats. Une belle
» maison centrale a été élevée à Bolobo. Un magnifique et immense
T> jardin rend tous les produits du pays et une grande partie des
> légumes d'Europe. La basse cour est admirable. La table reçoit
— 640 —
> journellement de vingt à trente œufs. Le troupeau de chèvres
» est nombreux et fournit du lait et de la viande en abondance.
» L'ordre est parfait dans la station. Bref, attelé à la charge
» ingrate de restaurer le prestige moral et de créer la prospérité
» matérielle de cette station si longtemps malheureuse, Liebrechts
» a justifié la haute opinion qu'avait le capitaine Hanssens, de ses
» talents et de son caractère. » »
Le 20 janvier 1886, Liebrechts ayant été adjoint au lieu-
tenant italien Massari, nommé commissaire de l'Etat pour
la délimitation de frontière dans le Niadi, se rend sur le
Harry Reed dans l'Ubangi, où vers la fin du mois, il se
rencontre avec les commissaires français, le capitaine Rou-
vier et le D'' Ballay.
Les travaux de la commission étant terminés et le temps
de service de Liebrechts ayant pris fin, celui-ci accepte
l'invitation que lui fait le chef de la mission française et
s'embarque sur le petit vapeur le Ballay pour remonter
l'Alima, jusque près de Dielé, pour gagner de là par terre
le poste de Franceville.
Là, l'expédition se confie à des pirogues et descend
rOgowé jusque Njole. Entre ces points la rivière n'est
qu'une suite ininterrompue de rapides, dont plusieurs sont
absolument infranchissables.
A Njole, les voyageurs trouvent la canonnière française
le Pionnier, qui les transporte au Gabon, où ils arrivent
le 21 mars. Le voyage de l'Ubangi au Gabon avait demandé
près de deux mois.
Après un séjour à Libreville et à Lisbonne, Liebrechts
rentre en Europe, le 10 mai 1886.
Le 2 février 1887, Liebrechts retourne au Congo, comme
chef de la station de Léopoldville.
Il venait à peine d'assumer son commandement, que, le
21 avril, Stanley se présente à la station avec l'expédition
organisée pour secourir Emin Pacha.
Il
— ou —
Lorsque le commandant de la station se porte au devant
de son ancien chef, les honnnes de r(^x|)('Mlition avaic^nt (i('jà
commencé les installations du camp. Stanley s'infornui tout
d'abord des moyens de transport.
Grâce aux soins de Liebrechts, le Stanley, à bord duquel
devait s'embarquer le plus grand nombre de soldats, est
réparé et prêt à chauffer; de même VEn Axmnt et la grande
baleinière sont aussi à la disposition de l'expédition. La
« Baptist Missionnary Society », de Kinshassa, met gra-
cieusement le Peace au service de Stanley ; mais, par contre,
celui-ci essuie un refus de " l'American Baptist Missionnary
Union », dirigée par Billington. Le Henri Reed, vapeur
de cette association, était pourtant nécessaire à l'expédi-
tion pour assurer le prompt transport des sept cent cin-
quante hommes dont elle se composait, aussi Stanley se
décida-t-il à s'emparer de force du steamer. Liebrechts
s'oppose à cette extrémité et reprend les négociations avec
Billington, qui consent finalement à traiter de la location
du steamer à l'Etat. C'est ainsi que, grâce à son sang-froid
et à son habilité, Liebrechts parvint à écarter un grave
conflit; son intervention rendit un service signalé à l'expé-
dition et Stanley lui exprima sa vive gratitude (').
Liebrechts organise admirablement la station de Léopold-
ville. Il établit les meilleurs rapports avec les chefs indigènes
du voisinage, soigne les stocks des magasins et l'aména-
gement de cultures maraîchères.
Il rentre en Belgique le 19 avril 1889, et est nommé
la même année chef de division au département des affaires
étrangères de l'Etat. En novembre 1889, il est nommé délégué
adjoint de l'Etat Indépendant à la Conférence antiescla-
vagiste.
Le i juillet 1891, il est élevé au grade de secrétaire-
■ (1) Cet épisode est exposé dans ses détails dans le livre de A. J. Wauters,
Stanley au secours d'Emin Pacha, pp. 239 et suivantes.
— 642 —
général du Département de Tlntérieur, fonctions qu'il occupe
encore actuellement.
Voici en quels termes la carrière administrative de Lie-
brechts est décrite dans l'ouvrage de Chapaux:
« Les secrétaires généraux qui se sont succédé au département
» de l'Intérieur, ont pris une part des plus actives à l'œuvre des
> secrétaires d'Etat... MM. Van Eetvelde et Liebrechts ont créé
» le service de l'intendance, les cheiferies et les résidents et régle-
» mente les réquisitions militaires; ils ont pris les mesures pour
» la restriction du commerce des armes à feu et des spiritueux;
» ils ont proposé au Roi et obtenu la construction d'une voie
» télégraphique le long du Congo ; ils ont apporté des améliorations
> de toute espèce à l'armement de la force publique, au service
> de ravitaillement des stations. Ils ont dû faire face aux complica-
» tions de la guerre arabe.
« Liebrechts, à qui son brillant séjour en Afrique comme explo-
» rateur, chef de station et diplomate a donné l'expérience des
» choses coloniales, est un précieux auxiliaire pour l'administration
» du Congo et ses avis pratiques entrent pour une grande part
> dans les décisions et les mesures qui se prennent au département
ï> de l'Intérieur.
2> Liebrechts est également, en vertu des statuts de la Compagnie
» du Katanga, commissaire-délégué du gouvernement auprès de
» cette société. »
A ces brillants états de service, il convient d'ajouter la
part si importante prise par Liebrechts à l'installation de
la colonie d'enfants et des ateliers de Léopoldville et de
Stanleyville.
Le service des transports dans le Haut-Congo et dans
rUele, les routes pour automobiles, les services télégraphi-
que et téléphonique furent organisés par ses soins.
Il s'occupa aussi des études et de la construction des
chemins de fer du Congo supérieur aux grands lacs afri-
— r,i3 —
cains, de rélevai^e clos éléphanls et de la création des
parcs de l)étail.
Le service médical et celui des ravilailleinenls sont })er-
fectionnés par lui; il entreprend la lutte contre la maladie
du sommeil, crée les lazarets et institue à Bruxelles l'Ecole
de médecine troi)icale.
C'est encore grâce à son initiative, que fut fondé à Bruxel-
les le cours colonial pour les agents ({ui se rendent au
Congo.
Enfin, c'est à ses démarches patientes qu'on est rede-
vable des cartes, itinéraires, levés et croquis des recon-
naissances faites au Congo, dont la réunion permit de dresser
la carte complète de tout le territoire.
Pour terminer, il importe de signaler que c'est à Liebreclits
que le musée colonial de Tervueren doit sa création. Cet
établissement a fait l'objet de sa constante attention et
c'est grâce aux efforts qu'il a déployés pour l'enrichir qu'on
peut y admirer à présent les splcndides collections qui s'y
trouvent réunies.
Secrétaire général du département de l'Intérieur de l'Etat
Indépendant du Congo.
Major au 4^ régiment d'artillerie, ofïicier de l'Ordre de
Léopold, décoré de la Croix militaire de première classe
et de l'Etoile de service à deux raies, chevalier de l'Ordre
de la Tour et de l'Epée de Portugal, officier de l'Etoile
brillante de Zanzibar, chevalier de l'Ordre de Pie IX, che-
valier de l'Ordre royal du Lion, ofïicier de la Couronne
du Congo et des SS. Maurice et Lazare, commandeur de
la Rédemption africaine (Libéria), commandeur de l'Ordre
de Saint-Michel de Bavière, commandeur de Saint-Olaf de
deuxième classe, grand ofïicier de la Couronne d'Italie,
commandeur du Danebrog de deuxième classe.
— 644 —
PUBLICATIONS:
— Léopoîdmlle. Ra]ii)ort f^ur Lt'opoldville. Publication de TEtat Indépen-
dant, n"2, 1 br. in-8" de 40 pp. Bruxelles, Van der Auwera, 1889, et
Bulletin de la Société de Géographie de Bruxelles, 1889, pp. 501-536,
— Rapports au Roi-Souverain du 16 juillet 1891 (Bulletin officiel 1891, p. 165).
— « « » 25 janvier 1897( « „ 1897, p. 41).
— » r, , 15 juillet 1900 ( « v 1900, p. 127).
— « « « 3 juin 1906 ( « « 1906).
— V n pur la situation générale de TEtat du 22 mai
1907 (Bulletin officiel 1907).
— Rapports des 24 et 29 octobre 1889 et du 24 décembre 1894, sur les
mesures législatives, politiques et militaires en matière d'esclavage
et de traite prises en exécution de l'acte de Bruxelles.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— DE Martrin-Donos. Les Belges dans l'Afrique centrale, t. II.
— Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, pp. 97, 101, 137, 612, 624.
— Mouvement géographique, 1886, p. 43; 1887, p. 11.
— A. J. Wattters. Sianley au secours d'Emin-Pacha.
— Mgr AuGOUARD. Vingt-huit années au Congo, t. II, p. 504.
— Stanley. Cinq années au Congo.
— Jenssen Tusch. Skandinaver i Congo, pp. 155, 182, 212, 264, I.
WAETERINCKX, HENRY.
né à Bruxelles, le 16 juin 1845.
Adjudant de batterie au 3^ régiment d'artillerie.
Part pour le Congo le 1 avril 1883.
Séjourne à la station de Rudolfstadt et, en 1881, à celle
de Tauntonville sur le Kouilou, comme adjoint au marquis
Buonfanti, chef du poste.
Rentre en Europe, le 20 avril 1885.
Repart le 15 juin 1885, attaché à l'expédition Van Gèle,
— 645 —
mais doit revenir en Kur()i)e, |);ir suite de fièvres, le (> février
188().
Décoré de T Etoile de service.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— CiiAr.M'x. Le Congo historique, diplomatique, i»p. 103-457.
MARLE, HECTOR, FLORIMOND,
né à Braine-le-Gomte, le 28 mai 1801.
Part pour le Congo, le 1 mai 1883, comme agent et
est attaché à la factorerie de Boma.
(1884). Chef adjoint de la station de Boma, au service de
l'A. I. G.
Rentré en Europe en novembre 1884, il retourne au Congo
le 30 mai 18U6, comme gérant de la Compagnie des Maga-
sins Généraux.
Revient en Belgique le 30 avril 1897.
MONET, EUGÈNE, HENRI,
né à Mons, le 6 décembre 1851.
Ancien adjudant au régiment des carabiniers il part pour
le Congo, le 1 mai 1883, et séjourne à Vivi, comme agent
comptable. L'année suivante, il est nommé agent en chef
de la comptabilité de l'Etat.
Dans une de ses lettres, Stanley rend hommage aux
capacités hors ligne de Monet.
Celui-ci rentre en Europe, le 15 novembre 1885, mais
repart, dès le 17 avril 1886, pour reprendre ses fonctions
— GIG —
à Vivi; il est nommé ensuite commissaire de district à
Boma.
Rentré en Europe, Je 24 novembre 1888, Monet retourne
au Congo, le 10 mai 1889, comme directeur de la Com-
pagnie des magasins généraux et dirige l'édification de
l'hôtel et de l'entrepôt que cette société établit à Boma.
Il installe des succursales à Banana, à Matadi et le long
de la ligne du chemin de fer et dirige ces différents ser-
vices. Il est en même temps l'agent de la Compagnie belge
maritime du Congo.
Au mois de mai 1891, Monet rentre en Belgique, mais
retourne, dès le 19 août suivant, en Afrique, où il réside
jusqu'au 22 décembre 1892.
Au mois de juillet 1893, Monet va aux îles Canaries et
à la côte occidentale d'Afrique, où, avec le concours du
consul général de Belgique D^ Allart, il cherche des dé-
bouchés pour les produits de l'œuvre du travail présidée
par S. A. R. la Comtesse de Flandre et pour ceux de l'in-
dustrie belge.
Au mois de juillet 1895, il part pour le Congo comme
agent commercial de S. A. B. et doit rentrer pour cause
de maladie dès le mois de novembre suivant.
p]n 1900, il est envoyé en Afrique par le Syndicat de
fabrication et de commerce de matériaux de construction.
En 1904, Monet et Raskin s'occupent de la formation
d'une maison de commission et d'un musée d'échantillons,
exclusivement réservé aux articles du commerce et de
l'industrie belges, à Las Palmas, Sainte-Croix de Ténériffe
(Canaries), Madère et Saint-Michel (Açores), avec le con-
cours de la ligne de navigation belge Hesperidan Line.
Décore de l'Etoile de service.
— 047 —
PUBLICATIONS :
— Le Jias-Conf/o, son commerce, articles iV importation et d'exportation.
(HiilU'Iin (le la Société bcl^^c dos iiij^^riiioiirs (3t iuduslriclK, 1H8()).
— Le commerce au Congo. I^iillctiii de, la Sociôlô royale de Géo^^rapliie
d" Ail vers, 188t'), \) 2()5).
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— Stam.ev. Cinq années au Congo, ap[)cndicc, p. 627.
DESTRAIN, GERMAIN, LIÉVIN, MARIE,
né à Anvers, le 14 mars 1801 ; décédé à Borna, le 30 mars 1885.
Sergent du génie.
Part pour le Congo le 30 mai 1883, comme agent de
l'Etat.
Sous-chef de station à Manyanga. Attaché comme adjoint
à l'expédition Valcke pour le transport du Stanley.
Succombe à la fièvre, à Boma, le 30 mars 1885.
Il était le frère d'Edmond Destrain dont la notice est
publiée à la page 489.
HUSSON, JEAN, PIERRE, TILMAN.
né à Bohan-sur-Semois, le 2 février 1854.
Ancien sergent-major au 9' régiment de ligne.
Part pour le Congo le 6 juillet 1883, en qualité d'agent
explorateur de l'A. I. A.
Séjourne à la côte, au poste de Massabe, où Hodister le
présente au roi Tyabo. Est nommé ensuite sous-chef, puis
chef de la station de Sette-Cama, sise par 2° 40' de lati-
tude sur la côte, à l'embouchure du petit lleuve Sette, que
— 648 -
Husson explore jusqu'au lac N'dong-o, au pied des mon-
tagnes qui délimitent la vallée de l'Ogowô. Il reconnaît
aussi le Rambo, affluent de l'Ogowô et le village impor-
tant d'Aschira. Au delà habitent les sanguinaires Missoga.
Husson et ses compagnons sont attaqués par les natifs,
mais le calme du voyageur, qui se présente sans armes,
lui vaut la courtoisie du roi. Partout les populations accueil-
lent le drapeau congolais.
Revenu à Sette-Gama, Husson y est relevé par l'Allemand
Growther et se rend à bord du Kisemho à Grantville (lati-
tude 4° 35', longitude 11^ 56'), au Sud de l'embouchure du
Kouilou.
H est nommé ensuite commandant de la station de Franck-
town, en remplacement de Légat.
Husson se rend à Rudolfstadt et s'embarque pour Bau-
douinville. Il conduit une caravane le long de la rive gauche
du Kouilou, à Tauntonville, où il est reçu par le marquis
Buonfanti et Waeterinckx.
Le 3 novembre, il s'engage dans une contrée montagneuse
pour se diriger vers Francktown. Arrivé à Mengo, il apprend
que les indigènes vont se livrer à des sacrifices humains.
Il se rend sur le lieu du supplice et y voit onze négresses,
cinq nègres et quatre enfants maltraités par les bourreaux
et contraints de prendre le poison avant de périr sur le
bûcher. Husson se précipite au secours d'une femme qui
succombe sous les coups de chicotte et il l'achève d'un coup
de revolver. Après une première panique, les indigènes envi-
ronnent Husson et ses deux compagnons, mais le blanc, grâce
à son sang-froid, parvient à arracher aux indigènes la pro-
messe de renoncer aux sacrifices humains.
Husson gravit le pic de Kome, dans la chaîne des monts
Malais, traverse une plaine immense pour atteindre à Tan-
denboukou et arrive, le 8 novembre, à Francktown, où il
retrouve Légat.
Husson s'oppose aux épreuves par le poison auxquelles
— CA\) —
Makaboua se livre sur ses sujets. Ce clief, n'ayant pas tenu
compte (le cette délense, Leg'at el Ilusson se rendent avec
sept soldats au villaj^e. Une lutte s'en^.'-af^'-e dans l(;s ténè-
bres au cours de hupielle Le^-at sauve la vie à Husson. Les
blancs capturent deux indigènes, et en conduisent un à
Francktown. Le conflit est soumis à l'arbitrage du roi
nègre Mahin«>-a.
Après le départ de Légat, Husson acliève les construc-
tions de la station. Les indigènes tentent de l'empoisonner
avec son escorte; le blanc prévenu fait arrêter les coupa-
bles et le leticbeur instigateur du complot. Celui-ci est
sommé d'absorber les vivres empoisonnés; son refus lui
attire le mépris des indigènes.
Husson rentre en Belgique le 25 décembre 1885.
*
* *
Devant la commission du travail, siégeant à l'hôtel de
ville de Bruxelles, le 3 mai 1886, Husson fait un exposé de
la nécessité de chercher des débouchés pour la population
belge trop dense et signale les avantages que présente le
Brésil.
Sur une interpellation ironique de M. Vandervelde, Husson
traite, avec enthousiasme, de la question du Congo, en-
visagé comme colonie.
A la suite de cette conférence Husson est engagé par la
firme Walford & G° dans le but d'inaugurer un nouveau
service belge de navigation entre Anvers et le Congo et
est spécialement chargé de conduire à Borna le steamer
B^ribo, capitaine Williams, ayant un tirant d'eau de dix-
huit pieds. Il est à noter que jusqu'alors, les navires de
fort tonnage n'avaient jamais dépassé la crique de Banana.
Husson quitte Anvers le 22 août 1886 avec le D"" Reytter.
Le 16 septembre, le Brabo arrive à Banana où le gouver-
neur Janssen, De Keyser et Valcke, directeur du service
— 650 -
de transport, viennent saluer le premier navire de la ligne
belge Le gouverneur Janssen, aj^ant approuvé le projet de
Husson de remonter le Congo jusqu'à Boma, donne ordre
au ca[)itaine suédois Stenfeld (auteur de la première carte
hydrographique du bas-fleuve), de piloter le navire (').
Le 17 septembre, le Brdbo quitte Banana à huit heures
et parvient le même jour à Boma à quatre heures du soir.
Cette navigation fut un événement économique des plus
importants, car jusqu'alors l'Etat était tributaire des com-
pagnies hollandaises établies à Banana qui assuraient les
transports vers Boma.
Husson rentre à Anvers le 1 janvier 1887 et, dès le
2 février suivant, repart une troisième fois pour le Congo
avec sa femme. Depuis cette époque jusqu'à 1901, il ne revient
plus dans la mère patrie.
En 1888, atteint d'hématurie, Husson quitte le Congo belge
et se rend à Saô-Paulo de Loanda, avec la fonction de con-
ducteur de travaux aux études du chemin de fer de Loanda
à Ambaca; en 1889, il se trouve en la même qualité aux
études et construction de la ligne de Plasneia-Astorga (Es-
pagne) ; en 1890, il effectue la première reconnaissance des
études du chemin de fer de Beïra à Manica, où il est sur
le point d'être fait prisonnier par le major anglais Johnston,
en même temps que le colonel Païva de Andrade et le major
Manoël Antoni, de l'armée portugaise, ainsi que l'ingénieur
(1) Husson eut à lutter contre le capitaine Williams, qui, au moment
où le pilote quittait le Brabo devant Flessingue, avait reçu un ordre for-
mel des armateurs de ne pas remonter à Boma, même si Husson l'exigeait,
sous prétexte que la compagnie d'assurances n'avait voulu assurer le
navire que jusqu'à Banana. Dès que Husson se fut assuré du concours de
Stenfeld, il déclara à Williams qu'au cas où il ne vou dirait pas consentir
à le suivre, il userait des droits lui appartenant.
Williams, à son retour en Europe, est vivement félicité de son entre-
prise hardie et reçoit du Roi un chronomètre d'or.
Sic vos non vobis. , .
— G51 —
des minos d'or do Lliam])i. Pour faire cette dornièrc ôludc,
Ilusson s'est rendu do (^apo Towii on olioiiiin de Ter i)ar
Knnberloy, vers les mines de diamants, il a traversé l'Oran^^e
et le Transvaal i)our se rond)ar(iuor à Hcîïra.
Sa mission acconii)lio, il se dirige vers Lisbonne et prend
l)arl, on Kspag-ne, aux (Hudes du chemin de fer Penar-
roya à Fuenle dol Arco.
Husson accomplit ensuite un séjour de neuf ans en Arf^'-cn-
tine et au Brésil, où il collabore à l'étude du chemin de
fer de Saô-Paulo à Ig'uape, petit port au Sud de Santos
et au doublement de la ligne de Santos à Jundiahy.
Husson est actuellement conducteur de travaux à Bruxelles.
PUBLICATION :
— Les rivières Setle, Cama et Celina au Kouilou-Niari. (Bulletin de la
Société belge de Géographie, t. X, p. 70).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— BuRDO. Les Belges dans l'Afrique centrale, t. III, })p. 423 et suivantes.
— A. Lejeune. Histoire militaire du Congo, p, 44.
COURTOIS, ERNEST,
Pharmacien.
Part pour le Congo le 1 août 1883, et participe aux tra-
vaux de défense de Vivi. Adjoint à Léopoldville, il est
nommé, en mars 1884, par Stanley, commandant du poste
des Falls.
L'expédition commandée par Hanssens, quitte Léopoldville
le 24 février 1884. Courtois s'embarque à bord du Royal,
qui prend une grande avance, mais touche un rocher. Après
avoir réparé l'avarie, Wester et Courtois s'efforcent de devan-
— 652 —
cer à nouveau la flottille. Un accident survient à la machine
et on est obliy'é d'aborder à File Bamu. Le steamer est pris
dans une violente tempête. Une admonestation sévère de
Hanssens est réservée aux bouillants navigateurs.
Les voyageurs s'arrêtent à Msuata, où Hanssens élève un
modeste monument à la mémoire d'Eugène Janssen, puis
atteignent la pointe de Ganchu où ils rencontrent de Brazza.
Ils rendent ensuite visite à Liebrechts à la station de
Bolobo et Courtois s'embarque cette fois sur Y£?i Avant pour
soigner le mécanicien MchoUs. Le 5 avril 1884. l'expédition
campe dans un îlot en face du village bateke de Mbossi,
occupé par les Français. Hanssens se dirige aussitôt vers la
rive opposée pour y négocier un traité avec les indigènes
d'Ikoutu.
A Nyombe, le chef de l'expédition acquiert un nouveau
territoire et se rend ensuite à la station d'Equateurville. De
là il entreprend, avec Van Gèle, son expédition dans l'Ubangi.
A son retour à Equateurville, l'expédition poursuit sa route
vers le pays Bangala. et parvient, après douze jours, chez
le chef Matamwike, où un nouveau territoire est acquis
pour l'établissement d'une station dont Goquilhat est nommé
chef.
Courtois reste à bord de la flottille pendant que Hanssens
explore la Mongala.
Le 4 juin, l'expédition arrive à Upoto où Hanssens fait
l'échange du sang avec le roi Mpesa. Le 10, le capitaine
fait la reconnaissance de l'Itimbiri. Courtois sent les premiè-
res atteintes de la fièvre bilieuse, néanmoins à la cérémonie
de réchange du sang avec le chef d'Itembo, il sert de
parrain à Hanssens.
La maladie s'aggravant. Courtois exprime le désir d*arriver
au plus tôt à l'embouchure de l'Aruwimi pour y prendre un
long repos; l'expédition y aborde le 2L juin, et y est bien
reçue par les Basoko, dont le territoire avait été ravagé
par les Arabes.
— G53 —
Courtois, (l('si^-no pour l;i sUiliou des Fulls, so rend compte
de sa iin procliaiiu\ llno héuia(,uri(^ se déclarer pendant l'ab-
sence (1(^. Ilanssens, uial^-ré les soins assidus de Wester et
d'Anielot; (>)urtois exprime le désir de se rendre d'urg-ence
à ri le Ouana-Ronsari et de mourir <à son poste de com-
mandant des Falls.
Transporté dans la cabine de Ilanssens à bord de VBn
Avant, Courtois meurt dans la nuit du 25 au 2G juin 1884.
Sa di'pouille mortelle est ensevelie sur la rive droite, à
environ liuit lieues du confluent de l'Aruwimi.
Ilanssens a fait du pharmacien Courtois l'éloge suivant:
« Courtois possédait à un très haut degré les qualités requises,
» pour rendre les plus éminents services à l'œuvre du Congo.
» Intelligent, actif, dévoué, il était toujours prêt à payer de sa
» personne, et c'est avec le plus vif empressement qu'il se mettait
» à la besogne, quand il était chargé d'un travail quelconque.
» Pendant son séjour à Léopoldville, il s'était rendu utile en
» assistant le docteur Van den Heuvel, dans l'accomplissement de
» ses devoirs de médecin. Pendant mon voyage, je l'avais chargé
» du service médical des blancs et des équipages, et il s'était acquitté
» de ses fonctions avec le plus grand zèle. Il avait élaboré de
» nombreux projets pour l'organisation de la station des Falls; il
» rêvait d'en faire une station modèle.
» Dans ses relations avec les indigènes, il déployait un tact et
» une patience réellement remarquables. Il savait s'abaisser à leur
» niveau, se prêter à leurs fantaisies, amuser ces grands enfants
» avec des riens et les amener insensiblement et sans qu'ils s'en
» aperçussent, au but que nous avions en vue.
» Il m'a été d'un grand secours dans la conclusion des traités
» avec divers chefs du Haut- Congo, et j'avais en lui un collabo-
» rateur précieux. Sa nature sympathique, son caractère jovial et
» enjoué, faisaient de lui le plus aimable compagnon de route; il
» avait conquis d'emblée l'amitié de tous les blancs du voyage
> et l'attachement de tous les hommes de couleur.
— 654 —
» Sa mort a été pour tous un coup terrible et longtemps encore
» nous pleurerons cette nouvelle victime du dévouement. »
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
— BuRDO. Les Belges dans l' Afrique centrale, p. 273 et suivantes.
— Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, \). 105
— Mouvement géographique, 1884, p. 66.
I
CASMAN, CAMILLE, GUILLAUME,
no à Bruxelles, le 23 novembre 1854; décédé à Equateur-
ville, le 14 mai 1885.
Employé au chemin de fer du Grand central belge, il
s'engage au service de l'œuvre du Congo et part le 1 novem-
bre 1883, chargé d'accompagner Hanssens en mission. Il
traverse la vallée du Bundi et, arrivé à Manyanga, reçoit
l'ordre d'aller fonder une station à Mukumbi, sur le Niadi.
Entreprend une expédition vers le Haut-Niadi. Se rend"
à Léopoldville et est investi aussitôt d'une mission vers
l'Equateur. Casman est nommé commandant de la station
d'Equateurville, pour y remplacer Van Gèle. Il part le 12
novembre 1884, avec le Royal, l'A. /. A. et Y En Avant,
accompagné de Liebrechts et Van den Plas, et passe à
Kinshassa, Msuata, Kwamoutli et Bolobo. Casman continue
sa route vers Irebu (Lukolela), achète des pirogues à
Mbounga, où il rencontre les Français Dolisie et Michaud,
fait escale à Ngombe, Butume, Busimbi, — où le mécanicien
anglais Bennie se suicide dans un accès de fièvre, — et arrive
enfin à Equateurville, où il remplace Van Gèle, investi du
commandement de la section d'amont. Van Gèle lègue à
Casman son titre de moucounzou du district baroumbe.
Casman étudie les mœurs des nègres baroumbe et balouki.
C'est à Equateurville que la fièvre le saisit et que, malgré
— c>:>r> —
les soins les plus empressés du docteur Patlerson, de la
mission l)ni)LisL(^. clnhrK^ dans le voisinage de la station,
il succombe après (iuel({ues jours de souH'rance.
PUBLICATIONS:
Extraits do sos lettres, Burdo. Les Belges en Afrique centrale.
— Journal iVun voyage entre Léopoldville et l'Equateur. (Mouvement géo-
graphique, 1885, p. 38).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— BuKDO. Les Belges dans l'Afrique cenlrale, t. II, p. 391.
— Chapaux. Le Congo historique^ diplomatique, p. 103.
— Mouvement géographique, 1885, p. 08.
CRANSHOFF, hubert. jean,
né à Ostende, le 23 novembre 1854.
Secrétaire du vice-consulat de France à Ostende.
Part pour le Congo le 1 novembre 1883, comme agent-
comptable. Remplit ces fonctions à la station de Vivi et
rentre en Europe, le 12 février 1886.
Il retourne au Congo le 6 avril 1887, comme agent d'ad-
ministration. Séjourne à Matadi, et rentre en Belgique le
28 septembre 1889.
A la date du 25 mars 1890, il part une troisième fois pour
l'Afrique, comme commissaire de district de deuxième classe
à Matadi, mais rentre le 18 novembre de la même année.
Enfin, il fait un quatrième séjour au Congo, comme
agent principal de la Société belge du Haut-Congo dans
la région des cataractes.
Cranslioff revient en Europe au mois d'août 189G.
Décoré de l'Etoile de .service.
— G5G —
JADIN, AUGUSTE,
né le 28 noveml)ro 18G1.
Comptable à Y Union du Crédit.
Part pour le Congo, le 1 novembre 1883, comme agent.
Est nommé adjoint à Massabe (latitude 4° 55', longitude
12o), sur la côte, à l'emboucliure du Tchiloango.
Commande, en 1881, la station de Nkoula.
Rentre en Europe le 18 mars 1885.
NAETS, LOUIS, JOSEPH,
né à Bruxelles, le 16 février 1844.
Maréchal des logis au 4^ régiment d'artillerie.
Part pour le Congo le 1 décembre 1883, comme agent.
Est nommé adjoint à Vivi, puis chef de la station d'Ikou-
gulou (latitude 5^ 42% longitude 13° 55') en face de Nokki,
et séjourne enfin à Matadi.
Rentre en Europe le 9 janvier 1887.
Décoré de l'Etoile de service.
DELGOMMUNE, CamUle.
Cliché de l'ouvrage de Chapaux. Le Congo historique, diplomatique.
— 057 —
DELCOMMUNE. camille.
iK' à Uelhel, (lo j)aroiils I)oJ<^es, lo 30 juin 1<S.7.); déccchi
à Kinshnssa, lo 20 décembre 1892.
Son premier déi)art pour rAfri([ue a lieu le G décom-
])re 1883.
Eng-ag'é au service de la maison Béraud et O'^, il est succes-
sivement adjoint ta la factorerie de Kinsembo et gérant
(\(? la factorerie de Boma.
Chargé, en décembre 1885, de fonder sur la rive fran-
çaise du Haut-Congo, un certain nombre d'établissements
commerciaux, il porte ses efforts sur Brazzaville, qui de-
vient l)ientôt un important centre d'activité.
Au mois de septembre 1886, il entreprend en canot et
avec quinze hommes d'équipage seulement, un voyage de
deux mois dans l'Ubangi.
Revenu dans le Bas-Congo, il transporte en moins de
cinq mois depuis Matadi jusqu'au Stanley-Pool le steamer
Alima, qui plus tard fut cédé par la maison Daumas aux
autorités françaises de Brazzaville. A bord de ce bateau,
il remonte successivement le Congo, l'Alima jusqu'à Diele,
la Sanga et une partie de l'Ubangi.
Il est le premier Européen qui achète de l'ivoire dans
le Haut-Congo.
Au commencement de septembre 1888, il procède au trans-
port dans la région d'un second steamer, La France, et
reprend ensuite ses voyages dans le Haut-Congo, où il
fonde un grand nombre de factoreries nouvelles.
Après un séjour en Afrique de six ans, il se dispose à
rentrer en Europe, lorsqu'il est rejoint à Kinshassa par
son frère, Alexandre Delcommune, qui vient d'effectuer pour
compte de la Compagnie du Congo pour le commerce et
l'industrie, la reconnaissance commerciale du Haut-Congo
et de ses afïïuents. Les deux frères rentrent en Belgique
en 1889.
— 658 —
Le 1 mars 1800, Camille Delcommune entre au service
de la Société belge du Haut-Congo, en qualité de direc-
teur-adjoint et occupe ces fonctions pendant trois ans.
En 1890, il exécute un voyage aux Falls dans des con-
ditions de rapidité qui méritent d'être mentionnées. Il
quitte Kinshassa le 4 août, à bord du steamer Roi des
Belges, remorquant deux allèges et deux canots d'indi-
gènes. Le 1 septembre, il arrive aux Falls, soit vingt-huit
jours après son départ du Pool.
Le 17 août 1891, ayant remonté l'Ubangi à bord du steamer
Auguste Beernaert, il franchit le premier, après les agents
de l'Etat, les rapides de Zongo.
En 1892, Delcommune est nommé directeur de la Société
du Haut-Congo, en remplacement du major Parminter.
Frappé d'insolation à l'enterrement d'Ernest Beckers, où
il se découvre pour prononcer quelques paroles de regret,
Camille Delcommune meurt d'hématurie, le 26 décembre
1892, à Kinshassa.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— Mouvement géographique, 1893, p. 13.
— Congo illustré, 1893, p. 33.
— Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, p. 740.
VYNCKE,AMEET.
Missionnaire des Pères Blancs d'Afrique.
Se rend au Congo, par la côte orientale.
La notice paraîtra au chapitre « Missionnaires ».
— G50 —
NA/EBER, ARTHUR. JULES. CÉSAR,
iiô à Oslende, lo 25 noùt l<sr)3.
Ancien adjudant au ;j" ré^»-imcnL do liy-ne.
Pari pour le Congo, le 20 février 1884, au service de l'A. I.
S('journe dans le Kouilou Niadi, successivement à l^au-
douin ville comme chef de poste, et à Grantville comme
second.
Est nommé chef do la station de Mayumha le 1 août 1884
et remplit ensuite, à i)artir du 28 juin 1885, les fonctions
de magasinier aux magasins d'approvisionnements de Vivi.
Chef intérimaire du sanatorium de Borna, il est nommé
le 20 novembre 1885, second de la station de Boma-Rive.
Successivement il assume à Boma les fonctions de chef de
bureau des postes et d'officier de l'Etat civil. Dans le cou-
rant de l'année 1886, il est nommé g-reffler-adjoint du Tri-
bunal d'appel, puis receveur des Droits de sortie à Boma
le 4 juin.
Il contribue à organiser, avec De Keyser et Massart, le
service postal.
Rentre en Europe le 27 janvier 1887.
Weber est actuellement chef de division au département
des finances à Bruxelles.
Décoré de l'Etoile de service, chevalier de l'Ordre royal
du Lion, de la Légion d'honneur, de la Couronne d'Italie,
officier de l'Etoile noire (Bénin) et de l'Ordre du Lion et
Soleil de Perse.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, p. 655.
~ 660 —
MANDUAU, EDOUARD,
né à Bruxelles, le 18 décembre 1855.
Lieutenant de la marine marchande.
Part pour le Congo, le 1 avril 1884, comme adjoint à
l'expédition du Haut-Gon<,^o.
Il est choisi par Hanssens comme fondateur et commandant
de la station de Kallima-Point, puis de celle de Kimpoko.
Il est chargé d'une mission d'exploration de la Djué,
rivière Gordon-Bennett, et a d'excellents rapports avec les
agents de la mission française établie sur la rive droite.
Séjourne à Léopoldville, où il s'occupe de la réparation
des steamers de la flottille du Haut-Congo.
Rentre en Europe le 18 mai 1885.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— BuRDO. Les Belges dans V Afrique centrale, t. III, pp. 377 et suivantes.
VAN DEN PLAS, camille, Théodore, joseph.
S'embarque pour le Congo, le 17 avril 1884.
(La notice et le portrait figurent à la page 472).
DELATTE, édouard,
décédé à Lukolela, le 25 juillet 1886.
Elève de l'Ecole de navigation d'Ostende.
Part pour le Congo en avril 1884, attaché au service
des baleinières de Manj^anga.
Commande le steamer A. /. A.
— G()l —
l^]x|)l()ro l;i H()iin^;i avec Wosliniirck.
Se trouvant le 25 juillet 1880, i\ bord de son stc;nncr à
l'ancre dans le Con^o en fac(î d(^ Lukoh^la et à côt^' du
Ballay, vapeur français, Delatte disparaît in^'stérieusement.
On supj)ose (pie 1(*, malheureux est t()nd)é dans le fleuve
l)ar accident et a été entraîné par le courant.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— Mouvement géographique, 1886, p. 30.
STELE M AN, GEORGES, HUBERT, FRANÇOIS,
MARIE.
né à Alost, le 30 juillet 18G1.
Emploj^é de commerce.
Part, le 6 mai 1884, pour le Congo avec le D'" Nilis, comme
agent d'administration.
Adjoint à Issangliila, puis à Vivi et Leopoldville.
Rentre en Europe le 10 mai 1887.
Retourne au Congo, le 15 octobre 1887. Séjourne à Leopold-
ville comme agent commercial et se dispose, en novembre
1888, à accompagner Van de Velde aux Falls, mais son état
de santé le retient à Leopoldville; il est nomme ensuite
commandant par intérim du district de Banana et plus
tard commissaire de ce district.
Il prend ensuite la direction de Fliôtel et des magasins
de la Compagnie des Magasins Généraux à Boma et rentre,
le 6 décembre 1889, en Europe.
— 602 —
NI LIS, JEAN. HENRI, GUILLAUME, VICTOR,
né à Brilon (Westphalie), d'un père belge, le 4 octobre 1819;
décédé à Anvers, le 10 février 1903.
Médecin de l'armée belge, depuis le 28 novembre 1877,
à l'hôpital de Bruges. Attaché aux troupes chargées de la
construction des casernes d'Etlerbeek.
S'embarque, en 1877, comme chef du service sanitaire,
à bord du trois-mâts Maih'dde, garde-côte du gouverne-
ment belge. Est attaché au service des hôpitaux militaires
de Bruxelles, Louvain, Bruges, puis au 0^ régiment de ligne,
caserne à Anvers, comme médecin de bataillon de deuxième
classe.
Nilis part le 6 mai 1884 pour le Congo, et arrive le
27 juin à Banana. Séjourne à Vivi jusqu'au 11 juillet, et
est chargé du service sanitaire à Léopoldville, où il est
atteint d'une grave fièvre bilieuse.
Il se joint à l'expédition Valcke, chargée d'effectuer le
transport du Stanley.
Rentre en Europe le 18 mars 1885 et meurt le 16 février
1903.
Il était médecin de bataillon de première classe pensionné.
PUBLICATION:
— Renseignements climatologiques sur la région entre Vivi et Léopold-
ville, publiés dans l'ouvrage de Burdo: Les Belges dans V Afrique
centrale.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— Burdo. Les Belges dans l'Afrique centrale.
— ()G3 —
STÉVART, LÉON.
né à Soinzée, le 19 mai 184G; décédé à Borna, le 0 dé-
cembre 1881.
Employé de commerce.
Part pour le Congo le 1 juin 1884, comme a^'-ent.
Arrivé en pleine saison sèche, il ressent à Vivi les premières
atteintes de la fièvre bilieuse. Gagne Lèopoldville, où il
remplit les fonctions de directeur intérimaire des cultures.
Son état de santé l'empêche de se rendre aux Falls.
La maladie s'aggravant, Stévart retourne à Boma, où il
arrive exténué, après vingt jours de marche et de navigation.
Malgré les soins du docteur Allart et de son adjoint
Emile Van den Heuvel, Stévart succombe à Boma.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— BuRDO. Les Belges dans l'Afrique centrale.
— 664 —
ZBOINSKL CLAUDE, HYACINTHE. THÉOPHILE.
né à Liège, le 18 janvier 1839; décédé à Bruxelles, le 15 août
1901.
Ingénieur de l'Université de Liège, il entre dans le corps
de l'artillerie, lors de la formation du 7^ régiment de cette
arme, en 1868.
Zboinski occupe successivement les fonctions et remplit
les missions suivantes: ingénieur chef de section aux che-
mins de fer de Bruxelles-Lille-Galais et Hesbaye-Gondroz;
sous-directeur des charbonnages du Paradis d'Avroy et
Boverie, à Liège; directeur des travaux du Bas-Escaut;
professeur de mathématiques rationnelles et d'astronomie
mathématique à l'Ecole militaire de Gonstantinople; chargé
du raccordement de la carte géologique du bassin houiller
d'Heraclée (Asie-Mineure) et de l'Attique (Grèce).
Gapitaine commandant au 3^ régiment d'artillerie et ingé-
nieur honoraire des mines, Zboinski s'engage au service
de l'Association Internationale du Gongo, en juillet 1884,
et part pour l'Afrique, le 6 août, de Liverpool, avec le
lieutenant G. Le Marinel et le D^ naturaliste Stroebelt.
Il est attaché à la brigade topographique chargée de l'étude
du chemin de fer du Bas-Gongo II s'occupe du transport
du Stanley et reçoit l'ordre de construire une route entre
Vivi et Issanghila. II se rend ensuite à Léopoldville et explore
toute la région entré Banana et le Stanley-Pool.
Zboinski découvre des pierres taillées sur la rive gauche
du fleuve, dans le Manyanga-Sud et dans la région voisine
de Mossamedes.
Il consacre avant tout son activité à l'étude de la possi-
bilité des voies ferrées au Gongo. On sait que la première
pensée de la construction d'une ligne aboutissant au Pool
est due à Stanley, qui préconisait comme point initial Vivi,
poste de sa création. La ligne devait partir de là vers les
plateaux du Nord; cette première section aboutirait en amont
ZBOINSKI, Claude.
f
f)r)5
des premiers rapidc^s. De là, un service de stenmers con-
duirait les pnssa'i-ors et l(»s uinrchandises jusqu'aux deuxiènios
calaracles, d'où prcMidraii naissance une nouvc^lh? li^iKî v(;rs
le Pool.
Zboiîlski i)résenle un mémoire avec devis (»slimalil", inten-
sité du trafic, etc., sur ce sujet spécial et établit que, comme
construction, le i)rojet de Stanley était trop cher, à cause
de la configuration des territoires parcourus et du nom-
bre des travaux d'art, et qu'au point de vue de l'exploi-
tation il serait plus onéreux encore.
Les communications que Zboinski a faites à l'Académie
des sciences, sont extrêmement intéressantes et les objets
qu'il a expédiés d'Afrique occupent une place honorable
dans notre collection préhistorique, si appréciée dans le
monde savant.
Zboinski rentre en Europe, le 18 mars 1885, pour motif
de santé.
Le 10 juin 1887, il retourne au Congo à bord de la Lys et
arrive à Boma le 21 juillet. Il accompagne le second groupe
d'ingénieurs envoyés au Congo par la Compagnie du Congo
pour le commerce et l'industrie, en vue de la construction
du chemin de fer de la région des cataractes.
Comme chef de brigade, il suit Camhier dans son explo-
ration technique de la rive Sud du Congo de Matadi à
Léopoldville.
Zboinski rentre en Belgique au commencement de 1888-
Il était à son décès, survenu le 19 août 1901, major hono-
raire d'artillerie en retraite; chevalier de l'Ordre de Leopold,
officier de l'Ordre de l'Osmanié, commandeur du Medjidié
et officier de la Couronne de Chêne du Luxemhourg.
PUBLICATIONS:
— Un âge de la pierre au Congo. (Bulletin de la Société d'anthropoloorie
de ri.'uxelles, t. VI, 1887-1888, p. 56).
— GC)G —
Le chemin de fer de l'Etat indépendant du Congo. (Bulletin de la So-
ciété royale de Géographie d'Anvers, 1890, pp. 123-142. Fievue uni-
verselle des Mines, 1890, et 1 brochure in-8o avec 1 carte).
Esquisse géologique du Bai-Congo, de l'embouchure à Manuyanga.
(Bulletin de la Société belge de Géologifj 1887, no 1.
Esquisse d'une carte géographique et géologique du Bas-Congo au
2.000.000^. (Bulletin de la Société belge de Géologie, 1887, n° 1).
Les armées ottomanes.
RÉFÉRENCES BIBUO GRAPHIQUES :
Mouvement géographique, 1887, p. 35.
Blrdo. Les Belges dans l'Afrique centrale.
Ed. DiPONT. Découverte faite par le capitaine Zboinski d'instruments
de Vàge de la pierre dans l'Etat du Congo. (Bulletin de l'Académie
r<»yale de Belgique, 1887, XIII, p. 407 et Mouvement Géographique,
1887. p. 35).
Le Congo au point de mie économique y par A. F. Walters, 1885, pp 209
et 210.
Le Globe illustré du 24 juillet 18S7.
LE MARINEL, GEORGES, ÉDOUARD,
Sous-lieutenant du génie.
Part pour le Congo le 6 août 1884.
Attaché au transport du Slanley.
(La notice et le portrait figurent à la page 289).
HINCK, EDMOND.
Adjudant de Latterie.
Part pour le Congo, le 2 février 1885.
La notice paraitra au chapitre Expéditions antiescJava-
gisies.
— GC7 —
EYCKEN, CHARLES.
né à Anvers, le 17 mai 1859; déaklé à Léopoldville, le
10 juillet 1886.
Premier serg-ent au régiment du génie.
Part pour le Congo, le 15 mai 1885.
Nommé adjoint de Deane, commandant de la station
des Stanley-Falls, il quitte Léopoldville avec son chef, le
10 décembre 1885, à bord du Stanley. Le D"" Lenz, Bohndorf,
— Russe qui fut jadis au service de Gordon pacha et du
D*" Junker —, et un jeune Autrichien, Baumann, en desti-
nation de Nyangwe, se trouvent également à bord comme
passagers.
Le Stanley séjourne du 20 au 23 janvier 1880 à la sta-
tion de Bangala, pour l'enrôlement de quarante Bangala,
ce qui porte la force de Deane à quatre-vingts soldats.
Deane châtie en route les indigènes de Monongeri.
Deane et Eycken arrivent aux Stanley-Falls, le 14 février
1886 et Deane y reçoit le commandement des mains du
lieutenant Wester (').
Le 26 juin 1886, Eycken, atteint de dysenterie et mou-
rant, est ramené à Léopoldville, à bord du Peace, steamer
de la Baptist-mission, dirigée par le Révérend Grenfeli.
Baumann convalescent l'accompagne.
Eycken succombe le 10 juillet 1886
(1) Deane, ancien officier de l'armée des Indes, échappa, par miracle, à
la mort lors de la révolte et de la prise de la station des Falls par les
Arabes, soas le commandem-^nt de Rachid, en août 1886. Il vit mourir
dramatiquement à ses côtés, son malheureux a»]joint le sous-lieutenant Dubois,
mais eut la chance d être délivré par Coquilhat. (Voir notice Dubois, T. XXX I,
p. 537). Deane eut également une fin tragique: le 15 mai 1888, au service
de la Sanford exploring expédition, il fut tué à Lukolela, à la chasse aux
éléphants, d'un coup de défense d'un de ces pachydermes, qui l'atteignit à
la nuque.
— 008 —
PETIT BOIS, GUSTAVE. ADOLPHE. EDOUARD,
Né à Namur, le 1 avril 1838.
Il sort de l'école des mines de Liège en 1803, avec les
diplômes d'ingénieur civil des mines et d'ingénieur des
arts et manufactures.
1803-1804. Est surveillant des travaux, chargé de lever
les plans au charbonnage du Paradis-d'Avroy (Liège).
1804-1805 Exploite le minerai de zinc (calamine) à Motril
et Almeria (Andalousie) des concessions appartenant à J.
de Burgos.
1805-1800. Dirige les recherches de pyrite, de la minière
de Landenne-sur-Meuse près de Sclaigneaux.
1807-1872. Dirige, à Liège, un atelier pour la construc-
tion d'instruments de précision et de machines à coudre.
1872-1875. Est employé aux études de la ligne de che-
min de fer lamboli-Yeni Sagra-Ternova (Turquie d'Europe),
à la construction de la ligne Gonstantinople-Andrinople
(section de Tchorlou) et aux études de la ligne Ismid-
Angora (section de Lefkeh) en Asie-Mineure.
1875-1870. Dirige des recherches de minerais de soufre à
Calamaki (Isthme de Gorinthe).
A partir de cette époque, il est chargé d'un grand nombre
de missions industrielles, énoncées ci-après, consistant, en
général, à faire rapport sur une mine en exploitation ou
sur un gisement minier. Petit Bois occupe le temps qui
lui reste disponible entre ces diverses expéditions par des
recherches et travaux (notamment mathématiques et topo-
graphiques) et leur publication.
Espagne et Portugal. (Avec Al. Habets, professeur du
cours d'exploitation des mines à l'école des mines de Liège).
Mines de fer de Bilbao, mines de fer et de charbon au
Nord de Luso (Portugal). Visite à la mine de mercure
d'Almaden.
Colombie. Rapport sur la mine d'or située à Orna (entre
— ()()'.) —
rvoniolilu) et Modollin) ol sur \(} projet (1(3 (l(';riv;il,ion (1(3 la
l'ivioro le Nus.
AsfH}'/(\s. iMiu(3s (1(^ /iiK' d'Arec près do SaïUandor; min(^s
d(^ zinc dos IMcos d(3 l^iUropn; luincis d(3 IiouiiU^ d(3 Mi(ir(3s
(;ui Sud d'Oviod(^).
C(i)'lha(iène. Miues do niang"an(jse d'Ksconiln'ora, [)i'(js do
Garlliagone.
Cordouc. Gisement do minerai do for à 30 km. de Gordoue.
Ligurle. Gisement do lignite de Roccaforto près de Sierra-
valle.
Po7Hicgal. (Avec Al. Briart, directeur des travaux dos
charbonnages de Mariomont et Bascoup). Recherches do
phos[)hates h Gastel do Vide.
Russie. Mine do lignite de Pahédinka à doux cents km.
environ au Sud de Moscou.
Sarddigne. Dépôt de guano au N.-E. do Gagliari.
Ardenncs. Ancienne mine de plomb de Lignières (com-
mune do Roy).
Petit Bois part pour le Gongo le 30 mai 1885.
Il s'}' livre à l'étude du terrain sur la rive droite du
fleuve entre Vivi et Issanghila pour l'établissement do la
ligne de chemin de fer. Liévin Van do Veldo et Hakansson
l'assistent pendant ces travaux.
Dans cette reconnaissance, ils no s'écartent guère du che-
min des caravanes et suivent l'itinéraire Vivi. Bonzani-
Gongo, Sala-Kidongo, Ganguila, Sala-Kibanzi, confluent do
la Bundi et du Gongo, Pâma N'Goulo, N'Sanda, Issanghila.
Petit Bois se proposait de refaire cet itinéraire en sens
inverse, mais on s'ecartant beaucoup du fleuve, et il avait
déjà fait, avec Hakansson, doux reconnaissances vers les
hauteurs jusqu'au-delà du village de Galamonpou3^a, lorsqu'il
tomba brusquement malade. Une équipe de nègres le rap-
porte en hamac à Vivi où il roste trois jours dans lo
délire et est soigné par le D^ Mense qui ordonne son
retour en Belgique. Pou de jours avant son départ Baort
— G70 —
et Lienart étaient arrivés pour assister Petit Rois dans ses
travaux. Ce dernier rentre en Europe, le 25 septemljre 1885.
A son retour en Belgique, Petit Bois devient nrienibre du
conseil communal de Liège et est charge des missions
industrielles suivantes:
Département du Var. Mine de zinc (blende) de Vaucron.
Algérie. Mine de zinc (blende) de Guerrouma.
Toscane. Mine de mercure de Monte-Bono à peu de dis-
tance de la ville de Pitigliano.
Slavonie. Mine de lignite de Pozega.
Chili. (Avec Al. Briart, directeur des travaux des charbon-
nages de Mariemont et Bascoup). Mine de lignite à Goronel.
Q^oatie. Mine de mercure à Terstjé.
Bohèiue. Mine de plomb et zinc de Gzarlovites, près de
Stankau.
Chine. Pourparlers à Shanghaï avec le mandarin Sheng
pour obtenir l'autorisation de faire des recherches minières
(puis, éventuellement, l'obtention do concessions) dans les
provinces de Honan et de Hupeh.
Ce dernier voyage a lieu en 1899. A partir de cette époque,
Petit Bois prend sa retraite et se consacre à divers travaux
de cabinet, notamment à des recherches mathématiques.
Petit Bois est actuellement ingénieur à José par Hervé.
PUBLICATIONS:
Mathématiques.
— 1882. Une formule do cubature nouvelle, publiée sous le titre : Un pro-
blème (le calcul intégral, dans la publication [)ériodique Mathesis.
— 1885. Sur l'évaluation approchée des aires planes. Même publication.
— 1893. Les courbes simpsoniennes. Dans les Mémoires de la Société royale
des sciences de Liège.
— 1898, 1899. La transformation pseudo-acaionienne. Dans Mathesis.
Un problème de maximum. Dans V hitermédiaire des ynathéma-
ticiens, 1897, p. 99, et 1898, p. 274.
— 190G. Tables d'intégrales indéfinies. Gauthicr-Villars, Paris et Teubner
Leipzig.
— G71 —
(il'OI.OCIM.
A/)t')çu f/(''o/(>'/n/i'(' de la Vdlli'c du Kavd-Snn (A^ic, Mixcnrc).
Note, sur lu f<n-))i(Uiiin (Ik soufre à (kilamaki (istlirnc, de Corinthc).
Quclijucs ynois sur la (féoloyie de l'état d^ Antioquia {Ci)l<jmbie).
Ces trois nrlich^s oui paru daiis les Ballctiii de la Sociélé (/éolo-
ffiqiie de JJelf/ùjue.
SC'IKNCKS Al'PLK^UKlOS.
187G. Note sur les éludes de lif/nes de chemin de fer au Tachéomètre.
Dans la Revue universelle des mines.
1883. Note sur l'emploi de la règle logarithmique dans les études de
tracés de chemin de fer au tachéomètre (môme publication.)
LSSi). Les tables iachéométriques de Cuartero. (Article bibliographi(|uc,
même publication).
1800. Calcul des coordonnées géographiques du Pérou. (Idem., idem),
1SÎ>2. Tables graphiques de Codorniu. (Idem , idem).
1878, L'article Les instruments de précision, dans l'ouvrage La Belgique
à l' Exposition de Paris.
Divers,
1885. Quelques semaines au Congo. Articles parus dans le supplément
du samedi du Journal de Liège. (15 novembre 1885 à 15 mars
1886).
Dans le même journal, un article sur le livre publié par Jérôme
Becker sur l'Afrique; un autre sur le livre publié par le P. Merlon;
un autre sur le meeting antiesclavagiste qui eut lieu à Liège.
BAERT, ERNEST.
Sous-lieutenant d'artillerie.
Part pour le Congo, le 26 juin 1885.
(La notice et le portrait figurent à la page 188).
— 072 —
LIENART, CHARLES, VICTOR,
no à Anvers, le 5 septembre 1861.
Sous-lieutenant au S"" régiment d'artillerie.
S'engage au service de l'Etat, le 15 juin 1885, et fait
d'abord partie de la brigade topograpliique chargée de l'étude
du chemin de fer du Bas-Congo.
Prend part, en 1886, à l'expédition de l'Ubangi, com-
mandée par le capitaine Van Gelé.
Les explorateurs quittent Matadi, le 11 août 1886, et se
rendent à Léopoldville et de là à Bangala, où ils arrivent
le 3 octobre.
L'expédition est organisée définitivement à la station de
l'Equateur: outre quatre blancs, elle comprend soixante Zan-
zibarites et Haoussa.
Par le delta de l'embouchure, l'expédition arrive le 12
octobre au poste de N'Kundja, occupé depuis quelques
mois par les Français, quoique le capitaine Haussons y eût
passé, en 1884, un traité avec le chef N'Koko du village
d'Ibouzi.
La rivière est très peuplée jusqu'au delà de l'embouchure
du Nghiri.
L'expédition s'arrête successivement aux villages de Mon-
dongo, N'Goboy et atteint les rapides de Zongo que le
steamer essaie vainement de franchir. Le fleuve s'y resserre
à huit cents mètres.
Au retour, les hardis voyageurs explorent d'abord le
Lobay, affluent de la rive droite, qu'ils remontent jusqu'à
quarante milles, à un point où la navigation est interrompue
par une chute; puis, l'Ibenga, où l'on éprouve de grandes
diflicultés; à soixante milles en amont de l'embouchure, le
steamer y est totalement arrêté par un barrage d'arbres
et la rivière se divise en petits canaux. Los explorateurs
pénètrent aussi dans la Nghiri, qui coule dans une vallée
herbue, inondée à la crue des eaux. De nombreux villages
LIENART, Charles.
Cliché de l'ouvrage de Chapaux. Le Congo historique^ diplomatique.
Il
— 073 —
sont (''(al)lis sur des ilols. Va\ cirKiii.'inlf* iKMircs rox[)(j(liiion
ii(* parcourL (luo soiAiinU^dix milles, à cause dos siniiosiLés
lie la l'ivière (iiii, au point extrême se divise en une foule
de petits canaux, prenant leur source dans une forêt maré-
ca^'euse.
Les explora teui's rentrent à rE([uateur le 4 décembre 1<S80.
En février 1887, Liênart accompa<^-ne Van Gèle dans la recon-
naissance de la Lulun<^ou et du Lopori.
Le 2 juillet 1887, Van Gèle et Liénart commencent l'expé-
dition de rUele et se proposent d'aller par voie de terre de
Loubi, situé aux chutes de l'Itimbiri (2" 55' de latitude Nord),
à la zeriba d'Alikobo, découverte par le D^ Junker; mais
par suite de la disette, ils ne peuvent arriver que jusfiu'à
Loubi et retournent à l'Equateur.
Le 26 octobre 1887, les courageux voyageurs reprennent
la voie de l'Ubangi et parviennent à franchir avec VL'n Avant
les premiers rapides de Zongo.
Après avoir dépassé les villages de N'Banghi, Bukossu et
Kembe (où Liénart fait l'échange du sang avec le chef), le
steamer se trouve arrêté devant de nouveaux rapides.
Aux fins de surmonter l'obstacle, les roues du vapeur
doivent être enlevées.
A partir du village de Mouniele, la navigation continue
sans encombre jusqu'au rapide de Bouzy. L'accueil est excel-
lent dans tous les villages. A l'aide de la population, le
steamer peut être amené au delà des rapides.
En deux jours l'expédition parcourt vingt-cinq milles, puis
se trouve de nouveau arrêtée par un rapide : celui de Getema.
Malgré un accident survenu au bâtiment, le steamer
parvient pourtant à franchir de l'obstacle et l'exploration
continue jusqu'à l'embouchure du Bongossou et jusqu'au
pays des Yakoma.
Ici, la population devient nettement hostile. Par surcroît
de maux, YEii Avant s'échoue sur un roc et une large
— G74 —
voio d'eau so déchire à ravanl; il iiiijxji Le de décliai'i^er \c
steamer (1 janvier 1888).
Liénart aborde dans un villag-e ennemi, fait l'échan'^'e
du saniç- av(x le cliel' et dépose la cargaison; mais au niomenl
de la rendjanfuer, une attaque des indigènes se produit.
Liénart est obligé d'agir avec énergie. Les sauvages sont
promptement dispersés et le village devient la proie des
flammes.
On entreprend alors la réparation de YBn Avant dans
une île déserte, au milieu des agressions des populations
riveraines.
Au moment où le travail est à peu près terminé, une
soixantaine de pirogues entourent l'ile et une troupe armée
y accoste menaçante ; à peine cette attaque est-elle repoussée
qu'une autre se produit.
Liénart est chargé de la défense du steamer qu'on est
parvenu à mettre à flot. Les indigènes se laissent fusiller
à bout portant.
Toutes les pirogues se groupent prêtes à fondre sur les
Européens et leur troupe, quand le steamer étant heureuse-
ment sous pression peut enfin se retirer vers l'aval; pen-
dant le combat qui dura trois heures, les Yakoma ne
poussèrent aucun cri et leur froide résolution avait quelque
chose de terrifiant; trente des leurs devaient cependant avoir
été tués.
L'expédition avait atteint le 4° 25' de latitude Nord et
22° de longitude Est de Greenwich. Il ne restait plus qu'un
degré à parcourir pour atteindre la zeriba d'Alikobo. Il
était donc certain que l'Ubangi était bien le même cours
d'eau que l'Uele de Schweinfurth.
Après cette brillante exploration, Liénart rentre dans sa
patrie le 17 avril 1888, pour y jouir d'un repos bien gagné.
Il retourne en Afrique le 15 mai 1889 et en juillet de la
même année, accompagne le capitaine commandant d'artil-
— ()
no
lorio VvW'A V:ni (1(^ ^'('l(l(^ (^.1, L('Iii'iii:in, diiiis (rimpoi'hiiiles
oxploralions (l;ins le hiissiii du K\\'an^>'0.
I/expédilion lon^'o la rroiUièn^ iiKïi'idionalc dn ri^^Lai, i)ar
la vall(H^ (\(\ la Liikiin<^-u jus([ii'à Kiiiiposo, puis vers ri^^sl
par Kinsuka cLTun^ua.Lcs voj^ag-eui's passent (iusuilo par les
sources du Kwilu, rranchisscnt l'Inkisi et arrivent à Popo-
cabaea. Ils traversent lo Kwan^^^o pour aboutir chez le v\\{'Â
Mueno Putu Kasongo, à sa n^sidencc de Kasongo Lunda.
De là, l'expédition gagne Lucbo, où elle arrive en jan-
vier 1890, tout en concluant de nombreux traités avec les
chefs indigènes.
Ce voyage a pour résultat do l'aire reconnaître la suprématie
de l'Etat dans ces régions presque inexplorées. Van de
Velde recueille, dans ses voyages des renseignements im-
portants.
Le lieutenant Liénart, après cette exploration, est désigné
pour prendre le commandement du district de Luluabourg
qu'il conserve du 15 juin 1890 au 30 octobre i891; c'est
au cours de son commandement qu'il explore tout le pays
situé au Sud-Est de Luluabourg jusqu'à Mazembe.
Liénart reprend le chemin d'Europe, le IG février 1892,
mais le 6 janvier 1893, il se dirige une troisième fois
vers le continent africain comme commissaire de district
de première classe, chef de la zone Rubi-Uele, dont il
ne garde le commandement que pendant quelques mois,
vaincu par une cruelle maladie, il rentre en Belgique, le
11 janvier 1894.
Liénart est actuellement capitaine commandant au 3^ d'ar-
tillerie, chevalier de l'Ordre de Léopold et de l'Ordre ro^yal
du Lion, décoré de l'Etoile de service et de la Croix militaire
de première classe.
— 67G —
PUBLICATION :
Exploration de VUbangi. (Bulletin do la Société royale belge de Géo^rra-
phie, 1888, XII, pp. ;ni ;?1)8).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
A. Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, pp. 152, 189, 405, 452.
Mouvement géographique, 1889, p. 70.
I
de MACAR, Adolphe.
Cliché ,1c rouvrago ,lo Ch.u.,ux, Le Congo historique, diplomaiigue.
II. - L'ORGANISATION ADMINISTRATIVE ET L'OCCUPATION
TERRITORIALE
(15 juillet 1885 à fin 1890) (1)
FRANCQUL lucien, joseph, Emile,
Sous-lieutenant au 2° régiment de ligne. Part pour le Congo,
le 24 juillet 1885, chargé d'organiser les levés cadastraux.
(La notice paraîtra au chapitre Occupation du Katanga).
DE MACAR, ADOLPHE, HENRI, ALBERT,
né à Liège, le 3 décembre 1847.
Lieutenant au régiment des carabiniers, s'engage au service
de l'Etat le 15 août 1885, et part pour le Congo avec Paul Le
Marinel, comme commissaire de district de première classe.
(1) Les notices sont classées par ordre chronologique des départs.
Les noms géographiques sont renseignés suivant Torthographe de la nou-
1
velle carte au r
1. 000.000
publiée i)ar l'Etat Indépendant du Congo.
— 678 —
Attaché à la brigade topographique du capitaine Jungers,
de Macar fait le levé de la région de Borna.
En avril 188G, le capitaine de Macar et le lieutenant Le
Marinel sont désignés pour continuer l'œuvre de Wissmann
et achever à Lubuku, dans le pays des Baluba, sur la rive
gauche de la Lulua, affluent du Kasaï, à une altitude de
cinq cent cinquante trois mètres, l'établissement de la station
dont Wissmann a jeté les fondements, quelques années au-
paravant, sous le nom de Luluabourg. Cette station, admi-
rablement située pour permettre de rayonner vers les
frontières Est et Sud, constitue une base de ravitaillement
pour les caravanes et le centre le plus important du com-
merce du caoutchouc et de l'ivoire provenant des rives
du Sankuru et du Kasaï.
Entre le mont Pogge et le confluent du Loanje, de Macar
découvre l'embouchure de cinq petites rivières. En aval
du même mont, il reconnaît un nouvel affluent, à mi-distance
entre les embouchures du Sankuru et du Fini-Lukenie.
De Luebo, où est établi Légat, pour compte de la 8anford
Exploring Expédition, de Macar, accompagné de Le Marinel,
gagne à pied la station de Luluabourg dont il prend le
commandement (juin 1886).
Wissmann et de Macar se décident alors à pousser une
pointe vers l'Est, à l'effet de reconnaître le pa3^s des
Baluba et le bassin du Lubilash (Sankuru supérieur).
Les explorateurs quittent la station au commencement
du mois de juillet et arrivent le 10 à la résidence du chef
Mona Tenda, près de la rivière Lukula, affluent de gauche
du Lubi. Les hommes de la caravane veulent déserter à
cause de l'épidémie de lèpre et de petite vérole, transmise
par le chanvre, qui. y sévit.
Wissmann et de Macar parcourent le pays des Bashi-
lenge et des Baluba.
A trois jours au delà de la Lukula, qui sert de frontière,
l'expédition rend visite à un chef de magnifique stature,
— 070 —
drapé dans des otofTcs indi<^-ones et coiffé (Vuna haute parure
de plumes. Le potentat oiï're de i^uider lui-ménieles voyageurs
vers TKst e(, le lendemain, ceux-ci ({uittent sa résidcincx;,
se dirii^eant vers le Hushimanie, allluent de ^^auclie du
Lubilasli et coulant à [)eu [)rès parallèlement à celui-ci.
Malheureusement, l'hostilité des indigènes ne tarde pas
à se manifester avec violence et, sur les bords de la rivière,
l'expédition se voit tout à coup entourée de milliers de
natifs, armés de lances et de sagaies et poussant le cri
de guerre.
Il faut se défendre et finalement battre en retraite et
regagner Luluabourg sans avoir atteint le Lubilash.
Voici comment de Macar relate ces événements:
" Notre arrivée chez les Bakakalosch est mal vue; les
V hommes se montrent arrogants; à onze heures nous
» jugeons prudent d'attendre avant d'avancer; l'après-midi
» ne se passe pas d'une façon rassurante; la soirée venue
n le chef et ses gens ivres manifestent la resolution de
î5 nous attaquer.
» On charge les fusils dans nos tentes.
» Vers onze heures du soir, quinze cents hommes nous
?• entourent; nous parlementons, nous faisons des présents ;
« l'ivresse et l'agitation diminuent un peu.
» Mais quelle nuit pour nous, forcés d'être partout, de
» veiller à tout!...
» A six heures du matin nous partons, le doigt sur la
r détente de nos fusils, prêts à répondre aux flèches et aux
« sagaies.
î5 Après l'ascension d'une montagne de plus de deux cents
» mètres d'altitude, nous traversons une région très ravinée
5î et très peuplée, où nous rencontrons foule de femmes en
v> deuil, la petite vérole ayant fait de grands ravages.
» A ce moment nous sommes rejoints par le chef ivre
5^ et hostile de la veille, qui nous offre sa protection pour
;: aller au delà et fait, en effet, déposer les armes à plu-
— G80 —
5) sieurs tribus... Est-ce par simple curiosité? mais les indi-
» gènes désarmés nous suivent avec un acharnement rare.
» Nous avons marché vers le Nord-Est; les palmiers
» diminuent, le maïs reparaît. Nous arrivons à un village
» dont le chef a des exigences, des fourberies et des menaces
n telles que nous nous ayjercevons qu'on nous a conduits
« dans une embûche. Les affaires se gâtent et nous nous
« décidons à tirer dans le tas, advienne que pourra.
» Cependant une femme nous sauve...
« Femme d'un des chefs qui se trouve dans notre caravane,
» elle se précipite, revêtue du drapeau parlementaire, dans
» la mêlée, hurlant, gesticulant, pérorant, et obtient qu'on
« nous laisse passer...
» Le paj^s continue à être très peuplé, bien cultivé de
» maïs et de sorgho, assez rocheux; nous nous approchons
n d'une rivière d'au moins cent mètres de largeur, suivis
V de plus de trois mille indigènes qui finissent par nous
« entourer et par assaillir de pierres Wissmann au moment
H où il monte en pirogue, Wissmann riposte en brûlant la
« cervelle à l'un de ses agresseurs.
V Immédiatement nous sommes attaqués avec furie à coups
» de couteau, de sagaies et de flèches lancées avec une
» adresse incroyable. Dans notre riposte nous couchons
r à terre une quinzaine des assaillants; beaucoup fuient;
J5 nos hommes qui avaient déjà traversé le fleuve, revien-
» nent et se lancent avec nous à la poursuite des fuyards.
r Quelques-uns de ces fiers et beaux gaillards, avec des
» anneaux dans le nez, aux bras et aux jambes, restent
V encore sur ie carreau. C'est la guerre sauvage, achar-
« née, chaude comme le climat.
» La chaleur est épouvantable; l'incendie fait ses ravages;
» le sang, les cadavres sur la berge commencent à répan-
» dre une odeur désagréable, et il n'est plus possible de
» quitter aujourd'hui ce lieu de carnage, hier si riche, si
» riant.
081
" V(M*s 1g soir, les indi^-èncs se f^Toupont dîins In rnon-
r l;igiu\ poussant dos cris féroces; un de nos lioiinnes do
r la tribu de T'Cliiniania, avait été assommé et emporté.
V Comme nous l'avons su dans la suite, avant de Tacliever,
V on lui avait coupé le nez, les oreilles, la langue; puis
r on l'avait rôti.
r La nuit est pire que la précédente; on nous entoure.
V Au point du jour, nous repassons le fleuve, Wissmann
V en tête, et tandis que je suis resté le dernier pour veiller
r à tout, des milliers d'indigènes débouchent et je n'ai que
r le temps de me jeter à l'eau.
» Nous leur échappons. »
Wissmann et de Macar rentrent à Luluabourgle 20 juillet,
et y trouvent Le Marinel malade de la fièvre.
Le 17 novembre 1886, Wissmann et Le Marinel, rétabli,
se mettent en route pour Nyangwe, laissant de Macar
livré à lui-même, sans approvisionnements et presque sans
vêtements. Ce dernier dote Luluabourg d'un observatoire
météorologique, grâce aux instruments que lui a laissés
Wissmann
Il s'occupe aussi des travaux intérieurs du poste et bientôt
s'élève sur les bords de la Lulua une des plus belles et
des plus confortables stations du Congo.
De Macar doit livrer plusieurs combats aux populations de
l'Ouest, et notamment aux Kioko. Il a bientôt épuisé les
mauvaises munitions qu'il a fabriquées lui-même et doit
.se retirer avec ses hommes dans la forêt. "C'est là, écrit-il,
^ qu'on nous attendait On nous traque, nous nous égarons
î7 et nous ne devons notre salut qu'à un marais dans lequel
'- nous nous cachons jusqu'à la tête. Poursuivis comme des
r bêtes fauves, jour et nuit, nous descendons les ruisseaux,
» les torrents, enfoncés dans l'eau tout entiers. Au sortir de
« la forêt, tous les chemins sont encore gardés. Blessés,
« déchirés, dépouillés, nous arrivons à la station exténués
— 682 —
r> de fatigues. Je suis velu d'un pagne emprunté à un indi-
r gène et d'un lambeau de pantalon aussi sommaire que
« Je pagne. »
Pendant les deux années qu'il a commandé la station de Lu-
luabourg, de Macar a déployé, avec son adjoint Paul Le
Marinel, une activité de tous les instants et est parvenu à
maintenir les tribus environnantes dans le respect de l'au-
torité de l'Etat.
Avant de rentrer en Europe, il entreprend, avec Alexandre
Delcommune, l'exploration du Sankuru, qu'il remonte sur
un parcours de trois cent neuf milles. A Bena Lusambo,
de Macar découvre les nains Batua. Il pénètre dans le
bassin du Lomami, affluent de gauche du Congo.
Retournant à la côte, il explore le Kwango et étudie le
cours du Kasaï.
Le capitaine de Macar revient en Belgique, le 24 novem-
bre 1888, et rapporte une collection remarquable de clichés
photographiques de la région de Luluabourg et des autres
régions qu'il a visitées.
De Macar est actuellement lieutenant-colonel d'infanterie
en retraite (sur sa demande), chevalier de l'Ordre de
Léopold, décoré de la Croix militaire de première classe
et de l'Etoile de service.
PUBLICATIONS :
A Luluabourg. (Mouvement géographique, 1888, p. 59).
Le Kasaï et ses affluents, collection d'objets rapportés par Fauteur, 1 br.
in-8° de 44 pp. Liège, Renard, 1889.
La flore et les cultures du Congo, 1 br. in-8". Anvers, De Backer, 1888.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
— Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, pp. 120, 450.
— Lejeune Histoire militaire du Congo, p. 40.
— G83 —
MouvcmoH ffik)f/7'aphi(jKf, ISS7, i>|>, 21 cl 28.
Li') M\kim;i,. Nolt'-s sur les lUcoiiverlr.s et l'occupation des régions du
lùissdi, du Luhd et du Kal(uu/a. (Hnllcîtiii do la Sociolô royale de
(iô()j;rai>hio (TAiivim-s, 1*.H)(), p, 11).
Mouvemoit géographique^ 1U(X).
LE MARINEL, paul, amédée.
Sous-lieulenant au régimciU clos carabiniers.
S'embarque pour le CongX), le 15 août 1885, comme attaché
à la brigade topographique de Banana.
(La notice biographique, avec portraits, figure à la p. 279).
DE LA RUE, PIERRE, JOSEPH. MARIE,
né à Bruges, le 16 juin 1867.
Part pour le Congo, le 15 août 1885.
Nommé second à bord du s/s Hé7^on, le 6 octobre 1885,
et capitaine du s/s Belgique, le 1 mai 1886, il fait le service
de pilote entre Banana et Borna pendant cinq mois et rentre
en Belgique, le 18 novembre 1887.
Il se rend ensuite en Australie, en qualité de second
officier à bord de la Princesse Joséphine, appartenant à
la Société Gockerill.
En 1889, en qualité de second officier à bord du voilier
anglais Beyi-More, il fait deux voj^ages au Chili et rem-
plit pendant six mois les fonctions de premier officier.
De juin 1891 à février 1892, il effectue plusieurs voj^ages
comme premier officier à bord des vapeurs belges Riga
et Schclde.
— 684 —
De la Rue rentre à la Société Cockerill comme second
officier le 4 février 1893 et est promu premier officier le
9 juillet 1893.
Il commande la Princesse Ilenrietle \)(in(\i\wi deux voyages
en 1895 et assume le service du s/s Tojmze depuis le 16
juillet 1897.
JUNGERS, FRANÇOIS.
né à Arlon, le 22 octobre 1851; décédé à Ixelles, le 7 octo-
bre 1904.
Etant lieutenant adjoint d'Etat-Major, au premier régi-
ment de ligne, il part pour le Congo le 29 août 1885,
comme chef du service du cadastre.
11 exécute le levé cadastral d'une grande partie de la
région du bas-fleuve entre Banana et Matadi.
Il est nommé capitaine d'Etat-Major en 1886.
En décembre 1887, il explore la Lukula avec le gouver-
neur général Janssen et Destrain.
Rentré en Europe en 1888, il est nommé chevalier de
l'Ordre de Léopold. Il retourne en Afrique le 10 avril 1889,
en qualité de directeur du service de la carte topographique
du Bas-Congo.
En 1890, Jungers est nommé, avec Destrain, membre de
la commission Congo-Portugaise, chargée de délimiter les
frontières des deux Etats, pour mettre fin au conflit né au
sujet de la souveraineté dans le bassin de la Lunga.
Il collabore à la reconnaissance en vue de l'établissement
du fort de Shinkakasa et aux premiers travaux de cet
ouvrage de défense.
Il rentre en Belgique le 22 décembre 1892.
Il est nommé major d'Etat-Major en mars 1899 et mis
à la retraite en septembre de la même année.
Jungers est décédé à Ixelles, le 7 octobre 1904.
de CUVELIER, Adolphe.
— 085 —
11 (Huit :i(lj()inL à l;i (lircîcLion du s(M-vi('(; (1(*. riiisLiluL vmv-
l()^rni)lii([U(' iiiililairo, clicvalier ûo VOvilvo, do L(''()|)()l<l,
(l(''C()r('' (le l'Eloile (\c sorvico, de la Croix mililaii'e do [nv-
iiiière classe et de l'Ordre du Clii'isl de Porlu'^al.
PUBLICATIONS :
— Conférence sur la géographie et les mœurs du Bas-Congo, faite à la
Société royale belge de Géographie de Bruxelles. (HuUetin, 1889,
n" 4, pp. 385-414).
— Carte de la commission de délimitation de l'embouchure du Congo à la
baie de Cabinda au 100.0Q0^ (Publication de l'E. I. C).
— Le-cé depuis N'Docolo Jusquà la pointe Manette, 1890, au 10.000". (Id.)
— Le cours du Chiloango et de la Lukulla, au 100. 000^. (Id.)
— Carte du Bas-Congo, au 200.000« (Id.)
— Uango-Uango-Noqui, au 5.000^ (Id.) en collaboration avec da Canto
e Castro.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
— CiiAPAUX. Le Congo historique, diplomatique, pp. 120 et 387.
— Mouvement géographique, 1888, p. 75, et 1889, p. 32.
DE CUVELIER,
ADOLPHE, EDOUARD, FÉLIX (chevalier).
né à Philippeville, le 20 septembre 1860.
Docteur en droit de l'Université de Liège.
Part pour le Congo le 29 août 1885, comme juge de pre-
mière instance, et établit avec le gouverneur général Jans-
sen les premiers tribunaux.
En 1886, il est nommé, comme premier titulaire, aux
fonctions de juge au tribunal de première instance de Boma;
puis est attaché au tribunal d'appel de Boma. Il assume
en même temps les fonctions de directeur de la justice
— G8G —
qu'il ('()ns(>rv(i jns(ju';iii 20 aoùL IcSSO, dnlo à l;i<iiioll(' il
rentre en Europe; une indisposition grave l'empêcliant de
prolonger son séjour en Afrique.
Le 9 novembre suivant, de Cuvelier est nomme secrétaire
général du département des affaires étrangères et de la
justice de l'Etat à I^ruxelles.
Il collabore à toutes les mesures importantes édictées dans
l'intérêt de l'Etat et prend une part prépondérante dans
toutes les négociations diplomatiques.
Parmi les succès obtenus, il faut signaler les négociations
avec le Portugal pour la délimitation de la frontière de
l'enclave do Gabinda et pour la possession des territoires
de Lunga (Kwango oriental), occupés par l'expédition
Dbanis (1891).
Deux conventions du 25 mai 1891, l'une datée de Bruxelles,
l'autre de Lisbonne, déterminent respectivement la délimi-
tation de l'enclave de Gabinda et de la frontière Sud-Ouest
de l'Etat.
De Cuvelier est délégué comme commissaire du gouver-
nement auprès du conseil supérieur de l'Etat.
En novembre 1905, il est appelé par décret du Roi-
Souverain à siéger au sein de la commission chargée, au
lendemain de la publication du rapport de la commission
d'enquête, d'étudier les conclusions du dit rapport et de
formuler les propositions qu'elles nécessitaient, en recher-
chant les moyens pratiques de les réaliser.
En janvier 1907, le chevalier de Guvelier, délégué du
gouvernement, installe la Gommission de l'Ecole mondiale
de Tervueren, ayant pour but de former les Belges en
vue de l'expatriation.
De par ses hautes fonctions, autant que par ses brillantes
qualités de diplomate, le chevalier de Guvelier est désigne
tout naturellement lors de la négociation avec la Belgi-
que du traité d'annexion comme plénipotentiaire de l'Etat
du Gongo, conjointement avec le lieutenant général baron
— G87 —
A\';iliis, <^()uv(M'n(Uir ^riK'ral, J^riKist Solviiy, iiiicicii s(''ii;i-
tour, el ^^'illelllaers, ])rocurcur yérK'ral lionoraii'o do la cour
crai)[)ol (le Bruxellos (').
Lo cli(n'ali(M' (1(^ (]iiv(^li(M' a par son allilndo rncr^ifiuo
constaninKMil (lôRMidu cl maintenu l'indopendancG des droits
de l'Etat contre les prétentions d'in«^-érence étrangère.
Lo chevalier de Cuvelier est actuellement secrétaire géné-
ral du déi)artement des affaires étrangères et de la justice
de l'Etat In(léi)cndant.
Officier de l'Ordre de Léopold et de la Couronne, chevalier
de l'Ordre royal du Lion, con:imandeur des Ordres de Saint-
Grégoire-le-Grand et du Christ de Portugal, commandeur
avec plaque de la Rédemption africaine, commandeur de
l'Ordre de Saint-Michel de Bavière, grand officier de la
Couronne d'Italie.
PUBLICATIONS:
— Organisation judiciaire de VEtat du Congo. (Revue de Droit interna-
tional, 1889).
— Be rincompétence des tribunaux nationaux à l'égard des gouvernements
étrangers et de la situation spéciale de l'Etat indépendant du Congo.
(Revue de Droit international, 1888).
— Rapport au Roi-Souverain du 16 juillet 1891 (Bulletin officiel, 1891,
p. 165).
— Rapport au Roi-Souverain du 25 janvier 1897. (Bulletin officiel, 1897,
p. 41).
— Rapport au Roi-Souverain sur la justice répressive, du 21 mai 1897,
(Bulletin officiel, 1897, p. 192).
(1) On sait que les travaux des plénipotentiaires du Souverain du Congo
avec les plénipotentiaires du Roi des Belges, MM. Van Maldegliem, prési-
dent de la Cour de Cassation, le baron Joostens, ministre de Belgique à
Madrid, Bico, gouverneur du Brabant et Van Cutsem, directeur au Mini-
stère des Finances, aboutirent au traité qui fut déposé le 3 décembre 1901
par le chef de cabinet M. de Trooz, sur le bureau de la Chambre. Le
parlement belge discute en ce moment ce traité.
688
Rapport au Roi-Souverain du io Juillet 1900. (Bulletin officiel, 1900,
p. 127).
R. VAUTriiKR et Dii CuvKLiER. L<is (leux notes anfjlaise et congolaise.
(Hol}^i(lue coloniale, 1903, pp. 531, 533).
Rapport au. Roi-Souverain du 3 juin 1906. (Bulletin ollicicl, 1906).
Rapport au Roi-Souverain sur la situation générale de la colonie^ du
22 mai 1907. (Bulletin officiel, 1907).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
CiiAPAiix. Le Congo historique diplomatique, p. 607.
Mouvement géographique 1886.
JANSSEN, CAMILLE,
Part pour le Congo, le 25 septembre 1885, comme vice-
administrateur g-ënéral.
(La notice biographique, avec portrait, figure à la page 21).
DE KEYSER, émile, joseph.
Part pour le Congo, le 13 octobre 1885, comme contrô-
leur des postes.
(La notice biographique et le portrait figurent à la
page 496).
MASSART, CHARLES, AUGUSTE,
né à Bruxelles, le 23 juillet 1855; décédé à Landana, le
13 mars 1890.
— G8U —
Ancien (Muployi' des Irlé^i'uphes à Ja ^'mv. du nord à
Bruxollos.
Fait un voyag'O à Java.
Kngag'ô par l'Association InLcrnaiionale du (]on^o, lo 15
mai 1885, il pari pour lo Gon^'o 1(^. 14 ocLobr(3 1885 ot
reni[)lit les ronclions do:
Chef du bureau des postes, à Banana, le 24 novembre 1885.
Greffier près le tribunal de première instance du Bas-
Cono-o, le 10 mars 188G.
Officier de l'état-civil, à Banana, le 7 janvier 188G.
Receveur des droits de sortie, à Banana, le 27 mars 188G.
Contrôleur des postes, le 13 juillet 1888.
Massart revient en Europe le 25 novembre 1888, mais
repart dès le 11 avril 1889, et est nommé, le 1 août 1889,
receveur des impôts à Zobe, sur le Chiloango, au confluent
de la Lukula, premier poste de l'Etat dans le Mayumbe.
Il meurt à Landana, le 13 mars 1890.
Il était décoré de l'Etoile de service, depuis le 30 jan-
vier 1889.
PUBLICATION :
— Le Jardiii botanique de Buiten^org. (Belgique coloniale, 1896, p. 68).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— Mouvement géographique, 1890.
— Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, pp. 651 et 655.
PRIEM, GÉROME.
né à Bruges, le 2 décembre 1859.
Engagé, le 21 janvier 1880, au service de l'Etat, il rentre
en Europe le 1 janvier 1889, après avoir rempli les fonctions
— 690 -
do vérificateur et receveur suppléant des droits de sortie
à Banana, le 27 mars 1886, de cliei' suppléant du jjureau
des postes à Banana, le 29 mars 1886.
Au cours du même séjour, il devient encore officier du
Ministère Public près le tribunal de première instance du
Bas-Congo, le 19 août 1886, et receveur des droits de sortie,
à Banana, le 2 décembre 1886.
Le 15 décembre 1887, Priem reçoit trois blessures à la
palabre de Cliiantété, dans l'exercice de ses fonctions de
Ministère public.
Chef du bureau des postes, à Banana, le 23 janvier 1888,
il devient contrôleur des postes et des droits de sortie
intérimaire, le 1 octobre 1888. Rentre en Europe le 1 jan-
vier 1889.
Priem se rend ensuite en Perse et est actuellement adminis-
trateur général des douanes à Téhéran.
Décoré de l'Etoile de service, le 30 janvier 1889.
BAUWENS, GUSTAVE,
né à Bruges, le 3 mai 1858.
Engagé le 4 février 1886, il rentre en Europe, le 20
juillet 1886, après avoir rempli les fonctions de:
Receveur des droits de sortie, à Boma, le 27 mars 1886;
chef suppléant du bureau des postes, à Boma, le 29 mars
1886; greffier-adjoint près le tribunal de première instance
du Bas-Conft'o.
— 691 —
ROM, AUGUSTE. THÉOPHILE, LÉON.
Scrg'cnl-major :iu ivgiincnt dos carabiniers. Pai'l i)oui
lo Coiif^o, 1(^ 15 février 188G, en ([ualilé d'ag"enl (radininis-
l rai ion ti(^ troisième classe.
(La notice paraîtra au chapitre Campagne arabe).
DHANIS, FRANCIS. ERNEST, JOSEPH. MARIE
(BARON),
Sous-lieutenant au 8^ régiment de ligne. Fait partie de
l'expédition Becker à la côte orientale d'Afrique et part
pour le Congo en mars 1880.
(La notice biographique, avec portraits, figure à la p. 53).
CLOETENS, LÉON, PIERRE,
né à Scbaerbeek, le 18 novembre 1857.
Part le 15 mars 188G, au service de l'Etat, en qualité
d'agent d'administration de troisième classe.
Séjourne trois années à Léopoldville
Retourne en Afrique le 6 mars 1890, comme chef de
district commercial de la Société anonyme belge pour le
commerce du Haut-Congo, avec le directeur-adjoint Camille
Delcommune.
Dirige la station principale de la Société du Haut-Congo
à Kinshasa et, en 1892, à bord du steamer Clémentine, va
fonder des factoreries dans le Kasaï et le Sankuru. Visite
le lac Léopold II, établit une factorerie dans un village
important nommé Inongo, sur la côte Est, reste près d'un
— 692 -
mois sur les bords du lacet, le 8 mai 1892, continue son
itinéraiœ et remonte la rivière Lukenie-Ikata loi^que quel-
ques jours plus tard (12 mai) une flèche lui traverse la
poitrine de part en part au moment où il arrivait à un
groupe de villages du nom de Bakolaï.
De Meuse, passager à bord du steamer, assume le com-
mandement du^ navire et les voyageurs arrivent à Kins-
hasa le 17 mai.
Gloetens guérit et revient en Europe le 19 août 1892.
Il va reprendre en Afrique ses anciennes fonctions, du 6
juillet 1893 jusqu'au 9 juillet 1895.
Fait encore au Congo un séjour pour compte d'une autre
société et y meurt.
Gloetens était décoré de FEtoile de service.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— Mouvement Géographique, 24 juillet 1S92.
ROGET, LÉON.
Lieutenant adjoint d'Etat-Major. Part pour le Congo le
16 avril 1880, comme commandant de la force publique.
(La notice biographique, avec portrait, figure à la p. 470).
LINDEN^ AUGUSTE, CHARLES, JOSEPH,
né a Luxembourg, en 1849; Jcoede en lS9o.
Ancien officier du régiment des grenadiei's.
Se rend au Congo, le 17 avril 1880. chargé d'une mission
botanique, organisée par M. Edouard Ollet, industriel et
sénateur.
L'expédition se livre dans le Bas-Congo à des recherches
DE MEUSE, Fernand.
Cliché ,1e l'ouvrage de Capaux. U Congo histonqae, diplomatique.
()<):i
ardues, puis i)c'mi(M,i'(^ daus U' Mayunil)(\ Ai'ri\('' à L(>aii;ja,
Liiideu ()i'iiaiiis(^ uik* caravanf^. cl, se dii'i<i(' vers le SlaiiU'V-
Pool par la \aIl('M» du lûtuilou-Niari, parcouiaie aid/'rieu-
reinonl par IIa!iss(M]s, Le.i^'al el IIussou.
Malliourousonieul, au cours do ce LrajoL, uno épidémie
de i)(^lil(^ vérole (U'cinie k^s l'an.i^'s des porteurs; h^s hom-
uies valiilcs, [)ris de i)anl([uc, déscrLenl.
Dans ces conjonctures Linden so voit coiiLi'ainl do retoui'-
ncr à son point do départ et co n'est qu'au i)ri>c d(i mille
dillicultés qu'il [)arviont à sauver les remarquables collec-
tions réunies pendant le voyage.
Lind(Mi s'embarque pour rEuroi)e à la (in de 188G
DE MEUSE, FERNAND, ALEXANDRE, ROBERT.
né à Verviers, le 23 septembre 1803.
Part, le 17 avril 188G, i)our le Congo en qualité de pré-
parateur en sciences naturelles attacbé à l'expédition Linden,
expédition qui, après avoir relevé la faune et la flore du
I^as-Gongo, se dirige à travers les forets du Mayumbe vers
Loango, où elle complète sa caravane et remonte vers le
Pool par la vallée du Kouilou-Niari (Congo-Français). Par
suite de la désertion de nombreux porteurs, provoquée par
une épidémie de variole, la mission revient à la côte et
rentre en Europe, en décembre, rapportant ample moisson
d'orcbidées, de clichés photographiques et de collections
diverses.
A peine rentré de trois mois, De Meuse repart pour l'Afrique
le 17 avril 1887, en qualité de second d'Alexandre Del-
communo. Cette mission a pour but de reconnaître tout le
bassin du Haut-Congo au point de vue de ses voies navi-
gables, de sa poi)ulalion, d'étudier la valeur des produits
commerciaux et miniers et aussi de rechercher les points
- 094 -
favoral)les à rétablissement de comptoirs commerciaux.
A bord du Roi des Belges, steamer démontable, qu'elle
mît neuf mois à transporter à dos d'hommes à travers la
région des cataractes, l'expédition complètement équipée
quitte le Stanley-Pool le 21 mars 1888; visite successive-
ment le Fini, le lac Léopold II, la Lukenie, la Lulua, le
Sankuru, le Rivango, la Djuma, le Lubcfu, affluents et sous
affluents du Kasaï; explore le lac Tumba, le Ruki, la
Lulonga, la Busira, le Lomami; visite les Falls; reconnaît
l'Aruwimi, l'itimbiri, la Mongala, l'Ubangi, remonte l'Alima,
la Sanglia,la Likuala aux Herbes et le Fini, toutes ces rivières
jusqu'aux points extrêmes de la navigation.
Fin mars 1889, l'expédition rentre au Pool, rapportant
d'amples renseignements commerciaux, échantillons de tous
produits, divers herbiers, devant enrichir la science d'espèces
nouvelles, et plusieurs centaines de clichés photographiques,
qui, après agrandissement par le ])hotographe Alexandre
de Bruxelles, furent l'objet d'une belle exposition, révélant
pour la première fois au public la beauté et la richesse
du Congo.
Six mois après son retour, le 6 août 1890, De Meuse
repart une troisième fois pour le continent noir pour compte
de sociétés commerciales et parcourt la partie Nord-Est
du Congo portugais. 11 entreprend ensuite en pirogue la
circumnavigation du lac Léopold II, visitant avec une
poignée d'hommes toutes les populations anthropophages
des rives du lac. Devant ramener Cloetens, dangereusement
blessé d'une flèche au travers de la poitrine, il est forcé
d'interrompre son voj^age.
En octobre 1892, accompagné de Molum, officier de la
marine américaine. De Meuse entreprend une nouvelle expé-
dition pour atteindre les fourrés de la Lukenie, qu'il remonte
et relève jusqu'au 23'' 40' de longitude. Au cours de cette
expédition, il ravitaille et dégage la factorerie d'Inongo,
assiégée par les M'Pamza ; De Meuse est reçu par des pro-
I
~ non —
vociilions cl ;illn((ii('\ in.'iis son ;illi(ii(l(^. (mi iiiijK)SO o(. les
M'P:iiii/;i nccoplenl. sc^s coiidilioiis de pitix.
1)(' M(MiS(^ r(>iili'(» (Ml I^iir()|)(^ (Ml s(,;|)toinl)r(» 1«S9'{, ;i|)ivs
une S('M'io do i'(H'()iiii;nss;i!i(*(\s.
Jmi 181)1, Do M(Miso (\sL cli;ir^('^ do la dir(M:li()ii du con-
ling-onl dos lriJ)us aiVicainc^s, à roxi)osiLion d'Aiivors ot
reçoit les médailkis d'or et d'ar^j^ent [)oiir ses diverses
collections aux expositions do Bruxelles et d'Anvers.
A la suite de ses diff(3rentes causeries et conférences, il
est nommé membre honoraire de la Société royale d'Anthro-
pologie.
Ses connaissances spéciales en matière de sciences natu-
relles lui ont permis d'enrichir le domaine scientifique, et
])ar ses nombreuses observations il a facilité la tâche des
ethnologues qui décrivent l'histoire des races congolaises.
De Meuse est officier de l'Ordre de la Rédemption africaine,
de l'Ordre du Nichan-el-Anouar et de celui de l'Etat de
Colomhie.
PUBLICATIONS:
— Exploration du lac Léopold II (Mouvement gêo<ira[)hiquG. 1892, p. 113,
et 1803, p. 2).
— Exploration de la Lukenye. (Mouvement "éographique, 1893, p 24).
— Présentation de trois crânes et dhtne iêfe momifiée provenant de I Afrique
centrale. (Bulletin de la Société d'Anthropologie de Bruxelles, N'Ill,
1889-1890, p. 238).
— Exhibition de collections ethnographiques du Congo. (Bulletin de la
Société d'Anthropolooic de Bruxelles, t. VIII, 1889-1890, p. 118).
— Catalogue de l'exposition de photographies représentant des vues et des
types du Congo. (Publication de la Compagnie du Congo pour le
commerce et l'industrie, 1 br in- 8", Bruxelles, Weissenbruch, 1890).
— Li pêche en Afrique et les différents moyens de capture. (Pèche et
pisciculture, organe de la Société centrale pour la pèche fluviale,
mars 1894, pp. 244-249).
— De la condition de la femme. (Congo illustré, 1894, ]>. 33).
— Mission Mohun, De Meuse, Thierry et Rollin La région au Sud du
coude du Congo, les lacs Léopold II et Matumba. (Mouvement
géographique, 1893-1894, p. 91).
— 69() -
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
Cfiapaux. Le Coiign historique, diplomatique, p. 7-10.
Mouvement géographique, 1892, p. 114, et LS93, pp. 24 et 94.
DE STEIN D'ALTENSTEIN,
ARMAND, MARIE, GHISLAIN, ISIDORE. EUGÈNE (baron).
né à Ixelles, le 80 octobre 185G.
Lieuteniint au 1^' reg'iment de lanciers, part pour le Gong-o
le 17 avril 188G.
Arrivé à Borna le 30 mai, il est aussitôt désigné pour
commander la station de Stanley-Falls et se met en route
le 1 juin.
S'étant arrêté à Léopoldville, il est détaché le 2 août à
Kinshasa et s'embarque avec Van Gèle, le 18 septembre,
pour les Falls. Arrivé à la station de Bangala, il y apprend
la prise des Falls par les Arabes.
Investi du commandement de la force publique à Bangala,
de Stein y établit les premières rizières.
Le 22 février 1887, mandé à Léopoldville, il y trouve
un ordre du gouverneur général, daté du 5 décembre 188(),
lui enjoignant de se rendre à Luluabourg.
Le 28 avril, de Stein reçoit du comité exécutif l'ordre
de rejoindre l'expédition Van Gèle sur l'Ubangi.
Eu l'absence de bateau disponible, de Stein s'occupe à
Léopoldville de l'organisation de la F. P. et des cultures,
puis il conduit à Matadi un transport de cent dix-huit
Bangala destinés à la Y. P.
Arrivé à Boma, le gouverneur général lui donne à nou-
veau l'ordre de se rendre à Luluabourg. De Stein reprend
donc à marches forcées la route d(^s caravanes.
Atteint de fièvre bilieuse hématurique à son arrivée à
— 01)7 —
L(M)|K)l(ivill(% (!(' Sifiii doit rciiIrcM' en r]ur()|)o, le 15 iiovcin-
l)iv 1887.
Il (»sL acluelk^inent colond coniniiiiKliiiit U) r iv^nnionl
(1(^ clinsscMii's i\ cIk^'iiI.
(IhovîiIicM- (l(^ rOnliTî (!('. Lc^opokl oL dôconi de la (^roix
luililairo do première classe.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— Mouvement géographique, LS-ST, p. \\) .
HENS, FRANS.
né à Anvers, le 1 août 1856.
Artiste-peintre.
Il part pour le Congo le 17 avril 1886, à bord du San
Thome.
Au cours des quelques mois (|u'il passe dans le Bas-Congo,
Hens visite Borna, Matadi, Vivi et Isangila; il parcourt,
observe et étudie en détail les îles de l'estuaire du fleuve:
Mateba, Bolikoko, etc.
A son retour en Europe, en mars 1887, Hens expose à
Anvers, à la salle Verlat, une collection de vues et dessins
se rapportant à ce voyage.
Le second séjour de Hens au Congo est plus impor-
tant et de plus longue durée.
Hens se rend en Afrique au mois d'août 1887, avec le
capitaine L. Van de Velde, chargé d'aller reoccuper la
station des Falls détruite par les Arabes.
Malheureusement Van de Velde, à peine arrivé à Léopold-
ville, meurt et Hens est alors abandonné à ses propres
ressources. Tout en prenant de nombreux croquis de pay-
sages, il continue à herboriser successivement à Kinshasa,
Kwamouth, Bolobo, Equateur, Lukolela, Lulanga et par-
— (398 —
vient à atteindre Hangala. Il accompagne Hodister dans
sa première reconnaissance de la Mongala, jusqu'alors inex-
plorée.
De ce voyage, liens rapporte en Belgicpie, d(kembre
1888, une collection nombreuse de dessins et de peintures
([ui furent exposés en 1889 à Bruxelles, au Cercle Artis-
tique, et en 1890, à Anvers.
Il réunit également un nombre considérable de plantes
([ui ont été étudiées et décrites dans les Annales du Musée
du Congo et principalement dans le livre: Etude sur la
flore de VEtai Indépendant du Congo, par Th. Durand et
Hans Schinz ('). Plusieurs plantes nouvelles pour la science,
ont été appelées du nom de leur inventeur.
liens est chevalier de l'Ordre de Léopold.
LE CLÉMENT de SAINT-MARCQ.
PHILIPPE, MAURICE, GUSTAVE (chevalier).
Sous-lieutenant au 3^ régiment de lanciers, part pour
le Congo, le 15 juillet 1880, en qualité d'adjoint au com-
missaire de district de Lukungu. Au moment de son décès,
survenu à Woluwe, le 17 janvier 1907, Le Clément de
Saint-Marcq était attaché à la direction générale de la
Compagnie du chemin de fer du Congo supérieur aux
Grands lacs africains.
(La notice biographique et le portrait figurent a la
page 335).
(1) Bruxelles, lOOG.
- 000 -
DAENEN, ADMAR, MARCEL, GUILLAUME,
LieiitonanI nu 1'' ri'iiiiiKMil. de li^ne, pari pour U) Com.lio,
1(^ IT) ;i()ùl 188() eu (pi;ilil('' d'îHljoiul i\ la dircM'lion des Irans-
j)()rls à l)()nia-Hiv(^
(I.a u()lie(^ parailra au chapitre (kimparjuc tu-dhc).
GUSTIN, OSCAR, ALEXIS, MARIE,
né à Gand, le 21 uiai 1850.
Docteur en droit de l'Université de Liéi»'e (1881).
Part pour le Congo, le 15 août 1886, en qualité déjuge
au tribunal de première instance du Bas-Congo, avec rési-
dence à Banana et est nommé en décembre de la même
année, directeur de la justice et juge d'appel avec résidence
à Banana. Il est le premier titulaire de ces hautes fonctions.
En janvier 1887, Gustin est chargé, en qualité de membre
du Comité exécutif, de prendre la direction du gouverne-
ment de l'Etat, conjointement avec le major Parminter,
directeur des finances, et Valcke, directeur des transports,
pendant l'absence du gouverneur général Janssen.
Gustin fonde les tribunaux de Lukungu et de Léopoldville.
Il rentre en Belgique en décembre 1888, et ramène avec
lui les premiers Congolais et notamment le jeune Léopold
Vidi, filleul du Roi-Souverain, qui fut élevé et éduquô à
rétablissement de Gyseghem (').
Gustin, dès son retour au pays, se consacre à la propa-
gande de l'œuvre antiesclavagiste et contribue à la formation
de plusieurs comités locaux. Il donne dans ce but de nom-
(1) Voir Pascal Dubois. L EduccUion des Jeunes Congolais en Belgique^
origines, fondation^ marche et progrès de cette œuvre. in-S" de 192 p. Liège,
Des.><ciiii 1893.
• — 700 —
J) relises ('oiilV'i'eiices à Verviors, Lié^e, lîrugcs, Ypres,
Bruxelles cL Louvain.
Il est actuellement juge de paix à Santlioven et décoré
de l'Etoile de service.
REYTTER, eugène, François,
né à Eeckeren, le 28 iV'vrier 1860.
Docteur en médecine de l'université de l>ruxelles.
Fait au Congo et à Zanzibar un premier voyage avec le
Braho,
Se rend en Ai'ri([ue le 22 août 1886 avec Husson, à bord
de ce même bateau qui atteint Banana le 10 septembre, et
Boma le lendemain, réalisant ainsi le projet de Husson
de faire dépasser par un navire de fort tonnage la crique
de Banana.
Le docteur Beytter retourne au Congo le 10 mars 1887
comme médecin de deuxième classe de l'Etat, pour rem-
placer à Boma le docteur Smith, dont le terme de service
était expiré.
Il rentre en Europe le 5 juin 1890 et repart une troisième
fois le 10 avril 1891, comme médecin de première classe,
avec sa jeune femme, qui va s'installer à Boma avec son
mari. M'"'' Reytter est la deuxième femme belge qui aille
habiter au Congo, suivant en cela l'exemple de M"'^ Valcke.
Leur fils le jeune Marcellin Clara Reytter est né à Boma
le 22 juillet 1893.
Le docteur Reytter revient en Belgicjue le 14 mai 1895.
En novembre 1895, il (fuitte le service de l'Etat et devient
médecin du Roi de Siam, fonctions qu'il occupe encore
actuellement.
Reytter est chevalier de l'Ordre de Léopold et de l'Ordre
ro3^al du Lion, décoré de l'Etoile de service à deux raies
et de nombreux ordres étrangers.
— 701 —
BAERT, ALFRED,
nr ;i nruxiîllcs, h\ Jl I'cn l'ior hSOIJ; (k'cùdc; à Sli;!!)-^!!;!!, lo
2 so[)l(MiiI)i'e 1907.
Sous-IioiilciKiiil au o'' r(''<^iinonL do li^;•|H^ parL [)(>ur lo
C()ii*i(), lo 2î) soptoinl)!'!^ 1880, coiiimo adjoint au dircclour
di' la ma ri 110 ol dos Iraiisporis.
(iOniniando, on 1887, l'cscorlo niiliiairo (1(^. l'oxpodition
dos ing'ôniours do la Compa^-nio du Congo ot ost ensuite
d('sign(' pour renii)lacor Stoloman on qualito de résident
à la station dos Falls.
En 1888, il fait partie avec lo lieutenant Hodson et l'adju-
dant Hinck, de la mission chargée, sous la conduite de
Van Gèle, de rcoccuper et de reconstruire la station des
Falls.
Le Mouvement géogj^aphiqiœ de 1888, n" 22, donne la
relation de la dernière partie de ce voyage: Baert, accom-
pagné de Tippo-Tip, se rend du camp d'Yambu^^a au village
d'Yamgambi, au Sud, sur le Congo. Parfois, les voyageurs
marchent dans l'eau jusqu'à la ceinture pendant plus d'une
heure. A d'autres moments, il s'agit de franchir des enchevê-
trements de troncs d'arbres, présentant des barrières géantes,
hautes de cinq mètres. Le trajet demande quatre jours
do neuf, dix et mémo onze heures do marche. Le 17 juin,
à Yamgambi, le Congo est atteint, et traversé au poste
arabe de Yaforo. Los voyageurs y trouvent le steamer
HoUand de la Compagnie hollandaise, qui les mène aux Falls.
A la fin de septembre 1888, Baert s'apprête à quitter
la station des Falls avec Tippo-Tip, lorsqu'il est atteint
par les fièvres. Accompagné de Hinck, il se dirige vers
Bangala, dans la baleinière de la station, et est ramoné
à Léopoldville à bord du Stanley, Il rentre on Europe le
19 février 1889.
Baert s'embarque à Anvers, le 2 juin 1902, à bord du
Kicmtchou, en destination de Shanghaï, où, le 8 décembre
— 702 —
suivant, il cntro au service de la Gompag-nie Impériale
des chemins de fer chinois, ligne de Pékin à Hankow,
en qualité d'adjoint au secrétaire technique, et devient
ensuite agent directeur du service à Shanghaï.
Il meurt dans cette ville le 2 septemhre 1907.
Baert était capitaine commandant honoraire d'infanterie
pensionné.
Il était le frère de l'inspecteur d'Etat Ernest Baert, l'explo-
rateur de la Mongala.
LEGA, GERMAIN,
né à Anvers, le 0 janvier 1863; décédé à Banana, le 30
mars 1887.
Engagé le 6 novembre 1886, en qualité de vérificateur
des droits de sortie, il meurt accidentellement à Banana.
LEJEUNE, CHARLES, HENRI, JOSEPH, MARIE,
né à Liège, le 10 novembre 1860; décédé à Matadi, le 11
novembre 1892.
Maréchal des logis au 2^ régiment de guides, s'engage
au service de l'Etat et quitte l'Europe le 28 novembre 1886,
en qualité d'agent d'administration.
Fait, de 1886 à 1889, un premier séjour en Afrique dans
le Bas-Congo. Pendant ces trois années, il est successivement
adjoint au commissaire de district de Matadi, attaché à la
station de Lukungu, où il s'occupe spécialement de la sur-
veillance des plantations, et adjoint au chef de la station
de Vivi. Il est également chargé, en 1889, de réorganiser
la station d'Isangila et d'assurer l'important service des
transports entre ce point et Manyanga.
— 703 —
Noiiiiik'' commis do pri^mière classe on ()cU)bi"(î ISSS.
l\(Milr(^ cil lùiropc cil dcccmbre 1889.
\a' Il tV'\ i-icr 1891, s'cnil)ar(iu(î pour Maladi. comme a^ent
(!(* la SocuMc anonyme hcli^ci pour 1(3 commerce du Haul-
(long'o et est cliarg'é, clans la n-gion des cataractes, des
transports (pi'il avait org'anis('S jadis jiour le com[)le de
ri^tat. 11 meurt le 11 novembre 1892.
11 était d('coré de TEtoile de service.
PUBLICATIONS :
— Les Tombes. (C(>nL>o illustré, 181)4, p. 4).
— Les Likimbas. (Coiigo illustré, 1894, pp. .')'J-()1).
— Mouvement géographique, décembre 18112.
VAN DER STRAETEN, CAMILLE.
Missionnaire des Pères Blancs d'Afrique.
Part poii-r le Congo, par la côte orientale, en 1880.
(La notice paraîtra au chapitre: Missionnaires).
LIPPENS, JOSEPH, FRANÇOIS,
Lieutenant au régiment du train.
Part pour le Congo, le 2 février 1887, en ({ualité d'ad-
joint aux transports.
(La notice paraîtra au chapitre: Campagne arabe).
— TOI —
VLEMINCKX, FRÉDÉRIC.
lie à Schaerbeek, lo 18 octobre 18G2; décède à Banana,
le 5 janvier 1898.
G(k)môtre. Part pour le Congo le 2 février 1887.
Remplit les fonctions d'adjoint au percepteur des postes,
à Banana, le 23 mars 1887; de chef suppléant au bureau
des postes, à Banana, le 13 juin 1887; de vérificateur des
droits de sortie, à Banana, le 13 juin 1887; de greffier
suppléant du Ministère public de première instance, le
14 décembre 1887; de chef du bureau des postes, à Banana,
le 13 juillet 1888 et d'officier de l'état-civil, le 4 août 1888.
\'leminckx rentre en Belgique le 2 mars 1890.
Il fait encore trois autres séjours au Congo: du 18 juillet
1890 au 1 septembre 1891 ; du 23 janvier 1892 au 24 janvier
1894 et du 0 décembre 1894 au 5 janvier 1898, comme receveur
des impôts, à Banana, fonctions auxquelles il a été nommé
le 30 juin 1890.
Il meurt à Banana, le 5 janvier 1898.
Décoré de l'Etoile de service à trois raies.
\A/ARLOMONT, CHARLES. LÉON. WILHELM.
né à Bruxelles le 18 novembre 1857; décédé à Boma, le
2 février 1888.
Lieutenant au régiment des grenadiers.
Part pour le Congo, le 2 février 1887, en qualité d'agent
du département de l'intérieur.
Arrivé à Boma, il est d'abord attaché au secrétariat général,
puis envoyé comme adjoint à la station de Lukungu. Il est
rappelé à Boma, pour y aider le lieutenant Roget dans l'or-
ganisation de la F. P., et y meurt le 2 février 1888, frappé
d'une congestion cérébrale, suite d'insolation.
Il était capitaine en second de la F. P. et lieutenant au
répriment des grenadiers.
— 705 -
PUBLICATION :
Corrc^potidduce, d'Afrique^ ouvrage; postlnuiic avoc mu* pr/'C-ifc (K; Max
WalI.M", iii-12". 11:? pp. Hnixiîlhïs, Moiiiioin, 1S88.
PATERNOTTE, jean, henri.
né à Molenbeek, lo 7 juin 185G.
Docteur en médecine de l'Université libre de P>ruxelles,
le 9 mars 1882; ancien interne des lio[)itaux de Hruxelles,
médecin chirurgien-adjoint de l'hôpital de Moleid)eek, etc.,
etc. ; médecin à bord des paquebots d'Anvers à New-^'ork
(1881); d'Anvers au Brésil et à La Plata (1882); d'Amsterdam
aux Indes néerlandaises (1883); et de Rotterdam aux Indes
néerlandaises (1880).
Part pour le Congo, le 2 février 1887, en rjualite de médecin
de l'Etat. Séjourne à Léopoldville et assure le service mé-
dical au poste français de Brazzaville, alors sans titulaire.
Rentre en Belgique, le 13 février 1889.
Il repart pour le Congo comme médecin préposé au recru-
tement des travailleurs à Bena-Kamba (Lomami), mais l'état
de guerre avec les Arabes empoche cette mission de s'accom-
plir et Paternotte se charge du service médical des Stan-
ley-Falls, du 27 décembre 1892 au 2 juillet 1893.
Il revient en Belgique, le 17 octobre 1893.
Le D*" Paternotte a accompli de nombreux voyages en
Espagne, Portugal, Maroc, Egypte, S^Tie et Palestine, Grèce
et Itahe.
— 700 —
BAERTS, ARTHUR.
116 à Sainl-Trond, le in juillet 1850.
Docteur en droit.
Part pour h) Gon^'O, le 2 lévrier 1887. Ju<^e au tribu-
nal de première instance à Banana, du 28 février 1887
au 9 mai 1889; nommé procureur d'Etat à Boma, le 9 mai
1889; directeur intérimaire de la justice en 1890. Etudie
l'organisation politique et juridique des peuplades du Bas-
Congo.
A son retour en Europe, il est nommé directeur à
l'administration centrale; puis chef de cabinet du secrétaire
d'Etat. Il est directeur général depuis le 29 décembre 1904.
Chevalier de l'Ordre de Léopold et de l'Ordre royal du
Lion, décoré de l'Etoile de service à deux raies, officier
de la Légion d'Honneur, commandeur de l'Etoile noire du
Bénin et de la Rédemption africaine, chevalier de Saint-
Grégoire-le-Grand, officier de la Couronne d'Italie.
PUBLICATION:
— Organisatio)i politique, civile et pénale de la tribu des Mnusnuronghes.
(Publication do TE. I. C, 1 br. in-S" et Bulletin de la Société
royale belj^e de Géographie. 1890, pp. 137-L54).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— Mouvement géographique, 1890, p. 42,
— Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, pp. G 14-649.
BAERTS, Arthur.
— 707 —
PONTHIER, PIERRE. JOSEPH.
Sous-licMiloiuinl ;ni i:i'' i'(''^iiiioiil (l(^ Wisuc
Viwl poni" lo Coii^x), le 15 murs ISST, coiiiiiio iilUiclu' ;iu
S(M'\ i('(' loi)()«^i';i|)irKlU(^
(La nolic'o pai'ailrn au chai)ili"o: C(hhj)ii(J}ii' (irahe).
BIA, LUCIEN, MATHIEU. JOSEPH.
Lieutenant au 2*" réf>'inient de guides.
Part pour le Congo, le 15 mars 1887, comme attaché au
service lopograpliique.
(La notice paraîtra au chapitre: Occupation du Kcilangci).
BUYENS, EUGÈNE. ERNEST,
né à Gand, le 27 mars 1851.
Agronome. Fait un séjour de quinze années aux Indes
néerlandaises, pour y étudier les plantations de riz et de
cale.
Part pour le Congo, le 15 mars 1887, au service de l'Etat,
pour diriger des essais de plantations dans le Bas-Congo,
Réside au poste de Lukungu et s'3^ occupe de cultures,
notamment de celle du manioc.
VAN MONTFORT, g., h., j..
Sergent au 2° régiment de chasseurs à pied.
Part pour le Congo, le 19 mars 1887, comme économe.
(La notice paraîtra au chapitre: Opércitions dans le Nord).
■08 —
JACQUET, A. G., j..
Maréchal dos lo^^is du -1^ réf^imenl d'arl.illorio.
Pari pour le Gon^o, le 10 mars 1SS7.
(La notice sera ])u])li6e au chapitre: Opéralions dans le
Nord).
HERINCX, JEAN, ÉGIDE. LOUIS,
ne à Anvers, le 30 novemhre ISOO.
Part, le 19 mars 1887, en qualité de représentant de la
maison Walford et Q'', d'Anvers, à hord du Brabo, et
arrive à Banana le 1 mai.
Hentre en Belgique, le 7 mars 1888.
Se rend à Siccia (Mataha) le 24 avril 1888 et rentre en
Europe [)ar le vapeur Lf/s,e\) faisant escale àLairos, Gotonou,
Sierra Leone, Ténériffe, et déharque à Marseille le 25 août
1888.
GOETGELUCK, léon. jean. joseph, marie,
né à Gand, le 7 décemhre 1862.
Part, le 19 mars 1887, comme agent d'administration de
troisième classe.
Repart, le 7 juillet 1890, comme agent de la Société du
Ilaut-Gongo et rentre pour cause de maladie, le 15 sep-
teml)re 1891.
Retourne en Afrique, le 6 mars 1897, comme sous-inten-
dant de première classe, avec le nègre Malolo, ancien hoy
de son frère, qu'il avait emmené en Europe ])our recon-
naître les soins rendus par le noir à son maître mourant.
Revient en Belgi(fue, le 17 mars 1900.
f
li
— TOO —
11 l'iiil. un nouveau S(''j()Ui' ;iu (]()n^o, à pai'lirdu 1<S jnill<'L
1<)01, au scM'vice do rKlal.
Cioetgehick est acUielleinent directeur, (mi Ain('ri(jue, de
la Congo Anivrircin Coïnpantj.
WATRIN, OSCAR.
né à Liège, le 20 mars 1859.
Ingénieur lionoraire des mines, arts et manufactures
de l'Université de Liège (1882). Ancien chef de section aux
travaux des eaux de Santander (Espagne); directeur des
•travaux de canalisation d'eau à Hremerhaven.
Se rend au Congo, le G avril 1887, pour compte de la
Société des conduites d'eau des Vennes, dans le but d'in-
staller des conduites d'eau à Saint-Paul de Loanda.
Séjourne quelque temps à Banana. Rentre le 4 août 1888.
Il occupe ensuite les fonctions de directeur des travaux
de canalisation du gaz de Stamboul (Constantinople); direc-
teur des travaux de distribution d'eau de Pliilippopoli (Bul-
garie); directeur des travaux de distribution d'eau de Salonique
(Turquie) Il étudie les travaux de canalisation d'eau de
Smyrne. Entrepreneur du nouveau palais de justice de
Verviers et des nouvelles installations maritimes d'Ostende
et de leurs dépendances, de 1898 à 1907.
Il est actuellement entrepreneur de travaux publics et
administrateur de sociétés.
Watrin est chevalier de l'Ordre militaire du Christ du
Portugal et officier de l'Ordre militaire de Saint-Alexandre
(Bulgarie).
PUBLICATION:
— Note sur l'extécution des travaux des nouvelles installations maritimts
d'Ostende. (Revue des mines, janvier 1900).
— 710 —
BISSCHOPS, GEORGES. GUILLAUME. CHARLES.
né à Schelle, ]c 22 avril 185:3.
Lieutenant au réi^^iment des carabiniers.
Part pour le Congo, le 8 mai 1887, en qualité d'adjoint
à la brigade topographique.
Séjourne à Léopoldville, comme adjoint au commissaire
de district.
Rentre en Europe, le 14 février 1889.
Repart, le 22 juillet 1893, en qualité de capitaine com-
mandant de la F. P. et revient en Belgique le 19 sep-
tembre 1894.
Lieutenant-colonel au G'^ régiment de ligne, chevalier de
l'Ordre de L'H)pold, décoré de la Croix militaire de première
classe et de l'Etoile de service.
VAN DE VELDE, Frédéric, joseph. henri.
Capitaine commandant au 6^ régiment d'artillerie, adjoint
d'Etat-Major.
Part pour le Congo, le 8 mai 1887, comme secrétaire
général du gouvernement local à Boma.
(La notice biographique figure à la pnge 487).
ROMBERG, EDMOND.
ne à Schaerbeek, le 2 janvier 18GG.
Ancien élève de l'Institut sui)érieur de commerce d'Anvers.
Part pour le Congo, le- 8 mai 1887, en qualité d'adjoint
d'Alex. Delcommune, chef de l'expédition de la Compagnie
du Congo pour le commerce et l'industrie. |
Il est forcé de quitter Léopoldville, atteint d'un fort engor-
II
— 711 -
«4(Mii(Mil (1(^ la l'îito (M. r(Mili'(i (Ml lùii'opc, le 2'] iioNoiiihro 1887.
Il nUouriH^ ail (>)n^() (mi janvier 1881) eL wôn iiiic racL()i'(;ri(i
J)cliie à IJoiiia.
A la fin (1(^ mai 1891), il prond 1(îs premières mesures
pour la civaliou de la Société des Plantations de la Lukula
dont il devient administrateur.
Rondjerg- est actuellement directeur d'assurances à Bru-
xelles.
TOBBACK, NICOLAS, ISIDORE,
Sous-lieutenant au 8' régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 8 mai 1887, comme adjoint aux
transports.
(La notice paraîtra au chapitre: Ccoupagne arabe).
HERNOTTE. e. j..
Sergent au 8^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 8 mai 1887, comme sous-officier
de la F. P.
(La notice sera publiée au chapitre: Opérations dans le
Nord).
BAUDOUIN, LÉONARD, PIERRE, JOSEPH,
né à Montegnée (Liège), le 29 juin 1801; décédé à Boma,
le 19 novembre 1898.
Chaudronnier-monteur aux établissements Cockerill, à
Seraing. Réside en Espagne et à Panama.
S'embarque pour le Congo, le 8 mai 1887, en qualité do
— 712 —
chaudronnier-monteur de la (>)mpa^'nie du Con^o pour
le commerce et l'industrie et réside à Kinshasa. Triivailk».
au remonta<^e du steamer Eoi des Belges.
Repart, le 1 février 1890, en qualité de chef-mécanicien
monteur, au chantier de Kinshasa, de la Société belge du
H a ut- Congo.
Son 3^ départ date du G août 1894. Etant au service de
l'Elat, il monte le Baron Dhanis à Ponthierville, puis se
rend dans le Kwango.
Meurt à Boma, durant son quatrième séjour au Congo.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— Congo illustré, 189'2, p. G5.
DE LALAING, ANTOINE, MAXIMILIEN, SIMON
(COMTE).
né à Bruxelles, le 1 octobre 18GG.
Se rend au Congo, le 8 mai 1887, avec son frère, le comte
Philippe, en qualité d'adjoint au secrétariat général; mais
dès son arrivée à Boma, il est atteint parles fièvres et son
séjour de trois mois en Afrique se passe à lutter contre la
maladie qui le harcèle Scins trêve ni merci.
Il rentre en Europe en septembre 1887.
Le 17 septembre 1888, le comte A. de Lalaing est chargé
d'une mission à la cote occidentale et rejoint son frère à
Boma.
Il rentre avec lui le 17 novembre 1888, faisant escale à
Madère.
de LALAIN6, Philippe.
i
II
- 713 —
DE LALAING, PHILIPPE, HAROLD.CAMILLE(coMTE),
né i\ nruxcllcs, le 1 oclohro 18()().
S'oinbnrciue pour lo Con^-o, à vin^L :111s, U) 8 in;ii 1887,
à bord (lu VhKtndcrcn, avecla Ijri^ade d'in<^^oniours charf»-es
(\(' rc^lover les i)lans el do faire le tracé du chemin de fer
Matadi-Léopoldville, avec le capitaine commandant Cambier,
le f^ouverneur général Janssen, le commandant Van de
A'elde, le capitaine Tbys et le lieutenant Jacques.
Il arrive à Boma le 2 juin 1887. Désigné d'abord pour la
brigade topograpliique du Bas-Congo, le comte de Lalaing
est successivement attaché au département des finances, à
celui de l'intérieur, sous les ordres du capitaine commandant
Van de Velde, puis, enfin, au cabinet du gouverneur général.
Pendant toute la durée de son séjour, le comte de Lalaing
remplit les fonctions d'ofïîcier de l'état-civil de Boma.
De Lalaing venait d'être désigné pour accompagner le
capitaine commandant Van de Velde dans le Kwango à l'effet
d'\^ fonder de nouvelles stations, lorsrju'il est frappé d'in-
solation au cours d'une partie de chasse, dans les environs
de Boma, et forcé de quitter le Congo le 12 décembre 1888.
Malgré un séjour de cinq mois à Madère pour se rétablir,
il ne put retourner en Afrique centrale.
Le comte de Lalaing rentre en Belgique, le 15 mai 1889
et, quelques mois plus tard, se dirige vers l'Afrique australe
pour se joindre à l'explorateur français L. Dèclé, chargé
d'une mission scientifique ayant pour but d'étudier l'anthro-
pologie et l'ethnologie des races indigènes entre le Cap et
le Zambèze.
De Lalaing part du Cap, passe par Kimberley, Vryburg,
et quitte Mafeking (Bechuanaland britannique) en avril 1891,
avec un chariot boer, deux chevaux, vingt-quatre bœufs
et six hommes De Gaberones, de Lalaing se porte vers
Mochudi et rejoint Dècle à Palla.
Les voyageurs suivent ensuite la rivière Crocodile jusqu'à
— 714 —
sn jonction avec la Mn<>nla[)yo. Traversant cette rivière, ils
s'arrêtent à Palapye, sur le Lotsani, capitale de Kliama, roi
des liamangwato.
De là ils gagnent Kasungula sur le Zarnbèze, le pays
des Barotsé, et atteignent les chutes du Zarnbèze (Victoria
Falls). A l'exception, peut être, de l'explorateur Delcoigne,
de Lalaing n'a été précédé par aucun Belge dans cette der-
nière région.
Voici en quels termes, le comte de Lalaing relate cet
intéressant voyage (') :
« Cette année fut extraordinairement sèche (dans ce pays les
» pluies ne sont jamais bien abondantes). Nombreux furent mes
» déboires et mes aventures, car le pays que j'avais à traverser
» était, à partir de Shoshong totalement dépourvu d'eau courante
» et, de plus, à peu près inhabité. L'on ne trouve, pour se désal-
» térer que des mares d'eau croupie ayant, et pour cause, un
» goût d'acide urique très prononcé Encore, est-on bien heureux
» d'en trouver!
» Ainsi eùmcs-nous à souffrir terriblement de la soif! Après la
» traversée du Kalahari — une étape que je n'oublierai jamais —
» je me trouvai avoir perdu un cheval et quatorze bœufs, morts de
» soif. De plus, deux de mes hommes m'avaient abandonné et je
» n'ai jamais su ce qu'ils étaient devenus.
» Les bœufs qui avaient résisté aux souffrances de ces terribles
» étapes (trois jours et quatre nuits sans eau) se trouvaient dans
» un triste état; aussi, arrivé aux étangs de Linokaun, près des
» lacs salés de Makarikari, je décidai de laisser mon chariot à
» la garde dii deux de mes indigènes et de parcourir « pcdibus »
» les cinq cents kilomètres qui me séparaient encore des chutes
» du Zarnbèze, but de nron voyage.
» Ici conmienca une nouvelle ère de difficultés. Pour mener mon
(1) Lettre du comte Philippe de Lalainj^ au journal Lt^ »Sû2r de Bruxelles:
« Les fumées toiuiautcs «.
1
— 715 —
>■> [irojct ;i lionne lin, il nie liilhiit ;in moins I i'(»is hèles ilc somme ;
» le jiavs ('lanl, connne je» j'iii dit, inli;il>il(', nue eei't;iine (|ii;iii-
» litede |ii'o\ isions (''l;i il indispeiisalile. Mes bonis, liahil n(''s ;'i I l'amer
» nn lonnl cliariot, se rernsaieni, alisolnmenl à |»orler (pioi (pn; ee
» soit. iMilin, /|e pai'Niiis à les dompter, mais pai-des pror-f'-dc-s (pie la,
» So('i(>t(' proieelriec des animaux irap[)r()nveniit j^nère, et, un liean
» matin, ma j)elile expiMJition put s(> mettre en route avec trois
» hoMifs de eliai'^'e })ortant (jueNpies vivres, deux cents cartouches,
» un appareil pliotojj:raphi(pi(% et un [)etit sac de lettres dont l'adminis-
» Irai ion des [)ostes m'avait prié de me charger j)0ur les mission-
» naires du Zamhèze.
» Quatorze jours plus tard, dans la soirée du 1 décembre 1801,
» date inoubliable pour moi, j'arrive aux chutes du Zambèze, heu-
» reux, plus que je ne puis le dire, d'avoir pu, enfin, réaliser ce
» (jui avait toujours été le rêve de mon enfance.
» Mosi-Sa-Tounja, que de fois je vous ai revues en rêve !!
« Sauf erreur, je crois bien être le premier Belge à qui il ait été
» donné de contempler ce prodigieux spectacle. Le fameux chasseur
» et explorateur Fred. Selons, un des premiers qui aient visité
» les Yictoria-Falls après leur découverte jiar Livingstone, ter-
» mine par ces mots la remarquable description qu'il en a faite
» dans son livre: The Huniers Wanderings: «C'est le plus beau
» spectacle qu'il soit possible de concevoir, this sidc of Paradise, »
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— Bulletin de la Société belge de Géographie, 1890, p. 0(31.
— TIG —
JACQUES, ALPHONSE, JULES. MARIE.
Lieuleiiaiil au il'" reyiment de ligne, adjoiiil d'Etat-Major.
Part pour le Congo le 8 mai 1887, en qualité d'adjoint
au dij-ecteur des transports.
(La notice biographique, avec portrait, est publiée à la
page 367).
BOLLE, ARTHUR, JOSEPH. GHISLAIN.
Part pour le Congo, le 8 mai 1887, en qualité de géo-
mètre du cadastre.
(La notice biograplii([ue, avec portrait, est publiée à la
page 407).
CAMBIER, ERNEST. FRANÇOIS,
Capitaine en premier au S^ régiment de ligne, adjoint
d'Etat-Major; chef de la première expédition belge à la côte
orientale d'Afrique (1877) et agent de l'Association Interna-
tionale Africaine à Zanzibar (1882-1884).
Part pour le Congo, le 8 mai 1887. avec la commission
d'études pour l'établissement du chemin de fer.
(La notice biographique, avec portrait, est publiée à la
page 192).
TH YS, ALBERT-JEAN-BAPTISTE-JOSEPH,
né à Dalliem, le 28 novembre 1840.
Suit les cours de l'école primaire de la commune de Bom-
baye, de 1857 à 1861.
Lauréat au concours cantonal des écoles primaires de 1860.
Elève de l'école moyenne de l'Etat à Visé, de 1861 à 1865.
Lauréat aux concours généraux, des écoles moyennes
du second degré en 1864 et 18(35.
Engagé volontaire au 7^ régiment de ligne, à l'âge de
seize ans, il est admis à l'Ecole militaire, en avril 1868,
et en sort en 1870 avec le n^ 1 et l'épaulette de sous-
lieutenant d'infanterie. Est chargé, pendant la campagne
de 1870, de reconnaissances militaires par le lieutenant-
général baron Ghazal, commandant en chef de l'armée.
Deux ans plus tard, il entre à l'école de guerre, pour
y faire ses hautes études militaires que couronne défini-
tivement, en 1876, le brevet d'adjoint d'Etat-Major.
En 1870, il est détaché auprès de l'adjudant-général chef
de la maison militaire du roi et adjoint au secrétariat
de l'Association internationale africaine. Il est promu
lieutenant la même année.
— 718 —
En 1878 surgit l'événement qui va être le point de départ
de la liaute fortune de Thys. Stanley vient de faire la pre-
mière traversée du continent noir et de révolutionner la
géographie africaine par la découverte du cours du Congo,
de Nyangwe à Boma. Sous la haute initiative de S. M.
Léopold II, va s'entamer, au prix de difficultés innombra-
bles, l'œuvre immense de l'exploration et de la conquête
de l'Afrique centrale.
Le roi, ayant exprimé le désir de connaître un jeune
officier de valeur pour l'attacher au secrétariat général de
l'Association internationale africaine, le général baron Jolly
propose au choix de Sa Majesté le lieutenant Albert Thys,
dont les brillants débuts n'étaient pas restés inaperçus.
Thys devient ainsi le collaborateur du général Strauch,
président du Comité d'études du haut Congo, et prend
une part active à la préparation et à l'organisation des
expéditions Stanley, Hanssens, Coquilhat, Van Gèle, von
Wissmann, ainsi qu'à la fondation de l'Association interna-
tionale du Congo, c'est-à-dire de l'Etat indépendant lui-même,
celui-ci n'étant que la transformation politique et défini-
tive de cet organisme.
En 1879, Thys, capitaine au corps d'Etat-major, est nommé
officier d'ordonnance du roi.
Le jeune Etat se préparait alors à entrer dans le concert
des nations et allait ouvrir au commerce et à l'industrie
le riche débouché que les explorateurs venaient de découvrir
et que les diplomates s'occupaient de garantir à notre pays.
Un obstacle infranchissable, pourtant, semblait devoir
s'opposer à toute mise à fruit du nouvel Eldorado.
A la fin de son merveilleux voyage de trois années de
Bagamoyo à Boma (1874 à 1877), qui révélait la véritable
voie de pénétration en Afrique centrale, Stanley avait été
arrêté, dans sa descente de la gigantesque artère fluviale,
par un écueil naturel contre lequel semblaient devoir se
briser toutes les énergies futures, impatientes d'arracher
— 7J9 —
s(»s richesses au conliiuMil iiiysl,('ii(Mix. Cin([ mois avaient
('((' nécessaires pour IVanchii- la succession (l(is cataractes,
(|ui sur doux ('(Mil cinciuanlc kilomètres s('',[)ai'(ïnt le lV)ol
(le Matadi; l'illustre explorateur avait eu à vaincre la cok'ire
(lu lleuve, torrent furieux, roulant dans un lit profond,
traversant des ^or^^v-s tortueuses, lomhant, (3cumant de ter-
rasses en terrasses.
L'impression de Stanley s'était aussilcH traduite en un
mot pittoresque: « Sans chemin de fer, le Gong-o ne vaut
pas un penny». Ce mot fit fortune, il créa un monde.
Le Gong'o et ses tributaires fournissent dix-huit mille
kilomètres de routes fluviales, soit trente-six mille kilo-
mètres de rives propres à rembar(|uement et au débar-
quement de marchandises.
Or, la nature avait opposé une barrière infranchissable
à la pénétration dans ce vaste réseau; l'homme ne devait-il
pas corriger cette erreur, et tenter de supprimer l'obstacle
qui isolait le cours supérieur du lleuve de son tronçon
maritime?
La première pensée fut évidemment d'examiner si la
canalisation du fleuve moyen non navigable n'était pas
réalisable. Cette considération devait être rejetée dès le
début. « Sans vouloir, dit Trouet, émettre l'opinion qu'un
pareil travail serait au-dessus des forces et des moyens
dont les hommes disposent actuellement, les capitaux
énormes qu'une telle entreprise eut absorbés, le temps
considérable qu'on aurait dû y consacrer et les difficultés
devant lesquelles on se fût trouvé, devaient la faire écarter. »
En effet, pour atteindre l'océan, le fleuve qui sert d'exutoire
aux eaux de la mer intérieure du continent central, s'est
creusé un passage dans la série de montagnes qui, s'élevant
en gradins d'allure généralement concentrique à partir de la
région côtière, soutiennent le bassin surélevé de cette
ancienne mer. C'est donc au travers d'une faille gigantesque
— 720 —
que les eaux du haut pays sont conduites vers l'Atlantique.
A cause de l'accès fort difficile de ses bords et en
l'absence de tout moyen pratique d'en effectuer l'étude
en détail, le fleuve moyen n'était qu'imparfaitement connu
sur son parcours entre le Pool et Matadi. On savait seu-
lement que la largeur de son cours était fort variable:
que tandis qu'à certaines places, elle ne mesurait que quatre
cents mètres, ailleurs le fleuve étalait des nappes de mille
à deux mille mètres et même davantage.
La vitesse de ses eaux était partout considérable, notam-
ment aux chutes les plus accentuées: le mugissement
de la cataracte d'Yelala, par exemple, est distinctement
entendu la nuit à Matadi et à Kenge, qui en sont distants
respectivement de vingt et quinze kilomètres à vol d'oiseau.
Quant au débit du fleuve, Elisée Reclus, dans la partie
de sa Géographie relative à l'Afrique méridionale, éva-
lue, d'après les travaux de Stanle3% le volume des eaux
que le fleuve conduit à l'océan, à quarante mille mètres
cubes environ par seconde à l'étiage et soixante dix mille
mètres cubes à l'époque des crues.
Or, depuis le Stanley-Pool jusqu'à son embouchure à
Banana, les apports latéraux que reçoit le fleuve sont
relativement très faibles, les affluents des cours moyen et
inférieur n'étant généralement que des torrents drainant
des bassins de fort peu d'étendue. Par suite, le débit précité
ne dépasse que d'une quantité peu considérable, en regard
du volume total, la masse d'eau qui s'écoule par la région
des chutes.
On voit donc le travail de titan qu'aurait constitué une
tentative de canalisation d'un fleuve de mille mètres de
largeur, roulant, sur les seuils de cataractes, des masses
colossales d'eau, à une vitesse excessive et entre deux
murailles, souvent à pic, de plus de trois cents mètres
de hauteur, au milieu de blocs de rochers énormes, arrachés
— 721 —
aux rives ou ([uv le travail do (iésa*^r(''^;ili()ii <l(;s j)luies
avait fait rouler dans son lit.
L'idé(*, d'une voie i'ei-rée ('lait donc la seuhi (jui [)ùt sou-
leiiir l'examen dr, l;i coniniission cliar^-ée de trouver une
solution prati([ue à l'obscur problème de la [jénétralion
congolaise.
l^lusieurs projets furent mis en avant. Stanley avait
dressé un plan de chemin de fer, ayant Vivi (sur la
rive nord du fleuve, en face de Matadi) pour tète de ligne,
et qui comprenait deux tronçons mesurant ensemble cent
soixante-quinze kilomètres: le premier allait de Vivi à
Isang-ila, d'où part, jusque Manyanga, un bief à courant
fort rapide, mais navigable pour des baleinières habile-
ment dirigées par les mariniers du pays ; à Manyanga
commençait, — mais sur la rive sud, cette fois, de façon
à ne pas sortir du territoire de l'Etat, — un second tron-
çon atteignant le Pool.
Un deuxième projet présentait les mômes dispositions
que le précédent, modifié seulement en ce que le tronçon
Vivi-Isangila était reporté sur la rive droite et réunissait
Matadi à Isangila (sud).
Enfin une troisième combinaison préconisait l'exécution
d'une voie ferrée, sans solution de continuité, évitant tous
les transbordements entre Matadi et le Stanley-Pool.
Les deux premiers tracés étaient moins coûteux, mais
avaient le grave inconvénient d'exiger de nombreux trans-
bordements qu'aggravait la lenteur du transport sur le
bief Isangila-Manyanga, fort dur à la montée.
Trouet écrit à ce propos: « Nous disons qu'ils eus-
sent été peut-être moins coûteux, mais rien n'est moins
sûr, bien que le développement qu'ils présentaient en voies
ferrées fût, à peine, la moitié de celui du chemin de fer
direct. La rive nord, en effet, de même que la rive sud,
dans le voisinage du fleuve, offre des mouvements de ter-
rain bien plus accentués que la région à parcourir dans
— 722 —
le tracé du système adopté. D'autre part, les transports
du gros matériel eussent été fort difïiciles et très lents
I)ar les baleinières des biefs navigables. La construction
du second tronçon se serait donc présentée dans de très
mauvaises conditions. «
Thys écarta résolument les deux solutions mixtes et
préconisa l'étude d'un chemin de fer continu entre Matadi
et le Pool.
A ce moment, en 1885, Stanley publiait son ouvrage
Cinq années au Congo, dans lequel il exposait les hésitations
des promoteurs du Comité d'études du haut Congo à
déterminer exactement le plan de l'entreprise qu'ils voulaient
tenter, dans un pays imparfaitement connu. ^ La création
d'un railway de trois cent vingt-cinq kilomètres, écrivait
le célèbre explorateur, eût nécessité une étude préalable
de la région que le chemin de fer devait parcourir et, de
plus, une connaissance exacte du droit de propriété au
Congo, des lois qui régissent les indigènes, et des moyens
de protection que ceux-ci pourraient garantir à la voie
ferrée." Et il concluait en ces termes: « Il y a là des richesses
énormes qui attendent le chemin de fer destiné à les
recueillir. J'en préviens le commerce et suis persuadé que
l'avertissement ne sera pas perdu ^ (').
Le grand explorateur développait le même thème dans
des conférences à Londres, Manchester, Liverpool et le
public anglais faisait un accueil enthousiaste à ses décla-
rations.
L'appel de Stanley fut entendu. Un puissant syndicat
anglais de Manchester demanda à l'Etat la concession du
chemin de fer des cataractes. Mais la proposition ne ren-
(1) Tout l'ouvrage de Stanlej', qui rend compte des travaux des expéditions
du Comité d'études du haut Congo, dit A. J. Wauters, converge d'ailleurs
vers le même but et le remarquable chapitre qui le résume, sous le titre:
Le nœud de la question, est le plus éloquent plaidoyer qui puisse se
faire en faveur du chemin de fer.
— 7'ia —
conti'n pas ^nuul rcho on I)Ol^i(|uo. Los iio^ooi;i lions traî-
nèrent ot, linalenient, ('cliouôrcînt.
La Bel«2:ique, dont le rôle avait ('té jus(juo là prépon-
dérant dans la f^enèse du jeune Etat, allait-elle se désin-
téresser du fruit de tant de sacrifices et abandonner à
rexploitation étrangère ce domaine, découvert, créé en
quelque sorte pour elle, par ses oiliciers, [)ai' son roi?
On pouvait le craindre, car l'opinion belge était encore
g-énéralement fort mal éclairée, indifférente, voire même
déliante à l'endroit des immenses ressources que pouvait
offrir le Congo à notre activité nationale.
Tliys s'insurge contre cette apathie et, avec un bel
enthousiasme, entreprend de la déraciner, de faire pénétrer
la vérité dans le public, de dissiper les préventions, les
préjugés de toute nature. Il s'improvise orateur et entame
dans le pays une vigoureuse campagne de propagande :
après une série de conférences données à la Bourse de
Bruxelles, sous le patronage de la Société belge des ingé-
nieurs et des industriels, il visite les principaux centres
industriels du pays, pour faire connaître l'œuvre royale
et communiquer sa foi dans la grandiose entreprise nouvelle.
C'est alors qu'il s'efforce de grouper un certain nom-
bre de personnalités du monde financier, commercial
et politique. La Société des ingénieurs et des industriels
met la question à l'étude. Des conférences sont organisées.
Un courant d'opinion puissant se forme en faveur de
l'entreprise.
La Compagnie du Congo pour le commerce et l'industrie,
créée en vue de poursuivre l'étude et, éventuellement, la
construction du chemin de fer, est constituée le 27 décembre
1886, à l'initiative de MM. Urban, Thys et De Roubaix, par
voie de souscription publique.
Le 9 février 1887, a lieu la première assemblée générale
qui détermine la composition du conseil d'administration.
— 724 —
Premier voyage au Congo, 1887-1888.
Le 8 mai 1887, le capitaine Tliys, proinoleur de l'entre-
prise, s'embarque à bord du Vlacmdc7'cn, comme chef
de la double expédition formée par la Gompa^^nie du Congo :
la première, placée sous la direction du capitaine Cambier
et composée d'ingénieurs, est chargée des études de la
voie ferrée; la seconde, conduite par Alexandre Delcommune,
doit opérer la reconnaissance commerciale des régions du
haut Congo.
Dès le 10 juin, un second groupe d'ingénieurs quitte
Anvers. Le 15. le capitaine Cambier et les ingénieurs de
l'expédition d'études, Charmanne et Vauthier, entreprennent
la reconnaissance de la région comprise entre Alatadi et
Léopoldville.
Le capitaine Thys visite la région des chutes, arrive à
Léopoldville le 8 octobre, passe à Equateur le 28 novem-
bre et s'arrête, le 2 décembre, à Bangala, point terminus
du voyage sur le haut Congo.
Là, il engage vingt indigènes, pour compte de iM. De
Roubaix, fondateur du syndicat de Mateba.
Descendu de Bangala à Kwamouth, Thys, à bord du
Stanley, pénètre dans le Kasaï.
Jusqu'à Mouchié, cette rivière porte le nom de Kwa. Lors-
qu'on la remonte, elle coule d'abord dans une gorge, dont
les rives peu élevées plongent presque directement dans
les eaux (*).
A quelques kilomètres au-dessus du confluent, le Kasaï se
resserre jusqu'à trois ou quatre cents mètres de largeur;
le courant devient extrêmement violent. A cinquante ou
soixante kilomètres en amont, la rivière écarte subitement
ses berges et coule dans une plaine fertile, admirablement
appropriée à l'élevage du bétail et à la grande culture.
(1) Relation faite d'après une conférence du capitaine Thys: Au Congo et
au Kasaï.
— 725 —
Sn lnrL;(Mii' (hn'KMil iilors coiisidfM'nblc ol, {r.ir ondroils, attoinl
jiis([ifîi six el S(^|)l milice nirli-es. !)('. lon^'uos îlos, couvortcs
•^•(MK'raUMiHMil (TuiK^ li(M'l)0 maigre, mais couronrKH's jjarfois
(lo l)()U(iuo(s (!(' palniiors ot de l)anaiiiers, do cliariips (1(3
manioc oL (l(^ villages, étirent la rivière en chenaux de
deux à trois kilomètres de largeur.
Avant (Tari'ivcu' à iMouchié, le Kwa se rétrécit encore
à sei)t ou liuit cents mètres de largeur; il se divise en
deux bras: le Mfini, qui présente la même largeur que
le K\va lui-même, tandis que la branche principale, le
Kasaï proprement dit, est dérobée à la vue par un rideau
continu de verdure. — On comprend l'erreur de Stanley,
qui, lorsqu'il a remonté le Kwa, s'est engagé dans le
Mlini, sans soupçonner même qu'il venait de laisser à
droite le plus puissant des tributaires du Congo.
Lorsqu'on remonte le Kasaï, on s'aperçoit facilement à
la violence du courant, qui atteint plus dé quatre nœuds,
de l'importance de la rivière. Pendant les quarante kilo-
mètres qui suivent, le Kasaï coule au milieu de terrains
bas. L'œil s'arrête surpris devant une vaste expansion de
la rivière, parsemée d'îles sableuses ou couvertes de grandes
herbes.
C'est le Wismann-Pool. On sort de là par un goulot de
quelques centaines de mètres de largeur, bordé de rives
en pente très fertiles, où croissent des palmiers et des
bananiers et que ponctuent çà et là de nombreux villages
assez importants.
Le lit du Kasaï, pendant soixante kilomètres, s'étale
à des distances démesurées, coupées çà et là de nombreuses
îles. C'est à la fin de cette section que se trouve le seul
passage vraiment difRcile de la rivière.
Au delà, le Kasaï se rétrécit à nouveau jusque six à
huit cents mètres et coule dans une vallée profonde, qui
s'encaisse lentement entre deux rives fortement inclinées.
A quelques kilomètres au delà de chaque côté de la rivière,
— 720 —
c'est la forêt vierge, bordée de nombreux villages qui la
séparent d'importantes plantations. Le lit de la rivière
s'élargit alors considérablement et se parsème d'Iles.
Parfois, les rives, couvertes de pelouses et de bouquets
de bois, s'élèvent en pente douce; d'autres fois, elles se
dressent en un saut brusque, formant horizon à droite et
à gauche.
On arrive ensuite au mont Pogge, mamelon de cent cin-
quante mètres d'élévation.
La colonne d'exploration se persuade à bon droit que
la rivière est encore en pleine voie de formation: en mon-
tant la rivière, on a vu l'eau se précipiter en bouillonnant
dans une excavation récemment creusée par le flot; à la
descente, quinze jours après, on trouve à cette place un
chenal de trente mètres de largeur.
Au delà du mont Pogge, les rives deviennent presque
continuellement boisées. On arrive au confluent de la
rivière Loanjé, où le Kasaï qui, à quelque distance plus bas,
présente des largeurs de cinq et même de dix kilomètres, se
rétrécit jusque cent cinquante mètres, s'écrasant entre deux
montagnes entre lesquelles il se précipite avec une eff'rayante
vitesse.
La rivière fait alors un coude subit, sa rive nord s'élève
à pic en un saut brusque de quinze à vingt mètres. A
cinquante kilomètres en amont du confluent de la Loanjé,
se trouve celui du Sankuru, qui se jette dans le Kasaï
en formant un delta.
Plus loin, à une égale distance, la rivière n'a plus que
cinq ou six cents mètres de largeur, mais longtemps avant
de recevoir la Lulua, elle s'épanouit de nouveau en des
lacs parsemés d'îles. La Lulua est une rivière large de
cent cinquante à trois cents mètres, qui court au milieu
de forêts vierges où croissent principalement des bouquets
de palmiers, de bois de teck, d'acajou, d'ébène. Partout la
liane à caoutchouc abonde, de même, du reste, que dans les
— 727 —
forêts (lu Knsnï. La Liilua cesse d'être navigable à LueI)o,
où son lit est ()l)slrué par d'énormes bloes de rochers. Son
affluent, le Luelx), qn\ présente à son emhouc'huni trente
métrés de lar^-eur est, lui aussi, interrompu à quelques
kilomètres de la station par des chutes dont la vue est
ravissante.
Partout, le lon^- du Kasaï, l'accueil est des plus sympa-
thiques de la part desindig-énes. La navigation sur la rivière
est relativement facile, les rives sont généralement fertiles et
habitées, les ressources commerciales paraissent considéra-
bles, la population est paisible, avide de négoce et indus-
trieuse.
Le capitaine Thys revient en Belgique en février 1888.
Dès son retour, il publie la carte à grande échelle du
cours du Kasaï et de la Lulua, qu'il a dressée avec une rare
précision, et un rapport intitulé Haut Congo et Haut Kasaï.
Le capitaine Thj^s contribue à la constitution de la Com-
pagnie des Magasins Généraux, qui est fondée le 20 octobre
1888, à l'initiative de la Compagnie du Congo. Elle installa
des hôtels et des magasins dans le bas-Congo.
En même temps, des deux expéditions techniques de la
Compagnie du Congo, l'une procède à l'étude de la région
que doit traverser le chemin de fer; la seconde se livre
à la reconnaissance commerciale du haut fleuve.
Le 4 novembre 1888, les études étant terminées, Cambier
arrive à Kinshassa, sur le Stanley-Pool. Les résultats de
ces travaux, avec le devis général de l'entreprise et le
cahier des charges, sont consignés dans un fascicule connu
sous le nom de By^ochure blanche. Elle conclut qu'un capital
de vingt-cinq millions de francs suffirait pour construire,
entre Matadi et le Pool, une voie de quatre cent trente-
six kilomètres de longueur, acheter le matériel roulant,
couvrir les frais généraux, et servir les intérêts intercalaires
pendant la période de construction, évaluée à quatre années.
Les frais d'exploitation étaient de un million deux cent mille
francs par an. En ajoutant cette somme à celle de cent vingt-
— 728 —
cinq mille francs, nécessaire pour rémunérer à cinq pour
cent le capital, on constate dans le rapport que deux mil-
lions quatre cent cinquante mille francs de recettes annuelles
suffiraient pour que l'affaire lut rémunératrice. Or, une
somme supérieure était dépensée annuellement pour les
transports entre le haut et le bas Congo, tant par l'Etat
que par les maisons de commerce et les missions. Le chemin
de fer, en se substituant aux caravanes, devait évidem-
ment encaisser chaque année, dès ses débuts, au moins
cette somme, jugée suffisante pour attendre la réalisation
des promesses d'avenir.
C'est sur ces bases, que se constitue, le 13 juillet 1889,
la Compagnie du chemin de fer au capital de vingt-cinq
millions de francs, dont dix millions souscrits par le gou-
vernement belge.
Les quinze millions restants furent fournis par un groupe
dans lequel figuraient les principaux établissements finan-
ciers de Belgique, trois maisons de banque allemandes et
quelques personnalités anglaises représentées par Sir W.
Mackinnon.
La première brigade d'ingénieurs quitte Anvers le
1 1 octobre 1889, et arrive à Matadi le 10 novembre.
Placée sous les ordres de l'ingénieur Vauthier, elle com-
prend soixante-quatorze travailleurs ordinaires, douze ma-
çons et douze charpentiers, au total quatre-vingt dix-huit
artisans, originaires pour la plupart de Sierra Leone.
En même temps, en Belgique, Thys fonde la Compagnie
des produits du Congo (29 novembre 1889), qui reprend pour
son compte la Société de Mateba (syndicat De Roubaix) (').
(1) On sait que ce furent quelques personnalités anversoises, qui les premières
eurent foi dans l'avenir commercial du Congo et osèrent y aventurer leurs
capitaux, en essayant de provoquer un courant d'affaires entie le bas Congo
et Anvers. Lorsqu'au commencement de l'année 1885, l'Association inter-
nationale du Congo fut reconnue comme Etat indépendant, un certain
nombre d'Anversois formèrent un syndicat ayant pour but de tenter l'ex-
i
— 7'JO —
Il remplit par intérim les l'onclions de directeur du dépar-
tement de l'Intérieur de l'Ktat indépendant (1889).
Le 10 janvicM' 1890, il contrilnui à la création du (Cercle
africain, à Bruxelles, dont il devient le premier président.
Gin({ mois après la constitution de la Compa^mie du
chemin de fer, les premiers travaux de construction sont
entamés sous la direction de l'ingénieur Gharmanne. Ils
débutent par les installations de la gare et du port de
Matadi.
En mars 1890, est donné le premier coup de pioche
pour les terrassements de la voie. Le personnel ouvrier
se compose alors de huit cents noirs.
Nous n'entreprendrons pas de résumer ici le ; innom-
bral)les et souvent émouvantes péripéties à travers les-
quelles se déroula ce formidable travail de construction
d'une voie ferrée de trois cent quatre-vingt-huit kilomètres,
au sein d'une contrée où la nature semblait avoir à plaisir
accumulé des difficultés insurmontables. Dès les premiers
mois, la mortalité effrayante qui sévit parmi les travailleurs,
les désertions, les révoltes vinrent ajouter des complica-
tions terribles aux obstacles énormes prévus à l'origine
par les organisateurs. Un moment, l'absence de bras
faillit compromettre irrémédiablement la marche de l'entre-
prise. On dut recruter à prix d'or sur tous les points
de la côte africaine, jusqu'en Chine même et aux Barbades,
ploitation de teri'ains immenses et très fertiles situés dans le bas Con^o,
dont on leur offrait la cession. Par convention provisoire datée du 30 jan-
vier 1886, et par acte définitif du 3 juin 1887, le gouvernement céda au
syndicat l'île de Mateba (15.000 hectares), sise dans le Congo (rive droite)
à éjrale distance de Banana et de Boma. Le syndicat ac(iuit ensuite les îles de
Boulicoco et de Lukula, sur la rive portugaise, et celles de Ntounga et
de Kifouka, sur le territoire de l'Etat. La tentative pour introduite le
bétail date de 1886. La société anonyme de Mateba fut constituée le
4 mai 1839. MM. De lloubaix, Léopold Gâteaux et Osterrieth fui-ent nom-
més administrateurs. Le 22 mars 1890, la Société de Mateba fusionna
avec la Compagnie des Produits, créée elle-même le 29 novembre 1889.
— 730 —
des travailleurs nouveaux, dont les aptitudes ne correspon-
daient pas toujours à ce qu'on était en droit d'en espérer.
Second voyage, 1890.
Thys s'embarque une seconde fois pour l'Afrique, le 3 avril
1890, dans le but d'inspecter les nouveaux établissements
de la Compagnie des magasins généraux à Banana, Boma
et Matadi, ceux de la Compagnie des produits du Congo
à Mateba et Siccia, ceux de la Société du Haut-Congo à
Vivi et à Matadi et enfin, les chantiers de la Compagnie
du chemin de fer à Matadi, au ravin Léopold et sur la
Mpozo.
Avant de rentrer en Belgique, Thys se rend dans la colonie
de l'Angola et visite successivement Saint-Paul de Loanda,
Novo-Rodondo, Benguela et Mossamédès où il conclut
d'importants contrats relatifs aux exploitations de l'île
de Mateba. A cette époque celle-ci comptait deux à trois
cents tètes de bétails. Depuis lors, grâce aux importations
du sud, la Compagnie des produits du Congo a été à
même de fournir de la viande fraîche à la Compagnie
du chemin de fer, sans interruption, satisfaisant à tous
les besoins des blancs tout en augmentant graduellement
les troupeaux de l'île. Ceux-ci comprennent aujourd'hui
plus de six mille têtes de bétail.
En 1891, Thys fonde la Compagnie du Katanga et
organise les puissantes expéditions qui sous les ordres
d'Alexandre Delcommune, Stairs, Bia, Francqui, assureront
définitivement à l'Etat la possession de cette importante
et riche province.
Troisième voyage, 1892.
Le troisième voyage de Thys pour le bas Congo, le 5 juin
1892, a pour objet l'inspection des chantiers de la Compagnie
du chemin de fer et des établissements des sociétés bel-
— 7:u —
n-os. L(^ c'a])it:iino assisto à rinau^uralioii du i)onl, do la
Mpozo, 1(^ !> juillel,; lo hîndcinaiii, il ((iiilU} Matadi avoc
('JiariuaniH^ vl l^^spaiioL (^l l'ail la l'LM'onnaissanco du tracé
jusqu'au kilonièlro 130. Los voya^-ours rontront lo 11) juillot;
Thys l'osto au ('on^o ol visiter Loau^'-o aveo Camille Del-
comuuino; à son retour, il passe huit jours dans les 6ta-
blissenienls et les kraals (U\ l'ile d(^. Mateba. Kn compagnie
du gouverneur-g'énéral Wahis, il i)arcourt les travaux
jusqu'au kilomètre 22 de la ligne, les treize premiers
kilomètres se faisant en train.
Après un nouveau séjour à Mateba avec Emile Delcom-
mune, il rentre en Europe le 25 septembre.
Quatrième voyage, le 6 juin 1893.
Tbys repart une quatrième fois à bord du steamer Lulu
Bohien, le G juin 1893, avec Georges de Laveleye, admi-
nistrateur, membre du comité permanent de la Compagnie
du cliemin de fer du Congo, et l'ingénieur Cbarmanne,
directeur en Afrique de la même société. Mme Georges de
Laveleye accompagne son mari en Afrique.
Après les déboires, les rancœurs de la chasse aux premiers
millions pour la constitution de la société étaient arrivés les
désastres de la construction, la mortalité effrayante des
ouvriers, les difficultés du terrain, la roche d'une dureté
excessive, le travail au fond de la gorge de la Mpozo où
la chaleur est effroyable, le découragement des ingénieurs
et, en Belgique, les clameurs et les récriminations. Les
devis primitifs sont reconnus inexacts, les millions souscrits
sont engloutis et il faut de nouvelles ressources; puis, le
temps prévu pour la construction est notoirement insuffisant.
A. J. Wauters, secrétaire de la Compagnie, a tracé,
dans le Mouvemeyit géogi^aphiqiie, un tableau navrant de
cette phase douloureuse.
« Le personnel inférieur est décimé. Le manque de con-
fort, de vivres frais, l'action débilitante de la température
— 732 —
qui, dans ces ravins et dans ces précipices dépourvus de
toute vég-étation, est extraordinairement élevée, la diffi-
culté des travaux à exécuter, les maladies contagieuses
telles que la dysenterie, la cachexie paludéenne et le béri-
béri, tout contribue à rendre excessif le taux de la mortalité.
Sur quatre mille cinq cent hommes passés sur les chantiers
de janvier 1890 à mai 1892, neuf cents ont succombé!
" Une semblable proportion de décès suppose un chiffre
d'invalides plus grand encore. Chaque départ de bateaux
emporte des malades par centaines.
-^ Ces calamités jettent l'effroi parmi les contingents réduits.
Les désertions se multiplient, des révoltes éclatent; la démo-
ralisation et le désespoir sont complets dans le personnel
noir, qui fond littéralement. Des ouvriers qui ne travaillent
que forcés et qui restent insensibles même à la retenue
de leur salaire, ne peuvent donner qu'un rendement médiocre:
sur les huit premiers kilomètres, la production quotidienne
du terrassier de couleur n'a jamais dépassé un tiers de
mètre cube.
« En même temps, et par contre-coup, la situation finan-
cière de la Compagnie devient des plus graves. Avant le
kilomètre 3 on a déjà dépensé six millions. Le 30 juin 1892,
au kilomètre 9, les travaux et les frais généraux ont absorbé
onze millions et demi de francs, près de la moitié de l'avoir
social, dont l'insuffisance est dès lors flagrante. ^
L'hostilité des hommes et des choses n'arrête pas
Thj^s et tandis qu'il fait redoubler le travail en Afri-
que, qu'il enjoint aux ingénieurs de passer à tout prix, à son
retour il s'occupe en Belgique de parer aux difficultés finan-
cières, donne conférences sur conférences, écrit brochures
sur brochures, relève les courages abattus, et impose sa foi.
L'amélioration des conditions sanitaires, l'expérience
acquise et un ingénieux système de primes développent
la productivité des ouvriers nègres et accélèrent graduelle-
ment la marche dos tr.ivaux, tout en diminuant considé-
rableinent les iVnis, C'est on 180:3 (\\\c \\\ locomotive utteini
le col (le Palahala (kilomètre IC)). Dès lors, l'avancement
prend une allur(^, l)lus rapide: la i)remi('Te section de la
li«^Tie, comprenant (piarante-deux kilomètres, peut être inau-
gurée j)ar le g'ouverneur p^'ènc'ral Wahis, le 4 décembre.
Tandis ([u'en Africjue, la situation redevenait relativement
satisfaisante, elle restait grave en Helgique: l'insuflisance
du capital était évidente et la compagnie allait devoir
prendre des mesures énergiques, pour accroître à brève
échéance ses moyens financiers. Les établissements belges
qui avaient participé à la formation du capital de la com-
pagnie en 1889, n'abandonnèrent pas celle-ci dans ces
moments difficiles: dès le 31 mai 1894, ils se constituèrent
en syndicat et lui garantirent le placement d'un premier
emprunt de six millions de francs pour la continuation
des travaux. De son côté, l'Etat belge, principal action-
naire de la société, lui conserva sa confiance et se montra
disposé à lui faciliter sa tâche; mais des manœuvres de
parti et certaines circonstances firent, qu'à la Chambre,
l'opposition parut un moment devoir triompher des sym-
pathies du Parlement. (A. J. Wauters. L'Etat ind. du
Congo, p. 360.)
Les 26, 27 et 28 juin 1895, les mesures provisionnelles
proposées par le gouvernement en faveur du Congo sont
discutées et votées par les Chambres.
Le 6 août, une commission d'enquête, nommée par le
gouvernement belge, est envoyée au Congo pour faire rap-
port sur l'état actuel des travaux et sur l'avenir de l'entre-
prise. La mission se compose des ingénieurs Francken,
Huet et Claes, et du géologue Cornet.
Cinquième voyage, 1895.
Les fatigues ne sont rien pour Thys, entièrement dévoué
à son œuvre et résolu à la faire triompher par dessus
tous les obstacles. Il retourne donc une cinquième fois
au Congo, le 19 juillet 1895, avec le lieutenant Lemaire.
— 734 —
Gomme administrateur-direcleur général de la Compagnie
du chemin de fer, il va procéder à une inspection générale
de la ligne et de ses installations.
Il rejoint à Lisbonne les membres de la commission
d'enquête et, en septembre, il suit avec eux le tracé de
la voie depuis Kimpesse jusqu'au Stanley-Pool; il s'em-
barque à Kinshassa et se dirige vers l'Equateur.
Rappelons que le 15 novembre 1895, le chemin de fer,
sous la direction de l'ingénieur Goffln, était arrivé au
kilomètre 135 et que les terrassements étaient attaqués
au kilomètre 152. Les quatre-vingts premiers kilomètres
étaient déjà en pleine exploitation et la recette de juillet
à octobre donnait trois cent huit mille francs.
Le major ïhys rentre en Europe le 7 décembre 1895,
avec la commission d'enquête.
Disons ici, avec M. Maurice Normand, de V Illustration,
que le capital primitif de vingt cinq millions fut complè-
tement absorbé bien avant l'adoption, par les chambres
belges, du plan financier qui devait permettre l'achèvement
du chemin de fer. L'opposition radicale fut irréductible après
même que l'on eut atteint la Palabala. A un moment
donné, pour ne pas interrompre complètement les travaux,
on leur consacra jusqu'aux cinq cent mille francs de cau-
tionnement des administrateurs et des commissaires.
Le 15 mai 1896 seulement, la convention entre l'Etat belge
et la Compagnie fut votée, la souscription de la Belgique
élevée de dix à quinze millions, l'aval du trésor accordé
à une émission de dix millions d'obligations, le capital
social porté au total de soixante millions.
Sixième voyage, 1896.
Tant de labeurs commençaient à porter leurs fruits et
le succès allait couronner des efforts restés jusqu'ici à peu
près sans compensation. Thys se rend le 23 juin 189G au
Congo via Lisbonne, pour assister à l'inauguration de la pre-
mière moitié de la ligne, ({ui comporte à ce moment
cent quatro-viii^t-huil kiloiu(Mr(»,s, de, Mahidi :i 'rmnl)a. \a\
cérémoiiic a lieu le 22 juillet ISlxi; dlci est |)r(''.si(lée par
1(^ vice-^'ouverueur Waii^"ei*iii(''(\ Tliys nMiIrci en l^]uro[)e ae-
('()mj)aiiné (1(^ l'ingénieur Trouel, le, i:; s('j)leinl)i'(î vifi Mar-
s(m11(\ Son voyage de Bruxelles au vStanhîV-l^ool et son
retour en Helgi([ue ne lui ont demandé (\n() soixante-ein({
jours. Quinze ans auparavant, le lieutenant Valcke mettait,
deux jours de plus pour la seule traversée de Liverpool
à Banana!
Dès le 14, au matin, Thys donne lecture au conseil per-
manent d'un volumineux dossier (').
Septième voyage 1897.
Son activité se trouve pleinement récompensée en 1897.
Le 10 octobre de cette année, il prend passage à Bordeaux,
avec l'ingénieur Trouet sur le steamer Pernambuco.
Le steamer fait escale à Libreville, et y prend à son bord
M. H. de Lamothe. Le gouverneur général de la colonie
française sera officiellement reçu à Boma et à Matadi,
d'où le major Thys le conduira en train spécial, jusqu'au
point terminus de la ligne.
Le major Thys triomphe deux ans plus tôt qu'il ne l'a
prévu. Mais aussi il s'est dépensé sans compter pour son
œuvre. Trois cent cinquante-cinq conférences forment le
bilan de ces énergiques efforts de persuasion patriotique.
Le IG mars 1898, l'ouvrier Gerôme, qui a donné le pre-
mier coup de pioche, au début de la construction de la
ligne cà Matadi, il y a exactement huit années, et qui
inventa, à la Mpozo, les échelles d'où, suspendu au-des-
sus du précipice par une ceinture de sûreté, il minait
les rochers, pose le dernier rail du Stanley-Pool. L'évé-
nement est proclame au loin par une salve de vingt-et-
un coups de canon.
(1) Voirie compte-rendu de l'inauf^uration Matadi-Tumba dans le l'apport
du colonel Thys au Conseil d'administration, septembre 1896 (16*' fascicule).
— 730 —
Les trois cent quatre-vingt-huit kilomètres de ligne sont
couverts. Goffin, directeur, serre les derniers boulons, en
présence des ingénieurs Paulissen, Gito et Cote, Goster-
mans, commissaire de district à Stanley-Pool, Mgr Augouard,
évoque français résidant à Brazzaville et l'abbé Bert,
curé de l'Inkissi.
La rive du Pool est atteinte à Dolo par la locomotive
triomphante. L'achèvement du chemin de fer, après ce
labeur, est le triomphe de l'esprit d'entreprise belge, en
même temps que l'honneur de la main-d'œuvre africaine.
Gar la collaboration de la race noire a montré l'aptitude
des nègres au travail (').
Th,ys revient le 20 décembre à Libreville (Gabon) sur
le steamer Stamboul, et arrive le 13 à Marseille.
Le 19 janvier, à l'assemblée générale ordinaire de la
Gompagnie du chemin de fer, il fait rapport sur son der-
nier voyage.
Le chemin de fer, qui devait être achevé en quatre ans,
ne l'a été qu'au bout de huit, et il a coûté soixante mil-
lions au lieu de vingt-cinq. Il est bon de remarquer toute-
fois que si l'on s'est montré en 1889 trop optimiste au
double point de vue de la durée et du coût de la cons-
truction, les prévisions de recettes étaient en revanche,
à cette époque, d'une excessive modération.
On avait bien annoncé le développement rapide des
transports entre le haut et le bas Gongo, mais on n'avait
pas voulu l'escompter. On regardait comme un minimum
de recettes, pendant les premières années, un chiffre
(1) Rapport fait à l'assemblée générale ordinaire de la Compagnie du
Chemin de fer du Congo, le 18 janvier 1893.
« Des ouvriers ont été recrutés chez les Sierra-Léonais, les Krooboys, les
Accras, les Popo, les Sénégalais, les Bathurst, les Lagos, les Elmina, les
Wydah, les Monroviens, les Haoussas, les Zanzibarites. Des recrutements
ont été faits aux Antilles et aussi en Chine. Peu après, les recrutements
furent interdits à Zanzibar, au Sénégal, ainsi qu'à la Côte d'Or et à la
Côte d'Ivoire. »
— l'M —
nniHK^l de {\r\\\ millions cl (hMiii pour (oulo l:i IIlîmc. Or,
il sulliL de coiisuller les rapports cl los proces-vorljaux
(le la société pour voir (pi(^ sur la seules section Matarli-
'funiha (lis kil()ui(3tres), r(^\j)l()itation [)rovisoiro a accusé,
en 1897, 3,350,000 francs de recettes. Pendant l'année 1907,
les recettes mensuelles se sont élevées à 944,000 francs
pour janvicu", 840,000 francs pour février et 11,313,425 francs
l)()ur ranné(^, 190() entière.
Avant l'établissement de la voie ferrée, on ne demandait
g-uère au Congo que de l'ivoire, parce (jue l'ivoire seule-
ment supportait les frais de portage ou plutôt parce que,
le portage n'ayant à sa disposition qu'un personnel limité,
il convenait de l'emplo^^er uniquement au transport le
plus rémunérateur. En 1889, cent vingt tonnes d'ivoire,
formant six mille charges, constituaient tout le trafic
d'exportation sur lequel tablait la Compagnie.
Aussitôt que la voie est établie, on songe à demander
au Congo le caoutchouc, et il le donne. A mesure que
l'exploitation provisoire se rapproche du Pool, à mesure
que la route de portage se raccourcit, le transport du caout-
chouc vers Matadi s'accroît: douze cents tonnes en 1896,
dix-huit cents en 1897. Les chiffres étaient de 4,442,667
kilogr. en 1905 et de 4,593,750 en 1906.
Après l'ivoire et le caoutchouc viendront les produits
des plantations: café, cacao, produits oléagineux, céréales.
Huitième voyage, inauguration du chemin de fer, 3 juillet 1898.
V Albertville quitte Anvers, le samedi 11 juin 1898, empor-
tant au Congo les envoyés officiels des neuf puissances
signataires de l'acte de Berlin, le représentant du Roi-
Souverain, les délégués des Compagnies de chemin de fer
et de la Presse, ainsi que de nombreux invités, qui vont
assister à la cérémonie, attendue depuis si longtemps par
l'Europe entière, qui a les yeux fixés sur les efforts des
Belges dans leur colonie africaine. Car l'inauguration offi-
- 738 —
cielle du chemin de fer de la rég-ion des cataractes mar-
que une heure décisive dans l'histoire de la colonisation.
Ce chemin de fer de quatre cents kilomètres va ouvrir
à l'activité, à l'initiative commerciale l'accès de territoi-
res immenses qui constituent comme un second continent
africain.
La solennité a lieu à Borna, le dimanche 3 juillet 1898
en présence des représentants du roi-souverain, de la Bel-
gique, de l'Etat indépendant du Congo, de l'Allemagne, de
l'Autriche-Hongrie, de l'Espagne, de la France, de la
Grande-Bretagne, de l'Italie, du Portugal et de la Russie
et des délégués de la Compagnie du chemin de fer.
Un Te Deum est chanté pour commémorer, en même
temps, le treizième anniversaire de la reconnaissance offi-
cielle de l'Etat.
Une revue des troupes indigènes de la garnison de Boma
est ensuite passée par le lieutenant-général Daelman, repré-
sentant le roi-souverain. Le défilé, d'une correction parfaite,
impressionne vivement les spectateurs.
Le 4 juillet, des fêtes ont lieu à Matadi et à Tumba;
le 6 juillet, à Léopoldville, un banquet officiel réunit cent
trente trois couverts. M. Fuchs, faisant fonction de gou-
verneur général, déclare officiellement ouverte au trafic
public la ligne de Matadi à Stanley-Pool.
Le major Gilson, délégué du Club Africain, qui assiste
à l'inauguration du chemin de fer et qui a fait la relation
du vo3^age de VAni^ej^s ville, dit à ce propos:
« Neuf ans déjà! C'est en 1889, en effet, que fut fondée la
Compagnie du chemin de fer du Congo, C'est à partir de cette
époque qu'à Matadi, ce rocher aride où depuis 1885 était fondé
un poste, c'est à Matadi, qu'a surgi une ville nouvelle, sœur des
innombrables cités qui couvrent, à l'heure actuelle, les terres
sauvages de l'Afrique équatoriale.
» Combien ont dû battre les cœurs de ceux qui se trouvaient
là-bas, lorsque le panache de fumée de la première locomotive
— 739 —
s'est irllétée [)()Ui' l:i jji'cinirrc (ois dans l(;s eaux du Pool. Désormais la
distance n'existe plus: ri'haiiui, la Monj^^ala, rUelc, le Manyenia, h;
Sankuru, le Kasaï sont à (iiichiucs Journées (h; l'Océan; h; poi^aiant
isolemcMit dans IcMpiel S(î irouva.i(Mit nos compatriotes n'existe [)lus;
aux privations inévitabhîs vont succéder l'abondance et le confort.
Quel splendide avenir s'ouvre jxxir le Congo, alors (pio dans le
passé, malgré toutes les dilllcultés, les Belges en ont fait ce que
nous voyons aujourd'hui, le (> juillet ISOtS, jour où M. Fuclis,
gouverneur général, a déclaré à Stanley-Pool définitivement ouverte
à l'exploitation publique la ligne Matadi-Stanley-Pool. La date du
6 juillet 1898, restera une des plus importantes de l'histoire de
l'Afrique centrale, car l'événement qu'elle rapi)ellera à jamais marque
une des grandes étapes de cette histoire: il consacre d'une manière
définitive la prise de possession, par la civilisation, d'une immense
région de ce continent mystérieux dont le roi disait, il y a vingt-cinq
ans qu'elle était la seule partie de notre globe que la civilisation
n'eût pas encore pénétrée.
» L'année 1898 marquera dans l'histoire de l'Etat du Congo,
presqu'au même titre que celle de 1885.
» Si celle-ci vit la fondation politique de l'Etat, si elle fut le
couronnement de cinq années d'audacieuses explorations et de vail-
lants exploits, celle-là marque, pourrait-on dire, la date de sa
fondation économique; elle termine neuf années de labeur acharné,
neuf années de lutte industrielle et financière pour rattacher le centre
de l'Afrique centrale au monde par un rail.
» Le major Thys, ce grand reraueur de pierres, d'hommes et de
capitaux, comprit quand personne ne voulait comprendre. Il osa,
quand personne n'osait. De militaire, il se fit successivement orateur,
ingénieur, financier, pour entamer son œuvre, pour la continuer
et la finir.
» Pendant neuf années, il a été l'âme de cette armée de travail-
leurs qu'il avait lancés sur les rocs de la Mpozo ou sur les plateaux
de Tumba; pendant neuf ans, il a dirigé ce combat, contre la fièvre
et les éléments en Afrique, contre la crainte et la malveillance en
Europe. Bulletins de désastres ou bulletins de victoires rien ne l'a
fait dévier. Sous la tempête déchaînée, aux heures sombres où la
- 710 —
mort frappait là-bas, comme sous les éloges qui lui sont venus avec
rachèveraent de son œuvre, il est resté le soldat impassible con-
duisant la bataille (').
Le licuteiiant-c'olonol Tliys rentre en Europe le 6 août 1898.
Neuvième voyage, 1889.
Accompagne de deux de ses fils, Franz et Robert, ainsi
que de Valère Mabille, le colonel repart une dernière fois
pour l'Afrique, le 1) août 1899, et retrouve à Lisbonne Alexan-
dre Delcommune. V Anversville fait, cette fois, exception-
nellement escale à Belem, à l'embouchure du Tage, pour
permettre aux voyageurs de prendre passage à son bord.
Thys revient en Europe, le 29 septembre 1899, et con-
tinue à se consacrer au développement des sociétés colo-
niales, dont il a la haute direction.
Le colonel Thys n'est plus retourné au Congo, depuis
lors, mais il a entrepris successivement trois voyages en
Amérique:
En novembre 1900, il s'est rendu à New- York avec
E. Francqui et l'avocat Gaston Périer, son gendre, pour
traiter d'importantes questions se rapportant aux intérêts
belges en Chine.
L'année suivante (1901) il a séjourné avec Devolder et
Périer, à New-York et au Canada.
Enfin, en février 1904, il passe de nouveau quelques
mois dans la capitale des Etats-Unis et au Canada.
En 1904, Sona Gongo, station de la ligne Matadi-Stanley-
Pool à sept cent quarante mètres d'altitude, est appelée
Thysville, en l'honneur du promoteur de la grandiose
entreprise.
(1) Le chemin de fer. L'œuvre coloniale du Roi en Afrique, par le major
A, GiLSON.
— 71i —
Tliys est actiielleiiionl, colond (l'Ktnl-iiuijor de réserve,
ancien officier d'ordonnance du roi, administra leur-direc-
teur général de la Compa^'-nie du chemin de fer, de la
Compagnie du Con^o pour le commerce et l'industrie,
de la Compagnie du Lomami, de la Banque d'Outremer,
de la Compagnie du Katanga, d(; la (compagnie des
magasins généraux et de la Compagnie des produits;
administrateur de la Compagnie du chemin de fer du
Congo aux Grands Lacs, etc.; officier de l'Ordre de Léo-
pold, chevalier de l'Ordre royal du Lion, commandeur
de la Couronne du Congo, de l'Etoile brillante de Zan-
zibar, de Notre-Dame de la Conception de Villa-Viciosa
du Lion et du Soleil, grand-officier de l'ordre du Nichan-
el-Anovar; officier des ordres de la Légion d'honneur, de
la Couronne de chêne, de la Couronne d'Italie et des
SS. Maurice et Lazare, chevalier de la Couronne royale
de Prusse et de l'Ordre de Léopold d'Autriche; décoré
de seconde classe de l'Ordre de Sainte-Anne, de la Croix
militaire de deuxième classe.
PUBLICATIONS :
Carte du Kasaï et de la Lulua au 200,000e, ^q Kwamouth à Luebo, publiée
par l'Institut national de géographie, 1888.
Au Congo et au Kasaï. (Weissenbruch, 1888),
La Lomami rectifié d'après les découvertes de Delcommune.
Rapports présentés aux assemblées générales de la Compagnie du chemin
de fer. (1 br.).
La reconnaissance commerciale du haut Congo. L'avenir du chemin de fer
au Congo. (Bulletin de la Société royale de géographie d'Anvers
1889. 1 br. in-8o).
Des débouchés que la Belgique peut trouver au Congo. (Bulletin de la
Société belge des ingénieurs et industriels, 1886).
La reconnaissance commerciale du haut Congo. L'avenir du chemin de fer
du Congo. (Extrait du Bulletin de la Société royale de géographie
d'Anvers, 1889, 1 br. in-8o).
— 742 —
Dans la région des chutes. Le marché de Kouzo-Kienzi (Mouvement
géographique, 1887, p. 103).
Mœurs et coutumes. Femmes, chefs, petits chefs, petits capitas. (Mou-
vement géographique, 1888, p. 18),
L'œuvre africaine du roi Léopold II et la reprise immédiate du Congo
par la Belgique. (1 br. in-8o de 43 p., Biuxelles. Cercle africain
1895).
Vannexion du Congo. (1 br. in-8o de 32 p., Bruxelles, Weissenbruch,
1895, et Mouvement géographique, 1895, pp. 26-38).
Historique de la fondation de l'Etat indépendant du Congo et orga-
nisation de celui-ci. (Bulletin de la Société des ingénieurs et des
industriels, Bruxelles, 1886).
V Afrique centrale et l'Association internationale africaine. (1 br. in-12
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Règlement pour les agents en service. (Bulletin officiel de l'Etat indé-
pendant du Congo, 1894, p. 142).
L'inauguration de la 1^ section {Matadi- Kenge). Discours du gouverneur
général major Wahis. (Mouvement géographique, 1894, p. 3).
Rapport du Conseil à l'assemblée générale du M janvier 1894. (Bruxelles,
Weissenbruch, 1894].
F. Intervention du gouvernement belge. Emprunt hypothécaire.
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Chambre des représentants . Literpellation Lambiotte. (Annales parle-
mentaii'es du 24 avril 1894 et Mouvement géographique, 1894, p 35).
Rapport du conseil aux assemblées générales des 25 avril et 16 mai 1894,
projet de convention à conclure avec l'Efat belge. (1 br. in-8o, Bru-
xelles, Weissenbruch, 1894).
■A
CHARMANNE, Hector.
Cliché du Mouvement géographique.
— 747 —
CHARMANNE, hector. jules joseph.
ii(> [\ Vv('s-(ioiii{»/('îO ([)r()\iiic(i (le iNniuur), lu 1 j;ni\i<M' l<srir*.
In<4(''niour dos arts cl manuracturos, du <j!;rm(\ civil et des
iiiines des Ecoles spéciales de l'IIniversilé de Loiivaiii (iH74).
Lors(iue Stanley, après son ina^nifi(jue voyage à travers
l'Afrique, apprit au monde civilise ([u'une zone montagneuse
d(^ trois cents kilomètres seulement séparait les vastes pla-
teaux du Haut-Congo de l'Océan, la question du chemin
de fer du Congo fut posée.
En 1880, la Compagnie du Congo pour le commerce et l'in-
dustrie fut fondée. Son but princi[)al et immédiat était l'étude
du chemin de fer, qui devait faciliter l'accès au haut bassin
du lleuve et son exploitation commerciale et industrielle.
Préparé par une longue pratique et une parfaite con-
naissance de la construction des voies ferrées, acquises au
chemin de fer du plateau de Hervé d'abord et en Tunisie
ensuite, Charmanne s'engage au service de la Compagnie
du Congo, en qualité de chef de brigade pour les études
du chemin de fer projeté entre Matadi et Stanley-Pool et
s'embarque pour le Congo, le 8 mai 1887, avecThys, Cambier
et Vauthier.
Dès le 15 juin est entreprise la reconnaissance de la région
comprise entre Matadi et Léopold ville.
« La mission d'études devait faire une reconnaissance d'ensemble
» et des cheminements, en vue de déterminer la direction à adopter ;
» puis, elle lèverait au tachéomètre une zone de cent à quatre
» cents mètres de largeur, dans laquelle put s'incrire un tracé
» comportant des inclinaisons maxima de quarante-cinq millimètres
» par mètre, en alignement droit, et des courbes d'un rayon de
» cinquante mètres au moins, évitant les tunnels et éi)Ousant le
» terrain autant que possible, afin de réduire au minimum l'im-
» portance des ouvrages d'art et des terrassements.
» Le plan serait dressé à l'échelle de un à cinq mille et l'équi-
» distance varierait de un k cinq mètres d'après FfiUure de la
— 748 —
» zone lovée; les abords des ouvrages seraient levés en diUail et
» rapportés à l'échelle de l/1000^
» Tous les renseignements sur rem[)lacement, l'importance et la
» nature des ouvrages, r(Mn})lacement et les conditions d'étal)! issc-
» ment des prises d'eau et des gares, la nature du sol, la dureté des
» roches, les lignes des [)lus hautes eaux, la valeur et le coût de
» la main d'onivre, etc., devaient être soigneusement recueillis. En
» l'ésumc', la mission avait à réunir tous les éléments nécessaires
» pour l'établissement d'un avant-projet et d'un devis a])proximatif.
» Elle (hwait, clia,(jue Jour, calculer les côtes, les distances et
» les coordonnées, rapporter sur les plans toutes les opérations
» faites sur le terrain et classer tous les croquis cheminements
» et renseignements divers. Elle devait aussi fixer au théodolite
» les coordonnées astronomi(jues des deux terminus et de quehpies
» })oints intermédiaires du tracé.
(Le chemin de fer du Congo, par Louis Goffix, \). 24).
A la fin de juillet 1887, le directeur des études, Cambier,
douze ingénieurs et un médecin sont réunis à Matadi.
Gharmanne prend le commandement de la deuxième bri-
gade de l'expédition, tandis que Cambier dirige la première.
Les études du tracé sont commencées au mois d'août 1887.
« Les brigades tachéométriques se composent chacune d'un chef
» de brigade faisant les croquis à vue de la zone levée, choisis-
» sant les stations et plaçant les i)orte-mires, d'un opérateur à
» l'instrument et d'un opérateur au carnet. Elles lèvent des sections
» de cin(| à dix kilomètres, se dépassant successivement les unes
» les autres, à mesure de l'avancement des opérations. Des Haoussas
» (nègres de la Côte d'Or) des Cafres et des Zoulous servent
» de porte-mires, débroussent et déboisent des laies de visée, à
» la machete (sorte de sabre hache) et à la scie articulée ; ils
» aident les porteurs indigènes lors des changements de camp.
» Les blancs logent sous la tente et les noirs en plein air, autour
» des feux ou sous des a])ris improvisés faits d'herbages.. Les
— 7.10 -
» lirii;';i(l('s I r;i\ aillciil de six liciircs du iii;iliii ;i midi siii- le tcn'Jiiii,
>'^ It'vanl cliaciiiic de (iiiad'c a ciiui cents poiiils eu nue iiiatiiK-c cl,
» Caisaiil des stations ('doiiiiKM's de trois coiit s met rcs an iiiaxinnuo.
» Los plans sont ('on'e<'tionn(''s rapi-rs-inidi dans nnc tcntc-lnirran.
» L^nanceiiUMit (|Uoti(li(Mi du Icnci', dans ces rt'^ions vierges,
» accidonlôos, d(''|ionr\ nés de routes, couvertes d'Iierlies de trois
» à (juatre mèti'es de hauteur, parsoinées de l)ois et, de marais,
» coupi'es lVé(juomment }iar d(\s rivières ci des ra\iiis, Int. r(dati-
» vcMiient ra})ide. 11 était i)r('[)ar(' ci facilito [)ar une reconnaissance
» préalable qui permettait aux brigades tachéoniétriques de lever
» sans tâtonnement, sans recherches, presfpie m(''cani(jnement. »
(Le chemin de fer du Congo^ yav Loris (iokfin, }). 2.")).
Les opérations sont suspendues en décemljre, à cause des
chaleurs, et reprises en juillet 1888.
Pendant l'absence de Ganibier, rentré en Europe, Gliar-
nianne est mis à la tête de l'expédition réunie (18 juillet
1888) et arrive à Kinshasa sur le Stanlcy-Pool, avec l'avant-
^arde le 4 novembre 1888, après avoir achevé le levé complet
des quatre cents kilomètres de la voie ferrée.
« Le lever avait donc été fait à raison de quarante kilomètres en
» moyenne par mois, dans un pays entièrement neuf et très tourmenté,
» où les difficultés étaient, par endroits, vraiment accumulées (id.) »
Les premières études tachéoniétriques sont terminées en
décembre 1888 et les ingénieurs rentrent en Europe l'année
suivante.
Les résultats, avec le devis général de l'entreprise et
le cahier des charges, furent consignés dans un fascicule,
connu sous le nom de Brochu7^e blanche, qui contenait un
exposé complet et probant de la question. Elle concluait
c{u'un capital de vingt-cinq million suffirait pour construire,
entre Matadi et le Pool, une voie de ([uatre cent trente-
six kilomètres de longueur, acheter le matériel roulant.
— 750 —
couvrir les frais généraux et servir les intérêts intercalaires
pendant la période de construction, évaluée à (juatre
années (').
La compagnie du chemin de ier du Congo fut constituée,
au capital de ving"t-cinq millions de francs, le 31 juillet
1889 (2) (^).
Tliys — qui s'était cliarg-é de la direction générale de l'entre-
prise, et allait se rendre chaque année en Afrique, pour
s'assurer personnellement de la marche des travaux et
arrêter, avec le directeur, les dispositions générales à pren-
dre — s'était adjoint, à Bruxelles, Gambier, ancien direcleur
des études tachéométriques, le major Laurent, A. J.Wauters,
secrétaire général, et l'ingénieur Trouet, chef du bureau
technique, chargé de la commande des tabliers métalliques,
du matériel fixe et du matériel roulant
La direction générale à Bruxelles eut une tâche très rude.
Elle eut à engager, au cours de la construction, mille trois cent
quarante-neuf blancs, ingénieurs, conducteurs, employés, arti-
sans. Elle dut faire recruter à Zanzibar, au Sénégal, à Lagos,
aux Açores, au Dahomey, à Sierra Leone, aux Antilles, plus
de quinze mille noirs; à Macao, cinq cent vingt-neuf coolies.
Elle fut contrariée dans ses opérations de recrutement, à la
côte occidentale d'Afrique, d'abord par la panique qu'y avait
jetée l'excessive mortalité des débuts, ensuite parles gouver-
nements locaux qui empêchaient, autant que possible, l'ex-
patriation de leurs indigènes, l.a direction avait aussi à
approvisionner tout ce monde de vivres pendant huit années.
(1) L'Etat indépendant du Congo, par A J. Wauters. p. 359.
(2} La compagnie a eu successivement comme président : Sabatier; Jules
Tlrban; Ed. Despret et De Volder. Le comité permanent d'administration
est composé aujourd'hui du directeur général, du président, du vice-président
et de Jean Cousin, Georges de Laveleye et Frans E^hilippson.
(3) Pour la constitution de la Compagnie du Congo pour le commerce et
l'industrie et de la Compagnie du chemin de fer du Congo, voir chapitre
II du remarquable ouvrage de M. Oortin. Le chemin de fer du Congo.
— /;rl —
l'Jlo comiiinntln el e\p(''(li;i I(^ miil/'iid lixc, le nKiléi-id l'oii-
ImiiL roulilhiiîc, les iii;il(''i'i;iii.\ (h' conslriidion (').
Investi, \)[\v l;i (]()ini);i^iii(i du cliciiiiii (l(i IVm', coimiio in^V;-
nn'wv en cIk^I", de la dircclioii des travaux de la construction
en Arii(iu(% (^harmanne s'enibar([ue, le (> lévrier 1890, à
Lisbonne, accomi)agné de l'ingénieur Lani])otte, — (|ui a
('gaiement fait les deux campagnes de la brigade d'études,
— de Maka et Beunck, comptables, de Grumieaux, conduc-
teui' de travaux, de Moers et Legros, magasiniers, et de De
Dobbeleer, monteur (-)•
Gharmanne avait la charge des études définitives et de
la construction, ainsi que de l'exploitation, sur les sections
(jui seraient successivement ouvertes au trafic. Et, au préa-
lable, c'est à lui qu'était réservée la tâche difficile d'installer
les premiers campements à Matadi, sous les latitudes équa-
toriales, dans un endroit aride, désert; d'édifier les premiers
bâtiments, d'organiser les services, de créer de toutes pièces
une gare de formation et un port, de former les équipes
de travailleurs, d'attaquer les premiers kilomètres, de les
accrocher le long des flancs à pic au-dessus du Congo.
En mars eut lieu l'ouverture des travaux de la construc-
tion, sous la direction de Gharmanne.
" Le premier travail à effectuer, en même temps qu'on
V s'organisait au point de départ, était d'implanter l'axe defi-
» nitif sur un certain nombre de kilomètres, pour pouvoir
îî placer en chantiers, les contingents de travailleurs, qui
« allaient bientôt être mis à la disposition de la direction.
« Une brigade d'études fut formée et eut pour chefs suc-
« cessifs: Vauthier qui, à la suite de fièvre, dut regagner
« l'Europe au mois d'octobre 1890; Bergier, ingénieur fran-
(1) Les considérations techniques de cette notice sont empruntées au
livre de M. Goffîn.
(2) Dès le 7 janvier 1890, les premiers ingénieurs se trouvaient au Congo
avec le docteur Bourguignon: Vauthier, Bergier, Paulissen, Gottin, et enfin
Biermans et Cote.
— 752 —
rais f{iii, rentré malade à Paris, y mourut en 1901; Bastin,
({uo la fièvre enleva en 1891, et Adam, occui)é actuelle-
meul à construire les chemins de fer du Congo supé-
rieur (').
,, Kn môme temps que la l)rigade d'études définitives
faisait l'implantation de l'axe, il fallait tout d'abord orga-
niser Matadi, point de départ. On commença par élever
sur les parties émergentes de la petite plaine basse et
sur les escarpements circonvoisins, des baraquements en
planches pour le personnel blanc et pour le personnel
noir, ainsi que des magasins pour les vivres, l'outillage
et le petit matériel. On établit sur pieux à vis un pier
métallique, auquel les navires de haute mer, purent
bientôt venir décharger les approvisionnements de toutes
espèces, envoyés pour les besoins des travaux (^). »
*
* *
Le 1 juillet 1890, la direction disposait de quatre cent
sept Krooboys et de cent quatre-vingt-deux Zanzibarites,
en tout cinq cent quatre-vingt-neuf travailleurs, dont beau-
coup étaient employés à la construction du pier et des
magasins et logements provisoires. Avec les quatre cent
trente noirs restants (parmi lesquels il y avait cent soixante-
dix gamins) et vingt-huit mineurs italiens, on commença
les travaux d'infrastructure. Le pied des montagnes de Matadi
fut attaqué à la dynamite et la partie basse, submergée
aux hautes eaux, fut remblavée.
(1) Pour les travaux de la brigade d'études, voir Chapitre V. Etudes défi-
nitives et implantation de l'axe. Le chemin de fer du Congfiy par L.
GoKFix. Weissenbruch. Bruxelles, 1907.
(2) Matadi est actuellement le port le mieux outillé de toute la côte
occidentale d'AlVicjue, et le seul, avec Borna, ou les navires déchargent
leurs marchandises et prennent leur chargement directement dans les^
wagons de chemin de fer.
- 75:^ -
L(^ 8 so|)toml)ro 1S90. (]li;inii;mii(^ oxjilni'c ;iv(îc Hnslin.
Sjoki'oïKi cl Mn^cM'v, l;i l'i'i^ioii (jiii s'cilciid ciilfc le rc.père,
jippclc sur les (Mi'lvs le Moiiolillie (i'i\(^, droilc de l;i lioin-
J)isi) ol \(\ c'(Mil,i'(^ popiihuix (le Kiiisuk;i, dnns hî huL do
recherclK^' pour le clieniin do for un U'aco [)lus court ol
plus facilo ([uo celui qui avait otô ])rovisoiroineiit adopté
on 1888, via Kimpeso.
Los doux soulos rivières un [)ou importantes que franchit
l'iti Horaire sont la Lu lu et le Kwilu.
Le cours du Kwilu est reconnu dans tout le grand coude
qu'il fait au Sud de Kimpeso.
La rivière reçoit du Sud six affluents: le Sensikua, le
l^an^asi, le Nsamba, le Mavolo, le Lusolosi et le Malulu.
A l'Est de Kimpese, débouche sur la rive droite le Gon^^-o.
Partis de Matadi, les voyageurs arrêtent le 20 'septem-
bre leur reconnaissance vers l'ii^st, un peu au delà de la
Mawette, à la rive du Gongo, et le 27 ils sont de retour
au Monolithe, où est établi un campement qui sert de
base aux travaux de la première brigade d'études sous la
direction de Bastin (Mouvement Géographique, 1890, n" 22).
A mesure que les contingents de travailleurs arrivaient,
ils étaient échelonnés sur les premiers kilomètres, c'est-à-dire
sur cette partie du tracé qui remonte le Congo, traverse
le ravin Léopold, s'accroche aux flancs escarpés, parfois
verticaux, de la rive gauche du fleuve, à quarante mètres -
au-dessus des eaux, pour pénétrer ensuite dans la vallée de
la Pozo, qu'il suit sur un développement de quatre kilo-
mètres et qu'il franchit, au kilomètre huit, au moyen d'un
pont de soixante mètres d'une seule travée. Les travaux
de ces huit kilomètres furent importants et pénibles. (Le
pont de la Pozo fut inaugurée le 8 juillet 1892).
Gharmanne était rentré en Belgique en janvier 1891 et,
après avoir pris quatre mois de repos, était retourné en
Afrique le 18 avril 1891, où il prolongea son séjour jusqu'en
septembre 1892. La voie était alors parvenue au kilomètre
— 751 —
iHMif (M le ft'ros dos terrassements était teriniii/' jiisfjue Pala-
halla. l^lspaiH^.t prit alors la succession de Cliai'nianiie.
La coiislriiction (Uait (uitravcc par h*, manrpie de travail-
leurs ri la moi'talité (|ui avait d(''cini(i le i)ersonnel hlanc
autant ([ue le personnel noir, princi[)alenient dans la vallée
de la Pozo.
Le (piatriènie dcpai't de (]harmanne date du 0 juin 1893.
Kn juillet 1893, Kspanet lui nnnol la direction; la Coni-
j)a<^irn^ avait, en (^fïet, d(''ci(l('' de s'attacher deux directeurs
alternant d'aïuiée en anni'e, décision très sage, dit iM. Gof-
lin, (Ml é»^ar(l au climat et à cause de la l'ati<j;-u(^. et de la
tension d'esprit continuelh^ (pi'il fallait s'imposer.
Lu mai 189 L le l'ail arrivait au kilomètre cinquante-trois,
la i)late-rorme au kilomètre soixante-et-un. A cette é[)ofiue,
l^]spanet retourne au (^oni^'o et, en treize mois, mène la voie
au kilomètre cent deux, la })late-l'orme au kilomètre cent
trois, ce (pii correspond à un avancement annuel de (pia-
rante kilomètres environ.
En juin 1895, Gliarmiime ({uitte le service de la Com-
pa«^'nie et Gollin prend la direction de l'entreprise.
(^harmanne diri'^e ensuite une imi)ortante entreprise
commerciaux en Tunisie et est nommé successivement consul
à (ialcutta, à Durban, consul général à Ottawa (Canada).
Il est actuellement consul gtMiéral, ministre résident à
La Havane, chevalier de l'Ordre de L(>opold, olllcier de
l'Ordre royal du Lion, décoré de troisième classe du Nichan
irtikhar, olïicier d'Académie de France.
PUBLICATIONS:
Vexpédition du chemi)i de fh\ en collaboration avec Thys. Cambier et
Vautliior. Kapport. Mouvomont gêograpliitiue. 188S. p W.
Le chemin de frr du Congo. (^Hullotiii do la Socit'tc rovalo de Oôoiira-
piiio trAnvers). (\)llaboratoui's: Thys, Naulliior. o( Cambier). 1888,
188'.), Il" 4.
VAUTHIER, Gustave.
— 755 —
Le chemin de fer du Congo, de ^[ata(li à L(\oj)ildoiUe. ('Hiillctiii (h; la
Sociôlô royale (lo (loo^rapliic <rAiiV(!rs, IHS'J, pp. .'i?.'), ;}'.)(), et liiillotiii
(l(^ la Sociôtô royalo boli>:o do (}('M)<j:raphio, IH.S'.), pp 149 et RuivantoH).
Le chemin de fer du Congo depuis Lnhnnf/n Jns(]iiau Stanley -Pool et
la ci^'cunuiavif/atiiDi du Pool. CouIci'caïcc (loiiiiciîà rAl,li(';ii<''(! <rAiiv(îrK,
le 20 avril ISS'.).
Le chemin de fer du Congo. (Mouvcnioiii }^(';o^n'n[)lii(iiio, 1889, p. 1 1).
Conférence. (iMouvcmoiit (ïéofi^raphiijuc, 1892, \). 119).
Rapport du Conseil à l' assemblée générale du 20 Janvier 1892, 1 br.
in-8'', Hnixellcs, Hourlard, 1892, ci Mouvement géo<^raphi(|iie, 1892,
p. G.
Id à Rassemblée du fS Janvier 1893, 1 br. iii-8", Bruxelles, Weisscn-
bruch, 1893, et Mouvement géographifpie, 1893, p. 5,
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
Congo illustré, 1892, p. 137.
L. GoFFiN. Le chemin de fer du Congo. (Matadi-Stanley-l'ool). Bruxel-
les, Weissenbruch, 1907.
VAUTHIER, GUSTAVE.
né à Bruxelles, le 11 janvier 18G1.
Après des humanités complètes faites, avec grand fruit, à
l'Athénée de Bruxelles, il ohtient le diplôme d'ingénieur
des ponts et chaussées de l'Université de Gand (1884).
Ingénieur au chemin de fer du Grand Central belge.
Part pour le Congo, le 8 mai 1887, avec le capitaine Cambier
et la brigade d'études, chargée de l'exploration technique
des terrains de Matadi au Pool, en vue de la création
du chemin de fer.
Il étudie, comme adjoint de Cambier, toute la voie jus-
qu'au Stanle3^-Pool.
Rentré en Belgique en janvier 1889, Vauthier repart, le
11 octobre de la même année, et est employé comme chef de
— 750 —
brigade au tracé définitif de la voie et aux premiers travaux
pour la tra veinée de la rivière Pozo et du col de Pallabala.
Fait fonction de directeur de l'expédition au commence-
ment de février 1890, en attendant l'arrivée de Charmanne.
Après un séjour de dix mois, Vauthier est forcé de s'em-
barquer d'urgence pour l'Europe, gravement atteint, et
rentre à Bruxelles, le (3 octobre 1890.
Vauthier parvient heureusement à se rétablir et part pour
le Brésil, le 20 janvier 1891, en qualité d'ingénieur de la
Compagnie des chemins de fer secondaires pour le ser-
vice des entreprises du Brésil, à la disposition du Comité
d'administration de la Compagnie des chemins de fer du
Sud-Ouest brésilien.
Arrivé au Brésil, il est nommé ingénieur en chef des
études aux chemins de fer Sud-Ouest brésiliens avec rési-
dence à Ponta Grossa (Parana).
En novembre 1891, il est chargé, comme ingénieur direc-
teur, de la construction de la ligne de Santa-Maria à Cruz-
Alta (Rio Grande do Sul), et ensuite, des prolongements
de cette ligne.
En octobre 1893. il est chargé en la même qualité de
la construction des prolongements du chemin de fer de
Porto Alegre à Uruguyana.
En avril 1899. il est nommé directeur de la Compagnie
des chemins de fer Sud-Ouest brésiliens et de Porto Alegre
à Uruguyana.
C'est cette situation qu'il occupe encore aujourd'hui et
qui est devenue de plus en plus importante par l'unifica-
tion du réseau des chemins de fer de Rio Grande do Sul
et la mise en exploitation de nouvelles lignes.
PUBLICATIONS:
— Le chemin de fev du Congo, de Matadi à Léopoldcîlle. Les environs
de Matadi et le massif de Palabala. (Conférence faite à la Société
— 757 —
royale do (îro^rapliu; d'AiiviM-s, lo 2<) avril ISS'.). Hullclin i. XIII,
1». :V7r>, et liiilleliii de la Société bclg(i d(! (léo-^^raplntî, IHHD, p. 14'.»).
rarto d(^ la région dos cluitos avec lo Ir.'ioé du oluMiiiii de fer de Matadi
à Stanloy-l'ool. (HuUolin de la Société belge de Géograjjhie, ISSl)).
Le c/ionin de fer du dnujo (en eollahoraiion av(!(; Charmaime, Cam-
bior et Thys. (HnlUdin de la Société royale; de (iéographie d"An-
vors, 1SS8, n" 1).
Les environs de Matadi. (Conférence donnée à l'Athénée d'Anvers, 26
avril 18S9).
La seconde partie du chemin de fer, de la Lukunga au Stanley- Pool.
(Conférence donnée à la Hoursc de Bruxelles, 29 mai 18.S9).
Conférence donnée à la section bruxelloise de l" Association des higé-
nieurs sortis des Ecoles spéciales de Gand. Année 1888-1889, n" 8.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE;
— Mouvement géographique^ 1889, n" 12.
LIEBRECHT, déodat. Christophe, Adolphe,
né à Liège, lo 8 mars 1810.
Elève de l'Ecole de Navigation d'Anvers en 1854, il obtient
le diplôme de capitaine au long cours en 1863. Durant ces
neuf années, il accomplit plusieurs voyages à la côte d'Afri-
que; fait un séjour de dix-huit mois dans le pays Achanti ;
remonte l'Assini avec un cutter, achetant de l'huile de
palme et de la poudre d'or pour compte de la maison Régis
Aîné, de Marseille. Rentre malade, Liebrecht fait un stage
d'un an comme volontaire aux Usines John Cockerill à
Seraing, et effectue plusieurs voyages au Brésil, sur les
côtes du Chili et du Pérou.
Quitte la marine pour faire les études d'ingénieur à
l'Ecole des mines de Liège. Part pour la Turquie, avec
Van der Elst, pour la construction des chemins de fer, en
/.o» —
1868, et y séjourne jusqu'en 187G. Au cours des quatre
dernières années, il est nommé ingénieur en chef au service
du gouvernement ottoman pour les cliemins de fer d'Ana-
tolie.
En 1885, Liebrecht accomplit un voyage d'exploration au
Mexique (Etat de Tamaulipas).
Part pour le Congo, le 8 mai 1887, en qualité d'ingé-
nieur chef de brigade de la Compagnie du chemin de fer.
Accompagne le capitaine Cambier, chef de l'expédition
technique, chargée d'arrêter le tracé définitif du chemin
de fer projeté par la Compagnie du Congo, mais il est
obligé de rentrer en Europe pour cause de santé, dès novem-
bre 1887.
De 1888 à 1892, il est chargé de la construction et de la
direction d'une usine au Chili et y séjourne jusqu'en 1892.
En 1897 et 1898, fait un second séjour au Chili.
En 1899, il est nommé secrétaire technique du chemin
de fer Pékin-Hankow et se rend en Chine.
En 1900, Liebrecht devient ingénieur-conseil de la Société
coloniale industrielle. Dans l'intérêt de cette société, il
accomplit divers voyages aux Indes néerlandaises (princi-
palement aux Iles Moluques); en 1901, dans l'Amérique
centrale (République du Honduras); en 1902, au Turkestan
russe par Boukhara, Samarkande, Taschkent et Andischan:
en 1903-1904-1905, en Floride; enfin en 1906, il explore des
mines dans le Sud de la Tunisie (Djebel Chambi).
Liebrecht à donné de nombreuses conférences à la Société
royale de Géographie de Bruxelles, à la Société belge des
Ingénieurs et des Industriels et à l'Institut agricole de
Gembloux sur ses divers voj^ages et notamment sur le Canal
de Panama et le Honduras.
- 7 no —
DUPONT, ANTOINE, ADOLPHE.
no à Liège, le 30 soi)lonil)i'o 1839.
(1801). Iiig-éniour dos iiiinos do l'Ecole do Lio^f-o.
AUaché à la direction do cliarl)onnag'(îs en Hel^'-iquo, dans
les bassins de Liéi^o et de Chai'hM-oi, jus(|u'on 187S.
Attaché au iMinistère des Travaux [)ul)lics de la lIounH'lio
Orientale (Bulgarie du Sud), en qualité d'ingénieur en chef
des mines.
Envo^^é en mission en Turquie.
Part, le 8 mai 1887, pour le Gong-o, en qualité d'ing-é-
niour, chef de la première brigade des (Hudos du chemin
de fer, et pose le premier jalon de la lig-ne à Matadi.
Il est malheureusement atteint d'une insolation et d'une
violente fièvre paludéenne qui mettent ses jours en danger
et l'obligent à rentrer en Belgique.
Jusqu'en 1890, Dupont s'acquitte de diverses missions
en Perse, en Asie Mineure puis dans l'Amérique du Sud,
au Chili et en Colombie. Pendant son séjour en Colombie,
il visite l'isthme de Panama.
Sa mission en Colombie avait pour but l'étude du tram-
way de Medellin, l'installation de la fabrique de fer d'Amaga
et la prospection des nombreuses mines d'or qui sillonnent
le pays.
Dupont rentre en Belgique et reprend ses fonctions de
directeur-gérant de charbonnages à Liège, puis dans le
Borinage jusqu'en 1897. Depuis lors, il s'occupe de l'ex-
ploitation de carrières de petit granit, tout en accomplis-
sant de temps à autre des missions à l'étranger, et surtout
en Espagne.
Dupont est président du conseil d'administration du
chemin de fer de Madrid à Villa del Prado et extensions.
— 7G0 —
LAMBOTTE, alfred.
né à Ligny (Namur), le 15 février 18G0.
Ingénieur des mines de l'Ecole de Liège (1883).
Part pour le Congo, le 8 mai 1887, et est attaché aux
études tachéomëtriques d'avant-projet (1887-1888).
Remplit les fonctions d'ingénieur de la Compagnie du
chemin de fer, du 29 juin 1890 au 24 juin 1894, fonctions
qu'il exerce d'une façon continue, sauf pendant un court
séjour en Europe, de septemhre 1892 à février 1893.
Lambotte est un des premiers pionniers du chemin de
fer d'Hankow-Pékin.
Il se rend ensuite au Pérou, où il est chargé par le gou-
vernement de rechercher les moyens d'assainir la ville
d'Arequipa et de faire une étude du sol au point de vue
des matériaux de construction. Au retour de cette mission,
en 1908, Lambotte est nommé directeur intérimaire de
l'Ecole des arts et métiers de Lima.
GILMONT, ADOLPHE.
né à Senefïe (Hainaut), en 1845; décédé à Boma, le 5 jan-
vier 1888.
Ingénieur des mines de l'Université de Liège (1869).
Est attaché, comme ingénieur, au service des chemins
de fer algériens.
Part pour le Congo, le 8 mai 1887, avec le capitaine
Cambier, chef de la brigade topographique, chargée de
reconnaître la région que doit traverser le chemin de fer
projeté par la Compagnie du Congo.
Gilmont est attaché au service des études du chemin de
fer de Matadi à Lukungu.
Il participe à tous les travaux de l'expédition et rem-
— 701 —
place, coiiiiiic cIkH" de. hi'ii^ndc, /hoinski, ïovcr de. i'(Milr(;r
en Eui'opo, 1)0111" cniise de, iii;d;idi(^ Mnlliciireusomenl, il
succombe (luehiues joiii-s ;i[)rès, à JJoiiia, le 5 janvier 1888.
HOTON, GEORGES, LÉOPOLD,
né à Ath, le 14 décembre 18G1 ; décédé le 26 mars 1804.
Fait trois séjours au Congo: du 23 mai 1887 au 8 juin
1890, du 3 octobre 1890 au 18 mai 1893 et du G octobre
1893 au 26 mars 1894.
Il remplit les fonctions de vérificateur des droits de sortie,
à Boma, le 23 mai i887 et d'adjoint au secrétaire général
du g-ouvernement local; receveur des impôts, à Boma, le
20 août 1890; contrôleur des impôts intérimaire, le 20
octobre 1891; contrôleur des impôts suppléant, le 19 mai
1892; contrôleur des impôts, à titre personnel, le 19 sep-
tembre 1893.
Il meurt le 26 mars 1894.
Décoré de l'Etoile de service à deux raies.
FABRY, EUGÈNE,
né à Malines, le 6 juin 1845.
Part, comme ingénieur, pour compte de la Compagnie du
chemin de fer, le 8 juin 1887. Rentre en Belgique, en
mars 1888.
Se rend au Brésil en 1889.
— 7G2 -
DUMONT, ALEXANDRE. FERDINAND. CHARLES.
LOUIS, AMÉDÉE,
no à Namur, le 31 janvier 1859.
Ingénieur civil de l'Ecole de Gand (1880).
Part pour comiUe de la Compagnie du Congo, en qualité
d'ingénieur de l'expédilion d'études, le 8 juin 1887.
Rentre en Belgique en février 1889, mais retourne au
Congo, le 10 octobre de la même année, comme ingénieur
de la Compagnie du chemin de fer. Il revient en Europe
en novembre 1891.
De mai 1892 à 189G, il est au service des gouvernements
roumain et bulgare.
Il retourne au Congo en juillet 1899 et fait fonction
ad intérim de directeur de la marine, des travaux publics
et des transports à Boma.
Dumont est décoré de l'Etoile de service.
AMERLINCK, jules, camille. adhémar,
né à Gand, le 24 mars 1864.
Docteur en médecine.
Fait un premier séjour de onze mois au Congo, comme
médecin de la brigade d'études du chemin de fer, de
juin 1887 à mars 1888.
Prend part, de mars 1891 à mars 1893, à l'expédition Bia
au Katanga, de Lusambo à Bunkeia. Séjourne, malade, à
Kifuma et se rend de là à Tenke à la rencontre de Bia.
Accompagne Francqui dans son exploration du Lualaba.
Le 21 septembre 1893, Amerlinck se rend à Zanzibar, pour
y embarquer un contingent de Zanzibarites qu'il conduit
au Congo par le Cap.
Son quatrième départ pour le Congo date du 6 octobre
1895. Amerlinck occupe les fonctions de chef du service
— 703 —
médical ad inU'i'im, do iiovond)i'(^ à janvier, ri srjowvwr à
Tuinl)a, district dos (^alaraotos.
189(). Organisation du service vaccinogène à Zanihi (lîas-
Gongo).
Rentre en h^urope, niala(l(\ le \(\ IV-M-ier 1<S07.
Reçoit la médaille comnK'moralixc des cxi^Mlilions du
Katang'a. Mend^re honoi'aire i\() la Société royale de (If'-o-
i:i'ai)liie de Lisbonne, de Jîi'uxelles (*t d'Anvers, 1<S0(;; df'coré
de l'Etoile de service du Congo.
PUBLICATIONS:
— Météornlogie, climatologie du Kalanga. Température et chute des pluies
(Mouvement géograplii(|ue, 1893, p. 42).
— Note sur les élém,ents essentiels du pronostic dans la fièvre hématu-
rique, Gand, Van dcr Haeghen, 1901.
— Diarrhée de Cochinchine, Gand, Van der Hacghen, 1902.
— UInstitut de médecine coloniale de Paris, Gand, Van dcr Hacghcn,
1903.
— L' Education médicale des indigènes dans les pays chauds, Gand, Van
der Haeghen, 1903.
Plusieurs études dans les Annales de la Société de médecine de Gand.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— CiiAPAUX Le Congo historique, diplomatique, p 277.
— Mouvement géographique, 1893.
— 764 —
DUPONT, EDOUARD.
né à Dinant, le 31 janvier 1841.
Docteur en sciences naturelles, directeur du Musée d'His-
toire naturelle, membre de l'Académie roj^ale de Bel^^iquc
depuis 1866.
« Elu académicien à vingt-cinq ans, il n'avait que vingt-sept
» ans lorsqu'il fut appelé aux hautes fonctions qu'il occupe encore
» actuellement.
» En 1881, il est directeur de la classe des sciences et prési-
» dent de l'Académie. Ses premières publications datent de 1802.
» I)ui)ont venait de terminer ses études à l'Université de Louvain,
» lorsqu'il présente à l'Académie, vers la fin de 1863, un projet
» de recherches dans les cavernes de la Belgique, projet que lui
» avaient inspiré les découvertes d'ossements fossiles et surtout celles
» de restes humains faites par Schmerling, dans la province de
» Liège, trente ans auparavant.
» Le programme du jeune savant fut fortement appuyé par
» ses deux illustres maîtres P. J. Van Beneden et J. d'Omalius
» d'Halloj, le créateur de la géologie Ijelge. Aussi le gouverne-
» ment chargea Dupont de cette importante et délicate mission
» scientifique. Il devait en rejaillir un grand éclat sur le pays.
» Les publications que fît Dupont de ses découvertes successives
» dans les recueils de l'Académie de 1865 à 1869, témoignent de
» l'ardeur, de la persévérance, de l'érudition qu'il apporta dans
» ses fouilles et des brillants résultats qui couronnèrent ses efforts.
» On estime à plus de soixante mille le nombre des ossements,
» provenant des restes de nos premières populations et des ani-
» maux qui leur étaient contemporains, qu'il parvint à recueillir
» et à déterminer, en même temps que de nombreux spécimens
» de l'industrie de ces premiers âges. Le tout est réuni depuis
» 1872, dans une salle spéciale au Musée de Bruxelles, la salle
» des cavernes. On se rappellera le bruit que firent ses découvertes
» et notamment la mâchoire de la Naulette. Les savants du monde
DUPONT, Edouard.
Cliché (le l'ouvrage de Ch.vpaux. Le Congo historiquef diplomatique.
— 705 —
» (Mili(M', |)(Mii-on (lir(\ fm'ciil Milir<'s ;V nnix<'II('s, ji.'ii' cos prodi-
» j;-i(Mix ivsultats, lors du cou'^-ri's prc-liisioriiiiic, (|iii ciii lien en
» li^l'2 (M à l'or^'îiiiisal ion (liMiticl l)Mi)oni pi-it, l;i |i;ii't l;i plus mcI ivc
» et la [)liis brillante.
» Konniié (liroctoiir du Musée en 1<S()(S, I)u|toiif le i'('oi'L;;mise
» entièrement; les locaux sont considéra})lenient nij,raiidis, des col-
» lections étendues installées avec un es})i'it ni('lliodi<|U(' rcmai--
» (]u;il)le et, le 20 juillet 1875, soit sept ans api'ès, le Koi inaii^nn-e,
» une institution scientifique dont la BelL^irpie s'honore.
» Pendant que cette seconde [)ai'tie de son (euvre s'achevait,
» le savant directeur était appelé à la tète du j;irdin botanique
» de l'Etat, qui demandait également une réorganisation complète.
» Malheureusement, il ne put y rester longtemps, car déjà on
» taisait appel à ses apitudes consacrées d'administrateur hors ligne
» et à sa haute valeur scientifique pour prendre la direction du
» service de la carte géologique détaillée du royaume, dont l'exé-
» cution allait être décrétée. Il laisse néanmoins de nombreuses
» traces de son passage d'un an à peine au jardin botanique:
» l'étiquetage du jardin et des serres ; d'heureuses innovations dans
» les plans de culture, l'introduction d'un système de planisphères
» indiquant à la couleur l'aire géographique des plantes, comme
» il l'avait fait installer au Musée d'Histoire naturelle pour montrer
» l'habitat des animaux; enfin, des projets de réorganisation qui
» reçurent la sanction royale, à l'époque de son départ.
» A partir de 1876, le Musée et la carte géologique, dont il
» créa le nouveau système de figuré, l'absorbèrent complètement.
» Les publications scientifiques de Dupont sur l'ethnographie
» ancienne et sur la géologie sont nombreuses On lui doit des
» travaux apppéciés sur l'homme pendant l'âge de la pierre dans
» les environs de Dinant ; sur les populations préhistoriques de la
» Belgique et la théorie des âges de la pierre, sur l'antiquité de
» l'homme en Belgique; sur l'origine des terrains anciens et notam-
» ment, du calcaire carbonifère, etc., etc.
» Sa théorie corallienne, l'une de ses œuvres marquantes, a bou-
— 7G6 —
» leversé les règles stratrigraphiqiics admises alors dans la forma-
» tion des terrains anciens » (').
La révélation du vaste continent africain par Stanley,
fît une impression profonde sur l'esprit du savant géologue.
Ces terrains immenses, mystérieux, vierges de toute
investigation scientifique, recelant peut-être des richesses
fabuleuses, exerçaient une fascination, une attraction, dont
il ne i)ut se défendre.
En juin 1887, Dupont part pour le Congo.
Il passe d'abord trois semaines dans le bas-fleuve, à faire
des reconnaissances entre la roche Fétiche et Vivi et à
former une caravane de porteurs et de soldats haoussas,
cafres et congolais.
Le 8 août, il quitte Vivi, guidé pendant deux jours par
Massala, l'ancien chef de Vivi, qui fut notre hôte à l'expo-
sition d'Anvers de 1885, et remonte le Congo par la rive
Nord, jusqu'à Isanghila, qu'il quitte le 27 août.
Dupont traverse ensuite le Congo près de Bainesville,
remonte les plateaux de la rive Sud jusque près de Banza
Mateka et suit le sentier des caravanes jusqu'à Lukungu,
où il arrive le 2 septembre et où il trouve la plus cor-
diale hospitalité.
11 atteint Léopoldville le 1.5 septembre. A bord de VEn
Avant, Dupont poursuit l'exploration de la partie du fleuve,
comprise entre Kwamouth et le Pool, et fait le levé topo-
graphique et géologique du Pool.
Dupont ne dépasse pas Kwamouth, situé au confluent
du Kasaï, terme de son exploration vers le haut.
(I) La première partie de cette notice est extraite du Globe illustré,
11" 43, 24 Juillet 1887.
Apivs avoir sôjouriK'' ([lu^hiiK^s jours ;i la mission, il
s'eiiil)ar(|ii(^ dans une pii'o^^uo cl, ('X[)loi'(' ^('^olo^^ifpuînKail
poiulanL ncul' jours, les l'ivcs du (Iou'^ï) (uiti'o lo coidlucîiiL
du Kasaï ot le, Pool ol l'ccliorcho vaiu(un(Mil un gîlo l'os-
siliiore dont rcxlslcnco lui avait ()U\ si^nah'O.
Dupont (piitlo L('opoldvillo lo 25 octobi'c ot à ManyanjL^a-
Nord consacre vingt-quatre jours, dans l'intérieur des terres,
à une exploration, (pii le mène à vingt-cinq kilomètres de
la rive Nord du lleuve.
Il y découvre deux vastes gisements de cuivre, mala-
chite ou carbonate de cuivre, dans le Congo français.
Mais ces gisements, difïicilcs et môme dangereux à api)ro-
cher par suite de l'hostilité des indigènes et situés loin
de toute communication, perdaient tout intérêt par suite
de la découverte ultérieure, faite par l'explorateur, de deux
riches gisements de cuivre, de nature analogue, situés à
proximité du Congo et accompagnés d'indices abondants
d'autres gisements, qui semblaient faire partie du bassin
exploré d'une région cuprifère des plus développées.
Repassant ensuite sur la rive Sud du Congo, Dupont
demeure un jour à la station de Lukungu, et s'embarque
à Manyanga-Sud, dans une pirogue indigène avec son
escorte de serviteurs noirs, pour achever son étude de la
faille du Congo, dans la région des chutes, par l'explo-
ration géologique des bords du fleuve entre Manyanga-
Sud et Matadi, rive qu'il n'avait pas encore suivie. L'ex-
plorateur peut se convaincre que le creusement du sillon
fluvial de la région des cataractes correspond à une phase
très récente de l'histoire géologique de ces lointaines
contrées.
De Matadi, il gagne Boma, puis Banana, tout en explo-
rant les roches littorales et celles du delta du Congo.
Il s'embarque pour l'Europe le 16 janvier 1888, après
avoir parcouru deux mille cinq cents kilomètres de terri-
toire, après avoir accompli cent soixante-quinze jours de
- 7G8 —
marclio et rentre à Rruxelles Je 10 février, rapportant une
ample moisson de collections de tout genre et une masse
de documents et de renseignements du plus haut intérêt
scientifique et notamment d'admirables et minutieux itiné-
raires levés à la boussole et au chronomètre.
*
En 1890-1891, Dupont installe le Musée au Parc Léopold;
de 1895 à 1904, il procède au reclassement total des collec-
tions des productions naturelles de la Belgique. La pre-
mière salle, réservée aux vertébrés belges, a été ouverte en
1907. Sous ses auspices, l'exploration scientifique de la
Belgique a été activement poursuivie.
Dupont est encore aujourd'hui directeur du Musée d'His-
toire naturelle de Bruxelles. Il est membre de l'Académie
royale de Belgique, commandeur de l'Ordre de Léopold
et chevalier de la Légion d'Honneur.
PUBLICATIONS :
— Les résultais de V exploration scientifique faite au Congo en juillet-
décembre 1887. 1 br. in-8" de 18 pp. Bruxelles, Imprimerie des tra-
vaux publics, 1888.
— Lettres sur le Co)if/o. Récit d'une voyage scientifique entre remboucliure
du fleuve et le confluent du Kasaï. 1 vol. in-8" de 724 pp. avec
12 gravures sur bois et 11 planches et cartes. Paris, Reinwald, 1889.
— Conférence donnée, le 29 février 1888, à la Société belge des ingénieurs
et des industriels sur les résultats de l'exploration scientifique quil
a faite au Congo en juillet- décembre 1887. 1 br. in-8'' 18 pp. Bruxel-
les, Imprimerie des travaux publics, 1888.
— Die oherflàchen bildungen des Kongo-Beckens. (Verhandl. der Ges. fur
Erdkundc 7X\ Berlin, 1888, p. 490).
— 7()1) —
■ Communicalioii sur la (léaUxjie. du Couryo. (r.ulUMiii de l.'i Société b(ilg(j
(le ('léolojiio, ISSS, p. 1 1).
Com})(t',-ri'}uln soriDnairc. dr, l(i ('(nip-rnirr, doniuh'. jxi.r l'Jd. Dupcml sur
les rdsiiltdts de ses explorcilions r/duloi/if/nes au (Jouf/o. (|{iill<!tin
(1(3 l;i S()('i(Ho bolf^'o do (îéoloj^ic, du l'aN'onioIo^nc et (rilydroi^^ra-
phi(î, t. II, 1S88).
Les cultures au Stanley Pool. (Mouvcîmciit ^é()grai>lii<jM(;, 1H.S7, p. UK)).
Klaïs ou palmier à huile. (Extrait du journal de; la Société ccntrjilc
d'iigricîulturc de Helginuc, mai ISDl, 1 l)r. in-8" d(î 8 pp. HruxcdlcK,
Vromant et C'% 189 1>.
Sur les mollusques vivants et postpliocènes recueillis au cours d'un
voyage au Congo en 1887. Brochure iii-8", Haycz, Bruxelles, 1890,
et Bulletin de l'Académie royale de Bel«i;i(|uc, XX, pp. o59-5()(>.
Découverte faite par le capitaine Zboinski d'instruments de l'âge de
la pierre dans l'Etat du Congo. (Bulletin de l'Académie royale
de Belgique, 1887, XIII, p. 407 et Mouvement géographiriue, 1887,
p. 35).
Carte du Congo depuis VOcéan jusqu'au Stanley-Pool. 3 feuilles au
400.000« (1889). Lettres sur le Congo.
Esquisse géologique du Congo et de ses abords entre VOcéan et le
Kasaï (id.)'
Coupe géologique du Kasaï à V Atlantique, diaprés la disposition du
sous sol suivant le fleuve et la disposition des couches du sol
sur les plateaux, au 1.000.000" (id.).
Esquisse hydrographique du bassin du Congo au 20.000.000'" (id.).
Excursion à MBoko Songho, novembre 1887, Itinéraire (id.).
Distribution de palmiers suivant le cours du Congo, entre l'Océan et
le Kasaï au 2.000.000'' (id.).
Esquisse à Vaire géographique de VElaïs guineensis (id.).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
Mouvement géographique, 1887, n" 23; 1888, n" 5.
L'exploration géologique du Congo. (Mouvement géographi(]ue, 1888,
p. n.
Société belge de géographie, 1888, p. 100.
— i iO —
BELANGER, arsène. arthur,
né à Thulin (ILiiiiaïUj, on 18G2.
Obtient, à l'Universitc lil)re de Bruxelles, le diplôme de
docteur en médecine, avec la plus grande distinction.
Attaché à l'hôpital militaire de Bruxelles, se rend au
Congo, le IG juillet 1887, à bord du Fez, pour compte de
la Compagnie du Congo, qui à ce moment envoie en Afrique
un personnel nombreux pour l'étude du tracé de la voie
Matadi-Léopoldville.
L'inspecteur général du service de santé de l'armée le
charge d'un rapport médical sur le Congo.
Bélanger remplit les fonctions de médecin à Banana,
pour le compte de l'Etat, qui jusqu'alors n'y avait appointé
aucun docteur, et rentre en Europe, en très bonne santé,
le terme de son engagement étant expiré.
BRACONNIER, LÉON, HENRI, MICHEU
né à Arlon, le 9 juin 1850.
Capitaine en second, adjoint d'Etat-Major, au 3^ régiment
de chasseurs à pied.
Part pour le Congo, le 21 août 1887, en qualité de com-
missaire de district du Kasaï; visite le Kwa, Equateur-
ville, Bangala, le Kasaï et arrive, le 29 décembre 1887, à
Luebo, avec le capitaine Thys. Il est forcé d'y prolon-
ger son séjour jusqu'au 19 janvier, par suite de l'attitude
hostile des populations voisines de la station, qui voient
en eux des concurrents pour le commerce d'ivoire, très
animé dans cette région. Le 18 janvier 1888, le lieutenant
Le Marinel amène à Luebo une caravane de cent porteurs
et trois bœufs de monte. Le lendemain, les deux officiers
se mettent en route pour Luluabourg et y parviennent le
23 janvier 1888.
— 771 -
(JiichliK^s jours nprrs, l:i shilioii ivroiL la visite; des clicfs
(les (Mivirons, (|ni xidiinMil raii'c, la coniiaissaiicj^ du nou-
veau coiniuissaii'o. l*ai'nii eux, s(\ Irouvo le fameux clK^f
in<lii;-ène /appo-Za)), aiupid \(\ licMilcnaul Le Mai'iuel a\ail,
rendu visile lors de son voyag'o de l'etour de Nyan/^'we (;L
(pii (Hait arriv('', (pielcfucs jours auparavant, de sa résidence
(l(^s l)ords du Saiduiru (').
Hi'aconnier remplace le ca})itaine de Macar, dans son
commandement de Luluabour*^-, le 27 mars.
Les principaux travaux accom[)lis par Braconnier sont:
l'extension des cultures, l'accroissement du bétail et la cons-
truction des habitations en briques. Signalons encore l'ex-
tension de l'influence de rp]tat et l'établissement des premiers
impôts en nature. Braconnier contribue à l'établissement de
postes au S -E. (frontière portugaise), à Maï-Massin, Dombi
et Makengé.
Il quitte la station de Luluabourg, le tG juin, pour ren-
trer en Europe, le 11 août 1890.
Il repart pour l'Afrique, le IG septembre 1891, à destina-
tion du Loanda portugais. Séjourne à Saint-Paul de Loanda
et à Benguella pour y étudier les cultures et pour opérer
le recrutement des soldats pour la F. P. du Congo.
Son retour en Europe date du IG septembre 1892.
Major d'infanterie en retraite, adjoint d'Etat-Major, che-
valier de l'Ordre de Léopold, décoré de la Croix militaire
de première classe, de l'Etoile de service, du Lion et du
Soleil de Perse de quatrième classe.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
— Mouvement géographique, 1889, p. 43.
— Chapaux. Le Congo Iiisloriquef diplomatique^ pp. 452-627.
(1) Mouvement géographique, 1888, ii" 12.
— 772 —
BODSON, OMER, PACIFIQUE, GUILLAUME. JOSEPH,
Lieutenant au rég'iment des carabiniers.
Part pour le Congo, le 21 août 1887, comme adjoint à la
brigade topograp bique.
(La notice paraîtra au chapitre: Occupation du Kaianga).
DE BOCK, FRANÇOIS, ALPHONSE,
né à Zèle, le 6 juin 1853.
Lieutenant au 11^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 21 août 1887, en qualité d'adjoint
au commandant de la F. P.
Est nommé adjoint de Le Clément de Saint-Marcq, et com-
mande par intérim le poste de Lukungu.
Est désigné ensuite pour la comptabilité de l'Intérieur
à Boma.
Rentre le 24 février 1889.
Capitaine d'intendance pensionné, décoré de la Croix
militaire de deuxième classe.
ROSSIGNON, EDOUARD, VICTOR, MARIE, OSCAR.
Part pour le Congo, le 25 janvier 1888, comme attaché
au service des finances.
(La notice biographique figure à la page 499).
FUCHS, FÉLIX, ALEXANDRE.
Docteur en droit.
Part pour le Congo, le 27 janvier 1888.
(La notice biographique, avec portrait, figure à la page
159).
— 773 —
LEDEGANCK, herman.
Consul <^'('nôi'nl (1(^ lU^l^iffiio à (]()l()<^no.
Pari pour lo (]ongo, le 2 {"(ivrlcr 1888, comme vice-
«^ouverneur gxhiéral.
(La notice biographique, avec portrait, figiir(î à la i)ag(î
1G4).
NENQUIN, ALFRED. JOSEPH.
ne à Tournai, le i mai 1852.
Lieutenant adjoint d'Etat-Major aux grenadiers.
Part pour Je Congo, Je 2 février 1888, en qualité de
secrétaire du vice-gouverneur général Ledeganck, dont iJ
est Je compagnon de voyage de BruxeJJes à Boma, via
Lisl)onne.
Est attaché au secrétariat généraJ de Boma, jusqu'au
1 juillet 1889, date à Jaquelle il sollicite et obtient le com-
mandement de la Force Publique du Stanley Pool. La Force
Publique de Léopoldville n'existait alors qu'à l'état d'em-
bryon et ne comprenait qu'une vingtaine de Haoussas; elle
est réorganisée sur le type de celle de Boma et, par l'in-
corporation de la plus grande partie des travailleurs de
la station, atteint bientôt un effectif de deux cent cinquante
hommes, comprenant, outre les anciens Haoussas, des Zan-
zibarites, des Elmina, des Monroviens, des Bangala et quel-
ques hommes de Basoko.
En décembre 1889, le commandant Nenquin, à la tête
d'une partie de sa Force Publique réorganisée, fait une
exploration vers le Sud, le long de l'itinéraire suivi par
les ingénieurs du chemin de fer. Il arrive à Lemba, le jour
du marché, et le chef Ghia fait à la caravane une récep-
tion magnifique. A Tampa, le chef de Lembolo accepte avec
774
entliousiasme la proposition qui lui est laite d'installer un
poste à son village. Deux soldats zanzibarites y sont laissés
et le drapeau de l'Etat est arboré sur la place.
Le chef de Lembolo reçoit très amicalement les voya-
geurs. Madimba, où l'expédition campe le jour suivant, est
un magnifique village administré par quatre frères, exerçant
une grande influence sur la population, qui compte environ
huit cents âmes.
Un deuxième poste est établi à Kisantu, non loin de la
rive droite de l'Inkisi. L'expédition regagne le Congo en
suivant la rive droite de l'aftluent.
De Kisantu à Kilemfu, la marche est très facile, la route
contournant presque tous les accidents du terrain. Kilemfu
est gouverné par un chef tout jeune, dirigé par un conseil
des anciens.
L'expédition rentre à Léopoldville, le 17 janvier 1890,
après une absence de dix-huit jours.
Nenquin établit donc les postes de Tampa et de Kisantu,
qui doivent devenir des points importants de la voie ferrée,
pousse jusqu'à l'Inkisi, qui forme la limite méridionale
du district, et se rabat ensuite sur la route des caravanes,
qu'il suit pour rentrer à Léopoldville, le 17 janvier 1890.
Au mois de mars suivant, il reprend la route des cara-
vanes en sens inverse, de Léopoldville à l'Inkisi et, après
entente avec les chefs indigènes de la contrée, installe de
distance en distance et, généralement, à une demi-journée
de marche l'un de l'autre, des postes d'étape destinés à
assurer le logement et la nourriture des caravanes. Des
baraquements y sont élevés pour blancs et pour porteurs
et placés sous la garde de deux soldats qui, par leurs
relations constantes avec les villages voisins, ont pour
mission de fournir aux voyageurs qui s'arrêtent aux gites
d'étape, tout ce qui est nécessaire à leur subsistance.
Au mois d'août de la même année, le commandant
Nenquin s'embarque à bord de la Ville cV Anvers, avec
— 775 —
1(^ coiimiandiinl (lu dislricl, l'in^'-ônioiir V;ni dcii Ho^'îiordo,
et (luarnuic soldais do la Vinro Vu\)\\(\\u\ et rciiiionU; lo
('oiii^o jusqu'à la liiniU^, septeiilrioiialiMJii dislricl. Au cours
de ce vo3^ag-e, (jui dure» |)lusieurs sc^naines (U s(; signale
par de iK)nd)reuses el iui[)()rlantes palabres avec les chefs
des villa^-es riverains, 1res puissants encore à celte époque,
des postes de deux à quatre soldats sont installés suc-
cessivement à Kinipoko, à Sua ta, à I3er<^iie Sainte-Marie,
à Tchumbiri, à Bolobo et à Lukolela. Tout en asseyant
l'autorité de l'Etat, par la surveillance constante qu'ils
exercent sur les indig'ènes et i)ar les rapports continuels
qu'ils adressent au commandant du district par l'intermé-
diaire des capitaines de steamers de passage, les postes
ont pour mission de créer des approvisionnements de bois,
destinés à l'alimentation des navires de l'Etat, alimenta-
tion qui devait être assurée auparavant par le personnel
même des bateaux, ce qui retardait considérablement la
durée journalière de la navig-ation.
A la mort du commissaire de district Van den Bogaerde»
survenue en novembre 1890, et après le remplacement de
celui-ci par le lieutenant du génie Carton, le commandant
Nenquin descend à Boma. Il n'y fait qu'un court séjour,
s'embarque à bord du Lualaba, en partance pour l'Europe,
et rentre à Bruxelles, le 6 février 1891.
-Le colonel adjoint d'Etat-Major Nenquin est officier de
l'Ordre de Léopold, décoré de la Croix militaire de pre-
mière classe et de l'Etoile de service.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— Mouvement Géographique^ 1890, ii" 11.
— 77(3 —
CARTON, JULES, MARIE. AIMÉ.
né à Ostende, le 0 mars 1861.
Sous-lieutenant du ^-énic.
Voyage comme aspirant de navire à bord de l'aviso belge
la Ville d'Anvers,
S'embarque pour le Congo, le 15 février 1888, séjourne
dans la région des cataractes, où il est chargé de l'amé-
lioration de la route des caravanes de Matadi à Léopold-
ville, alors que l'entreprise audacieuse de la construction
d'un chemin de fer, à peine à l'étude, n'est encore qu'un
beau rêve!
Parmi les travaux les plus importants effectués au cours
de son séjour, figure la construction des ponts sur les
rivières Lufu et Lukunga, deux rivières torrentueuses de
la région des Cataractes, l'une, de cinquante mètres environ,
l'autre, de trente mètres de largeur aux points de passage
de la route. A l'époque des hautes eaux, ces rivières étaient
impraticables, la Lufu surtout, et constituaient des obstacles
infranchissables pour les caravanes. Le lieutenant Carton,
en assurant un passage facile en tous temps aux piétons
et aux bêtes de somme, rendit un service signalé à la cause
du commerce et de la civilisation. Les ponts qui avaient
été établis jusqu'alors sur la Lufu et la Lukunga étaient
des ponts indigènes en lianes, successivement améliorés,
mais il fallait néanmoins être acrobate pour s'y aventurer
et les bêtes de somme ne pouvaient les franchir.
Rentré en Europe, le 14 septembre 1889, après un accès
violent de tîèvre hématurique. Carton reprend bientôt, après
un court repos, le chemin du Congo, le 13 novembre tx^Ia
môme année, comme commissaire de district adjoint du
Stanley-Pool. Arrivé à Léopoldville, il s'occupe activement
du matériel fluvial du Haut-Congo et des constructions de
la station. Après avoir assumé pendant quelques mois les
fonctions de commissaire du district du Stanley-Pool, il rentre
en Belgique, le 15 juillet 1891, décoré de l'Etoile de service.
CARTON, Jules.
Cliché (lu Mnuvrme}it r/énr/raplu'rjx.e
— 777 —
Meiiiliro aclil" du (^crck^ AlVicaiii ri de l;i Socif'lV' d'I^Ludos
coloniales, Carloii fui la cheville ouvi'icre de la création si
vitale du Club Africain d'Anvers.
Fax 1«S<H), il se rend au Siam, où il séjourne à peu [)rès
trois ans. Il est cliar^'é, dans le Royaume de Chulalonp;'-
korn, de faire les reconnaissances et les ('tu(l(;s pour la
défense du bas-lleuvo, et de la capitale lîanf^kok contre
une attaque par le fleuve Méni,m. Le gouvernement siamois
confie au capitaine (Carton diverses missions militaires et
techniques dans l'intérieur du pays, l'investit provisoire-
ment, en un moment de crise, des importantes fonctions
d'inspecteur général de la police, si délicates dans un pays
d'exterritorialité tel que le Siam. Quelques mois après
l'arrivée du titulaire de ces ingrates fonctions, Carton est
nommé ingénieur sanitaire de la ville de Bangkok, service
nouvellement créé, dont il fut le premier titulaire. Il rentre
en Belgique en 1899.
Il continue à se consacrer aux questions coloniales et
tout particulièrement à celles des voies et moyens de trans-
ports dans les pays neufs. L'Etat Indépendant du Congo,
désirant substituer au portage à dos d'hommes, un moyen
plus humanitaire et plus puissant, encourage les études
et les propositions du capitaine Carton et se décide à lui
confier, à titre d'essai, la construction d'un tronçon de
route carrossable.
Le 21 février 1901, Carton repart pour le Congo, chargé
par l'Etat du Congo de la construction d'une route pour
automobiles, reliant le Bas-Congo au Kwango oriental. Le
Kwango étant barré par les rapides de Kingunshi, que les
embarcations ne pouvaient franchir, la construction d'une
route terrestre d'un point en amont de ces rapides vers
l'une des stations du chemin de fer du Bas-Congo s'imposait.
Les reconnaissances autour de Tumba ayant montré que
cette station ne convenait point comme amorce de route.
Carton pousse vers Songololo et entrevoit la solution qu'il
/ /•
poursuivit ultérieurement de ce point. Il fixe un tracé de
trois cents kilomètres environ de Songololo vers l'Est,
jusqu'au delà de Tumba Mani, puis projette un autre tron-
çon de Popokabaka vers l'Ouest, rejoignant à peu près
le précédent. Ces tracés suivaient, au plus près, les crêtes de
séparation des affluents de la Lufu, du Kwilu, de l'Inkisi
et du Kwango, de manière à n'avoir à francbir que le Kwilu
et l'Inkisi, ce qui était inévitable, et de réduire ainsi les
ouvrages d'art au minimum. Il entame la construction de
la route à Songololo et en porte l'assiette à huit mètres
de largeur sur une trentaine de kilomètres, jusqu'au pied du
massif de N'Sol; puis, dans ce massif, exécute encore une tren-
taine de kilomètres de tronçons, les uns en crête, les autres
à flanc de coteau, ces derniers de quatre mètres seulem.ent
de largeur. Ces soixante kilomètres, sans aucune solution
de continuité et sans ouvrages d'art, sauf quelques digues
avec aqueduc et quelques ponceaux, le tout en pierres sèches.
Au delà de ces soixante premiers kilomètres, la route se
prolongeait encore par de nombreux tronçons carrossables,
mais avec solutions de continuité, dont le capitaine Carton
n'a pu achever le travail, en raison de sa rentrée en Europe,
le 18 janvier 1904.
Carton est actuellement capitaine commandant du génie,
décoré de l'Etoile de service.
PUBLICATIONS:
— Notice sur futilisation rationnelle de Véléphant. (Bulletin de la Société
d'études coloniales, 1900, n° 12).
— L'avenue Coquilhat à Léopoldville. (Congo belge, 1900, [)p. 90-91).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
— Mouvement géographique^ 1889, p. 76.
— Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, pp. 182-624.
— Ballade autour du m,onde. Puck, Chaudoir, Schei)ens. Bruxelles.
— Coy^go illustré, 1892, p. 185.
WEYNS, Auguste.
Cliché do la Belyiqiie coloniale.
779
NA/EYNS, AUGUSTE, FRANÇOIS. GUILLAUME.
né à Lodelinsarl, le 20 juin 185.1.
LidiUMiaiil nu i'('^^'iin(Mil, (l(»,s canibinici-s, l";iil un proini^'i-
sojour i(u (^onii'o, du 1() février JS(S<S ;ni 1 juilN'l ISS'j,
pendant le({uel il renipliL les l'onclions d'o/Iicier du iiiiins-
lère public cl est attaché au service de la complahilil/; d(i
l'Etat, pour être (Milin noninié sous-cominissaire de disti'icl.
Weyns se rend une deuxième l'ois (^.n AlVi((U(\ le :î sep-
tembre 1890, avec le grade de ca[)itaine de la F. T., chargé
de commander h\ compagnie auxiliaire du chemin de ïow
Un décret avait créé sous ce nom, le 9 août 1890, une
troupe spécialement destinée à la protection des travaux
et à la garde de la voie ferrée. On se rappelle (pi'au début
de la grande entreprise du chemin de fer, ce furent d'abord
des Zanzibarites qui furent enrôlés, plus tard ce furent
presque tous des natifs d'Elmina (côte occidentale d'Afri-
que) qui demandèrent eux-mêmes à être soldats.
Weyns s'applique également à protéger les indigènes des
villages voisins du tracé du chemin de fer et les nom-
breuses caravanes qui passent près des travaux, contre les
déprédations possibles des ouvriers, de race et de tempéra-
ment si divers.
Weyns commande pendant sept ans la compagnie auxi-
liaire et remplit cumulativement les fonctions de substitut
du procureur d'Etat et d'officier d'état civil à Matadi.
Il effectue des recherches zoologiques, entomologiques et
botaniques, fait don au gouvernement de l'Etat du Congo
d'une quantité de bulbes d'amaryllis variées, espèces nou-
velles; d'orchidées, parmi lesquelles le ^' Lissochilus Gigan-
teus», plante rare, dont il n'existait que deux ou trois
spécimens dans les remarquables serres de Kew (Angle-
terre); il envoie également plusieurs beaux spécimens de
fougères arborescentes découvertes à Sona Gongo, aujour-
d'hui Thysville, et une variété de dépouilles d'animaux,
— 780 —
d'oiseaux ; des insectes, des papillons, et à son retour en
Belgique, qui date du 29 août 1893, il rapporte les pre-
mières pierres taillées de la région de Kimpese et de Sona
Gong'o. Ces différents travaux lui valent la médaille d'or
à l'exposition de Bruxelles en 1897.
Il repart une troisième fois pour le Congo, le 6 décembre
1894; rentre en août 1897. L'année suivante, en 1898 (qua-
trième voyage), il est^ chargé d'une mission scientifique,
parcourt la plus grande partie de l'Etat et contribue puis-
samment à constituer les collections du Musée de Tervueren.
En 1899, Weyns se dispose à se rendre en Abyssinie;
mais les négociations entre le comte Leontieff et le groupe
des capitalistes belges qui devait équiper l'expédition,
échouent.
Nommé représentant du comité spécial du Katanga,
Weyns s'embarque avec une partie de son personnel, le
19 janvier 1901, à destination du Katanga, via Zanzibar,
Beira, Ghinde, les lacs Nyassa, Tanganika et Moero; l'autre
partie, sous la conduite du capitaine Tonneau, fait le voyage
par la côte occidentale, via Boma, Matadi, Léopoldville,
Lusambo et Kabinda.
Gomme représentant en Afrique du comité spécial du
Katanga, Weyns fait établir de nombreux postes, tels que
Vua, sur le Tanganika, terminus de la route vers le lac
Moero; Kitope sur la dite route et Pweto sur le dernier lac.
Sur la rive occidentale du Moero, il établit les postes
de Lukonzohva et Kilwa, et sur la rive gauche du Lua-
pula, entre les lacs Moero et Bangwelo, les postes de
Kasenga, Schiniama et Kalonga.
Citons de plus Tenke, Lukafu et Kayumba sur la Lufira ;
Kikondja sur le lac Kisale; Mulongo sur le lac Kabamba ;
Ankoro au confluent du Luvua, et Buli au confluent de
la Lukuga.
D'autres postes sont encore créés sur le Luapula inférieur,
sur le Lomami et aux sources du Lubefu.
le D ETIENNE.
Clich('' (lu Mouvement géographique.
— 781 —
\\'oyiis est :ictiioll(Mn(Mil iiKijor (l'iiir;iiiUM-ie m i7'li';iilo,
chevalier de l'Ordre de Lciopoid ol (1(^ r()i'dr(' voy.il du
Lion, décoré de l'h^loilo de sei'vicc^ à trois riii<is (il de la
(]roix militaire de deuxième classe.
PUBLICATIONS:
— CollaboraUMir j)hot(>gi";»i)Iii'iiio du Coiif/o illustré oA. du MouDemenl tjtlo-
graphiqne
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— Belgique coloniale, 1901, p. ()I.
— Congo illustré, 1893, p. 137.
— Mouvement géographique, 1902, [>. 488.
ETIENNE, ÉLIE, JOSEPH,
né à Ligny (Namur), le 23 mars 1855.
Docteur en médecine, chirurgie et accouchements de l'Uni-
versité de Louvain.
S'engage au service de l'Etat, le 15 février 1888, en qualité
de médecin de deuxième classe et réside à Banana jusqu'au
G juin 1891. Durant ce séjour, le D"" Etienne a consigné
pendant dix-sept mois, jour par jour, ses observations scien-
tifiques, météorologiques et cliinatologiques. Ses travaux
ajoutent de précieux matériaux à ceux accumulés par von
Danckelman, Wolff, E. Dupont, Hodister et Cornet.
Le D'' Etienne démontre que le climat du Bas-Congo est
moins malsain que celui de Java, de Sierra Leone, et de
certaines parties du Brésil.
Il a constaté que le maximum de la température moyenne
annuelle à Banana était en 1890 de 28« 87', la moj-enne
— 782 —
g-énérale de 25" 45', le minimum, 21" 04'. Il fonde à Borna,
le premier hôpital de l'administration do la Croix rouge.
Chargé de rapatrier un contingent de soldats zanziha-
rites, il se rend au Cap et à Zanzibar et revient en Bel-
gique, le 19 septembre 1801.
Le 10 mai 1892, le D*" Etienne repart de Bordeaux pour
le Congo, comme médecin de première classe; mais à peine
arrivé à Boma, il passe, momentanément, à la compagnie
du chemin de Ter de Matadi, à la demande du directeur
et avec l'autorisation de l'Etat (21 octobre 1892).
Il séjourne à Palabala jusqu'au 30 mars 1893 et rejoint
alors son poste à Banana, où il est chargé des fonctions
de commissaire de district. 11 débarque à Lisbonne, le
8 mai 1895.
A son troisième départ, le D'' Etienne ({uitte Lisbonne,
le G janvier 1896, et séjourne à Boma où il est chargé
de la direction du service sanitaire jusqu'au 25 mars 1900,
soit un terme de plus de quatre ans. Il rentre à Anvers,
le 16 avril 1900.
Le 16 mai 1901, le D^ Etienne reprend ses fonctions
médicales et celles de commissaire de district à Banana,
jusqu'au 14 juin 1904. Il revient à Anvers, le 4 juillet 1904.
Le 25 mai 1905, il se rend de nouveau à son poste pour con-
tinuer ses études et se charger de ses anciennes fonctions.
Le D'' Etienne est le plus ancien fonctionnaire de l'Etat
encore en activité de service (').
(1) Au lieu do deux médecins attitrés au Congo en 1885 et de huit en 1891,
il y en a actuellement trente. Chaque inédecin a à sa disposition un certain
nombre d'infirmiers noirs. Tous traitent à titre gratuit les indigènes et leur
fournissent les médicaments nécessaires. Chaque Européen se rendant au
Congo reçoit une pharmacie poitative avec un guide médical indiquant les
soins à donner en l'absence du médecin. Ces remèdes et ces indications
servent naturellement aussi, en l'occurence, au soulagement des indigènes.
Des statistiques précises nous apprennent que la mortalité des résidents
— 7s:; —
Ollicior (le l'Ortlrc^ royal du Lion, (:lievali(;r de ri^l.oil(3
nfricaino, décoré de l'KLoile de service à ciiuj raies.
PUBLICATIONS:
— Le climat de Banana en 1890. (Pu])li(;ati()n K. I. C, n" 7, Briix(;ll(;s. —
Bulletin do l;i Sotnéto bolj^'C do (léograi)hio, 18.S2, pp. 1(37-177. —
Mouvement ^ôographiriuc, 1892, p. 41).
— Observations météorologiques à Banana. (HuUoliM do la Société belge do
Géographie, XIV, 151).
européens qui était en 1901 de 6 31 «/o, était on 1902 de 5.09; en 1003 do
4.23; en 1904 do 3.41; en 1905 de 3.03; et en 1906 de 2.85.
Des hôpitaux noii's ont été créés dans tous les centres impoitants. Kn
outre, à côté du service médical, des commissions d'hygiène, composées
d'un médecin et de deux membres adjoints, sont instituées dans les chefs-
lieu de district et de zoni^.
La variole a été efficacament combattue par la vaccination, rendue obli-
gatoire pour les gens de couleur employés par l'b^tat, pai- l'installation
d'un institut vaccinogène central à Borna, ainsi quâ de postes vaccinogènes
à divers points du territoire, et par la gi-atuité de la fourniture comme de
1 inoculation du vaccin. Quant à la maladie du sommeil, qui ravage la popu-
lation d'une façon terrible, outre l'installation d'un laboratoire de recherches
à Léopoldville, p'us récemment une mission scientifique, dirigée par feu
le D"" Dutton et par le D^ Todd. de rKcole de médecine tropicale de Liverpool,
a fait sur place une enquête approfondie, qui a duré deux ans et demi, au
sujet de cette maladie. Des postes d'observation avec lazarets ainsi qu'une
ligne de surveillance sous la direction de médecins spécialement préparés
ont été établis dans les régions menacées, pour découvrir à leur passage
et retenir les sujets suspects. D'autres lazarets pour la guérison des sujets
atteints de la maladie existent dans les régions contaminées.
On sait que le Roi Souverain, par un décret du 3 juin 1906, a institué
un prix de deux cent mille francs pour celui qui découvrira le remède de
la maladie du sommeil.
Léopold II a créé en outre à Bruxelles une Ecole de médecine tropicale,
composée de quatre spécialistes, pour donner aux futurs méiecinsdu Congo
un complément de science et de formation spéciale, afin de mieux com-
battre les maladies tropicales et notamment celle du sommeil.
{L'Etat du Congo, par A. Castelein S. J., Bruxelles, 1907).
— 78d
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Congo illustré, 1893, p. 121.
Tribune congolaise, 1905, n" 13.
DE NEGRI, ALBERT, PIERRE. JOSEPH, GHISLAIN
(BAR ON
né à Oostcamp, le 3 octobre 1858; décédé à Banana, le
4 avril 1889.
Lieutenant au 2® régiment de chasseurs à cheval.
Part pour le Congo, le 16 février 1888, en cfualité d'adjoint
à Lukungu.
Meurt à Banana, le 4 avril 1889.
STERPIN, ABEL, ARTHUR, FERDINAND,
né à Beauraing, le 6 avril 1865.
Sous-heulenant au 11^ de ligne, part pour le Congo, le
3 mars i888, en qualité de lieutenant de la F. P. Succes-
sivement attaché à la brigade topographique, lieutenant de
la F. P., commissaire de district de deuxième classe à
Banana, chargé de l'inspection des districts de Banana et
de Borna. Fait l'exploration du Mayumbe et particulière-
ment des rives de la Lukula. Etablit la carte hydrographique
du Bas-Congo et de la région côtière.
Rentre en Europe, le 27 septembre 1891.
Capitaine commandant au régiment des grenadiers, adjoint
d'Etat-Major; directeur des études à l'école des cadets de
Namur; chevalier de l'Ordre de Léopold, décoré de la Croix
militaire de deuxième classe, décoré de l'Etoile de service,
du Lion et du Soleil de Perse de quatrième classe.
— "éSb —
FIEVEZ, VICTOR, LÉON,
ii(i à llaviv.-k'z-Mons en Uninnul, le ;i() avril 18."35.
Entre à l'arniée en 1875, comme milicien, et passe en
1879 l'examen de sous-lieutenant; classé second, il est nommé
sous-lieulenant, le 13 août 1880, et lieutenant, en avril 188G.
Lieutenant au 11'' régiment de ligne, il s'embarque pour
le Congo, comme capitaine de la F. P., le 15 mars 1888,
avec Haneuse, Nilis, de Negri, Lenger et Molleur, ancien
sous-ofRcier français, depuis administrateur de première
classe dans la Sanga.
Fiévez s'occupe de l'organisation de la F. P. sous Roget,
puis sous Avaert, et est nommé commandant intérimaire
au départ de ce dernier. Il est secondé parSterpin, Debergh,
Hanolet, Gillain, Gorin, Donnay, etc.
En dehors de ses fonctions militaires, Fiévez crée des
cultures et des plantations diverses.
Il remplit à Boma les fonctions de substitut du tribunal
de première instance, du tribunal d'appel et de juge sup-
pléant au tribunal de première instance.
Succède, en novembre 1890, au capitaine Roget comme
commandant du camp de Basoko.
Remonte la Lulu pour aller visiter les camps arabes
de Utclioa et de Jamumba; pousse une première fois jus-
qu'à Bokongolia et refait plus tard le même voyage jusqu'à
Bokondadu.
Au commencement de l'année 1891, après avoir remonté
le Rubi en canot jusque près des chutes, il traverse toute
la forêt qui sépare cette rivière de la Lulu et aboutit un
peu en amont de Bokongolia. Pendant ces différentes expé-
ditions, le lieutenant Fiévez relève le cours inférieur de la
Lulu par plus de trois cents observations et constate que
les Arabes possèdent de superbes cultures de maïs, de riz
et d'arachides, à des centaines d'hectares autour d'Utchoa
(Utchapé).
— 78G —
Bien qirnccompngné d'uno l'ailjlo escorte, il parvient à
défendre aux Arabes de passer la Lulu avec des détachements
armés.
Rassurées, les populations indi^'-ènes, qui s'étaient enfuies,
quittent leurs refuges et se fixent à Basali, Bokondadu,
et Bokongolia, qui deviennent bientôt des centres populeux,
grâce à la protection de l'Etat.
En 1801, Fiévez remonte en canot l'Itimbiri, jusque près
de la Likati; ayant renvoyé son embarcation à Ibembo,
il s'enfonce dans la forêt, et après une marche de cinquante
heures, qu'il fait en cinq jours, regagne la Lulu, à quatre
lieures en amont de Bokongolia, se servant en partie de
l'itinéraire suivi ([uelques mois auparavant par Becker,
dans sa marche, en compagnie d'Arabes des Falls, vers
Djabir.
Voici le motif de cette course rapide. A Ibembo, Fiévez
ayant appris qu'un chef arabe, Kapango-Panga, repoussé
par Van Gèle et Milz, au Sud de Djabir, cherchait à regagner
Outchoye, à marches forcées avait nourri l'espoir de le
rejoindre.
Au deuxième campement des Arabes, Fiévez est témoin
d'un horrible spectacle: quarante cadavres, aux figures
grimaçantes sont entassés les uns sur les autres; ces mal-
heureux ont été tués à coups de lances par les gens de
Kapango-Panga pour avoir refusé de les accompagner,
comme porteurs d'ivoire, jusqu'aux Falls.
Le chef arabe n'est pas rejoint par Fiévez et va jeter
l'épouvante dans le camp d'Uchage, en annonçant l'arrivée
du commandant de Basoko sur les bords de la Tshimbi,
affluent de l'Itimbiri: deux mille captifs se réfugient au
camp de Bokongolia, poste fondé dans la brousse quel-
ques semaines auparavant.
Malgré les nombreux déplacements du commandant, les
plantations alimentaires et de rapport sont poussées avec
vigueur. C'est de cette époque que datent les premières
^— 787 —
])lantntions (1(M';ijV». Di^s rouios sont ('^•nlomonl construites.
Fiévoz est reniphuuMhms son comniandeineiit |):ii' (]li;iltin
ot renti'e en Iùir()|)e, en se[)teinl)re 1891.
Le G mars 1SU3, il retourne en Arrif[U(^ et eoniinandci l(i
district de rK(iuatcur, d(;veloppe Co(]uilhatville, construit
les premières maisons en briques et continue son système
de i)lantations que le professeur Laurent propose comme
modèles. Assisté du lieutenant Sarrazjm, Fiévez étend con-
sidérablement les plantations de caféiers. Il cbâtie les rebelles
et les anthropopliag-es; pacifie le Ruki et ses affluents.
Fiévez entreprend, en 1895, un voyage du lac Tumba
au lac Léopold II et eflcctue un trajet de liuit cents kilo-
mètres.
Réprime l'opposition des indigènes à Iboko, se rend de
là à Bali sur le lac Léopold II ; au retour, il accomplit la
reconnaissance de la rivière Lule.
Fiévez revient en Belg'ique, le 14 mai 1890, et, après
quelques mois de service au 9^ régiment de ligne, retourne
en Afrique, le 6 octobre 189G, pour prendre le comman-
dement supérieur des districts des Bangala et de l'Ubangi.
Il reconstruit le camp d'Umangi sur de nouveaux plans
et vient en aide à Doorme et à Lothaire dans la répression
des Budja.
Le 5 novembre 1898, Fiévez se rend dans le Nord en
partant de l'Itimbiri jusqu'à Yakoma, par le pays des
terribles Budja.
Il n'a avec lui que cent trente hommes. Il livre combat
sur combat et gagne Banzyville, où il assiste aux derniers
moments de Van Galster.
Pendant ce voyage de plus de huit mois, Fiévez a eu
à se défendre à différentes reprises contre les attaques
impétueuses de milliers d'indigènes, armés de lances, de
fusils à piston et d'armes rayées.
Il rentre en Europe, le 27 novembre 1899.
— 788 -
Il est actuellement major au 9- régiment de ligne, cheva-
lier de l'Ordre de Léopold et de l'Ordre royal du Lion,
décoré de l'Etoile de service et de la Croix militaire de
première classe.
PUBLICATIONS :
-' Du lac Tumba au lac Léopold IL (Belgique coloniale. 1896, p. 40 Tavec
carte).
- Le district de l'Equateur. (Congo illustré, 1895, n"* 10, 11 12).
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
- Belgique 'militaire, 1899, n° 1489; 1900, n° 1510.
LENGER, AUBRY, JEAN. SIMON.
né à Altwier (Grand- Duché de Luxemhourg), le 14 février
18G2; décédé à Nouvelle-Anvers, le 18 octohre 1890.
Sous-lieutenant au 8^ rés-iment de lioiie.
Part pour le Congo, le 15 mars 1888, comme sous-lieute-
nant de la F. P., et accompagne le gouverneur général
Camille Janssen dans son voyage dans le Haut-Congo (15 se}>
tembre 1889).
Installé par Janssen comme commandant du camp de
Bena-Kamba, sur le Lomami, il est chargé d'y créer (au
4" sud) une nouvelle station. Lenger entreprend les premiers
travaux, dès le 14 novembre 1889. Ce poste militaire était
destiné à être relié au camp du Lomami-Sankuru que
le lieutenant Le Marinel avait reçu l'ordre de fonder. Lenger
explore la région située entre le camp de Lusambo, le
Sankuru et le Lomami. #
Il meurt, le 18 octobre 1890, à Nouvelle-.\nvers.
— 780 —
AMERLINCK, joseph, marie.
lie ;i (liiiid, 1(^ *J 1 liiiil's l.S(>2.
In<4(''iii(Mii' (les |»()iiLs (;l, c.Iihussi'm'S de TP^colc, de, (\:\\](\
(18<S7).
l^ai'l pour C()iiii)U; do la C()iii[)a;4iii(î du (^lon^^o, l(i 21 mars
18<S8.
Séjourner à Léopoldvillc, coimno clief do l)i'i^adc, (il l'ail,
nu retour, r<Hud('. d'une variante, raccourcissant nolablemenl
le ])reniier tracé du clHiiiiin de Ter.
Il rentre en Kuropo en janvier 1889 et fait deux séjours
au (ùliili.
Ensuite, il réside au Guatemala pendant une dizaine
d'ann(!es, comme directeur de la construction oX de l'exploi-
tation des chemins de fer du Nord du Guaténiala et se
lixe plus tard à Mexico, comme in^^'-énieur.
CHARMANNE. xav.er.
ne à Yvcs-Gomezée, le 13 décembre 1853; décédé à Hruxelles,
le 17 juin 1903.
Fait ses études nu Gollè^'-e de Mons-sur-Marchienne.
Sorti des écoles spéciales de Louvain, comme ing^énieur
des mines, en 1874, il débute dans l'industrie charbonnière.
11 représente le ^'"ouvernement tunisien à l'Exposition inter-
nationale d'Amsterdam et obtient la d'^coration de Tunisie.
Part au Gong-o, le 21 mars 1888, [)our rejoindre son frère
Hector et collaborer avec lui aux <'tudes du chemin de fer
de Matadi à Léopoldville. L'inclémence du climat a raison
de ses forces et l'oblig'e à rentrer en lj'jlgi(jue, dès le
12 août de la même année.
Remis des fièvres africaines, il s'embarque i)our la côte
du Pacifique et va [)réter ses services au g-ouvernement
— TIJO —
chilien, qui e charge du contrôle et de la construction
iu chemin de fer de Santiago à Melii)illa.
La révolution de 1891 suspend l'exécution des travaux
publics au Chili et l'année suivante, après un séjour de trois
ans et demi dans ce pays, Gharmanne reprend le chemin
de l'Europe.
Rentré en Belgique, il s'y occupe de l'administration
de sociétés.
Il meurt à Bruxelles, des suites de néphrite, le 17 juin
1903.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— Bulletin de l'Union des Ingénieurs so7'lis de l^ Ecole de Louvain, 1904.
T ACK, THÉOPHILE. MARIE, AIMABLE, AUGUSTE,
né à Woumen (Flandre occidentale), le 7 décembre 1843;
décédé à Palabala, le G janvier 1891.
Capitaine en premier au 14^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 21 mars 1888, à bord de la Lîjs.
Le 4 avril 1888, étant en rade de Rufisque (Sénégal)
il profite de ses moments de loisir pour parcourir le pays
et transmet ses impressions au Mouvement géograpliiqiie.
Il prend une part active à la campagne d'études du
chemin de fer et rentre en Europe, le 17 janvier 1889.
Tack retourne en Afrique, le 11 octobre 1889, avec la
première brigade d'ingénieurs pour le travail de h\ con-
struction.
Détaché à la brigade d'études dans le bassin de la Lufu,
il* meurt, le 6 janvier 1891, à Palabala, aux environs de
Matadi.
— 701 -
Il élail CMi)'!!;!!!!!', au 11^ iv^iiiKiiil (1(3 li^iio cl (l(.îCor(i do
la Croix luililaire.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— Mouvement géographique, 1888, ii" 11.
DEJOSEZ, LOUIS.
né à Angleur, le 25 août 1842; (décodé en avril 1908.
Part le 21 mars 1888, comme ingénieur, pour compte de
]a Compagnie du chemin de for et fait partie, en qualité
de chef de brigade, du personnel des études du railway
de Matadi.
COCHETEUX, ALBERT.
né à Mortsel (Anvers), le 21 septembre 1861.
Ingénieur des mines de l'Université de Liège (1886).
Part pour le Congo, le 21 mars 1888, et est attaché aux
études tachéométriques d'avant-projet.
Repart, le 10 octobre 1889, pour compte de la Compagnie
du chemin de fer et est forcé, pour cause de maladie, de
rentrer en Europe, dès le 22 juin 1890.
PUBLICATION :
— Observations faites dans la région des cataractes. (Bulletin de la Société
Anthropologique, Bruxelles, p. 90).
— 792 —
VAN DORPE, JULES. JOSEPH,
Lieutenant adjoint d'Etat-Major au 14^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 15 avril 1888, en qualité de
capitaine de la F. P.
(La notice biographique figure à la page 409).
DUVIVIER, JOSEPH,
Sergent-fourrier au 3*^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 15 avril 1888, en qualité de
sous-officier.
(La notice sera publiée au chapitre: Expéditions anti-
esclavagistes).
DEBERGH, henrl aimé, liévin.
Sous-lieutenant au 11° régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 15 avril 1888, en qualité de
lieutenant de la F. P.
(La notice paraîtra au chapitre: Opérations dans le Nord).
DEGHILAGE,FERDINAND,ALEXANDRE.FLAVIEN,
né à Mons, le 12 août 1858.
Ancien employé au gouvernement provincial du Hainaut,
part le 15 avril 1888, en qualité de commis. Désigné pour
I
— 703 —
Manyan^'a, le 17 mai 1888, cl pour le dislric^l du Kwau^'-o, le
17 septembre 1892. P(Mi(lauL son Icniie est, nommé commis
(le première classe, puis sous-cominissaire de district.
Rentre, le ir> IV'vrier 18<)5.
Repart i)()ur rAI'rifpi-e, le 0 juin 1895, en (pialité de
commissaire de district de troisième class(i. Kst désigné pour
Tumba-Mani, le 2 juillet 1895, et i)our les Cataractes, 1(3
23 août; rentre, i)our cause de maladie, le 10 mai 1897.
Deghilage se rembarque le G septembre 1897, en qualité
de sous-intendant de deuxième classe, et est désigné pour
les Stanlej^-Falls, le 29 septembre 1897, où il séjourne trois
ans.
Nommé sous-intendant de première classe, le 1 septem-
bre 1898.
Rentre, fin de terme, le 8 octobre 1900.
Deghilage a reçu l'Etoile de service à deux raies.
VANDENKERCKHOVE, François, émile,
né à Bruxelles, le 21 décembre 1841; décédé à Banana,
le 30 août 1897.
Ancien commis de banque.
S'embarque pour le Congo, le 15 avril 1888, en qualité
de commis de deuxième classe.
Séjourne à Boma, où il dirige les magasins-généraux et
où il est directeur des transports de la marine et des
travaux publics.
Rentre en Europe, le 11 août 1891.
Repart le 6 novembre 1891, en qualité de commissaire
de district de troisième classe et accomplit tout son terme
à Boma, où il est adjoint à la direction des transports.
Rentre le 23 août 1894.
'91 —
Retourne une troisième fois en Afrique, le 6 avril 1895
et exerce les fonctions de commissaire de district à Hanana.
Nommé sous-intendant de première classe, le 1 juin 1890;
meurt à Banana, le 30 août 1897.
Vandenkerckliove était décoré de l'Etoile de service à
deux raies.
BOURGUIGNON, Alexandre.
né à Ixelles, le 21 juin 1862.
Docteur en médecine, chirurgie et accouchements de
l'Université de Bruxelles.
S'engage au service de la Compagnie du Congo pour lo,
commerce et l'industrie, en qualité de médecin adjoint à
l'expédition d'études du chemin de fer, et s'embarque pour
le Congo, le 6 mai 1888.
Le d"" Bourguignon rentre en Europe, en janvier 1889,
et repart, dès le 11 octobre 1889, en qualité de médecin
en chef de la Compagnie du chemin de fer.
Secondé par ses adjoints, les d""^ Carré, Degreny, Villa,
Alexandre, etc., arrivés successivement et attachés aux dif-
férents postes; il organise le service médical, dont l'instal-
lation mérite les plus vifs éloges.
« Réunir un nombre considérable d'hommes sur un même point,
» veiller à leur sécurité, à leur hygiène, au maintien de l'ordre
» et de la dicipline parmi eux, n'est pas déjà chose si facile en
» nos pays d'Europe; au Congo, cette situation se compliquait encore
» de mille autres obstacles.
» Matadi manquait d'espace. La montagne plongeait à pic dans
» le fleuve géant et à peine sur un très court trajet, disposait-on
» d'une plage, profonde seulement de cent mètres.
» Le sol, semé de ravins et de montées abruptes, était formé
le D'^ BOURGUIGNON.
Cliché (lu Mouvement Géographique.
— 795 —
» (lo i*()('li(*s coinjcictcs, (,)n('l(Hi('s .-n'itiislcs r;il)()iij;ris |i()iiss;ii('iil de
» ci (le l;i (l.'iiis ce Icri'aiii iiiL;T;il <'l sau\;ip,'('. On ii'v <lis|)(is;ii( pas
» (lo CCS oinbraj^'cs si iicccssaircs sons un soleil de l'eu.
» I/(\aii iiH'inc, dont les t ra\ailleni's a\aieiit hooiii, y v\;\\\, [>.w-
» ciinoiiicuseineni dislrilmi'e.
» Les torrents ci les ravins d(»scendant des montagnes sont à,
» sec une moitié de l'année et l'eau du Congo n'est pas potable en
» cet endroit ; elle engendre la dysenterie, ce fléau des tropiques (pii,
» là, plus que partout ailleurs, était tout particulièrement à craindre.
» L'exemple du Panama prouvait qu'une épidémie venant à éclater
» dans une agglomération d'hommes, forcément peu confortablement
» logés au début, donnerait lieu à une mortalité désastreuse.
» La petite vérole, (]ui décime en Afrique des populations entières,
» était encore plus redoutable que tous les autres fléaux.
» Dans l'impossibilité de faire travailler des blancs sous un climat
» aussi différent du leur, il fallait recruter un peu partout, dans
» les colonies étrangères, des travailleurs plus aguerris. On allait
» donc voir réunis là des ouvriers de toute nationalité, des noirs,
» des Anglais, Français, Portugais, Allemands, Italiens, Grecs,
» Turcs, Egyptiens, Chinois, une vraie tour de Babel de tra-
» vailleurs. Ajoutons à tout cela, les effets déprimants du climat,
» augmentés encore par le manque de confort et un travail fatigant
» et énorme, et nous aurons donné une idée de l'importance i)ri-
» mordiale de la question de l'organisation du service de santé.
» Ce problème si grave, si complexe fut cependant résolu Des
» habitations commodes et saines furent érigées, le ravitaillement
» et l'alimentation de tous ces ouvriers furent assurés, les camps
» de travailleurs furent établis dans de bonnes conditions de salubrité
» et d'hygiène. Les épidémies de variole furent évitées. Le beri-
» beri et les diarrhées séreuses cédèrent devant la transformation
» du régime ('). »
Le d'" Bourguignon rentre en congé en Belgique, le 4
(1) Conffo illustré, 1892, p. 177.
— 79(3 —
février 1892, et retourne en Afrique, dès le 5 juin de la
même année.
Revenu en Europe, en avril 1894, il r(?f)nrt une quatrième
fois, le 6 octobre 1894.
Il revient en Belgique en décembre 189G.
Ses cinquième, sixième, septième et huitième séjours au
Congo datent : du 6 septembre 1897 à novembre 1899 ;
du 10 juillet 1900 au 4 novembre 1902 ; de juillet 1903 à sep-
tembre 1905 ; du 17 mai 1906 à février 1908. Pendant ces divers
termes de service, il occupe, outre ses fonctions auprès
de l'Etat qu'il exerce depuis 1890, celles de médecin, chef
du service sanitaire de la Compagnie du chemin de fer
du Congo de Matadi au Stanley-Pool, avec résidence à
Matadi, en même temps que celles de médecin de l'hôpital
de la Compagnie du chemin de fer.
Le d'" Bourguignon est chevalier de l'Ordre de Léopold,
décoré de l'Etoile de service, chevalier de l'Ordre royal
du Lion, officier de la Couronne d'Italie.
PUBLICATION :
Congo, climat, constitution du sol et hygiène de l'Etat Indépendant du
Congo, 1 vol. in-8", Bruxelles, 1898.
REZETTE, JEAN, JOSEPH.
Ingénieur.
Part pour le Congo, le 1 mai 1888, en qualité de direc-
teur des transports.
(La notice biographique figure à la page 475).
— 797 -
HANOLET, LÉON, CHARLES. EDOUARD.
Sc)US-liouton;inl :iu !.'>'' i'(''^iiii<Mil de li^nc.
Part pour 1(*. (^on^o, le ir> juin 1888, en (jiialiUî de sous-
lieutcuant de la V. V.
(La nolicc biographique, avec portrait, figure à la [)agc
205).
PREGALDIEN, p..
Maréchal des logis d'artillerie.
Part pour le Congo, le 15 juin 1888.
(La notice paraîtra au chapitre: Campagne arabe).
MASSON, JEAN, BAPTISTE,
Part pour le Congo, le 15 juin 1888, au service du
département des finances.
(Voir la notice à la page 499).
STERCKMANS, charles.
né à Bruxelles, le 1 octobre 1860.
Maréchal des logis au l"" régiment de chasseurs à cheval.
Part pour le Congo, le 15 juin 1888, et est adjoint à
l'expédition Dhanis dans la Lunda (Kwango oriental) (1890).
De Popokabaka l'expédition gagne la résidence du grand
chef Muene Putu à Kasongo-Lunda.
— 798 —
Malgré l'opposition de ce dernier, elle marche vers le
Sud, par un pays complètement ravag:6.
Forcé de rebrousser chemin, elle se rend au pays Wamba.
Sterckmans rentre en Europe, le 21 novembre 1890, et
repart, pour compte de YAbir, le 6 décembre 1892, en
qualité d'adjoint.
Sterckmans est actuellement directeur en Afrique de la
Société YAbir.
DE VALKENEER, clément, s ylv a in, louis.
MARIE, BERTRAND,
né à Ixelles, le 14 novembre 18G3.
Sergent-fourrier au 5*^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 15 juin 1888, comme sous-officier
de la F. P., attaché au district des Bangala.
Il est adjoint à Dhanis, chargé de fonder un camp sur
l'Aruwimi (1889).
Il devient agent de l'Etat dans le Haut-Congo et explore
le Lopori, afïluent de la Lulonga.
Rentre en Europe, le 10 février 1892.
Est décoré de l'Etoile de service.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— Mouvemeht géographique, 1891.
— 79U —
MILZ, JULES. ALEXANDRE,
Sous-lieiitcnniil ;ni 1" iv^iiiiciil do l.'iiicici's.
l*;ii'l. pour 1(^ (lon^^o, 1(^ 17 juin l.S.SX, (mi qii;ilil/' Ho sou.s-
Ii(Mil(Mi;niL do l;i V. V.
(La notice biograpliiffuo, avec poi'lraiL, li^ui'e a la pa^cï
21)8).
MONSEU, ANDRÉ, CHARLES, GHISLAIN.
ne à Court-Saint-Etionnc, le 29 mai 18G4.
Accomplit un terme, du 20 juin 1888 au 0 juin 1891,
en qualité de géomètre du cadastre et de ff. de receveur
des impôts à Borna.
VAN CAULAERT, benoît, henri.
Géomètre.
Part pour le Congo, le 10 juillet 1888.
(Voir la notice à la page 499).
HERREBAUT, édouard, émile.
Missionnaire des Pères Blancs d'Afrique.
Part pour le Congo, par la côte orientale, en juillet 1888.
(La notice paraîtra au chapitre: Missionnaires) .
— 800 —
DE BACKER, albert.
Missionnaire de la Gongré^^ation de Sclieut.
Pari pour le Gon^o, le 25 août 1888.
(La notice paraîtra au chapitre: Missionnaires).
CAMBIER, EMÉRL
xMissionnaire de la Gongrégation de Scheut.
Part pour le Gongo, le 25 août 1888.
(La notice paraîtra au chapitre: Missionnaires).
GUELUY, ALBERT,
Missionnaire de la Gongrégation de Scheut.
Part pour le Congo, le 25 août 1888.
(La notice paraîtra au chapitre: Missionnaires).
HUBERLANT, Ferdinand, jean, baptiste
(MONSEIGNEUR),
Missionnaire de la Gongrégation de Scheut.
Part pour le Gongo, le 25 août 1888.
(La notice paraîtra au chapitre: Missionnaires).
■
— SOI —
DUPONT, HENRI. JOSEPH.
DooUnir c\\ luédeciiic.
V'Avl pour lo C.oii<4'(), le 17 soi)l(Mnl)re ISSS, on qnnlilo de
médecin de deuxième classe.
(Celle nolice i)araîtra au clia[)ilre: (kimpagnc arabe).
COLIN, NICOLAS, JOSEPH, ADOLPHE,
né à Louette-Saint-Pierre, le 27 juillet 1850.
Sous-lieutenant au 13*^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 17 septembre 1888, en qualité
de sous-lieutenant de la F. P.
Séjourne à Léopoldville, puis, en sous-ordre, au camp
de l'Aruwimi.
Rentre le 28 mai 1890.
Actuellement capitaine commandant au 13"^ régiment de
ligne, chevalier de l'Ordre de Lôopold, décoré de la Croix
militaire de deuxième classe.
BECKER, JÉRÔME, JAQUES.
Lieutenant au 5^^ régiment d'artillerie.
Fait partie de deux expéditions belges à la côte orien-
tale d'Afrique et retourne au Congo, par la côte occidentale,
le 17 septembre 1888.
(La notice biographique, avec portrail, figure à la page
530).
— 802 —
GORIN, FLORENT, JOSEPH. CHARLES.
116 à Tournai, 1(3 25 avril 1804;d6cédé à Mons, le lirévricr 1899.
Sous-lieutenaiii au 13° n'^gimont do ligne.
Son premier départ, en qualité de sous-lieutenant de la
F. P., date du 17 septembre 1888 : il est attache succes-
sivement à la F. P., au service cartographique, au fort
de Shinkakasa et est nommé commissaire de district de
troisième classe, le 31 mars 1890; il rentre en Belgique,
le 28 mai 1890.
Gorin repart le 3 novembre 1890, chargé de la direction
du service delà carte. Il est nommé commissaire de district
de deuxième classe, le 1 août 1891, puis, le 4 mai 1892,
adjoint au commissaire royal, et chargé, avec Grenfell, de
la délimitation des frontières de Lunda (territoire portugais).
Gorin se dirige vers le Kwango, par Lukungu, Luvi-
tuku, Tumba-Mani, et Popokabaka. L'exploration et le levé
de la région durent jusqu'au mois de mai 1893. Au cours
de ce voyage, il franchit successivement les rivières Wamba,
Kwilu (Djuma) et Loange, et descend le KAvango en radeau
depuis les chutes François-Joseph jusqu'à Popokabaka.
Rentre en Europe, le 19 octobre 1893.
Repart une troisième fois, le 0 août 1894, comme com-
missaire de district de première classe au Stanley-Pool et
rentre en Belgique, le 17 juillet 1895.
Il retourne une quatrième fois en Afrique, le 6 avril 189G,
investi du commandement du district du Lualaba-Kasaï et
est nommé commissaire général, le 1 juin 1897.
A la fin de l'année 1898, il reprend le chemin de la patrie,
à bord d'une malle française, mais à peine a-t-il débarqué
en Belgique, le 2 janvier 1899, qu'il meurt inopinément.
Gorin était lieutenant au .12® régiment de ligne, cheva-
lier de l'Ordre de l'Etoile africaine et de l'Ordre royal du
Lion, décoré de l'Etoile de service à deux raies.
DE SÂEGHER, Marcellin.
— mil —
PUBLICATIONS:
— La nonvelU f,'onU,)n', couf/o-porluf/uise. d,: Luwla. cMtn; U Kumnyo et le
Kasaï. (Mo.ivonuM.t, -(••o^^niplii.i.i.;. 18:M, p. :{. avoc carte au
2.3r)() (MX)').
— Kioam/o et Lunda; piuiplaUs de la fmutuhw. portiu/al^,:. (Coii^n, i||i,,(r(';,
ISDi, pp. 2 et 10;.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— Belgique militaire^ 1899, n" 1 IK;.
LOTHAIRE, HUBERT, JOSEPH.
Sous-lieutenant au G^ rég-iment de ligne.
Part pour le Congo, le 27 octobre 1888, en qualité de
sous-lieutenant de la F. P.
(La notice biographique est publiée à hi page 3G0).
DE SAEGHER, MARCELLIN, HIPPOLYTE,
JOSEPH, MARIE, GHISLAIN.
né à Ledeberg-lez-Gand, le 31 mai 1858; décédé à Meer-
hout (Province d'Anvers), le 12 juillet 189G.
Docteur en droit de l'Université de Gand, le 20 juillet
1880; avocat à la Cour d'appel de Gand.
Nommé juge au tribunal de première instance du Bas-
Congo, le 2G septembre 1888, il part d'Anvers, le 27 octobre
suivant, avec Lotliaire, et remplit ses fonctions tantôt à
Boma, tantôt à Banana, tantôt à Matadi. Il reste en Afrique
— 801 —
jusqu'au 20 août 1893, date où il rentre en Europe, ayant
refusé les plus brillantes propositions d'avancement. Il
accepte le ran^- de directeur de la justice à titre personnel
et d'importantes missions d'inspection.
Il est, en effet, envoj^é, en 1891-1892, en inspection dans
le Haut-Ubangi, parcourt tout l'Uele, aide de la Kéthulle
à remonter le Bomu. Il accompagne Van Kerckhoven et
Ponthier au Bomokandi, redescend par l'Itimbiri et n'in-
terrompt son voyage qu'aux Falls, en présence de l'état
de guerre proclamé dans la région, ce qui rendait sa mission
sans objet.
Sans qu'il prenne part à l'action, ses rapports contribuent
beaucoup à l'inspiration de l'action systématique contre îes
Arabes.
Reparti en juin 1894 pour le Congo, à sa demande, en
qualité de juge, il y remplit en réalité des fonctions d'in-
specteur d'Etat. Il visite tout le bassin du Kasaï Sankuru,
étudie spécialement la législation civile à donner aux indi-
gènes et procède à l'inspection du service judiciaire.
Jouissant d'une grande influence et entouré d'une par-
ticulière considération, c'est chez lui que le père De Deken
voulut aller mourir.
C'est lui aussi, qui démissionna pour pouvoir assumer,
devant le tribunal d'appel de Boma, dans l'afl'aire Stokes,
(1896) la défense de Lothaire, dont il obtint l'acquittement, le
25 avril 189G.
De Sacgher rentre en Belgi(|ue en juin pour plaider la
même cause devant le conseil supérieur. Mais, surpris par
la maladie r[u'il avait contractée au Congo, il ne peut que
se confier à son ami et ancien commensal d'Africpie, le
d' Henri de Marbaix, qui espérait encore le guérir. C'est
chez ce dernier qu'il succombe.
Il était chevalier de l'Ordre royal du Lion et décoré de
l'Etoile de service à deux raies.
— 805 —
PUBLICATIONS:
La Jusfict'. i)iilitairi\ l>ni^('s, ISSS, iii-S".
Les couliiHit'.s (li's fndiffùnes de V Etat indépendtuil dit Cnur/a. M'iilhîliii
(l(> la So('i(''t('' (rMliifh's coloniahîs. ISDl, m» W. p. ST).
SAUAL, EDOUARD. JULES. ÉLIE, CLÉMENT.
né à Namur, le il novembre 18G7.
Serf2:enl- fourrier au 5« régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 22 novembre 1888, en qualité de
commis de deuxième classe, attaché au service des trans-
ports à Homa.
Le 1 mai 1891, fonde le poste de Congo da Lemba et, le
15 octobre 1891, rapatrie le dernier contingent de Zanzi-
barites.
Rentre en Europe, le 23 janvier 1892, pour retourner en
Afrique, le 5 juin 1892, comme sous-intendant de troisième
classe, directeur des transports à Léopoldville.
Revient en Belgique, le 14 mai 1895.
Retourne au Congo, le 7 octobre 1895, comme directeur
des transports à Léopoldville, avec le grade de sous-inten-
dant de première classe; rentre le 10 novembre 1898 et
repart, le 30 avril 1903, en qualité de sous-directeur de
rUrsélia. Revenu en Belgique, le 5 juin 1905, il repart, dès le
11 janvier 190G, en qualité d'inspecteur de la susdite société
et rentre le 23 juin 1907.
Décoré de la médaille d'or do l'Ordre ro3'al du Lion et
de l'Etoile de service à trois raies.
— 800 —
MORIAMÉ.j. M..
Serg-eiit- fourrier au 11^ ré^nment de ligne.
Part pour le Congo, le 22 novembre 1888, en qualité de
sergent de la F. P.
(La notice paraîtra au chapitre: Campagne a^mbe).
VAN DEN BOGAERDE, JULES. P.. H..
né à Liège, le 12 avril 1857; décédé au Stanley-Pool, le
11 novembre 1890.
Ingénieur du génie civil.
Ingénieur aux chemins de fer de l'Etat belge.
« 11 appartenait à cette carrière du génie civil qui, après celle
» (le l'armée, a donné le plus d'auxiliaires à l'entreprise du Congo
» et a produit des hommes comme Gondrj, Charmanne, Gilmont,
» Nève, Glaesener, Vauthier, Bergier, Goffin, Paulissen, brillante
» phalange d'hommes de science et de cœur, qui s'en sont allés
» là-bas, sur les rives du grand fleuve, préparer à notre pays
» un avenir magnifique. » A. J. Wauters.
S'embarque pour le Congo, en novembre 1888, en qualité
de commissaire de district de deuxième classe et est nommé
commissaire de district de première classe au Stanley-Pool,
en 1890, en remplacement du lieutenant Liebrechts.
Entreprend le montage de deux nouveaux steamers, la
construction de quais de débarquement et l'organisation
administrative des territoires confiés à ses soins.
« Grâce à lui, Léopoldville, une des plus belles stations de
» l'Afrique centrale, est encore améliorée. Les plantations com-
» mencées par le lieutenant Liebrechts, à qui est due en grande
» partie la prospérité de cette intéressante localité, sont encore
» notablement étendues. Les plantations et les constructions de
» Léopoldville, avec celles de Bangala, les modèles sur lesquels,
j
— 807 —
» parloul ;iill(Mirs dans cri le ir^ioii alVicaiiic, «m s'cll'orcc de so
» ('DiifornuM' |)()iir la ('ri'aiion de iioiivcaiix cciilrcs d'aclivih' |)()li-
» Vu\[W vi oomincrcialc. liàtic >^\iv une Icri-assc, coiiim-c dans les
» lianes du inonl I-t'opoid, la slalion est cnloni'i'c de cullnrcs (•()nsid('',-
» rahk's oi'i l'on v\v\v axcc snccrs, onti'c; les h'^ninrs d'i'aii-ojic,
» l'ananas, le calV'icr, le, ri/, le laltac
» Cette ville naissante; esl , du reste, plaei'-e dans une situation
» tout à l'ait iirivilé<^'iée. Assise sui' la rive ^-aucdu! du Stanley-
» I*ool, elle est avec Kinshasa, le [)()int d'attache des steam(;rs,
» qui de là s'élancent sur un niagnifi(jue réseau de fjuinze mille
» kilomètres de voies navigables. Lorsque le chemin de fer aura
» été construit, l'importance de ce point, à la fois tète de ligne
^> ferrée et port de commerce initial, augmentera dans des i)ro-
» portions considérables et on i)eut, dès maintenant, prédire (jue
» Léopoldville, qui s'étendra sous peu vraisemblablement vers l'P^st,
» deviendra à bref délai une cité active et commerçante .
» Ce sera alors un devoir que de rapi)eler et d'honorer le sou-
» venir de ces hommes, de ces compatriotes qui, travailleurs de
» la première heure, ont présidé à la naissance et à l'organisa-
» tion de la future métropole commerciale du Congo. Les noms
» de Braconnier, Valcke, G. Le Marinel, Liebrechts et Van den
» Bogaerde seront inscrits en tète du livre d'or de la cité nou-
» velle. » (Congo illustré, 1892).
VANDENBORRE, adolphe, arthur,
né à Gand, le 11 juin 1864.
S'embarque pour le Congo, le 23 décembre 1888, comme
agent de la Société anonyme pour le commerce du Haut-
Congo et est adjoint à Hodister à Bangala. Trois mois plus
tard, il fonde les postes de Mobeka et d'Upoto.
Il installe, en 1889, le premier poste dans la Mongala,
à Gongo, sur la Dua.
— 808 —
Son premier terme de service expiré, le 22 mai 1891,
Vandenborre rentre en Europe, mais contracte un nouvel
engagement, du G janvier 1892 au 15 avril 1894. Il est désigné
pour le lac Léopold II, où il installe le comptoir d'achat
d'Inongo. Il a des démêlés avec les M'Panzas; mais par-
vient à faire exploiter le caoutchouc par les indigènes.
Il rentre en 1894 et repart la même année, chargé de
reprendre la direction de YAbh\ Par suite du décès, à
Vivi, du mécanicien du steamer Colonel North, steamer
qui devait être envoyé par sections jusqu'au Pool, Vanden-
borre effectue lui-même ce transport en six mois. Arrivé
à Léopoldville, il est adjoint au commandant Jacques, comme
commandant de zone et directeur du Comptoir commercial
congolais. Quelques mois plus tard, la sphère d'action du
Comptoir est transférée dans la Wamba, où Vandenborre
passe environ deux ans.
Il rentre en octobre 1897 et, pendant cinq années pas-
sées en Europe, Vandenborre ne cesse de s'occuper d'affai-
res coloniales.
Il repart une quatrième fois pour le Congo, le 19 mars
1903, pour la Société anonyme du Haut-Congo, en qualité
de chef de district commercial.
Rentré le 15 mai 1905, Vandenborre repart une cinquième
fois, le 28 juin 1906, en la même qualité.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— Moniteur du caoutchouc, mars 1903, n" 2.
— De Meuse. Lettres. Mouvement géographique, 1893, p. 2.
— 809 —
BAEKELMANS, simon, louis,
lié à lI()l)0k(Ml, le IS iii;ii's 18()2.
Adjudaiil (le linLlcrie ;m :>" r(''i:ini(Mil, (r;ii'lill''i'i<' d r;iii(li-
(hiL soiis-lieiilonanl ;iu ri^'^iniciiL du (raiii, il i)arl, [lotir h;
Coii'j^o, le 7 janvier 1889, en (jualité do sei''Z(înl de la l'\ P.
Le goiivornour Lcdoganck le char^^'e, à lîonia, on alleridaiiL
l'arrivée d'un vétérinaii'is des soins à donner à (environ
quatre cents têtes de bétail, de mules et de chevaux arabes.
Baekelmans en profite pour dresser quelques taureaux devant
servir de montures.
En outre, son service comprend:
1" l'instruction de l'artillerie aux i)remiers contingents
de Bangala et de Bakumu;
2° l'administration du dépôt et de la première compagnie
(environ neuf cents soldats);
3° l'administration et la surveillance de l'habillement,
des armes, des munitions, du matériel d'artillerie, de la
forge et de l'atelier de l'armurier;
4*^ la gestion d'un magasin d'échanges que l'Etat possé-
dait à cette époque, pour le paiement des troupes, à Boma.
Nommé sergent-major dans le courant du mois de juillet
1880, Baekelmans conduit à coups de canon, l'attaque des
pirates du Bas-Congo, lesquels se soumettent définitive-
ment. Un projectile de l'ennemi le blesse au menton.
Sur l'ordre du gouverneur Gambier, Baekelmans part avec
dix soldats de choix pour aller planter le drapeau de l'Etat
à Lunga, sur la côte, en un point contesté de la frontière
Congo-portugaise. Il traverse une région absolument hostile
aux agents de l'Etat et se maintient au poste jusqu'à son
rappel, malgré toutes sortes de difficultés et de menaces.
Sa conduite lui vaut des félicitations écrites de la part de
l'autorité précitée. La question de frontière est tranchée à
l'avantage de l'Etat par le président de la Confédération
suisse.
— 810 —
Désigné pur lo vice-gouverneur Coquilliat pour recréer
le poste d'Isangila et l'ancienne roule des caravanes de Vivi,
Baekelmans reçoit à Lukungu l'ordre de se mettre à la
disposition du capitaine Dusart pour l'organisation du dis-
trict du Kwango oriental. Mais le 20 juillet 1890, intro-
duisant un obus dans un canon de montagne de 7.5,
Baekelmans a les deux mains brisées par suite de l'écla-
tement prématuré de ce projectile que le sous-lieutenant
Lemaire avait chargé.
Gomme il était intransportable, il reste en traitement à
Lukungu, n'ayant d'autres soins que ceux qu'il indicfuait
lui-même; ce n'est que vers le 5 novembre qu'il est trans-
féré en hamac à Matadi et ensuite par bateau à Boma où,
malgré ses blessures, il participe à la repression des quatre
cents soldats soudanais qui s'étaient révoltés.
Il est nommé sous-lieutenant et, comme ses blessures pou-
vaient se gangrener, il s'embarque pour l'Europe et arrive
à Anvers, le 3 décembre 1890.
Le 18 août 1891, à peine guéri, Baekelmans repart pour
le Congo, comme sous-lieutenant de la F. P. Désigné pour
Shinkakasa, il est adjoint au capitaine commandant Pétil-
lon, chargé de diriger les travaux du fort, à y construire
sur un mamelon, à environ trente-cinq mètres au-dessus
du niveau du fleuve.
Baekelmans s'occupe de la charpente et de la maçonnerie
et lorsque les plates-formes sont établies, il dirige les
dangereuses manœuvres de force, consistant à monter les
pièces de canon et autres parties pondéreuses des huit cou-
poles, qu'il s'agit d'élever par une rampe à environ
trente-quatre mètres de hauteur.
C'est lui qui recrute dans le Mayumbe les sept cents
travailleurs nécessaires à ces divers travaux.
Baekelmans accompagne le major Wangermée, commis-
saire royal, dans sa reconnaissance stratégique du Bas-
Congo et du Mayumbe ; ce voyage se fait sans un seul
I
— 811 —
soldjiU l<^s (Unix ofîiciors lo^oiinl iiitiik^ diins des \ill;i^('S
('()iiij)lèlonî(Mil hostiles.
Backolninns i'(Milr(' (mi I)('l;^i(|ii(\ l(^ 'j:> ;k)i'i( IS'.M.
L(' <^()iiV(M'ii(Mir W'iiliis ;iy;int ;i|)|)ris (|U(' UMekcliiiiins s'orcii-
pail (ruii vocnbulairc '' lioUvIVaiicais r, le pria de l"aii'(;
don de son travail à l'J^'.lat.
Haekolnians est aclnolloniont licMitonanl à l'I^tat-Major do
la place d'Anvers, décoré de l'Etoile de service, portciur
de la Décoration militaire et de la Décoration civifjue de
quatrième classe.
GONDRY, HENRI.
Directeur d'administration aux chemins de fer de l'Etat
belge.
Part pour le Congo, comme inspecteur général le 7 jan-
vier 1889.
(La notice biographique est publiée à la page 163).
LOCHTMANS, albert, léon, marie.
né à Mariembourg, le 27 avril 1864.
Sous-lieutenant au 11^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 7 janvier 1889, et meurt à Lukungu,
le 8 avril de la même année.
— 812 —
DONNAY, JOSEPH. MARIE. HUBERT,
Sous-lieutenant au 14'^ régiment de li^ne.
Part pour le Congo, le 7 janvier 1889, en qualité de
sous-lieutenant de la F. P.
(La notice paraîtra au chapitre : Opérations dans le Nord).
GILLAIN, CYRIAQUE, CYPRIEN. VICTOR,
Lieutenant adjoint d'Etat-Major au 2^ régiment de guides.
Part pour le Congo, le 7 janvier 1889, en qualité de
lieutenant de la F. P.
(La notice paraîtra au chapitre: Ca?npagne arabe).
BUSINE. L..d..D.. d..
Sergent au 5^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 7 janvier 1889, en qualité de ser-
gent de la F. P.
(La notice sera publiée au chapitre: Opéralions dans le
Nord).
FISCHER, EDOUARD, GEORGES. CONSTANT.
né à Louvain, le 27 octobre 1865; décédé à Landana, le
31 août 1894.
Etudiant en droit. Part pour l'Afrique, le 7 janvier 1889,
en qualité de commis de deuxième classe.
Désigné provisoirement pour la direction de la justice à
j
- 813 —
l)()iii;i ci (MisuiU^ pour le S(H'r('»lMri;il à l;i iimmiic sl.-ilioii, il
est iionniH' clicl" de poste ;'i T('lio;i, puis, le 1 j;iiivier JS'.i'J,
coiiiiiiissnii'e de dislricl de Iroisiciue eiiisse.
Fischer (»st dési^FK', \r. ir> septembre l.SMV, pour eoiiiin;inder
le distriel do H;iii;m;i el riMili'e eu iMirojx', fiu de tenue,
le (') luars 181):3.
Il re[)arl, le G so[)loiul)re 18'.)3, eu (juiditj'. de; eounuis-
sairo de district do, deuxièiuo classe et prend le coiniuaii-
deinent do la Loiuba, le 1 octobre 18<j3.
11 meurt l'année suivante à Landana.
DE RECHTER, édouard.
Lieutenant au S*' régiment d'artillerie.
Part pour le Congo, le 29 janvier 1889.
(La notice paraîtra au chapitre: Opéi-ations dans le Nord),
MEUNIER, FERNAND,
Naturaliste.
Part pour le Congo, le 29 janvier 1889.
(La notice paraîtra au chapitre: Opérations dans le Nord).
TITEUX, EMILE, ARTHUR, CHARLES.
né à Vrigne-au-Bois, le 24 octobre 1864.
Sergent major au 0*^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 6 février 1889, et séjourne dans
rubangi comme sergent de la F. P.
— 811 —
Rentre en Europe, le 19 février 1892.
Repart, le 6 novembre 1892, au service de l'Etat, comme
commissaire de district et rentre le 14 novembre 1895. 11
retoui'ne une troisième fois au Congo comme sous-inten-
dant de première classe, le 6 juin 1890.
Titeux est actuellement directeur de la Compagnie des
Produits du Mayumbe. Décoré de l'Etoile de service à deux
raies et de la Médaille d'or de l'Ordre royal du Lion.
LENAERTS, pierre. aloVs,
ne à Turnhout, le 12 février 1863.
Part au Congo, le 29 février 1889, et remplit les fonc-
tions de géomètre du cadastre, de receveur des impots, à
rE(|uateur, et de receveur des impôts, à Nouvelle-Anvers.
Rentre le 4 août 1892.
Décoré de l'Etoile de service.
GRARD, LOUIS,
né à Brasménil (Hainaut), le 30 septembre 1860.
Docteur en médecine de l'université de Louvain, attaché
au V régiment de chasseurs à cheval, comme élève de pre-
mière classe.
Part pour le Congo, le 29 février 1889, en qualité de
médecin de deuxième classe.
Séjourne à Léopoldville et Boma.
Rentre en Belgique, le 28 septembre 1889.
Grard est actuellement médecin de bataillon de première
classe pensionné.
Décoré de la Croix militaire de deuxième classe.
— sir> —
MEULEMAN, EUGÈNE, CAMILLE. FRANÇOIS.
JOSEPH.
né à Jodoi^^iic, lo 17 niars ISii.").
Vélôriimin^ do troisièiiuî cJnssn ;in :V' i'('i;iiii('iil «h; hnicitîi's.
l*;ii'L pour \(\ (^on-^o, U) 21) Invi'icîr IsS'J, (mi (jii;ilil,ô de;
vélérinaii'o do TElaL
Il so livre à l'étude des transports du IxHail dans l;i
région des cataractes, en vue de la création do trouj)eaux
dans le Ilaut-Gongo. De lévrier à septembre 1901, il reni-
])lit, par intérim, les fonctions de commissaire d(î district
du Stanley- Pool. Visite le Mayumbe en 1892.
Il revient en Europe, le 26 mai 1892.
En 1905, il est délégué par le gouvernement de l'Etat
indépendant au Congrès international de médecine vété-
rinaire de Budapest, où il traite pour la première fois la
question des maladies tropicales des animaux domestiques.
Actuellement vétérinaire de première classe au 1^ régi-
ment de guides, professeur à l'école de guerre, attaché
au service des écuries royales.
Décoré de l'Ordre de la Couronne du Congo, de l'Etoile
de service et chevalier de l'Ordre royal du Lion.
PUBLICATIONS :
Etude sur V élevage des animaux domestiques au Congo. (Bulletin do
la Société d'Etudes coloniales, 1895, p. 301).
Le Bétail du Congo. Bœufs et zèbres. (Revue d'élevage, chasse et pèche,
1907, n"« 21, 23, 25).
Les haras royaux hongrois et le domaine de V Ungarisch-Altenburg, Bruxelles
Van Buggenhout, 1908.
Rapport sur les maladies tropicales des animaux domestiques. Piroplas-
moses, Irypanosomiases et peste bovine, Bruxelles, Bruer, 1907.
En collaboration avec le D"" Bourguignon, Cornet, Dryepondtet Lancaster.
Rapport sur le climat, la géologie et l'hygiène au Congo. De ce
rapport : Le climat du Congo, par Lancaster et Meuleman, tiré
en volume in-S" de 464 pages.
— 810 —
PRINZ, FRANÇOIS. XAVIER,
Pari pour le Congo, le 21 mars 1889, comme contrôleur
des impôts.
(Voir la notice à la page 500).
VAN CAUWENBERGHE, AUGUSTE
HENRL MARIE,
né à Bourg-Léopold, le 10 juin ,1863.
Engage au service de l'Etat le 22 mars 1889, comme
commis de deuxième classe à Zobe, il rentre en Europe,
pour motif de santé, le 29 juin 1891, après avoir occupé
les fonctions de vérificateur des droits de sortie, à Zobe,
le 1 août 1889; sous-percepteur suppléant des postes, k
Zobe, le 1 août 1889; grefiîer-adjoint, près le tribunal de
première instance du Bas-Congo, le 26 juin 1890; receveur
des impôts intérimaire et percepteur des postes intéri-
maire, à Borna, le 27 juin 1890 ; commissaire maritime
suppléant, à Boma. le 27 juin 1890; receveur des impôts,
à Léopoldville, le 1 octobre 1890; sous-percepteur des pos-
tes, à Léopoldville, le 8 septembre 1890.
Chef de bureau au département des finances, à Bruxelles.
Van Cauwenberglic, est chevalier de la Couronne d'Italie
et décoré de la Médaille civique de troisième classe.
PUTTEVILS, EUGÈNE. JEAN-BAPTISTE.
GUILLAUME.
né à Anvers, le 27 avril 1869; décédé à N'Sona de Kienzi
le 17 juin 1889.
Sous-lieutenant au 3" régiment de chasseurs à pied.
Part pour le Congo, le 11 avril 1889, en qualité de sous-
lieutenant de la F. P., et est chargé, sous les ordres de
Roget, de l'installation du camp de l'Aruwimi, mais il meurt
à N'Sona de Kienzi, dès le 17 juin 1889.
— 817 —
VILLERS, SYLVAIN, JOSEPH,
iiô i\ Briixellos, \o, 10 iiviil IsCxS.
Preniior s(M*<^ont ;m (l'' rc'^iiiKMil de li^*ne.
Pari pour le (^oniio, le 11 avril 1880, commo S(»T^'*enl> flo
la F. \\ et revient en P^urope, le 21 mai 1801, aprrs avoir
été adjoint du coniniandant Fiévez, au camp de Hasoko.
VERSCHELDE, aloïs.
né à Alost, le 22 mars 180(). ; di'cédé à Landana, le :M janviei'
1895.
Sergent au i'' régiment de ligne. Part pour le Congo, le
20 avril 1889, comme sergent delà F. P. et rentre en F]urope,
le 28 septembre 1889.
Retourne en Afrique, le 6 février 1893. en qualité de
lieutenant de la F. P. et revient en Europe, le 14 septem-
bre 18G3.
Pendant son troisième séjour en Afrique, il meurt à
Landana, le 31 janvier 1895.
Il était décoré de l'Etoile de service à deux raies.
DU THOY, ALFRED, LÉOPOLD,
né à Lille, d'un père belge, le 10 octobre 1805, décédé à
Bangala, le 22 mars 1891.
Sous-lieutenant au 3« régiment de li^-ne.
Part pour le Congo, le 18 mai 1889, en qualité de sous-
lieutenant de la F. P., et est désigné comme adjoint au
poste de Bangala, où il meurt le 22 mars 1891.
818
HAROU, PROSPER, FÉLIX. JOSEPH.
ne à Fayt-lcz-Senefre, le 18 novembre 1855, décfklô à Zobe,
le 21 mai 1893.
Premier maréchal des logis au l' régiment de lanciers.
Part pour le Congo, en qualité de commis, le 18 mai 1889,
et accompagne le gouverneur généralJanssen dans un voyage
d'inspection, mais est obligé de rentrer en Europe, étant
dangereusement malade.
En mars 1890, Harou retourne en Afrique comme agent
commercial, mais après un séjour de quinze mois, un acci-
dent l'oblige à rentrer en Belgique.
Il part une troisième fois, en qualité de receveur des
impots, le ô mars 1892, et meurt l'année suivante des suites
de la fièvre à Zobe.
Harou était décoré de la Croix civique de deuxième classe.
TRENTELS, henri. victor.
ne à Ixelles, le 2 juillet 18G3.
Sous-lieutenant au 9^ régiment de ligne.
S'embarque pour le Congo, le 18 mai 1889, en qualité
de sous-lieutenant de la F. P.
Chef de la comptabilité à Boma et substitut suppléant
du procureur d'Etat.
Revient en Europe, le 21 novembre 1889.
Actuellement capitaine commandant au 13« régiment de
lio-ne. Décoré de la Croix militaire de deuxième classe.
— 819 —
GUFFENS, JEAN, LÉONARD. ADOLPHE.
lié à llockheiiii, 1(' hi février 1S()7; décédé ii Kiii^ninslii,
le 12 s(^.|)L(Mnl)r(^ 1S<)2.
Ser^'enl-roui'i'iei' ;iii l"" r(''i^-iiii(Mi(. de eliiisseiirs ;i pir'd.
Part pour 1(^ (^()n<^(), J(^. 18 iii:ii 188*), coiinna ser^'-eiil, do
la V. P. (H s(^ n()i(^ à Kin^'iiiislii (hins h» Kwan'^-o, h' 12
sepleiiihre 1S*)2.
DESCAMPS, GEORGES, RAOUL. ADOLPHE,
Lieutenant au 1'' régiment de cliasseurs à pied.
Part pour le Congo, le 1 juillet 1889, en qualité de
lieutenant de la F. P.
(La notice sera pul)liée au chapitre: Expéditions anfics-
cla vagis les).
VERBRUGGHE, gustave. adolphe. jean.
ROMUALD,
Sous-lieutenant au 2*^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 18 mai 1889, en qualité de sous-
lieutenant de la F. P.
(La notice paraîtra au chapitre: Opérations dans le Nord).
— 820 —
BECKERS, ERNEST,
né à Bilsen, le 2 juillet 185G; décédé à Kinshasa, le IG
décembre 1892.
Part, le 1 juillet 1889, comme ag-ent commercial de la
Société pour le commerce du Haut-Congo.
Il est nommé, à la fin de la même année, chef du dis-
trict commercial de l'Equateur, puis gérant de la factorerie
de Mobeka et chef de district des Bangala.
Rentre en Europe, le 16 juillet 1891, et repart, le 1 mai
1892, reprendre ses anciennes fonctions.
Il meurt, le IG décembre 1892, à Kinshasa.
Camille Dclcommune lui rend un hommage ému à ses
funérailles; s'etant découvert devant sa dépouille, il est
frappé d'insolation et meurt lui-même quelques jours après.
DETAIL, ALFRED, CHARLES.
né à Mons, le 7 mai 18G2.
Sous-lieutenant au régiment des carabiniers.
Part pour le Congo, le 2 juillet 1889, en qualité de sous-
lieutenant de la F. P. et rentre en Europe, le 28 juin 1890.
Actuellement capitaine commandant adjoint d'Etat-Major,
au même régiment.
Décoré du Lion et du Soleil de Perse de cinquième classe.
i
LIEBRECHTS, louis, François, marie,
né à Anvers, le G juin 18G2; décédé à Bolerre (Mongala),
le 20 octobre 1895.
Sergent au régiment du génie.
Part pour le Congo, le 2 juillet 1889, en qualité de
— 821 —
ser^'ont de l;i I'\ V. ri ronln*, en Imii'ojxs \(\ 11 ;i(»û(, 1802.
Relourne on Arri([U(», U) (> jninier 18'.);;, pour rrvfMiii- en
Bol<^i(liic, 1(^ 27 ([(H^einbre 18U4.
Se rend une Iroisiènu} l'ois m AlVifUK^ le i; iii;ii 180r,
comme (lirecleiir (](» fncloi'cu'ie de la Socic'U'i ;iiiv(îr.sois(; pour
le commerce au Congo Lii^hrcndils est, Uk', avec rag(Mil
De Vadder, à BoLerre sur la Mongala, 1(î 20 octobre 1805,
lors de ratta((ue de la factorerie de Gongo-llule par les
indigènes.
Il était décoré de l'Etoile de service.
PILETTE, ALFRED.
né à Feluy-Arquenne, le 14 septeml)re 18G8.
Caporal au régiment du génie.
Part pour le Congo, le 2 juillet 1880, comme sergent
de la F. P. et revient en Europe, le 22 juillet 1802.
Retourne en yVfrique, comme agent commercial de la
Société du Haut-Congo, le G décembre 1802.
Repart une troisième fois, comme agent de la Société du
Haut-Congo, le 6 février 180G.
Rentre en Europe, le 23 mars 1807.
Il est décoré de l'Etoile de service.
— 822 —
\A/ILVERTH, ETIENNE. CHRISTOPHE. BERNARD.
EUGÈNE,
no à Schaerbock, le 24 janvier 18G6.
Etant sous-liciitenant au régiment des caral)iniers, il part
pour le Congo, le 3 juillet 1889, en qualité de sous-lieute-
nant de la F. P.
Est nommé commandant du camp d'instruction d'Upoto
et effectue un vo3'age dans le Giri. Constate que le lac sup-
posé d'Ibinza n'existe pas et découvre un chenal de Moboka
jusqu'au lac Libanda et de là au Giri près de Hosesera.
Le 22 mai 1890, Wilverth fonde un poste à Upoto (Lisala)
et le 18 mai 1891 prend le commandement du poste de
Bumba.
Le 19 juillet 1891, il séjourne à Mongwandje comme lieu-
tenant de la F. P. et le G décembre de la môme année,
fonde le poste de Moboika sur l'Eau blanche (Ebola).
Rentre en Europe le 16 juillet 1892.
Le 6 mai 1896, Wilverth se dirige une deuxième fois
vers la terre d'Afrique, en qualité de capitaine-comman-
dant de la F. P.
Il est en même temps chargé par la Société d'Etudes
coloniales de réunir une collection de poissons du Congo
pour l'aquarium de l'Exposition de Bruxelles de 1897
Revient en Belgique, le 23 mars 1897, avec une ample
moisson d'intéressants spécimens ichtjiogiques.
Le 16 avril 1900, Wilverth repart une troisième fois pour
le Congo et les îles Canaries, en vue de compléter les col-
lections d'histoire naturelle du Musée royal et rentre à
Lisbonne, le 21 septembre 1900.
Il est capitaine d'infanterie en retraite, décoré de l'Etoile
de service et des palmes d'or de la Couronne du Congo.
PUBLICATIONS:
— Note sur la population d' Upoto. (Mouvement géographique, 1895, p. 99).
— Chez les Upoto. (Belgique coloniale, 1897, p. 128j.
WILVERTH, Etienne.
— s-j:5 —
— FjCS p()isso)is du ('(nif/o. (Mouvomoiit ^M'>();;ra|)lii(|iio, :i?i) snplotnbi'o, 10 oc-
tobi'o ot 17 octobi'o ISOT, avoc cccxjiiis),
— Ches les Mogwandis. (Coiif^n) illustiû, ls'.»l, p. \7.\].
— lâchasse. (Id., 1894, p. ISO).
— La consiruction des ptrof/ues. (Id., isiil, p. \\H).
— Le travait du cuivre. (Id., 1895, p. 7).
— Les habitations indi(/è)ies des Bangalas, des Upotos, des Mof/wandis. (M.,
181)5, p. 141).
— Coutumes couçolaises. (Id., 1S95, p. 151).
— U eslavagisme et le canuibalisme. (Id., p. 157).
— Les poissons du Congo. (Bulletin do la Société d'étudos coloniales, 1807,
p. 337).
— lùangs et rivières (Bulletin de poche et de piscicidtufo, 15 septembre 1897).
— l'.'08. Collaboration à la collection de monographies ethnographiques,
publiée par Cyr. Van Overbergh. (Les Bangalas, les Upotos).
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— Belgique coloniale, 1890, p. 57G.
VAN RONSLE, CAMILLE (monseigneur).
Missionnaire de la Congrégation de Scheut.
Part pour le Congo, le 15 juillet 1889,
(La notice paraîtra au chapitre: Missionnaires),
— 821 —
DE ROUBAIX, ADOLPHE JOSEPH,
né à Tournai, le 8 mnï 1826; décédé à Anvers, le 26 août
1803.
Industriel anversois, chef de la maison De Roubaix-Oeden-
koven et G^^
Il est un de ceux (|ui, tout d'abord, eurent foi en l'avenir
commercial du Congo et, il est le premier de ceux qui
osèrent y aventurer des capitaux et essayèrent de provoquer
un courant d'affaires entre le Bas-Congo et Anvers.
Lors de la reconnaissance officielle de l'Etat par les puis-
sances, en 1885, De Roubaix constitue avec un certain
nombre de négociants anversois le syndicat de Mateba pour
la création d'établissements agricoles et l'exploitation de
cultures dans le bas-fleuve. Dans ce but, le syndicat acquiert
de l'Etat l'île de Mateba, à mi-distance entre Banana et
Boma, de même que les îles voisines de NZounga et Kifouka,
d'une superficie totale de quinze mille hectares (').
Les droits du syndicat furent reconnus provisoirement, le
30 janvier 1886 et définitivement, le 3 juin 1887.
L'exploitation de cultures subit des fortunes diverses et
fut finalement abandonnée. La Société de Mateba pour-
suivit alors deux buts tout à fait différents: la production
d'huile de palme et l'élevage du bétail. Une usine pour la
(1) Le Syndicat de Mateba est la première société belge au Congo, consti-
tuée en vertu des dispositions libérales adoptées par la Conférence de Berlin
et proclamées dans son acte général. On sait que l'acte de Berlin, signé
par quatorze puissances, aptes des travaux qui durèrent du 15 novembre 1884
au 26 févi'ier 1885, adoptait pour le bassin conventionnel du Congo, le
principe du commerce libre, celui de la libre navigation et du libre trafic
sur les autres voies de communication.
Alors qu'en 1891 il n'y avait encore que six compagnies belges disposant
d'un capital total de trente-quatre millions, il y en a actuellement cinquante-
sept, disposant d'un capital de cent quarante-trois millions.
Ving-huit sociétés étrangères, représentant un capital d'environ quarante
millions, sont également installées dans notre colonie.
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DE ROUBAIX, Adolphe.
Cliché du Mouvement géographique.
i
— 825 -
production d'iiuilo de palme fui ci'éée à Siceia, dont, les
rivos élaiont favorables à l'aeeosla^-e des •grands st(;ain(;rs.
('/est à De Rouhaix qu'on doit la j)i-eiiiièi'e IciilalivM d'in-
troduction du bétail dans l'ile de Mateba.
Dans une i;rand(*. [)artie i\() ce vaste Con^^^o, où la nature
féconde produit sans relâclie et send)le, dans son iné'puisable
fertilité, vouloir combler ses créatures jus([u'à la satiété
de ses dons les plus 0[)ulents, il \w. se trouvait pas de;
bétail avant l'arrivée des l)lancs (').
En 1886, il n'existait dans le Bas-Con*^o qu'un troup(;au de
({uatre-vin<^ts individus à Hanana, dans la factorerie de la
maison liollandaise et un autre de deux cents à Boma, ai)[)ar-
tenant à la maison portugaise Valle et Azcvedo. L'Etat
possédait une cinquantaine de vaches et de taureaux.
En 1886, De Roubaix commence l'introduction du bétail
dans l'île de Mateba. Trois bœufs de trait sont achetés à
Mossamedes. L'expérience démontre que les pâturages de
l'île sont bons et peuvent être améliorés. Un taureau et
trois vaches sont alors introduits de Madère. Le lait, le
beurre et le fromage étant d'excellente qualité et la repro-
duction continuant à se faire dans de bonnes conditions,
(1) Au Stanley-Pool, le bétail a été introduit en 1885. Les premières
bètes étaient venues de San Salvador, d'autres avaient été envoyées du
Bas-Congo.
Dans le bassin du Kasaï, le taureau et la vache, animaux inconnus des
indigènes, furent amenés par des trafiquants portugais et par les membres
de l'expédition Wissmann. Ce dernier entraîna à sa suite à Luluabourg,
environ soixante têr.es de gros bétail, qui ont trouvé sur les bords de la
Lulua de magnifiques pâturages toujours verts.
Aux Stanley-Falls, les Arabes ont introduit la race bovine de l'Est dans
leurs établissements du Lualaba, depuis Kasongo et Nyangwe jusqu'aux
Falls.
Dans la région du Haut-Uele et de ses affluents du Nord-Est, il existait
une race superbe, dont le D^ Schweinfurth parle avec éloges; Junker vit
d'immenses troupeaux de huit à neuf cents bêtes sur les plaines fertiles de
cette riche contrée. {Congo illustré).
— 820 —
un nouvel achat de cincjuanle vaches el taureaux est fait
et bientôt Je troupeau est porté à sept taureaux et cent
quinze vaches. En une année, il s'augmente de cent dix
veaux. Le 1 octobre 1905, les troupeaux de Mateba comp-
taient six milles têtes.
Le syndicat de Mateba se transforme en société anonyme
le 4 mai 1889, avec De Roubaix, Léopold Gâteaux et Ernest
Osterrieth comme administrateurs et lorsque cette société
fusionne, le 22 mars 1890, avec la Compagnie des Produits
du Congo, De Roubaix est choisi comme vice-président du
nouveau conseil d'administration (').
Les installations premières de Mateba n'étaient pas ter-
minées que se constituait à Bruxelles la Compagnie du
Congo pour le commerce et l'industrie (1886).
Avec Jules Urban et le capitaine Thys, De Roubaix fut
l'un des trois fondateurs de cette société, qui groupa les
efforts des coloniaux et assuma seule, pendant plusieurs
années, la direction des entreprises commerciales belges au
Congo.
En 1889, lorsqu'il fut question de fonder la société, qui |
allait se charger d'entreprendre la construction du chemin I
de for de Matadi au Stanley-Pool, c'est encore De Roubaix ^
(1) Le troupeau de Mateba, appartenant à la Compagnie des Produits,
compoitait lors du dernier inventaire (1905) : cinq mille huit cent vingt têtes de
bétail, se décomposant comme suit: mille huit cent soixante treize vaches,
cent quatre-vingt treize taureaux, mille deux cent huit génisses, dix-sept
bouvillons, mille cent seize taurillons, six cent cinquante-six veaux mâles,
sept cent cinquante-six veaux femelles.
Une chose remarquable, c'est la manière extraordinairement rapide dont
le bétail a lui-même amélioré ses pâturages. Lorsqu'on mit sur l'île les
premièies bêtes, elles y trouvèi'ent une herbe, appelée herbe de Guinée, dont
les jeunes pousses sont bonnes; mais qui atteignait souvent deux mètres
de hauteur et dont les tiges étaient alors dures et coriaces. En quelques
années, ers pâturages furent radicalement chingés et comparables aux
plus belles weiden de Flandre.
— 827 —
(jiii se ('h;ii'i!(';i (riiilcresseï' les rmiiiicici's inixci'sois :i l;i ïnv-
iiKilion (lu ciipilMl ii(''('(^ss;iii'(' i\ (■clic ^^l'iindldsc clllI•('p|•is(^
Il conlrihuM ('ljiiIciikmiI mvcc Tliys, Iliiiiciisc cl (l()(|iiilli;il
à la cr/'alion du (Ici'clc africain (ISDO).
De Rouhaix se rendit au ('on^o, le (> aoùl, 1S8'.), \ ia I/is-
l)onne, avec Dreiss, (lii'CMicui*, ancien a^-eid di' ri\lal, ilallcl,
in<^énieui' ag-rieole, et Maliy, ai^riculUuir, pour inspeclei"
son élal)lissement de Mal(d)a ; il rentra vu Europe en ()clol)rc
de la même année.
De Rouljaix était ()(ïlci(U" d(* l'Ordre^, de Léoj)old, vicji-
prcsident de la Compagnie du Congo pour le commci'cfî
et l'industrie et de la Compagnie des Produits, administra-
teur de la Compagnie du chemin de i'er.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
— Mouvement géographique. 23 lévrier 1890; se[)tenil)re 1893.
— A. J. Wauters. UEiat Indépendant du Congo, pp. 389, 392 et 484.
— Le Congo illustré, année 1892, p. 97.
— Chapaux. Le Congo historique, diplomatique, })p. 728, 732, 734 et 74(5.
HALLET, ADRIEN. LÉON, ALFRED.
né à Philippevilie, le 13 mai 1867.
Ingénieur agricole de l'Institut de l'Etat à Gembloux.
Part pour le Congo, de Lisbonne, le 6 août 1889, avec
De Roubaix, administrateur-délégué de la Société anonyme
de Mateba, Dreiss, directeur de cette société, et Mahy,
comptable.
Chargé d'entreprendre de grandes cultures de tabac,
Hallet, à peine débarqué, s'aperçoit que l'île de Mateba,
excellente pour la production des herbages, est impropre
à la culture, en raison de la couche d'argile grise qui forme
la partie superficielle du sol. A la suite de ses déclarations,
— 828 —
les essais de culture sont abandonnés et la Compagnie des
produits, succédant, en 1890, à la Société anonyme de Mateba,
dirige principalement son activité vers l'élevage du bétail.
Hallot est nomnif';, en janvier 1891, sous-directeur de la
Compagnie des Produits et remi)lit les fonctions de direc-
teur en 1893-1894.
Pendant sa direction, les troupeaux de Mateba sont mena-
cés par de terribles attarfues de pleuropneumonie. Hallet
parvient à en débarrasser l'île, par l'application générale
aux troupeaux du procédé d'inoculation du docteur Willems.
En juin 1894, Hallot quitte définitivement Mateba pour ren-
trer en Belgique, où il contribue à la formation de la Société
Van de Vinnc et C*% dont il devient un des co-associés. Parti
en octobre 1894, pour cette maison, il s'installe à Matadi,
où il fonde les comptoirs Helgika. Bientôt est alors créée
la Société Belgika, dont il devient directeur. Rentré en Bel-
gique, très malade, en mars 1896, il repart pour Matadi
en septembre, pour revenir en Europe en juillet 1897,
retourner au Congo en janvier 1898 et quitter définitive-
ment la colonie en décembre de la même année.
En 1899, Hallet porte principalement son activité vers
le Congo français, en participant à la création de quelques
sociétés concessionnaires de cette colonie, principalement
la Haute-Sangba et la M'Poko.
Il fait ensuite quelques voyages d'études en Amérique
centrale.
Depuis 1905, il s'occupe principalement de plantations de
caoutcliouc en Extrême-Orient, dans la presqu'île de Malacca
et l'île de Sumatra, et visite ces pays en 1907.
Il est actuellement administrateur-délégué delà Société du
Kwilu-Niari, administrateur de la M'Poko, membre du
comité technique de la Haute-Sanglia et de l'Ekela-Kadei-
Sangha, administrateur-délégué de la Compagnie de l'Hévéa,
directeur de la Compagnie du Selangor, directeur de la
Soengei-Lipoet Cultuur Maatsckapijy .
— 82<J —
GIRARD, CHARLES. HENRI. ALFRED. CONSTANTIN.
no il Anvers, lo 20 seplenil)!^ lsr)r>; dcccdc' ;'« Lul\iiii;jii,
le i (lécenihro 1889.
Sous-lioulonanl au réyinuMiL des (',arnl)ini('rs.
Se rend au Congo, le 14 août 1881), en (jualilé d(i sous-
lieutenanl de la F. P. et nieurl dès le 1 décembre de la
même année.
HOCHSTRAS, LÉON, hyacinthe. FRANÇOIS.
JOSÉPHINE.
né à Bruges, le 22 juillet 18(59; décédé à Kingunslii, 1(ï
27 février 1891.
Maréchal des logis fourrier au 1'' régiment des chasseurs
à cheval.
Part pour le Congo, le 14 août 1889, en (jualité de commis
de deuxième classe et fait partie de l'expédition Dusart
au Kwango, en 1890.
Arrive à Kingunshi, où il aide à fonder la station de
ce nom.
Prend part à l'expédition contre le chef Capay.
Le 20 novembre 1890, il quitte Kingunshi avec Dhanis,
pour se rendre à Léopoldville.
Le 27 février 1891, il regagnait en pirogue le poste de
Kingunshi, lorsqu'à proximité de cette station, un hippo-
potame culbuta l'embarcation et, saisissant dans ses puis-
santes mâchoires le malheureux agent, lui broia la cuisse
droite. Quatre heures après, Hochstras expirait.
— 830 --
JADOT, EMILE. JOSEPH.
no à Tournai, le i:> juin 18G2.
Maréchal des logis d'artillerie de l'orleresse à Liège.
Part pour le Congo, le 14 août 1881), comme sergent
de la F. P. dans le district du Stanlej^-Pool.
Rentre en Europe, le 19 août 1892, pour retourner en
Afrique, le 0 juin 1893.
Lieutenant do la F. P.
Décodé à Kimenza, lo 24 février 1895.
Décoré de l'Etoile de service.
MAHUTE, EDOUARD. FERDINAND.
né à Verviers, le 13 octobre 1863, décodé à bord du Lua-
laha, le 27 décembre 1891, en rade de Loango.
Sous-lieutenant au régiment des carabiniers.
Part pour le Congo, le 14 août 1889, comme sous-lieu-
tenant de la F. P. (Aruwimi-Uele) et est adjoint à MHz
au poste de Djabir.
VAN DER STRAETEN, émile,
né à Audenarde le 7 novembre 1855, décédé à Matadi, le
10 janvier 1890.
Avocat à Anvers.
Nommé juge au Congo, par décret du 22 juillet 1889, il
s'embarque le 14 août 1889, mais meurt de la fièvre à
Matadi, dès le 10 janvier 1890.
— 831 —
SIMON, JEAN-BAPTISTE, ARTHUR,
lié à noiiilloii, le <■> seplcinhrc, LSii:;.
Sous-liouUMiaiiL ;m 11" iv^-imonl dr. \\'^\\(\
Part ])Our i(^ Coii^o, le. 8 s(^|)I,(îii)1)I'0 1S«S'.), en (jniilih'- de
soiis-lieulonanl (1(3 la F. P.
A son arrivée à Borna, le 13 octobre 1880, il r(u;oil sa
nomination de sous-conimissairc de dish-icl à Maladi.
Il s'occupe spécialement lU) l'amélioration du portage vers
L(>opoldvillc.
Le 5 novem])re 1880, il est cliar^j-'é de réparer la i)asse-
relle de la Lufu ({ui menac^ait de s'effondrer et d'établir
le long du sentier des caravanes, entre Matadi et la Lufu,
des hangars pour protéger les porteurs et leurs charges,
la nuit et en cas de mauvais temi)s.
Débilité à la suite d'une expédition de plusieurs semaines
dans une région aussi tourmentée, où il avait manqué sou-
vent des choses indispensables à la vie, Simon contracte
le germe des fièvres qui provoquent son retour en Europe,
le 20 mars 1890.
Capitaine-commandant d'infanterie, pensionné le 2G mars
1908.
Simon est chevalier de l'Ordre de Léopold et décoré de
la Croix militaire de deuxième classe.
RYNWALT, PIERRE, JACQUES,
né à Gand, le 29 juin 1863.
Sous-lieutenant au 7^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 14 septembre 1889, en qualité
de sous-lieutenant de la F. P.
Est nommé chef de la station des Stanley-Falls. Remplit
les fonctions de secrétaire et d'adjoint de Lehrman, résident
— 832 —
de l'Etat auprès du vali Tii)po-Tip, et ensuite auprès de
Rachid, son successeur. Lehrman avait pour instructions
de pratiquer une diplomatie pacifique avec les Arabes et
de surveiller leurs actes.
Le résident des Falls s'emi)loie à justifier les uiissions
Van Kerckhoven et Roget, dans les bassins de l'Aruwimi
et de rUele, Dhanis et Descamps dans le Manyema, l'Urima,
le Katang-a et le bassin du Lomami, entreprises en vue
d'atténuer les maux causés par les razzias d'esclaves et
d'y ouvrir la voie au commerce libre en organisant l'ad-
ministration directe. Gbaque fois qu'une de ces expédi-
tions se trouve en conflit avec une bande esclavagiste,
le résident explique au vali la légitimité des mesures prises,
et Rynwalt, est chargé d'appuyer avec la F. P. l'autorité
du résident.
En 1890, il est question d'envoyer Rynwalt au Ruwenzori
pour y fonder un nouveau poste, mais ce projet est aban-
donné à la suite des arrangements diplomatiques entre
l'Etat Indépendant, l'Allemagne et l'Angleterre.
Rynwalt entreprend plusieurs petites expéditions autour
du poste des Falls pour établir l'autorité de l'Etat parmi
les populations Waghenia et Bakumu, et rentre en Europe,
le 4 février 1892.
Il est capitaine en second, administrateur d'habillement
au 4® régiment de lanciers à Beveren-Waes.
Décoré de la Croix militaire de deuxième classe.
DE BRUYNE, auguste.
Sergent au 2^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 14 septembre 1880, en qualité de
sergent de la F. P.
(La notice paraîtra au chapitre: Campagne arabe).
— 833 —
SAUVENIER, FERDINAND. MARIE.
né à Oslende, le cS juin 1<S()3.
Ser^'onl-nmjor au S" ré<>-imenl (k? li^-nci.
Part ])onr 1(^ (]c)n<^T), le. M soplenihn^ IXSO, commo sous-
oflk'ier do la K. P. cl, l'c'^sido à Matadi, où il (^sl nonmn'î
sous-lieutenanl do la F. 1\, le 20 novendjre 181)1.
Outre SOS fonctions niilitairos, il assume la direction des
transports à Matadi pendant tout son séjour en Afri(|ue.
Rentre en Europe, le 14 septembre 1892.
Il est actuellement chef do bureau au dé[)artement de.
l'Intérieur de l'Etat indépendant du Gon^o, décoré de l'Etoile
de service.
SCHAAK, JEAN,
Maréchal des logis d'artillerie de forteresse à Lié^je.
Part pour le (]ongo, le 14 septembre 1889.
(La notice paraîtra au chapitre: Opérations dans le Nord).
BOLLENS, FRANÇOIS, FÉLIX. JOSEPH,
né à Anvers, le 16 juin 1857.
Courtier de commerce.
Part pour le Congo, le 14 septembre 1889, en qualité de
commis de deuxième classe.
Retourne en Afrique, le G mars 1893, comme sous-inten-
dant de deuxième classe, agent d'administration de pre-
mière classe. Repart le 6 octobre 1890, comme sous-intendant
de première classe.
Retourne une quatrième fois en Afrique, le 16 juin 1900,
834
comme sous-intondant et rentre en Europe, le 4 juillet 1904,
après avoir occupe les fonctions de directeur des transports
de l'Uele.
Il est décore de l'Etoile de service.
COTE, ZOÉ, ROMAIN, JOSEPH.
né à Nismes (Namur), le 20 septembre 1862; décédé près
de Bafwazende, entre Kamionga et Piani Lukanda, le 13 juil-
let 1900.
Entré au service du Grand Central Helge, comme piqueur
le 1 mai 1884, il est nommé surveillant de route, le 12 janvier
1886; démissionne, pour entrer dans l'administration des
chemins de fer de l'Etat, comme commis-auxiliaire, le 13
août 1887, et part pour le Congo, le 11 octobre 1889, comme
conducteur des travaux de la Compagnie du chemin de fer.
Côte rentre en Europe, le 11 novembre 1891, part une
deuxième fois, le 6 mai 1892 et séjourne au Congo jusqu'au
mois d'avril 1894, comme chef de section de la Compagnie
du chemin de fer. Il part ensuite, le 6 septembre 1894,
comme chef de service des études et rentre en Europe, le
30 août 1898.
Le 6 avril 1899, il fait un voyage d'études pour chemins
de fer à Manille et rentre en Europe le 6 septembre 1899.
Il part une quatrième fois pour le Congo, le 16 jan-
vier 1900, comme chef d'études de la Compagnie des che-
mins de fer aux Grands Lacs (embranchement vers le
Tanganika).
Côte rend les plus grands services en Afrique et le
directeur GofRn lui en rend hommage dans son livre.
Au cours d'une reconnaissance avec l'ingénieur Adam,
il se noie malheureusement dans la Lindi près de Baf-
Avazende. Le journal Le Malin d'Anvers a consacré un
— 835 —
nrLiclo élo«4'i(Mi\ i\ noire inJ'orluiKî ('(>iiip;ili"i()lo, en rclntniit
s;i (in pr<Mn:i In !•(''(».
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— La mort de M. Côlc. Le, Mithi (rAiivcrs, l'.K)!), n" 2t]2.
CAIVIM A ERT, EDOUARD. LÉOPOLD, EMILE. MARIE.
né à Nimè^'ue (Hollande), lo 25 ni;irs l<S(;s (Bol<^e), dérédô
à Makoa, le 28 janvier 18*M.
Sergent-major au régiment des grenadiers.
Part pour le Congo, le 11 octobre 1889, en qualité de
sergent de la F. P. et revient en Europe, le 21 déceml)re
1890.
Se rend une deuxième fois en Afrique, le 11 avril 1891,
comme agent commercial de la Société anonyme belge pour
le commerce du Haut-Congo.
Cammaert quitte Bangassou, sur le Bomu, le 1 mars 1892,
après la signification des circulaires Le Marinel, à bord
d'une pirogue sakara, et se dirige vers Kinshasa i)our y
retrouver son directeur C. Delcommune.
Il passe les rapides de Likassa et de Monobungu, sans
incidents fâcheux et campe chez Madebembu, vieux chef
sakara; passe aux chutes Hanssens, à Yakoma, Inkesse,
poste français, sur la rive droite de l'Ubangi. Le 11 mars,
il atteint la factorerie de Banzyville.
Jusqu'à Mokoange les natifs sont des plus hospitaliers et le
pays continue à être d'une luxuriante richesse. Cammaert
touche à Zongo, où Hennebert le reçoit cordialement. Quel-
ques jours plus tard, après avoir eu à lutter contre les
indigènes cannibales et les hippopotames, Cammaert par-
vient à Banghi, non loin de rembouchure de ITbangi et
— 830 —
rencontre la Ville d'Anvers^ ayant à son l)ord le comman-
dant Fivé, auquel il expose les causes de son voyage extra-
ordinaire.
Il se dirige alors seul vers Bolobo et atteint Kinshasa,
le 10 mars, après avoir effectué un parcours de quatre cents
kilomètres en neuf jours.
Rentre en Europe, le 22 juillet 1892.
Il repart en la môme qualité, le G décembre 1892, mais
succombe, le 28 janvier 1894, à Makoa.
PUBLICATION :
— De Bangasso à Kins/inssa en pirogue. (Mouvement géographique, 1802,
p. 77).
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— Mouvement géographique, 1892, p. 77.
PETIT, ANDRÉ. FERDINAND, JOSEPH.
né à Gharneux (Liège), le 1 mai 1866; décédé à Boma,
le 12 janvier 1890.
Docteur en médecine de l'Université de Liège.
Part pour le Congo, le li octobre 1889, en qualité de
médecin de deuxième classe.
Meurt de la fièvre, à Boma, le 12 janvier 1890.
LEMAIRE, CHARLES, FRANÇOIS. ALEXANDRE,
Sous-lieutenant au 2« régiment d'artillerie.
Part pour le Congo, le 4 novembre 1889, en qualité de
sous-commissaire de district.
(La notice paraîtra au cbapitre: Occupation du Katanga),
— s:n —
GOFFIN, LOUIS, PHILIBERT.
ii('^ M Bruxelles, \o IS in:ii ISiil.
Iii«4'éiii(Mii' civil soiiJ de, riiiiiv(»rsil() (\<\ I5nix(îll(»s (1S80).
Après un s(a^"0 ;i IndiniiiisliMlion des cliciiiins d<; Icr
do l'KUU l)elgo, pari poui' lo (loii^o, le 1 d('C(Miil)i-(i ISSl», eu
(pialilé d'ingénieur de la (]()in[)a<^ni(^. du clicinin d(; Ww ri
prend une part active aux études (ît à la construcLion de
la li«^-ne.
GofRu assume la direction des travaux en juin 1805 (')
et est amené à modifier l'organisation et l(;s méthodes
adoi)tées jusqu'alors; il fallait, en ertet, arriver à accélé-
rer l'allure des travaux, sous peine de n'atteindre le Pool
que dans cinq ou six ans, c'est-à-dire en 1900 ou 1901.
« La première modification concernait la construction des ouvrar/es
» provisoires en bois.
» La pose de la voie se trouvait arrêtée en degà de la rivière
» Sangama (kilomètre cent un) parce que le pont de service n'était
» pas terminé. Elle allait prohalV.ement être arrêtée de nouveau
» devant le marais du kilomètre cent cinq, la rivière Viaza au
» kilomètre cent neuf, et les marais du kilomètre cent douze
» formant les sources de l'Unionzo; il y avait à faire, sur huit kilo-
» mètres, une série d'estacades d'une longueur totale de plus de
» mille mètres.
» Une partie des équipes de charpentiers qui construisaient les
» ponts provisoires fut détachée de la superstructure et envoyée
» à l'avancement, au service de l'infrastructure. Toutes les équipes
» furent renforcées, de manière à pouvoir terminer les ouvrages en
» bois à temps pour ne plus retarder la pose ; elles devaient se
» porter, au besoin, en avant même des terrassements, quels que
(I) Espanet venait en treize mois de mener la voie au kilomètre 102, la
plate-forme au kilomètre 103, ce qui correspondait à un avancement annuel
de quarante kilomètres environ. Charmanne avait quitté le service de la
Compagnie.
— 838 —
» fussent les sacrifices qui devraient être faits itoui* le trans[)ort
> (lu matériel et des matériaux
» Une seconde modification fut apportée dans V organisation iVen-
» semble. En vue de permettre un avancement plus rapide de la
» pose de la voie, le service de la superstructure fut débarrassé de la
» construction des culées de pont, du montage des tabliers métal-
» liques et des parachèvements. Ces travaux qui ralentissaient sa
» marche furent confiés au service nouveau des ouvrages d'art et
» des parachèvements.
» En troisième lieu, il fut créé un service de l'exploitation et de
» l'entretien qui assura les transports de l'Etat, du public et de la
» construction, sur la partie de ligne ouverte à l'exploitation. Le
» service des ouvrages d'art et des parachèvements fit la traction
» avec ses machines jusqu'au point où commençait le service de la
» superstructure, lequel la continuait jusqu'au bout de la voie
» posée.
» Ces modifications dans l'organisation avaient pour but d'activer
» la construction des ponts provisoires en avant du rail, d'alléger
» le service de la pose et du ballastage, tout en assurant les
» parachèvements et la construction des ouvrages d'art et en per-
» mettant de donner une grande intensité aux transports de maté-
» riel de voie.
» Mais tout cela ne pouvait servir à rien, si l'on ne parvenait pas
» à accélérer l'allure des terrassements, dont tout dépendait et
» dont la lenteur avait été, jusque là, une véritable pierre d'achop-
» pement.
» On était, sous ce rapport, dans une impasse; on se heurtait
» à l'indolence du noir, bien que les conditions d'existence des
» travailleurs et leur état sanitaire fussent devenus tout à fait bons.
» Il fallait donc galvaniser le service de l'infrastructure, et nous
» y arrivâmes par le travail à primes^ dont la généralisation fut
» décidée, d'accord avec l'ingénieur chef de service Paulissen, qui
» s'était distingué déjà dans la vallée de la Pozo, et qui avec
» ténacité et avec énergie, réalisa cette généralisation.
» Le système de travail à primes devint immédiatement le facteur
— 8:^0 —
» <';i|)it;il (le l'.n .■niccniciil , il pi'odiiisit iiiic \ ('l'il.il»!»' r(''\ oliit idii d.iiis
» 1.1 iiKii'clu' (les lra\;ni\, |>nis(|iril pci'iiiit de iiinici' l;i locomot i\(' du
» kiloincirc cent deux ;ni St.-udcN -l'ool en li-ciitr trois mois, (^'cst-à-
» diri* de doiddiM' ruviuiccment aiiinicd (lu'oii ('lait |)ar\riiii à ohtc-
» nir i>(Midaiit la caiiiiia^nu' mai lS!ll juin IS'.C)
» Les in;^('Mii(Mirs ciivoyc's au Coiij^o par \v. ^ouvcriiciiicnt bcd^c,
» (Ml août l(S9r)('), [mront dôjà constater <\\\o les travaux inarcliaiont
» plus rapidement, mais n'osèrent rroirc; que cette alliiic pour-
» rait être maintenue ; ils estimèrent que le rhcmiu de ter ne
» i)()urrait être terminé (|u'en 1900. C'est ainsi (pie l'Ktat ludj^e,
» dans la convention (pii tut i)assée ensuite avec la Comi)a^^nie,
» accepta qu'au cas où il exercerait le droit de rachat, (ju'il se faisait
» reconnaître, il paierait une prime de deux francs cinquante centimes
» i)ar action et par mois d'avance, si la lij^ne était achevée avant
» le 1 février 1900. Elle le fut, comme on sait, au commencement
» de 1898 » (*). (Le chemin de fer du Congo, par L. Gokfin.)
Goffin mène la première locomotive au Stanley-Pool, le
18 mars 1898, et rentre en Belgique en août, après l'inau-
guration ofïîcielle de la ligne (^). Il avait fait quatre séjours
au Congo.
(1) MM. Francken, Huet et Claes et le géologue Cornet avaient pour
mission do sa rendre compte de la situation des travaux et de la stabilité
de la ligne, ainsi ({ue de supputer le temps et les capitaux qu'il faudrait
encore pour atteindre le Pool. (L. Goffin).
(2) Le chef de cabmet le comte de Smet de Naeyer fit état du rapport
de ces ingénieurs pour décider le Parlement à une nouvelle intervention
linancière de la Belgique dans Tentreprise du chemin de fer.
C'est encore grâce à l'appui du comte de Smet de Naeyer que la Com-
pagnie du chemin de fer doit l'intervention du gouvernement belge en
1896 et 1904. On sait que la construction de la ligne coûta soixante-cpiinze
millions de francs au lieu de vingt-cinq millions primitivement prévus.
(3) « A cette date du 16 mars 1898, nous eûmes avec nos collaborateurs
n Paulissen, De Backer, Adam, Biermans, Cerckel, Limmelyn, Lecherf et
« Côte, la satisfaction profonde, la véritable émotion de voir une locomo-
— 810 —
(U^flin est le principal iii'lisan do la yrandioso œuvro
économi(|ue de pénotralion et de communication du centre
de l'Africpie, dont le colonel Tliys l'ut le promoteur.
C'est grâce aux eff'orts combines, à la ténacité, au génie
pratique de ces deux hommes d'élite que toutes les difficul-
tés inhérentes à cette téméraire entreprise ont été vaincues,
et qu'on est redevable de cette admirable voie artificielle,
qui remédie aux caprices du grand fleuve et met désormais
le Congo en contact avec le reste du monde (').
Le 9 avril 1899, Goffln, accompagne de quatre de ses
anciens adjoints de la Compagnie du chemin de fer du
Congo, se rend en Extrême-Orient pour y étudier un projet
de chemin de fer dans les Philippines, pour compte de
la Banque d'Outremer, et visite la Chine, le Japon et les
Etats-Unis.
Goffin remplit les fonctions de secrétaire général de la
Compagnie du chemin de fer, à partir de juillet 1902.
Il est actuellement administrateur directeur de la Com-
pagnie du chemin de fer du Congo, administrateur délégué
de la Compagnie Citas, administrateur de la Compagnie
française des chemins de fer au Dahomey, de la Com-
pagnie du Congo pour le commerce et l'industrie et de
la Société générale d'entreprises au Canada.
« tive arriver, pour la première fois, à la rive du Stanley-Pool. Elle
« était conduite par Cito, l'actif chef de service de la superstructure; elle
« fut accueillie avec enthousiasme par les Beljzes de Léopoidville et les
T. Français de Brazzaville. L'entreprise du chemin de fer du Congo était
n réalisée «. Le chemhi de fer du Congo, par L. Goffin.
» Cent trente-deux blancs, par.mi lesquels les ingénieurs Glaesener, Bei-
« gier, Magery, Bastin, P]yman, Rasselet, Fondart et Tack, mille huit cents
« travailleurs de couleur étaient morts au cours de cette gigantesque entre-
» prise. 1» {Id.)
(1) Le plus brillant collaborateur des ingénieurs belges, dans l'œuvre du
railway de Matadi, fut l'ingénieur français Espanet, auquel revient une grande
part dans la réussite de l'entreprise.
- su —
Clievnlior de l'Oi-dre de Léopold, i\(' l'oidic i'()y;il du Lion,
do la Lé«^ion (riioniicui' et dr. l;i (loiii-oniuî d'Ilidif;.
PUBLICATIONS:
— Le chemin de fer du Co)if/o (Matadi-Stanloy-I^ool), vol, in-H", Weisson-
bruch. 1907.
— Articles et conférences sur les chemins de fer et la main-d'œuvre au
Congo.
— Notes sur les chem,i)is de fer coloniaux. (Hullotin do l'Association «les
ingénieiii's sortis de l'I^^cole polytocliniquo do Dnixellos).
PAULISSEN, ERNEST, MARIE, GÉRARD,
lié à Vilvorde, le 11 février 1856.
Ingénieur civil de l'Université de Bruxelles (1879).
Part pour le Gong-o, comme ingénieur au service de la
Compagnie du chemin de fer du Congo, le 2 décembre 1889
et dirige le service de l'infrastructure jusqu'à l'arrivée de
la locomotive au Stanley-Pool en 1898.
Paulissen rentre en Belgique en novembre 1891.
De 1892 à 1899, il fait trois séjours au Congo, où il passe,
au total, sept années au service de la Compagnie du chemin
de fer.
Au cours des travaux de la construction, Paulissen se
distingue spécialement dans la vallée de la Mpozo. C'est à
lui qu'on doit également la généralisation du travail à
primes, qui fut si favorable à l'avancement de la ligne (*).
En avril 1899, il accomplit un vo3^age au Philippines pour
études de chemin de fer et revient en Europe, après avoir
visité la Chine, le Japon et l'Amérique.
(1) Le chemin de fer du Congo^ i)ar L. Guffin, page 64 et suivantes.
— 8-i2 —
En juillet 1900, il se rend au Dahomey pour études du
chemin de fer Cotonou-Nig-er par Allada, Abomey, Tscha-
roux-Parakou.
En octobre 1901, Paulissen retourne au Dahomey pour
commencer les travaux du chemin de fer, et en mai 1903,
dans ce même pays, il complète sa mission par la réception
des travaux d'infrastructure de la ligne, exécutés par le
génie militaire français.
En décembre 1904, Paulissen voyage en Egypte et visite
le barrage d'Assouan sur le Nil.
En avril 1905, il remplit une mission en Asie Mineure,
pour la Compagnie internationale d'Orient, à l'efiét d'étudier
les moyens de transport dans la vallée de la Soussourlou
(villayet de Brousse).
En décembre 190G, il se trouve au Brésil pour la Com-
pagnie d'Ouro Preto et effectue des travaux de mines et
les études d'un chemin de fer pour relier la région d'Entre
Rios au chemin de fer central du Brésil à Christiano Ottoni.
En avril 1907, au cours d'un deuxième voyage au Brésil,
Paulissen préside à la mise en train des travaux du chemin
de fer mentionné plus haut.
En décembre 1907, il se rend aux Indes anglaises pour
étude d'un petit chemin de fer destiné à raccorder les mines
de l'Etat de Sandur au réseau de la Southern Mahratta
Railway C^ et pour l'étude d'un aérien de quinze kilo-
mètres devant relier les mines de Kamatturu (Etat de San-
dur) à l'extrémité du dit chemin de fer.
Paulissen est chevalier de l'Ordre de Léopold, chevalier
de l'Ordre royal du Lion, chevalier de la Couronne d'Italie,
administrateur de la Compagnie du chemin de fer du Congo,
administrateur-délégué de la Compagnie des mines de
Manganèse d'Ouro Preto, administrateur-délégué de la géné-
ral Sandur Mining C^' VK
— 8 la —
MICHAUX, OSCAR. ISIDORE. JOSEPH.
Soiis-li(nit(Mi;ml ;m 1' iv^'-iiiKUil, de hincici-s.
Part pour le (loii'^'o, le ? (N'cciiihi-c iss'.i, en ((ii;ilil«'' df
sous-lioiiU^Kiiil, (lo l;i V. W
(La ii()li('(> [)ai'ai(ia au chapitre: (\n}?p(f{/jfr ffj-f/bcj.
BUREAU, EMILE, ARTHUR.
né à Dour, le 3 janvier 18(>1.
Sous-lieutenant au 5® régiment de li'^ne
Part pour le Congo, le 2 décembre 1889, en (jualité de
sous-lieutenant de la F. P., et commissaire de district de
troisième classe à Matadi et de deuxième classe à Banana.
Rentre en Europe, le 22 décembre 1892, et retourne en
Afrique, le 6 juillet 1893, eri qualité de capitaine-comman-
dant de deuxième classe, attaché au district du Stanley-
Pool, en mission spéciale.
Remplit intérimairement les fonctions de commissaire de
district du Stanley-Pool.
Il revient en Belgique, le 27 décembre 1894 et rejoint
le 5^ régiment de ligne en 1895. Il est nommé lieutenant
la même année et fait un voyage d'études au Brésil, en 1899.
Bureau donne sa démission d'officier en 1900 et devient
administrateur-délégué de la Société anonyme Africa.
Fait un voyage d'études en Roumanie en 1906.
Il est décoré de l'Etoile de service.
— 811 —
VAN DER LINDEN, SÉRAPHIN. JOSEPH,
JEAN.
né à Saiut-Josse-ton-Noode, le 23 lévrier 1861.
Sous-lieutenant au 7^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 2 décembre 1889, en qualité de
sous-lieutenant de la F. P. et est, à son arrivée à Boma,
désigne pour la compagnie qui y tient garnison.
Quitte Boma, le 1 juillet 18U0, pour remplir une mission
sur la rive droite du Congo, entre Vivi et Isangila.
Rentre à Matadi fin septembre et se rend ensuite à Léopold-
ville, où il s'embarque pour Bena-Kamba (district du Lua-
laba), comme chef de poste.
Il descend ensuite à Nouvelle-Anvers, où il est adjoint au
commissaire de district de l'Ubangi-Uele, E. Baert.
Il est nommé lieutenant, puis commissaire du district de
rUbangi.
Van der Linden revient en Euro[)e, le 22 décembre 1892.
Il est actuellement capitaine-commandant au 9^ régiment
de ligne et professeur au cours colonial de l'Etat du Congo.
Chevalier de l'Odre de Léopold, décoré de l'Etoile de
service et de la Croix militaire de deuxième classe.
HOUBEN, JEAN. HENRI.
né à Mechelen-sur-Meuse, le 12 juin 1868; décédé à Gènes,
en mai 1906.
Premier sergent au 7^ de ligne, se rend au Congo en
qualité de sergent de la F. P.
Au cours de ses quatre séjours en Afrique, au service
de l'Etat: du 5 janvier 1890 au 20 juin 1893; du 3 octo-
bre 1893 au 10 juillet 1896; du 6 mars 1897 au 25 février
1902 et du 2 octobre 1902 au 30 décembre 1905, il devient
capitaine delà F. P.; puis, intendant, sous-directeur, tout
— 8 1.-) —
(Ml «''l;int ('li;iri;(' de riiispcclioii des li';itis|)(iils de ri'clc «'I
(!(' l'h^nchivo d(î Lîido, ou il Hiil, <l(^ iioinhiciix \()\;ijjcs.
11 iiioiU'l à GriK^s, (Ml iii;ii lllOO.
lloiihen (Hnil ollicicr (\r l'Ordi-c roynl du Iaoii ol drcon'i
de rEtoilc de service à ciiKj i;iies.
VEREUCKEN, jules. François. Sylvain.
lié à Laeken, le 13 mars 1806.
Sous-lieulenant au f régiment de cliasseurs à pied, part
[)()iir le Gong'o, le 7 janvier 18<.)0, (;omme sous-lieutenani
de la Force Publicjue et est désigné pour être mis à la dispo-
sition du commissaire du district des Cataractes (Lukungu).
Par décret, en date du 1 janvier 1801, est nommé com-
missaire de district de troisième classe et peu a[)rès prend
la direction du district ; il assume la responsabilité des
transports entre Matadi et Léopoldville, sur les trois lignes
Manyanga, Lukungu et Luvituku.
Elfectue des recrutements pour la constitution du ])er-
sonnel de nombreuses expéditions: Van Kercklioven, etc.
Assure les transports de nouvelles unités i)our la flottille
du Haut-Congo: La Délivrance, Stanley, Ville tV Anvers,
etc Reconnaît tout le territoire sur la rive droite du Congo
et crée plusieurs postes de recrutement de porteurs.
Est nommé commissaire de district de deuxième classe,
par décret en date du 1 septembre 1891, et rentre en Europe,
le 20 février 1893.
Il retourne en Afrique, le 20 juin de la même année,
en qualité de commissaire de district de première classe.
Après avoir accompli une mission auprès du gouverne-
ment de la Côte d'Or, il reprend le commandement du district
des Cataractes le 11 septembre. En raison du degré d'avan-
cement de la voie ferrée Ma tadi-LéopoId ville, tous ses efforts
— 846 —
so portent sur la région Sud du district. De nouveaux
postes sont créés et, dès l'arrivée du premier trai;i à Tuniha,
toutes les populations coopèrent à l'évacuation des charges
sur Léopoldville.
Le second terme de service de Vereijcken au Congo se
prolonge jusqu'au 12 juillet 1896, date de son retour en
Belgique
Vereijcken est actuellement capitaine commandant au
!•■ régiment de chasseurs à pied, chevalier de l'Etoile afri-
caine et de l'Ordre royal du Lion, décoré de l'Etoile de
service et delà Croix militaire de deuxième classe, profes-
seur au Cours colonial de l'Etat.
PUBLICATION:
— La région des cataractes . (CoiiiiO illustré, 181)5. })i>. 130, 137, 145).
VERSCHELDEN, JEANBAPTISTE. ODILON,
né à Alost, le 21 mars 1866.
Sous-lieutenant au 6^ de ligne, part pour le Congo, le
7 janvier 1800, en qualité de sous-lieutenant de la Force
Puhlique.
En 1890, Verschelden ravitaille l'expédition Dhanis au
Kwango oriental, ainsi que le poste extrême de l'expédition,
traversant le territoire contesté occupé par les expéditions
portugaises.
Chef du poste de Kasongo-Lunda; fondateur et chef du
poste de Popokabaka.
Lieutenant de la Force Publique le 27 novembre 1891.
En 1892, Verschelden participe, sous les ordres du capi-
taine Ch. Dusart, aux combats de Kasongo-Lunda et de
— 817 —
Kiluîinda, oi ost iioiiimô (Mpihiiiic tic l;i lv)i'('(' Pnlilifjiu»
1(» 1 iiKii lcS<):i.
Uovionl. (Ml biUropc N» 'J7 juin.
Repart 1(M) j;uivi(M' 1<S<.I1, cliiiil liculcniiiil ;iii i:i" i<';^iiii(îiil,
de li^iie, en (jualiLé de capilairH^ coinniaiidaiiL de deuxième
classe.
Il est attaché au disti'ict du Kwan^o oriental couiiae
commandant de la septième compa<,aiie et est dési;:;né pour
prendre le commandement intérimaire du disiricl.
Fait un voyage d'études de Popokahaka à la Wamha
(carte Dufief) et se rend, en 1895, de Popokahaka à T^mi-
duri par la Wamha (carte DufieO.
Capitaine commandant de première classe, il rentre en
Europe le 26 décemhre 1896.
Versclielden est actuellement capitaine commandant au
2^ de ligne; commandant l'école régi men ta ire. Décoré de
l'Etoile de service à deux raies, chevalier de l'Ordre royal
du Lion.
DOORME, ARISTIDE. JEAN. OCTAVE.
Maréchal des logis au 2"^ régiment de chasseurs à cheval.
Part pour le Congo, le 7 janvier 1890, en qualité de
sergent de la F. P.
(La notice paraîtra au chapitre: Campagne arabe).
VIAL, PIERRE, JEAN,
né à Zellick, le 4 février 1852; décédé à NZwenghi, le
18 mars 1890.
Lieutenant au 4^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 7 janvier 1890, mais, frappé d'in-
solation, il meurt à NZwenghi (ïnkisi), le 18 mars 1890,
avant d'arriver à Léopoldville.
— 848 —
FREITAG, ERNEST, JEAN.
né à Bruxelles, Je 11 noùl 1805.
Sous-lioulenant au 3° re^inionl de ligrio, part pour 1(^
Con^o, à bord de VEdiuird JioJUcv,, le 7 janvier 1890, en
qualité de sous-lieutenant de la F. P.; désigne pour le
district de l'Aruwimi-Uele, il est adjoint à Ghaltin et par-
ticipe à ses luttes contre les Arabes. Au départ du com-
mandant Glialtin, Freitag prend la direction du district
jusqu'au 20 février 1893, époque de son retour en Europe.
Il repart pour l'Afrique, le G juillet 1893, en qualité de
commissaire de district de l'Aruwimi et ne rentre en Bel-
gique que le 12 août 189G.
De 1898 à 1902, Freitag fait plusieurs voyages en Indo-
Chine, au Siam, à la Côte d'Or et au Sierra-Leone.
Retourne une troisième fois au Congo, le 14 mars 1903,
et prend pour compte du comité spécial du Katanga, le
commandement du secteur du Tanganika-Moëro. Au début
de 1904, après la mort de Derclaye, Freitag est désigné
pour remplacer ad intérim, comme représentant du comité,
le commandant Tonneau, parti pour l'Europe.
Au retour de ce dernier, il quitte l'Afrique, à bord du
Léopoldville , et rentre en Belgique le 25 juin 1905.
Il repart pour l'Afrique, le 2 avril 190G, comme agent
du C. S. du Katanga.
Freitag est actuellement capitaine en second au 3" régi-
ment de ligne et est décoré de l'Etoile de service.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— Le Congo. Moniteur colonial, 100."), p. 31G.
— su» —
TRODOUX, LÉOPOLD. MICHEL. DÉSIRÉ.
iK' à II;ilanzy (Iinx(Miil»oui';j), le .") iioNcmliif ISi;!",; (|(''c<m1(''
le 5 mai 1803.
Eng'a<;'c, lo 13 janvier 1800, au service de l'MIal, il est,
vérincateur des impôts à Banaua, 1(^ Tj avril isoo, receveur
des impôts intérimaire, à ZoIxn 1(^ !(> juin ISOl, cl, l'ocevcur
des impôts à Zohe, le 23 mai 1802.
Décoré de l'Etoile de service, le 23 février 1803.
GILLARD, HUBERT, LOUIS. LÉON.
né à Liège, le 4 novembre 18()1.
Engagé, le 18 janvier 1800, au service de l'Etat, il rcMitre
en Europe, le 21 février 1803, après avoir occupé les
fonctions de vérificateur des impôts, à Boma, et de chef
du poste de douane de Ponta-da-Lenha, à partir du
21 mai 1801.
Il est décoré de l'Etoile de service depuis le 23 février
1803.
HAAS, CHARLES.
né à Morlanwelz, le 18 juin 18G4; décédé à Saint-Gilles, le
G mai lOOG.
Premier sergent au G'' régiment de ligne, accomplit
au Congo différents séjours : du 27 janvier 1800 au 10 décem-
bre 1801; du G juillet 1802 au 17 juillet 1805; du G décembre
1805 au 27 juin 1807; du G novembre 1807 au 23 août 1000;
et du 18 juillet 1001 au 11 juillet 1003, au cours desquels
il conquiert tous ses grades.
— 850 —
Il so rend une sixième fois au Con^o et commande, en
1904, le cami) de la Luki. Il rentrer en Euro})e en février
1906 et meurt en mai de la même année.
Il était capitaine commandant de deuxième classe de la
F. P. et ancien gérant de la compagnie du Kasaï, chevalier
de l'Ordre royal du Lion et décoré de l'Etoile de service
à trois raies.
VERDICK, EDGARD.
Sergent- fourrier au régiment des carabiniers.
Part pour le Congo, le 29 janvier 1890, en qualité de sergent
de la F. P.
(La notice paraîtra au chapitre: Occupation du Katanga),
VOLONT, JULES. JOSEPH.
né à Thisnes, le 12 janvier 1803; décédé à Niangara, le
20 mai 1891.
Sergent-major au 9- de ligne, part pour le Congo, le
29 janvier 1890, en qualité de sergent de la F. P.
Est adjoint, en 1890, à l'expédition Dhanis, chargée d'ex-
plorer la Lunda (Kwango oriental), et d'y conclure des
traités avec les chefs.
De Popokabaka, sur le Kwango, l'expédition se rend chez
le grand chef Muene Putu, à Kasongo-Lunda ; puis, mal-
gré l'opposition de celui-ci, se dirige vers le Sud. Toute-
fois, après une marche de quinze jours par un pays atroce-
ment ravagé, elle doit rebrousser chemin et se rend à
Kujenge, puis à la Wamba Elle s'avance même au Sud
jusqu'à Capenda Camuleml)a, où Dhanis conclut un traité
— 851 —
avec le cher (lu Chinjo. VolonI, y est nommé cher de poste. Ce
territoin^ est, pnrsuih» (I(î né'^ociiilions, ImIssc ;iii l'ofln^'-nl.
Voh)iit rentre im l^lurope, h:. 1 ni;ii {H\rA, cL rcpiiiL le (i
septenihre de h\ niênie année, comme h(Mit(Mi:int (h; la I'orc(î
pul)li(|ue.
Il meurt à Nian^^ara, le 20 mai ism.
Il était décoré de l'Etoile de service.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— DiiANis. L'exploration et l'occupation du Kwango oriental. (I^iillcliii
do la Société royale de (îéogra[)hie d'Anvers, IDOJ, p. Tj.'}).
LACOURT, VICTORIEN. JOSEPH. PROSPER.
ne à Grez-Doiceau, le 23 mars 1861.
Elève de l'Ecole moyenne de Wavre, puis élève de l'Ecole
d'Horticulture et d'Agriculture de l'Etat à Vilvorde; fait un
premier séjour de trois ans en Afrique, comme agronome
de l'Etat, du 15 février 1890 au 2G mars 1893; donne de
l'extension aux plantations de café et de cacao au district
du Stanley-Pool, crée les " Plantations Lacourt « à la Kon-
due près de Lusambo sur le Sankuru (Congo).
Fonde plusieurs comptoirs de commerce dans le bassin
du Kasaï.
Il est l'auteur du premier projet de fusion des Sociétés
du Kasaï et l'un des fondateurs de la Compagnie du Kasaï (M.
(1) On sait que la Compagnie du Kasaï a été constituée le 31 décembre 1901,
au capital d'un million cinq mille francs i)ar l'Etat et par quatorze sociétés
qui avaient acquis de petites propriétés et établi des comptoirs (Tachât de
caoutchouc dans le bassin du Kasaï; savoir: Société du Haut-Congo,
Nieuwe Afrikaansche Handelsvennootschap, Produits végétaux du Haut-
Kasaï, Plantations du Lubefu, Plantations Lacourt, Helgika. Comptoirs
— 852 -
Lacourt crée le cours de cullures coloniales à l'Ecole
d'Horticulture et de l'Agriculture de l'Etat à Vilvorde et
en est le titulaire pendant deux ans.
Il publie une brochure sur les plantes légumières au
Congo et collabore au Guide dit v^oyaçjciir au Congo.
La flore congolaise lui doit maintes découvertes, notam-
ment celle du Ficus Etveldiana et plusieurs introductions
de plantes économiques, telles que g'utta, théier, poivrier,
cannelier, camphrier, plusieurs plantes textiles et autres.
Lacourt donne des conférences sur le Congo, notam-
ment, en 1805, à Bruxelles, Verviers, Dolhain, etc., etc , et
à Anvers en 1899.
Il est administrateur-directeur général de la Compagnie
du Kasaï de la Société des Plantations Lacourt et admi-
nistrateur de plusieurs sociétés belges.
Lacourt a fait trois voyages au Congo de janvier 1890
à décembre 1898.
En 1893, il a obtenu l'Etoile de service.
PUBLICATIONS :
— La culture potagère au Congo. (Ikilletiu de la Société d'Etudes coloniales,
181)5, [). 173),
— Le jardin fruitier au Congo. (Id., p. 257).
— A propos du Congo: Les dessous d'une campagne. Le devoir des Belges.
Bruxelles. Lengue, 1908.
Veldc, Kassaïenne, Djuma, Est du Kwaugo, Loange, Centrale africaine.
Magasins généraux, Trafic congolais.
Ces sociétés se concurrençaient au Congo avec les ellets les plus désas-
treux pour elles-mêmes et pour TEtat. Le principe d'une concurrence
etîrénée et ruineuse a fait place à une entente rationnelle et fructueuse pour
la conciliation de tous les intérêts.
Les bénéfices en 1902 ont été d"un million deux cent dix mille francs
et, en 190G, ils approchent de dix millions, (A. J. Castelein, S. J.)
— sn:! —
DESMET, ALoïsE.
IK' à S\\yn:i(M'(l<', le IS ii(»V(mii1»i'<^ ISiil.
Doc'Umh' (Ml iiKMlcriiie de IM 'iiixcrsil/î de ('i;iii<|.
I*;ii'l j)()Ui' conipUMh^ rh]l;il, le lô iV'Ni'icr IS<J(), cl i'('|)rr'nfl
l;i succession du I)'' UoylUu- à IJoiii;! le 1 iii;ii is'.H).
11 ['(Mili'e on Hol^HjiKî dès le 2() aoùl 18'.)().
NOBLESSE, ALFRED
l^ii'L pour le (^(Migo, le (> murs 1S1»0, coinmr' ;igon( de
In Société belge pour le commercer du lIaul-(]onj^'o.
(La notice paraîtra au chapitre: Oonpdfjne arabe).
STACHE, ERNEST, ALBERT, LOUIS. ADOLPHE,
né à Louvain, le 28 février 185G; décédé à Anvers, le 13
septembre J897.
Part pour le Congo, le G mars 1890, comme agent com-
mercial de la Société anonyme belge pour le commerce du
Haut-Congo. Ils se fixe dans la région du Kasaï et y établit
dans le pays placé sous la dépendance de Lukengo les dix
postes commerciaux de la S. A. B à savoir: Bena Luidi,
au confluent de la Lulua et du Kasaï; Kapanga, fondé
en juin 1890, sur la Lulua, dans le pays des Bakete;
Ndombi, fondé en janvier 1891, sur la Lulua, dans la
région commune aux Bakuba, aux Baluba et aux Bateke;
Bendundu, fondé en mars 1891, chez les Bakuba ; Bena-
Chiamba et Galikoko, fondés respectivement en juillet 1891
et en avril 1892, également dans le pays des Bakuba.
— 854 —
Ces dernières stations sont instalh'cs dans la région
située entre le bas Sankuru et le Kasaï.
Parti de Bena-Bendi, Stache se dirige vers Galikoko. Il
traverse le territoire occupé par les Bacliila et arrive suc-
cessivement à Djembe, Kakumbo et Kayenge, où il passe
sur la rive droite du Kasaï. Après s'être égaré, le voyageur
parvient à Paunge et gagne Bachimangongo en pays bakete.
Il parcourt ensuite une région très peuplée, visitant Mu-
clienge et Puebiange, où il est fort mal reçu. Abordant
le territoire bakuba, Stacbe traverse Koclie, Batwa, Pamba,
Polio, Iniangi et Galatulu pour atteindre la rivière Lan-
gala, qui se jette dans le Kasaï, en aval de Bena-Luidi.
De la Langala, il rejoint Ilenge, lema et enfin Galikoko.
Il rentre en Belgique le 15 avril 1894, pour repartir le
6 juillet suivant. Cette fois, il se rend dans la région du
Kwilu. Gérant de la factorerie de Wamba et de Gbim-
bane, puis, par intérim, agent principal dans le Kasaï, à
partir du 14 avril 1896.
En 1897, il explore la Kamtsha et le Loange. La pre-
mière rivière découverte par Piron est explorée par Stacbe
jusqu'à Songo.
Stacbe revient en Europe, le 18 août 1897, et meurt peu
après à Anvers.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
— De Bena-Bendi à Galikoko. (Mouvement géographique, 1897, p. 2.">
1898, p. 205).
— Chejs les Bakubas. Ghisl. de Macar. (Congo illustré, 1895, p. 172).
DUSART, Charles.
— 855 —
DUSART, CHARLES. EDOUARD.
iiô à (iîind, I(^ -^5 (l(''('(Miil)i'(', isoo.
Lioiiloiianl. ;iu Vf de li^^iK^
r;irl pour \r Cono-o, Je 25 iiiiirs 1890, pjir \o. ss Ijinlaha
cMi (junlilc (le lioulonanL (h^ la 1"\ W
Arrive le 20 avril à lionia ol (ist clésif,'-n(' i)oui' le poste
(le Lukun^u, dans le dislricl des Cataractes.
A la lin du mois d(^. mai, il est cliar^f' par Van Dorpe,
commissaire de district, de purg'or la contrée de ((U(d(pies
sorciers (N'Gano-as) qui soumettent les indigènes à l'épreuve
du poison judiciaire (Kassa) (') et capture trois de ces
sorciers II reçoit aussi la mission de punir le chef du
village de Kintembo, qui entre autres méfaits, avait
enterré vivante un(^ de ses femmes, avait blessé un sol-
dat de l'Etat et avait molesté le missionnaire anglais
R. Hoste. Sur la route des caravanes, Dusart est rejoint
par le chef de cultures Lacourt qui prend part à l'attaque
du village et est blessé au cours de celle-ci.
Après avoir été désigné pour réédifier le poste d'Isan-
gila et de réorganiser le service de transport par eau
des lourdes charges, Dusart est rappelé, le 19 juillet 1890,
à Léopoldville. A peine arrivé, il est investi de la mis-
sion d'aller fonder la station de Kingunshi, sur le Kwango;
(1) L'épreuve judiciaire du Kassa, consistait en l'absorption i)ar les
deux parties, de breuvages toxiques. Les sorciers indigènes chargés de les
administrer en retiraient grand profit en faussant Tépeuvc. C'est pour
mettre tin à cette pratique fort dangereuse que le code pénal dispose art.
6 40 que quiconconcjue, abusant des croyances superstitieuses d'un indigène
l'a soumis ou fait soumettre à l'épreuve du poison ou préparé sciemment
les substances à employer ou les a administrées est puni de mort si l'ab-
sorption de ces substances a occasionné la mort.
(Droit et administration de l'Etat Indépendant du Congo, F. Cattier,
p. 442. L'épreuve de la casfjue, si fréquente, a donc disparu aujourd'hui des
mœurs congolaises grâce à l'influence de l'Etat.
— 856 —
SCS instructions lui commandent de porter cette nouvelle
à la connaissance de Dlianis, qui se trouve dans le Lunda.
Le 19 septembre 1890, Dusart et son adjoint Ilochstras,
arrivent à Kingunshi et y établissent la station de ce nom.
Au mois de novembre suivant arrivent à la station Dann-
felt et de Gederstrôm et peu après Dhanis.
Dusart va cliâtier le clief Gapa}^ qui s'est rendu cou-
pable de vols à main armée sur la route de Léopoldville.
Au départ de Dlianis avec Dannt'elt et Hochstras, Dusart
prend le commandement provisoire du district du Kwango.
Au début de l'année 1891, le lieutenant suédois de
Gederstrôm est assassiné par les indigènes sur la route
des caravanes de Léopoldville à Kingunslii. Hoclistras, qui
vient rejoindre ce dernier poste en pirogue, est blessé mor-
tellement par un hippopotame et vient expirer, le 27 février,
à Kingunshi Dhanis y revient en mars et Dusart va prendre
le commandement de Popokabaka.
Au mois de novembre, Dhanis, à son départ, remet le
commandement intérimaire du district à Dusart.
Lorqu'au mois de mars 1892, ce dernier apprend que le
Kiamvo Muene Putu, menace de déclarer la guerre aux
blancs pour les chasser de ses Etats, il se rend aussitôt
avec le sergent Huguet à Kasongo-Lunda, pour y rejoindre
le lieutenant Verschelden et Voient.
Le Kiamvo règne en tyran sur un territoire ayant trois
fois l'étendue de la Belgique et le capitaine Van de Velde
estimait qu'il pouvait mettre en ligne dix mille fusils
environ. Sa résidence de Kasongo-Lunda est un village de
quinze cents à deux mille chimbecks environ, avec une
population fixe de deux mille cinq cents à trois mille âmes
et une population flottante de huit à quinze cents âmes.
Le 28 avril, les Européens apprennent que Popokabaka,
où est arrivé dans l'intervalle le nouveau commissaire de
district Lehrman, est attaqué et bloqué par les gens du
Kiamvo, qui ont tué treize courriers.
- 857 —
A (.'elUMiouvellc, Diisiirl, X'ci'schcldcii, \'n|()iil «'1 IIii;jii('|,
nll;i(|U(Mi(. l\;is()ii;_;()-I>iiii(l;i cl y lixi'ciit |)(mi<I;iiiI don/*' li<'urcs
\m combnl ncliiiriic ;i (iiiin/c, ccnls iii(li^''(MU»s.
I.(* l(Mi(l(Mii;rm, ils s(Mlii'ii4(Mil \(M's P()|)()k;il);ik;i |»(»nr (li'lilo-
([IKM' cello sialion, IrU», de li^iu^
Kn roiiU\ Diisarl (Mi^^îi^c, divci'scs cscîm-iikhicIics avec. 1(îs
in(li<^ônos ol, le <S iiini, il Icui' livre, jxMidiinl (|ii;d,re Ikîui'cs
un coinl);il aclianu'. à Kilwandii dans la loivl. Le lendemain,
Diisart et ses conipn^'nons rcMiIrcniL à Poijokahaka, ou
ils retrouvent Lelirnian, et bi(uit6t 1(îs blancs sont hlocpK's
dans la station (]ui subit des atta({ues lr(''(juent(is.
Au cours de ces opérations, les troupes d(; l'I^tat i)er-
dent 33 7o de leurs effectifs.
Des renforts parviennent par voie d(^ terre et pai* voie,
d'eau pendant le mois d'août.
Le 24 octobre, Dusart se rend avec trois cents fusils
à Kasongo-Lunda pour y régler la palabre de paix et revient
le 31 octobre à Popokabaka.
Le 16 avril 1893, il part pour Matadi, s'end)aniue 1(ï 5
juin à Banana et arrive à Rotterdam le 27 juin.
Il est actuellement major au b" de ligne.
Chevalier de l'Ordre de Léopold; décoré de l'Etoile de
service et de la Croix militaire de première classe.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— Mouvement f/éof^raphir/nc, 18'J2. Lettre de M. \aii P^etvelde.
— 858 —
BRASSEUR, CLÉMENT.
Sous-lieulGnaiit au 3^- régiment de chasseurs à pied.
Part pour le Cou<^(), le 25 mars 1890, en qualité de sous-
lieutenant de la F. P.
(La notice paraîtra au chapitre: Occupation du Kaianga).
DEJAIFFE, AUGUSTE, LOUIS, JOSEPH.
Sous-lieutenant au régiment des carabiniers.
Part pour le Congo, le 25 mars 1890, en qualité de sous-
lieutenant de la F. P.
(La notice sera publiée au chapitre: Opérations dans
le Nord).
VAN DE PUTTE, léon. Frédéric.
Capitaine-commandant au P' régiment d'artillerie.
Part pour le Congo, le 25 mars 1890, en qualité de com-
missaire de district de première classe.
Van de Putte est actuellement général-major d'artillerie
en retraite à Gand.
(La notice biographique est publiée à la page 485).
\
— 85'.) —
DOHET, ALPHONSE, JOSEPH.
iH' à l)i'ii\('ll('s, !(' Il) iniiis ISC)S.
l'ai'l le 'S) niiii's ISIH), cIimi'lîV' des ronclioiis de s('cr(''l;iii-('
(UO'inspcctour (ri^l;il, 11", de «^ouvcnKMii' <.;(''ii(''r;il, (l<>(jiill!);il .
lU>nli'(' le 17 soplcmhn» 18<.)l.
Rcpnrl le (> août 1892, vu ({UMliU'; de sous-coninnssaiic
do district. Noiniiié, lo 1 lovi'icM' 18<.):j, sous-inlfudanl de
douxième classe; le 1 lévrier 1895, sous-iidendant de pic
mière classe, il rentre le 5 octobre 1895.
Rembarqué à Anvers, le G mai 189(>, Dobet (*st cbar;;(i
du contrôle delà comptabilité dans le Kwan.i^o, le Lualaba
et le district de Banana; puis, nommé contrôlcMir (b; la
comptabilité, il crée la partie administrative du s(;rvicri
des transports dans l'Uele. Nommé intendant à lilr(^ pci--
sonnel; rentre le 28 avril 1899.
Dohet fait, du 23 avril 1899 au 29 avril 1902 et du :M
août 1902 au 15 mai 1905, deux nouveaux séjours au Con*?o,
en qualité d'intendant, attaché au district du Stanley-Pool.
Il se rembarque, le 21 décembre 1905, et est dési^^-né
pour exercer, sous la direction du chef de la i)rovincc
orientale, le contrôle des pièces de comptabilité ressor-
tissant aux différents services.
Officier dé l'Ordre royal du Lion, chevalier de l'Ordre
de l'Etoile africaine, décoré de l'Etoile de service à cinq
raies.
BLOCTEUR, EUGÈNE. CONSTANT,
Sous-lieutenant au 3^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 10 avril 1890, en (pialité de
sous-lieutenant de la F. P.
(La notice sera publiée au chapitre: ()pc)'(iilo}fs dans le
Nord).
— 860 —
DEHASPE, LOUIS, ISIDORE, EUGÈNE. MARIE.
lié à Bruxelles, le 9 mai 18G2.
Engage le 17 avril 1890, au service de l'Etat, il rentre
en Europe, le 26 avril 1892, pour motif de santé, après
avoir occupé les i'onctions de vérificateur des impôts et
de percepteur suppléant des postes (14 juin 1890), suc-
cessivement à Boma et à Matadi et de receveur des impôts
intérimaire, à l'Equateur, le 20 juin 1891.
VAN MAELE, g . c, s..
Sergent au 2^ régiment de ligne. •
Part pour le Congo, le 17 avril 1890, comme sergent de
la F. P.
(La notice paraîtra au chapitre: Opérations dans le Nord).
ROLLIN, EDOUARD. FRANÇOIS. LÉON.
né à Liège, le 14 octobre 1866; y décédé, le 14 novembre
1907.
Part le 2 mai 1890, comme agent commercial de la Société
du Haut-Congo, séjourne à Bassankussu et Bokakata, district
de l'Equateur, et rentre en Europe en 1893. Le 6 septembre
de la môme année, il retourne à Bassankussu, il remonte
rikilemba et en donne un croquis au Mouvement géo-
graphique.
Rentré en Europe en avril 1896, il devient directeur de
la Société anonyme « Le Monopole liégeois « et meurt le
14 novembre 1907.
— 801 —
TSCHOFFEN, maurice.
\\v i\ DiiiMiil, l(' I iiiiirs iscs.
V',\\l SCS ('UkIcs |H'iin;iii'('s chez les l'rri'cs dr- l;i I locIriiKi
(.'lirclicMiiic ;i I)iii;iiil cl ses ('tudes iiioyeiiiies ;iii\ cnlle^-cs (|(i
H(dle-vuc à Diiiniil cl, de SmuiI Servins ;'i Liéj^-o.
Il (^sl docleur en di'oil du ir, jiiiMcl ISS'.i cl, d(»clr'iii- en
scioncos j)olili{{iies cl ;idniiuisli';dives du 'Ji) nvril is'.io, de
runivcrsité de Liège.
Son premier d('pnrl pour le Congo d;ile <lu lo ni;ii IS'.K),
en qualité de subsliiuL à Maladi. Au coui's de ce séjour,
Tschoffen remplit d'abord les fonctions susdites, j)uis, cell(;s
de procureur d'Etat et de directeur de la justice ad intéi'im,
ainsi que celles de juge d'a[)p(^J su[)pl('ant.
Il rentre en Europe en mai i892.
En mars 1893, Tschoffen retourne au Congo, connue dii-ec-
teur de la justice et séjourne en At'ri({ue juscju'c^n mai
1895 C).
Il est nommé substitut à Verviers, le 28 mai 1890, et
procureur du Roi à Dînant, le 1(3 janvier 1905, fonctions
qu'il occupe encore aujourd'hui.
(1) A côté des tiibunaux fonctionne la dii-t^ction de la justice, qui outre de
nombreuses atti'ibutions concernant l'or-ganisation initérieile de la justice, a
à pourvoir à divers services administratifs: notariat, tutelles des noirs, état
civil, etc. Un exemple de l'extension (juo prennent ces sf^rvices: il y a aujour-
d'hui quatre-vingt-quinze ofiîciei-s d'érat-civil répaitis sur tout le t»^rritoiro,
et pour apprécier l'iniluence que l'institution peut exercer comme appel à la
vie civile de ces populations à peine tirées de la barbarie, il y a lieu d'in-
diquer ici que l'état-civil constitue une soi'te d'engrenage: dès qu'un noii" y
a eu recours, soit pour faire enregistrer son mariage (il a été célébré deux
mille sept cent trente-deux mariages en 1904), soit pour y déclarer la nais-
sance d'un enfant, soit pour se faire immatriculer, il jouit de tous ses droits
civils, il a pour ainsi dire un statut européen; par le fait, il est obligé par
la loi de faire à lautorité toutes les déclarations relatives à sa personne et
aux siens": le Code lui a constitué une famille légale, d'où la polygamie est
— 8()2 —
TschoffcMi est (leçons de l'Eloilo de service à deux rnies.
Il a donné plusieurs conlerences à Anvei's et à Bruxelles
et a soutenu notamment la légitimité de la contrainte i)our
forcer le nègre au travail.
PUBLICATIONS:
— La civilisation au Coikjo. (l^uUetiri du (lub Afri(;ain crAiiverK, 1899, pp.
177, 1!'6).
— Organisation sociale et coutume judiciaire des noirs. (Société belge de
Géographie, XX, p. 214).
LE BOULENGE, paul, jean, auguste,
né à ^Vuvelais, le 28 mars 1866; décédé à Hal, le 5 sep-
tembre 1903.
Commence ses études de droit, qu'il abandonne pour
entrer au service des contributions, et le 11 mai 1890, part
pour le Congo, comme agent de la Société du Haut-Congo.
Débarqué à Matadi, le 16 juin, il est nommé chef des
transports pour la rive Nord à Vivi. Il rentre en Europe
en mai 1892.
Il se rembarque le 10 octobre 1892 et, après un séjour
de quelques mois à Kinshasa, puis à Luvituku, il dirige
pendant près d'un an la factorerie de Luebo, d'où il rentre
en Europe en octobre 1894.
exclue: il est devenu au moins un '^ semi-cioilisè ^. (Ait. 6 et 47. Code civil.
Titre des personnes. Bull, off., 1895). [Vingt-deux ans d'administration
belge au Congo par X*"-'*. Extrait de la revue de Droit international et
de Législation comparée, 2" série, t. VIII, 1906.)
— 8(>3 -
Fait un voya«^'(', coiiinKM'cial on Coloml)!^ oX rf>ntr(^ dôfi-
niliveiiKMil on IîoIj^'khkmmi 1SU7, où il csl, cn/^n;^** à la Socirlé
iVanco-lK'lijxî ((''lahlisscniciit de La (^royrre).
PUBLICATION:
— Souvoiirs. ('rril)uiio Congolaise).
DE NA/ILDE, jules.
Missionnaire de la Cong'i'é<^-ation de Schcut.
Part pour le Congo, en juin 1890.
(La notice paraîtra au chapitre: Missionnaires).
DE ROEST D'ALKEMADE, marcel.cb.hon)
Part pour le Congo, le 7 juin 1890, comme adjoint de
l'expédition Delcommune au Katanga.
(La notice paraîtra au chapitre: Occiipafion du Katanga).
BRIART, PAUL,
Docteur en médecine.
Part pour le Congo, le 7 juin 1890, en qualité d'adjoint
d'Alexandre Delcommune, dans son expédition du Katanga.
(La nolice paraîtra au chapitre: OjcupaHon du KaffUKja).
— 864 —
GLAESENER, jean baptiste,
iiô à ClialiJlon (Liixeinljour^), Jo 1 so|)teinl)re 1859; (léc(MJé
îiii caïup des Kaux-l)onnes (Maladi), lo 30 mai 1892.
Il tormino ses études à l'Ecolci du génie civil de Gand,
d'où il soi'l en 1885, avec le diplôme d'ing-énieur des ponts
et chaussées.
Il ne tarde pas à mettre en pratique ses connaissances
en contribuant comme chef de section à la construction
de différents chemins de fer départementaux en France.
En 1890, il entre à la Compagnie du chemin de fer du
Congo avec le grade d'ingénieur chef de service et s'em-
har(fue le 7 juin 1890, conduisant pour les besoins de la
construction un contingent de vingt-huit mineurs italiens.
Glaesener dirige les premiers travaux de construction
de la première section de la ligne et le montage du
pont de la Mpozo.
Bien que son terme d'engagement soit échu, Glaesener
refuse d'abandonner son œuvre pour rentrer en Europe.
Installé au camp des Eaux-bonnes, il est malheureuse-
ment pris d'un accès de fièvre bilieuse hématurique, le
lendemain d'une visite au ravin de la chute avec le direc-
teur, pour inspecter les travaux (27 mai 1892). Il meurt,
maigre les soins du D'' Carré, le 30 mai à trois heures
du matin.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE :
— Congo illustré, 1802, p IGl.
— 8()5 —
VAN DE KERCHOVE, PAUL.
Ancien licnlciiiint, des /oinixcs jKtnIificMiix.
Pai'l pour le (]()n^(t, le hi juin IS'JO, (•«(Ihhm' cher d*»
l;i pi'cMiiiùre cxixMlilion ;inl,i('scl;i\;i^isl('
(La noLico scM'a piiblicu; ;ni cliapiLnî: J'J.rjK'dilioHs (mlics-
cldvagistcs).
SANDRART, v. c, j..
SorgenL au .'>'^ ré<iim(Mil [\(^ H^ikv
Pari pour le Con^'o, le 18 juin ISDO, en qualité de ser-
gent de la F. P.
(La notice paraîtra au cliapilre: Campagne arabe).
DIDERRICH, NORBERT,
Ingénieur des arts et manufactures et des mines de Lou-
vain (1889).
Part pour le Congo, le 3 juillet 1890, en qualité d'adjoint
de l'expédition Alexandre Delcommune au Katanga.
(La notice paraîtra au chapitre: Occupation du Kaiangaj.
CAPELLE, (FRÈRE ETIENNE).
Missionnaire des Pères Blancs d'Afrique.
Part pour la côte orientale, en juillet 1890.
(La notice paraîtra au chapitre: Missioanai/'rs).
— 8GG
PELEMAN, (frère ARMAND).
Missionnaire dos Pères Blancs d'Afri(]iie.
Part pour le Congo par la côte orientale en juillet 1800.
(l.a notice ])araîtra au chapitre: Missionnaires).
ECTORS, CAMILLE.
Part pour le Congo, le 3 juillet 1890, à titre prive et est
engagé au Congo par la Société antiesclavagiste comme
adjoint de Ilinck.
(La notice sera publiée au chapitre: Expéditions anti-
cscl(ivafjistes).
DELPORTE, AUGUSTIN.
né à Tournai, le 15 décembre 1844; décédé à Pozo (près
de Matadi), le 26 mai 1891.
Fait ses études humanitaires complètes. et entre au service
de l'armée, le 21 mars 1864, en qualité de milicien volontaire
au 1"^ régiment de lanciers. Est reçu à l'Ecole militaire
à la section d'infanterie et de cavalerie et peu de temps
après avoir été nommé sous-lieutenant, le 16 avril 1868,
il subit les examens de l'Ecole de guerre et fait partie
delà deuxième promotion. Obtient le brevet d'adjoint d'Etat-
Major, le 12 mars 1875. Docteur en sciences physiques et
mathématiques.
Il est désigné, le 11 septembre 1875, pour la section
géodésique du Depot de la guerre, qui est devenu, en 1878,
l'Institut cartographique militaire.
Achève les calculs que nécessitent encore les publications
des dernières feuilles au 40.000^ et planchettes au 20.000'^
de la carte belge et entreprend en collaboration, les longs
I
DELPORTE, Augustin.
Cliché de Touvrage de Chapaux. Le Congo historique, diplomatique.
8(;7
calculs (lo la compcnsalioii du r(''S(';iii hiiioiiniiK'ti'iquc»,
c'esl-à-dii'c la drlcniiiiialion des (•(UTccfioiis, sous ('('rlaiiics
conditions de niininia, à aj)|)()rlci' aux dii'cclious ^codcsiqncs
de nos triangles, d'après les niélliodcs de fljinss el. d(;
Bao.ycr, usitées (mi All(Mna^-nc. (les cidculs oui f;iit rohjf^l
de deux iniporlant(^s |)ul)licali()ns d(^ l'iustitul, piirues en
1880 et 1885, sous U\ titre: Observai ioïts cl cfdcuJs de Ut
triangulat'ton de jimnio' (n'drc.
Docteur en sciences physiques et matliémati(pies de IT^ni-
versité de Bruxelles, en 1879.
Professeur de littérature Trançaise de 1879 à 1882, de
mathématiques en 1882, de géodésie en 1883 et (;nhn, en
1886, d'astronomie à l'Ecole de guerre.
Chargé par le colonel Hennequin, directeur de l'Institut
cartographique, de déterminer la latitude du sommet géodé-
sique d'Hamipré, dans le Sud du Luxemhourg, ainsi que
l'azimut du côté Hamipré-Mont Quintin. Ces premiers travaux
d'observation dans lesquels il est secondé par le lieutenant
adjoint d'Etat-Major Jungers, sont couronnés d'un plein
succès et l'Institut les publie en 1887.
Le colonel Hennequin désigne, en 1880, Delporte pour
recommencer à Lommel les observations astronomiques,
faites par Houreau et Adan, en 185G. Les nouveaux résultats
obtenus font l'objet d'une nouvelle publication, parue en
1890.
En 1888, le capitaine Delporte exécute pour l'Institut
cartographique militaire, à Nieuport, des observations nou-
velles de latitude et d'azimut qui feront l'objet d'une publi-
cation ultérieure.
Capitaine-commandant adjointd'Etat-Major au 13® régiment
de ligne, Delporte est chargé avec Gillis, en 1890, de prendre
la direction d'une expédition scientifique au Congo (').
(1) Le 17 mai 1S90, la Chambre avait voté un projet de loi allouant
trente mille francs à cette expédition.
— 8G8 —
Delporto s'ombarque à Anvors, le 3 juillet 1890, et se
proposait: 1^ de déterminer la longitude et la latitude des
points principaux du lleuve et de plusieurs points à l'intérieur
de façon à recouvrir l'immense territoire d'un premier
réseau géodésique qui servirait de base aux triangulations
ultérieures du pays ; 2° d'étudier la déclinaison et l'inclinai-
son de l'aiguille aimantée et l'intensité du magnétisme
terrestre.
Pour assurer le succès de ses opérations, Delporte avait
imaginé des procédés plus élémentaires et fait construire
à Paris des appareils plus portatifs.
Ces observations étaient conduites par cheminement sur
le périmètre d'une sorte de vaste polygone, permettant de
tracer sur la carte des lignes d'égale inclinaison, d'égale
déclinaison et d'égale intensité magnétique.
On pourrait ainsi déduire le tracé de l'équateur d'incli-
naison, de l'équateur de déclinaison et de l'équateur d'in-
tensité, trois lignes dont les directions en Afrique étaient
restées jusqu'alors hypothétiques. En tous points, où seraient
faites des observations magnétiques, Delporte se proposait
de déterminer, par des procédés astronomiques, la latitude
et la longitude, afin de fixer la position de ces points
sur le globe terrestre.
Le polygone que comptait tracer Delporte, partait de
Banana, suivait le fleuve jusqu'à Matadi, puis, la route
des caravanes, empruntait le Congo jusqu'aux Falls, remon-
tait jusqu'à Nyangwe, d'où il allait rejoindre Lusambo,
descendait le Sankuru, puis le Kasaï, et repassant par
Léopoldville, suivait le tracé du chemin de fer jusque
Matadi-Boma.
Delporte exécute en partie ce programme grandiose.
La mission arrive à la station de Lukungu, le 18 sep-
tembre, et à Léopoldville, le 13 octobre. Delporte travaille
au levé du Stanley-Pool, passant successivement à Brazza-
ville, Kimpoko, Kinshasa, Léopoldville. 11 remonte le fleuve
— sr,o —
jus([ir;iiix SL;nil(\v-I^ills, ('n'ccliie (!(» nonihrousos 1rinn<?u-
Inlions. Ari'iv(' ;i l.i shilioii i\r.> l'';ills, Dclpoi'lc est iii;il-
lieurousoiucMiL ohli^i', poiii' cause (\(\ maladif^, (1(; rc^a^^iifr
la cote cl succoinlx' sui- la roule, (l(»s caravanos, à Po/o,
j)ivs (1(^ Maladi, le 2C) mai ISDl.
La scionce ^•é()<^'rai)hi(iue doit au (•ai)ilaiii(' Delporlc hailc
une séri(^ (rohsiu'valions (jui oui, pei-iuis (\r (lr(\sser, sur
dos bases précises, h^, cours du (leuve df^puis P>auaiia jus-
qu'aux Stauley-Falls.
Le lieulenaul Gillis, adjoiul de rexp(Hlilion, conliuue
l'œuvre de son clief.
Delporte était capitaine commandant, adjoint (IKtat-Major
au 13^= régiment de ligne; docteur en sciences pliysi(|ues
et mathématiques, professeur à l'Kcole de guerre; cheva-
lier de l'Ordre de Léopold, o/ïicier de la Couronne de
Roumanie; décoré de l'Aigle rouge de troisième classe
et de la Croix militaire.
PUBLICATIONS:
— L'Exploration du Congo, iii-8', 23 \)\). Hruxelle.s, Haye/, 1890.
— Astronomie et cartographie à l'usage des explorateurs de l'Afrique.
1 vol. in-8" de 131 pp. Maiiceaux, 1880.
— Tableau des altitudes observées de Matadi aux Stanley- Fulls. (Mouve-
ment géographi(iue, 1894, p. 20).
— Observations astronoïniques et magnétiques exécutées sur le territoire de
VEi.at indépendant du Congo. 1 vol. in-4", l^ruxelles, 1893, et Mou-
vement géographiciue, 1894, p. 20, (en collaboration avec Gillis).
— Cartographie et astronomie pratique, 1889.
— Notice sur les travaux nécessaires pour compléter le réseau géodésique
belge.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— Belgique militaire, 1891, I, p. 702.
— Congo illustré, 1893, p 193.
— Projet scientifique du capitaine Ddporte. (Bulletin de la Société royale
belge de Orographie, XIV, p. 126).
— Mission scie)itif>que du capitaine Delporte. (Id., XV., p. 154).
— 870 —
GILLIS, LUCIEN,
lié à Mai'illes, le 11 mars 185G.
Etant capitaine en second, adjoint d'Etat-Major au 9® de
ligne, accompagne au Congo, du 3 juillet 1890 au 5 sep-
tembre 1801, le capitaine Delporte, dans son exploration
scientifique, patronnée par les Chambres belges.
Participe aux observations astronomiques et magnétiques
de Delporte et les complète. Quoique souffrants, les deux
explorateurs poursuivent leur voyage jusqu'aux Falls. Après
une année de travail ardu, la mission est obligée de des-
cendre le Congo pour reprendre le chemin de l'Europe.
Malheureusement la mort vient à frapper Delporte et Gillis
rentre seul en Belgique.
Il met à jour les observations de la mission, observa-
tions qu'il avait, du reste, continuées sur le bas-fleuve et,
pour la première fois, des positions sûres, au nombre de
trente-cinq, sont arrêtées. L'Académie royale de Belgique
décide d'imprimer le compte-rendu de ces remarquables
travaux dans ses mémoires.
Gillis est actuellement lieutenant-colonel au 10^ de ligne,
adjoint d'Etat-Major, chevalier de l'Ordre de Léopold et de
la Couronne du Congo, Croix militaire de première classe,
directeur général de l'Institut cartographique militaire.
PUBLICATIONS.
— Rapport sur l'expédition Delporte. (Mémoires de l'Académie royale de
Belgique, t. LUI).
— Conférence donnée au Cercle commercial et industriel de Gand. 1 br.
— Observations astronomiques et m%fjniliques, exécutées sur le territoire
de VE. I. C. 1 vol in-4". Bruxelles, 1893. (Mouvement géographi-
que 1804, p. 20) (en collaboration avec Delporte).
RÉFÉREKGE BIBLIOGRAPHIQUE.
— Bulletin de V Académie royale de Belgique^ t. XXV.
I
— 871 —
LIMMELYN, Alexandre.
lié à Hruxellos, le t?o jnnvicr I.SDS.
In<;'6nieiir civil, ;ill;ich('' ;mx ('IikIcn cl :i l;i (•(nislinclion
(lu clioiniu (1(^ fer, du ."l juillcl ISIM) ;iu rj jnillcl 18'JS.
Ksi onsuilc iiiiiiMiicur de la Sociéb' ;irric;iiii('-|i()rlii^'-;ns(i
l)()iii' le coiiiiiici'cc et riii(lusl!'i(3 dniis rAI'rifjihi occidcn-
l;de (Sainl-r;iul (1(^ Loniida, C.on^o i)(U'liii;;us).
Liiiiiiicdyn est acUicllomeuL iny-ciiicui' ;i Liéi'-o.
VAN MONS, ARMAND. JACQUES. JOSEPH.
né à Ixelles, le 19 mai 1869.
Part comme agent commercial adjoint de la Société du
Haut-Congo, le 7 juillet 1890.
Il séjourne, dit le Congo ilhtstré, chez les Bupoto, rive-
rains du district d'Upoto, où le cannibalisme est extrê-
mement commun. Ces sauvages ne mangent ordinairement
que leurs ennemis tués à la guerre, mais les Elombo,
(habitants de l'intérieur) sont infiniment iilus anthro-
pophages.
Van Mons, en course dans cette région, remarque un
jour sur un marché un indigène se promenant paisible-
ment de long en large, le corps peint de stries rouges
et blanches. L'agent de la Société du Haut-Congo s'in-
forme et voici ce qu'il apprend: Cet homme était un pri-
sonnier destiné à être mangé. Il était exposé en vente
et les stries qui intriguaient si fort Van Mons indiquaient
les morceaux déjà vendus: les blanches étaient la marque
des acheteurs riverains, les rouges celle des amateurs
elombo.
Le bétail humain semble parfaitement résigné à son sort,
dit Van Mons, et ne cherche nullement à s'échapper.
— 872 —
Il déambule Iranqiiillement, s'arrctant au ^ré dos cha-
lands pour se laisser tâter et retourner, tandis ({ue sous
ses 3^Gux, on marchande le prix de sa " viande » et on
discute les mérites de sa graisse. Quand le corps entier
est vendu, on abat le malheureux. (Congo illustré) (').
Van Mons rentre en Europe pour cause de inaladie, le
16 octobre 1892.
PUBLICATIONS:
La pèche au Congo. (Congo illustré, 1893, p. 2G).
Conférence et projections de photographies prises au Congo. (Kèsunié.
Bulletin de la Société belge d'anthropologie de Bruxelles, t. XI,
1892-1893, p. 211).
Conférence faite le 15 mars 1893 à la Société royale de Géographie
d'Anvers.
(1) " La commission d'enquête signale encore avec raison, dit F. Cattiei-,
» parmi les services rendus aux populations, la suppression des sacrifices hu-
» mains, la défense de guei'res contre tribu, la lutte menée par l'Etat contre
» le cannibalisme.
En effet, les mesui'es les plus sévères, dit le Père Castelein, ont été édictées
contre ces abus et exécutées avec une persévérante énergie.
Le R. P. De Deken atteste, dès 1896, que dans les endroits soumis à l'in-
tlurnce des blancs, le cannibalisme ne se pratique plus qu'en cachette, mais
qu'ailleurs il est regardé comme naturel et légitime.
« Un Bangala, ajoute-t-il, qui a servi dans l'armée de l'Etat, dans les
•n établissements de commei'ce, sur nos chantiers, se regarde comme anobli
n et regai'de ses frères de race, mangeui's de chair humaine, comme des
n sauvages qu'il mépiise. (Missions en Chine et au Congo, janvier 1892).
Une foule de témoignages attestent la décroissance rapide de ces bai'bares
pratiques, grâce au zèle de tous les agents de l'Etat, aidés par le zèle de
tous les missionnaires, à quelque confession qu'ils appartiennent. (L'Etat du
CongOt A. Castelein S. J., p. 103.
— 873 —
CASSART, FLORENT. CLÉMENT,
Sor^enl-mnjor ;iu 1' réi^iincnl de cliiissciirs ;i pied.
Pari i)()ur \o, Con^o, lo IS juillcl isiio, coinincî ser^^enl
(lo la F. W
(La notice paraîtra au chapitre: CdDiparpic fwdhc).
ROUSSEAUX, VICTOR, JULES. JOSEPH,
né à Chiniay, le 22 mars J800; ch'cédé à MP>ucii-MHaca,
le 13 février 1892.
Engagé le 2 août J890, il est tué par les indigènes au
village de MBucu-MBaca (rivière Lukula), le 13 février 1892.
Rousseaux était vérificateur des impôts à Zobe, depuis
le 12 décembre 1890.
LEKEU, JOSEPH, VICTOR.
né à Bruxelles, le 13 mars 1870.
Sous-lieutenant au S'' régiment de chasseurs à pied.
Part pour le Congo, le 1 août 1890, en qualité de sous-
lieutenant de la F. P.
Réside à Boma, où il est attaché au service cartogra-
phique.
Part pour le Sankuru, puis est détaché à Luluabourg
avec le capitaine Descamps.
Atteint successivement de deux attaques d'hématurie, il
retourne à Boma.
Lekeu est attaché ensuite à l'expédition Van Kerckhoven
et occupe les fonctions de chef de poste à Djabir. Par
suite du départ des titulaires, il remplit les fonctions de
— 874 —
chef de zone du Rubi-Uele, au moment des complications
imminentes avec la France.
Il entreprend plusieurs expéditions de répression.
Rentre en Europe, le 12 mai 1894.
Lekeu retourne en Afrique, le G juin 1897, comme capi-
taine-commandant de deuxième classe. Il est d'abord atta-
ché à la mission Cabra, chargée de la délimitation des
frontières entre l'enclave de Gabinda et l'Etat Indépendant.
En 1898, il se rend dans le Sankuru où il est adjoint
au commissaire de district du Lualaba-Kasaï.
Il revient en Belgique, le 17 mars 1900.
Il est actuellement capitaine en second au 5^ régiment
de ligne.
Décoré de l'Etoile de service à deux raies.
BINET, E.. H..J.
Caporal au 2^ régiment de chasseurs à pied.
Part pour le Congo, le 3 août 1890.
(La notice sera publiée au chapitre: Expéditions dans
le Nord),
SCHEERLINCK, jean. désiré.
Sous-lieutenant au 7^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 3 août 1890, en qualité de sous-
lieutenant de la F. P.
(La notice sera publiée au chapitre: Campagne arabe).
— 875 —
VAN CAUNWENBERGHE, GUILLAUME.
Part (:i)imii(^ s(M'^(MiI. de l;i 1"\ I*., le. :! ;i(»nl, ISDO.
(La nolice paraîtra au cliapilic: OiicraUdiis dtitis le Sordj.
\A/AUTERS, EDMOND, CHARLES, JULES.
FRANÇOIS.
né à Anvers, le 5 septembre 1802; (léc(kl(''. à Telion, le
20 février 1892.
Sous-lieutenant au 4^' régiment (l(i ligne.
Part pour le Congo, le 3 août i8'J0, et est sous-lieute-
nant de la F. P. à Bonia (1801).
Meurt à Tclioa (district de Homa), le 20 tV'vrier 1892.
DUGNIOLLE, JULES, GHISLAIN.
né à Ixelles, le 16 juin 1867.
Sous-lieutenant au régiment des grenadiers.
Part pour le Congo, le 10 août 1890, en ([ualité de sous-
lieutenant de la F. P.
Fait partie de l'expédition du Haut-Uele, sous le com-
mandement du capitaine Van Kerckhoven. Rentre pour
motifs de santé, le 27 août 1891.
Capitaine-commandant, adjoint d'Etat-Major, au 3*^ régi-
ment de ligne.
876
VAN DAMME, maur.ce.
Part pour le Cong'o, en août 1890, comme sous-commis-
saire de district et est attaché au secrétariat g-énôral.
(La notice biographique, avec [)ortrait, figure à la page
493).
FAYS, HENRI. JOSEPH,
né à Liège, le 7 septembre 1864.
Fait deux séjours au Congo, le premier, du 23 août 1890
au 23 septembre 1893, et le deuxième, du G mars 1894 au
2 février 1896.
Il est vérificateur des impôts, à Léopoldville, le 12 décembre
1890, et receveur des impôts intérimaire, à Léopoldville,
le 25 mars 1891, receveur des impôts, le 23 mai 1892,
successivement au Stanley-Pool et à Boma.
Chef de bureau à l'administration, à Bruxelles.
Pays porte l'Etoile de service, la Médaille d'or de l'Ordre
royal du Lion et la Croix de chevalier de l'Ordre de la
Couronne d'Italie.
DE HEUSCH, ODILON, FRANÇOIS. FLORENT.
ADRIEN,
Sous-lieutenant au 7^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 3 septembre 1890, en qualité de
sous-lieutenant de la F. P.
(La notice paraîtra au Chapitre: Campagne arabe).
— S77 —
BOLLE, EMILE,
Pîirl 1)()UI' le (lollLîo, le :\ scplciiiltic IS'.KI, en (llliilih'' de
conscM'\;il(Mii' di^s lilrcs roiicici-s.
Il est (Ircori' de l'I^loilc de sci'x icc d('|)iiis le 'Ji; s('|tl('iii-
Jjre 18<);}.
(Voir hi iiolico à l:i pn^'^e 500).
DU BOIS, JULES. GHISLAIN, JOSEPH,
Pju"t pour lo Congo, le :> soplcinhi-c^ l.SliO, ;iii sci'vifc
du d(''pai'teuicnL dos Fin;in('(\s.
11 osL chevalier de l'Ordre l'oyal du Lion d (\i'am\ de
l'Etoile do service à trois raies.
(Voir la notice à la page 500).
FOULON, FÉLIX, JOSEPH (X),
Sous-lieutenant au 1'' régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 3 septembre 1800, comme sous-
lieutenant de la F. P.
(La notice biographique figure à la page 411).
(1) Le commandant reti'aité F'oulon, vient, par déci'et du président de la
République française, d'être nommé commandeur de l'Etoile noire du
Bénin (juillet 1908).
On sait que Foulon fut le premier Européen qui pénétra dans le Bahr-
el-Gazal, après la débâcle de Khaitoum et l'occupation du pays par les Arabes.
Nous avons relaté la façon brillante et habile dont Foulon parvint à rallier
au protectorat de l'Etat, toute la partie du Bahr-el-Ga/.al, située au Nord du
Bomu, territoire qui fut d'ailleurs cédé, en 18U5, à la France après trois ans
de résidence du jeune officier belge chez les sultans Semio, Tombura et Sassa.
Nous l'appelerons également que trois ans plus taid, le commandant Marchand
faisait de cette région sa base d'opérations et que la première occupation
du pays par un Belge a grandement conti'ibué au succès de la marche
des Français vers Faschoda.
— 878 —
MAGERY, LUCIEN.
no à Noufchâteau, le 15 juin 1861; décodé à Palabala, le
31 octobre 1893.
Elève de l'Ecole polytechnique de Bruxelles, est agréé
en 1887, comme ingénieur volontaire au chemin de fer
du Grand central belge et entre, en 1888, aux ateliers de
construction la Mélallurgiqiie, où il reste en fonctions
jusqu'en janvier 1890.
Engagé le 3 septembre 1890, au service de la Compagnie
du chemin de fer du Congo, il accomplit en Afrique un
premier séjour de deux ans, pendant lequel il est d'abord
attaché aux études, puis dirige à Matadi le service des
ateliers et de la traction.
Rentré en congé, le 21 novembre 1892, il repart pour
le Congo, le 6 avril 1893, avec le titre de chef de service,
mais succombe, le 31 octobre 1893, victime d'un accident
de chemin de fer, survenu au delà de Palabala.
Lucien Mager}^ était le frère du docteur Jules Magery,
médecin de l'expédition Hodister, tué près de Riba-Riba,
le 15 mai 1892.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE:
— Mouvement géographiquCy 1893, p. 110.
VAN RISSEGHEM, CHARLES, OSCAR.
né à Bruxelles, le 6 février 18(39.
Entre au service de l'Etat, le 29 novembre 1885 et part
pour le Congo, le 3 septembre 1890, en quahté de commis
de première classe.
Arrivé à Boma, le 29 septembre 1890, il est désigné
8TÎ)
\yAV rins[){M'((Mll' (VVA-.il (:(»(|ililli;il, 11", de ;:-nnV(M'lirii|- n-r-
lUM'îil, i)(Mii' le (lisdicL (le rivjiuilcur, U) ;51 oclold-c. is'io.
Sôjoui'iH' i\ Vhj[[\;\U'\\v (lM|ii;il(Mirvill(') jus(iir;iu 5 juin is'.il.
Il i'(*l()uni(' alors à lîoiiia, le :5() juin ISIU ; (^l y sr'joiii'iH',
jus(iu'au iiioiiKMil, (le son di'parl pour ri'Jii'opM, coniincî sous-
intciulanl (kUroisiôino classe, (hipuis le II lévrier 1892 (d
(le (louxièmc classe, depuis le 1 juillcl isii:'>.
J{en(ré en Kuropo, 1(^ 'J5 octobre 181):î, il est en^a^'-f', dans
les l)ureaux de l'adininistration centrale; noniiiK' sous-
chef de bureau, le 2:î décembre 189;î, et cliel" de bureau, le
22 juin 1SU8.
Van Rissegliein est décoré de l'Etoile de service.
BASTIN, ALEXIS,
né à Marcinelle, le 17 juillet 1850.
Remplit les fonctions d'ingénieur de la Compagnie du
chemin de fer, adjoint aux études, du 3 septembre 1890
au G juin 1891, date de sa rentrée en Belgique pr)ur cause
de maladie.
BASTIN, PAUL,
né à Marcinelle, le 1 octobre 1839; décédé à Banana, le
14 avril 1891.
Ing-ônieur de la Compagnie du chemin de fer.
Chef de la brigade d'études du 3 septembre 1890 au 14
avril 1891, date de son décès.
— 880 —
TAMINE, HENRI.
no à Ha^vonf,^ le 5 juiilel 1803; décédé à Beveren-Waes,
le 15 avril 1904.
Sous-lieutenant au 9« régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 5 septembre 1890, comme sous-
lieutenant de la F. P. et est sous-commissaire de district
dans le district des Stanley-Falls.
Revient en Belgique, le 17 septembre 1891, et meurt à
Beveren-Waes, le 15 avril 1904.
II était capitaine en second, administrateur d'habillement,
au régiment des chasseurs à cheval.
MICHIELS, ISIDORE.
né à Bruxelles, en 1869; tué à Riba-Riba, le 27 avril 1892.
Sergent-fourrier au 5^ régiment de ligne.
Part pour le Congo avec le lieutenant Tobback, qui va
reprendre ses fonctions de résident des Falls, le 18 sep-
tembre 1890, comme sous-lieutenant de la F. P.
A ce moment les relations des Européens avec les Arabes
étaient devenues inquiétantes. Tippo-Tip avec qui Tobback
n'avait cessé jusqu'à son départ d'entretenir des rapports
cordiaux, avait quitté la station et était retourné à Zan-
zibar. Son gendre Rachid le remplaçait. Les dispositions
des Arabes avaient totalement changé à l'égard des blancs
et les espions de Tobback rapportaient des bruits sinistres.
L'inquiétude grandissant, Michiels est envoyé à Riba-Riba
pour s'assurer de l'état des esprits (mars 1892).
Hodister et ses adjoints Page, Doré, Jouret et Noblesse se
proposaient d'installer des comptoirs dans la région.
Les Arabes (|ui étaient eux-mêmes d'habiles commer-
— 881 —
rnnis r(Ml()iil;ii(Mil l;i ('oiiciii'rciicc» cl. s'oppnsrrciil ;i l;i ci-i'",\-
lioii (r(''(;il)liss(Uii(Mils.
lI()(lisl(M' (^t SOS ('()m|);i;^ii()iis nvcc mw iivcii^jlc h'iin'rilé
rcfusorcMil, do U^iir ('()iii[)l() dos ohscii-Njitions des cliol's
indii^èiu^s.
Micliiols, ronlrô aux I^dls, expose l:i siliiiilioii ;iii liciilc-
iiant T()l)l)ack. Los doux hlaiics so dccideni ;doi's à so
rendre ensemble à Hil)a-Uil)a, auUuil. pour faire dos ro-
niontrances aux né<^-ocian(s, qui coni[)roni(îtlaicnt la sécurité
de l'Etat, que pour calmer les farouches et cupides Arabes.
Tobback et Micliiols se munissent de riciios pn-sc^nts;
montres, chaînes et bagues à l'intention des chefs de la rof,^^)!!.
A Kibonghe, le chef arabe conseille à Tobback d'avoir
une entrevue avec le grand chef iMunie Mohara qui rési-
dait à Riba-Riba.
Mais, arrivé à Riba-Riba, Tobback se voit refuser l'au-
dience demandée et il lui est même enjoint de quitter
les lieux avec Hodister et tous les autres blancs.
Tandis que Tobback retourne aux Falls, Michiels reste à
Riba-Riba avec ordre de surveiller Noblesse, agent opérant
sous les ordres d'Hodister, qui se trouvait, lui, à Bena-
Kamba avec Jouret, Page et Doré, poussant une recon-
naissance jusque Nyangwe.
Imprudent et entêté, Noblesse enfreint la défense de
Munie Mohara et les recommandations de Michiels: il plante
des pieux en terre pour l'édification d'un comptoir ou d'un
magasin et moleste, paraît-il, assez grièvement un envoyé
de Mohara.
Le courroux de Munie Mohara ne connaît dès lors plus
de bornes à la nouvelle de cet acte audacieux et le massacre
de tous les blancs qu'on atteindra est décidé.
Précisément, Michiels vient d'envoyer à Tobback, un
rapport très favorable sur la situation. Les Arabes adres-
sent même, ajoute-t-il, vingt Salems, au chef des Falls.
Le courrier qui est chargé du rapport le remet à Tobl)ack,
— 882 —
({u'il rejoint à Kil)ongho et qui rassuré, continue sa route
vers les Fa Ils.
Michiels, sur ces entrefaites, entend les vociférations et
comprend le danger; il se sauve dans les bois et s'oriente
vers Bena-Kamba, où il espère retrouver Hodister. Le mal-
heureux erre quinze jours dans la forêt ténébreuse, où
il se nourrit de racines, couche dans les arbres, expose
aux bêtes féroces.
Au bout de quinze jours, Michiels, l'infortuné fugitif,
arrive en vue d'un village II meurt de faim, et cueille
des bananes. Des femmes l'aperçoivent, donnent l'alarme:
les Arabes l'assaillent. Michiels est mené, pieds et poings
liés, dans la localité qui est Riba-Riba môme. Il s'est égaré
et, est revenu à son point de départ.
Il est soumis au martyre tel que l'entendent les orien-
taux experts en raffinements cruels.
Les bandits commencent par donner au malheureux des
détails atroces sur le meurtre de Noblesse; puis, il est
attaché à un poteau, et, deux heures durant, on lui cingle
les membres à coups de chicotte. Quand son corps ne
forme plus qu'une plaie saignante on le prend comme cible,
on lui casse une jambe.
Torturé de la sorte, le supplicié crie à ses bourreaux:
« Vous n'êtes que des misérables! Tirez au cœur «.
On l'achève, on lui coupe la tête, on le jette à l'eau.
Des indigènes repêchent son cadavre et le dévorent. (27
avril 1892).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
— A. ChapaUx. L-i Cmgo historique, diplomatique, p 253.
— Belgique militaire, 1894, p. 230 (Chômé).
— SS.'Î —
VAN BELLINGHEN, pauu
IH' à lllicchl, le -JS iii;irs l.Sns. '
Pai't poui' le (loll^o, le IS scpiciiihrc IS'.KI, (>ii ((ii;ilil(''
(lo coininis do dcuxiriiK' chissc (|;iiis le dislrid de; M;d.:idi,
(d, devient ensuite coniinissnircî du district des (^ntnnictes.
11 se distin<^-ue dans r()i'<^-anis,di()n et l'adniinistralion du
service des transports par la rive Nord.
Rentre en Europe, le 23 septembre ISO.'î.
S('\journe une deuxième lois au (]on^o, du ('> juin ISOl
au 20 avril 1897.
Van Bellinghen retourne au Con^-o, \o G axi-il 1<S0S, avec
le iirade d'intendant à litre personnel.
Il rentre le 26 juin 1901.
Son quatrième séjour s'étend du 21 juin 190:] au 25 juin 1901.
Van Belling'hen est décoré de l'Etoile de service à ([uatrc
raies et de la Médaille d'or de l'Ordre royal du Lion.
PUBLICATIONS :
— Histoire de la station d Issanghila ri des transports par la rive Nord.
— La chasse et la faune dans la rê(;ion des Cataractes. (Rclgi(]ue coloniale,
1901, p. 546).
VERHELLEN. mcolas.
Sous-officier au V régiment de chasseurs à pied.
Part pour le Congo, le 18 septembre 1890, en qualité
de sergent de la F. P.
(La notice paraîtra au chapitre: Campagne arabe).
— 884 —
DRYEPONDT, gustave. adolphe. marie.
no à Bruges, le 3 tovrior 18GG.
Docteur en médecine, il part pour le Congo, dès l'obtention
de son dernier dii)lôme, le 13 octobre 1890, en qualité de
médecin de deuxième classe, avec l'expédition Van Kerck-
lioven, qui avait le Nil comme objectif.
En cours de route, Dryepondt, est forcé de rebrousser
chemin pour assumer la charge de médecin à Léopoldville,
où à cause des surprises dues aux tristes conditions de
confort et d'li\'giène de l'époque, il est amené, quoique
médecin du poste, à remplir presque toutes les fonctions,
y compris celles de commissaire de district.
Il est nommé médecin de première classe le 13 mai 1893.
Rentré en Europe, le 23 septembre 1893, Dryepondt
s'adonne spécialement à l'étude des maladies des paj^s
chauds. On lui doit un traité pratique des maladies de
ces pays à l'usage des non-médecins, ouvrage qui obtint
le prix au grand concours international de Bruxelles en
1897; une étude très complète sur la question des sana-
toria dans les colonies; (Institut colonial international,
Paris 1900); de nombreuses études et conférences publiées
dans les revues médicales et scientifiques; une étude sur
les travaux du laboratoire de Léopoldville (fièvre liémo-
globinurique, dysenterie, maladie du sommeil), publiée en
collaboration avec le docteur Van Campenhout. En 1897,
Dryepondt est commissaire du gouvernement de l'Etat à
l'exposition de Tervueren.
En 1900-1901, Dr.yepondt professe à l'Université de Bru-
xelles (Institut Solvay) et à l'Institut agricole de Vilvorde.
Dr3'epondt est aussi médecin de l'Etat du Congo à Bru-
xelles et médecin en chef de la Villa coloniale de Watermael.
Toujours en relations avec les personnalités coloniales,
Dryepondt en profite pour étudier également les questions
économiques coloniales et spécialement congolaises, et les
Le D' DRYEPONDT.
Cliché «lu Congo, Moniteur colonial.
— 885 —
coiinaissaïu'cs inril ;ic(jiiil (mi ces nKilirrcs, le lii'ciil dcsiiiiici',
(Ml l'cvi'iei' llK)?, coiiiiiK' (lirccliMir cii .\ri'i<|ii«'. de l;i (iom-
|);iiliii(' (In Kiisiiï, l'oiiclioiis (|iril n'ii plus (|iiill'''f's (h'piiis
ol qu'il ('m'1i;iiih'(' conlre son iiiicicii iiti'»^ de iiHMlcciu df»
l);il;iill()ii ;iii 1'' r<''^iin(Mil de guides.
Dryepondl s'occupe de l;i i'('^or^iuiisali()n complèlc de Tcx-
ploitalion oL crée, nolainnuMil, o\\ 11)01, la nouvelle slalioii
de la (]oinpa^'nio, à Dinia, (l(^ i'exlr(''niit('' Noid de l;i cou-
cession à la riv(^ i^auche du Kasaï, (Milre la jiasse Swin-
burne et le conlliicnt du Kwan^o.
Diyepoudt lait de nombreux séjours en AlVirpic^ Son
dernier voyage en Afrique daU^ du 11 novend)r(^ 1007,
époque à laquelle il va prendre la direction de la Com-
pagnie, à la mort de Lescrauwoet.
Il est actuellement en Europe.
Dryepondt est médecin de bataillon de deuxième classe en
retraite, chevalier de l'Ordre royal du Lion, décor»'' de l'Etoibî
de service.
PUBLICATIONS:
— Le climat du Congo, 1 br. in 8°. Bruxelles, Van Carnpenhoiit et Corg^o
illustré, 1895, pp. 44 et ss.
— Guide pratique liygiéiv'que et médical d^'S voyagews au Cnngn, 1 br.
in-8o, (Publication de riMat indépendant du Confjo, Bruxelles 1895).
— Le service des secours médicaux au Congo. (Congo illustré, 1895).
— R'ipport sur les travaux du laboratoire médical de Léopoldville en 1889-
1900, avec la collaboration du D'' Van Cainpenhout. (Publication
de la Société d'études coloniales).
— Vexpédition scientifique anglaise contre la Malaria à la côte occiden-
tale d'Afrique. (Bulletin de la Société d'études coloniales, 19rX),
n« I et II, p 35.)
— Une école de médecine coloniale à Londres et à Bruxelles. (Bulletin de
la Société d'études coloniales, 1899, n° I, p. 49).
— Quelques mots à propos du climit du Congo. (Missions belges de la
Compa<;nie de Jésus, 1899, p. 15).
— Le parasite de la Malaria (en collaboration avec le D^" Van Campenhout).
(Bulletin de la Société d'étu les coloniales 1899, no II, p, 79).
— 880 —
Bourguiynonj Covnety Dryepondt, Firket, Lancaster et Mndeman. Congo:
climat, constitution du sol et hygiène de l'Etat Indépendant du
Congo, 1 vol. in-8". linixelles, 1898.
Les sanatoria dans les colonies. (Institut colonial international).
Uagent étiologique de la vaccine et de la variole. (Bulletin de la Société
d'études coloniales, 1901, p. 321).
Le climat et Vhygiène au Congo. (Bulletin de la Société d'études colo-
niales, 189G, p. 35).
La fièvre bilieuse hématurique. (Bulletin de la Société d'études colo-
niales 1897, p. 434).
Une mission médicale au Congo. (Bulletin de la Société d'études colo-
niales, 1897, p. 434).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :
Moniteur du caoutchouc (5 juin 190:^).
Le Congo. Moniteur colonial.
Congo illustré, 1895, p. 113.
Dryepondt a collaboré au Mouvennent géographique, aux bulletins de la
Société d'études coloniales et du musée de Tervueren.
COSTERMANS, pauu marie, adolphe.
Lieutenant d'artillerie.
Part pour le Congo, le 3 octobre 1890, en qualité de
lieutenant de la F. P.
(La notice Liograpliique, avec portrait, est publiée à la
page 50).
— 88:
CROUQUET, CÉLESTIN J.
ne à L(î(lol)or<r, h», 12 ;iviil 1S71; (l(''C(''(l(' ;i Mik.mh! I)iii^'-;i,
le 11) ni;ii 1891.
S()us-rKMil(Mi:nil ;iii 2'" r('^-ini(Mil de lii^ne.
Pari, coniiiu* sous-lieuieiiiinl de l;i 1'. 1' , le 3 octobre 1800,
et est désij^iié poiii' le disli-icl, du !\\\;iii^() ; il ivside à
Miiene Dinga et y meurt en iii:ii is'.il.
ANTOINE, JOSEPH, MICHEL, GUSTAVE,
né à Liège, le 1 août 1865.
Sous-lieutenant au 12*' régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 5 novembre 1800, en qualité de
sous-lieutenant de la F. P.
Réside à Lukungu.
Nommé lieutenant de la F. P., en février 1892; commis-
saire de district de deuxième classe, en mai 1803.
Rentre le 20 décembre 1893.
Repart, le G juillet 1894, comme capitaine-commandant
de deuxième classe. Est désigné successivement pour le
Stanley-Pool, la zone arabe, la zone du Maniema.
Rentre le 14 juillet 1898.
Chevalier de l'Ordre royal du Lion; décoré de l'Etoile
de service à deux raies.
HEYMANS, FLORENT. FRANÇOIS. MARIE.
Sous-lieutenant au 12»^ régiment de ligne.
Se rend au Congo, le 5 novembre 1890, en qualité de.
sous-lieutenant de la F. P.
(La notice paraîtra au chapitre: Opérations dans le Nord).
— 888 —
ROUSSEAUX, LÉON, EMILE,
Sous-lioutenanl au 8^ rc^imenL de li^-nc.
Part pour le Congo, le 30 octobre 1890, en qualité de
sous-lieutenant de la F. P.
(La notice sera publiée au chapitre : Opérations dans le
Nord).
RORCOURT, AUGUSTE. PAUL. LÉON.
né à Bruxelles, le 28 août 1860; décédé à Matadi, le 9
décembre 1898.
Docteur en droit de l'Université de Bruxelles et avocat
près de la cour d'appel de cette ville, part pour le Congo,
le 5 novembre 1890, pour compte du département des
affaires étrangères et de la justice.
Substitut du procureur d'Etat à Boma et à Matadi, juge
de première instance par intérim et directeur de la justice.
Rentre en Belgique en avril 1893.
Repart pour l'Afrique, le 6 janvier 1894, en qualité de
procureur d'Etat.
Il revient en Belgique en mars 1896.
Son troisième départ date du 6 novembre 1896.
Il occupait encore les mêmes fonctions de procureur
d'Etat, au moment où la mort est venue le surprendre
(9 décembre 1898) (').
(1) Los majîistrats de cafrière sont actuellement au nombre de cinquante-
trois, dont vingt-six Bel»?es, douze Norwégiens, neuf Italiens, trois Danois, un
Français, un Suisse, un Roumain. Ils sont assistés d'agents judiciaires propre-
ment dits.
L'organisation des tribunaux comprend d'abord, au nombre de cinq, des
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RORCOURT, Auguste.
— 8811 —
RorcoLirL (''(;ii(. clicvalier de l'Ordre i-oyal du Lion et
décoré de l'Eloile de service à doux raies.
Iribnnanx de, première instance, comp(;(en(s en matière civile, comnieiT.ialo
ot pénalo, ayant obli<;ation do tenir dans les localités déterminées par le
{joiiverneur {général le nombre de sessions péiiodiquos fixé par lui. On évite
ainsi aux justiciables les trop lonj^s déplacements. Ils se composent d'un juge
et d'un procureur d'Etat nommés par le Roi, et d'un greffier.
il existe ensuite, au nombre de neuf, des tribunaux territoriaux n'ayant
qu'une compétence pénale. Ils sont analo;2:ues aux précédents, mais le juge et
les substituts en sont nommés par le gouvei'neur général et peuvent être pris
parmi des agents administratifs, en attendant qu'on ait le nombre suffisant de
magistrats de carrière.
Un tribunal d^appel existe à Boma. Enfin, au-dessus de la cour d'appel
est un Conseil supérieur, composé des membres constituant le conseil con-
sultatif attaché au gouverneur général. Comme juridiction pénale du premier
degré, il statue sur les infractions commises par l^s membres du tribunal
d'appel; comme cour d'appel, il connaît de l'appel en matière pénale des
jugements rendus par le tribunal d'appel de Boma sur les infractions com-
mises par les membres des tribunaux de première instance; comme cour de
cassation, il connaît des prises à parties et des pouvoirs dirigés contre tous
jugements tout en dernier ressoi't, en matière civile et commei'ciale, pour
vices de formes ou pour contravention à la loi ou au droit des gens et il
peut statuer sur le fond de l'affaire après cassation du jugement. Mais, en
matière répressive, il n'existe pas de recoui's en cassation.
Les services judiciaires de Boma comprennent:
1. Un tribunal d'appel.
2. Un conseil de guerre d'appel.
3. Un tribunal de première instance.
4. Un conseil de guerre.
Il est à peine besoin de faire ressortir l'influence civilisatrice de la justice
sur la mentalité des indigènes. Comme le dit la commission d'enquête: son
plus beau titre de gloire est la popularité dont jouissent parmi les gens de
couleur, les magistrats qui la composent. {Rapport de la Commission d'En-
quête, p. 145).
890
JULIEN, LÉON, JOSEPH,
Sous-Iicutenant au li'^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 3 novembre 1890, comme sous-
lieutenant de la F. P.
(La notice paraîtra au chapitre: Opérations dcms le Nord).
BUCQUOI, F..
Sergent-fourrier au 3^ n'^giment de ligne.
Part pour le Congo, le 5 novembre 1890.
(La notice sera publiée au chapitre: Opérations dcms le
Nord).
SALPETIER, PAUL. ARTHUR.
né à Termes, le 4 juillet 1865; décédé à Boma, le 11 no-
vembre 1891.
Sous-lieutenant au 11^ régiment de ligne.
Part pour le Congo, le 3 novembre 1890, en qualité de
sous-lieutenant de la F. P. ta Boma.
Meurt le 11 novembre 1891.
ADAM, Auguste.
— 8'.il —
ADAM, AUGUSTE, JOACHIM. FÉLIX,
iiô à Njuiiur, le :> juin 18()5.
In^'cnioui' civil do l'Universilô de Oîind (1890).
Accomplit successivcinont trois s('jours ;iu (lon^o, |)Oin-
coinplc de la (^oiiii)a^nio du clK^nin do lor do Maladi à
Léopoldvillo: du 18 uovonibro i8U0 au 19 août 1892; du
8 février 1893 au 9 juillet 1895; du 8 avril 1896 au 25 août 1898,
ou ({ualité do sous-chef de section, chef de brigade aux
études, chef de service aux terrassements et chef de service
aux études.
Il passe ensuite au service de l'Etat en qualité de chef
des études pour la construction des chemins de fer du
Congo supérieur aux Grands Lacs Africains, construction
qui n'est (|ue la continuation do la réalisation d'un grandiose
l)lan d'ensemble conçu dès les débuts de la colonie.
Dès ([ue l'Etat eut assumé la mission d'introduire la
civilisation dans cette partie de l'Afrique, il comprit que
l'une de ses préoccupations capitales devait être de tirer
tout l'effet utile de l'incomparable instrument de pénétration
que lui donnait la nature, et il arrêta la construction, suivant
un plan d'ensemble, d'un réseau de communications à
vapeur qui lui permit de rendre efficace son action civilisa-
trice jusqu'aux confins mêmes de ses territoires.
Ce plan dont il a poursuivi sans trêve l'exécution, com-
prend trois phases.
La première, l'outillage du réseau navigable du Haut-
Congo, naît avec le lancement, le 3 décembre 1881, du
petit canot à vapeur de cinq tonnes VE71 Avant, et en est
aujourd'hui à l'exploitation des grands steamers de cinq cents
tonnes: le Kintambo et le Segelini. Elle est tout entière
l'œuvre du gouvernement (').
(1) Le service de navigation intérieure, que les lignes de chemins de fer
complètent, est assuré aujourd'hui par une flottille de navires de quatre-vingts
— 892 —
La deuxicmo, la réunion du l)assin du liauL fleuve à
la mer. est duc à l'initiative privée. Elle commence le
2G mars 1887, date de la concession du chemin de fer de
Matadi à Léopoldville, et finit avec l'inauguration de ce
chemin de fer, le 2 juillet 1898.
La troisième phase, enfin, envisage la réunion du bassin
navigable du haut fleuve aux régions frontières du Nord,
de l'Est et du Sud. De beaucoup la plus complexe et la
plus longue, elle comportait la création d'un certain nombre
de voies ferrées, soit pour contourner les sections impra-
ticables du réseau fluvial, afin de profiter des biefs navigables,
soit pour pénétrer directement par voie de terre dans les
régions reculées.
Adam s'embarque le 6 janvier 1899, pour étudier et
relever le tracé de la voie ferrée, destinée à relier Stan-
ley ville à Mahagi, sur le lac Albert, et fait en trois ans
et demi mille deux cent soixante-quinze kilomètres de
l'étude du tracé, dont certaines parties dans des régions
très accidentées.
La Compagnie du chemin de fer du Congo supérieur
aux Grands Lacs Africains s'était constituée à Bruxelles, le
4 janvier 1902, au capital de vingt-cinq millions (').
Adam organise ensuite les premiers travaux du chemin
unités représentant environ trois mille cinq cent quatre- vingt dix tonnes
et sillonnant le Congo et tous ses affluents, de manière à rayonner dans
le pays tout entier.
(1) Cette société avait pour objet la construction et l'exploitation d'un
chemin de fer reliant le fleuve Congo en aval et en amont de Stanleyvillo
au lac Albert; d'un chemin de fer reliant le fleuve Congo en aval et en
amont de Nyangwe au lac Tanganika; une ligne contournant les Stan-
ley-Falls; une ligne contournant les rapides de Zendwe et des Portes d'enfer;
la (mise en valeur de concessions de terres, forêts ou mines qui pour-
raient lui être accordées. (Recueil financier).
Ces lignes devaient mettre à la portée de la civilisation le Manyema,
connu pour sa fertilité; la région caoutchoutière du Lualaba et les mines
du Katanga.
— S'.Ki —
de fer dosliiK' à conlournor les l'iipidcîs de Slanloy-I^dls,
de Staidoyville rive-<4";iiieh(». à Poiilliid'ville, (|ui ('onsliliKi
la j)reiiiiri"e li^no du clH^nin d(^ IVr du Con^o suixTieiii".
11 rentre en Europe, le LM juin IDo:;.
Adam se rend)ai"(jU(i [)()Ui' rAt'ri(|ue, le 7 jaiiviei' 1901,
en qualité d'in<^-énieur en chef, cliar<;<' de poursuivre
les travaux de cette voie ferrée. 11 a sous ses ordres
toute une phalan^^e de chefs do sections, inj^énieurs et
conducteurs. Les Européens sont plus de cent à la fin de
1905, quant aux travailleurs noii's on en comptait mille
cent cinquante-sept au 31 janvier 1903 (').
(1) Des soins tout particuliers, et l'on peut Hiro exceptionnels, furent pris
pour placer ces travailleurs dans dos conditions matérielles et inorales qui,
en Europe même, n'auraient pu être plus parfaites.
" Les travailleurs ne furent recrutés que proj^Tessivement et à mesure
que tout était préparé pour les loger et les approvisionner convenablement.
Vaccinés dès leur arrivée, pourvus de couvertures pour les préserver du
fi'oid de la nuit, ils étaient l'épartis sur les travaux par tribus ou villages
et, leurs huit heures et demie de travail journalier terminées, retrouvaient
au camp, soit leurs amis, soit leur femme arrivée avec eux, nourrie et
logée aux frais de l'administration.
« Un salaire variable avec leur habileté professionnelle, mais toujours
suffisant, une forte nourriture ajoutant au riz coutumier une ration de
viande et de sel, dont ils sont fiàands, des soins médicaux, soit au camp
soit à l'hôpital, en cas de maladie, les plaçaient dans des conditions
d'existence meilleures que dans leurs villages.
n Aussi peut-on dire que non seulement la situation sanitaire du personnel
fut toujours satisfaisante, mais son état d'esprit même ne cessa un instant
d'être excellent.
B Divers voyageurs qui visitèrent les chantiers l'ont constaté. Nous citerons
à titre d'exemple l'opinion d'un philanthrope américain bien connu, M
Geil, qui écrit :
« J'examinai soigneusement les travailleurs indigènes et les trouvai vigou-
reux, robustes et alertes. Chacun d'eux porte une médaille avec un numéro,
ce qui permet de le retrouver aisément. Ces sauvages « décorés » portent
beaucoup plus de vêtements que les irdigènes en général. En vérité, ils
me firent l'impression d'être prospères et très contents de leur patron, de
leur emploi et de leur salaire « (Le chemin de fer du Congo supérieur de
Stanley ville à Ponthierville),
— 894 —
Sous la diroclion d'Adaiii, le rail arrive à PonUiierville,
le 2 août 190G, la li<2:ne ayant un développement de cent
vin<^t-scpt kilomètres. L'inaug"uration du chemin de fer des
Grands Lacs constitue un véritable événement, c'est une
étape nouvelle et considérable dans l'ouverture graduelle
du vaste territoire congolais à la civilisation (').
Adam entame ensuite les études du deuxième tronçon
des chemins de fer du Congo supérieur, destiné à relier
Kindu à Kongolo, en amont des ra[)ides des Portes d'Enfer.
Voici en quels termes s'exprime le rapport du 22 mai
1907 des secrétaires généraux au Roi -Souverain, concernant
cette colossale et heureuse entreprise:
» La construction du réseau des cliomins de fer du Congo supé-
» rieur se poursuit activement. Une première ligne de ce réseau
» est achevée: elle relie Stanlejville à Ponthierville et a un déve-
» loppement de cent vingt-sept kilomètres. Cette voie, construite
» depuis six mois seulement, est déjà ouverte au trafic, bien qu'elle
» ait à transporter le matériel pour la flottille de steamers à lancer
(1) « Enormes sont les résultats économiques qu'il faut attendre du chemin
» de fer des Grands Lacs, et inépuisables les richesses qu'il va permettre
» d'atteindre et de mettre en valeur.
n De sa construction datera évidemment une phase nouvelle de l'histoire
1» économique du Cong-o.
r> Au point de vue humanitaire et moral, ses effets seront peut-être plus
" salutaires encore. Nous ne pai'lons pas seulement de la civilisation qu'il
r> apportera aux populations dont il traversera le territoire. Nous faisons
n allusion à un bienfait plus direct, plus immédiat. Le chemin de fer des
" Grands Lacs supprimera dans le Haut-Cono^o la plaie du portage et du
« pagayage, comme le chemin de fer des Cataractes a supprimé le portage dans
». les Bas-Congo. (Etoile Belge, 1906). «
Qu'il nous soit permis de rappeler qu'un des moyens les plus efficaces signa-
lés par l'art. 1 de l'acte général de Bruxelles, pour combattre la traite dans
l'intérieur de l'Afrique était précisément la construction de routes et de voies
ferrées en vue de substituer des moyens économiques et accélérés au portage
par l'homme.
— Sli.j -
» ;ï Poiitliicrvillc et pour la (IcnxirtiHï wo'ir. vu coiistriiclion à partir
» (ic Kiiidii. La, mis(^ en exploitation ilii jtrcniici* (j'oricou a mis fin
» nu paj^iiyajio outre Stanley ville et I^ontiiiei'vilh; et a donné a(;eè.s
» au l)i(>r (lu Lualaha, navig-able (K; l'orithierville à Kindu, sur une
» loniiueur de trois eent quinze kilomètres, ('ette gi-ande section
» du Ueuve formant prolongement du rail a été balisée et les travaux
» d'appropriation, qui ont été reconnus nécessaires pour certains pas-
» sages difiîciles, sont en voie d'achèvement. On lance sur ce bief
» une flottille do vapeurs.
» La voie ferrée qui se construit de Kindu vers Kongolo, en
» amont des « Portes d'Enfer», aura trois cent vingt kilomètres de
» développement. Elle donnera accès au bief du Lualaba supérieur,
» qui, })ar quelques travaux peu importants, sera rendu navigable
» jusqu'aux rapides de Kalengwe, à six cent quarante kilomètres do
» Kongolo.
» Cette longue section du fleuve a été minutieusement étudiée. Il
» a été reconnu que depuis Kongolo jusqu'au lac Kisale, sur une
» longueur de quatre cents kilomètres, le Lualaba est navigable aux
» grands steamers. Depuis le lac Kisale jusqu'aux rapides de Ka-
« lengwe, un chenal, accessible aux steamers, sera facilement main-
» tenu, grâce à quelques travaux de minime importance. Dans le lac
» Kisale notamment, il y aura djuelques estacades à établir pour em-
» pécher l'obstruction du chenal navigable par la végétation flottante.
» Ainsi qu'il a été procédé pour le bief de Ponthierville, les
» travaux d'appropriation de la section supérieure du fleuve seront
» exécutés pendant la construction du tronçon de la deuxième
» voie ferrée, de la sorte que lorsque le rail atteindra le point
» terminus, le Lualaba supérieur aura été mis en état de navi-
» gabilité pour les steamers.
» Le chemin de fer, se joignant ainsi aux sections navigables
x> du Lualaba-Congo, constitue une importante voie de pénétration
» de trois mille quatre cents kilomètres, reliant Matadi au Katanga,
» région aujourd'hui d'un accès difficile par le fleuve. Elle est appelée
» à traverser des contrées riches et populeuses, notamment celles
» du Manicma, où abondent les produits du sol et de la forêt »,
— 890 -
Adam ronlre en congé on Europe, en juillet 1907, ayant
accoin[)li ainsi un nouveau séjour de plus de trois ans.
11 repart pour le (]ongo dès le 10 janvier 1908 et est
actuellement installé au centre des travaux du deuxième
tronçon.
Adam est chevalier des Ordres de Léopold, de l'Etoile
africaine, du Lion et de la Couronne et décoré de l'Etoile
de service à quatre raies.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES:
— Vers la suppression du portar/e. Le chemin de fer du Congo supérieur
de Stanleyville à Ponthierville. Bruxelles, Imprimerie des travaux
publics; brochure éditée par la Fédération pour la défense des Inté-
rêts belges à l'étranger.
NA/ILLEMSENS, François, eugène,
né à Duffel, le 1 février 1800.
Part comme sous-commissaire de district, le 18 novem-
bre 1890 et rentre à Anvers, le 15 novembre 1893.
Il retourne au Congo, le 0 mai 1894, comme conducteur
de travaux publics et y prolonge son séjour jusqu'au
5 mai 1893.
Il est actuellement arcbitecte-constructeur à Duffel.
Décoré de l'Etoile de service à deux raies.
RENSON, GUSTAVE.
Part pour le Congo, le 18 novembre 1890.
(La notice paraîtra au chapitre: Expéditions an fi esclava-
gistes).
— 807 —
CONRARDY, victor.
Pni'l, pour le Couiio le IS iiovcmhn^ 181)0.
(La n()li('(» pai'ailra au cliapitrc: h'.rjH't/i/ioi/s a nl/icsclava-
(jis/cs).
SIMON, VICTOR. JOSEPH.
né à Bouillon, le 20 mars 1805.
Etant sous-lieutenant au 11*' réi,nment de ligne, il part
pour le Congo, le 5 décembre 1890, comme sous-lieutenant
de la F. P.
Séjourne, en 1891, à Lukungu, puis est désigné la même
année pour commander la station de Manyanga. En 1893,
il est désigné pour commander la zone du Ma,yumbe (Lemba)
Lieutenant puis capitaine de la F. P. Rentre en Europe,
le 20 décembre 1893.
Retourne en Afrique, le 0 août 1894, en qualité de
capitaine-commandant de deuxième classe. Adjoint au district
des Bangala, comme commandant de la F. P.
Blessé dans une rencontre sur la Mongala, en mars 189G,
il revient en Belgique, le 19 avril de la même année.
Capitaine-commandant pensionné, actuellement colonel
dans la Gendarmerie Impériale ottomane à Pendik, par
Constantinople.
Décoré de l'Etoile de service, commandeur de l'Osmanié,
décoré de la Médaille du Liakat.
— 808'—
DE LA KÉTHULLE de RYHOVE,
CHARLES. EMMANUEL. EUGÈNE, MARIE, GHISLAIN.
LieuU3nant au re^inienl, d(!S (:aral)ini('rs.
Part pour le Gon^o, le 18 décombro 181)0, en qualité
de lieutenant de la F. P.
(La notice biographique, avec portrait, est publiée à la
page 400).
Table des matières
Préface
Avis au hv'tciir
Chapitre I. - Hauts fonctionnaires.
Agent supérieur de V Associatloyt In 1er nationale Africaine:
Ilanssens, Edmond ........ 5
Gouverneurs généraux de V Etat Indépendant du Congo :
Janssen, Camille . .21 Waliis, Tiiéophile . . 27
Vice-gouverneurs généraux :
Coquilhat, Camille . . 34
Costermans, Paul . . 50
Dhanis, Francis (baron) . 53
Fuchs, Félix . . .159
Gondrv, Henri . . 103
Ledeganck, Herman
Lantonnois, Albert.
Vangele, Alphonse
Wangermée, Emile
104
106
167
183
Inspecteurs d'Etat :
Baert, Ernest
. 188
Cambier, Ernest .
. 192
Chaltin, Louis
. 203
Fivé, Gustave
. 213
Ghislain, Louis
. 251
Gérard, Auguste
. 253
Gomins, Joseph
292
Henri, Eugène
. 2)3
Hanolet, Léon
. 205
Le Marinel, Paul .
Le Marinel, Georges
Mahieu, Adolphe .
Milz, Jules .
Paternoster, Louis .
Van Kerckhoven, Guillaume 305
Van der Grinten, Ernest. 315
Warnant, Erasme . . 316
270
289
294
298
304
— 000
Co7ï)}72ismircs du JÙJ/'-Souverah/
Cabra, Alphonse .
Bartels, Eugène
. :U7 Michel, Victor
322
324
Haut Commissaire royal
Malfeyt, Justin
326
Commissaires généraux :
Le Clément de Saint-Marcq
Philippe (chev.)
Jacques, Alphonse
Lothaire, Hubert
Leroi, Gustave .
de la KéthuUe de Kyhove,
Charles.
BoUe, Arthur .
Van Dorpe, Jules
Foulon, Félix .
Verstraeten, Antoine.
Henry, Jean B.
Lahaye, Jules .
4/IC
335
Lemaire, Mathieu
451
338
De Rache, Gabriel
452
3(J9
Wtterwulghe, Georges
453
394
De Bauw, Guillaume .
455
Mardulier, Henri
401
400
Pirapurniaux, Alexandre
463
407
De Meulemeester, Adolphe.
465
409
Bruneel, Alphonse
406
411
Deuster, Ferdinand .
468
413
Vanwert, Jules.
469
410
Tombeur, Charles
471
Hauts fonctionnaires du département de V intérieur
Van den Plas, Camille
François, Eugène
472 Van den Plas, Joseph. . 475
474 Rezette, Jean . . . 475
Commandants de la Force Publique :
Roget, Léon
Avaert, Henri .
Van de Putte, Léon
Fourdin, Léopold
476
Dielman, Georges
. 486
483
Van Dorpe, Jules
. 486
485
Warnant, Erasme
. 486
485
Paternoster, Louis
. 486
— 001 —
S('crr/((/rrs //(hnhritfx dir 0()uvrr)icmn)t local
cl sccrclcu'7'cs (les (jOHVcrticurs :
\-A\\ (le Veldo, Frcdôr
Destrain, Kdounrd
Ijoiuhard, Kaymond
Loroi, Gustave .
Ghislaiii, Louis .
\r . IS?
Van hanimc, Maurice.
. 403
. '189
I>i'and(!l, Henri .
. 493
. 19l>
I)an(;(), Pierre .
. 494
. 492
Bori'emans, O.sear
. 495
. 492
If((f(ls fo7icl/ojn?aircs du départeinenl des finances
Destrain, Edouard
De Keyser, Emile
Belle, Arthur .
Kossignon, Edouard
Masson, Jean, B.
Van Caulaert, Benoit
Prinz, François.
BoUe, Emile
Dubois, Jules
. 496
Dossily, Florent
. 501
• 49G
Boland, Edouard
. 501
. 498
Tyteca, Gaston .
. 501
. 499
Delhaye, Hector
. 502
. 499
Hanicq, Hubert .
. 503
. 499
Vervloet, Constant
. 504
. 500
Guichard, Amand
. 505
. 500
Leboutte, Arthur
. 505
. 500
Drapier, Nestor.
. 505
Chapitre II. — Expéditions de l'Association Internationale africaine
par la côte orientale d'Afrique.
I. — Expédition Crespel-Cambier (1877-1881).
Crespel, Louis .
Cambier, Ernest
Maes, Arnold .
Wautier, Jean B.
Dutrieux, Pierre, D^
IL — Expédition Popelin (1879-1881).
Popelin, Emile .
Van den Heuvel, Théodore, \y
Dutalis, Oswald.
Roger, Oscar
Burdo, Adolphe.
506
559
509
510
512
515
520
521
521
521
002
III.
IV. —
V. —
Expédition Ramaeckers (1880-1882).
Ramaeckers, Jules ....
. 528
Becker, Jérôme. . ' . .
. 5:{0
De Leu, Albert. ....
. 5132
De Meuse, RoUert ....
. .553
Expédition Storms (1882-1885).
Storms, Emile .....
. 531
Constant, Camille . . . ,
. 541
Beine, Jean .....
. 511
Malnin, Emile ......
. 512
Expédition Becker-Durutte (1881).
Beeker, Jérôme .....
. 543
Durutte, Adolphe (écuyer) ...
. 543
Dhanis, Francis (baron)
. 544
Dubois, Jules .....
. 545
Chapitre III. — Les premiers pionniers belges au Congo.
I. — La période de Stanley (1879-juillet i885).
N. B. Classement par ordre chronologique des départs.
Delcommune, Alexandre
De Mjttenaere, Michel
Loesewitz, François .
Van Schendel, Théodore
Gillis, Adolphe .
Nève, Paul
Braconnier, Charles .
Harou, Victor .
Van den Bogaert, Pierre
Van Heste, Pierre
Valcke, Louis .
Janssen, Eugène
Orban, Frédéric.
Callewaert, Charles .
Destrain, Edouard.
Amelot, Louis .
. 551
Van de Velde, Liévin
. 599
. 570
Gillis, Hector .
. 007
. 570
Van de Velde, Joseph.
. 008
. 571
Hanssens, Edmond
. 009
. 572
Nilis, Théodore.
. 010
. 573
Grang, Nicolas .
. 011
. 570
Vangele, Alphonse
. 012
. 579
Parfonrj, Emile
. 013
. 581
Brunfaut, Emile
. 013
. 582
Coquilhat, Camille
. 010
. 583
Avaert, Henri .
. OD)
. 587
Haneuse, Louis .
. 017
. 594
Allart, Jean B. D''
. 020
. 595
Légat, Amédée .
. 624
. 590
Roger, Oscar .
. 020
. 590
Van den Heuvel, Théoc
lore D«' 026
— \)0:] —
Ilodistor, Artlmr
. iV^l
De Frère, Victor
. (u\{
Palmnrts, Jose{)li
. (VM
\i\n KorcUlioven, (luilhu
nie (V.'u)
Liebi'eclits, Charles .
. iVM)
Waeterinckx, Henry .
. (Ml
Marie, Hector .
. 1)45
Monet, Eug-ène .
. (M.-)
Destrain, Germain
. (»17
Hnsson, Jean
. ()17
Courtois, Ernest
. 651
Casman, Camille
. (mI
CranshofF, Hubert
. 655
Jadin, Auguste .
. 656
Naets, Louis
. 656
Delcommune, Camille
. 657
^'yn(•k(ï, AuKM-'t Iv. V
Weber, Artlnii'.
iManduau, ImIouuivI
Van (icn Plas, ('amille
Delatte, hldouard
Steleman, Georges
Nilis, Jean Dr .
Stévart. Léon .
Zboinski, Claude
Le Marinel, (Toorges
Hinek, Edouard.
Eycken, Charles
Petit Bois, Gustave
Baert, Ernest .
Licnart, Charles
f)58
659
660
660
660
661
662
663
661
()66
6r)6
667
668
671
672
//. — Uo7^ganlsation adynhiistrative et V occupation territoriale
(16 juillet 1885 à fin 1890).
N. B. Classement par ordre chronologi({ue des départs.
De Meuse, Fernand . . 693
de Stein d'Altenstein (baron) 696
Hens, Frans . . . 697
Le Clément de Saint-Marcq,
Philippe (chev.) . . 699
Daenen, Admar . . . 699
Gustin, Oscar . . . 699
Keytter, Eugène D"" . . 700
Baert, Alfred . . .701
Lega, Germain . . . 702
Lejeune, Charles . . 702
Van der Straeten, Cam.R.P. 703
Lippens, Joseph. . . 703
Vleminckx, Frédéric . . 704
Warlomont, Charles . . 704
Paternotte, Jean D"" . . 705
Francqui, Lucien
. 677
de Macar, Adolphe
. 677
Le Marinel, Paul
. 683
De la Rue, Pierre
. 683
Jungers, François
. 684
de Cuvelier, Adolphe (chev
) 685
Janssen, Camille
. 688
De Keyser, Emile
. 688
Massart, Charles
. 689
Priem, Gérôme .
. 688
Bauwens, Gustave
. 690
Rom, Auguste .
. 691
Dhanis, Francis (baron)
. 691
Cloetens, Léon .
. 691
Roget, Léon
. 692
Linden, Auguste
. 692
Baerts, Arthur .
Ponthier, Pierre
Bia, Lucien
Bujens, Eugène
Van Montfort, G. H.
Jacquet, A. G. J.
Herincx, Jean .
Goetgeluck, Léon
Watrin, Oscar .
Bisschops, Georges
Van de Velde, Frédéi
Roraberg, Edmond
Tobback, Nicolas
Hernotte, E. J.
Baudouin, Léonard
de Lalaing, Antoine (comte)
de Lalaing, Philippe (comte)
Jacques, Alphonse
BoUe, Arthur .
Cambier, Ernest
Thys, Albert .
Charmanne, Hector
Vauthier, Gustave
Liebrecht, Déodat
Dupont, Antoine
Larabotte, Alfred
Gilmont, Adolphe
Hoton, Georges.
Fabry, Eugène .
Duraont, Alexandre
Amerlinck, Jules D"*
Dupont, Edouard
Bélanger, Arsène D''
Braconnier, Léon
Bodson, Omer .
De Bock, François
Rossignon, Edouard
Fuchs, Félix
904 —
. 706
Ledeganck, Ilerman .
773
. 707
Nenquin, Alfred
77:^>
. 707
Carton, Jules .
770
. 707
Weyns, Auguste
779
J.
. 707
Etienne, Elle Di"
781
708
de Ncgri, Albert (baron) .
781
70S
Sterpin, Abel .
784
700
Fiévcz, Victor .
785
709
Lenger, Aubry .
788
710
Amerlinck, Joseph
789
'ic
710
Charmanne, Xavier .
789
710
Tack, Théophile
790
711
Dejosez, Louis .
791
711
Cocheteux, Albert
791
711
Van Dorpe, Jules
792
3omte^
712
Duvivier, Joseph
792
omtc)
713
Debergh, Henri.
792
7ir,
Deghilagc, Ferdinand.
792
7]()
Van den Kerckhove, Fran-
710
çois . . . .
793
717
Bourguignon, Alexandre, D^
794
717
Rezette, Jean .
796
755
Hanolet, Léon .
797
. 757
Prégaldien, P. .
797
759
Masson, Jean B.
797
. 700
Sterckmans, Charles .
797
7()0
De Valkeneer, Clément
798
701
Milz, Jules
799
7()1
Monseu, André .
799
702
VanCaulaert, Benoit.
799
. 702
Herrebaut, Edouard, R P.
799
764
De Backer, Albert, R. P. .
800
770
Cambier, Eméri, R. P.
800
770
Gueluj, Albert, R. P.
800
772
Huberlant, Ferdinand, Mgr.
800
772
Dupont, Henri, D'"
801
772
Colin, Nicolas .
801
772
Becker, Jérôme.
801
— oor, —
Ooriii, rMorcMii .
. 802
Lothnii'o, lluhoi't
. S03
De Saeglior, Marccllin . 803
Saual, Kdouard.
. 805
Mo ri :i nié, J.
. 8on
Van don Bogaordo, Ju
los . 800
Vnn don Horro, Adol]
)he . 807
l>aokolnuins, Simon
. 801)
Gondry, Henri .
. 811
Loclitmans, Albert
. 811
Donnay, Joseph
. 812
(lillain, Cyriaque
. 812
Busine, L. F. D. J. .
. 812
Fischer, Edouard
. 812
De Rechter, Edouard
. 813
Meunier, Fernand
. 813
Titeux, Emile .
. 813
Lenaerts, Pierre
. 814
Grard, Louis, D'"
. 814
Meuleman, Eugène
. 815
Prinz, François.
. 816
Van Cauwenberglie, P
Lug. . 816
Puttevils, Eugène
. ^ . 810
Villers, Sylvain.
. 817
Verschelde, Aloïs
. 817
Du Thoy, Alfred
. 817
Harou, Prosper.
. 818
Trentels, Henri .
. 818
Guffens, Jean .
. 819
Descamps, Georges
. 819
Verbrugghe, Gustave
. 819
Beckers, Ernest
. 820
Détail, Alfred .
. 820
Liebrechts, Louis
. 820
Pilette, Alfred .
. 821
Wilverth, Etienne
. 822
Van Ronslé, Camille,
Mgr . 823
De Roubaix, Adolphe
. 824
Haih'l,, Adrien . . . 827
(iirard, Charles. . . 829
Ilofîhstras, Léon . . 829
Jadot, iMiiik) . . . 830
M al m te, lùlouard . . 8^i0
Van der Straeten, Emile . H'M)
Simon, Jean B. . . 831
Rynwalt, Pierre . .831
De Bruync, Auguste . . 831
Sauvonior, Ferdinand . 8Ij3
Schaak, Jean . , . 833
BoUens, François . . 833
Côte, Zoé. . ' . . 834
Cammaert, Edouard . . 835
Petit, André . . . 836
Lemaire, Charles . . 836
Goffin, Louis . . . 837
Paulissen, Ernest . .841
Michaux Oscar. . . 843
Bureau, Emile . . . 843
Van der Linden, Séraphin . 844
Houben, Jean . . . 844
Vereijcken, Jules . . 845
Verschelden, Jean B.. . 846
Doorme, Aristide . . 847
Vial, Pierre . . . 847
Freitag, Ernest. . . 848
Trodoux, Léopold . . 849
Gillard, Hubert. . . 849
Haas, Charles . . . 849
Verdick, Edgard . . 850
Volont, Jules . . . 850
Lacourt, Victorien , . 851
Desmet, Aloïse D"^ . . 853
Noblesse, Alfred . . 853
Stache, Ernest . . .853
Dusart, Charles . . 855
Brasseur^ Clément . . 858
— 00() —
Dcjaiffe, Auguste
Van de Puttc, Léon
Dohet, Alphonse
Blocteur, Eugène
De riaspe, Louis
Van Maele, Georges
Rollin, Edouard
Tschoffen, Maurice
Le Boulengé, Paul
De Wilde, Jules, R
858
858
859
859
8()0
8()0
800
801
802
803
de Roest d'Alkeraade, Marcel
(baron) . . . 803
Briart, Paul D'' . . 8'33
Glaesener, Jean B. . . 804
van de Kerchove, Paul . 805
Sandrart, V. C. J. . .805
Didcrrich, Norbert . . 805
Capelle, frère Etienne . 805
Peleman, frère Armand . 800
Ectors, Camille. . . 800
Delporte, Augustin . . 806
Gillis, Lucien . . . 870
Limmelyn, Alexandre . 871
Van Mons, Armand . .871
Cassart, Florent . . 873
Rousseaux, Victor . . 873
Lekeu, Joseph . . . 873
Binet, E 874
Scheerlinck, Jean . . 874
Van Cauwenberghe, Guill. . 875
Wauters, Edmond . .875
Dugniolle, Jules . . 875
Van Damme, Maurice . 876
Pays, Henri . . .870
de Heusch, Odilon . . S76
Bolle, Emile . . .877
Dubois, Jules . . . 877
Foulon, Félix . . .877
Magery. Jules, ir . . 878
Van Risseghem, Charles . 878
Bastin, Alexis . . . 879
Bastin, Paul . . . 879
Tamine, Henri . . . 880
Michiels, Isidore . . 880
Van Bellinghen, Paul . 883
Verhellen, Nicolas . . 883
Drjepondt, Gustave, D^ . 884
Costermans, Paul . . 880
Crouquet, Célestin . . 887
Antoine, Joseph . . 887
Heymans, Florent . . 887
Rousseaux, Léon . . 888
Rorcourt, Auguste . . 888
Julien, Léon . . . 890
Bucquoi, F. . -. . 890
Salpétier, Paul . . . 890
Adam, Auguste . . . 891
Willemsens, François . 896
Renson, Gustave . . 890
Conrardy, Victor . . 897
Simon, Victor . . . 897
de la Kéthulle de Ryhove,
Charles . . .898
Liste alphabétique
des voyageurs et résidents belj^es au Conjço
mentionnés dans ce tome I
A^J). Les chl/J)'cs indiques en efcraetères (p'as renseignent
les pages où l'igai'e la notice hiograpJtique.
A.
Adam, Auguste, 752, 834. 839,
891 à 896 (portrait p. 891).
Adam, Jules, 438.
Allait, Jean B., D^. 004 620 à 623,
646, m^ (poi'trait p. 620).
Amelot, Louis, 11, 13, 35, 171,
596 à 598, 653.
Amerlinck, Joseph, 789.
Amerlinck, Jules, D^, 564, 567,
762 à 763.
Andi'iaiine, 139, 396, 397, 423.
Antoine, Joseph, 887.
Ardevel, 148.
Arnold, Rodolphe, 260.
Augustin, Guillaume, 124 à 129, 375,
385.
Avaert, Henri, 35, 473, 478,
483 à 484, 616, 785.
B.
Badart, J., 392.
Baekelmans, Simon, 809 à 811.
Baert, Alfred, 174, 701 à 702-
Baert, Ernest, 24, 47, 188 à 191, 286,
669, 670, 702, 844,
(portrait p. 188).
Baerts, Arthur, 706 (portrait p. 706).
Balat, Georijes,
Baras, Edouard,
Bartels, Eugène,
403.
424, 426.
322 à 323, 457,
(portrait p. 322).
Bastien, Julien, 422.
Bastin, Alexis, 879.
Bastin, Paul, 752, 753, 840, 879.
Baudouin, Léonard, 711.
Bauwens, Gustave, 690.
Becker, Jérôme, 24, 520, 527 à 529,
530 à 532, 534, 535, 539,
543 à 545, 598, 786, 801,
(portrait p. 530).
Beckers, Ernest, 658, 820.
Beine, Jean, 534, 541.
Bélanger, Arsène, D^ 770.
Bernard, 149.
Bert, Amand (abbé), 736.
Bertrand, Alexis, 276, 436, 437,
441 à 444.
Bia, Lucien, 55, 308, 559, 564, 567,
624, 707, 730, 762.
— 008
Bionaimé, 274.
Binard, 367.
Binet, E. H. J., 874.
Bisschops, Georges, 710.
Blindenbergh, 030, 031.
Blocteui", Eugène, 309, 859.
l^odai-t, Henri. 3()2, 364.
Budson, Oinor, 174, 501, 018, 701,772.
Boland, Edouard, 501.
Bolle, Arthur, 407 à 408, 4!)8, 71(),
(porti'ait p. 407).
l^olle, Emile, 500, 877.
BoUen, Jean, 384, 385.
Bollens, François, 833.
Bonvalet, Gaston, 221, 440.
BoiTeinans, Oscar, 459.
(poiti'ait p. 495).
Bossut, 385.
Bourgaux, Edouard, 330.
Bourguignon, Alexandre, 0% 751,
794 à 796 (portrait p. 794).
Braconnier, Chai'les. 37, 575,
576 à 578, 579, 583, 584,
595, 012, 807,
(portrait p. 570).
Braconnier, Léon, 770 à 771.
Braeckman, Charles, 430.
Brandel, Henri, 493.
Brasseur, Clément, 287, 858.
Brecx, 382.
Breugelmans, F. A. 126.
Breyssen, 449.
Briart, Paul, D^, 559, 561, 863.
Bricourt, 139, 395.
Bruneel, Albéric, 466 à 467.
Brunfaut, Emile, 35, 37, 590, 595,
613 à 616, 030, 037, 038.
Bruyr, Alfred. 447.
Bucquoi, F., 309, 890.
BuUinck, 329.
Burdo, Adolphe, 515, 518, 521,
523 à 526, 528.
Bureau, Emile, 843.
Buret, 208.
Busine. L. J. D. J,, 175, 290, 812.
Buyens, Euj.'ène,
Buzon, E. M. R. J. F.
G.
707.
310, 311.
Cabra, Alphonse, 317 à 321, 874.
Cajot, J. J., 229, 232, 235, 230.
Callewaert, Charles, 35, 37, 578,
595 à 596, 010, 014.
Cambier, Eméri, R. P., 800.
Cambier, Ernest, 22, 23, 192 à 202,
508, 510 à 512, 515, 517, 518,
524. 425, 528, 534, 552, 005,
713, 710, 724, 727, 747 à 750,
745, 758, 809, (portrait p. 192).
Cammaert, Edouard, 835 à 836.
Capelle, frère Etienne, 805.
Carré, Louis, D^ 794, 804.
Carton, .Iules, 24, 775, 776 à 778,
(portrait p. 778).
Cassieman, 389, 420.
Casman, Camille, 18, 039, 654 à 655.
Cassart, Florent, 97 à 107, 353, 381,
559, 501, 503 à 565, 873,
(portrait p. 82).
Cerckel. Edgard, 81, 95,102, 104, 180.
Cerckel, Paul, 839.
Ceulemans, 392.
Chaltin, Loui.s, 57, 73, 105, 112.
203 à 242, 247, 303, 437, 447,
787, 848 (portrait p. 203).
Chargois, Jules, 145, 359, 378.
Charmanne, Hector, 199, 724, 837,
747 à 755, 756, 789, 806, 747.
(portrait p. 747).
Charmanne, Xavier, 789.
Chaumont, Pieri'e, 630.
Christiaens, Ernest, 271, 440, 447.
Cito, Nicolas, 730, 840.
Claes, Tobie, 733, 839.
Cloetens, Léon, 691 à 692, 094.
Closset, E. J. S., 138 à 139, 395, 396.
Cocheteux, Albert, 791.
Codrons, 382.
- - 00'.)
Coliîïnon, (\unill.\ IIM à i:i2, 280,
Ml], TiTy.
Colin, VM'k
Colin, Nicolas, 801.
Collet, G. [»., 107 à l.}:}. l:{r>, 2ri.
375, :\:C). ;}s(), 88U, 120, 121.
Colrnant, Florent, 271.
Conr'ai'dy, N'ictor, S*.>7.
Constant, Caïuillo, T)!)!, r);>r), 541.
Coppôe, ^O.").
Coppojans, Coi-neillo, 271.
Coquilhat, rainilit», U, 10, 17,
34 à 49, 182, isr), 522. 51."),
549, 577, 55)1, 592, 595, 598,
OK), 052, 810, (portrait p. 34).
Cornet, Jules, 503, 504, .507, 733, 781.
Costermans, Paul, 50 à 52, 323, 333,
471, 730, 880, (portrait p. 50).
Côté, Zoé, 730, 751, 834. 839.
Courtois, Ernest, 11, 13, 17, 171,598,
651 à 654.
Crahay, 423
Cranshoff, Hubert, 655.
Craybex, H. N. H. M.. 330.
Crespel, Louis, 192, 506 à 508, 509.
Crouquet, Célestin, 887.
Daelman, Félix, 738.
Daenen, Admar, 113, 213, 245 à 247,
309, 310, 417, 099.
Danco, Pierre, 494.
De Backer, H., 22 à 225, 229, 232, 233.
De Backer, Albert, R. P., 800.
De Backer, Fernand, 839.
De Bauw, Guillaume, 455 à 460,
(portrait p. 455).
De Bauw, L. J. H, 299, 480.
De Bergh, Henri, 145 à 140, 180,
785, 792, (portrait p. 154).
De Bock, Achille, 208 à 211, 213.
De Bock, François, 772.
de Brabant, Firmin, 254, 255.
I)(! l'.ruyric, Au^'U.sto, «5, 87. 89,95,
112, 283, 3.35, 8.32,
(poi'trait p 91).
1)0 C.-uninck, V. F. A. C, 143.
Do Clercri, 329, .3.32.
Do Corto, F.. 113, 3S0, 387.
de Croy, II. F. C. L. M piinc.e, 285.
do Cuvidici', Adolphe, cliovalier,
685 à 688, ip(jrtrait p. (><)).
Do Dekon, Constant, K. P., 872.
Dedonso, F. 1 15.
De Frci-o, Victor, 634.
Do-rhilage, Ferdinand, 792 à 793.
De Graeve, H. P. Cli., 230.
Do Grez, Raymond, 436.
De Harinck, L. C, 145.
De Haspe, Louis, 860.
de Heusch, Odilon, 81, 88, 120 à 122,
371, 870, (portrait p. 82).
Dejaiffe, Auguste, 299, 300, 858.
Dejosez, Louis, 791.
De Keyser, Emile, 495, 049, 059,
088, (portrait p. 495).
De Keyser, Henry, 470.
de la Kéthulle de Ryhove, Charles,
253, 200, 267, 270, 292, 310,
311, 400 à 406, 011, 898,
(portrait p. 400).
de Lalaing, Antoine, (comte), 712.
de Lalaing, Philippe, (comte), 712,
713 à 715, (portrait p. 713).
De Langhe, Florimond, 230.
De Large, L. J B., 274.
De la Rue, Pierre, 683.
Lelatte, E louard, 660 à 661.
De Lava, Lambert, 389, 420.
De Laveleye, Georges, 731.
Delbruyère, L., 230.
Delcommune, Alexandre, 35, 134,
283. 352, 354, 355, 531,
551 à 570, 572, 573, 618,
624, 628, 657, 682, 693, 710,
724, 730, 740,
(portraits pp. 551 et 564).
— 010
Delcommune, Camille, 657 à 658,
01) 1, 731, 820, S^â,
(portait p. 057).
Delcommune, Kmilo, 731,
Delccoui't, 138, 140, 423.
Do Leu, Albert, 520, 527, 528, 530,
532 à 533.
Delhaise, Charles, 141).
Delhaye, Hector, 502.
(portrait p. 502).
Delporte, Augustin, 866 à 867, 870,
(portrait p. 860).
do Macar, Adolphe, 279, 280,
677 à 683, 771,
(portrait p. 077).
Do Meulomeester, Adolphe, 333, 392,
465 à 466, (portrait p. 405).
De Meulemeester, 271.
De Meuse, Fernand, 553, 557, 092.
693 à 696, (portrait p. 093).
De Meuse. Robert, 527, 528, 530, 533.
Demol, Henri, 358.
de Moreau, Edmond, (chevalier), 239.
De Myttenaere, Michel, 570.
de Negri, Albert, (baron), 784, 785.
De Rache, Gabriel, 452.
Derclaye, Alexandre, 141, 270, 424,
429, 438, 435, 430, 848.
De Rechter, Edouard, 175, 170, 290,
291, 813.
de Rennette de Villers Perwin,
Ferdinand, (baron), 254, 255, 276,
441 à 443.
de Roest d'Alkemade, Marcel,
(baron), 559, 560, 803.
De Roubaix, Adolphe, 723, 724, 729,
824 à 827 (portrait p. 824).
Derscheid, Eu<,^ène, 504, 507.
De Saegher, Marcellin, 385, 803 à 805
(portrait p. 803).
De Sa^ers, J. P. E., 389.
Descamps, Georges, 75, 133, 281 à 283,
285, 259, 300, 378, 819, 832, 873.
deSchrynmakers,Gaston(écuyer),292.
De Smedt, Jean B., 030, 031.
DeSmet, Aloïse D^, 853.
Desneux, Oscai', 273.
De.ssily, Fioi'ent, 501.
de Stein d'Altenstein, Ai-mand
(baron), 47, 696 à 697.
Dcstrail, 125, 133, 286, 372, 379, 380.
Dostrain, Edouard, 10, 22, 489 à 491.
490, 590, 000, 024, 084.
Destrain, Germain, 584, 547.
Détail, Alfred, 308, 820.
Deuster, Ferdinand, 290, 468 à 469,
(portrait p. 408).
De Vadder, 821.
De Valkeneer, Clément, 55, 798.
De Vos, 440.
De Walque, C. H. J., 240, 436, 449, 450.
De Wèvre, Ernest, 630.
De Wilde, Jules, R. P. 863.
de Wouters d'Oplinter, Charles
(chevalier), 79, 81, 85, 96 à 100,
108, 119 à 134, 372, 375, 380,
(portrait p. 82).
De Wulf, Pierre, 240, 430.
Dhanis, Francis (baron), 45, 53 à 158,
181, 204, 211, 228,285, 280.
307, 308, 337, 371, 380, 394,
423, 435, 531, 539, 543, 544,
560, 691, 797, 829, 832, 840,
850, 850.
(portraits pp. 51 et 138j.
Dhanis, Louis, 140, 423.
Diderrich, Norbert, 353, 559, 561 à 565,
•805.
Dielman, (Georges, 318, 486.
Dieupart, 274.
Dohet, Alphonse, 859
Donckierde Donceel, X. E. M , 435.
Donnay, Joseph, 785, 812.
Doorme, Aristide, 107 à 133, 137,
143 à 148, 372, 375, 389. 390.
392, 395, 429, 787, 847^
(portrait p. 146).
Doquier, P. H. J., 341, 346, 348, 350,
357, 358, 360.
Doré, Jacques, Ô15, 630, 880, 881.
— IMI —
Drapioi", Nosloi-, 505.
Droovon, Klor.uir. :KS, :W<>.
I)i>vpoM(lr, fliistavo, Dr, 884 à 886,
(portrait p. SS 1).
Dubois. Kvranl. 1 1 1 à 11.-).
Dubois, .lul..-s, 1(',, WM), 5:5'.», :y\:\,
545 à 550, <)<)7,
(poi'ti-;iit p. ")!")).
Dubois, Jules, Ch., 500, 877.
Dubreucq, René, 222 à 225.
Duchesno, Joseph, SI, 8:^, 90, r)()7.
Dugniolle, Jules, 875.
Dumont, Alexandre, l'.'l), 762.
Dupont, Antoine, 1!M), 759.
Dupont, Edouard, 764 à 769, 781,
(portrait p. 701).
Dupont, Henri, D^, 24,205, 259, 801.
Dupont, 222 à 225, 232,
2.33, 23(), 239.
Dupuis, Paul, 160.
d'IJrsel, Adrien, comte, 494.
Durutte, Adolphe, 530, 531, 539,
543 à 544.
Dusart, Charles, 56, 810, 829, 846,
855 à 857, (portrait p. 8.55).
Dutalis, Oswald, 515, 516, 521.
Duthoy, Alfred, 24, 817.
Dutrieux, Pierre, D»", 194 à 197, 509,
510, 512 à 514.
Duvivier, Joseph, 73, 357, 358,
479, 792.
Duvvez, Gaétan, 185.
E.
Kctors, Camille,
Eloy, Fernand,
Engels, Alphonse,
Etienne, Elie, D^",
Eycken, Charles,
Eyckerraans,
Eymar,
630, 866.
362, 363, 364.
583, 584.
781 à 784.
(porti'ait p. 781).
667.
150.
840.
K;ibrv, l"-ii;^("'iii!,
Fabry,
Fays, H«!nry,
Fi(;ve/., Victor,
199, 761.
:}!»2.
876.
201, 310. 392,
785 .Ï788. ^17.
Fischer, Ivlouard. 812 à 813.
Fivô, Gustave, 95, 113, 205, 21.3,
242 à 250, 370, 417, 836,
(poi'trait p. 242).
Foulon, Félix, 301 , 310, 411 à 412, 877.
Fourdin, Léopold, 485.
Francken, Edinond, 73.3, .S39.
François, Eugène, 474.
François, Jean H., 607.
Fi'ancqui, Lucien, 271,287, 559, 567,
677, 730, 762.
Franken, Emmanuel, 124 à 133, 28(5,
376, 385.
Freitag, Ernest, 848. (portrait p. 848j.
Friart, Henri, 141, 276, 424, 429, 4.33,
435, 436.
Fromont, F., 384, 385.
Fuchs, Félix, 159 à 162, 738, 739,
772, (portrait p. 159).
6.
Gehot, Guillaume, 229, 232 à 234,
236. 260.
Gérard, Auguste, 253 à 261, 292, 611,
(portrait p. 253).
Ghislain, Louis, 251 à 252, 492.
Gillain, Cyriaque, 25, 95, 107 à 125,
131, 132, 281, 2S2, 284, 287,
373, 375, -387, 388, 785, 812.
Gillard, Hubert, 849.
Gillis, Adolphe, 552, 572 à 573,
607, 608.
Gillis, Hector, 607 à 608.
Gillis, Lucien, 869, 870.
Gilniont, Adolphe, 119, 615,
760 à 761, 806.
Gilson, A. F. 738.
— 012
Gilson, Georges, 259, 2(50, 471.
Girard, Charles, 829.
Glaesener, Jean, H., 735, 810, 864.
Glorie, Charles, 144, 146 à 148, 180,
(portrait p. 140).
Goebel, J. C, 229, 21VZ, 234, 230, 239.
Goedseels, Joseph, 630, 031, 033.
Goetgelnck, Léon, 708.
Goffîn, Louis, 734, 730, 748. 751, 751,
834, 837 à 841,
(portrait p. 837).
Gomins, Josepli, 262, (porti'ait p. 202).
Gondry, Henri, 159,163,800,811.
Gonzo, Auguste, 011,
Gorin, Florent, 785. 802 ù 803.
GralFen, 430.
Grang, Nicolas, 5, 35, 595, 611 à 612.
Grard, Louis, D^, 814
Giévisse, Emile, 208.
Gueluy, Albert, R. P., 800.
Guéri n, 11, 13.
Guffens, Jean, 819.
Guichard, Amand, 505.
Gustin, Gustave, 230, 259, 200, 310.
Gustin, Oscar, 699.
Gysens, 392.
H.
Haas, Charles, 849 à 850.
Hallet, Adrien, 827 ù 828.
Hambursin, Fernand, 114 à 135, 141,
373, 370, 380, 423),
(portrait p. 130).
Haneuse, Louis, 174, 337, 010,
617 à 619, 785,
(portrait p. 017).
Hanicq, Hubert, 503.
Hanolet, Léon, 175, 238, 241,
265 à 278, 290, 292, 401,
435 à 437, 785, 797,
(portrait p. 205).
Hanquet, Henri, 113.
Hansenne, Joseph, 030, 031.
Hanssens, Edmond, 5 à 20, 30, 42,
171, 177, 472, 588, .590, 594,
.597. 598, 009, 010, 039,
651 à 654, 000, 672. 693.
(portrait p. 5).
Hardy, 148.
Harou, Prosper, 818.
Harou, Victor, 575, 579 à 580,
(portrait p. .579).
Hebrans, Louis, 583.
Hecq, Célestin, 152 à 154, 179, 292,
405, (poi'trait p. 154),
Hendrickx, 329, 332.
Hennebert, Georges, 151 à 154, 207,
835, (poi'trait p. 154).
Henrard, A. J , 310.
Henri, Eugène, 203 à 204.
Henrion, L. G. P., 208, 274, 436.
Henry, Jean B. 113, 129 à 1.33,
141 à 143, 240, 245,247,275,
372, 375, 376, 378, .381, 383,
.390, 39L 416 à 445,
(portraits pp. 140 et 410).
Hens, Frans, 697.
Herincx, Jean, 708.
Hernotte, E. J. 711.
Herrebaut, Edouard, R. P., 799.
Heymans, Florent, 887.
Heyso, 420.
Hicguet, Paul, 260.
Hinck, Edouai-d, 174, 618, 630,
606, lOQ.
Hochstras, Léon, 829, 856.
Hodister, Arthur, 69, 381, 627 à 633,
647, 698, 781, 880, 881, 882,
(portrait p. 627).
Hommelen, J. P. T. 330.
Hoornaert, Henri, 583.
Horbach, F. H. J., 437, 438.
Hoton, Georges, 761.
Houben, Jean, 844 à 845.
Huberlant, Ferdinand, Mgr., 800.
Huot, Omer, 733, 830.
Huguet, 850, 857.
— 913
Husson, Jean, 647 à 651, <l'.):?, 7(i().
Hutoroau, .losopli, 11 1.
111,
Jacob, F. .1. M., 2ir). 217,
Jacqueinin, l'iiiiilo, 21>2,
Jacques, Alphonse, 21, ."ir), l:U,
:^()S, 337 à 368, 375,
bCh), 71.{, 71(),
(portrait p.
Jacquet, A. G. J., 30l>,
Jadin, Auj,Misto,
Jadot, b^inile,
Janssen, Camille 21 à 26, 172,
308, 490, 049, ()5(), 684,
713, 788,818, (portrait p
Janssen, Eugène, 7, 30, 587 à
Janssens, 221,
Janssens, L. F.
Jouret, Gaston, G30, 631, 880,
Julien, Léon, 138 à 140,
423,
Jungers, François, 22, 277, 490,
678, 684 à 685,
K
117.
lor).
204,
564,
808,
337).
708.
656.
830.
281.
688.
.21)'.
593,
611.
448.
571.
881.
395,
890.
491,
867.
Kessels, Emile, 392.
Kimpe, A. F., 141, 424, 429, 433, 435.
Kinet, Martin, 222 à 225.
Konings, C. M. J., 388, 389.
Kops, Joseph, 229, 232, 233, 225, 236.
L.
Lacourt, Victorien, 851 à 852, 855.
Lahaye, Jules, 277, 446 à 450, 454,
(portrait p. 446).
Lallemand, A. J. L., 385, 389 à 391.
Lambert, Gérard, 571,
Lambotte, Alfred, 199, 751, 760.
Lamers, M. F.., 209.
Landeghem, André, 414, 449.
135.
3S5.
1 15.
3.30, 3:51.
i2, 166, 320,
384.
]r,n, 7.^7.
862 à 863.
505.
8.39.
L.ing.», Alphonse,
Lang(!ro('U,
Lan^hans, Augu.sto,
Lan.ser, ('hai-Jos,
Lantonnoi.s, Albert,
(portrait p. 166).
Laphime, J. H., 22(5, 232 à 235, 254,
447, 44î>.
Lassaux, il. J.
Laui'ont, Emile,
Le lionlengé, Paul,
Leboutte, Arthur,
Lechei'f, Eugène,
I^e Clément de Saint-Marrrj,
Philippe (chevalier), 335 à 336,
698, 772, (portrait p. 335).
Ledeganck, Herman, 164, 773, 809,
(porti'ait p. 164).
Lega, Germain, 702.
Logat, Amédée, 25, 284 à 286, ,562,
600, 624 à 625, 648, 619, (•)93.
Lejeune, Charles, 702.
Lejeune, 222.
Lckens, M. G., 254.
Lekeu, Joseph, 873 à 874.
Le Maire de Sart-le-Comte,
Alban, 149, 179.
Lemaire, Charles, 208, 733, 836.
Lemaire, Mathieu, 451.
Le Marinel, Georges, 175, 176, 178,
266, 268, 287, 289 à 293,
400, 664, 666, 807.
(portrait p. 289)
Le Marinel, Paul, 25, 57, 76, 124,
279 à 288, 562, 584, 624,
677, 678.681 à 683, 770, 771,
788, (portraits pp. 279 et 288).
Lemery, Emile, 126.
Lenaerts, Pierre, 814.
Lenger, Aubry, 24, 283, 785, 788.
Lequeux, Ai'mand, 240, 274, 43(5.
Leroi, Gustave, 1.38, 139, 394 à 399,
394, 492. (portrait p. 146).
Lespagnard, 414.
L'Heureux, L. L. M., 271.
— 014 —
Libois, .1. .1. L., 292.
Liebrecht, Déodat, 199, 757 à 758,
Liobrochts. Charles, 18, 305, 597, G 14,
636 ù 644, 65i, 806, 807,
(portrait p. G36).
Liebi-echts, Louis, 821.
Liénart, Charles. 171, 487,
672 à 676, (portrait p. 672).
Linden, Auguste, 692 à 693.
Limmelyn, Alexandi'e, 839, 871.
Lippens, Joseph, 89, 95 112, 335, 703.
Lochtmans, Albert, 811.
Loens, Emile 621.
Loesewitz, Fi-ançois, 570 à 571.
Lombard, Raymond, 492.
Lonn-, Albert,' 145. 148. 149, 180,
354 à 359, 378, 391.
Lothaire, Hubert, 113, 129 à 133.
190, 287, 339 à 393,
417 à 420, 422, 425, 429, 787,
803.
Lousberjr, 310.
Luyckx, 55.
M.
Mabille, Valère, 740.
Maenhout, 271.
Maes, Arnold, 192, 508, 509.
Magery, .Iules, D^ 381, 630, 031,
633, 878.
Magei'y, Lucien, 878.
Mahieu, Adolphe, 260, 261, 294à 297.
469, (portrait p. 294 ).
Mahute, Edouard, 299, 830.
Mahy, E., 827.
Malfeyt, Justin, 141, 1.54, 326 ù 334.
(portraits pp. 154 et 326).
Maluin, Emile, 531. 542.
Manduau, Edouard, 660.
Marck, 209 à 210, 213, 217.
Mardulier, Henri, 259, 461 à 462,
Marit, Germain, 5S3.
Marie, Hector, 645.
Martin, Alphonse, 583.
Ma.ssart, Charle.s, 659, 688 à 689.
Masson, Jean, B., 499, 797-
Mathieu, François, 137 à 138, 267,
292, 395, 435.
Maury, Jean, 185
Mellaerts, Alphonse, 143, 144.
Meuleman, Eugène, 815.
Meunier, Fernand, 813.
Meyer, Louis, 570.
Me'yers, Joseph, D-", 143, 149 à 151.
Michaux, Oscar. 77. 90 à 107, 137.
382, 388 à 390, 843,
(portrait p. 82 1.
Michel, 319, 320.
Michel, Victor, 324, 325.
Michiels, Isidore, 381, 630 à 632.
880 à 882.
Middacb, Félix, 123 à 125, 389.
Milz, Jules, 55, 73, 178, 204.
298 à 303, 310 à 313, 402,
480, 786, 779,
(portrait p. 298).
Miot, Fernand, 360.
Mohonval, A. P. F., 145.
Monet. Eugène, 615, 645.
Monseu. André, 799.
Montangie, D'' 310, 311.
Moriamé, J. M., 358, 806.
Moureau, 392.
Mouton, 362, 364.
Mulders, 437, 438, 441, 442, 444.
Muspche, Alphonse, 630.
N.
Naels, Louis,
Nagels,
Nahan, P. F. J.
Nenquin. Alfred,
Nève, Paul,
Niclot, Jean B.,
Niclot, C. A.,
Nilis, Jean, D^
658.
275, 277, 43(),
441 ù 444.
205, 208, 211.
773 à 775.
573 à 576, 583
271.
389.
601, 662.
— <)ir> —
Nilis, Théodore, 5, :î5. 253. 200, 2()7,
270, 2'.)2, 101. r>20, r)7'>, ()0S,
610 à 611, r.i7, 7sr),
(polIlMlt p. tilO),
Nivcleer, :?sr>.
Noblesse, Alfred, 381, 0;U), 032, 853,
.S80 à 882.
Olivier,
Orban, Frédéiic,
255.
î), 35. 30, 590,
594 À 595, 013.
I»(aithi( !•, l'icnv, 51, 55, 113 à IIH,
125, 201, 211. 21.S. 301» ;i3i2,
370, 371, 117, 707,
(poilt;nf p. '.»!).
Poidiii, lùiiilo, \VX. 515 à 519, 522.
521, 525, 52.S. 531.
(polirait p. 515).
Prépaldion, P., Hl, S3. {>l, 7!»>
Priern, (iérôme, 689 à 690.
Prinz, François, 500. 810.
Puttevils, Kugèno, 816.
Pvnaert. Léon, 45'J.
R.
P.
Page, Albert, 015, 030, 880, 881.
Palate, P. C. J., 388.
Palmai'ts, Joseph, 634.
Parfonry, Emile, 35, 520, 613.
Paternoster, 143, 147, 331.
Paternoster, Louis, 304. 480,
(portrait p. 304).
Paternotte, Jean, D"", 705.
Paulissen, Ernest, 730, 751, 800, 838,
839, 841 à 842.
Pauwels, Jean, 030, 031.
Peleman, frère Armand, 800.
Pelzer, Mathieu, 328, 384, 025.
Peiin, Jean, ' 449.
Persyn, Auguste, 583.
PetiUon, Arthur, 810.
Petit, André. D^ 836.
Petit, Hubert, 571, 572.
Petit Bois, Gustave, 002, 005,
668 à 671.
Pierret, Julien, 207, 381, 030, 031.
Pilette, Alfred, 821.
Pimpurniaux, Alexandre, 271,
463 à 464.
Piot, 325.
Piron, 8.54.
Pirotte, A. P. L., 120.
Kainarcker,^, Jules, 198, 524,
527 à 529, 5.30, 5.32 à 535,
(portrait p. 527).
Kaskin, 04<).
Raynaud, E. J. E., 310.
Renier, Gustave, 341, 347 à 35U,
358 à 300.
Reni-on, Gustave, ^90.
Reytter, Eugène, Dr, 019, 700.
Rezette, Jean, 475, 790.
Riga, 583,
Roelens, Victor, Mgr., 323.
Roger, Oscar, 198, 515, 518, 519,
521 à 523, 524, 525, 528,
531, 591, 592, 599, 020, 638.
Roget, Léon, 23,55, 73, 178, 298, 308,
476 à 483, 092, 704,785, 810.
832, (portrait p. 470).
Rolin, Paul, 100.
RoUin, Edouard, 860.
Rom, Auguste, 124 à 132, 373, 091,
(portrait p. 130).
Rombei'g, Edmond, 710-
Rooms, François, 583,
Rorcouit, Auguste, 888 à 889,
fportrau p 888;.
Rossignon, Adrien, D'", 220, 23(5, 254,
274, 270.
Rossignon, Edouard, 499, 772.
Rouflard, 430,
010
Roiisseaiix, Louis, Emib, 'M)d, 888.
Rousseaiix, Victor,
873.
Rue, Victor,
150, 417
Rusinont,
3()7.
Rynwalt, Pierre,
831,
S.
Salpétier, Paul,
Sandrart, V. C. J.,
Saruloa, Henri,
Sarolea, Louis,
Sarrazyn, G. E-,
Saual, Edouard,
890.
38G, 387, 8()r).
229, 232, 233.
229 à 131.
455, 787.
805.
Sauvage, J. C. E. L.J., 141,424,
429, 433.
Sauvenier Ferdinand, 833.
Schaak, Jean, 175, 833.
Scheerlinck, Jean, 81, 84 à 89,
92 à 112, 874.
Schouten, Henri, 630.
Seghers, Fernand, 274, 436.
Siffer, M. C. A , 303.
Sillye, Albert, 273, 303, 318, 436.
Simon, 370.
Simon, Jean B., 831.
Simon, Victor, 897.
Spelier, Amédée, 139, 395, 396.
Spilliaert, Gustave, 389.
Stache, Ernest, 853 à 854.
Steeman, F. L. C, 389.
Steleman, Georges, 174, 190. 661, 701.
Sterckmans, Charles, 55, 797 à 798.
Sterckx, Armand, 149.
Sterpin, Abel, 784, 784.
Stèvart, Léon, 663.
Stevens, Gustave, 145. 148.
Storms, Emile, 339, 340. 530.
534 à 540, 541,
(portrait p. 534j.
Stroobant, Raphaël, 26G, 267, 268, 401 .
T.
Tack, Théophile,
790, 840.
T igon. J. A., 138. 139, 395 à 397.
Tamine, Henri, 880.
Thibaut, 449.
Thys, Albert, 200. 552. 615, 622, 713,
717 à 746, 747, 770,
(portrait p. 717).
Thys, Franz, 740.
Tbys, Robert, 740.
Tielemans, Victor, 145, 146.
Tilkens, 414, 448.
Titeux. Emile, 271, 813.
Tobback. Nicolas, 212, 370, 531, 631.
632, 711,880, 881,
(portrait p. 91).
Tombeur, Chailes, 471.
Tombeur, François, 143.
Tonneau, Léon, 780, 848.
Trentels, Henri, 818.
Trodoux, Léopold 849.
Tiouet, Léon, 735, 750.
Tschoffen, Maurice, 861 à 862.
Tyteca, Gaston, 501.
V.
Valcke, Louis, 35, 167, 290, 574, 575,
583 à 587, 595. 599, 606, 615,
647. 649, 662 699, 735, 807.
Van Aertselaer, Jérôme, R. P., 25.
Van Bellinghen, Paul, 883.
Van Bredael, Charles, 464.
Van Calster, Auguste, 266 à 270. 787.
Van Campenhout, Jean, D^, 309, 400.
884.
Van Caulaert, Benoit, 499, 799.
Van Cauwenberghe, Auguste, 816.
Van Cauwenberghe, Guillaume, 875.
Van Damme, Maurice, 493, 876,
(portrait p. 493).
Van de Bossche, 392.
van de Kerchove, Paul, 865.
Vandemoere, Philibert, 144 à 145.
Van den Bogaerde, Jules. 775.
806 à 807
Van den Bogaert, Pierre, 581 à 582.
<.U7 —
Van (Ion Horro. Adolphe 807 à 808.
Van (Ion Hroeck, L(V)n, '.''•■^V.
Van den Houvel, Kinile, ()<>;{.
Van den Henvol, Tluiodon», I)"", .MT),
510 à 518, .")20, :}22, 525, 52(),
528, 5:K), 533, 540. 591, &2\,
(32(), ()5:{.
Vandonkei'ckliove, Fi'anç ms.
793 à 794.
Vandennoortfjaete, G. M O,. 255.
Van don Plus, Caiiiillo, Ki'J, 472 à474,
(551, (■)(■)(),
(pottrait p. 472).
Van den Plas, Joseph, 475.
Van de Putte. Léon, 485, 85S.
Van der Cruyssen, Maurice, 239.
Van dei" Grinten, Ernest-, 315.
Van der Linden, Séraphin, 844.
Van der Stracten, Camille, R. P., 703.
Van der Straeten. Emile, 830.
Van der Straeten, 199.
Van der Scncht. ' 327.
Van der Wegen, Louis, 277, 430.
Van der Wielen, Henri, 431.
Van de Velde, Frédéric, 487 à 488,
675, 710, 856.
Van de Velde, Joseph, 5, 599, Cm.
608 à 609.
Van de Velde, Liévin. 174, 599 à 607,
608, 609, 661, 669, 697, 713.
(portrait p. 599).
Van de Velde, Willy, 35, 583.
Van de Vliet, Clément, 310 à 313.
Van Dorpe, Jules, 24. 409 à 410,
486, 792, 855.
Van Heste, Pierre, 582.
Van Holsbeeck. L. V. H. M., 221.
Vantjele, Alphonse. 13, 17, 18, 35,
38, 40, 47, 54, 63, 73, 148,
167 à 182, 190, 265, 290, 291,
299, 469, 479, 522. 546, 584,
592, 595 à 598, 612, 618,644,
652, 654, 672,673.696, 701,
786, (portrait p. 167).
Van K'M-ckhovon, 'iiiilbnjmo, 21, 45,
51. 22X, L'9λ. 30(J, 301,
305.. 314, IN). 111,477,479,
010, 030. 035, H32, 873, 875,
«84, (portrait p. 305).
Van Linf, Jean, 113, 124, 212,
213, 373.
Van Maolo, Goor^^os, HfK).
Van Mon.s, Armand, 871 à 872.
Van Montfort. G. il. J., .309, 707.
van Pottelsber^ho do la f^ottorie,
Léon, 273. 274. 436.
Van Riel, J. II., 114 à 121, 123 à 133,
375, 378 à 3H0.
Van Ris.se<ihem, Cliarlos. 878 à 879.
Van Ronslé. Camille, Mjjr., 823.
Van Schendel, Théodore, 571.
Vanwert, Jules, 469 à 470.
Vauthier, Gustave, 199. 724. 728, 747,
751, 755 à 757, 808,
(portrait p. 755).
Vedy. Louis, D^, 138, 395, 396, 449.
Verbi'U<^j;he, Gustave, 819.
Verdick, Edgard, 284, 285, 563, 8.50.
Verdussen, Jean, 462.
Vereijcken, Jules, 845 à 846.
Verhellen, Nicolas, 138, 1.52 à 154.
394, 396, 883.
Verschelde, Aloïs, 817.
Verschelden, Jean B., 56, 846 à 847,
856, 857.
Versluys, Albert, 449.
Verstraeten, Antoine, 413à415,448.
Vervloet, Constant, 504,
(portrait p. 504).
Vial, Pierre, 847.
Villers, Sylvain, 817.
Vincai-t. Léon, 436.
Vleminckx. Fi-édéric. 704.
Volont. Jules, 55. 850 à 851, 856, 857.
Vrébos, Jules. 367.
Vrithoff, Alexis. 341. 314, 350.
Vyncko, Ameet, R. P.. 68. 6.58.
— 918 —
W. Willems, 275. 436.
Willemsens, François, 896.
Wacquez, Florian, 277, 436. Wilverth, Etienne, 822 à 823.
Waeterinckx, Ileni-y, 644 à 645, 048, Wfterwulghe, Fernand, 454.
Wahis, Théophile (baron), 27 à 33, Wtterwulghe, Georges, 254, 257, 271,
138, 159, 473, 493 à 475, 680, 277, 453 à 454.
731,733, 810, (portrait p. 27). Wtterwulghe, Henri, 454.
Walhousen, François, 274.
Wanrrermée, Emile, 183 à 187, 493.
735, 810. T.
Warlomont, Charles, 704.
Warnant, Erasme, 262, 316, 480. . n x? n o-t - o-a
„. . ^ rjnn Yannart, G. F. C, 2o4 a 2d6,
Watrin, Oscar, 709.
Wauters, Ednaond, 875.
Wautier, Jean B., 194 à 197, 509, 2
510 à 512.
Weber, Arthur, 161, 659.
Weyns, Auguste, 779 à 781, Zboisnki, Claude, 664 à 666. 199, 584,
(portrait p. 779). 761, (portrait p 664).
FIN DU TOME I.
I
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Les belges au Congo